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Disparition d’Emiliano Sala : un rapport nébuleux, mais des découvertes explosives (2)

Je vous avais promis quelques découvertes.  Les voici, avec un peu de retard, à la suite de discussions, notamment, avec des amis journalistes «  papier » désireux de pousser plus loin eux aussi leurs investigations.  Cette fois, c’est l’examen de la cartographie des localisations des endroits cités durant toute cette enquête qui m’a permis de réaliser divers parallèles aussi troublants que le sont les faits qu’ils rappellent ou que ce qu’ils permettent d’entrevoir.  Il y a beaucoup de coïncidences frappantes dans ce dossier et les derniers rebondissements, à savoir l’aveu des McKay d’avoir bel et bien payé le dernier trajet aérien d’Emiliano Sala, n’expliquent pas tout encore, loin de là, notamment l’usage réel de l’avion.  Il conviendrait au plus vite d’en déterminer tous les derniers vols, car ils risquent de nous apporter quelques surprises encore.  L’affaire est loin d’être terminée car il y a, dans cette sombre affaire, beaucoup de coïncidences et de dissimulations.  

Willie and the Horse Jive (1) et les paris douteux des courses

McKay, ex « agent de footballeurs  » (même dans son dernier interview avec son fils le terme est encore utilisé !), ne s’intéressait à eux que comme source de revenus mirobolants.  Aucun affect dans ce choix de travail à l’évidence, contrairement à ce qu’il voudrait montrer aujourd’hui en renonçant à sa prime de transfert liée à la signature à Cardiff d’Emiliano Sala.  Ce n’est pas ça, de toute façon, sa passion d’ancien bookmaker écossais : la vraie, c’est celle du turf, où des millions de livres sterlings sont brassés chaque jour avec un dénominateur commun : ici, tout se paye en liquide, aux guichets des entrées d’hippodrome.  Un phénomène qui a toujours été l’objet de l’attention des mafieux :  le blanchiment est à portée des parieurs, comme l’est aussi la manipulation des résultats par largage d’enveloppes dispatchées.  Les paris sportifs, au football comme en hippisme, sont depuis toujours dans le collimateur de la police.  Il n’existe pas non plus d’examens ni de diplômes pour devenir agent de joueurs de foot, et un nombre important a fini par côtoyer des gens peu recommandables, on l’a vu, le plus bel exemple étant Jean-Luc Barresi.  Un livre récent évoque ses liens et notamment aussi les relations étroites qu’entretiennent des joueurs avec des voyous notoires.  J’avais effleuré ici le sujet, on va en reparler pendant le procès en cours d’Air Cocaïne… Willie McKay est indiqué comme vivant désormais à Monaco, mais un entrefilet indiqué dans notre épisode précédent nous a décrit un grand complexe d’élevage et d’entraînement lui appartenant, acheté paraît-il par son fils (1,4 millions de livres).  On a retrouvé sa localisation sur Google Earth, c’est à Bawtry, près de Doncaster, ville située dans le Yorkshire du Sud, dotée du club des clubs de football de Doncaster Rovers FC.  Pas loin, il y a l’aéroport de Doncaster-Sheffield Robin Hood, ancien aéroport de la RAF pendant la WWII sous le nom de Finningley, fermé en 1986.  Le 16 décembre 2014 on avait pu y voir atterrir un Piper Malibu (le Piper PA-46-350P, un Malibu Mirage doté d’un radar sur l’aile) venu de Turin et immatriculé T7-FBB, ex G-VRST de Winchfield Enterprises, à savoir dans la République de Saint-Marin, ex paradis fiscal interrompu en 2009 par Berlusconi, aujourd’hui sans le sou, ce qui est plutôt rare comme visite.  En 2014, justement, on soupçonnait fort le micro-état d’avoir servi de banque à blanchiment du trafic de coke dans le monde (2).  A noter que l’aéroport de Doncaster permet aux jets des se poser, puisque sa piste fait 2 893 mètres de long (elle permettait à des Vulcan de se poser ou de décoller  (3) !).
Dans la propriété de McKay, il y a deux pistes d’entraînement autour d’une énorme ferme décrite elle aussi comme un manoir.  Gag supplémentaire:  lors de la visite de la voiture bardée de caméras de Google, interdite de s’approcher plus loin à l’entrée du complexe, cette dernière avait réussi à capter le propriétaire, venu la regarder sur son palier, curieux de la voir apparaître… si près de chez lui (ici à droite) !

