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Je n'aime pas la fr?n?sie et la confusion, la premi?re ?tant souvent m?re de la seconde. Or, c'est ? cela que nous avons eu le droit?: une non-campagne fr?n?tique qui avait pour but de semer la confusion. Au d?part, cela aurait pu ?tre si...

D’un dimanche ? l’autre

Je n’aime pas la fr?n?sie et la confusion, la premi?re ?tant souvent m?re de
la seconde. Or, c’est ? cela que nous avons eu le droit?: une non-campagne
fr?n?tique qui avait pour but de semer la confusion.

Cha?ne humaine contre les gaz de schisteAu d?part,
cela aurait pu ?tre simple?: on ne vote que pour le projet politique qui
nous semble convenable. ? l’arriv?e, il n’y avait plus que fr?n?sie et
confusion.
Je voulais voter blanc. C’?tait ce que j’avais d?cid? de faire d?s la fin du
premier tour de man?ge. Clair et net. Pas de projet, pas de vote! Mais
voil?, je ne suis pas une tomate hydroponique, je ne suis pas l’ermite sur sa
montagne, m?me si je sors peu, le peu que je fais me fait rencontrer d’autres
gens, d’autres consciences, d’autres mani?res de voir et je ne peux pas faire
comme s’ils n’existaient pas, comme s’ils ne pensaient pas, comme s’ils
n’?taient pas capables, eux aussi, d’emporter le morceau par la seule force de
leur conviction.

M?me avec un choix clair et net, il y avait de la confusion dans le bruit de
fond, comme une note discordante que l’on n?arrive pas ? ne pas entendre. Tout
le temps.
OK, la d?mocratie est d?voy?e. Bien, les politiques sont des pantins aux mains
de ceux qui d?cident vraiment?: les forces de l’argent. Alors pourquoi
est-ce que le fait de participer ou non ? cette mascarade me prend autant la
t?te??

Reprenons l’id?e qui sous-tend tout le reste?: le 6 mai, les gens
disposant d’un droit de vote (ce qui ne fait d?j? pas tous les gens, selon
divers crit?res plus ou moins hasardeux) devaient d?cider qui allait remporter
la timbale… et surtout qui allait la perdre. Et donc, quoi??
Un seul pour les gouverner tous??
Un sur des millions et hop, notre vie va changer?? Est-ce que notre vie
change selon l’?quipe qui remporte le Championnat de France de foot?? En
admettant que vous fassiez partie de ceux qui aiment vraiment le foot et s’y
int?ressent, de ceux dont ?a occupe vraiment une partie de la vie, est-ce que
le fait que votre ?quipe pr?f?r?e gagne ou perde change vraiment quoi que ce
soit ? votre vie??

L’id?e m?me que le destin d’un pays s’infl?chit, non pas parce que ses
habitants souhaitent qu’il change et ?uvrent dans ce sens, mais juste parce que
la t?te de gondole a ?t? remplac?e est de l’ordre du fantasme monarchique. M?me
si l’on choisissait directement une ?quipe de gouvernement, est-ce que cela
changerait quelque chose au final?? En gros, le choix du monarque dans une
civilisation aussi organiquement interd?pendante ? l’?chelle plan?taire que la
n?tre n’a pas plus d’incidence sur mon existence et celle de millions d’autres
que le nom de l’?quipe de foot qui va remporter la coupe cette ann?e. Par
contre, si c’est celle qu’on a l’habitude de supporter, pour des tas de raisons
compl?tement personnelles et subjectives, on se fera une bonne petite joie ?
peu de frais, et on ira se murger la gueule avec les potes dans l’?lan. Et tant
pis pour la gueule de bois?!

Pr?tendre qu’un seul peut nous sauver tous, plus qu’une escroquerie
intellectuelle, c’est la d?monstration que nos institutions sont profond?ment
inadapt?es, inefficaces et non-d?mocratiques et que la seule et unique option
possible est donc de les refonder totalement, de r??crire compl?tement notre
Constitution pour en revenir au pr?alable ind?passable?: le
gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple
.

