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Effraction psychique « sans infraction »

L’un des ph?nom?nes les plus injustes qui s?vit aujourd’hui dans nos soci?t?s est sans contre dit le harc?lement moral que les psychiatres s’entendent tous pour qualifier de ph?nom?ne inou?. Le pr?sent article vise ? ?claircir quelques points au sujet du harc?lement individuel.

Le harc?lement individuel est pratiqu? par une personnalit? obsessionnelle, perverse narcissique, ou porteuse d’une pathologie du caract?re. Il est intentionnel, vise ? humilier, d?truire l’autre et ? valoriser son pouvoir social ou personnel. L’instrumentalisation des individus et des instances par ces personnalit?s retarde ou rend impossible la reconnaissance des agissements d?lictueux, tant leurs proc?d?s peuvent ?tre hostiles, subtils et redoutablement efficaces, surtout face ? des individus fortement investis dans leur m?tier. Voir l’article « petits meurtres entre amis », tir? de la revue Pistes. UQAM.ca

Comment distinguer les cibles de cette violence particuli?re ?

?tant donn? les cons?quences d’un tel diagnostique (pour les harceleurs) on peut s’imaginer l’importance de distinguer les vrais des fausses victimes de harc?lement moral. L’un des auteurs qui a d?velopp? cette question : Jean-Paul Guedj (2007) distingue les victimes « techniques » (vraies) des victimes « dramatiques » simulant, inventant la r?alit? de la souffrance. Selon lui, les vraies victimes, par manque de confiance en elles (fragilit? psychologique) ne savent tout simplement pas dire non. C’est en ?vitant tout conflit qu’elles deviennent victimes d’abus de pouvoir par une hi?rarchie inique (arbitraire). Il dit : « On les exploite, on les manipule, on les r?ifie (chosifie). Elles se retrouvent ainsi rapidement dans des spirales de situations odieuses qui les font souffrir et qui les conduisent […] ? des ?tats d?pressifs. »

Selon Marie-France Hirigoyen (2003) et Ariane Bileran (2006) la victime typique de harc?lement moral est un individu qui se distingue du groupe, souvent par des aptitudes et un charisme remarquable. Le harcel? poss?de en g?n?ral un fort niveau de comp?tence et un magn?tisme qui suscite de la frustration dans son entourage. Dans le cadre de son travail, il est s?rieux, et s’investit beaucoup dans son activit? professionnelle. Il obtient des r?sultats pour lesquels il est envi?. Le harcel? agace par sa gentillesse, son ?coute, sa disponibilit?, son humour et sa vitalit?, qui contraste beaucoup avec le profil des harceleurs. Tous s’entendent pour dire que les victimes de harc?lement moral sont des gens qui s’av?raient ?tre « tr?s bien dans leur peau ».

Le harc?lement moral se met en place sans que personne ne r?agissent
Les victimes sont harcel?es parce que l’entourage ne r?agit pas, faisant en sorte que le harcel? ne poss?de aucun soutien qui puisse faire peur au harceleur. Ce dernier s’estimant alors sous le r?gime de l’impunit?. En v?rit? des gens sont harcel?s et d?truits, souvent jusqu’? y laisser leur vie, pour la raison que nous demeurons l?, d?tournant le regard, quand on n’est pas amen?, nous-m?mes, ? participer ? l’injustice.

L’objectif du harceleur est de d?truire la cible !

Les sp?cialistes disent que : le bon sens, la bonne volont? et le bon coeur ne suffisent pas devant cette pathologie nouvelle et ?nigmatique. Le psychiatre Yves Prigent qui a r?cemment ?crit le livre : « Face au harc?lement moral » ajoute que l’information journalistique est insuffisante. Il affirme que l’?tiologie du harc?lement moral n’est g?n?ralement pas rep?r?e puisqu’il s’agit presque toujours d’un ph?nom?ne sournois, cach?. Il pr?tend que l’?tat de choc post-traumatique que l’on rencontre chez presque toutes les victimes de harc?lement moral est caract?ristique de ces violences. « Les cons?quences du harc?lement moral sur la victime ne sont pas de l’ordre du chagrin, de la col?re, de la peine, de la contrari?t?, de la fatigue, de la d?pression comme il en est en cas de travail p?nible, de pressions, voire d’agressions caract?ris?es. » Il affirme que :

Le harc?lement moral est un traumatisme au m?me titre que : – D’autres formes de torture : en particulier les tortures morales op?r?es dans certains r?gimes totalitaires sous le nom de « lavage de cerveau ». Ces proc?d?s ne tendent pas ? d?truire physiquement une victime, mais ? lui faire perdre la confiance dans ses croyances, ses capacit?s, ses certitudes. – Des situations graves et impr?visibles comme les prises d’otages, les attentats, les d?tournements d’avions. Ces situations ont en commun qu’elles se produisent de fa?on impr?visible et qu’elles entrainent une v?ritable effraction psychique.

Selon le Dr Prigent, les sympt?mes des ?tats post-traumatiques, surtout connus depuis l’abondance des victimes du terrorisme, se rencontrent dans les vrais cas de harc?lement moral. Installant les victimes dans un ?tat permanant de perplexit? et d’h?sitation ; de rumination et obsessions sur la situation traumatisante. Il y a perturbation de la pens?e : le sujet ne parvenant pas, malgr? ses efforts, ? chasser de son esprit cette situation, comme si elle devait se reproduire imm?diatement. Cela ?volue vers des troubles du contact : la victime ne cherchant plus ? entrer en relation avec quiconque. « Elle se maintient enferm?e, parfois elle ne quitte plus sa maison, ni m?me sa chambre, ni m?me son lit… » La gu?rison est toujours tr?s longue et peut se faire vers des « modifications durables de la personnalit?, des d?pressions chroniques r?sistantes, ou m?me des organisations de type parano?aque. » Dans ces cas de « chocs post-traumatiques », en absence de maladie mentale, lorsque qu’il ne semble pas avoir eu d’infraction, il faut penser au harc?lement moral.

Grande distinction entre « agression » et harc?lement moral

Dans l’agression, comme l’indique l’?tymologie, l’agresseur fait une d?marche ? savoir qu’il « s’avance » (ad-gressere) de mani?re visible et clairement hostile. On voit g?n?ralement d’embl?e o? « il veut en venir ». Ce qui fait contraste avec le harc?lement moral pervers qui s’organise de mani?re subtile et longtemps inapparente. Dr Prigent confirme ? ce sujet que :

La violence est sourde, muette et aveugle […] peu visible et perceptible, m?me pour la victime elle-m?me, pour l’entourage imm?diat […] Le pervers n’entend pas le langage de la raison ou du coeur ; il ne voit pas la r?alit? de son interlocuteur. L’acte pervers ne tend pas ? nuire utilement mais ? d?truire absolument. Le pervers est donc un pr?dateur.

Quelques caract?ristiques du comportement pervers :

Comme son ?tymologie l’indique, le pervers (per-vertere) c’est-?-dire retourne compl?tement les situations. ? l’image des forces d?moniaques qui visent ? pervertir une jeune vierge, le pervers tente de transformer le bien carr?ment en mal. On dit qu’il manipule en ce sens qu’il utilise les gens comme de v?ritables objets qu’il d?place avec la main. On parle de l’instrumentalisation des personnes. Ses communications sont obscures, ambig?es, contradictoires dans le but d’assurer son emprise sur sa cible d’o? elle est incapable de se d?gager pour agir selon ses propres d?sirs.