A noter qu’en 2006, le conseil municipal de Doncaster avait refusé, selon le Doncaster Red Press, l’accord à Willie McKay de « conserver un ensemble au sol de 5 500 pieds carrés, une aire d’exercice pour promeneurs de chevaux et un anneau d’entraînement, empêchant ainsi ses espoirs d’établir « les meilleures écuries du nord de l’Angleterre ». Les membres du comité de planification de l’arrondissement ont estimé que le développement de l’Ecossais était « inapproprié dans la ceinture verte », après avoir entendu les déclarations des voisins Andy et Marilyn King selon lesquelles les écuries avaient « envahi leur vie privée ». Mais M. McKay, qui représente des vedettes de la Première Ligue telles que Joey Barton, Henri Camara, et Ross McCormack, prêté à Doncaster Rovers, espère annuler la décision de présenter une nouvelle demande de planification pour conserver les installations de Martin Grange, au nord de Bawtry. Les Kings avaient dit que « Le demandeur a changé son statut de propriété résidentielle en entreprise de dressage de chevaux. » Il ne semble pas se soucier de la vie privée des voisins ni des conséquences pour les voisins résidents »  . Voilà au moins qui a le mérite de rappeler que dans la famille McKay, les gens, effectivement, importent peu.

Les traficotage des paris hippiques, les joueurs de foot baladés

Considérés comme des mafieux pour beaucoup, Wilie McKay et son fils (devenu agent quand son père s’est vu retirer sa licence), ont eu des pratiques plutôt… cavalières, c’est le mot, dans le domaine hippique, lors d’une course mémorable, notamment, le 28 mars 2012, où deux chevaux de McKay ont été retirés au dernier moment, ce qui fait basculer tous les paris on le sait.  Sur un forum, un parieur émet l’idée que c’est une tentative de refaire « le coup du Gay Future, » effectué en 1974 et resté dans les annales de la tricherie.  Ce jour-là, explique Wikipedia, un cheval médiocre, Arctic Chevalier, avait été substitué à un autre plus performant, appelé Gay Future.  Le jour de la course, deux chevaux du même hara avaient été retirés peu de temps avant les courses et étaient restés dans leurs écuries, les organisateurs du coup espérant comme prévu voir basculer les paris sur le seul Gay Future. « Le plan a fonctionné comme un charme. Arctic Chevalier a été présenté à des critiques de course à la place de Gay Future, et ils ont été bien sûr déçus. Le jour de la course, les deux premiers chevaux du pari ont été retirés de la course et on a donc misé sur Gay Future, qui a ensuite démoli la concurrence sur le terrain lors de sa course d’obstacles, l’emportant par 15 longueurs. »