Donc, le vote du 6 mai n’avait absolument rien d’important ou de vital.
J’ai mang? un g?teau de la chance
devant le bureau de vote
et j’ai suivi son conseil qui avait plus de
pertinence que des mois de fr?n?sie m?diatique et de confusion politique?:
j’ai vot? pour celui qui semblait le moins ill?gitime ? mes potes, ? mes
proches, aux gens que je c?toie r?guli?rement ou occasionnellement avec le m?me
plaisir et pour lesquels j’ai une profonde affinit? d’esprit.
Ensuite, d?barrass?e de tout ce th??tre propagandaire politicom?diatique, j’ai
pu aller f?ter plus ou moins dignement au bled la victoire de leur ?quipe
favorite avant de rentrer ? la maison avec un probl?me de moins et de reprendre
deux fois du flan.

Et maintenant??


Une fois l’illusion
d?mocratique
actuelle dispers?e, que fait-on??
Et bien, on ne change rien. Et donc, on choisit de continuer la lutte, d??uvrer
collectivement pour le changement, de cr?er des affinit?s, des espaces de
pens?e, des lieux de rencontres, parce que c’est dans cette action que se situe
le vrai pouvoir d?mocratique du peuple. Dans sa capacit? ? ne pas se laisser
distraire, ? semer partout les graines de la contestation et surtout celles de
l’innovation politique et citoyenne.

Alors dimanche dernier, je suis all?e pique-niquer avec une tribu d’amis. Il
faisait beau, l’air ?tait doux, l’ambiance cordiale et m?me si nous sommes tous
diff?rents, m?me si nous ne voyons pas toujours les choses sous le m?me angle,
nous gardons intact le plaisir de nous r?unir, de nous voir, d’?changer, de
bavarder, de blaguer, de rire, de manger, de confronter nos points de vue, de
nous chiffonner sur des d?tails, de r?ler, de nous faire la gueule, un peu,
beaucoup, pas du tout, et de nous retrouver autour d’un but, d’une id?e, d’une
action. Rien que cela, contrairement aux apparences, est d?j? plus de nature ?
changer l’?tat du monde que tous les discours format?s de ces derniers
mois.

Ensuite, nous nous sommes ?branl?s dans une longue caravane rieuse et
indisciplin?e et nous sommes all?s joindre nos mains ? celles des autres, de
tous les autres, dans la cha?ne
humaine contre l’exploitation mortif?re des gaz de schiste
, contre cette
voracit? ridicule de quelques-uns ? vouloir tout saccager pour tirer quelques
gouttes de profit en plus. Nous n’?tions pas aussi nombreux que nous aurions pu
l’esp?rer, mais nous y ?tions, chacun d’entre nous avec tous les autres.
Parce que c’est cela l’essence de la d?mocratie?: 500 personnes, toutes
ensembles au m?me endroit et au m?me moment, li?es dans un seul ?lan, une seule
volont?, dans une ?nergie fondamentalement politique, qui go?tent au pouvoir
concret de l’action collective, ce sera toujours mieux de 38 millions de gus
tous compl?tement seuls dans leur isoloir, ? go?ter d’une main tremblante la
saveur amer de leur impuissance individuelle.

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Bla, bla, bla… Tu parles trop !

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Je n'aime pas la fr?n?sie et la confusion, la premi?re ?tant souvent m?re de la seconde. Or, c'est ? cela que nous avons eu le droit?: une non-campagne fr?n?tique qui avait pour but de semer la confusion. Au d?part, cela aurait pu ?tre si...

D’un dimanche ? l’autre

Je n’aime pas la fr?n?sie et la confusion, la premi?re ?tant souvent m?re de
la seconde. Or, c’est ? cela que nous avons eu le droit?: une non-campagne
fr?n?tique qui avait pour but de semer la confusion.

