Remarquable! Pour son premier exercice depuis 2008, le géant japonais Sony a été en mesure (au 31 mars dernier) de boucler une année fiscale profitable. Confiance des consommateurs nippons en nette amélioration, hausse significative de la production industrielle et secteur du bâtiment et du marché immobilier en plein redressement, sont autant de signaux qui témoignent [...]

Ecrasons l?Inf?me!

Remarquable! Pour son premier exercice depuis 2008, le g?ant japonais Sony a ?t? en mesure (au 31 mars dernier) de boucler une ann?e fiscale profitable. Confiance des consommateurs nippons en nette am?lioration, hausse significative de la production industrielle et secteur du b?timent et du march? immobilier en plein redressement, sont autant de signaux qui t?moignent du redressement ?conomique de cette nation. Suite ? l?av?nement du nouveau Premier Ministre en janvier dernier, Shinzo Abe, qui a imm?diatement mis en place des r?formes qualifi?es de ??Rooseveltiennes?? par Ben Bernanke, Pr?sident de la R?serve f?d?rale am?ricaine. En r?alit?, c?est tout un contient qui bouge sous l?impulsion de M. Abe puisque la Cor?e, l?Inde, la Tha?lande, le Vietnam, l?Australie et m?me la Chine ont tous d?cr?t? une politique expansionniste (baisses de leur taux d?int?r?t) dans un souci de ne pas trop perdre en comp?titivit? face au Japon. La plate-forme de Shinzo Abe consiste pr?cis?ment en une cr?ation mon?taire intensive autorisant la relance des exportations japonaises. D?o? ce programme de stimuli destin? ? doubler la base mon?taire en deux ans?!

 

Car contrairement au dogme d?fendu par les forcen?s de la rigueur, il est tout ? fait possible ? et m?me souhaitable ? de stimuler mon?tairement et fiscalement son ?conomie tout en entreprenant des r?formes structurelles ? long terme. C?est en effet lorsque le syst?me est bien irrigu? que certaines d?cisions d?licates sont susceptibles d??tre mieux accept?es par une population consciente de certains sacrifices en ?change de ces injections de liquidit?s. Planche ? billets et r?formes en profondeur ne sont donc en rien incompatibles, et c?est pr?cis?ment les enseignements qu?il est possible de tirer de certaines mesures embl?matiques du nouveau Gouvernement japonais qui revoit en profondeur son r?seau de distribution ?lectrique, ou qui met en place une vraie politique contre la discrimination des femmes. La s?quence de l?arriv?e au pouvoir de cet homme peu conventionnel, comme du changement radical d?approche pour rem?dier ? ce mal end?mique qu?est la d?flation, ne doit du reste rien au hasard, suite au tsunami et ? la mont?e en puissance chinoise ayant d?tr?n? le Japon de son rang de deuxi?me puissance ?conomique mondiale. En outre, pour la premi?re fois depuis 1980, la balance commerciale de ce pays fut d?ficitaire en 2012 !

 

C?est bien avant que notre monde occidental ne sombre ? d?s 2007- que la r?p?tition g?n?rale de notre crise ?conomique fit des ravages dans ce pays. Tardives et timor?es furent pourtant les r?actions et mesures des gouvernements qui s?y succ?d?rent depuis l?implosion ? au d?but des ann?es 90 ? de ses march?s immobilier et boursier. Brid?s par le dogme n?o-lib?ral qui consid?re les d?ficits ? l??gal de l?Ant?christ, les dirigeants nippons commirent syst?matiquement l?erreur pu?rile de r?duire leurs d?penses publiques avant que la reprise ?conomique en cours ne soit suffisamment solide. Pour laisser la place ? un r?gime chronique d?flationniste qui devait r?gner en ma?tre d?s la fin des ann?es 90. Les fondements de cette nouvelle politique japonaise audacieuse consistent donc ? induire une reflation salutaire dans l??conomie gr?ce au levier de baisses de taux quantitatives dignes de ce nom. En sortant au passage sa banque centrale de sa l?thargie. En effet, pourquoi pr?server l?ind?pendance de banquiers centraux ? personnages qui se retrouvent ? des postes strat?giques sans b?n?ficier du suffrage populaire ? si ceux-ci refusent de mettre leurs munitions ? disposition de la croissance ?conomique, sous le pr?texte fallacieux de la lutte contre l?inflation ? Comme la politique mon?taire d?une nation ainsi que le niveau de sa monnaie nationale doivent ?tre mis au service de l?activit? et de l?emploi, il est donc naturel que ce soient les dirigeants politiques ? ?lus ? qui en aient le contr?le.