Tout avait alors été prévu :  cela se passait sur le petit hippodrome Cartmel, qui n’a même pas une ligne de téléphone sur place, ce qui empêche les paris de dernière minute, lesquels auraient fait baisser les chances de 10 contre un prévues. Comme prévu, le cheval appelé Gay Future, a gagné facilement, par quinze longueurs d’avance. Pour faire croire à des efforts de sa part, des flocons de savon avaient été frottés sur les jambes du cheval pour donner la fausse impression qu’il transpirait. Mais les bookmakers qui avaient parié ce jour-là sur les autres canassons ont demandé une enquête qui avait révélé la supercherie. Les deux entraîneurs en cause, Collins et à Murphy ont été interdits d’hippodrome pendant dix ans. Le pauvre Gay Future s’est cassé le cou et est décédé, à l’âge de six ans, lors d’une course à Wetherby en janvier 1976… Un film télévisé avec Pierce Brosnan a mis en images le scandale (ici à gauche). Le 29 mars, quatre chevaux, Catalyze, Befortyfour (ici à droite), Alpha Tauri et Majuro, tous entraînés par John Balding et appartenant à Willie McKay, sont retirés des courses de l’après midi, alors que l’on a énormément parié sur eux (Alpha Tauri et Majuro notamment).  Les 4 chevaux changent d’entraîneur et repartent chez Richard Guest.  L’un des jockeys, celui de Catalyze, William Carson, sera banni les 11 et 14 avril, 16 et 18 avril pour avoir utilisé son fouet dix fois de suite sur le cheval, ce qui est prohibé.  Qu’avait-on essayé de faire ce jour-là, mystère. Autre pratique étrange, celle apparue avec le cheval Ooh Aah Camara, retiré précipitamment des listes des parieurs du prix Queen Mary (ici à droite sur la photo de gauche) alors qu’il était aligné sur 7 courses et en avait remporté deux.  Il était affiché au nom de Richard Guest, comme entraîneur, mais c’est l’ancien mannequin devenue entraîneur, Victoria « Vicky « Haigh, qui avait autrement la une des journaux en 2011, qui était inscrite sur les registres des courses !!!  Or elle avait elle-même été expulsée en 2005 des haras de Bawtry à l’arrivée de McKay.  Selon le directeur de la réglementation du Jockey Club, Malcolm Wallace:  « Il existe clairement un différend avec le cheval entre le propriétaire enregistré, Willie McKay, et Vicky Haigh. Je comprends que cela est entre les mains d’avocats. Je ne peux pas le confirmer, mais je le comprends. En vertu du code de la course, elle a amené le cheval à la piste, elle est actuellement inscrite en tant qu’entraîneur, et elle a le droit de reprendre le cheval. Elle l’a fait depuis l’écurie ce matin-là, avec l’aide de la police locale. » C’était la résultante  d’un vieux conflit en fait raconté ici  dans le Yankshire Post : « dans le monde notoirement instable des courses de chevaux, peu de gens sont surpris . Il aurait donc été prévisible qu’une combinaison prestigieuse d’un ancien modèle glamour et de l’un des grands noms du football finisse par tomber en cendres.  Mais il aurait été difficile de comprendre comment la relation d’affaires entre Vicky Haigh, 36 ans, qui a quitté le podium pour des chevaux d’entraînement couronnée de succès, et l’agent de football Willie McKay s’effondrerait. Jusqu’à l’année dernière, Mme Haigh avait vécu avec son mari et sa fille Romany dans le complexe de Merton Grange de M. McKay à Bawtry, dans le Yorkshire du Sud, où elle avait acquis la réputation de produire des gagnants. Les deux parties ont refusé de parler en détail de l’acrimonie qui les opposait, alléguant que Mme Haigh aurait été expulsée de la maison qu’elle occupait à Merton Grange. Mais cela a atteint le niveau de procédures civiles suite à une injonction contre M. McKay en novembre dernier. Ces procédures ont fait l’objet de plusieurs audiences et sont devenues si complexes qu’elles ont été transférées de la cour du comté de Doncaster à Sheffield, où des juges plus expérimentés sont disponibles pour traiter des questions complexes ».  Elle a depuis recommencé sa carrière, mais en France, à Maisons Laffitte (cf ici à droite où elle est devant la Tour Eiffel).  McKay s’était attiré ensuite les services de Tim Pitt, jeune entraîneur, vite remplacé par l’irlandais Danny Murphy (venu de Singapour et aujourd’hui chez l’écurie Al Ain Racecourse de l’émirati Faisal Al Rahmani). Encore une fois, la relation montre le peu de cas que fait Mckay des gens.

