Accueil / T H E M E S / CULTURE / Littérature / anecdotique / Droit d’asile: L’attente dans la rue

Droit d’asile: L’attente dans la rue

Par Anna Demontis

Alors que les démantèlements de camps de migrants se multiplient à Paris, Altermondes revient sur la procédure du droit d’asile en France. Celle-ci ne tient pas toutes ses promesses en ce qui concerne le droit au logement des demandeurs, qui attendent, durant plusieurs mois, que l’Office français de la protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) leur accorde le statut de réfugié.

Flickr-Nicolas-Vigier

Éthiopiens, Érythréens ou Soudanais du Darfour, ils vivaient depuis plusieurs mois dans des conditions de vie insalubres en attendant que l’Office français pour la protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) statue sur leur cas. Il aura fallu que la situation devienne intenable pour que les 180 demandeurs d’asile du campement de la Chapelle, évacué le 2 juin dernier, se voient proposer une solution de logement durable. Car dans l’Hexagone, la vie de demandeur d’asile se fait le plus souvent dans la rue. Une situation qui n’est pas nouvelle : l’année dernière, ils étaient 25 % à intégrer un centre d’accueil.

Polémique autour des associations
France Terre d’Asile, qui s’occupait avec Emmaüs du campement de la Chapelle depuis plusieurs mois, a été la cible de reproches pour avoir donné son aval à l’évacuation de ce « village de toile » qui s’était implanté dans le nord de Paris. Si l’association a effectivement salué l’opération qui s’est déroulée dans le calme et répondait à des impératifs sanitaires, elle a néanmoins rappelé, dans les médias, que ce type d’intervention policière ne réglerait pas la question migratoire. L’évacuation violente du campement de la halle Pajol le 8 juin, où 80 personnes venues du campement de la Chapelle s’était réfugiées, a attisé les tensions entre les associations et les militants engagés auprès des réfugiés.

Si la présence des demandeurs d’asile sur le territoire français est tout à fait légale, peu d’entre eux ont accès à un logement décent malgré les dispositions prévues par la loi. Lorsque ces migrants déposent leur dossier à l’OFPRA, « ils peuvent, en parallèle, faire une demande d’hébergement dans un Centre d’accueil pour demandeur d’asile, explique Pierre Henry, le directeur générale de France Terre d’Asile.Mais trop de demandeurs n’ont pas accès à leurs droits sur ce territoire, ce qui créé des situations absolument impossibles. » En 2014, 15 000 demandeurs d’asile ont intégré des structures spécialisées dans l’Hexagone, alors que 25 000 places étaient disponibles. Ils sont à peu près autant à avoir bénéficié d’un hébergement d’urgence.

En cause ? La saturation des préfectures, notamment en Ile-de-France, allonge les délais d’attente entre chaque étape de la procédure. « Trop de demandeurs d’asile sont aujourd’hui à la rue, alors que la procédure à l’OFPRA peut s’avérer assez longue », tranche Pierre Henry. Ils doivent effectivement affronter un parcours administratif lourd et complexe qui peut s’étaler sur des mois, voire des années.[VOIR L’INFOGRAPHIE]

Cette situation est à l’origine d’une certaine discrimination de ces migrants, selon Pierre Henry, qui regrette le manque d’anticipation des pouvoirs publics face à ces campements. « C’est dommageable pour le tout le monde. Déjà, pour l’idée même que l’on se fait du droit d’asile. Ensuite, cela produit des radicalités d’extrême droite et de l’insécurité pour les personnes, que ce soit les riverains ou les habitants des campements. Nous n’avons pas besoin de cela et il faut d’urgence permettre à ces gens d’accèder à leurs droits. » De son côté, la mairie de Paris a annoncé qu’elle réfléchissait à la construction d’un centre d’accueil provisoire, où les demandeurs d’asile pourraient résider durant quinze jours maximum.

Photo de Une : Nicolas Vigier

LE PARCOURS DU COMBATTENT D’UN DEMANDEUR D’ASILE EN FRANCE

Procédure de demande d'asile

Commentaires

commentaires

A propos de Altermonde sans frontières

avatar

Check Also

Plus de Mirage dans le ciel Libyen ? (6)

Le général Haftar a reçu l’aide de plusieurs pays, dont l’Egypte, dont on va voir ...