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Disparition d’Emiliano Sala : un rapport nébuleux, mais des découvertes explosives (3)

Au fil des recherches, certains incidents survenus dans les environs de la zone footballistique et équine des McKay ont fait surface.  Ainsi, il est apparu que l’endroit était truffé de… truands, dont un issu d’une famille, aujourd’hui entièrement incarcérée pour trafic de drogue (coke, mais aussi héroïne et métamphétamines).  Aujourd’hui, où l’on constate l’apparition de cocaïne dans les vestiaires de foot et jusqu’au fond des écuries, cela inquiète.  Ce phénomène peut difficilement être passé sous silence, aux vues des découvertes qui se sont accumulées et le fait de s’attarder sur ces dernières a pour but que de dresser le portrait d’une région et d’un milieu particulièrement affectés, sans constituer pour autant une critique particulière, puisque ce n’est pas mon propos.

Entre autres découvertes, il y a celle d’une relation espagnole, celle de la base arrière de Robert Dawes, condamné en France pour l’import de 1,3 tonne de cocaïne à Roissy, qui intrigue énormément comme on va le voir. 

Fait à noter, bien qu’il s’agisse encore là d’une coïncidence, l’avion dans lequel est mort Emiliano Sala provenait d’Espagne.  Au passage, nous allons en découvrir un second d’avion appartenant aux McKay, celui-là oublié de tous les médias… encore un petit appareil à hélices, à croire que malgré les millions d’euros brassés (les McKay se sont vantés d’avoir favorisé 600 transferts de joueurs !), la famille de l’ancien bookmaker n’avait pas été capable de se munir d’un jet privé.  Pourquoi cette propension aérienne, malgré les millions engrangés, voilà une bonne question en effet…

Une autre piste, donc … à observer de près

Tout tourne autour de Nottingham et de ses environs, comme on l’a dit. Repartons donc, quelques années en arrière et commençons donc par un petit rappel historique. Revenons tout d’abord, si vous le voulez bien, en mai 2005 avec un premier jugement concernant les activités illicites de toute une famille :  Rebecca Bridge, 23 ans de Central Avenue, Skegness; Ryan Smith, 23 ans; John Dawes, 27 ans, de Tudor Street, Sutton et Arthur Dawes, 59 ans, le père de l’autre, alias « Eddie », de Sutton-in-Ashfield, un groupe de dealers violents ravageant alors les environs de Nottingham et y ayant fait régner la terreur de 1997 à 2003.  En 20o7, en appel, il prendront au total une cinquantaine d’années de prison.  Arthur avait été pris la main dans le sac à fournir pour 100 000 livres à un chauffeur de taxi à une station service sur l’autoroute menant à l’East Midlands Airport.  C’est celui près de Castle Donington dans le Leicestershire, situé entre les villes de Derby, Leicester et de Nottingham.  C’est un ancien terrain militaire de la RAF, abandonné en 1946, puis agrandi et rénové en 2005.  Il venait juste d’ouvrir des vols vers la République Dominicaine, Orlando et Cancún !  En 2008, on exposera les moyens tordus employés par les trafiquants pour dissimuler la coke à l’aéroport, tel tout un lot de ballons de la Coupe du monde de football, avec de la cocaïne cousue dans leurs hexagones.
« C’était un travail assez détaillé et ça représentait environ deux kilos de cocaïne, que nous évaluions à 80 000 livres » avait précisé un agent des douanes.  L’enquête pour les coincer avait duré deux ans et avait montré un intense trafic d’héroïne et de métamphétamines avec des liens vers l’Espagne et la Hollande, tournant autour de l’aéroport cité.  En 2014, ce sera dissimulé dans des cartouches d’impression de photocopieurs, envoyées par DHL, cette fois par un gang localisé à Manchester :  ce gang avait  même utilisé un faux trophée en forme d’avion pour dissimuler la cocaïne !

Un Hardy sans Laurel, mais avec Bob

Trois ans après celui de 2005, en 2008 donc, le 7 août, s’est tenu un autre procès.  Ce jour-là, venait d’être condamné Gary Hardy le « général en chef » de la drogue à… Nottingham, encore elle.  Lui, mais aussi sa copine Zoe Chapman, son frère Paul, également leur mère, June Muers, habitante de Kirkby-in-Ashfield et d’autres trafiquants avec qui ils partageaient le marché, dont un certain Dawes, tiens encore un, qui a échappé à la rafle de 2005 :  « John Dawes et son frère Rob, pour éviter une guerre de territoire:  John Dawes est actuellement condamné à 24 ans de prison pour avoir fourni des drogues de classe A et B, et ce, depuis trois ans.  Son frère Rob a été arrêté à Dubaï en mai sur le fondement d’un mandat d’arrêt international délivré par les autorités espagnoles relativement à des accusations de drogue ». Pour chaque kilogramme d’héroïne vendu tous les sept à dix jours, les frères Dawes et Hardy généraient un bénéfice de 8 000 livres chacun » nous dit la BBC.  Avec ça, il vivait grand train (il circulait régulièrement dans les rues de Nottingham en Ferrari, comme on peut le voir sur cette photo ici à droite) :  « Hardy était le détenteur enregistré de 90 véhicules, pas tous à la fois, mais toujours chers, des voitures de luxe (ici à droite). Lorsqu’il a été arrêté, il avait souscrit 16 contrats de financement relatifs aux voitures, d’une valeur de 904 000 livres, avec des remboursements mensuels atteignant 15 200 livres ».  Ils étaient tous, donc, du Nottinghamshire.  Il se trouve que le fameux Dawes, on le connaît bien ici en France :  il a écopé de 22 ans de prison pour avoir fait venir en 2013  1,3 tonne de coke à Roissy en provenance de Caracas (je viens tout juste de vous en reparler ici-même, avec la photo de la vidéo de son piégeage par la DEA et l’arrestation d’un ex-joueur de Manchester City devenu dealer de coke).  Les policiers anglais de Nottingham qui avaient mis la bande sur écoute et la photographiaient sont tombés un jour, le 11 juin 2015, sur un complice, Kane Price âgé de 28 ans, recevant un bon kilo de MDMA du dénommé Oliver Junior, âgé de 36 ans et de Nottingham (photo de surveillance ici à gauche).  Dans une maison de Beeston, appartenant à Mark Thone, il trouveront 26 kilos et demi d’amphétamines dans un congélateur !  Dans le coffre de la voiture de Shaun Porteous, ils trouveront 12 kilos d’héroïne !!!  Il vivait depuis en… Espagne, où il s’est fait arrêter, puis s’est fait extrader.  Son terrain de jeu anglais : les « Midlands de l’Est » (qui « sont une région située dans l’est de l’Angleterre. Ses administrations sont localisées à Nottingham » précise Wikipedia), Dawes habitant lui-même Sutton-in-Ashfield.