On parle que les victimes se trouvent « KO debout » en ce sens qu’elle ne comprenne aucunement ce qui leur arrive. Le pervers ne s’attaque pas ? ce que fait sa victime, mais ? ce qu’elle est. De cette mani?re, il y a toujours atteinte ? sa personne par d?pouillement de son honneur et de sa dignit?. Aussi le pervers agit toujours de fa?on impr?visible, ce qui emp?che la victime d’?laborer un mode de d?fense, de se faire une id?e, de savoir « sur quel pied danser. » Le pervers se plaint ? l’entourage de sa victime, ? ses sup?rieurs, afin de l’isoler selon la technique habituelle du pr?dateur : « le loup qui isole un mouton du troupeau ». Son but ?tant de d?truire l’individu atypique (la cible). Le harc?lement moral, faut le dire, est un exemple extr?me de discrimination !

Par bonheur ces propos s’ins?rent dans une perspective d’avenir. En effet du 4 au 6 juin prochain se tiendra ? l’UQ?M la 6i?me Conf?rence internationale sur le harc?lement moral. Ariane Bilheran de l’universit? de Provence accompagnera un panel d’?minents sp?cialistes venus de partout pour cette rencontre itin?rante biennale. Les plus r?centes recherches sur cette complexe question y seront d?voil?es. On y parlera d’ostracisme par Internet, du harc?lement qui pousse au suicide, de harc?lement moral au travail, de mobbing, de bullying. L’instigatrice de la doctrine du harc?lement moral, Marie-France Hirigoyen a aussi confirm? sa pr?sence.

R?f?rences

Je vous sugg?re ces excellents livres sur le sujet :

BILHERAN Ariane, « Le harc?lement moral » Paris, Armand Colin, 2006. GUEDJ Jean-Paul, « La perversit? ? l’oeuvre : Le harc?lement moral dans l’entreprise et le couple » Paris, Larousse 2007. HIRIGOYEN Marie-France, « Le harc?lement professionnel,D?m?ler le vrai du faux » Paris, Pocket, 2003. PRIGENT Yves, « Face au harc?lement moral » Paris, Descl?e de Brouwer, 2007.

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27 Commentaire

  1. avatar

    Bonjour M. Marsan.
    Votre article m’est et me sera très utile. Il est toujours bon à mon avis de bien connaître l’ennemi ou l’ennemi potentiel.

    Je surveillerai vos articles à venir et ceux déjà postés.

    Au plaisir.

    Kinoo

  2. avatar

    Bonjour,

    J’aimerais attirer votre attention une certaine tendance à la victimisation dans les articles consacrés au harcèlement moral.
    Le fait d’être pris pour cible ne signifie pas automatiquement qu’on est atteint ou touché gravement.
    Il arrive que la « proie » échappe au prédateur, qu’elle soit plus forte que lui ou que des circonstances particulières lui soient favorables. D’ailleurs le fait que les cibles privilégiées, comme vous l’écrivez, ainsi que Marie-France Hirigoyen, soient des personnes remarquables par leurs aptitudes et leur charisme peuvent le laisser prévoir dans un certain nombre de cas.
    Vous me direz alors, si la cible s’en sort indemne, ou est le problème ? Il y en a en fait plusieurs :

    - D’abord une sorte d’effet pervers (sans jeu de mot) : la personne cible étant indemne, on doute encore plus de l’agression dont elle a pu être l’objet.

    - Quand je dis que la personne cible est indemne, çà ne veut pas dire que çà ne lui a rien coûté.

    - Le harceleur n’étant pas démasqué, il pourra continuer à s’en prendre à d’autres.

    - En France, le texte de loi est sur ce point est bien fait puisqu’il est question d’agissements « suceptibles » de porter atteinte. Il est d’ailleurs conforme à d’autres principes de droit. Une « tentative » de meurtre est un délit, même si elle a échoué. Mais le discours victimisant contribue à pousser à ce qu’on s’en tienne à ne retenir à priori que les cas ou la cible est atteinte.

    Je parle de cela en connaissance de cause. J’ai été l’objet d’un harcèlement moral assez important et pas seulement par le premier échelon supérieur au mien.

    Je veux dire aussi, comme Marie-France Hirigoyen (dont le livre m’a été très précieux) que la perversité peut être favorisée par certains systèmes ou certaines cultures d’entreprise. Le harceleur cherche à soumettre sa cible, il s’agit bien de soumission, et je crois qu’il peut y avoir une certaine culture de la soumission dans certains systèmes hiérarchiques.

    bf

  3. avatar

    Merci bien Kinoo,

    Lorsqu’on est victime de HM, le fait de connaitre l’ennemi et de comprendre comment il attaque, quel est son but,… pourquoi il agit ainsi. Cela fait toute la différence du monde, en effet.

    Bonne chance,
    Charles 🙂

  4. avatar

    Bonjour Bernard François.

    Merci de ton message lucide. Je vois que tu connais bien de quoi l’on parle ici. Effectivement, on peut s’en sortir plus grand et plus fort qu’avant le harcèlement et, en même temps, avoir beaucoup perdu.

    Et tu as raison aussi en disant que c’est un acte de soumission. C’est juste une question de soumission. Celui qui se relève toujours et reste debout… c’est lui qui est le plus fortement attaqué.

    Toujours est-il qu’ici je voulais faire ressortir la différence que le HM cause, dans les vrais cas, un choc post-traumatique chez les cibles et cela est pathognomonique de cette sujétion perverse.

    cm

  5. avatar

    Je vous invite à consulter ces trois articles éclairants d’Ariane Bilhéran.

    Le harcèlement moral au travail

    Intervention : Le harcèlement moral en entreprise

    Le harcelé, le harceleur et les autres

    Madame Bilhéran m’a confirmé sa présence à la sixième conférence internationale sur le harcèlement moral qui se tiendra à l’UQAM en juin prochain. Docteur Bilhéran m’a chargé d’organiser une soirée ouverte au grand public où elle nous présentera une allocution sur ses recherches. Le 2 ou le 3 juin prochain à l’Université de Montréal. (à suivre) Pour info : tvie@msn.com

  6. avatar

    Ce qu’il est possible de faire pour s’en sortir, c’est d’embrasser la solitude et d’y trouver un nouveau chez-soi.

    Justement la même femme qui a été l’instigatrice de la doctrine du HM a écrit un livre récemment sur cette retrouvaille salvatrice avec soi-même.

    Les nouvelles solitudes

    « La solitude peut apporter énergie et inspiration : à tout âge, la solitude choisie, tout en restant disponible à l’autre, est une source de plénitude, un moyen de sortir de la superficialité d’une société dominée par le narcissisme et le culte de la performance. » Marie-France Hirigoyen

  7. avatar

    Bonjour,

    Je me permets de réagir à votre article pour apporter une précision qui me semble importante. Parler du pourquoi du harcèlement moral ne parait somme toute pas si fondamental pour aider les soi-disant « victimes » de harcèlement. Ce qui compte avant tout, c’est de vivre l’expérience et de se demander comment on devient manipulateur et comment on devient une victime. On est alors forcé d’aller au fond des choses et de la nature humaine, on est alors confronté à des réalités comme les rapports dominant/dominé à la fois pour un particulier que dans un contexte social. J’ai subi un harcèlement moral dans mlon travail extrêmement raffiné, de haute volée mentale, étant à un poste sous la direction générale. J’ai pu m’en sortir peut-être de part ma formation de neurophysiologiste, qui m’a interpellé, un jour et m’a sans doute « éveillé »… Mais ce que je retiens, c’est que loin des pourquoi, ce sont les comment qui m’ont fait sortir de la dérive mentale. Je suis en train d’ailleurs en train d’écrire un livre sur ce sujet. Car il y a tellement loin entre connaître le chemin et arpenter le chemin. J’avais l’impression lorsque j’étais au plus bas, de rencontrer des personnes qui décrivait une casse de voitures, mais qui jamais n’expliquait comment elles étaient arrivées là ! Trsè peu d’ouvrages parle de ça, ceux que vous citez, je les ai presque tous lu, mais ce n’est pas dans ceux là que j’ai trouvé la force mentale. Je souhaite donc à présent à mon échelle, construire des solutions pour que les futures soi-disant « victimes » sachent s’armer contre les manipulateurs. Je finirai en citant Pasteur : « on ne peut pas se protéger d’un danger dont on ignore l’existence ».

