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Disparition d’Emiliano Sala : un rapport nébuleux, mais des découvertes explosives (4)

Après la gangrène de la cocaïne dans les vestiaires et la description de toute une région plongée dans le trafic de cocaïne remontant du Portugal ou de l’Espagne, on revient à l’étude des avions détenus par la société ayant détenu celui dans lequel est mort Emiliano Sala.  Une étude qui va nous mener à des pratiques industrielles bien particulières, à celles aussi de sociétés offshore pour administrer à distance une entreprise… ou encore un club de football.  Et là encore, les surprises s’amoncellent, comme vous allez vous en apercevoir, avec des « vedettes », les rois du genre, dont une partie installée sur une petite île située à quelques encablures seulement de l’endroit où l’avion s’est écrasé, ce qui est encore une coïncidence dans cette affaire qui est en est truffée. Un endroit surnommé « l’île des hommes de paille », c’est vous dire… à quel point toute cette désolante affaire nage dans la duplicité !

Revenons, après cet exposé, sur les environs sulfureux de Nottingham, sur la propriétaire même de l’avion, la société Cool Flourish Limited, selon ce que l’on a déterminé précédemment … Un document en date du 11 septembre 2015 (montré dans notre premier épisode) nous a indiqué que l’avion, lui, avait été acheté en Espagne, à Clasik, Alqier de Clasicos, appartenant à Roberto Sastre. L’adresse indiquée pour les 3 sociétés de sa responsable, Fay Keely s’oriente vers une maison dont les coordonnées postales (DE55 6EF) pointent vers une localisation au N 53.129862 et W-1.417584, ce qui situe l’endroit à l’arrière d’un restaurant appelé Greyhound Higham.  L’estimation de l’habitat donnait 160 000 livres comme valeur estimée (en 2000, mais Zoopla l’estime aujourd’hui à 590,000 !!. L’une des adresses, Mobile ScreenWipe Limited, pointant, elle, vers Burnside, The Dale, Bonsall, Derbyshire, DE4 2AY dans une maison évaluée à 335 000 livres, sur les rebords du Peak District National Park. Dans les  deux cas, on est loin du manoir familial… et les adresses ressemblent plus à des boîtes aux lettres de portage d’entreprise qu’à autre chose…
Ça surprend, d’autant plus que cette même société possède, depuis le 15 mars 2012, un avion:  un Piper PA-32-300 Cherokee Six monomoteur immatriculé G-FAVS, acheté précédemment en 2008 par la société Favourites Racing LTD (le N°32-7540091 immatriculé alors au début G-BREK), située à Tyre Hill Stables, à Hanley Swan dans le Worcestershire et racheté à FlyFast de Barnsley (South Yorkshire), après avoir été chez Cruspane Limited de Chesunt (Hertfordshire), son tout premier propriétaire (Fay Keely, se prétendant elle-même pilote sur un site siglé du logo de Barker Consulants, retrouvé dans un forum de PPrune).  L’avion, au tout départ en 1976, avait été d’abord… danois, immatriculé OY-TOP, arrivé là-bas via l’entreprise Ole Miang Export de Copenhague (ici son arrivée en Angleterre à Wellesbourne fin 2007).  Or le 4 août 2017, ce Piper est revendu à deux personnes, Graham Edwin Fox (de Flying Fox Aviation LTD, installé à Bagby Airfield, un broker en fait, vendeur de Robin, et Keith Jermyn, respectivement un anglais et un irlandais, qui aussitôt le revendent et le transférèrent.. en Espagne, où il devient avion d’école sur l’aérodrome déjà cité (celui de Villamartin, sur la Costa Blanca, voir article précédent).  L’avion avait entre-temps souvent été vu à Cardiff (ou à Weston comme ici le 18 mars 2107 ou à Gloucester le 7 mars 2016) mais aussi au décollage de Navan Airfield comme on l’a déjà écrit  dans un épisode précédent. Le voici lors de sa mise en vente dès 2010 sur Just Plane Trading et là à droite, le 21 juillet 2014 dans le même hangar qui accueillera plus tard le N264DB (il porte encore ce jour-là le logo de Favourites Racing, comme en 2013). A gauche, ci-dessus, il est à Wellesbourne, avec en fond le superbe Vulcan. Et ici au décollage en France, venu assister aux 24 h du Mans 2016.  Or sur l’un des clichés, pris le 5 octobre 2016 à Cardiff même, il nous semble bien reconnaître comme pilote un homme bien connu depuis :  Dave Henderson, le « ferryman » de l’affaire Sala (même cheveux, même menton... même lunettes).  Une coïncidence ?
Cela interroge … Il est décidément bien présent dans cette enquête, ce pilote de ferry qui aurait donc déjà travaillé pour la famille Keely.  Il est évident que ce n’était pas l’infortuné Ibbotson, le pilote attitré de la famille, c’est pourquoi aussi il aurait beaucoup plus à dire qu’il ne l’a fait à ce jour.  En tout cas, force est de constater que Fay Keely, dont la société annonce comme résultat annuel à peine de quoi vivre pour une seule personne, est alors en 2015 la propriétaire de deux appareils, le F-GAVS, pas encore revendu, et le N264DB alors juste acheté.  Les comptes de Cool Flourish étant restés toujours dans le rouge depuis leurs débuts, il y a de quoi s’en étonner.
C’est donc le timing qui va suivre qui est à analyser car tout se tient bien à partir de la disparition en 2015 du patriarche Keely :  le père, Terence, le propriétaire du manoir aujourd’hui décrit comme « vide » par les journalistes, est en effet décédé le 19 juillet 2015.  Il était, comme sa fille, déclaré comme comptable agréé (« Chartered Accountant »), devenu« entrepreneur », ayant créé les deux entreprises citées Duflex et Belfield Furnishings qui font dans l’ameublement, selon les sources de sa nécrologie les plus mises en évidence.  Mais l’homme avait lui aussi lancé la mode, semble-t-il bien avant les autres, des inscriptions à profusion comme membre du conseil d’entreprises différentes, dont il était soit le directeur, soit l’un des membres du conseil de direction, actionnaire ou pas : on en dénombrera à sa disparition pas moins de 43, dont 10 dont il avait démissionné ou qui ont été dissoutes depuis.  Une frénésie qui comptait un club de Rugby de Nottingham auquel il était très attaché, on l’à déjà dit, ou bien  » MHF Realisations Limited », une diversification vers l’aménagement de caravanes de ses deux entreprises phares, ou une autre de « sofabeds, sa spécialité de départ (dissoute depuis), ou encore de The Chatsworth Bed Company Limited, société fabricante de matelas, créée en 2004 – la seconde pour lui, installée juste à côté d’une plus importante appelée Beardsley ne lui appartenant pas), une société encore en activité depuis (et comptant dans sa direction Castelgate Directors Limited, présent dans 410 entreprises différentes et déclarée « dormante » depuis 2016 !!).
Gestion à distance
