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La volont? populaire est-elle bien que 15,5 milliards soient d?pens?s chaque ann?e au Qu?bec pour l'?ducation ? Probablement. Mais la volont? populaire n?est-elle pas une peu? disons, d?sinform?e ? Quand l??ducation permet de produire mieux, en … Lire la suite

Education: la reine des vaches sacr?es (2/3)


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La volont? populaire est-elle bien que 15,5 milliards de dollars soient d?pens?s chaque ann?e au Qu?bec pour l??ducation ??? Probablement. Mais La volont? populaire n?est-elle pas une peu? disons, d?sinform?e ?

Au d?part ? lire, ecrire, compter, savoir r?soudre un probl?me et autres comp?tences de base – c?est une m?me formation pour tous. Puisque tout le monde doit en profiter ?galement, il est normal que tout le monde absorbe le co?t de ce tronc commun de ?ces pr?liminaires. C?est ce qui se passe quand l??tat offre gratuitement une formation g?n?rale. Souvenez-vous, cependant, que ??gratuit?? ne veut pas dire que cette formation de pr?requis et des pr?liminaires ne co?te rien?; seulement que? vous et moi et? tout le monde la paye au prorata de sa contribution fiscale.

La sagesse conventionnelle, aujourd?hui, est qu?il est bon pour une soci?t? de donner autant de cette formation g?n?rale que ses moyens le lui permettent. ?Mais il?y a ?ducation… et ?ducation. D’abord, une ?ducation professionnelle qui sert ?? produire des biens et des services. Tout? le monde, dans une soci?t?, devrait collaborer ? la production des biens et services: c?est ce qu?on appelle travailler. Pour le faire efficacement, dans une soci?t? technique, il faut une formation dite?PROFESSIONNELLE .?On veut plus d??ducation professionnelle, c?est la clef de l?abondance.

Alors on en ajoute.?On se dit que ?a fera des travailleurs avec une base professionnelle polyvalente et que ?a pourra toujours servir ?. Mais il y a un pi?ge.? Plus une soci?t? est complexe, plus il y a de connaissance professionnelles sp?cifiques ? acqu?rir qui doivent ?tre compl?mentaires. Si on met ces connaissances sp?cifiques au tronc commun, celui-ci s?allonge ? ce qui co?te plus cher ? et s?alourdit, ce qui entra?ne plus d??checs et d?abandons. IL EST NEFASTE D?AJOUTER AU TRONC COMMUN DES CONNAISSANCES QUI NE SERONT PAS UTILES A UNE TRES VASTE MAJORIT? DES APPRENANTS.

Ce n?est pas au tronc commun professionnel qu?il faut en ajouter?; c?est aux paliers des diverses options, qui doivent ?tre? de plus en plus finement ramifi?es si on veut que puisse ?tre transmise la masse des connaissances qui doit l??tre. ?Est-ce ? dire que l??ducation g?n?rale doit s?arr?ter l? o? se termine le tronc commun professionnel ?

Nenni? ? Car depuis le Rapport Robbins en Grande Bretagne, il y a pr?s de 50 ans, on a compris qu?il y avait une demande sociale pour l??ducation, ind?pendante de l?activit? de production ? laquelle elle donne acc?s. Cette demande peut ?tre satisfaite par un autre type d »?ducation: l??ducation que nous avons dite ??CULTURELLE??.? Cette ?ducation culturelle, qui est essentiellement pour le plaisir de l?individu, peut n?anmoins avoir un impact social positif si elle est dispens?e au palier de l??ducation de tronc commun, en permettant un nivellement des schemes de d?veloppement personnels g?n?rateur d?un sentiment d?appartenance et donc de coh?sion identitaire.

Va donc pour la formation culturelle de masse, mais il faut aussi dire ? la population puritaine qui boude son plaisir que cette formation est indispensable? ? L’est-elle vraiment ? ? A d?faut d’enseigner des connaissances qui permettront de satisfaire la demande, peut-on mettre en place une formation transcendante qui enseignera ? apprendre, par exemple… et dont on tirera donc un pouvoir ??

??La connaissance est le pouvoir??, disait d?j? Hobbes.? Une connaissance scientifique ou technique qui permet un contr?le de la nature est bien utile, mais en quoi une formation ??culturelle?? apporte-elle du pouvoir??? C?est que, dans une soci?t? complexe d?interd?pendance et de compl?mentarit?, il est parfois moins important de conna?tre et contr?ler les lois de la nature ou les techniques que les? ??r?gles du jeu?? qui r?gissent la production (?conomie) et les rapports sociaux (Politique)??

Or, ces r?gles qui nous font une soci?t? ne sont pas ?naturelles?, mais humaines et semblent donc bien arbitraires. Le rapport entre savoir et pouvoir, au palier de leur contr?le, n?a pas la rigidit? ni la? rigueur de cause ? effet d?un plan de travail ? son ex?cution? ? Elles int?grent des hypoth?ses sur le comportement humain; les disciplines ??professionnelle? qui veulent nous les expliquer?sont donc contest?es.