  8. avatar

    Merci pour votre intervention,

    Pasteur avait raison : il faut reconnaitre le danger, et c’est justement pour cela que j’écris sur le harcèlement moral. Puisque, je vous jure que, si j’avais su en 1980 ce que je sais aujourd’hui sur le HM, ma vie aurait été différente du tout au tout. Si j’avais compris plus tôt ce que j’ai compris en 2005, je pratiquerais probablement en Australie et serait super heureux. Chose certaine, je ne serais pas resté là à me faire humilier, trahir et dépouiller comme ça, sans ne rien comprendre.

    Vous parlez d’aider les victimes à se relever, à trouver comment s’en sortir, et j’en conviens que cela est important. Moi, je cherche à trouver des outils pour reconnaitre clairement l’organisation amorale qui agit dans les pires cas, identifier les acteurs, sans ambiguïté. Je cherche à ce que cette réalité soit connue et reconnue. Je comprends qu’on ne veuille entendre parler des pires cas, car ces derniers porte atteinte profonde, notamment, à la confiance du public envers le système de justice.

    Je me demande, aujourd’hui, si je ne devrais pas tout arrêter. Il me semble de plus en plus évident que ce sera impossible pour moi de me battre seul contre mon harceleur. Cela représente même un danger réel pour ma famille et moi. Mon adversaire n’est pas simplement un homme puissant et malade, mais avant tout une manière malsaine (et contraire aux devoirs de l’état) de gérer les pouvoirs. C’est le contrôle du mauvais pouvoir sur les responsables des services publics. La capacité qu’on a de cacher, de manipuler la vérité. Cette capacité de faire des passepasses journalistiques, de « baiser le peuple » et d’étouffer les scandales.

    Le but que je vise avec cet article n’est pas nécessairement de rejoindre les victimes, mais d’informer les lecteurs en général sur ce fléau totalement inconnu et fascinant. Le lectorat potentiel de ce site représente un groupe très lucide d’où je reçois un certain appui moral.

    Je veux aussi aider à démystifier les symptômes. Le HM provoque un véritable état de « choc post-traumatique » très destructeur chez la cible et cela ressemble aux symptômes des victimes du terrorisme. Cela est très différent de la souffrance dite normale. Chercher à confondre les cas représente, selon les psychiatres, un acte de mauvaise foi.

    Comment ou pourquoi ont devient harceleur, comment ou pourquoi on est pris en cible ? Cela ne change pas grand-chose, c’est vrai. Ce qui compte pour moi, c’est comment les pervers s’y prennent pour détruire les cibles. Comment réussissent-ils encore et toujours à éviter d’être démasqués ? Comment se fait-il que notre société soit incapable d’empêcher la perpétuation de ces injustices ? Comment reconnaitre les pires cas ? Démontrer le machiavélisme entretenu contre les cibles de ces destructions individuelles chez nous au Canada, identique à celui rencontré dans les régimes totalitaires contre les opposants des systèmes en place…

    C’est parce que je suis citoyen canadien, parce que le début du harcèlement dans mon cas remonte à des décennies, dans ma vie privée comme dans ma vie professionnelle, parce que les crimes dont j’ai été victime sont clairs comme de l’eau de roche, que je crois que je serai un jour ou l’autre respectueusement entendu, reconnu et réparé.

    Parlez-nous de ces livres qui vous ont donné votre force mentale.

    Joyeuse St-Valentin 

  9. avatar

    Bonjour,

    Je voudrais réagir à la contribution de Bibicertain et au commentaire de Charles Marsan qui a suivi.

    Il est question « d’aller au fond des choses et de la nature humaine ». C’est vrai que la rencontre avec un pervers narcissique et avec la dimension perverse d’un système social est une expérience singulière qui pousse à aller au bout de soi-même et à s’interroger sur sa nature et celle des autres, celui qui nous agresse et ceux qui sont impliqués de manières diverses dans la situation. Ca fait longtemps que les hommes s’interrogent sur leur nature humaine. La neurophysiologie est une science utile qui progresse chaque jour, mais je ne crois pas qu’elle soit en mesure d’expliquer la nature humaine. Essayez d’appréhender un rêve, un acte manqué, un comportement obsessionnel ou hystérique, une perversion, une blessure narcissique avec ce type de savoir. On est encore loin du compte. Je n’ai pas tout lu, mais je crois que l’approche de MF Hirigoyen, qui dérange parce qu’elle oblige aussi à s’interroger sur soi-même, est vraiment la plus utile. Elle décrit et explique tout à fait clairement comment certains ont été « cassés ». Pour ma part, ce type d’approche (freudienne) et d’autres choses m’ont permit de réagir très tôt, de tenir en échec un système hiérarchique répressif et d’éviter toute dérive mentale. Je n’ai même jamais pensé à cette possibilité.

    Vous parlez aussi de rapport dominé/dominant, de force mentale et de fléau fascinant. Les rapports dominés/dominants ne sont pas nouveaux et ne sont pas près de disparaitre. C’est toute l’histoire des humains de se confronter à leur animalité et de s’apercevoir, peut-être, qu’il n’y a rien de meilleur que l’amour.
    Au risque d’être un peu provocateur, je sens une certaine virulence dans les propos de Charles. Vous parlez de « fléau totalement inconnu et fascinant ». Sur quelles données vous appuyez-vous pour parler de fléau ? Qu’est-ce qui vous fascine ? Comment pouvez-vous dire qu’il est totalement inconnu alors qu’il y a de plus en plus d’ouvrages sur le sujet, de jugements et d’appareils législatifs qui se mettent en place ?
    A propos de la force mentale, je suis aussi un peu circonspect. Pour ma part, j’ai toujours eu le soucis d’être vivant au sens d’être plein de vitalité. C’est d’ailleurs çà qui attire et dérange les pervers, çà leur manque terriblement. Ce sont des sortes de vampires. Heureusement, pour faire provision de vitalité, il y a plein de manières. De la vitalité, il y en au moins un petit peu chez tout le monde, par exemple dans le sourire de ma boulangère quand je vai acheter mon pain au coin de la rue.

    BF

  10. avatar

    Bonjour Bernard François,
    merci pour votre intervention,

    Je vais laisser à bibicertin le soin de préciser ses propos, quant aux miens, je vous dirai que :

    J’ai 46 ans et jamais je n’avais entendu parler de la réalité du HM. Malgré que l’on en discutait derrière des portes closes depuis un bon bout de temps (ce qui a amené une loi en 2004). On vote une loi et personne n’entend parler des crimes et agissements très graves qui incitent à passer cette loi.

    Je dis : « personne au Québec », parce que moi, j’en parle partout, et jamais personne ne connait ça. Par exemple : j’ai donné une conférence à l’université l’automne dernier devant 22 adultes cultivés provenant des sciences naturelles et sociales, du journalisme, des entreprises, etc., avec au moins deux années universitaires à plein temps, des gens informés dans le cadre d’un cours de rédaction… et personne (0%) n’avait jamais entendu parler du harcèlement moral.