Outre ce nombre d’entreprises, c’est leur gestion « déportée » qui surprend en effet.  Chatsworth Bed Company, par exemple, est liée à une étrange entité appelée « Boisdur-Salbris Line » pour la gérer à distance, qui comprend pas moins de 654 enregistrements à elle seule !!!  Celle-là, c’est une affaire de « conseils en gestion » connue également sous le nom d’Avanta, qui ne possède officiellement…. aucun employé (?) et qui est située, ô surprise,  à Petit-Bourg, qui est en Guadeloupe (c’est même la patrie de l’ex-ministre Laura Flessel !), Avanta étant aussi déclarée dans l’île Maurice à Vacoas.  L’île Maurice est reconnue pour être «un paradis » pour le blanchiment d’argent, sur laquelle plus de 22 000 entreprises sont déclarées:  c’est l’œuvre d’un seule personne, celle de la dénommée Line Salbris Boisdur, guadeloupéenne comme son nom l’indique, qui habite toujours dans une résidence à immeubles à étages bien ordinaire.  Sur Twitter on la rencontre comme responsable aussi de « Branchcorp Uk limited « , sa toute dernière « représentation d’entreprises » étant Loewe Hermanos, installée devinez où ? En Espagne, pardi !  Plus de 650 entreprises à son actif pour quelqu’un né en 1973, avouez que c’est pas mal !  Ce qui à l’art aussi, ma foi, d’éveiller des soupçons :  notre fringuant châtelain aurait-il eu d’autres comptes (les comptes de Mme Line Salbris Boisdur, présentée comme une réussite de carrière, qui donne des cours de gestion en Guadeloupe, étant « indisponibles ») ?  Pourquoi donc recourir à la Guadeloupe pour gérer une société d’Ilkeston, voilà qui étonne.  A Ilkeston, où tiens, curieuse coïncidence, jouait en 2015 un dénommé… Jack McKay , le frère jumeau de Paul, (ici à droite avec le maillot du club) aujourd’hui tous deux à Cardiff comme on le sait !!!  (Il était alors prêté par les Doncaster Rovers !)  Décidément, on tourne toujours autour du même monde !
Une société en sommeil et en 2015 une soudaine augmentation de capital 
Joli score pour l’agence Salbris Boisdur:  voilà qui nous en rappelle une autre… ou plusieurs autres (on va le voir un peu plus loin). Revenons plutôt à Cool Flourish, au 17 juillet 2015 exactement, avec une fort surprenante augmentation de capital de 250 000 livres… suivie le 11 septembre de l’achat du N264DB sans que l’avion précédent ne soit pour autant vendu.  Une étrangeté de plus dans ce dossier.  Etrange, car la somme investie correspond aussi grosso modo au tarif d’achat d’un Piper Malibu de cet âge !!!  Une importante somme donc, versée sous forme d’actions dans une entreprise peu florissante qui n’a jamais reçu pareille somme. Et surprise encore, puisque le 9 novembre de la même année, l’avion est rétrocédé à… Southern Aircraft Consultancy Inc Trustee, (chose confirmée par la FAA américaine comme on peut le voir ici à droite).  L’avion dans lequel est mort Sala n’appartenait donc plus à la famille Keely !!!  Mais donc plutôt à Faith Rose Chmura Al-Egaily, le patron et l’héritier de Southern Aircraft Consultancy … (aucun mouvement n’a effectivement été depuis paraphé chez la FAA) et l’héritier de la saga Chmura, l’homme à la fameuse DS Rose (cf le premier épisode de ce dossier).  Un dirigeant de Priscilla Limited, une autre de ses entreprises liée à Vouch Limited, qui possède la bagatelle elle aussi d’être citée dans 101 entreprises (le record de Keely est largement battu !) dont un bon nombre de « dormantes » ou dissoutes, toutes de petites structures souvent liées à la construction ou au bâtiment, voir l’entretien, le domaine artistique ou le transport côtier, avec notamment « Offshore Marine Solutions Limited«  installé à Cornwall, à une adresse qui en contient elle-même 25 autres.  Voilà qui commence à ressembler fortement à des poupées russes !  La dernière entreprise citée, en tout cas, a l’air plus active que celle de Fay Keely…  Elle possède aujourd’hui 1,2 million d’actifs immobilisés pour 2 employés (sont cités comme tels Joko Waluyo et Captain Islam (formé en Egypte) comme responsable du bateau le Terramare1, une barge de 24 m accueillant des plongeurs.  Le navire a participé aux opérations de démontage lorsque le MSC Napoli s’était échoué en 2007 à Branscombe, dans le Devon, ses containers (dont certains remplis de motos neuves BMW R1200RT, !) s’échouant sur les plages,  » Southern » présentant comme adresse de Bungay une domiciliation où figurent 5 autres entreprises, avec comme particularité d’être toutes hébergées à Earsham Hall, un ancien manoir victorien acheté en 1976 par la famille Derham, qui semble tout faire pour retaper la bâtisse, y compris, tiens c’est amusant, des… matelas (???).  Nous voici de nouveau parachutés au rebond dans un autre manoir !!!
Une obscure société en forme de boîte postale
C’est l’examen précis de la société de départ qui nous donne une des clés de ce méli-mélo juridique.  Parmi les entreprises auxquelles a participé Fay Keely, figure une fort obscure Mobile Screenwipe Limited, qui, n’est pas une micro-société vendant des sortes de lingettes à téléphone portables (?) comme on peut le penser  mais une société d’impression ne possédant que deux employés.  Autrement dit de quoi faire des cartes de vœux et pas le genre de société pouvant s’acheter un jet privé avec les bénéfices qu’elle aurait pu réaliser !!!  La localisation est celle d’une maison sise à Matlock, dans le Derbyshire.  La société existe depuis 11 ans et son second responsable s’appelle Charles Anthony Grice Ablett.  Sa société partage la même adresse que Cool Flourish Ltd (qui a déménagé donc depuis ses débuts), ce qui laisse supposer que la Holly Tree Farm de Higham serait bien une boîte postale commune, sans plus.  Un autre membre de la société s’appelle Derick Wilson, qui est lui cité dans 19 cas de directions d’entreprises, dont 17 dont il a démissionné, la plupart liées au bâtiment, avec ce qui attire le chaland sur le net à grands coups de « liens sponsorisés », à savoir l’isolation thermique ou les panneaux solaires (regardez bien, ça en est truffé).  
Voilà qui fait furieusement penser à notre fameux « Jack Sword », récemment condamné en France pour diverses escroqueries…, et ses voyages en Gulfstream de location, mais aussi à un autre personnage, plus sulfureux encore, comme on va le voir.  J’ai évoqué ici-même le fameux Sword, en fait de son vrai nom Jacques Sordes, un arnaqueur de haut vol, qui a été finalement condamné à six ans d’emprisonnement en février 2017.
Quant à Southern Consultancy, le dernier propriétaire de l’avion, il n’est pas en reste avec cette imbrication de sociétés :  son administratrice Jean Chmura (c’est en fait la femme du créateur de l’entreprise décédé, c’était son co-pilote de DS, ici à droite), active aussi dans Priscilla Limited est reliée à la Richmond Court (norwich) Management Company Limited, elle-même reliée à 17 entreprises dont 7 dont elle a démissionné, dont Sexty & Co qui lui servait de sécrétariat et qui est son comptable de fait, situé dans un banal immeuble de Norwich.  Encore une gestion déportée !  L’adresse de Priscilla Limited étant à Cot Valley, c’est-à-dire tout au bout de la pointe sud de l’Angleterre, côté océan Atlantique. Le seul aéroport voisin étant… Newquay où a été vu, on le sait, le N264DB, avec Ibottson comme pilote.  Bref, on tourne à nouveau autour du même pot.
Une délinquance en col blanc et des vols oubliés