Cha?ne humaine contre les gaz de schisteAu d?part,
cela aurait pu ?tre simple?: on ne vote que pour le projet politique qui
nous semble convenable. ? l’arriv?e, il n’y avait plus que fr?n?sie et
confusion.
Je voulais voter blanc. C’?tait ce que j’avais d?cid? de faire d?s la fin du
premier tour de man?ge. Clair et net. Pas de projet, pas de vote! Mais
voil?, je ne suis pas une tomate hydroponique, je ne suis pas l’ermite sur sa
montagne, m?me si je sors peu, le peu que je fais me fait rencontrer d’autres
gens, d’autres consciences, d’autres mani?res de voir et je ne peux pas faire
comme s’ils n’existaient pas, comme s’ils ne pensaient pas, comme s’ils
n’?taient pas capables, eux aussi, d’emporter le morceau par la seule force de
leur conviction.

M?me avec un choix clair et net, il y avait de la confusion dans le bruit de
fond, comme une note discordante que l’on n?arrive pas ? ne pas entendre. Tout
le temps.
OK, la d?mocratie est d?voy?e. Bien, les politiques sont des pantins aux mains
de ceux qui d?cident vraiment?: les forces de l’argent. Alors pourquoi
est-ce que le fait de participer ou non ? cette mascarade me prend autant la
t?te??

Reprenons l’id?e qui sous-tend tout le reste?: le 6 mai, les gens
disposant d’un droit de vote (ce qui ne fait d?j? pas tous les gens, selon
divers crit?res plus ou moins hasardeux) devaient d?cider qui allait remporter
la timbale… et surtout qui allait la perdre. Et donc, quoi??
Un seul pour les gouverner tous??
Un sur des millions et hop, notre vie va changer?? Est-ce que notre vie
change selon l’?quipe qui remporte le Championnat de France de foot?? En
admettant que vous fassiez partie de ceux qui aiment vraiment le foot et s’y
int?ressent, de ceux dont ?a occupe vraiment une partie de la vie, est-ce que
le fait que votre ?quipe pr?f?r?e gagne ou perde change vraiment quoi que ce
soit ? votre vie??

L’id?e m?me que le destin d’un pays s’infl?chit, non pas parce que ses
habitants souhaitent qu’il change et ?uvrent dans ce sens, mais juste parce que
la t?te de gondole a ?t? remplac?e est de l’ordre du fantasme monarchique. M?me
si l’on choisissait directement une ?quipe de gouvernement, est-ce que cela
changerait quelque chose au final?? En gros, le choix du monarque dans une
civilisation aussi organiquement interd?pendante ? l’?chelle plan?taire que la
n?tre n’a pas plus d’incidence sur mon existence et celle de millions d’autres
que le nom de l’?quipe de foot qui va remporter la coupe cette ann?e. Par
contre, si c’est celle qu’on a l’habitude de supporter, pour des tas de raisons
compl?tement personnelles et subjectives, on se fera une bonne petite joie ?
peu de frais, et on ira se murger la gueule avec les potes dans l’?lan. Et tant
pis pour la gueule de bois?!

Pr?tendre qu’un seul peut nous sauver tous, plus qu’une escroquerie
intellectuelle, c’est la d?monstration que nos institutions sont profond?ment
inadapt?es, inefficaces et non-d?mocratiques et que la seule et unique option
possible est donc de les refonder totalement, de r??crire compl?tement notre
Constitution pour en revenir au pr?alable ind?passable?: le
gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple
.