    Je dis que c’est un fléau et ce n’est pas que moi qui dis ça. Fléau dans un de ses sens veut dire : Personne, chose néfaste, redoutable (ex : Cette femme est un véritable fléau) aussi dans un autre sens fléau veut aussi dire : Catastrophe, désastre public, calamité qui frappe une population (ex : Le fléau du cancer, de la famine. Les fléaux sociaux)

    Le harcèlement moral est un véritable fléau sociétal, caché et volontairement très mal connu.

    Il est fascinant évidemment parce qu’il exerce un irrésistible attrait, une profonde impression. (Un être fascinant. Un chant fascinant. Un spectacle fascinant. Un sujet fascinant.) Dans le sens intéressant, à découvrir et qui captive l’attention. Dans le sens qu’il s’agit (comme vous le dites) d’un vampirisme et que les « putains de vampires » fascinent les gens.

    Les pervers narcissiques sont fascinants, c’est bien connu, mais le mal qu’ils font aux autres, la manière de manipuler les instances et la vérité, leur manque total d’empathie lorsqu’ils détruisent leurs cibles… c’est ce qui est le plus fascinant. Je notais cela, entre autre, pour montrer l’antithèse qu’il existe entre le fait que ce soit un sujet attirant, nouveau et énigmatique et celui qu’il soit si inconnu par tant de gens.

    Surtout à notre époque où il existe un attrait inégalé pour les faits criminels, violents, la souffrance et tout ce qui est scandaleux.

  11. avatar

    Parlant de vampirisme, disons que : L’objectif du harceleur est d’amener les autres à détruire la cible ! Ainsi, pour que cette relation vampirique s’établisse entre un pervers et sa victime :

    Il doit très bien connaitre la victime, l’étudier, la tester, pour trouver SA faille.
    Il doit la séduire pour créer une relation, pour développer une emprise sur elle.
    Il doit amener un climat de sécurité qui permet à la victime de se laisser avoir.
    Il doit manipuler les autorités dont dépend la victime, ainsi que ses proches et sa famille.
    Il doit divulguer des ragots qui portent préjudice à la victime, afin d’établir son emprise.
    Créer des situations pour détruire confiance et repères et pousser la victime à la faute.
    Il doit isoler la victime en créant une coalition qui vise à l’attaquer de toutes les manières possibles.
    Finalement, le harcèlement moral est très différent d’une agression, il est subtile et caché.
    Il n’y a donc pas de conflit dans le harcèlement et personne ne peut rien y comprendre (pas même la cible).
    Le harcèlement moral assomme les victimes tel un vrai choc post-traumatique.

    C’est tout de même extraordinaire ! Non ?

    CM

  12. avatar

    Moi aussi, Bernard François, je trouve des ressources merveilleuses dans le regard des gens, dans leurs sourires. Aussi, je comprends que vous ayez pu vous en sortir avec vitalité.

    Si vous saviez la vitalité que j’avais, tout comme vous ! J’étais heureux 24heures/jour (même la nuit), malgré le HM qui nuisait petit à petit ma vie. Aimable, bénévole, je soignais gratuitement les animaux des gens démunis. Je payais les repas à tous mes employer, tous les jours. J’hébergeais mes amis(es) dans mes résidences. J’enseignais à plusieurs stagiaires par années. J’avais plein de projets. J’étais réellement vivifiant. En quinze années de pratique comme vétérinaire, jamais je n’ai été reconnu coupable d’une seule faute professionnelle. Et on peut dire que j’opérais ! J’étais l’unique actionnaire de mes entreprises […] et finalement, on m’a tout détruit. On a anéanti ma réputation, on m’a interné en psychiatrie, puis mis à la rue et finalement en prison. J’ai vécu un véritable calvaire (voir mon premier article).

    On ne peut pas comparer les cas de HM. Je crois que la situation dans laquelle on vit, la perversité des membres de notre propre famille, le pouvoir et la perversité des participants dont le pervers, notre naïveté, …, influence notre capacité de supporter l’adversité et de nous défendre. Tous ces facteurs déterminent la direction et l’ampleur du dérapage qui s’en suivra. Chose certaine, on a voulu notre peau parce qu’on l’avait l’affaire ; parce qu’on était jaloux de nous !

    En ce qui concerne une poursuite pour tentative de harcèlement moral, l’évolution du droit représente, selon moi, le premier combat qui doit être mené. Ici au Québec, on dit que la majorité des vrais cas sont réglés hors cour et on n’en connaitra jamais les faits. De cette façon, il ne peut y avoir, malheureusement, de jurisprudence.

  13. avatar

    Bonjour M. Marsan,

    Que dire de ce nouveau papier si ce n’est qu’il est vibrant de justesse ! L’efficacité de la démonstration frappe l’imaginaire : la dimension occultée des multiples enjeux du harcèlement psychologique est de l’ordre de l’iceberg… Il y a tant à dire pour démystifier cette calamité, qui indéniablement, alerte et sollicite d’avantage la science de nos cousins français en spécialités diverses. Malheur aux affligés d’ici qui ont la témérité de réclamer reconnaissance et réparation ! L’establishment de la santé, de la technocratie, de la « sososo-solidarité » et de la pseudo judiciairisation finit par les mettre franchement KO, à l’horizontal cette fois, pour boucler la boucle infernale….Tout se passe dans une ignorance crasse (ou son contraire malveillant), avec un dédain du drame humain en cause qu’on passe sous silence illicite et fort accommodant jusqu’à présent. Je parle en connaissance de cause également… je suis de celles et ceux que M. Guedj qualifie de “vraie”… le sous-produit bien réel d’un processus de harcèlement organisationnel opérant sur près de 10 ans.

    Les théoriciens ont raison : Les valeurs morales, l’intégrité, la bonne volonté, la tolérance, le fair play, les procédures légales même, ne sont d’aucune utilité dans cette logique de guerre. Les déployer en guise de défense conduit plutôt à l’effet contraire : le processus de perversion s’en nourrit et nous engouffre fatalement.

    Lorsque j’étais en fonction comme professionnelle spécialisée, on a systématiquement pratiqué le harcèlement psychologique pour gérer et brimer ma présence au travail. L’issue funeste et machinée de la tactique managériale, s’est fait attendre tout de même… mais la décompensation devint inévitable, vous l’aurez deviné. Dès lors, usant de méthodes éprouvées, on s’est résolument tourné vers le harcèlement médico-administratif pour gérer et punir mon absence du travail. On risquait de trouver des évidences trop choquantes de l’effraction (pour reprendre vos mots M. Marsan), avec et sans infraction dans mon cas. À cette étape d’équarrissage, vient se greffer toute une « race de monde » faisant commerce de la détresse d’une proie qui ne peut et ne veut faire abstraction d’une dénonciation. On expertise l’état à répétition à grands coups de DSM-IV (recherchant une faille héréditaire imputable), on assure provisoirement un salaire au présumé fraudeur (moyennant une profanation collective et « consentante » de la vie privée), on formalise les contacts (par une multitude de tracasseries et délais administratifs), on néglige le devoir de représentation, on court-circuite délibérément le droit au retour à la vie, par une pléthore de gestes accablants, répression économique en prime. À mes yeux, tout ceci n’est qu’une réplique ignoble du système, à l’instinct de survie, à la légitime défense d’un David contre plusieurs Goliath… insaisissables.