Car il est grand temps d’expliquer ces liens douteux plus en profondeur donc, comme deuxième piste : après la délinquance liée au trafic de drogue, voici en effet celle en col blanc qui se profile… les deux pouvant se croiser ou se rejoindre comme on a déjà pu le voir en effet.  Et la seconde n’est pas moins pire, à vrai dire…  :  à l’un des sommets de cette pyramide d’entreprises reposant sur la pointe figure York Place Company Nominees Limited, avec à son actif pas moins de 3365 entreprises, dont il ne reste qu’une seule dont elle est dirigeante à ce jour (elle est déclarée « dormante ») et qui a eu longtemps comme dirigeant Jonathon Charles Round, un individu qui a lui seul est cité dans 2144 entreprises différentes !!!  Or en 1998, on peut le remarquer, c’est York Place Company Nominees Limited, qui était le directeur de Cool Flourish Limited, fondée par Terence Keely :  c’est lui qui avait choisi ce portage, donc !  Drôle de fonts baptismaux, non ? On notera en revanche que la société Dave Ibbotson Gas and Cooling à l’entrée de la rue Axholme Avenue à  Crowle Scunthorpe ne bénéficie pas de jetons de présence ailleurs…  Lui était seul à bord de son entreprise, et elle n’était pas gérée du Vanuatu !!!  A droite ici le Cessna 208B blanc N105AN qu’Ibbotson pilotait à Hibaldstow, chez Skydive-Target Skysports (ils partagent l’aérodrome). Le Cessna noir est le G-CKSE qui en ce moment -début mars 2019- est toujours à Portimao.  Ibbotson était inscrit chez Target Skysport exactement, où l’on trouve aussi le D-IEDO, mais aussi un vieux Piper Cherokee G-ATJV rebâti pour partir au Portugal (en 1968 il était LoganAir…) Le voici ci-dessous le 13 octobre 2017 en train de traverser le sud du pays, alors que le 12 il était parti de Compton direction… Nantes en un premier temps:
On notera en effet, autre curieuse coïncidence, que l’on retrouve la société  Skydive à Algarve au Portugal (*), avec le même Cessna et un Dornier venu d’Allemagne et préparé en Angleterre (ex Air Survey), le HA-VOC.
C’est à Algare que les fast boats de trafiquants s’échouent (en 2013, on y a découvert un voilier avec son lourd chargement de coke).  En novembre 2017 c’est le cargo Agat, de type RoRo (IMO 8710687) qui se faisait prendre au même endroit avec 1 130 kilos de cocaïne à bord. Un cargo qui avait fait un bien étrange périple :  il avait d’abord pris la direction de l’Amérique du Sud, aux alentours du 10 octobre, puis s’était carrément arrêté dans l’océan, et avait alors rebroussé chemin vers son point de départ (un Roro qui se retourne alors qu’il a été conçu au départ pour ne pas le faire !). Arrivé près de la côte marocaine, en direction de Gibraltar, il avait effectué un demi tour vers le sud avant de se faire épingler par la douane espagnole : il avait très certainement échangé sa coke en plein mer, donc :
Il serait très intéressant de savoir si David Ibbotson (ami d’Henderson), pilote habituel du Cessna de Target Skysports (cf la vieille pub ici à gauche où l’on distingue le Dornier à empennage à damiers HA-CAO, sur la gauche), avait participé à cette aventure… l’examen attentif des photos des différentes apparitions de SkyDive au Portugal ne révèle pas Ibbotson aux commandes. Mais une photo de lui aux commandes d’un appareil de Target Skysports-Skydive le montre aux manettes d’un dornier Do-28, un bimoteur et peut-être bien le DO-28D c/n 4327 ex Kenyan Air Force (no. 115) refait entièrement à neuf sur le site, repeint en blanc ensuite et visible ici en vidéo au Portugal, immatriculé EC-MSP, motorisé en turbines GE M-601. Le club utilisant aussi en plus du HA-CAO le Do-28 bleu à tête d’oiseau jaune immatriculé D-IEDO, dont l’intérieur est également blanc. Les détails le prouvent aisément : la porte d’accès (en bas à droite, celle du Dornier Kenyan, encore en peinture d’apprêt, à gauche une image empruntée à une visite de l’appareil « camouflé »), et le détail commun du haut du siège qui montre que ce jour-là Ibbotson pilotait bien un… Dornier 28 bimoteur à turbines de 15 mètres d’envergue et 11,4 de long. En condition de vol de jour, à vue, s’entend bien…
Une tête brûlée ? Un papy Boyington du Yorkshire ?
Remarquez, on vient de partout pour sauter à Portimao, même à partir d’un Dornier Skyservant remotorisé venu de Hongrie (HA-HIB), et encore décoré d’un camouflage (venu avec son collègue HA-ACO, déjà venu à Hibaldstow en 2005 et en juillet 2010). On remarquera la faculté de l’avion à lever très vite l’empennage dès les tous premiers mètres de l’envol). Vu aussi à Hibaldstow en août 2015 et à Portimao, un quatrième Dornier à turbines, le EC-KTC.  L’avion venu de Weston-On-The-Green avec auparavant comme immatriculation HA-ACL. C’est Wingglider Ltd., regroupement de sociétés de parachutisme basée à Hibaldstow qui a en fait sélectionné en 2016 comme avion de parachutisme le Do-28 remotorisé en turbines M601-D2, puis par des GE H75 pour remplacer les Lycoming d’origine. Une belle réussite industrielle !  A noter au passage que des vidéos sur les vols des Dornier (ici à droite, presque sur le dos après avoir largué ses paras) montrent une vraie pratique de cow-boys de l’air, (ici avec le HA-ACY et là encore moins rassurant) plutôt, une idée renforcée par un témoignage de forum : « mon épouse avait l’habitude de faire du saut en parachute (il y a environ 800 sauts dans son journal de bord), elle m’a dit un jour que les avions de saut doivent être suffisamment en mauvais état pour que les parachutistes ne veuillent pas atterrir avec, mais pas encore assez vieux pour que le pilote souhaite également l’abandonner en vol… Les pilotes de saut en parachute sont également réputés pour leur «hot dogging», un saut en C182 qu’elle connaissait qui avait un tas de défauts causés par son vol habituel, et il a fini par s’écraser avec un pilote et tout le monde à bord). Bien sûr, toutes les opérations de parachutisme ne se dérouleront pas ainsi, mais ce n’est probablement pas rare non plus. Tous les pilotes de saut en parachute que j’ai rencontrés avaient une tolérance au risque assez élevée (ici Joe Horta, celui du HA-ACZ, à Portimão (1), idem ici; ici en Pologne avec une approche de malade, et là encore !!!). »  Si l’on en juge du témoignage qui est fait, on aurait eu affaire, avec Ibbotson, à un pilote plombier casse-cou, pour résumer? Un plombier, on le rappelle, dont on a mentionné qu’il était criblé de dettes et prêt à prendre à la volée n’importe quelle rémunération au passage, en travaillant le week-end (à Nantes !) : 23 000 livres (26 600 euros) à Orange, Yorkshire Water, Barclaycard et Bank of Scotland, indique le Daily Mail. Il aurait aussi été condamné à verser 4 413 livres supplémentaires juste avant le crash
Une machine à laver l’argent sale de taille mondiale liée aussi au foot
Ces jetons de présence à des conseils d’administration à distance, ont commencé à inquiéter les autorités voisines depuis une dizaine d’années maintenant, car, à l’évidence, ils permettent aussi et surtout de dissimuler ou de transférer des sommes d’argent importantes dans des pays peu scrupuleux en matière d’impôts ou de contrôles des flux financiers. Leur localisation révélée par les Panama Papers montrent qu’ils sont aussi proches des flux de drogues ou d’armes, ce qui a de quoi inquiéter : on les trouve en effet surtout, outre l’Angleterre, aux Iles Vierges britanniques mais aussi en Irlande, en Nouvelle-Zélande, ou à Bélize, notamment, voire l’île Maurice, leur plus récente localisation. On parle alors à leur propos de « sham directors », des «faux patrons », dont un organisme de lutte contre la corruption révèle dans un étonnant rapport les noms des principaux et le nombre atterrants de postes occupés, résumés ici en un tableau : 14 d’entre eux représentant le nombre faramineux de 21 554 entreprises (le recordman s’appelant James Grassick avec 4196 entreprises à lui tout seul !!! Grassick, qui n’est autre que l’équipier de Philip Croshaw installé sur l’île de Sark, sous le nom ronflant de Central European Transit Reinsurances, la femme du second, Belinda Croshaw, étant directrice du non moins ronflant de Metropolitan Reinsurances (fermée en 2013) et d’une bonne centaine d’entreprises irlandaises…