Donc, le vote du 6 mai n’avait absolument rien d’important ou de vital.
J’ai mang? un g?teau de la chance
devant le bureau de vote
et j’ai suivi son conseil qui avait plus de
pertinence que des mois de fr?n?sie m?diatique et de confusion politique?:
j’ai vot? pour celui qui semblait le moins ill?gitime ? mes potes, ? mes
proches, aux gens que je c?toie r?guli?rement ou occasionnellement avec le m?me
plaisir et pour lesquels j’ai une profonde affinit? d’esprit.
Ensuite, d?barrass?e de tout ce th??tre propagandaire politicom?diatique, j’ai
pu aller f?ter plus ou moins dignement au bled la victoire de leur ?quipe
favorite avant de rentrer ? la maison avec un probl?me de moins et de reprendre
deux fois du flan.

Et maintenant??


Une fois l’illusion
d?mocratique
actuelle dispers?e, que fait-on??
Et bien, on ne change rien. Et donc, on choisit de continuer la lutte, d??uvrer
collectivement pour le changement, de cr?er des affinit?s, des espaces de
pens?e, des lieux de rencontres, parce que c’est dans cette action que se situe
le vrai pouvoir d?mocratique du peuple. Dans sa capacit? ? ne pas se laisser
distraire, ? semer partout les graines de la contestation et surtout celles de
l’innovation politique et citoyenne.

Alors dimanche dernier, je suis all?e pique-niquer avec une tribu d’amis. Il
faisait beau, l’air ?tait doux, l’ambiance cordiale et m?me si nous sommes tous
diff?rents, m?me si nous ne voyons pas toujours les choses sous le m?me angle,
nous gardons intact le plaisir de nous r?unir, de nous voir, d’?changer, de
bavarder, de blaguer, de rire, de manger, de confronter nos points de vue, de
nous chiffonner sur des d?tails, de r?ler, de nous faire la gueule, un peu,
beaucoup, pas du tout, et de nous retrouver autour d’un but, d’une id?e, d’une
action. Rien que cela, contrairement aux apparences, est d?j? plus de nature ?
changer l’?tat du monde que tous les discours format?s de ces derniers
mois.

Ensuite, nous nous sommes ?branl?s dans une longue caravane rieuse et
indisciplin?e et nous sommes all?s joindre nos mains ? celles des autres, de
tous les autres, dans la cha?ne
humaine contre l’exploitation mortif?re des gaz de schiste
, contre cette
voracit? ridicule de quelques-uns ? vouloir tout saccager pour tirer quelques
gouttes de profit en plus. Nous n’?tions pas aussi nombreux que nous aurions pu
l’esp?rer, mais nous y ?tions, chacun d’entre nous avec tous les autres.
Parce que c’est cela l’essence de la d?mocratie?: 500 personnes, toutes
ensembles au m?me endroit et au m?me moment, li?es dans un seul ?lan, une seule
volont?, dans une ?nergie fondamentalement politique, qui go?tent au pouvoir
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Je n'aime pas la fr?n?sie et la confusion, la premi?re ?tant souvent m?re de la seconde. Or, c'est ? cela que nous avons eu le droit?: une non-campagne fr?n?tique qui avait pour but de semer la confusion. Au d?part, cela aurait pu ?tre si...

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Je n’aime pas la fr?n?sie et la confusion, la premi?re ?tant souvent m?re de
la seconde. Or, c’est ? cela que nous avons eu le droit?: une non-campagne
fr?n?tique qui avait pour but de semer la confusion.

Cha?ne humaine contre les gaz de schisteAu d?part,
cela aurait pu ?tre simple?: on ne vote que pour le projet politique qui
nous semble convenable. ? l’arriv?e, il n’y avait plus que fr?n?sie et
confusion.
Je voulais voter blanc. C’?tait ce que j’avais d?cid? de faire d?s la fin du
premier tour de man?ge. Clair et net. Pas de projet, pas de vote! Mais
voil?, je ne suis pas une tomate hydroponique, je ne suis pas l’ermite sur sa
montagne, m?me si je sors peu, le peu que je fais me fait rencontrer d’autres
gens, d’autres consciences, d’autres mani?res de voir et je ne peux pas faire
comme s’ils n’existaient pas, comme s’ils ne pensaient pas, comme s’ils
n’?taient pas capables, eux aussi, d’emporter le morceau par la seule force de
leur conviction.