    Croyez-moi, si d’aventure on pouvait se permettre de mettre en doute la vraisemblance et la sévérité de mon cas, la méga puissante société qui me sert d’employeur ne sortirait pas son arsenal de guerre implacable pour m’éliminer. Si Goliath est puissant, il s’achète le luxe de violer les droits humains, l’éthique et cette loi frileuse qui prétend prévenir et sanctionner le méfait en milieu de travail. (Je fais référence ici à la Loi sur les normes du travail)

    J’ai déjà reconnu en moi, et cela dit très humblement, plusieurs traits de personnalité caractéristiques des cibles. Vous en faites une belle illustration d’ailleurs. Avec le recul, je peux concevoir qu’on puisse convoiter ardemment le dynamisme, le naturel, la vivacité et la bonhomie, même, tous réunis. Aujourd’hui, je m’en confesse, je suis assurément et totalement avide de cette personne que j’étais avant le « vandalisme ». Et comme l’idéalisme est pratiquement indécrottable chez moi, j’aimerais assez pouvoir miser sur cette maxime…« Tout ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort », enfin… Rassurez-vous par contre, il ne saurait être question ici de narcissisme, mais plutôt d’un terrible mal du pays…. Je suis incapable de comprendre et d’accepter cependant, qu’on en arrive à envier « à mort » chez l’autre, cet appétit pour la vie….. Je ne sais pas pour le DSM-IV, mais en ce qui me concerne, je me rallie aux propos précédents : nous sommes en présence ici de prédation, sans façon. C’est par cohérence et conviction personnelle également que je tiens à me définir dans ce vécu et devant un éventuel tribunal, comme une cible plutôt qu’une victime.

  14. avatar

    Merci BillesNoires pour cet ajout à mes propos. Merci pour votre colère raisonnée face au fait inadmissible d’être devenue une véritable proie. Merci pour votre témoignage dénonciateur sur ce scandaleux mal sociétal qui se perpétue malgré tout.

    J’insiste comme vous pour être qualifié de cible plutôt que de victime. Pour que des psychiatres comme ceux que j’ai cités parlent de vampirisme et de prédation, ce n’est pas parce qu’ils manquent d’imagination ou de vocabulaire. Mais bien parce que c’est exactement de ça qu’il est question.

    L’image d’un seul David contre plusieurs Goliath insaisissables est aussi très représentative de la réalité. En effet, dans le harcèlement individuel (et lorsque qu’une victime essaye de réagir et se défendre) ce concept de prédation vampirique prend souvent des proportions inimaginables.

    Ariane Bilhéran m’écrivait récemment que : « dans les vrais cas de harcèlement moral, la réalité dépasse toujours la fiction« .

    CM

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    Marie Josée Cordeau

    Bonjour monsieur Marsan,

    Je ne suis pas particulièrement fervente de la nouvelle mode très « in » voulant que l’on préfère être qualifié systématiquement de « cible » au lieu de « victime » de harcèlement. Selon moi, le terme « victime » nous situe en tant que personne ayant subi une agression ou un crime répréhensibles. L’idée de « cible » semble atténuer la réalité de ce que nous vivons ou avons vécu. Souhaitons-nous vraiment atrophier l’importance du phénomène ?

    J’aimerais entendre votre point de vue à ce sujet. Peut-être qu’en prenant connaissance de vos arguments, il me sera possible d’être plus ouverte face à ce choix.

    Vous semblez bien connaître les théories de madame Bilhéran. Pouvez-vous me résumer son apport dans le domaine ? Je dois vous avouer que depuis quelques années, je ne lis plus les « théoriciens » car j’estime qu’ils tendent à faire le travail de leur côté sans vraiment s’arrêter à la réalité concrète des victimes. On dirait que c’est en les mettant de côté, que je suis parvenue à me sortir la tête du fleuve.

    Personnellement, j’en ai un peu assez de tous ces « cinéastes de la faune », qui nous observent, nous dissèquent (semble-t-il) sans chercher de solution concrète à appliquer au quotidien. Quand j’ai eu l’occasion d’en rencontre un ou une en personne (même parmi les plus éminents !), j’ai eu la sensation d’être une lépreuse ou une pestiférée dont ils semblaient craindre la contagion. Mais où est donc leur empathie ????

    Est-ce que madame Bilhéran apporte un éclairage nouveau et des applications pratiques pour les victimes ?

    Je vous remercie d’écrire sur le harcèlement, comme vous le faites, sur ce blog. Peu de gens le font et c’est bien dommage, car si les victimes, ou cibles, se faisaient davantage entendre, le silence aurait plus de chances d’être définitivement rompu.

    Cordialement,

    Marie Josée Cordeau.

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    Bonjour Madame Cordeau,

    Merci beaucoup pour votre appréciation de mon apport sur cette question. Je pourrais vous retourner très bien le compliment. Pour répondre à la dénomination de cible ou victime, je dirai que le simple mot victime porte pour moi une résonance de « faiblesse », de « pauvreté », d’« incapacité » même. Tout l’monde peut être victime d’une chose ou d’une autre et on devient souvent victime par hasard.

    Dans le harcèlement moral, rien n’arrive par hasard. On est « ciblé » par un individu puis par un groupe… non pas parce qu’on est faible, mais au contraire parce qu’on a souvent plus que les autres. On devient « victime » de notre supériorité, si on peut dire. Avant d’être victime de la jalousie, on est la cible de personnes jalouses.

    En ce qui me concerne, JAMAIS de toute ma vie, je n’aurais pensé être victime de quoi que ce soit. C’est moi le lion, l’aigle, le chef ! L’idée même d’être victime ne me rentre pas dans la tête. Mais, être la cible des chasseurs qui veulent ma peau (rare), OUI. Là je peux comprendre.

    Cependant, par définition, victime veut aussi dire : « Personne qui subit la haine, les tourments, les injustices de qqn ». Or, il faut l’avouer, dans le HM on devient rapidement victime. Dans le sens qu’on subit beaucoup de haine et d’injustices.

    Pour ce qui est de la pensée d’Ariane Bilhéran, je vais l’inviter à répondre ici d’elle-même. En attendant, pour vous introduire ce qu’elle apporte de nouveau dans le débat sur le HM, je vous la cite :

    Ariane BILHERAN nous résume son travail ainsi :

    « Dans mon ouvrage, j’ai voulu conjuguer ces deux approches, ce qui n’a jamais été fait jusqu’à présent, afin de penser le harcèlement moral à la fois comme un fait de société, mais aussi comme une pathologie individuelle et collective.

    En psychologie clinique, je critique beaucoup l’approche de Hirigoyen, que je trouve caricaturale sur bien des aspects, et notamment en ce qui concerne les « profils » psychologiques.

    Je postule donc, contrairement à ce qu’affirme Hirigoyen, que le harcèlement moral est une pathologie collective (et non pas seulement binaire Pervers – harceleur/gentil – harcelé). Ceci me conduit à interroger le fonctionnement psychologique du groupe, la psychologie du harceleur et celle du harcelé, mais aussi la psychologie des « complices » ou des « témoins passifs », qui ont un rôle dans le processus. Cette analyse complète n’a jamais été faite jusqu’à présent.

    De plus, et toujours contrairement à ce qu’affirme Hirigoyen, je refuse de considérer que le harceleur est systématiquement un pervers narcissique. Bien au contraire, la clinique montre que beaucoup de harceleurs peuvent harceler inconsciemment, et être plutôt du côté des pathologies dites « états limites » (addictions…) ou même de la psychose paranoïaque. Je pose la question des motivations et origines psychologiques du harcèlement.

    Ceci me conduit donc, dans ce livre, à poser la question suivante : peut-on être harceleur dans sa vie privée et harcelé dans sa vie professionnelle (et vice-versa) ?

    Par ailleurs, ma démarche est très innovante en ce qu’elle montre qu’il n’y a qu’une différence de degré entre tous les types possibles de harcèlement (intrafamilial du type parents/enfants, violence conjugale, harcèlement dans le milieu associatif, dans la fonction publique, l’entreprise, etc.), c’est-à-dire qu’il s’agit du même phénomène psychologique, malgré la différence de contexte.