Mais ce n?est pas parce que ces r?gles ne sont pas? parfaitement connues qu?elles n?existent pas???L??ducation dite ??culturelle?? a pour but premier de nous donner ?cette connaissance ? qui est devenu le plus important des apprentissages ? en s?appuyant non pas sur des disciplines ?soft? ? contestables ? mais sur un non-dit transcendant ? la culture -? qui en laisserait supposer la ma?trise.

La culture est pour une bonne part discr?tionnaire dans sa forme. Elle rend chacun diff?rent, identifie l?individu et d?termine ses appartenances, lesquelles lui font un destin.? La culture, sous ces diverses formes, devient ainsi un discriminant au sens strict. ?Que cette qualit? prot?enne ?ait, sous tous ses voiles, la facult? ?d?aider ? contr?ler les ?r?gles du jeu? n?est pas ?vident, mais n?est pas absurde non plus: c?est l?hypoth?se de la ?t?te bien faite?. ?Le rapport de cause ? effet entre une formation culturelle et une aptitude ? contr?ler les ??r?gles du jeu???n?a pas la rigueur de celui d?une analyse de t?ches ? l?acquisition d?une comp?tence, mais, tout comme la formation professionnelle, l??ducation dite culturelle peut conf?rer un pouvoir.

Un pouvoir et, surtout, une aura de pouvoir qui impose le respect.?En effet, au-del? de son efficacit? factuelle qui reste sujette ? caution pour permettre un meilleur contr?le des jeux ?conomiques et politiques, la culture a son aura dont l?impact est indubitable qui r?sulte du consensus quant ? cette efficacit?. Ceux qui ont ?t? adoub?s, ayant re?u la culture comme on re?oit la gr?ce, jouissent d?un pr?jug? favorable.

Ceux?qui profitent de ce respect ?en tirent le pouvoir de faire en sorte qu?il ne s?estompe pas, mais grandisse. ?On a donc ici un de ces feedbacks positifs dont on ne sait jamais trop comment sortir?

Tout a commenc? par une strat?gie inopportune, il y a deux g?n?rations, au temps du rapport Robbins, quand les bons pasteurs de l??ducation qui avaient les bons dipl?mes au d?part se sont servi du pr?jug? favorable ? l??ducation pour faire de celle-ci un passage oblig? vers n?importe quoi.

Dans un premier temps, on a mis en marche une machine infernale, faisant augmenter constamment les exigences acad?miques pour TOUTE activit? professionnelle, ind?pendamment des exigences r?elles de ses t?ches constituantes. On voulait une promotions sociale, mais c??tait une ?volution perverse, puisque, si l?exigence professionnelle demeure inchang?e, ce n?est que le volet culturel de chaque formation qui peut augmenter? ?Il est clair que, s?il faut un bac pour le faire et une ma?trise pour coiffer, ce n?est pas demain?qu?on rasera grato !

On voulait que l?individu se r?alise ? tout prix par l??ducation; en fait, on a biais??l??quilibre du pouvoir en faveur de ceux qui n?ont pas la comp?tence de produire ou d?offrir des services que veut vraiment la soci?t?, mais seulement l?habilet? de se coller au processus de production pour en tirer pr?texte ? un revenu.?Ils sont donc devenus de en plus nombreux ? traire la vache et de moins en moins nombreux ? la nourrir.

C?est dans ce contexte et cet esprit, d?une ?ducation qui n?a pas ? apporter autre chose qu?une satisfaction ? l?individu, qu?on a d? affronter la cons?quence in?luctable? de l?industrialisation, puis de l?automation de la production des biens… qui a ?t? de rendre superflue une part croissante? de la main-d??uvre.

La solution aurait ?t? de donner plus d?une formation professionnelle cibl?e permettant offrir les services haut de gamme? pour lesquels il existait une intarissable demande.? En augmentant le nombre de ces professionnels?dont la comp?tence ?tait requise, on aurait satisfait un vrai besoin et l?on aurait pu r?duire peu ? peu l??cart entre leur r?mun?ration et celle des autres travailleurs, ce qui est la SEULE fa?on d?am?liorer ? terme la qualit? de vie de tous.

Mais la plus grande partie de l??ducation offerte n?ayant plus de liens directs avec? la production de quoi que ce soit, on n?a pas r?sist? ? la r?ticence corporatiste de ceux qui contr?lent?les professions en grande demande – m?decins, ing?nieurs, etc – et voulaient qu?on en limite les effectifs. ?On a choisi la solution de facilit? de former des???logues??.?? Ainsi sont n?es, dans la soci?t?, des confr?ries de ??logues?? ? pr?fixes innombrables, souvent sceptiques les unes envers les autres, mais s?accordant un respect mutuel devant les p?quenots sans ??culture??.

Ces confr?ries ont form? ainsi un bloc solide pour que se d?veloppe ind?finiment une ?ducation ?culturelle?, engendrant des ??logues? dont le seul plan de carri?re, pour beaucoup, ne peut ?tre que d?en former d?autres ?. ?L??ducation est devenue ainsi une ?g?nisse gestante sacr?e?? que demain on ne pourra m?me plus traire, tout occup?e qu?elle sera ? allaiter la super vache sacr?e que sera cette ?ducation future dont elle aura mis bas.

La semaine prochaine?:? ?? Pour en finir avec l??ducation?: comment abattre une vache sacr?e, sans lui faire mal ni en avoir du chagrin???

Pierre JC Allard

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