Parmi ces patrons par procuration, Vladimir Antonov, avec Convers Sports Initiatives (CSI), qui a acheté le Portsmouth FC, via une banque lituanienne qu’il dirigeait (la Snoras bank, co-dirigée avec Raimondas Baranauskas). Avec lui, avaient été pincés Roman Dubov, co-gérant de Convers Sports Initiatives (tous deux ici à droite avec Alexander, le père de Vladimir, qui tirait les ficelles depuis le début avec la création de la Akademkhimbank dès 1999!) mais aussi Raimondas Baranauskas, le responsable majoritaire de la banque  Bankas Snoras AB incriminée (et sponsor de l’écurie Renault F1 en 2010, avant la vodka Flagman russe). Un Porstmouth FC, ou tiens, quel hasard encore, avait été arrêté le 28 novembre 2007, Harry Redknapp et le directeur général Peter Storrie ainsi que Milan Mandaric, l’ancien président de Leicester (qui a sévi aussi à Nice), plus l’ancien footballeur de Portsmouth Amdy Faye sur des soupçons de corruption… en même temps que Willie McKay !!!

Convers étant géré par  Woodberry  Secretarial Limited, ayant pas moins de 818 inscriptions en Angleterre ! En février 2012, le club avait dû être placé en redressement judiciaire et avait sombré complètement en étant relégué en D3 après une dernière  défaite contre Derby County (2-1), pour plonger plus profond encore le 16 avril 2013, avec une descente en D4 !!! Entre-temps, Antonov, toujours dirigeant du Spartak de Moscou, s’était offert une Spyker C12 Zagato à 740 000 dollars (ici à gauche)… qui s’ajoutait aux 13 autres voitures de luxe qu’il possédait déjà (trois exemples ci-dessous).  Sans parler de son yacht Antonov acheté à Antibes, le Sea D, enregistré dans les Iles Vierges britanniques (BVI) chez Danforth Ventures Inc