Mélange des deux univers

Parfois aussi, les genres se retrouvent mélangés : ce sont le football et les courses de chevaux qui se télescopent.  Dans un article évoquant la « pantomime » des transferts de West Ham (le club de Dimitri Payet avant qu’il ne revienne à Marseille), on a a eu droit à une drome d’interaction entre les deux milieux, avec au passage l’usage du fameux avion.  « Le jour de la date limite de transfert, nous avons eu le premier acte de la pantomime des Hammers avec le spectacle Diafra Sakho. L’attaquant sénégalais a décidé de suivre Payet en affirmant qu’il devait rentrer en France pour des raisons personnelles.  Il a donc décidé de ne pas suivre l’entraînement et de s’envoler en France pour se faire soigner à domicile. Il est ensuite resté en France le jour limite du transfert dans une tentative infructueuse de forcer un déménagement.  Le véritable méchant de la pantomime derrière tout cela est son agent Mark McKay, fils de Willie McKay.  Il a été l’architecte qui a amené Payet à Marseille et l’y a ramené. C’est donc peu surprenant avec son implication.  Le conseil de West Ham a passé un appel téléphonique dans lequel il a unanimement accepté de rester ferme et de ne pas vendre son attaquant.  Dans l’après-midi de la date limite de transfert, Mark et McKay informaient Sky Sports News de chaque mouvement.  Sakho et McKay ont pris l’avion pour rentrer à Stansted avec un rapide détour par le circuit de Chelmsford (et donc par le Piper, pour une traversée rapide du Channel, car ils n’auraient pas eu le temps de trouver une place d’avion à la volée). «Le siège de Boston» de McKay courait dans le 3.20. Le cheval a gagné à 9 contre 2 alors que Sakho restait sur le parking pour parler au secrétaire du club, Andy Pincher, mais le joueur aurait mis 100 £ sur le cheval de son agent, empochant 550 £ de gains. Un non partant dans la course s’appelait Happy Hammer.  Parfois, les faits sont plus étranges que la fiction ».  Bien que la secrétaire du club ait dit à Sakho qu’aucun directeur n’était disponible, McKay et Sakho se sont rendus au stade de Londres tard dans la soirée ».  Mieux encore, car Sakho semblait très pressé de rejoindre Rennes… pressé par McKay, au point qu’il avait tout bonnement abandonné sa Lamborghini Huracan voyante sur le parking du centre d’entraînement de West Ham en partant du club londonien !!!  « Une voiture de luxe, estimée à quelque 220 000 euros. « Il l’a achetée et laissée ici », a expliqué un membre du club ».  Sakho en ayant encastré une autre dans un muret de jardin un peu auparavant… (4).  Mais notre mauvais conducteur a peut-être des excuses, à vouloir tant étaler ses nouvelles richesses… Une candeur dont profitent à coup sûr certains agents de joueurs !  Ici la photo d’une rencontre el Hadji Diouf-McKay à Sheffield dans un resto tex-mex appelé El Paso :  on remarque que c’est bien Willie qui est là et non Marc : comme sur cet autre cliché .  Or, à ce moment-là, Willie MacKay n’a déjà plus le droit d’être agent de joueur. D’autres exemples encore, avec le 6 novembre 2006, lorsque le jockey Rab Havlin, chevauchant le cheval Eccollo, gagne une course à la place de son jockey habituel appelé John Egan, déclaré grippé. Rab est un grand fan des Rangers en football.  Or on apprend ce jour-là que le cheval appartient en fait au milieu de terrain Stephen Pearson et le gardien David Marshall, des « clients » de Willie McKay, qui sont deux joueurs du Celtic de Glasgow, les éternels rivaux des Rangers !

De la coke dans la voiture de Willie McKay !