 

Certes, les banques centrales de nos pays occidentaux peuvent-elles se targuer d?une victoire totale sur le front de la lutte contre l?inflation ces trente derni?res ann?es. Si elles ont en effet pu maintenir avec succ?s les salaires bien en dessous de la productivit?, leur performance en mati?re de lutte contre les r?cessions sur cette m?me p?riode laisse en revanche largement ? d?sirer. Ce bilan en demi-teinte ? r?sultat d?une strat?gie sciemment appliqu?e?? s?est donc traduit par une tendance lourde d?augmentation du ch?mage au sein de nos soci?t?s occidentales. Solidement ancr? dans les mentalit?s, conditionnant les actions et r?actions de la quasi-totalit? de la masse salariale, le ch?mage ?lev? a donc pu insidieusement s?installer dans nos m?urs, comme une nouvelle ??normalit?. Pour des banques centrales dont l?objectif ultime est la ma?trise des pressions inflationnistes, reconnaissons-le, le plein emploi n?est certainement pas la panac?e?! En effet, un taux de ch?mage bas incite souvent les travailleurs et les salari?s ? faire jouer la r?gle de l?offre et de la demande, c?est-?-dire ? r?clamer des augmentations de salaire. D?o? une acc?l?ration de l?inflation. Les banques centrales ne le reconna?tront jamais, mais voil? pourquoi elles ont naturellement tendance ? remonter leur taux d?int?r?t d?s lors que la conjoncture s?am?liore?: afin de maintenir le ch?mage ? un niveau tel que les salaires soient toujours sous contr?le.

 

Pourquoi?? D?une part afin de pouvoir afficher leur succ?s dans leur mission en termes de stabilit? des prix. D?autre part pour pr?server le capital et les ?pargnants, ayant, comme on le sait, horreur de l?inflation. Enfin pour ne pas trop entamer les profits des entreprises, et donc pour soutenir les march?s boursiers? Il est exclu ici de c?der ? la th?orie du complot, ou de vouloir revenir aux enseignements de Ricardo et de Marx qui pr?tendaient que le syst?me capitaliste r?alise ses profits en maintenant en permanence une ??arm?e de r?serve de ch?meurs??. N?anmoins, il aurait ?t? appr?ciable que le ??track record?? de nos banques centrales soit un peu moins constitu? de r?ussites exemplaires sur le front inflationniste, et un peu plus jalonn? de lutte contre r?cession et ch?mage. Le site Internet de la Banque centrale europ?enne n?affiche-t-il toujours sur sa page principale que sa ? principale mission consiste ? maintenir le pouvoir d?achat de l?euro, et donc la stabilit? des prix, dans la zone euro ??? Ainsi, sous l?empire du politiquement correct qui t?tanise ses responsables et sa technocratie, l?Europe sombre sans r?clamer son d?, ni pr?lever sa d?me, face ? l?immense g?teau global que se partagent les continents asiatiques et am?ricain. Le ch?mage europ?en tr?s ?lev? ? et qui ira en s?aggravant ? n?y changera rien. En effet, c?est l?obsession des d?ficits combin?e ? l?angoisse des exp?ditions punitives des march?s qui unissent les meilleurs adversaires ? droite comme gauche ? dans un m?me combat contre un ennemi commun, ? savoir l?inflation ! Rien ne doit ?tre entrepris pour l?attiser. Tout doit ?tre sacrifi? ? l?aune de l?aust?rit?.

 

A moins que l?attitude moralisatrice et scandalis?e de la finance et des n?olib?raux ? l?encontre des d?ficits publics ne soit qu?une posture, qui leur fournit un pr?texte pour d?manteler les programmes sociaux et amaigrir davantage l??tat?? En r?alit?, ce n?olib?ralisme ? qui cherche activement la confrontation en n?ayant de cesse d?agiter l??pouvantail des d?ficits ? se ??fiche?? ?perdument?des d?ficits. Son objectif ultime ?tant m?me l?aggravation de cette crise qui lui permettra d?s lors d?appeler ? un r?tr?cissement suppl?mentaire des pouvoirs publics. Ne nous faisons ? cet effet aucune illusion?: les n?olib?raux ont tout int?r?t ? attiser cette psychose des d?ficits publics, dont la mont?e en intensit? leur offrira le pr?texte id?al pour tailler dans les d?penses publiques et dans les aides aux citoyens n?cessiteux. Ils vont m?me jusqu?? appeler de leurs v?ux une envol?e des frais de financement de la dette publique fran?aise dont ils se serviront comme levier pour parvenir ? leurs fins?

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Le citoyen europ?en n?a pourtant pas demand? cette dette publique colossale, comme il n?en est pas responsable. Tr?s clairement, ce ne sont pas les d?penses sociales qui sont coupables d?avoir creus? nos d?ficits. Ce sont les sauvetages bancaires. De ces m?mes ?tablissements financiers ayant amass? des fortunes par la gr?ce de la financiarisation, elle-m?me destin?e ? anesth?sier une population europ?enne dont les revenus ?taient inversement proportionnels ? la productivit? de ses entreprises. Et, ce, dans un contexte o?, du fait d?une redistribution d?ficitaire op?r?e par nos Etats, nous avons ?t? encourag?s au cr?dit qui devait nous donner l?illusion de la stabilit? de notre niveau de vie. Europ?ens?: avez-vous vraiment voulu de cette dette?? Etes-vous seulement conscients que ce d?bat sur l?aust?rit? n?est que la version moderne de la lutte des classes??

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