 

Espagne, Angleterre, drogue, voilà qui commence à faire surface avec toute une région autour de Nottingham rongée par le trafic de drogue !  Lorsque la police espagnole l’arrête, elle saisit « des avions et des bateaux également », mais on ignore toujours lesquels.  A l’intérieur de sa villa, des armes diverses et neuves, des disques durs portables en quantité, toute une salle d’ordinateurs et même une de gym (ici gauche)…. sans oublier les Blackberry réputés encryptés à profusion, dotés d’une collection complète de cartes sim, le matériel indispensable vu chez les troupes d’El Chapo…  (lire ici l’usage particulier des téléphones par El Chapo, qui ont fini par le faire coincer).  Mais c’est aussi un bâtiment commercial servant de paravent et passé inaperçu qui nous intéresse ici :  c’est en effet un magasin de fournitures diverses d’ameublement appelé « Victoria Design Furnitures », bâti à à Fuengirola (bref, une société de meubles en Espagne avec un nom… anglais !).  Un bâtiment lui aussi visité par Europol comme on peut le constater ci-dessous : sachant qu’à l’autre bout, en Angleterre, on avait… un autre magasin de meubles anglais, dont je vous ai déjà parlé !

Sans trop de surprise, en effet, on constate que le magasin se présentait extérieurement en 2015 comme une sorte d’Ikea local, mais offrant des meubles anciens (Dawes se déclarera vendeur « d’antiquités » sur une page Facebook bien malingre) et qui a très vite disparu (ce que démontre aisément Google Earth (ici à gauche) qui nous montre à la fois son ancienne façade en 3D mais aussi une nouvelle, annonçant l’arrivée d’un revendeur de voitures à sa place.  Les meubles, voilà donc, peut-être bien, le lien entre le magasin de Nottingham et de Fuengirola !!!  Un endroit devenant plus évident, en tout cas, avec cette phrase extraite du livre  ‘Hoods:  The Gangs of Nottingham, A Study in Organised Crime (2012) » :  (en 2001) « John Dawes a décidé qu’il était temps de passer des vacances.  Une pause sur la Costa del Crime lui permettrait de repenser ses stratégies et de se rapprocher de son frère Rob, qui passait régulièrement des vacances en Espagne et blanchissait son argent dans deux bars et dans une entreprise de restauration située près de Fuengirola ».  Pourquoi donc les policiers espagnols avaient-ils investi ce lieu précis (et le restaurant aussi on suppose) ? Pourquoi donc a-t-il été fermé définitivement dans les semaines qui ont suivi et quels meubles surtout faisait-il venir d’Angleterre, ou l’inverse, avec son appellation transparente de « meubles victoriens« , et d’où auraient-il pu venir exactement ?  Le genre de déco, encore une belle coïncidence, que l’on trouve dans le fameux manoir déserté, ici à droite !  Voilà qui est plus qu’intriguant, encore une fois !  La fermeture rapide de la boutique de meubles de Fuengirola, liée à l’évidence au circuit de distribution de la cocaïne remontant d’Espagne était-elle liée à ce manoir appartenant à une entreprise de meubles anglais qualifiés d’« antiquités » dont les propriétaires invisibles sont ceux de l’avion utilisé intensivement par les McKay ?  Voilà qui est très, très troublant, même si, je le précise une nouvelle fois, il peut toujours s’agir d’une simple coïncidence dans cette sordide histoire et en fait une de plus !  La dissimulation de coke dans des meubles est une pratique courante en tout cas, ça on ne peut l’ignorer.  Le 6 décembre 2018, c’est à nouveau à Fuengirola, justement, que l’on a arrêté un gang qui amenait de l’Equateur vers Anvers en Belgique et Algeciras en Espagne de la coke, cette fois dissimulée dans de fausses poutres creuses de bois exotique (il y en avait 797,7 kilos de cocaïne !), trouvées dans le parc industriel de Sabinillas.  En ce cas, c’est plutôt le silence de la famille Keely, restée longtemps propriétaire de l’avion disparu au fond de la Manche, qui est devenu pesant depuis quelques semaines.  Un simple communiqué aurait pu éclaircir la situation, le silence n’aidant pas à dissiper les interrogations.  Claquer la porte au nez des journalistes n’arrangeant rien non plus !