Le 30 août 2012, Willie McKay n’est pas en train de se dorer à la Barbade ni sur un champ de courses :  il est à Londres, en plein Pall Mall, où il se promène en voiture tout en téléphonant, ce qui a l’heur d’interloquer un placide « bobby » qui le siffle aussitôt et lui demande de se ranger sur le côté. L’imprudent, décrit alors comme « agent de footballeurs » et « venant d’acheter les haras de Martin Grange à Bawtry »  (et non son fils, comme on le remarquera) se fait alors contrôler, la police découvrant qu’il n’a plus le droit de circuler depuis le mois d’octobre de l’année précédente, car on lui a retiré son permis suite à d’autres infractions précédentes (restées non connues).  Poussant plus loin ses investigations, le bobby découvre dans la voiture un sac plastique contenant de la cocaïne !!!  On se dit qu’il est bon pour une paire de mois d’incarcération. Pensez-vous, puisqu’après avoir payé une simple amende de 6 115 livres (7  000 euros, soit l’équivalent de 110 grammes de coke quand même), le voilà qui ressort, à nouveau délesté de son permis pour 18 mois de plus… et c’est tout !!!  Aujourd’hui encore, la grande mansuétude du juge à son égard étonne fortement.  Un journal évoque le fait que la coke n’a pas été découverte tout de suite car elle était dissimulée dans le compartiment moteur de la voiture, mais il est le seul à l’affirmer.

Il y a un explication plausible, néanmoins : on effectue ce genre de choses quand on est sur la piste d’un trafic plus vaste, dont l’incarcération d’un protagoniste risque de ruiner toute l’enquête et d’empêcher de remonter jusqu’au cerveau de l’affaire.  Etait-ce le cas ici ?

Les policiers ne s’étaient pas souvenus, c’est sûr, ce jour-là, de l’intrigante proposition de travail faite par Willie à un jockey de renom (ici à droite, il a été six fois Cravache d’Or en Angleterre), par ce même McKay : « en 2006, le crack-jockey (c’est l’irlandais Kieren Fallon) est suspecté d’avoir participé à l’organisation de courses arrangées au profit du site Betfair ; il sera relaxé en 2007.  Contrôlé positif à Chantilly en juillet 2007 lors du Prix Jean Prat, il écope de 6 mois de mise à pied et en 2008, il touche le fond en prenant dix-huit mois supplémentaires (du 4 mars 2008 au 3 septembre 2009) après un nouveau contrôle positif à la cocaïne à Deauville » (à droite ici c’est le fameux Van Ruymbeke, le cheval de McKay nommé ainsi pour viser le juge qui l’a pisté).  Une coïncidence, dira-t-on, encore. En décembre 2007, un autre événement avait concerné Kieren Fallon, plus cinq autres personnes soupçonnées d’avoir trafiqué des courses de chevaux et s’était soldé hélas par un échec pour la police.  Le raid avait été conçu sur celui de la « corruption dans le football »…. qui ne donnera pas davantage…

Willie and the Bad Boys (5)

