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Drôle d’ambiance en Macronie

C’est un été un peu bizarre qui vient de passer. Enfin, surtout dans notre cas, assignés à résidence comme nous le sommes par la dépression massive de monsieur Monolecte. Difficile de se sentir en phase avec le reste du monde quand il faut gérer au quotidien cette maladie qui fait semblant de ne pas en être une.

Du coup, j’ai attribué mon regard sombre sur les évènements de notre monde à une sorte de contamination diffuse et j’ai décidé de ne pas en tenir compte.

Aussi, j’ai été assez surprise, l’autre jour, quand la réceptionniste de l’hypermarché du coin, tout en me saluant avec le plus grand professionnalisme, me sort brutalement quelque chose de l’ordre du pourvu que ça pète, parce qu’il commence à y en avoir marre de tout ça  !.
Puis, je suis retournée à ma routine.

Diffuseur d’ambiance

À moment donné, il faudra que je parle de la dépression et de la manière dont elle s’impose aux gens et à leur entourage, mais ce n’est pas mon propos aujourd’hui. Non, aujourd’hui, c’était plutôt panique à bord, parce que le dernier rouleau de PQ vient de nous tirer sa petite langue pointue en carton.

Me voilà donc au supermarché du bled, avec un petit panier de rustines consuméristes prestement étalées sur le tapis roulant de la caisse, à questionner la caissière :

— Mais où sont les gens  ?

— Il n’y a eu quasiment personne depuis le début de la journée. Mais c’est la fin du mois, on ne devrait pas en voir plus de si tôt…

— Ah, oui, les fins de mois qui commencent le 5

— En fait, pour que ça aille mieux faudrait payer aussi les gens le 15.

— Ah oui, mon père avait des avances de son patron quand j’étais petite, pour arriver à la fin du mois, justement.

— Non, mais pas pour la moitié du salaire : il nous faudrait le même salaire, mais tous les 15 jours  !

C’est vrai que j’oublie parfois que les caissières ont beau être plus souvent en CDI, elles arrivent rarement à 30 heures par semaine… ce qui fait des mois à la fois très longs et très petits… surtout niveau paie. Son visage se barre d’un sourire déterminé  !

— Espérons que cette fois, les barrages vont bien tout coincer et que ça va durer bien longtemps  !

Puis elle a re-sombré dans son apathie, attendant des clients qui ne viendront pas.

Grève parentale

J’enchaine chez le marchand de journaux où je suis régulièrement coincée entre un gratteur compulsif de Keno et une fumeuse à la voix rocailleuse qui décide de régler ses clous de cercueil en pièces de 5 cents. Là, ce n’est pas un boulevard que j’ai, c’est une autoroute. Pas un chat, un vioque ou un glaviot, rien…

— C’est marrant — je lance — je viens du supermarché, il n’y avait personne non plus, ni dans la rue, ni nulle part… Il y a eu un attentat nucléaire pendant que je faisais mes courses ou bien  ?

— Non, pas à ma connaissance… mais il devrait y avoir un peu de monde avec la sortie des classes…

— Ou pas. S’il faut, il y a une grève-surprise des parents.

— Ah oui, ce serait rigolo, ça, on arrête tout, on laisse tout tomber…

L’idée a l’air de manifestement plaire à la buraliste. Je sors mon téléphone portable pour en rajouter une couche.

— Bougez pas : je vais appeler ma fille pour lui dire que ce soir, elle dort au collège  !

Elle sourit, puis elle rajoute, nettement plus sérieusement :

— En tout cas, j’espère que les routiers, cette fois, ils vont tenir bon…

 

Monolecte

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