M?me avec un choix clair et net, il y avait de la confusion dans le bruit de
fond, comme une note discordante que l’on n?arrive pas ? ne pas entendre. Tout
le temps.
OK, la d?mocratie est d?voy?e. Bien, les politiques sont des pantins aux mains
de ceux qui d?cident vraiment?: les forces de l’argent. Alors pourquoi
est-ce que le fait de participer ou non ? cette mascarade me prend autant la
t?te??

Reprenons l’id?e qui sous-tend tout le reste?: le 6 mai, les gens
disposant d’un droit de vote (ce qui ne fait d?j? pas tous les gens, selon
divers crit?res plus ou moins hasardeux) devaient d?cider qui allait remporter
la timbale… et surtout qui allait la perdre. Et donc, quoi??
Un seul pour les gouverner tous??
Un sur des millions et hop, notre vie va changer?? Est-ce que notre vie
change selon l’?quipe qui remporte le Championnat de France de foot?? En
admettant que vous fassiez partie de ceux qui aiment vraiment le foot et s’y
int?ressent, de ceux dont ?a occupe vraiment une partie de la vie, est-ce que
le fait que votre ?quipe pr?f?r?e gagne ou perde change vraiment quoi que ce
soit ? votre vie??

L’id?e m?me que le destin d’un pays s’infl?chit, non pas parce que ses
habitants souhaitent qu’il change et ?uvrent dans ce sens, mais juste parce que
la t?te de gondole a ?t? remplac?e est de l’ordre du fantasme monarchique. M?me
si l’on choisissait directement une ?quipe de gouvernement, est-ce que cela
changerait quelque chose au final?? En gros, le choix du monarque dans une
civilisation aussi organiquement interd?pendante ? l’?chelle plan?taire que la
n?tre n’a pas plus d’incidence sur mon existence et celle de millions d’autres
que le nom de l’?quipe de foot qui va remporter la coupe cette ann?e. Par
contre, si c’est celle qu’on a l’habitude de supporter, pour des tas de raisons
compl?tement personnelles et subjectives, on se fera une bonne petite joie ?
peu de frais, et on ira se murger la gueule avec les potes dans l’?lan. Et tant
pis pour la gueule de bois?!

Pr?tendre qu’un seul peut nous sauver tous, plus qu’une escroquerie
intellectuelle, c’est la d?monstration que nos institutions sont profond?ment
inadapt?es, inefficaces et non-d?mocratiques et que la seule et unique option
possible est donc de les refonder totalement, de r??crire compl?tement notre
Constitution pour en revenir au pr?alable ind?passable?: le
gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple
.

Donc, le vote du 6 mai n’avait absolument rien d’important ou de vital.
J’ai mang? un g?teau de la chance
devant le bureau de vote
et j’ai suivi son conseil qui avait plus de
pertinence que des mois de fr?n?sie m?diatique et de confusion politique?:
j’ai vot? pour celui qui semblait le moins ill?gitime ? mes potes, ? mes
proches, aux gens que je c?toie r?guli?rement ou occasionnellement avec le m?me
plaisir et pour lesquels j’ai une profonde affinit? d’esprit.
Ensuite, d?barrass?e de tout ce th??tre propagandaire politicom?diatique, j’ai
pu aller f?ter plus ou moins dignement au bled la victoire de leur ?quipe
favorite avant de rentrer ? la maison avec un probl?me de moins et de reprendre
deux fois du flan.

Et maintenant??