En tout cas, la propension de McKay à s’entourer de « bad boys » aurait dû alerter cette même police :  à ce moment-là il est l’agent d’un des pires joueurs de foot existant, Joe Barton, qu’il avait réussi à fourguer à Marseille !  Barton, malgré son horrible réputation, a réussi par finir entraîneur, remarquez, malgré ça… chez Fleetwood Town en League One (D3 anglaise). Un règne marqué par 33 cartons jaunes et 6 rouges en 35 matchs comme résultat probant de son « style » de tueur sur un terrain, note ici So.Foot !!!  Pour ses anciens collègues c’est plus simple à expliquer :  Barton serait fou à lier, tout simplement (Neymar l’a très bien résumé en fait) !  Un Barton qui avait une autre addiction en tant que joueur, tiens, on y revient :  celle des paris sportifs, ce qui lui a valu une exclusion des terrains (il avait parié 1 260 fois sur des rencontres de football entre 2006 et 2016 selon 20 Minutes).  La police en 2007 avait donc tenté de démasquer ses pratiques en effectuant des raids de contrôle sur Les Glasgow Rangers, le club de Newcastle, un raid qui avaient vu Willie McKay se faire arrêter lui aussi (il avait été pris en photo par un photographe du Sun à 6 heures du matin dans son hara de Doncaster).  Deux joueurs de Première League – Amdy Faye (transféré d’Auxerre à Portsmouth) et Pascal Chimbonda avaient également été arrêtés, McKay étant alors accusé de ne pas avoir déclaré les montants des transferts aux impôts… (McKay en 2008 avait réussi à convaincre Chimbonda, joueur lui aussi à écarts de comportement, de rester à Tottenham et de ne pas aller à Newcastle.  Il avait ensuite atterri chez les… Doncaster Rovers), mais étrangement toute l’enquête se terminera par un non lieu.  La police avait fait chou blanc sur l’affaire. Pour certains, il y avait surtout trop de choses en enjeu, et leur divulgation explosive aurait pu faire sombre tout le football anglais… A Doncaster (ici à gauche McKay et ses dirigeants), il est loin en tout cas d’avoir fait des miracles avec ses recrutements onéreux, destinés surtout à remplir ses propres caisses il semble bien :  le club est redescendu de division au final, ce qu’on lui pardonne difficilement aujourd’hui.  Dans la presse, il s’en était défendu, et avait alors affirmé « ne pas être agent de joueur« , et avait dit qu’il était « payé par les clubs ».  Son contrat avec les Rovers stipulant une valeur de 100 livres seulement !!!  Mieux encore dans le Guardian qui nous livre cette perle cachée : « Paul et Jack (les deux jeunes fils de McKay, joueurs tout juste aux niveau, sinon en-dessous, recrutés complaisamment par Cardiff !!!) avaient déjà travaillé ensemble à Doncaster Rovers, où Willie avait obtenu un conseil exclusif de deux ans pour gérer les transferts, et avait également passé du temps sans que personne ne le remarque vraiment à Leeds United sous la direction de Steve Evans« …  McKay a réussi à faire enrôler ses jumeaux de fils alors qu’ils étaient loin d’avoir le niveau requis.  Ce qui fait un peu penser à un certain Saadi Kadhafi, joueur raté embauché sous pression de son père dans le calcio italien, à Pérouse, Udine, et dans la Sampdoria de Gênes… « alors qu’il passait son temps sur le banc de touche, il a été testé positif à un stéroïde anabolisant en novembre 2003 et suspendu trois mois. En deux ans, il n’aura joué que quinze minutes en fin de partie, le 2 mai 2004. Un quart d’heure warholien, lors d’un match contre la Juve, en championnat d’Italie » (6)

Mêler les chevaux aux footballeurs 

Dans le même article, McKay expliquait que le 1,4 million de livres qui lui avait permis d’acheter son complexe équin provenait du contrat signé par Barton lors de son départ des Queens Park Rangers le A peine avait-on pu remarquer que Peter Storrie, l’ancien directeur général de Portsmouth (ici avec le propriétaire, Sulaiman Al-Fahim, le « Donald Trump d’Abou Dabi » (7) qui avait un peu vite annoncé pouvoir faire venir Lionel Messi ou Sergio Ramos à Manchester City !!!), et Milan Mandaric (tous deux blanchis dans l’affaire) avaient, pour payer en sous-main le joueur Eyal Berkovic, créé une société  bidon appelée Medellin Enterprises, enregistrée aux Iles Vierges !!!  Ils auraient pu choisir un autre nom !  Au milieu de l’affaire était aussi apparu Harry Redknapp, (à droite le livre indispensable sur le personnage) impliqué lui aussi dans différentes affaires liées à des transferts douteux de joueurs.  En 2006, coïncidence encore on suppose, Willie McKay lui avait offert un cheval de course appelé Double Fantasy comme dédommagement… un calcul commercial, en fait, comme McKay l’avait avoué : « Dandy Nicholls, (le “roi du sprint” ) que je connais bien, m’a demandé de l’aider à faire de la publicité pour lui et son hara en transférant le cheval au nom de Harry Redknapp. « C’était pour qu’il puisse courir sous les couleurs de Harry et éventuellement attirer d’autres personnes du monde du football à avoir des chevaux avec eux. »  A l’époque, on enquêtait sur les détournements de l‘argent des transferts qui avaient suivi le rapport Stevens.  Un rapport qui avait fait Pschitt, comme on l’a dit, tout en marquant le coup pour les agents de joueurs :  « le rapport exonère en effet les clubs et fait porter la responsabilité des transferts douteux sur « huit agents importants » (8).  En novembre dernier son propre fils, Jamie Redknapp, qui réside à Bournemouth, a été contrôlé positif à la création de benzoylecgonine…  en conduisant.  C’est ce que sécrète le foie quand il a ingéré de la coke.