    Mais aussi et surtout je postule, qu’en tant que pathologie collective, le harcèlement moral peut aussi être un phénomène d’ordre politique (analyse du harcèlement moral comme méthode politique dans les régimes totalitaires, ou de certains groupes sociaux sur le régime politique en place).

    En somme, je démontre que le harcèlement moral est une survivance d’ordre totalitaire dans une société d’apparence démocratique.

    Enfin, je donne des clés d’intervention, propose des méthodes thérapeutiques adaptées au harcèlement (méthodes qui s’apparent à celles utilisés auprès des personnes ayant subi de la torture) et tente de penser la possibilité de résilience pour des harcelés (que faut-il pour être résilient après avoir été harcelé ? La résilience c’est ce que Cyrulnik décrit comme faculté de rebondir après de lourds traumatismes). »

    Est-ce que cela répond à votre question ?

    CM

  17. avatar

    Bonjour Madame,
    Votre intervention m’affecte profondément.Je souhaiterais vous apporter l’éclairage d’une ancienne victime de harcèlement que je suis, et vous rassurer quant aux points que vous développez.
    Vous avez tout à fait raison de vous sentir las et non comprise. En fait, le harcèelement est repris par bon nomnre de personnes comme un « tremplin » pour leur profession, en manque de « patients ». Les spécialistes, avocat, psy, sociaux, se gargarrisent l’esprit sur le pourquoi, construisent des logiques implaccables mais qui n’ont toujours aucun sens, puisqu’elle n’apporte aucune solution. Vous n’êtes pas dupe de celà j’en suis sûr d’après vos propos et je vous suis parfaitement dans cette voie. Pour ma part, ma dérive a toujours été écoutée par les spécialistes, jamais aidée. Ce que j’entends par là, c’est que ma remontée, je l’ai faite par moi-même, je me suis trouvé mes techniques pour m’ne sortir, et je compte bien les écrire pour toutes les personnes qui souhaitent en profiter un jour, si besoin. Je compare la « guérison » ( si tant est que l’on puisse parler de guérison »), au même processus que arrêter de fumer ou cessez d’avoir des TOC ou bie encore maigrir. Il n’y a paas qu’une recette, mais plus encore, la recette doit être appropriée pour chacun. J’ai eu la « chance » (si je puis dire) de vivre une expérience de lavage de cerveau pendant 7 ans dans une entreprise où mon formatage a fait que je n’étais plus vraiment moi-même. Sur la fin, le harcèlement dont j’ai été victime, harcèlement tellement raffiné (qui m’aurait conduit à a avoir le comportement suivant : me faire licencier en disant merci !) a failli me conduire au suicide. Une longue descente aux enfers, une brèche morale, une violence pénétrante au plus profond de moi m’a rongé comme un cancer. Et puis, je ne sais toujours pas pourquoi, j’ai « décidé » une sorte d’intention soudaine m’a poussé à essayer de comprendre, COMMENT j’en étais arrivé là. Alors je me suis mis à chercher la connaissance. Après avoir vu des psychologues qui m’ont enfermé dans l’étiquette d’un « dépressif », ce qui n’est pas le cas du tout, des médecins du travail aussi impuissant que moi face aux phénomènes, des inspecteurs du travail tout aussi incapable de faire leur travail de peur de récidive, j’ai trouvé au sein de livres pluridisciplinaires, j’ai trouvé en me replongeant dans mes cours (je suis neurophysiologiste du comportement de formation initiale) une voie, ma voie. Qui ne sera peut-être pas celle que les autres emprunte ou emprunteront, mais j’en ai déduit des choses fortes : on ne nait pas victimes ni manipulateur, on le devient, tout est dans l’apprentissage. Et bien je souhaite apprendre à qui veut les méthodes pour éviter d’en arriver là où j’en suis arrivé. Et je sais aussi que bien nombre de ces méthodes sont enseignées dans des entreprise, dans des sectes, à l’armée.
    Et je souhaiterais madame, sans vous offenser, de vous inviter à prendre le sens des mots avec toute la parcimonie qu’il se doit. Que l’on parle de harcèlement, de cible, au autres, l’expérience que nous avons vécue est avant tout une expérience, exempte de mots pour la décrire, bien au-delà du sens véhiculé par un mot. Et c’est une des raisons pour laquelle le spécialistes ne peuvent rien. Parce que pour vous écouter, ou plutôt « savoir » vous écouter, il faut l’empathie naturelle que vous avez vis-à-vis des autres, et que eux n’ont pas toujours. Dis autrement, notre qualité commune, que l’on pourrait qualifier d’empathie, de sensibilité, peu importe le mot, n’existe pas chez tous le monde, et pas chez tous les soi-disant spécialistes.
    Aussi, madame, je souhaitais vous dire que nous n’êtes pas seule, que nous sommes nombreux, mais que par définition, notre élevage, notre formatage a été trop longtemps celui de la peur, ce qui conduit à l’isolement, alors nous nous terrrons, sauf quelques uns comme cet homme, qui écrit ces articles, et sans doute bien d’autres encore.
    Merci de m’avoir lu.
    Bibicertin

  18. avatar

    Quel beau témoignage cher ami,

    Je connais monsieur Bibicertain. Ton message me touche. Tu ne connais pas madame Cordeau, elle est une des pionnières de la dénonciation du HM au Québec. Nous l’avons vue, ainsi que d’autres participants avec Angelo Soares de l’UQÀM à cette question, sur la chaine du CanalSavoir.

    Je dois avouer que ce sont ces premiers témoignages (que j’ai trouvés par hasard sur la télé) qui m’ont permis de vraiment comprendre de quoi j’étais la farce.

    Car une autre chose triste que l’on néglige (et qui est pire encore), c’est que plusieurs s’amusent et vivent tout un plaisir à détruire un individu. Surtout quand les autorités payent aux plus performants. Quand le harcèlement se joue en groupe. Qu’on se rapporte les informations. Que l’on tombe dans le putain de téléroman live ! Là prennent toute la malignité et la perversité du problème.

    Il y a aussi une notion de correction morale qui dépasse l’entendement dans certains cas. Ce fait est vraiment important ! Imaginez, le ou la pervers se plaçant en plus comme barème moral pour tout le putain de groupe ! Un peu comme le curé qui abuse d’un enfant au nom de la morale !

    Je voudrais aussi que l’on insiste sur le fait que dans le processus on est comme hypnotisé par la situation, vraiment. Cela est ce qui me semble le plus bizarre dans cette violence. La technique d’emprise par le travail sur l’esprit de la cible.

    Je me considère un homme assez intelligent, logique, solide, de bonne morale, or, dans ce que j’ai vécu, à certains moments je n’étais PAS LÀ. J’étais dans une réalité autre qui a été fabriquée (reste à comprendre comment) par mon pervers et sa coalition.

    La technique dont tu faisais référence, le lavage de cerveau, cela est caractéristique. Toute l’énergie que l’on a mise pour me travailler l’esprit, pour m’amener là où on a voulu m’amener, c’est digne d’un scénario Hollywoodien. Il faut parler de ça aussi.

    Il doit bien y avoir des films inspirés par des histoires vrais de HM ! J’ai entendu qu’un film Italien (non traduit, je crois) qui s’intitule : J’aime mon travail (2006), raconte très clairement ce qu’une cible de HM vit. Premièrement, elle adore son travail et en retire beaucoup de plaisir.