Une fois l’illusion
d?mocratique
actuelle dispers?e, que fait-on??
Et bien, on ne change rien. Et donc, on choisit de continuer la lutte, d??uvrer
collectivement pour le changement, de cr?er des affinit?s, des espaces de
pens?e, des lieux de rencontres, parce que c’est dans cette action que se situe
le vrai pouvoir d?mocratique du peuple. Dans sa capacit? ? ne pas se laisser
distraire, ? semer partout les graines de la contestation et surtout celles de
l’innovation politique et citoyenne.

Alors dimanche dernier, je suis all?e pique-niquer avec une tribu d’amis. Il
faisait beau, l’air ?tait doux, l’ambiance cordiale et m?me si nous sommes tous
diff?rents, m?me si nous ne voyons pas toujours les choses sous le m?me angle,
nous gardons intact le plaisir de nous r?unir, de nous voir, d’?changer, de
bavarder, de blaguer, de rire, de manger, de confronter nos points de vue, de
nous chiffonner sur des d?tails, de r?ler, de nous faire la gueule, un peu,
beaucoup, pas du tout, et de nous retrouver autour d’un but, d’une id?e, d’une
action. Rien que cela, contrairement aux apparences, est d?j? plus de nature ?
changer l’?tat du monde que tous les discours format?s de ces derniers
mois.

Ensuite, nous nous sommes ?branl?s dans une longue caravane rieuse et
indisciplin?e et nous sommes all?s joindre nos mains ? celles des autres, de
tous les autres, dans la cha?ne
humaine contre l’exploitation mortif?re des gaz de schiste
, contre cette
voracit? ridicule de quelques-uns ? vouloir tout saccager pour tirer quelques
gouttes de profit en plus. Nous n’?tions pas aussi nombreux que nous aurions pu
l’esp?rer, mais nous y ?tions, chacun d’entre nous avec tous les autres.
Parce que c’est cela l’essence de la d?mocratie?: 500 personnes, toutes
ensembles au m?me endroit et au m?me moment, li?es dans un seul ?lan, une seule
volont?, dans une ?nergie fondamentalement politique, qui go?tent au pouvoir
concret de l’action collective, ce sera toujours mieux de 38 millions de gus
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Je n'aime pas la fr?n?sie et la confusion, la premi?re ?tant souvent m?re de la seconde. Or, c'est ? cela que nous avons eu le droit?: une non-campagne fr?n?tique qui avait pour but de semer la confusion. Au d?part, cela aurait pu ?tre si...

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Je n’aime pas la fr?n?sie et la confusion, la premi?re ?tant souvent m?re de
la seconde. Or, c’est ? cela que nous avons eu le droit?: une non-campagne
fr?n?tique qui avait pour but de semer la confusion.

Cha?ne humaine contre les gaz de schisteAu d?part,
cela aurait pu ?tre simple?: on ne vote que pour le projet politique qui
nous semble convenable. ? l’arriv?e, il n’y avait plus que fr?n?sie et
confusion.
Je voulais voter blanc. C’?tait ce que j’avais d?cid? de faire d?s la fin du
premier tour de man?ge. Clair et net. Pas de projet, pas de vote! Mais
voil?, je ne suis pas une tomate hydroponique, je ne suis pas l’ermite sur sa
montagne, m?me si je sors peu, le peu que je fais me fait rencontrer d’autres
gens, d’autres consciences, d’autres mani?res de voir et je ne peux pas faire
comme s’ils n’existaient pas, comme s’ils ne pensaient pas, comme s’ils
n’?taient pas capables, eux aussi, d’emporter le morceau par la seule force de
leur conviction.

