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El Nino, le retour officiel est déclaré

Atlantico : La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a declaré officiellement le 5 mars dernier la présence d’un phénomène El Niño. A quoi doit-on se préparer ?

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Avec des anomalies inférieures à 0,5°C, le Niño de 2015 est lui-même anormal. Beaucoup moins important que celui qui a par exemple pu être observé en 1998, il risque tout de même d’avoir une influence sur les températures mondiales. A condition que le phénomène se poursuive pendant tout le printemps et l’été.

Christian Viel : On constate des anomalies relativement faibles, de l’ordre de 0,5°C. Les anomalies observées ne sont pas classiques pour un événement Niño. Le couplage entre océan et atmosphère reste relativement faible. Cela signifie que les impacts sont relativement limités. Surtout, dans les situations Niño très fortes, on peut avoir des répercussions bien au-delà du bassin Pacifique, avec des anomalies climatiques jusque sur les moyennes latitudes. Les conséquences dans ces circonstances-là ne sont pas seulement visibles sur le Pacifique équatorial, mais également sur l’Amérique du sud, l’Australie, etc.

Compte tenu du fait que l’épisode est faible cette année, il y a peu de chances que les impacts ressemblent à cela. Par ailleurs, la persistance de l’événement reste une probabilité, non une certitude. Dans le cycle normal d’évolution des anomalies, le printemps et l’été constituent un creux pour les anomalies. Généralement, lorsque celles-ci sont déclarées, elles s’affaiblissent au cours du printemps. Or, les prévisions actuelles donnent une probabilité de 50 à 60% de persistance de l’événement au cours de l’été 2015.

Quelles sont les conditions d’émergence d’un phénomène El Niño ?

Ce phénomène apparait de manière assez irrégulière, tous les deux à sept ans. Il se traduit par un réchauffement sur la partie centrale ou est du bassin pacifique équatorial. Cela implique des anomalies de température sur la surface de la mer qui peuvent être très importantes et atteindre plusieurs degrés. Une modification des conditions de circulation atmosphérique est couplée à ces anomalies. Les zones de convection se décalent vers la partie centrale du bassin pacifique. A l’inverse, sur la partie ouest du bassin pacifique, vers l’Indonésie, on assiste à un déficit de précipitations par rapport à ce que l’on peut observer habituellement. C’est la configuration du bassin qui explique la présence à cet endroit précis du phénomène El Niño. Le Pacifique est beaucoup plus large que tous les autres océans présents sur terre. C’est la raison pour laquelle des anomalies beaucoup plus importantes peuvent apparaître. Elles sont liées à la circulation océanique et atmosphérique. La qualification d’événement Niño ne peut se faire que lorsque l’on observe des anomalies depuis un long moment. C’est le cas actuellement, puisque l’on constate la présence d’anomalies chaudes au milieu du Pacifique depuis septembre dernier.

Quelles sont les conséquences d’un Niño très violent, comme celui de 1998 ?

On peut atteindre 4 à 5°C d’anomalies. El Niño est un phénomène que l’on dit couplé océan-atmosphère. Il ne suffit donc pas d’avoir des anomalies de température, il faut aussi que la circulation atmosphérique soit modifiée. Cela signifie que l’on doit avoir un décalage des zones de précipitation. Les impacts classiques correspondent à des conditions beaucoup plus sèches que la normale dans les régions touchées. Ce sont des conséquences que l’on a observées lors du Niño 1997 / 1998. Il y a eu des sécheresses très fortes sur l’Indonésie, le nord de l’Australie avec des incendies, etc.

L’existence de ce phénomène Niño va-t-il jouer un rôle sur les températures à l’échelle mondiale ?

Cela va effectivement jouer un rôle puisque la température de surface du Pacifique a évidemment un impact sur la température globale, compte tenu de la taille de cet océan ! Lorsque l’on observe les années en-dessus (Niño) ou dessous (Niña) de la température moyenne du globe, on constate que les plus chaudes sont souvent les années Niño. Donc généralement, on a plus de chances d’avoir une année plus chaude que la normale en cas de présence d’un phénomène. Compte tenu de la présence en 2015 d’un phénomène Niño, on va avoir tendance à avoir une année plus chaude.

Cela étant, il reste la deuxième partie de l’année. La probabilité annoncée est de 50 à 60% de persistance de l’épisode El Niño. Si l’on retrouve donc des conditions neutres, la deuxième partie de l’année ne va pas conduire à ce que le résultat sur l’année soit très chaud. Il faut donc attendre encore un peu avant de pouvoir dire si 2015 sera une nouvelle année de record de chaleur.

Source:  Atlantico.fr

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