Dawes, le général des divisions des petits dealers de Nottingham

Dernière tout ce trafic de drogue autour de Nottingham, il y avait en effet Robert Dawes, resté longtemps l’insaisissable Dawes.  C’est un beau cas d’espèce, très bien résumé ici : « originaire de la région de Nottingham, Dawes a commencé sa carrière criminelle dans les années 1990 aux côtés de son père Arthur et de son frère aîné John en étant un simple homme de main. En 2000, les policiers britanniques l’identifient toutefois comme un important associé des frères Adams, un des principaux clans de la pègre londonienne. Surnommé «The General», il est soupçonné d’organiser l’importation d’importantes quantités de cocaïne, d’héroïne, de cannabis et d’amphétamine au Royaume-Uni. Il est également repéré en Afrique du Sud et en Amérique Latine. En 2001, Dawes s’installe en Espagne » (à droite sa « villa »:  on découvre que c’est aussi un hangar, extérieurement, trahi par l’énorme étang avec statue au milieu… la villa elle-même étant sur des hauteurs en fait)En août 2007, une série de raids sont menés en Angleterre, permettant de saisir d’importantes quantités de stupéfiants, notamment 65 kg d’héroïne (ce qui laisse entrevoir un circuit Espagne-Angleterre évident, mais par quel moyen ?  Dawes s’enfuit à Dubaï où il est finalement arrêté en 2008 et condamné pour blanchiment. A la fin de sa peine, il est extradé vers l’Espagne en avril 2011. C’est à cette date que la justice espagnole demande des informations à la SOCA (Serious Organized Crime Agency) pour pouvoir juger Robert Dawes dans l’affaire de 200 kg de cocaïne mais, faute de transmission, le trafiquant a dû être libéré par défaut en novembre 2011 car les espagnols n’auraient jamais reçu les informations qu’ils demandaient à Dubaï pour finir l’inculpation ».  On note surtout que son arrivée en Espagne coïncide pile-poil avec la revente par l’entrepreneur espagnol de son avion, en le laissant inscrit en Trustee !!! Dawes tombera en France, pour l’import de la tonne de coke d’Orly comme on le sait.  Parmi ses sbires, on compte Emiel Brummer.  Celui-là aussi, c’est un autre cas… et un cas d’assassin ! (ici il est avec Jozias van Aartsen, le maire de La Haye, en train de négocier l’implantation de caravanes près de la ville).  En juin 2017, « La Guardia Civil, en collaboration avec la police néerlandaise et Europol, interpelle le néerlandais Emiel B., 42 ans, considéré comme le lieutenant du britannique Robert Dawes, 44 ans, caïd du trafic de stupéfiants en Europe.  En charge des règlements de comptes (une quinzaine de meurtres en 3 ans), Brummer a été extradé vers les Pays-Bas. En plus de coordonner l’importation de cargaisons de cocaïne avec les fournisseurs sud-américains via les ports d’Anvers ou de Rotterdam, Brummer était un des chefs fondateurs du club de motards Satudarah Trailer Trash avec Michel W. Pour rencontrer les fournisseurs, il utilisait un camping du sud de l’Espagne où il bénéficiait d’une caravane, entourée d’autres caravanes occupées par ses hommes armés. 15 perquisitions ont permis de saisir 6 kg de cocaïne, des armes, 500 000 euros en liquide, des diamants, des voitures de luxe et 150 téléphones portables cryptés ».  Espagne-Angleterre, encore une fois !  Emiel Brummer est considéré comme le successeur de Robert Dawes depuis l’arrestation de l’anglais en novembre 2015.  « Il a ensuite été extradé vers la France pour son implication dans une affaire de 1 382 kg de cocaïne, saisis en septembre 2013 à Roissy dans un chargement de fret aérien sur un vol d’Air France en provenance du Venezuela ».  En Hollande, à Moordrecht, Brummer s’affichait en effet avec le club remuant de motards du moluquais Satudarah, fondé en 1990 et interdit en juin 2018 par la justice néerlandaise. « Les membres de Satudarah (« un seul gang »), reconnaissables à leur gilet jaune et noir, faisaient souvent la Une des journaux dans plusieurs pays d’Europe pour violence, extorsion, trafic de drogues ou meurtres.  Pour eux, le crime n’était pas un problème, seule l’agression d’enfants était rejetée, rappelle la justice hollandaise. »  On tombe sur du très dur là, avec cette branche rapportée de délinquants en moto.  Les Moluques, on le rappelle c’est en Indonésie (un archipel conquis par les néerlandais et devenu indépendant en 1946).

Moluques et Suriname en cerise sur le gâteau

Dans le livre « Le Kidnapping » de Peter De Vries, est décrit un lien très intéressant remontant aux années 80, puisqu’il nous mène bien loin des Moluques, à l’ex-Président Bouterse, bien connu ici :  « nous découvrons également à ce moment, comment le journaliste de Nieuwe Revu a obtenu ses entrées au Suriname.  C’est en soi révélateur.  Ses contacts sont pris par un certain Joop Ririmasse.  Originaire des Moluques du Sud (un archipel de l’Indonésie, autre ancien protectorat néerlandais), il a fait parler de lui en mai 1977 comme l’un des membres d’un groupe de Sud-Moluquois qui avait détourné un train.  Six des camarades de Ririmasse ont été tués par la police lorsqu’elle a mis un terme au détournement, quelques semaines plus tard.  Ririmasse lui-même a été grièvement blessé.  Condamné à huit ans de prison, il est maintenant à nouveau libre. Il a conservé de bons contacts au Bénin et au Suriname avec Henk Herrcnberg, homme politique et diplomate surinamien et, plus tard, avec le commandant Étienne Boerenveen, arrêté aux États-Unis en 1986 en tant que bras droit du trafiquant de cocaïne Desi Bouterse.  Peter Post nous met en contact avec Ririmasse. Il nous dit l’avoir rencontré en prison et être toujours resté ami avec lui depuis. Ririmasse continue d’être actif dans le mouvement pour les Moluques du Sud, qui cherche ainsi à trouver des financements. »  On suppose vite lequel :  voir ici ce que j’ai déjà écrit à propos du Suriname !  Dawes avait été cité dès novembre 2002 en Hollande, pour le meurtre sur la Uranusstraat à Groningue d’un enseignant innocent, Gerard Meesters, visé car les mafieux supposaient que sa sœur (Gwenette Martha) avait fuit avec un cargaison de coke leur appartenant.  L’assassin, Daniel Sowerby, avait cité Dawes comme commanditaire.  Martha a été liquidée à Amsterdam en mai 2014.  En 2016, la fille de Meesters, Anne-marie avait exprimé ses craintes face à la situation, au moment de l’arrestation de Dawes alors que la Hollande l’avait laissé filer des années auparavant, en déclarant que «cela soulevait de nombreuses questions. Comment une telle chose peut-elle se faire ?  C’est tellement frustrant. Ils ne font aucun effort pour obtenir Dawes ici. Il est non seulement derrière le meurtre de mon père, mais il est lié à de nombreux autres meurtres liés à la drogue. On veut me faire taire après tant d’années, mais ça ne marchera pas »…