En 2008, McKay avait écopé, on le rappelle, d’une suspension avec sursis pour le transfert à Portsmouth du Zimbabwéen Benjani Mwaruwari.  Il l’avait ensuite replacé à Manchester City, car deux clubs différents ne peuvent en Angleterre avoir recours au même agent pour deux transferts consécutifs impliquant le même joueur :  Willie s’était alors sucré deux fois de suite sur le même joueur !  En traficotant en connaissance de cause avec des « sham directors » ? Il ne pouvait ignorer ce qui se passait à Portsmouth, car c’est essentiellement lui qui avait contribué au désastre en plaçant ses jouets dont il avait fait miner la cote artificiellement !
La méthode McKay adossée à l’offshore
Ce lien entre Willie McKay et les clubs aux contours flou, pour rester poli, est patent. Un exemple le montre avec brio. Nous sommes en 2011, et on apprend que le club des Queens Park Rangers aurait versé 2 millions de livres sterling aux « représentants » qui ont aidé à négocier le transfert -gratuit- de Joey Barton, juste arrivé de Newcastle.  Selon la presse, Willie McKay, le « représentant » concerné, était certes encore l’agent de Barton, mais il s’en défend en affirmant avoir été mandaté par les Queens Park Rangers, « le joueur se représentant lui-même », selon lui, et recevant en personne au passage, 1,3 million de livres pour son…. « déménagement », effectué le mois précédent.  C’est le montant faramineux versé à l’intermédiaire qui avait fait bondir la Football Association après que Newcastle ait exprimé un désaccord sur ces versements.  Avec ça, Wilie aurait pu s’acheter 4 Piper Malibu d’occase en une seule opération ! McKay, à l’époque, sûr de sa combine, ne s’était pas démonté en déclarant au Standard Sport: « Je ne suis pas inquiet. Les chiffres mentionnés sont loin du compte et je n’ai rien fait de mal. C’est un non-récit en ce qui me concerne. Lorsqu’on lui a demandé s’il craignait une enquête de la part de la FA, il a ajouté: « Pas du tout ».  Pourquoi donc ne craignait-il rien avec une telle arrogance ? Parce qu’il profitait à l’évidence de l’opacité totale du fonctionnement même du club, résultant d’un savant montage…. offshore, d’une complexité sans nom !!!  Un montage effarant, résumé dans le chapitre « owner » ici de l’impeccable dossier du Tax Justice Network « The Offshore Game », à lire ici à la suite : attention, il va falloir s’accrocher !!!  « On a dit, par exemple, que Tony Fernandes est propriétaire des Queens Park Rangers. Tony Fernandes ne possède techniquement aucune action dans Queens Park Rangers. Queens Park Rangers Football Club et Athletic Club Limited, qui exploite et gère le club, est la propriété de QPR Holdings Limited, une société basée au Royaume-Uni. QPR Holdings est détenue à 66% par Tune QPR sdn Bdh, basée en Malaisie, et à 33% par Sea Dream Limited, qui, selon nous, est enregistrée à Malte. Tony Fernandes (qui est malaisien, c’est l’ancien contrôleur financier du Virgin de Branson et le sauveur de AirAsia, et, en sport, le fondateur de l’écurie Caterham F1 Team, le club de foot étant racheté à Bernie Ecclestone et Flavio Briatore, en photo à droite avec Fernandes !!!).  Selon nos recherches, QPR a environ 115 millions de livres de dette auprès de Tune QPR sdn Bdh, 40 millions de dollars supplémentaires de Sea Dream Limited et 10 millions de plus de la société Almunya Properties Limited.  Kamarudin Meranun et Ruben Ganalingam sont les bénéficiaires effectifs déclarés de Tune QPR sdn Bdh, d’après le site Web de QPR, mais nous ne savons pas dans quelle proportion. La famille Mittal possède Sea Dream Limited. En supposant que Tony Fernandez, Kamarudin Meranun et Ruben Ganalingam possèdent une part égale de Tune QPR, Tony Fernandes ne détient qu’une participation indirecte de 22% dans Queens Park Rangers. Mais il n’y a aucune raison de supposer que les trois hommes d’affaires ont divisé la société à parts égales. Tony pourrait avoir une proportion d’actions beaucoup plus faible que les deux autres, ou il pourrait en avoir plus. Le public ne peut pas savoir parce que la Malaisie est une juridiction secrète. La situation est encore plus compliquée lorsque nous considérons que les actions de QPR ne valent pas grand-chose, car elles sont presque entièrement financées par la dette.   On sait peu de choses sur Almunya, à part l’existence d’une société indienne enregistrée du même nom. En raison de tous ces emprunts, le capital social de Queens Park Rangers Football et de Athletic Club Limited semble n’avoir aucune valeur. La somme totale des actifs de cette société vaut moins que le montant de sa dette. (…) Sur le papier, les propriétaires connus de QPR, Tony Fernandes, Kamarudin Meranun, Ruben Ganalingam et la famille Mittal, peuvent détenir les sociétés qui contrôlent QPR, mais ils n’ont pratiquement pas investi d’argent dans son capital-actions car la quasi-totalité du financement de QPR vient de prêts. QPR n’a pas répondu aux demandes de commentaires sur leur structure de propriété. La propriété effective fonctionne avec des participations et non avec des dettes. Il est donc impossible de savoir si les prêts des sociétés propriétaires de QPR proviennent de fonds de leurs actionnaires ou ont été prêtés à ces sociétés par des tiers inconnus. Nous sommes dans le noir. »  Les enquêteurs de la Football Association ne pouvant que laisser tomber leur enquête sur l’argent reçu par McKay, car il leur aurait été impossible de trouver d’où provenaient exactement ces fonds !!!
L’agent écossais avait profité d’une gestion offshore opaque, impossible à démêler, et ça, il le savait très bien, d’où sa grande sérénité face aux accusations ! Les 2 millions perçus représentaient une aiguille dans la meule de foin des Queens Park Rangers !!! Il faut savoir que Fernandes a quitté le navire en août 2018, après une dispute avec la fédération pour dépassement d’enveloppe de recrutement en 2013 et 2014 (les prix en hausse des joueurs de McKay !) et à la clé un redressement de 42 millions de livres au nom du fair play financier…. Il a laissé en 2018 les rênes à Ruben Gnanalingam et à Amit Bhatia, qui n’est autre que le beau-fils de Lakshmi Mittal !  Avant d’acheter les Queens, Tony Fernandes avait tenté par deux fois de racheter le club de West Ham !!!  A droite, Djibril Cissé, un temps chez les Queens (le temps d’un nouvelle coiffure à cinq millions d’euros sur deux ans et demi ?) mais avec comme agents Richard Bettoni et Ranko Stojic. En octobre 2012, il en avait déjà terminé avec les Queens et en même temps avec sa coiffeuse.  Enfin, sa femme je veux dire. Après un passage en 2013 au Qatar, les grecs lui réclameront en 2015 les 300 000 euros impayés au fisc lors de son transfert à Athènes.  Depuis, il danse, il est vrai, avec les stars !
 
Les vedettes du système…

Dans le lot des personnes pointées, on trouve aussi Sarah Petre-Mears, dont le nom est apparu aux mêmes endroits que ceux déjà cités. Plus de 1200 entreprises à son actif et plus d’un millier pour son compagnon Edward Petre-Mears (2 277 compagnies à eux deux !). Parmi leurs différentes localisations, l’île de Sark (Sercq), dans les  Channel Islands, à 9 miles à peine de Guernesey, une autre étant à Nevis, dans les Antilles où elle est quasiment la reine, là-bas. Ironie du sort, c’est à quelques km seulement de l’endroit où l’avion de Salas’est écrasé. A Sark, surnommée aussi  « L’île des hommes de paille« , on trouve Philip Croshaw, recordman  (avec Grassick) avec 4 043 apparitions à la tête de sociétés !!!  Lui on le trouve cité de façon étonnante dans un livre sur… la disparition du Docteur Godard (2), avec la description d’une autre méthode douteuse d’enrichissement !

A Sark, on trouve aussi Jesse Hester, demi-frère de Carl, un champion olympique de dressage (ici à droite, on retombe dans le domaine hippique).  Celui-là aussi mérite le détour car c’est le premier de la liste, avec 1609 noms d’entreprises à son actif.  « Par exemple, Jesse Grant Hester – un jeune patron nominé basé sur l’île de Sark, dans la Manche – était le directeur d’une entité irlandaise, Candonly Limited, qu’une enquête officielle a révélé par la suite avoir bénéficié du régime du dictateur irakien Saddam Hussein avec le programme «pétrole contre nourriture» des nations (via une société offshore appelée Candonly Limited).  Jusqu’à la disparition de cette pratique à la fin des années 1990, il était courant que des résidents de Sark comme Hester prêtent leur nom en tant que responsables à des entreprises du monde entier qui souhaitaient conserver l’anonymat. À l’apogée de ce que l’on appelle désormais « le Sark Lark », les 600 habitants de l’île devenus 15 000 membres de conseil d’administration, dont certains ont par la suite suscité la controverse. Après la répression menée par le gouvernement britannique, de nombreux administrateurs nommés de Sark ont ​​été transférés dans des juridictions telles que Chypre, les Émirats Arabes Unis, l’îleMaurice, l’Irlande et la Suisse et, comme le montre une simple recherche dans les registres des entreprises, ils ont simplement repris leurs activités. Par exemple, Jesse Grant Hester, né en 1976, a été nommé directeur d’au moins 1 500 sociétés dans les îles Vierges britanniques, en Grande-Bretagne, en Irlande, à Maurice, en Nouvelle-Zélande, à Londres, à Lugano et à Genève. Ci-dessous, vous pouvez identifier les nouveaux gardiens des plus importants directeurs nommés parmi les 28 reconnus dans le scandale des prête-noms : Jesse Grant Hester (Royaume-Uni, DOB 1976).  Hester avait en effet créé Atlas Corporate Services dans les îles Maurice pour y dissimuler 6 millions de livres impayées aux impôts anglais et cachées… en Suisse (cf ici une inscription à Lausanne).  Le dossier du magazine Panorama de la BBC dans lequel avait été aperçu Hester (ici à gauche) avait relevé, en tête des principaux falsificateurs, avec quatre personnes  :

Brenda Patricia Cocksedge (UK, née en 1949), repérée avec 337 déclarations.