Un passage éclair à Marseille

Le 4 janvier 2019, le professeur Ivan Waddington de l’Université de Chester, fait le bilan désastreux : selon lui la coke s’est beaucoup trop répandue dans le milieu du football ces dernières années…  Ici, So Foot en a relevé quelques uns de joueurs-addicts ou dont le nom a été cité dans une affaire de coke.  Parmi les cas cités, celui, très étonnant d’un directeur sportif marseillais venu de Belgique, à la carrière brisée depuis.  Pressenti par Marseille pour remplacer José Anigo alors qu’il était encore à Gand, Gunter Jacob, le « détecteur de pépites » comme il est surnommé, débarque en effet en juillet 2016 pour se faire remarquer deux fois de façon étonnante :  à peine arrivé, son logement marseillais du 11e arrondissement est cambriolé, et ce, deux fois de suite dans le mois qui suit.  L’homme a perdu « sa voiture, son ordinateur ainsi que des documents personnels » indique-t-on.  Le temps de changer de voiture, et hop là voilà qui disparaît encore.  Le 5 septembre, la police la retrouve.  Gunter Jacob pourrait se réjouir, pense-t-on. Pas vraiment : les policiers ont trouvé dedans 2,4 kilos de cocaïne.  Ou plus exactement dans le sac à dos d’un des 4 voleurs, pris en chasse par la police.  On se dit que l’affaire est classée et que Gunter n’y serait donc pour rien, malgré le fait qu’on lui en veuille plus qu’à d’autres joueurs, eux aussi cambriolés à Marseille, il semble bien. Mais le 26 octobre, le club de Marseille rompt le contrat du directeur sportif : il reprend l’avion dans l’autre sens.  Selon la presse c’est le changement de propriétaire qui en est la cause et le nom de son remplaçant apparaît :  l’ancien gardien de but Andoni Zubizarreta, mais aucune explication n’est donnée à son départ après 3 mois seulement au poste marseillais.  En 2018, l’OM revend un ex-joueur de Valenciennes et de Reims, resté plutôt obscur, venu en 2015, Franck Aguissa qui est proposé à Fulham, un transfert inattendu car le prix du transfert a monté de façon totalement inattendue : il a atteint en effet 30 millions !!!  Celui qui a fait monter de façon irréelle le prix du joueur et l’ami de Zubizarreta, c’est bien entendu l’agent Willie McKay, bien sûr, qui n’a pourtant plus le droit depuis 3 ans de jouer le rôle d’agent !  Marseille, avait aussi, on le sait, des vues sur Sala, grâce à McKay (Zubizarreta était venu le voir à Nantes, en avion) et avait engagé au passage sous Gunter le camerounais Jacob Clinton Njie… prêté par Tottenham et cornaqué lui aussi par… McKay (toujours là où il faut pour ramasser les billets).  Au départ c’est Gurnley et Cardiff  qui s’intéressait à Jjie.  Gunter Jacob lui ne semble pas avoir retrouvé de boulot depuis.  Ni de voiture, peut-être aussi, qui sait, en prime…

« Connecting the dots »