Le gang des voitures trafiquées, tous des environs de Nottingham

En 2016, la connexion « locale » de trafiquants autour de Nottingham se renforce encore avec une arrestation particulière.  Celle d’un gang complet dont les membres habitent tous dans un rayon de 25 km environ : ils ont pour nom Stephen Ryan, Daryl Ballantine, William Marriott Hollingsworth, Christopher Turton, Jamie Wallis, Dale Wright, Robert Durant, plus Daniel Yeboan et d’autres petites mains (voir à ce renvoi leur localisation, fort parlante (1).  Tous tournent autour de « Notts » selon la police, en fait le diminutif de Nottingham, et surtout d’un… garage de concessionnaire automobiles utilisé par le réseau international de drogue, situé sur la route Southwell à Rainworth.  Lors du raid, la police arrête 11 hommes et saisit 13 kg d’héroïne, 168 kg de cocaïne et 354 kg d’amphétamines, ainsi qu’une presse à comprimés et 200 000 livres en espèces : un très beau score.  Dans le lot, William Hollingsworth-Marriott est celui qui a été chargé de fournir les combinés mobiles cryptés (les fameux Blackberry si chers à El Chapo) et les cartes de crédits téléphoniques, et l’on apprend également lors de l’enquête « qu’afin de transférer physiquement leurs drogues et leur argent, Turton et Durant ont fait venir trois spécialistes par avion du continent (ah tiens, mais par quel avion, donc, en voilà une bonne question !) pour adapter un certain nombre de véhicules » en « mettant au point des compartiments secrets qui étaient si bien cachés qu’ils n’étaient détectables que par rayons X ». Les voitures étant habilement modifiées, leur cargaison de coke étant le plus souvent installée dans l’arrière du tableau de bord, sous le pare-brise, avec une porte cachée derrière l’écran GPS ou l’emplacement de la radio (ici à gauche).  La drogue, elle, venait… du Portugal, ou de l’Espagne… par bateau : « Lorsque Lee Krokoszynski s’est rendu au Portugal en juillet 2014, les agents d’EMSOU ont informé la NCA. Ces informations ont contribué à une opération conjointe existante entre la NCA et les autorités portugaises, qui a conduit à son arrestation. Ils ont identifié un transfert de 167 kg de cocaïne, d’une valeur de plus de 7 millions de livres sterling, passée en contrebande à bord d’un yacht appelé le Gloria of Grenada (un ketch de 22 mètres, arborant le pavillon de Gibraltar, ici à droite sa visite en vidéo est là !) parti d’Amérique du Sud. La livraison avait été supervisée par Roy Livings, un ressortissant britannique basé en Amérique du Sud. Le mois suivant, plus de 358 kg d’amphétamines, d’une valeur supérieure à 750 000 Livres, ont été saisis dans un véhicule situé dans le Nottinghamshire et dans un entrepôt à Rugby, dans le Warwickshire ».  On ne quitte pas la même région !

L’incroyable saisie de 2016 : le hangar aux dorures

Revenons encore en Angleterre, avec une autre singularité étonnante. En 2016, à Yeaveley dans le Derbyshire, à 40 km à peine à l’Ouest de Nottingham (on reste dans le même secteur !), les policiers n’en reviennent pas: Ils viennent d’entrer dans un hangar… bien particulier.  Enfin extérieurement ça avait tout l’air d’un hangar, mais à l’intérieur, surprise, c’est un véritable palais.  Une sorte de Versailles, avec autour de la tôle ondulée.  C’est le « Shedley Manor« , appartenant à un dénommé Alan Yeomans.  Devenue la « cave d’Aladin », ou chez nous plutôt « la caverne d’Ali Baba »!!!  L’homme arrêté avait dit aux policiers vivre chez sa mère dans un cabanon au fond du jardin.  Au milieu du salon est accroché un tryptique du XVIe.  Il y a des faïences partout et de la marqueterie sur tous les meubles.  Il y en a pour 83 000 livres au minimum.  Yeomans, qui portait au poignet une Gold Rolex Daytona dont il avait dit qu’elle ne valait que 30 livres sterling, cultivait industriellement du cannabis à l’arrière de son faux palais… avec un goût certain pour la folie des grandeurs, à n’en point douter ! (2)