-Christina Cornelia Van Den Berg (Afrique du Sud, née en 1964), déclarée 300 fois comme gestionnaire ou directrice.  Son adresse, Meadow Star Place, Ou Wapad, Melody Ext. 22, Hartbeespoort, South Africa, 0216 étant celle d’une pizzeria dans un supermarché !

Marea Jean O’Toole , Irlande, née en 1972, aussi liée à Pollux Trade, et nommée avec 202 apparitions, installée à Dubaï puis à l’île Maurice.

Stephen John Kelly (Royaume-Uni, date de naissance : 1964) 362 références ici.

Le commentaire qui suit est édifiant : « Ils jouent un rôle clé dans le maintien du secret de milliers de bénéficiaires effectifs et de centaines de milliers de transactions commerciales. Pour ce faire, ils vendent leurs noms sur des documents officiels de la société, en utilisant des adresses situées dans des régions obscures du monde (3).  Certaines des entreprises qu’elles représentent sont si manifestement liées aux activités du crime organisé que même un enfant pourrait les découvrir :  il existe par exemple une entreprise à Lugano détenue par Jesse Grant Hester avec le controversé administrateur Rudy Chereghetti de Lugano, arrêté et condamné pour associations avec les opérations de la mafia et la fraude en Italie. Quelques requêtes rapides dans Google vous le montreront ».  Si on poursuit le cheminement d’esprit, on tombe sur une série de poupées russes plus élaborée.  Et des gens beaucoup plus dangereux, en effet. Le système financer élaboré en Lettonie pour ponctionner l’argent était très au point :  « Le cycle de rotation typique du Laundromat (blanchiment ou machine à laver l’argent sale) débutait avec la signature d’un faux contrat de prêt par deux sociétés, pour des sommes énormes allant de 100 millions à 800 millions de dollars US. Les dettes étaient garanties par des sociétés russes gérées par le système judiciaire moldave. Lorsque les fausses dettes n’étaient pas remboursées, la société engageait le « débiteur » devant le tribunal, où le garant russe serait tenu de payer. La société russe ensuite transférait sur le compte de la société de prêt, toujours basé en Lettonie. Une fois en Lettonie l’argent était nettoyé officiellement par une ordonnance du tribunal ». C’est ainsi que Westburn Enterprises, a réussi à obtenir un demi-milliard de dollars d’un garant en Russie devant les tribunaux moldaves : lorsqu’on a retrouvé son directeur, Marios Papantoniou (ici à gauche), on s’est aperçu que c’était le nom de celui d’une petite société comptable installée à Edimbourg appelée Axiano.  La somme détournée se monte à… 7 milliards de livres sterling !!!  Un journal écossais, écœuré, précise que c’est plus que la totalité des exports des whiskys du pays ! Outre celle citée, les inspecteurs avaient aussi découvert, les noms de Mirabax Investments Limited, Caldon Holdings et Tottenham Management qui sont cités comme ayant fait transiter les milliards pompés.  Tout n’était pas encore décompté, car en mai 2018, on estimait que cela pouvait monter à 80 milliards de livres de détournements, soit plus du 1/3 des revenus économiques de l’Ecosse en une année !  Et comme tout se croise, la compagne de Papantoniou, Ishbel Margarita Turner Turnbull Papantoniou apparaissait aussi dans la direction de Foam Source Europe Limited de Charlotte Dorothy Van Heerden !!!  Autant manger le gâteau à plusieurs !!!

 

… et les petites mains du même système de la gouvernance offshore

Dans l’excellent article « The Secret World Of Sham Directors » signé Bastian Brinkmann, Frederik Obermaier et Bastian Obermayer du Süeddeutsch Zeitung, on peut lire deux exemples de ceux qui servent de boites aux lettres à ceux qui les exploitent, tel ce Michael Jackson qui dirige un bidule improbable appelé « Bavarian Pretzel Factory » : « Leticia Montoya vit dans une banlieue de la ville de Panama que les riches considèrent comme une zone interdite. Elle était généralement payée 500 dollars par mois pour ses services. Et pourtant, Mossack Fonseca a gagné des millions grâce à son travail: chez Mossack Fonseca, le directeur factice coûte environ 150 dollars par an. Dans la plupart des cas, « Mossfon » utilise deux ou trois directeurs factices par entreprise. Selon les Panama Papers, Montoya aurait servi de directeur fictif pour près de 3 200 sociétés écran. Multiplié par les 150 dollars par an demandés par le cabinet d’avocats, Montoya a rapporté à Mossack Fonseca près d’un demi-million de dollars en seulement douze mois. Elle était directrice fictive au sein du cabinet d’avocats depuis le début des années 1980″(…). L’autre exemple étant celui d’une… nonagénaire : « au cours des dernières révélations, un autre nom est apparu encore et encore: Aida May Biggs. Apparemment, elle a présidé plus de 20 000 sociétés au Panama administrées par l’un des concurrents de Mossack Fonseca. Son nom figure également en Angleterre, où sa date de naissance apparaît également: janvier 1923. Aida May Biggs a 93 ans. Jusqu’à il y a quelques années à peine, elle était toujours directrice factice pour un très grand nombre de sociétés ».  Sa découverte aura une répercussion terrible en Espagne, avec la démission forcée de Manuel Moix, le procureur anticorruption chargé d’enquêter sur des membres du parti au pouvoir en Espagne dont avait été révélé sa participation cachée  de 25% dans une société offshore au Panama appelée Duchesse Financial Overseas… dont la gestionnaire était justement Aida May Biggs ! L’argent pourrit tout !  Le montage servait à dissimuler le vrai propriétaire de la maison familiale de Moix, à savoir lui-même, une maison de trois étages (ici à droite) d’une valeur de 550 000 € (620 000 USD) avec piscine couverte, située à Collado Villalba, dans un secteur fermé et sécurisé près de Madrid.  Une troisième petite main avait été repérée bien avant encore, celle dont je vous avais parlé ailleurs… « Mais au final on a l’exemple assez ridicule de formation de sociétés britanniques impliquant l’associé de Taylor, Nesita Manceau, leur domestique originaire du Vanuatu. Le directeur actuel des candidats d’Oldbury Consultants Ltd est Jan Harm Snyman, qui détient également les 100 actions, après les avoir achetées à Peter Matovu Mwanje. Mwanje est répertorié comme journaliste vivant au Royaume-Uni et a eu deux mandats en tant que directeur en 2015, l’un durant toute une journée. Nesita Manceau est également nommée directrice à trois reprises, l’une commençant en 2006 et se terminant le 14 avril 2015; elle a également une fiche pour le 2 mars 2015 et une autre pour le 14 avril 2015 »  note ici notre découvreur.  Nesita Manceau, qui en avait bien plus encore, de titres, va nous amener à bien plus grave encore, dans le prochain épisode…