M?me avec un choix clair et net, il y avait de la confusion dans le bruit de
fond, comme une note discordante que l’on n?arrive pas ? ne pas entendre. Tout
le temps.
OK, la d?mocratie est d?voy?e. Bien, les politiques sont des pantins aux mains
de ceux qui d?cident vraiment?: les forces de l’argent. Alors pourquoi
est-ce que le fait de participer ou non ? cette mascarade me prend autant la
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Reprenons l’id?e qui sous-tend tout le reste?: le 6 mai, les gens
disposant d’un droit de vote (ce qui ne fait d?j? pas tous les gens, selon
divers crit?res plus ou moins hasardeux) devaient d?cider qui allait remporter
la timbale… et surtout qui allait la perdre. Et donc, quoi??
Un seul pour les gouverner tous??
Un sur des millions et hop, notre vie va changer?? Est-ce que notre vie
change selon l’?quipe qui remporte le Championnat de France de foot?? En
admettant que vous fassiez partie de ceux qui aiment vraiment le foot et s’y
int?ressent, de ceux dont ?a occupe vraiment une partie de la vie, est-ce que
le fait que votre ?quipe pr?f?r?e gagne ou perde change vraiment quoi que ce
soit ? votre vie??

L’id?e m?me que le destin d’un pays s’infl?chit, non pas parce que ses
habitants souhaitent qu’il change et ?uvrent dans ce sens, mais juste parce que
la t?te de gondole a ?t? remplac?e est de l’ordre du fantasme monarchique. M?me
si l’on choisissait directement une ?quipe de gouvernement, est-ce que cela
changerait quelque chose au final?? En gros, le choix du monarque dans une
civilisation aussi organiquement interd?pendante ? l’?chelle plan?taire que la
n?tre n’a pas plus d’incidence sur mon existence et celle de millions d’autres
que le nom de l’?quipe de foot qui va remporter la coupe cette ann?e. Par
contre, si c’est celle qu’on a l’habitude de supporter, pour des tas de raisons
compl?tement personnelles et subjectives, on se fera une bonne petite joie ?
peu de frais, et on ira se murger la gueule avec les potes dans l’?lan. Et tant
pis pour la gueule de bois?!

Pr?tendre qu’un seul peut nous sauver tous, plus qu’une escroquerie
intellectuelle, c’est la d?monstration que nos institutions sont profond?ment
inadapt?es, inefficaces et non-d?mocratiques et que la seule et unique option
possible est donc de les refonder totalement, de r??crire compl?tement notre
Constitution pour en revenir au pr?alable ind?passable?: le
gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple
.

Donc, le vote du 6 mai n’avait absolument rien d’important ou de vital.
J’ai mang? un g?teau de la chance
devant le bureau de vote
et j’ai suivi son conseil qui avait plus de
pertinence que des mois de fr?n?sie m?diatique et de confusion politique?:
j’ai vot? pour celui qui semblait le moins ill?gitime ? mes potes, ? mes
proches, aux gens que je c?toie r?guli?rement ou occasionnellement avec le m?me
plaisir et pour lesquels j’ai une profonde affinit? d’esprit.
Ensuite, d?barrass?e de tout ce th??tre propagandaire politicom?diatique, j’ai
pu aller f?ter plus ou moins dignement au bled la victoire de leur ?quipe
favorite avant de rentrer ? la maison avec un probl?me de moins et de reprendre
deux fois du flan.

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actuelle dispers?e, que fait-on??
Et bien, on ne change rien. Et donc, on choisit de continuer la lutte, d??uvrer
collectivement pour le changement, de cr?er des affinit?s, des espaces de
pens?e, des lieux de rencontres, parce que c’est dans cette action que se situe
le vrai pouvoir d?mocratique du peuple. Dans sa capacit? ? ne pas se laisser
distraire, ? semer partout les graines de la contestation et surtout celles de
l’innovation politique et citoyenne.

Alors dimanche dernier, je suis all?e pique-niquer avec une tribu d’amis. Il
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beaucoup, pas du tout, et de nous retrouver autour d’un but, d’une id?e, d’une
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Parce que c’est cela l’essence de la d?mocratie?: 500 personnes, toutes
ensembles au m?me endroit et au m?me moment, li?es dans un seul ?lan, une seule
volont?, dans une ?nergie fondamentalement politique, qui go?tent au pouvoir
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