On revient au foot avec un étrange supporter…

Manque plus que le foot à notre liste de mafieux et de dealers autour de Nottingham allez-vous me dire ? Eh bien on a ça aussi en stock là-bas à cette époque !  Enfin presque, puisqu’il s’agira d’une homonymie cette fois… Le 3 février 2012, on avait appris par exemple qu’un supporter de foot du club de Nottingham Forest ayant des démêlés avec le président du club, Nigel Doughty (ici à gauche), avait carrément été banni manu militari des tribunes.  L’homme avait pendant des mois copieusement injurié et menacé par e-mails le dirigeant du club (« using strong language » dit alors pudiquement la BBC).  Le club de D2 anglaise était alors au bord de la relégation en n’ayant gagné qu’un seul match des 11 derniers joués, mais bon, ça ne valait pas ce torrent d’attaques personnelles et de haine largement diffusée.  Les policiers l’avaient donc carrément attrapé en tribune et l’avaient jeté dehors du stade.  Or, ce supporter excité, se nommait lui aussi… Robert Dawes, un homonyme venu de Southampton, du roi de la mafia locale de la coke de Nottingham avec son vieil ami Hardy !!!  Mais l’histoire n’est pas pour autant terminée.  Le 4 février 2012, coup de théâtre, on apprend que Nigel Doughty vient subitement de décéder.  D’une crise cardiaque, d’une « mort naturelle » précise tout de suite la Police qui craint des représailles de supporters :  il ne verra finalement pas que son club évitera la relégation !!!  S’en suit une période de flottements à la direction, et le club tombe alors dans les mains d’un koweitien, Omar Al-Hasawi alors président du club de Qadsia SC, un des plus grands du pays.  On notera que pour ce qui est des menaces contre les dirigeants d’un club, Willie McKay pratiquait de même que l’homonyme exclu des gradins : récemment, le club gallois de Cardiff a déposé une plainte contre lui auprès de la police locale. « Ce dernier aurait proféré des menaces contre quelques-uns de dirigeants du club. On rapporte que McKay aurait menacé de « tuer tout le monde » au club. Il aurait réitéré ces propos individuellement, en face ou par téléphone ».  Encore une coïncidence de plus, dira-t-on... que ces méthodes d’un autre Dawes dans la bouche d‘un McKay !  Ça va en fait mal se passer à Notttingham Forest, encore plus mal même, avec Omar Al-Hasawi, par trop autoritaire, car après deux entraîneurs virés, le koweitien mal vu de tous les supporters (pire que le précédent) pense même à ce moment là recruter Neil Warnock (celui qui tenait tant à avoir Sala comme joueur à Cardiff, ce monde est décidément bien petit !!!).  Le 9ième entraîneur recruté, un français, Philippe Montanier, finira par être viré lui aussi, le 14 janvier 2017, il sera remplacé par Mark Warburton (Montanier devenant « Sang et Or » !).

 Finalement, Al-Hasawi, arrivé au final en procès pour ne pas avoir apporté l’argent promis au club, jette l’éponge et passe la main à son frère Fawaz, qui annonce rapidement que le club a été vendu à un grec, un armateur, Evangelos Marinakis, qui possède déjà l’Olympiacos. Un club désormais célèbre depuis que son président (le gréco-russe Ivan Savvidis) a déboulé le soir du 12 mars 2018 sur le terrain avec un pistolet à la ceinture !!!  L’armateur, c’est le moins qu’on puisse dire, n’a pas non plus vraiment bonne réputation.  Le mot est faible, en effet : l’homme est aujourd’hui inculpé de corruption, pour avoir truqué des matches, comme on le fait dans les courses de chevaux !  Mais pire encore, puisque le 3 septembre 2018, on a appris que Marinakis faisait en effet l’objet d’une enquête concernant le financement de sa société maritime Capital, qui est présumée avoir affrété le pétrolier Noor1, battant pavillon du Togo, saisi en juin 2014 à Koropi, près d’Athènes, avec deux tonnes d’héroïne à bord… (photos ci-dessus).  Après la coke, l’héro !!!

Dawes un temps resté intouchable ? Ça s’expliquait !

Dawes, qui avait réussi à s’enfuir on ne sait toujours comment à Dubaï malgré toutes ses casseroles, avait laissé supposer qu’il bénéficiait de supports haut placés. Il entretenait en fait en 2012 un bien étrange contact avec … Jamil Karzaï, un neveu du dirigeant afghan et le leader du Youth Solidarity Party of Afghanistan (Hizb-e Hambastagi-ye Melli-ye Jawanan-e Afghanistan; il est ici à droite sur la photo, c’est l’homme à la moustache) : l’explication très certainement de l’origine de l’héroïne qui circulait en masse à Nottingham!!!  C’est une enquête de 4 mois qui l’a expliqué ici : « c’était au centre du scandale de l’année dernière à propos de la mauvaise utilisation de la Banque de Kaboul par ses actionnaires, qui s’étaient carrément servis pour acheter une propriété là-bas (Les propres dirigeants de la banque s’étaient accordé en effet des prêts très importants sans les rembourser, pour près de 580 millions de dollars, montés ensuite à 900 millions, une partie avait servi à créer Pamir Airways  (3)!!!). « L’ambassade des États-Unis en Afghanistan estimait que 10 millions de dollars par jour quittaient le pays pour se rendre à Dubaï, dont une bonne partie était le produit d’une activité illégale tirée du commerce de l’héroïne dans le pays, la principale exportation du pays (ici à gauche il est le 3eme en partant de la gauche avec Geof Thorpe-Willett, journaliste cameraman embedded en Afghanistan). « Les reporters ont commencé à enquêter sur les relations de Dawes avec la famille Karzaï en novembre dernier après avoir appris que Jamil Karzaï, un neveu du président afghan, avait été vu dans les locaux de Dawes en train de rencontrer le bras droit du Britannique, Raphael Nasr.  Un journaliste sous nom d’emprunt s’est approché de Nasr, originaire de Manchester, qui fait également partie des radars de la SOCA et de la Guardia Civil, se présentant comme un courtier représentant un client à la recherche de partenaires commerciaux en Afghanistan. Dawes et Nasr dirigent conjointement Argosta Emirates General Trading, une société basée à Dubaï, et Nasr contrôle également Syncon, une entreprise de construction agréée pour opérer en Afghanistan.  Au cours de conversations téléphoniques, Nasr s’est vanté d’avoir des liens étroits non seulement avec Jamil Karzaï, mais également avec ses frères, Yama et Ajmal.  Yama Karzaï qui occupe maintenant un poste au sein des services de renseignement afghans. Nasr a également déclaré que le frère de Yama, Ajmal Karzaï, est maintenant président de Syncon ».  Le gag de l’histoire, c’est qu’Ajmal  avait refusé un poste bien précis là-bas : «Le président [maintenant de Syncon] est Ajmal Karzaï.  Il travaillait avec le gouvernement américain dans le cadre d’opérations spéciales, puis l’a quitté parce que le travail qui lui était confié avait trait à la lutte antidrogue, ce qu’il ne voulait pas faire, car étant une tâche à haut risque »…. un refus poli, ou la crainte d’être découvert ? La cocaïne et l’héroïne continuaient à se déverser, pendant ce temps-là, autour de Nottingham!