Pour ce qui est de noms des entreprises créées (à Londres on en dépose une nouvelle chaque minute), on a eu le droit à tout : « un membre du personnel de Companies House chargé de l’application des règles a confirmé à un enquêteur travaillant avec Amnesty International qu’il était possible de créer une société portant un nom entièrement fictif et une fausse adresse. Il a simplement insisté sur le fait que Companies House ne disposait ni des pouvoirs ni des ressources nécessaires pour vérifier l’authenticité des noms et adresses des dirigeants de sociétés. Cela a conduit à des obturations comiques et audacieuses. En 2010, les blanchisseurs d’argent de la Camorra ont créé une société écran britannique dans le quartier de Soho, Broadwick Street, dans le centre de Londres, sous le nom «Ottavio Detto Il Ladro di Galline», qui signifie en anglais «Ottavio le voleur de poulets». Sous «Occupation», il ont trouvé «Truffatore» ou «Fraudster», qui ont été dûment traités sans commentaire par Companies House » (l’organisme d’enregistrement national des sociétés). Des voleurs de poules parqués dans l’île des hommes de paille, avouez que ça devient assez surréaliste, ces découvertes !

En ce sens, force est de constater en tout cas que chez les McKay, Davis Ibbotson, recruté à la tâche et sans contrat réel, représentait en quelque sorte une autre forme de petite main… bien pratique et corvéable à merci !  Nous n’en avons pas encore terminé avec cette descente aux enfers dans le milieu des directions offshore, car elle va nous mener plus bas encore, comme vous allez le voir… demain !

Nota : L’autre club dans l’aventure écossaise est le Queens Park FC, d’une toute autre catégorie que les Rangers : fondé en 1867, il est complètement amateur, lui.  Ses joueurs ont tous un travail dans le civil !  On pense que ce sont eux qui ont inventé le football moderne fait de jeux de passes, comme on peut le constater aujourd’hui.  Plus petits, les écossais avaient appris à contourner ainsi leurs adversaires plus grands !!!  L’un de ses joueurs emblématiques, Tony Quinn (défenseur central qui est resté 15 ans au club et a joué 391 matchs !) était plombier chauffagiste, comme Ibbotson ! L’un de leurs gardiens dans les années 30,, Mustafa Mansour, a fini ministre en Egypte !

http://www.toutlemondesenfoot.fr/blog/2017/07/07/queens-park-fc-a-150-ans-presentation-club-a-change-football/

 (1) on a du mal à le croire, mais on est tombé là dans la catégorie des pures têtes brûlées avec Horta : annoncé d’abord en août 2016 comme décédé en luttant contre des incendies en Libye (?) on découvre avec surprise et effroi qu’il serait mort à bord d’un Mirage F1 des forces nouvelles libyennes, à Misrata, le second restant en état de vol, lors de son 5eme vol à bord (il restait le 502 et le 508, les deux échappés en février 2011).  On découvre alors qu’il était pilote agricole à ses débuts, et n’avait aucune expérience de la réaction !!!  On peut le voir ici en 2012 pilotant un Yak 52 d’acrobatie (et ici également avec un Sukkhoi 31M).  En novembre 2006, il s’était écrasé avec, son avion ne dépliant pas son train, victime alors de fractures du crâne et de vertèbres !!!  Il aurait été formé au jet par le dénommé « Boris Reyes », « venu d’Equateur » selon l’info.  C’est bien un pilote équatorien, photographié ici sur la base de la FAE de Taura, dans le cockpit d’un F1 portant  marquage de la victoire sur un Sukkhoi péruvien du 10 février 1995, lors de la guerre du Cenepa. En fait le seul pilote mercenaire de Khalifa Haftar repéré jusqu’ici est américain:  il s’agît de Frederick Joseph Schroeder, ancien pilote de Shenzhen Airlines basé au Quatar, qui a posé effectivement en compagnie de Reyes (dont le nom figure ici sur son uniforme). L’homme paraissait plutôt… perturbé, il semble bien. La trace de pilotes péruviens et de colombiens chargés aussi d’entretenir les avions oriente vers le staff d’Erik Prince, le dirigeant de l’ex Blackwater au service des Emirats désormais.  Le 7 juin, on avait annoncé ici la perte d’un F1 à Syrte, le pilote s’étant éjecté sain et sauf.  Horta aurait réussi à s’éjecter mais aurait été victime de ses blessures.  Sur sa tombe, ornée d’un Dornier,  on indique le 4 juin 2016 comme date de décès, ce qui correspond à peu près.  Sur un site dédié à a mémoire, une photo le montre effectivement en pilote de chasse.  A bord d’un Mirage, à la verrière reconnaissable à ses antennes noyées dedans.  Incroyable ! Très étrange découverte !
(2) Ça figure en effet étonnamment dans le livre « L’Assassinat du Docteur Godard » d‘Eric Lemasson : « ses activités de « Nominee director » ont conduit notre homme assez loin du strict monde des affaires.  Son nom apparaît dans nombre de dossiers frauduleux et d’escroqueries. Donnons-en un bref aperçu : Philip Mark Croshaw est recherché par la police bulgare, par ailleurs son nom apparaît en bonne place dans la société Daki, faux nez destiné à dissimuler la fortune de l’ex-dictateur serbe Milosevic. Il y a aussi une affaire de faux timbres de collection en Espagne où son nom est cité » (j’y reviens dans une autre série en cours ici-même, comme quoi tout se recoupe dans ce petit monde des escroqueries !!!). « Il apparaît surtout dans une escroquerie montée dans le monde entier grâce à l’incomparable puissance d’Internet. La société Caledonian offshore, présidée donc par Croshaw et enregistrée au Liberia, propose via de nombreux sites Web, du Canada aux Caraïbes et de l’Europe de l’Est à l’Afrique, des offres d’emploi sur des plateformes pétrolières situées en mer, au nord de l’Écosse.  New job opportunities, est-il écrit.  Gagnez entre 46 000 et 55 000 dollars par an ! Ces annonces paraissent dans de nombreux pays, en Ouganda, en Inde, au Maroc. Il est promis au candidat qui souscrit d’être intégré à un pool de travailleurs offshore, il lui suffit pour cela de verser des « frais de recrutement », sorte de droit d’entrée de quatre cent quatre-vingt-neuf US dollars, dont cent quatre-vingt-neuf dollars payables immédiatement. Bien entendu, les jobs n’existent pas. Difficile d’évaluer le nombre de travailleurs à s’être fait piéger, difficile aussi de déterminer le réel degré d’implication de Philip Mark Croshaw dans cette miraculeuse bourse aux emplois de la Caledonian offshore. « Mon nom est très souvent utilisé frauduleusement, sans mon accord », s’est justifié l’homme d’affaires, sans vraiment convaincre. On ne prête qu’aux riches. » Nota : étrange apparition, c’est également dans la zone des Casquets que le fileyeur AT FYL (ici à droite) a remonté dans ses filets un tibia et un fémur appartenant au Docteur Godard, sept ans après sa disparition (en 1999, et la découverte auparavant du crâne d’un de ses enfants, celui de la petite Camille) !!! Le livre de Lemasson, coïncidence encore, relie la disparition du docteur à celle de Christian Poucet, assassiné en 2001, qui organisait lui aussi, quel hasard, des évasions fiscales !!! Un troisième larron, autre dirigeant du même syndicat que les deux autres, Philippe Wargnier, est mort lui dans le crash le 9 septembre 2000 de son avion parti de l’aérodrome de Montpellier – Candillargues (Hérault), lié visiblement à un « dérèglement de sa jauge d’essence » selon le BEA.
 (3) Exemple d’imbrication des sociétés en poupées russes : Le No 29 Harley Street (à Londres) ne ressemble pas à un centre de fraude intercontinentale complexe. C’est une belle maison mitoyenne au front de pierre, à quelques minutes à pied des magasins et des touristes d’Oxford Street. Il a cinq étages, une baie vitrée et une balustrade en pierre juste sous le toit. Sa porte d’entrée est en bois sombre, avec des raccords en laiton » (…). »Des dizaines de propriétés de la rue Harley sont encore utilisées par les médecins, mais le numéro 29 n’en fait pas partie. Au lieu de cela, il abrite une société nommée Formations House, qui, depuis sa fondation en 2001, a développé une activité commerciale en fabriquant des véhicules de société fabriqués dans le West End. La maison abrite actuellement 2 159 entreprises, pour lesquelles elle exploite une grande boîte postale et un répondeur téléphonique ornés et prestigieux. Cela n’a rien d’illégal, mais certains ont utilisé cette adresse à des fins inappropriées « (…)  « comme les sociétés sont impliquées dans la propriété d’autres sociétés, en plus d’être leurs administrateurs et secrétaires, il est devenu extrêmement difficile de savoir qui les contrôlait vraiment. En février 2004, par exemple, Formations House a créé trois sociétés: Corporate Nominees, Legal Nominees, and Professional Nominees. La deuxième société est propriétaire des deux autres, elle-même appartenant à la première société. La troisième société est secrétaire pour les deux autres, tandis que son propre secrétaire est la première société. La deuxième entreprise est celui de la première entreprise. Ces trois sociétés sont ensuite devenues des administrateurs, des secrétaires et des actionnaires d’autres structures, dans un réseau multidimensionnel de plus en plus déroutant de lignes de contrôle qui se croisaient. Si vous recherchiez les entreprises, vous auriez pu découvrir que les trois sociétés d’origine se possédaient, se contrôlaient et se géraient ».