    CM

  19. avatar

    J’ai trouvé une description du film en français.
    Il traite en effet du harcèlement moral.

    http://www.lacid.org/films_fiche.asp ?id=434

    CM

  20. avatar

    En relisant l’ensemble des textes de ce « forum journalistique » (je suis français et suis sur ce forum grâce à Charles), je retiens finalement que nous disons tous la même chose, dans le sens où notre sens est le même ! Peu importe les mots pour le dire, leur agencement fait que nous nous retrouvons tous spirituellement dans le fait que le harcèlement est une violation de notre intégrité mentale. Comprendre comment celà se fait, c’est d’abord accepter notre nature humaine, mêlant à la base la cruauté et la beauté de la vie. C’est pour celà que la manipulation mentale a toujours existée, elle est la base de la vie de tous les animaux. Pensez seulement au cerfs entourés de loups affamés et qui simule la puissance en restant immobile faisant croire à ces prédateurs que si ils s’approchent ils risquent gros. Pensez au travail de la nature pour faire en sorte que les fourmis ouvrières ne pensent plus à être la reine de la fourmillière, sont littéralement castrée par la nature (les fourmis ouvrières sont et effet stériles) !!!! Et oui, et pour la construction de la fourmillière humaine, l’homme a tendance à s’organiser pour faire la même chose. Il n’est pas bon de convoiter un autre rôle, une fonction que celle pour laquelle on est destinée, car on devient alors « non productif » ! Ainsi, on nous apprend à être roi ou ouvrier, le harcèlement est la voie de répression lorsque des individus différents, qui ouvrent les yeux sur une « réalité », doivent retourner dans le droit chemin.
    Ainsi, on a créé des spécialistes, dont vous le remarquerez, ne font que se référer à une norme, et joue eux aussi le même rôle : nous mettre dans une case : victime ou cible ou de je ne sais quel mot, peu importe. Je ne citerai qu’une phrase marquante d’un psychiatre qui disait que les victimes sont des gens qui ne savent pas dire non. Avez-vous remarqué que dans cette phrase réside déjà de la manipulation, par l’établissement d’un jugement sur la normalité ? Qui est cette personne, aussi digne d’intérêt qu’elle soit pour juger du comportment d’un individu quel qu’il soit ? Dire cela , c’est affirmer une normalité qui dirait que l’homme normal n’aurait pas le droit de ne pas savoir dire non !! Aucun contexte n’est pris en compte, aucune caractéristique et surtout, cette personne reste un homme baigné comme nous aux même problématique dans sa vie. Et si ne pas savoir dire non était justement la normalité parmi les gens sensibles, qui justement se donne à l’autre ? Je ne citerai q’un exemple. En Chine, il était il n’y a pas si longtemps dans la coutûme d’accueillir chez soi un « fou », parce qu’il était justement le témoin, le garde fou, je ne sais quel mot employer, mais s’occuper de lui ouvrait l’esprit. Je reste déterminé à dire que certains apprentissages nous conduisent à devenir tyran ou victimes. Que ces apprentissages sont la solution car on connaîtra le danger et on pourra lutter contre. Que ces apprentissages ont attrait à des « matières » qui ne sont pas enseignées pour tous aujourd’hui : dialectique, comportement, communication, désinhibition…. Et que de ces enseignements, qui doivent repenser complètement les « normes » d’enseignement actuel d’aujourd’hui. Car on ne parle pas de math, ou de philo, ou d’histoire, ces nouvelles approches permettant de comprendre peut-être l’amour, la mort, l’envie, l’intention vont faire exploser toutes les professions. Car la transdisciplinarité sera le ferment de ces nouveaux enseignements. On ne pourra pas se targuer ne étant médecin ou psy de connaître quoi que soit. « il faut tout revisiter en partant du sensible » Bernard Lavilliers.

  21. avatar

    Bonjour à toi Bibicertain,

    Je veux revenir sur une chose importante que tu viens de citer : l’incapacité de dire non. Je dirais que cela représente l’une des plus grandes tares qui soient. Étant « incapable » de vivre les conflits (d’affronter les réactions négatives des autres), on n’a de choix que d’acquiescer aux requêtes. Et cela le PN le détecte vite. Celui qui ne considère pas ses propres besoins et désirs, mais agit en bon fils devient facile à manipuler. J’étais très surpris que le docteur Prigent n’écrive, comme seul commentaire sur les victimes techniques (vraies) du HM, la caractéristique de cette difficulté (incapacité) à dire non.

    Mais, cette seule symptomatique prend alors toute son importance. Cette manière aimable et généreuse de voir la vie, de prendre à bras le corps les évènements quels qu’ils soient… représente la fragilité qui initie tout le reste. Cette dévotion pour son prochain, ce besoin de plaire à tout prix, représente le fait déclencheur qui attire les pervers. Et c’est, selon moi, sur ça qu’on devrait s’attarder pour prévenir ces violences : l’estime de soi et la capacité d’affirmation de l’enfant.

    Je pourrais prendre chaque situation de ma vie où on a joué contre moi, et voir, avec le recul, les motifs de ces expériences. Comment j’aurais dû réagir si j’avais été normalement constitué ? Partout où j’aurais dû déjouer le complot. Comprendre et même prévoir les pièges orchestrés. Si j’avais seulement su ! J’aurais eu une petite chance. Mais, l’idée de toute l’attaque, c’est justement, je le répète, que jamais ni la victime, ni personne d’autre ne comprennent ce qui se passe. Aucune lumière ne peut franchement éclairer ces « chasses à l’homme ».

    Il n’y a normalement pas d’infraction visible, la destruction étant organisée avec propreté… et tout le pouvoir nécessaire.

    Merci de me rappeler ces choses, Jean-Charles (Bibicertain), merci à Centpapiers d’avoir permis que tu me trouves, grâce à la parution du présent article.

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    Imaginez-vous que l’on a refusé la proposition d’Ariane Bilhéran pour la conférence de Montréal en Juin prochain. Elle est très déçue. Et moi donc !

    Allez voir vous-même son synopsis.

    Nous allons devoir organiser une conférence publique en marge de cette réunion contre le harcèlement moral. Mon opinion, c’est que la superbe présentation de madame Bilhéran a été directement censurée. Lisez le synopsis et voyez par vous même.

    Est-ce que les propos de cette spécialiste sont pertinents pour une conférence internationale sur le HM au travail ! Le mot travail vient du mot torture et on ne veut pas parler de ça !

    LE HARCÈLEMENT MORAL AGIT DE LA TORTURE AU MÊME TITRE QUE CELLE APPLIQUÉE DANS LES RÉGIMES TOTALITAIRES. Une preuve étant la lourdeur des signes cliniques (choc post-traumatique) et le nombre de suicides dont il est directement responsable !

    L’individu est chosifié et les pouvoirs instrumentalisés (loin en dehors de leurs vocations) par des manipulateurs qui acquièrent $$$ ces pouvoirs dans notre société. Instrumentalisation par des individus qui instaurent et sèment la terreur.

    Le silence entoure depuis toujours ces pratiques (par le déni), les victimes, elles, ayant été le plus souvent brisées et contraintes à l’isolement. Avouons qu’il est grand temps de dénoncer la gravité et l’immoralité de ces violences qui se déroulent encore aujourd’hui, partout, même chez nous.

  23. avatar

    Merci Mme Cordeau , Merci bibicertain . Merci M Marsan Merci M François

    Continuez votre travail de dénonciation , petit a petit, chacune des personnes ayant vécu ce traumatisme pourra se lever et crier au monde l’injustice dont elle a été victime . C’est ce qui se passe quand le SILENCE EST ROMPU ..

    Pour moi qui aime bien toute la symbolique de la Bible , sur le Verbe. Je ne peux que vous féliciter de prendre la parole …Je crois en la force du témoignage .

    En le réinterpretant , je reprends ici a mon compte, un texte trouvé sur internet a propos de Jean 1

    Au commencement était le Verbe » : c’est la reprise des premiers mots de la Bible où l’on nous dit qu’  »au commencement » Dieu créa le ciel et la terre.