Lors du procès de Paris, l’avocat de Dawes avait bien tenté d’argumenter sur le voyage fait par son client au Venezuela avant l’arrivée de la coke à Roissy…  Un voyage pour lui « non démontré ».  Le tas de pains de drogue était pourtant bien arrivé… de là-bas (4) !  En novembre 2015 c’en était fini de la cavale de Dawes.

 

Le 23 avril, Willie McKay avait été déclaré en banqueroute par un tribunal de Glasgow.  McKay vivant alors à Monaco d’où il dirigeait à distance ses écuries dans le Yorkshire : il avait déclaré ne plus posséder que 987 livres sur son compte, alors que les documents de sa faillite avait révélé qu’il possédait toujours 713 292 livres. McKay a toujours menti, en tout.  Etonnant, quand on se souvient de ce que l’on savait de ses revenus : « la première fois que le nom de Willie McKay, discret entremetteur agissant dans l’ombre pour le compte des clubs (et non des joueurs, comme les agents classiques), remonte au 2 mars 2005.  Ce jour-là, il est auditionné par la brigade financière de Nanterre et par le juge Van Ruymbeke dans le cadre de l’affaire des transferts suspects du PSG. La justice note alors que l’agent a perçu 15 millions d’euros de commissions entre 1999 et 2004, dont 5,6 millions ont été virés à des intermédiaires et 5,1 millions ont été retirés en cash à Monaco. « Je fais ce que je veux de mon argent. Je n’ai pas à me justifier sur mes dépenses en espèces », répond sans ciller le Britannique aux policiers… Avant de donner à l’un de ses chevaux le nom de Van Ruymbeke. »  Il aurait donc dilapidé tout ça ? Mais dans quoi, à part son goût pour les chevaux, et un hara payé avec les gains d’un seul transfert comme il s’en était vanté lui-même ?

Un troisième pilote !

Revenons aux avions.  On a beaucoup évoqué les deux pilotes, Henderson et Ibbotson, mais un troisième a également volé avec Emiliano : il s’agit de David Hayman. C’est lui en fait qui a amené Emiliano Sala, accompagné de son agent Messa N’Diaye à Cardiff, le vendredi 19 janvier, pour la signature de son contrat. Le vol a été organisé et payé par les McKay, mais j’ignore à ce stade s’il a été fait ou non dans le petit jet privé d’Hayman.  Mais la phrase terrible du jeune footballeur à la vue de l’avion d’Ibbotson à Nantes pour le retour (après être descendu de Cardiff en Piper) laisse entendre qu’il avait pris auparavant un autre avion, bien plus confortable.  Au retour le lendemain, Hayman n’étant pas disponible, son avion non plus, Mark McKay a appelé Henderson qui ne l’était pas non plus et lui fait contacter Ibbotson, qui avait déjà volé sur l’appareil, alors toujours chez Cool Flourish.  Hayman est un pilote confirmé, qui est aussi le responsable et le chef pilote d’Aeris Aviation Ltd, et qui vole en Eclipse, un mini-jet dont je vous ai déjà parlé ici.  Ses avions, de type Eclipse, sont installés au West Grass Hangar La Planque Lane, à Guernsey.  Particularité de son Eclipse N843TE c’est aussi celui de Bruce Dickinson, d’Iron Maiden qui est aussi président de Cardiff Aviation (à St Athan) !!  Selon certains, c’est plutôt dans l’Eclipse de Mark Farmer, et Bruce Dickinson, le N531EA, de Feggair Incorporated Trustee, que Sala avait volé une première fois.  Mais le 19 février, il était en vol charter de Biggin Hill au Bourget, et ne pouvait l’embarquer donc.  Fait notable encore, le fameux N843TE appartient aussi au même Trustee de portage d’immatriculation Southern Aircraft Consultancy.  Depuis il a été repeint à neuf.  Voici un de ses vols récents, entre Sheffield et Guernesey (et là il avait été photographié à Malte le 24 février 2018) arborant le logo « Channel Jets »)

Et un autre avion… oublié

Les McKay sont-ils des abonnés aux petits avions à hélices et non aux jets qui ne peuvent pas se poser sur autre chose que de longues pistes ?  Et pourquoi donc ce choix  de leur part ? La réponse est oui et dans le domaine je vous ai dégoté une autre perle.  Le fils McKay, devenu agent car son père n’avait plus le droit de l’être en 2015, avait eu aussi son bref moment de gloire en fondant sa propre société, appelée Excelfoot Ltd. Une entreprise bien éphémère, car fondée le 25 novembre 2013 mais déclarée en cessation d’activité (Compulsory strike-off actiondès le 1 novembre 2016 et close en février 2017.  Entre ces deux dates, elle avait quand même eu le temps d’acheter… un avion.  Fortiche, non ?  Un bimoteur (plus sûr qu’un monomoteur pour traverser la Manche !) ayant plutôt bonne réputation auprès de plein de gens, puisqu’il s’agit d’un Piper Navajo, (PA-31-310 Turbo Navajo B) acheté le 18 septembre 2015 et « spotté » à Nottingham même un an après, soit le 18 septembre 2016 (où le terrain d’aviation présente une tour de contrôle bien sommaire).  En 2015, il avait été photographié à Stapleford… or, comme je vous l’ai dit précédemment, le journal le Daily Mail avait précisé que McKay avait dit avoir emmené Warnock de Stapleford, justement, à Nantes, avant le match contre West Ham le 5 décembre !!!  L’avion, c’est le N°31-825, immatriculé G-EEJE.  L’ancien OH-PNG finlandais (et donc pas récent, il date de 1972 !).  A noter qu’un « Navajo »  est très proche d’un Malibu en ce qui concentre la cabine seule et que son pilotage est voisin, malgré ses deux moteurs au lieu d’un seul :  les constructeurs gardent leurs habitudes d’un modèle à l’autre en effet. Avant d’arriver chez McKay junior, l’avion était basé à Boon Hill Farm, Fadmoor, au North Yorkshire chez GGEJE Ltd, où il était resté plus de dix ans.  On l’avait photographié le 13 mars 2009 sur la piste 27 de l’aérodrome de Gloucester, en train de partir pour County Wicklow, avec des passagers amateurs de chevaux venus voir la Gold Cup de Cheltenham.  Abondamment photographié, il avait sillonné l’Angleterre (et avait même été aperçu en France au dessus de Toulouse-Blagnac le 20 mars 2011).  Le voici (à gauche) le 27 août 2016 sur l’île de Man.  On ne sait qui le pilotait, mais le 1er janvier 2016, l’avion s’était planté sur l’aérodrome de Fadmoor , « piloté par un commandant de bord âgé de 45 ans ».  L’appareil avait vu son train principal ne pas se déployer et l’avion s’était posé train avant seul déployé. « le G-EEJE a été récupéré en soulevant le fuselage à l’aide d’un véhicule agricole et de deux élingues.  On pouvait voir que les roues principales étaient complètement rentrées et que les portes étaient fermées et non endommagées » dit le rapport.  L’appareil revole depuis, mais il a changé de mains tel que spécifié ici.  David Ibbotson a-t-il aussi piloté cet avion ?  On l’ignore pour l’instant.  Aucune photo « épluchée » de l’appareil ne le révèle vraiment, même si certaines peuvent prêter à interprétation.  A qui a-t-il servi d’autre qu’à balader des footballeurs ou des entraîneurs, on l’ignore tout autant…  De façon anecdotique, on découvre surtout avec amusement (ici à droite) que notre G-EEJE a transporté des voyageurs jeunes portant casquettes : DJ, rappeurs ou footballeurs ???