* https://www.skydivealgarve.com/dropzone/aircraft/

document fondamental: l’offshore et les clubs de foot :

https://www.taxjustice.net/wp-content/uploads/2018/10/Final-Offshore-Game-Report.pdf

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Commentaires

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4 Commentaire

  1. avatar

    on a des lecteurs un peu partout y semble….

    http://www.footmercato.net/flash-mercato/disparition-sala-enquete-sur-plusieurs-autres-vols-suspects_250282

    on note la phrase :

    « L’agent (McKay) a déclaré dans le compte rendu qu’il avait payé pour une série de vols. Nous avons effectué des recherches de base sur tous ces vols et nous sommes plus que jamais préoccupés par le fait que l’on peut se poser des questions à propos de chacun d’entre eux. Il y a suffisamment de preuves circonstancielles ici qui nous incitent à pousser les autorités à mener une enquête approfondie sur les précédents vols pour s’assurer qu’ils étaient conformes… »

    reste à voir ce qu’on va découvrir d’autre que des footballeurs ou des dirigeants, dans ces vols… désormais suspects…

    • avatar

      Voilà donc une lueur d’espoir lorsque les forces se conjuguent pour faire la lumière. Cela demande des efforts et de la détermination, soit tout ce que l’on peut offrir en mémoire d’un jeune homme.

      Merci.

  2. avatar

    la première liste des vols à vérifier est ici :

    The flights:
    5 December 2018 – Flight from Stapleford in Essex to Nantes – carrying Cardiff City manager Neil Warnock, assistant manager Kevin Blackwell, Willie McKay and Mark McKay to see Emiliano Sala play against Marseilles
    6 December – party returns from Nantes to Cardiff. Both flights made on G-KARE, operated by Surrey-based Flexifly Aircraft Hire Ltd

    8 January 2019 – Flight from Cardiff to Nantes – carrying Neil Warnock, Cardiff City player liaison Callum Davies, Willie and Mark McKay to meet Sala and his agent. They’re flown back to Cardiff the same day. On N531EA, owned by Guernsey-based Channel Jets

    14 January – Sala’s agent, Meissa N’Diaye, flown from Paris to Nantes. N’Diaye and Sala are flown from Nantes to Cardiff to have a look around the Cardiff City Stadium, returning to Nantes the same day. N’Diaye is then flown back to Paris. All flights made on N843TE – owned by Channel Jets

    18 January – Sala flies from Nantes to Cardiff for a medical and to sign his contract with Cardiff City. Via Channel Jets in N531EA. Sala’s agent N’Diaye – who has travelled to Cardiff for the signing via a commercial flight – flown back to Paris by Lord George Porchester in his own aircraft, N14EF

    19 January – Sala flown back to Nantes by David Ibbotson on N264DB to bid farewell to his Nantes team-mates and make personal arrangements. Mr Ibbotson books into a hotel to await the return leg of the journey – on 21 January – to deliver Sala back to Cardiff for his first training session

    21 January – the flight leaves Nantes at 19:15 and disappears from radar around an hour into the journey.

    on note qu »il y a bien dedans le N843TE comme je l’avis indiqué , l’avion de Bruce Dickinson d’Iron Maiden !

    https://www.youtube.com/watch?v=I-HbF_bCqvE
    https://www.youtube.com/watch?v=NDM_zG-51QM

  3. avatar

    celui qui promet je pense est le pilote du N14EF un Malibu à turbine : le voici :

    http://royalisticism.blogspot.com/2018/05/the-party_13.html

    http://www.cherrysuedointhedo.com/2016/08/highclere-castle-downton-abbey.html#.XJE9PltVMfk

    Mesdames ert messieurs, le Comte de Carnavon !!! voilà qui promet !

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