    On apprend ainsi que le Verbe n’existe pas pour lui-même, mais qu’il est tourné, tendu vers Dieu. C’est une manière de dire qu’il se reçoit de Dieu en même temps qu’il se donne à lui. le Verbe a été le maître d’œuvre de la création, puisque tout a été fait par lui et que rien ne subsiste en dehors de lui.

    Le texte de Jean 1 nous dit que le VERBE est inséparablement vie et lumière. Tout au long de son évangile, Jean appliquera ces deux mots à la figure de Jésus qu’il présentera comme la  »Lumière du monde » (8,12) et  »la Résurrection et la Vie » (11,25). Ces mots s’inscrivent dans un contexte de résistance et d’opposition.

     »la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée », Jean fait acte de FOI en soulignant la force et la victoire du Verbe dans son combat contre les ténèbres.
    Comme on aime bien les combats d’idées , les analystes de la Bible s’obstinent sur le comment on aurait du traduire tel ou tel mot… (ah le choix de mots) Pour moi l’important ce n’est pas le choix des mots … mais une question de regard : celui qu’on choisit de poser sur la VIE …

    On continue la lecture et on lit :  »et les ténèbres ne l’ont pas comprise », on constate que la Bible est toujours d’actualité … Le refus de la Lumière par quelques-uns fait en sorte que le Dieu auquel je crois a été crucifié sur une croix ….et que d’autres ont subi ou subiront encore et encore des traumatismes de toutes sortes.

    Ce Dieu crucifié … comment savoir s’il est ressuscité ou pas …. C’est l’équivalent de croire au fait qu’une personne ayant subi un traumatisme aussi important que celui du HM puisse se relever ou pas !! Moi je choisis d’y croire

  24. avatar

    au fil de mes lectures ….PAR LA PRÉSENTE je voulais attirer votre attention sur l’article
    BRISER LE MUR DE SILENCE ..j’ai été tres touchée ….
    «Mon nom est Patricia Turcotte. Rescapée des enfers et du suicide et survivante de l’asile, mais toujours fidèle pèlerine devant l’Éternel »..

  25. avatar

    Je n’ai pas trop de mérite à propos de cette phrase suivante: Mon nom est Patricia. Rescapée des enfers et du suicide, survivante de l’asile mais toujours fidèle pèlerine devant l’Éternel. » ( Ami LRD )

    Quand je cite une partie de phrase qui vient d’une autre personne, habituellement, je cite toujours la référence. Puisque je l’avais citée en publiant cet article sur le site Handicap.fr en France; je croyais bien l’avoir aussi écrit sur ce site.

    Oupss, merci d’avoir soulever cette phrase afin que je puisse ajouter qu’en partie, cette superbe phrase a un autre auteur, un grand copain. Alors, j’ai donc ajouté les premières lettres de son prénom et nom, pour lui laisser son œuvre.

    Patricia Turcotte

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    Voici quelques faits véridiques à lire entre les lignes. Ils sont légèrement romancés. Nul ne pourra reconnaître les gens et les lieux, mis à part les personnes qui sont les responsables de ces actes de vandalismes psychiques sur les personnes touchées profondément. Je les écrirai sûrement bientôt:

    a)
    Une personne n’est jamais allée consulter le psy Prud’homme. Sauf qu’une personne proche d’elle et extrêmement proche du psy Prud’homme, a donné réellement pour de vrai, « son esprit à la science psychiatrique » étant victime sans possibilité de retour de son psy. Alors, elle partage tout et absolument tout sur elle, sur sa vie, sur les membres de sa famille et amis. Suite à venir dans un billet romancé.

    b)
    Donc, quand cette personne se fait diagnostiqué une vilaine anxiété et angoisse aiguë suite à des grandes périodes de stress et injustices sociales flagrantes. Mais vu les territoires des spécialistes, celle-ci doit bien aller au cabinet du Dr Prud’homme en conflit d’intérêt, merci !

    c)
    Après deux minutes de silence dans son bureau, elle demande à parler du fait qui la trouble au plus haut point. Le psy lui dit:  » Je ne veux absolument pas entendre parler de cela et plus jamais, vous m’entendez. »

    d)
    Les deux autres diagnostics tombent à l’eau et sont changés dans le dossier médical de la dame qui n’est pas encore au courant. Alors qu’elle essaie tant bien que mal de travailler avant de petter une énorme fiouse qui durera plus de 8 ans; la personne qui a donné son esprit de bonne foi et de bon cœur au psy, va la rencontrer sur les lieux de son travail. Elle lui révèle le lourd diagnostic de cancer en santé mentale mis sur sa tête. Quoi ? Les sceptiques en seront sûrement confondus comme disait le bon Capitaine Bonhomme !
    e)
    En effet, cette dame se rend au bureau du psy après sa tentative de suicide. Un magazine est là sur la table d’attente en région; pas à Québec ni Montréal ni Ottawa etc..en région où tous se connaissent ou presque. En gros titre est annoncé un titre concernant la dame et un méchant monsieur connu du public; deux pages pour dénigrer cette femme publiquement comme si elle n’avait pas encore été assez au fond du baril.
    f)
    Lors de ce rendez-vous, le psy prend 5 minutes pour obliger cette dame à lui dire comment elle s’y prendra pour se suicider à nouveau. Quoi mais elle lui dit sincèrement qu’elle a choisit la vie et la vie en abondance. Finis les idées noires pour la vie à moins de perdre la boule mais cela peut arriver à tous. Il ne la lâche pas tant qu’elle n’a pas inventé un mensonge pour s’en sortir. Donc, elle doit se libérer de ce fait pour ne pas y passer à nouveau. Cette dame ne pense pas à s’enlever la vie, mais absolument pas; mais parfois ce fait lui remonte au cœur et la dérange. La dénonciation sera la porte de sortie. Et voilà que tout débute ici sans censure aucune et sans aucune préparation en plus.
    f)
    C’est la mare aux grenouilles dans la vie de cette personne. LA MARE AUX GRENOUILLES sera donc le titre de mes prochains minis-billets romancés à ce sujet.

    Monsieur Charles Marsan, j’espère que vous raconterez de A à Z votre histoire. Tout en étant prudent pour ne pas vous retrouver en cour. Vous devez tous vous libérez de ces prisons, si vous voulez guérir ou vivre une rémission mentale, et je m’inclus évidemment.

    Merci à tous de ces beaux et touchant témoignages d’espoir et de liberté nouvelle.

    Patricia Turcotte

  27. avatar

    Un an plus tard…
    Merci madame Turcotte pour ce beau témoignage.

    Hier, justement, je présentais une conférence, dans un cours d’éthique de la recherche, sur le sujet du harcèlement moral dans les universités québécoises. Tout le groupe était très attentif. À la fin, j’ai répondu à des dizaines de questions pendant près d’une demie-heure…

    Ça m’a fait tellement de bien de prendre la parole pour expliquer en profondeur la problématique qui sous-tend ces injustices, malgré le fait que je n’aie pas mentionné un seul mot de mon histoire.

    On est un peu, je trouve, comme dans les premières plaintes pour viol au sein du couple, et des abus sexuels perpétrés par des prêtres… C’était impensable pour la majorité des gens, alors qu’aujourd’hui, ce sont des crimes bien reconnus.

    Faire du harcèlement moral, dans 10 ans, ce sera aussi mal vu qu’harceler sexuellement pour nous aujourd’hui. Ce n’est qu’une question de temps, à force de débats publics.

    Oui, je vais l’écrire mon histoire… Et je vous jure que vous aurez vous-même peine à y croire.

    Merci de votre précieux dévouement,

    Charles