L’avion, indirectement, nous propose un autre mystère avec une photo où on le voit, ayant changé de mains donc (il est au nom désormais d’un ex pdg de Global Décide LTD, société dissoute en 2015), sagement rangé auprès d’un autre dans le brouillard de l’aérodrome de Full Sutton (ci-dessus).  Il est posé aux côtés d’un Cessna 310 P qui présente les mêmes couleurs, mais qui est immatriculé lui aux Etats-Unis (N315P) chez Air Services Inc Trustee (ici la Gazelle SA 341G -N901B, une « US registered SA341G stretched Gazelle » (5), leur appartenant.  Elle a aussi été aperçue en Biélorussie, à Minsk à l’été 2018), un portage de plus (la société (International air services inc) liste 327 appareils à son actif!).  Sur son site, la société se réclame d’Humphrey Penney comme représentant en Angleterre. L’homme a acheté Sandtoft Airfield le 1er mai 2015, près de Belton, une ancienne piste de Lancasters (en 1944) située dans le Lincolnshire.  Surprise, c’est un aérodrome où a aussi été aperçu le Piper N264DB (la photo non datée fait partie d’un lot de juin 2018 lors d’une fête de l’aviation et des « emergency services », dont des policiers) :

Full Sutton est un petit aérodrome qui présente une particularité étonnante :  il est situé à 15 km seulement de York (ou réside Henderson) juste à côté de là, « Full Sutton Prison », une prison de haute sécurité construite en 1987 et hébergeant les pires criminels anglais. D’où, très certainement cette photo intrigante ci-dessus à gauche montrant ce qui semble bien un policier ou un des gardiens comme passager aux côtés du pilote, avec assis derrière un homme en col blanc… L’avion effectue régulièrement des parcours transfrontaliers, comme celui-ci :

On notera aussi que lors de l’annonce de la disparition de l’avion, sur un forum spécialisé, un dénommé « Graham «  répondant à un intervenant avait dit ceci : « J’ai déjà piloté sur le trajet EGTE-EGJJ (Exeter – Guernesey, ici à droite) il y a quelques années. La route était assez directe et je ne me souviens plus combien de temps le radar d’Exeter nous a couverts, mais je ne me souviens pas d’avoir été particulièrement inquiet. C’est peut-être semblable à votre expérience. Le même « Graham » ajoutant « qu’en sortant, Exeter m’a fait passer le transfert OCAS VFR sur Newquay, avec tous les détails du vol et le transpondeur, ce que je venais de demander et cela a fonctionné, alors que le transfert IFR OCAS n’a pas fonctionné au retour ?  C’est complètement différent de mon expérience en France, où vous bénéficiez gratuitement d’un contact / service radar d’un FIS sur 200 km !  »  Un autre intervenant, appelé WarleyAir, de la base de Sandtoft, quel hasard, venant alors immédiatement proposer la photo du Malibu avec comme pilote Ibbotson, photo faite à Newquay (c’est lui qui m’a donné cette piste restée à ce jour oubliée) !  Le même « Graham » concluant déjà, à peine l’accident connu, que « le problème, j’en suis assez sûr, est que ce pilote ne pouvait pas effectuer de vols IFR légaux, et de nombreux pilotes, en particulier britanniques, sont lourdement conditionnés par la formation (et toute autre exposition post-formation) pour se conformer à l’ATC et ne pas contourner les CAS, etc. ce qui signifie leur sauver la vie.  Au Royaume-Uni, obtenir une «autorisation IFR instantanée» légitime – le moyen légitime de s’en sortir d’un PA46 – est pratiquement impossible, surtout sur une distance significative, et prendrait certainement des minutes, voire de nombreuses minutes, de coordination.  Même en France, cela peut prendre plusieurs minutes, même en cas d’urgence absolue (consultez le numéro N2195B écrit-il : c’est celui de l’accident d’un Seneca survenu le 10 février 2007 lors d’un vol de Shoreham (GB) à destination de Cannes.  Il s’était écrasé sur le massif du Grand Veymont, après avoir demandé lui aussi à descendre au contrôleur aérien). »  Qui était donc ce « Graham » demande à être davantage investigué, je pense.  Il aurait plein de choses à nous dire sur les traversées du Channel à bord d’appareils similaires !  Le soir même de l’accident, dès 19H, heure anglaise, un pilote avait en tout cas déjà tout compris (nota : les deux illustrations sont celles du radar météo de Guernesey et sa couverture, ici en date du 14 mars 2009) !!!

Nous avons découvert un avion de plus, c’est déjà ça, en exposant l’étrange milieu autour de Nottingham, et il nous faut aussi revenir maintenant sur l’avant-dernier propriétaire de l’avion, un sujet plein d’étonnement également comme vous aller le découvrir…

 

(1) La liste des personnes arrêtées est fort révélatrice en effet :

  • Christopher Turton, 32 ans, de Squires Lane à Kings Clipstone (c’est tout près de Mansfield).
  • Dale Wright, 42 ans,d’Orchard Street à Mansfield même.
  • Daryl Ballantine, 53 ans, de Taylor Crescent a Sutton-in-Ashfield (comme Robert Dawes).
  • Robert Durant, 52, ans ,de Jephson Road in Sutton-in-Ashfield (idem, comme la famille Dawes !).
  • William Hollingsworth-Marriott, 21 ans, d’Ash Grove à Skegby (entre Sutton-in-Ashfiled et Mansfield !).
  • Stephen Ryan, 58 ans, d’Alma Road à Banbury (pressé d’Oxford, où est l’usine Prodrive-Aston Martin).
  • Jaime Walls, 39 ans de Braunston Road à Daventry (c’est à à l’ouest de Northampton).
  • Baber Khan, 36 ans, d’Admiral Walk à Carlton Gate, à Londres.
  • Ali Mendley, 31 ans, de Middleton Crescent à Beeston (banlieue de Nottingham).
  • Kenneth Barnes, 64 ans de Town Street à Pinxton, dans le Derbyshire (ville minière siège des émetteurs radios de toute la région).
  • Rachel Johns, 40 ans, de High Street à Braunston, Daventry (entre Rugby et Daventry).
  • Lance Jeffrey, âgé de 30 ans, d’Anslow Avenue à Lenton Abbey (banlieue de Nottingham proche de Beeston).
  • Jared Kelly, 32 ans de Cowdrey Gardens à Arnold: c’est là le siège de la police de Nottingham !!!
  • Hiva Mahmoudi, 29 ans de Kilmaurs Street à Glasgow.
  • Fateh Azizi, 39 ans de Kilmaurs Street à Glasgow, également.
  • Daniel Yeboah de Warton Avenue à St Anns (quartier de Nottingham) qui possédait un fusil d’assaut SA 80, de l’armée anglaise.

(2) ça semble avoir donné des idées à d’autres…le design en plus. Des lofts d’écuries !

(3) lire ici les détournements d’argent en Afghanistan :

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/afghanistan-1-milliard-de-dollars-88107

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-argent-distribue-par-la-cia-en-135029

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/karzai-le-parrain-de-l-afghanistan-73246

(4) voici comment la drogue avait été pistée : « sous les pseudos de Sergio, Boris, Wong et Dany, quatre policiers se substituent aux bagagistes et se voient remettre par un informateur un téléphone dédié. « il sonne le 16 septembre. L’interlocuteur s’exprime en anglais. Rendez-vous est pris le soir même au pied de la tour Eiffel. Il dit s’appeler Marcus et remet aussitôt à Sergio un nouveau téléphone BlackBerry néerlandais pour « sécuriser » leurs communications. Au café Kleber, Marcus donne les consignes de ses « amis », qui demandent à être livrés en quatre fois. Au fil des rendez-vous, deux Italiens apparaissent. Il faut aussi trouver un hangar – ce sera à Rungis (Val-de-Marne) – et du matériel logistique : transpalette, machine à emballer sous vide, répulsif pour chiens… Le 20, sur les coups de midi, un camion italien, rempli de légumes surgelés Bonduelle, vient compléter sa cargaison avec 330 kg de cocaïne. Il sera intercepté le soir même juste avant la frontière allemande. Selon les documents saisis, il devait gagner Naples par ferroutage. Le chauffeur aurait accepté la course contre 20 000 euros pour effacer une dette. Dans la foulée, le piège se referme sur les deux Anglais, un certain Nathan Wheat (alias Marcus) et son compère, Kane Price, alors qu’ils font du shopping sur les Champs-Elysées. Puis sur les deux logisticiens italiens qui logeaient à Saint-Maur (Val-de-Marne). Officiellement, Vincenzo Aprea et Carmine Russo, 49 ans tous les deux, se disent « vendeur de blouson » et « prof de gym ». Pour la justice italienne, Aprea, alias « il Fratello », est surtout le correspondant en Espagne d’une structure de la Camorra liée au clan Amato-Pagano ».

(5) L’engin est visible à la Crabtree Farm, (près de Escrick – North Yorkshire près de Selby) une association d’enthousiastes qui remettent à jour les Alouettes, Puma ou Gazelles. Telle cette SE3130 Alouette II XR379, devenue Guerneseyienne en 2-ALOU bien sûr.

6) un autre pilote le soir même résumant clairement la situation : « J’admets ne rien savoir du football et / ou des transferts et des sommes impliquées, donc je ne suis pas sûr que ces 15 millions de livres cités soient de l’argent «réel» (genre : viré sur le compte de quelqu’un) ou un total de différentes sommes versées au fil du temps, mais: – vous avez-là  un actif de 15 millions de livres – qui dit devoir aller de Cardiff à Nantes et retour dans environ 48 heures – vous décidez d’utiliser un transport aérien ad hoc (par opposition au transport aérien régulier) – ce voyage doit se passer en hiver ? Et ensuite, vous décidez qu’un SEP (c’est un avion de Classe Monomoteur à Pistons, ou SEP) piloté par l’un de vos amis qui est apparemment un PPL (un pilote privé) est exactement ce qu’il vous faut… .. Suis-je le seul à être totalement consterné par le processus de prise de décision ici ? »  (La prise de décision de… Mark MacKay).

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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