De la coke dans le foot ? La France n’a pas échappé à cette tendance et un exemple fort particulier nous le démontre, qui relie foot et N’Drangheta (comme s’il fallait encore le prouver !). Relions donc les points entre eux (d’où le titre de ce chapitre).  En février 2107, on assiste au procès d’une saisie de 86 kilos de coke à bord du voilier « Le Relambi » chargé de pains de  coke et arraisonné à Saint-Martin dans la nuit du 7 au 8 juin 2015 (dans les Antilles) par la bien connue Frégate de surveillance Ventôse.  Il y en a pour 2,7 millions d’euros (la saisie est visible ici en vidéo). Les hommes arrêtés sont notamment les frères Magnoli, Antonio 57 ans, dit « Bubu » et Rocco 62 ans, de paisibles retraités français de Vallauris qui pratiquent un drôle de sport, en dehors de la pétanque :  ils échangent de la résine de cannabis venue du Maroc contre de la cocaïne venue de Martinique, grâce à une calculette de leur invention :  chez eux un kilo de cocaïne fait trois kilos de résine de cannabis !!!  Et les  bateaux font le trajet, du Maroc avec le hasch vers la Martinique et reviennent chargés de coke !  Les Magnoli sont soupçonnés depuis longtemps d’être les relais de la N’Drangheta : ils sont tous deux originaires en effet de Rosarno en Calabre ! « Toujours selon l’enquête, les deux frères Magnoli, qui se présentent comme de paisibles retraités passant leurs journées à jouer aux boules, voyageaient très fréquemment en Italie et en Espagne pour y rencontrer des personnes présentées comme des trafiquants notoires. D’autres rendez-vous tout aussi discrets sur des chemins déserts du massif de la Sainte-Baume (Var) étaient également observés par les enquêteurs entre les frères Magnoli, parfois accompagnés de leur neveu Marcello Giovinazzo, également renvoyé, et « des Marseillais connus pour trafic de stupéfiants ». « Une livraison de résine de cannabis, le 14 avril 2015 à Gênes (Italie), avait été observée par les policiers qui avaient aussi « sonorisé » le véhicule utilisé par Antonio Magnoli ». Mais il y a pire encore quand on découvre qui s’était chargé de l’intendance du chargement à Saint-Marin : c’est Julio Colombo, né à Saint-Claude en Guadeloupe, alors âgé de 32 ans, c’est en effet un jeune retraité du football, devenu restaurateur, évincé en fait dès l’âge de 26 ans (il portait le N°22 !), malgré avoir déployé un certain talent et avoir été abonné aussi à des blessures récurrentes.  Grand espoir, il avait été ancien international espoir en 1984 (sur la photo c’est le N°4), il avait même été contacté par la Juve (ce n’était peut-être pas un hasard (9), et a surtout joué pendant huit ans, de 2002 à 2010, sous les couleurs de Montpellier, avant d’y être délaissé par Courbis et sortir écœuré du football !!  Après deux échecs commerciaux (restaurant et discothèque, qui ont vite périclité, il sombre dans la dépression (sans jamais le montrer extérieurement) et s’acoquine avec un ex-proxénète qui organise le réseau haschich-cocaïne (à 100 000 euros espérés le trajet pour Colombo).  Condamné  à 6 ans, il est sorti dès 2017 grâce à une clause de libération conditionnelle parentale. L’Equipe avait fait un beau reportage sur lui :  « Champion du monde des -17 ans avec Jérémy Berthod, Jacques Faty notamment, Julio Colombo était considéré comme un grand espoir du foot français ».  Un documentaire émouvant, tant ceux qui l’ont côtoyé évoquent un bon garçon, toujours tranquille, visiblement dépassé par sa descente du firmament foot balistique et qui a pris de volée une proposition dangereuse, afin de nourrir sa famille.  La coke c’est aussi un risque, on le sait.

Grimaldi story, un rocher offshore !

Le clan McKay a traversé tous ces orages, en finissant par s’établir à Monaco au lieu de rester dans son fief de Doncaster.  La raison principale on la devine : « pour tous les résidents non français (ou français installés avant octobre 1957) et, bien sûr, pour tous les Monégasques, il n’existe ni impôt sur le revenu ni taxes foncière ou d’habitation. Les droits de succession sont nuls entre mari et femme, et plafonnés à 13% pour les tiers, y compris pour les biens situés hors de Monaco. La pratique des chèques au porteur ou endossables est autorisée, tandis que l’ouverture d’un compte ne fait l’objet d’aucune déclaration à un quelconque fichier central.  Ce qui renforce un secret bancaire déjà bien gardé » nous avait rappelé ici l’Express, qui avait aussi rajouté que »les «spécificités monégasques» ont fait naître, très naturellement, d’innombrables et discrètes vocations de prête-noms, au sein d’une panoplie de sociétés personnelles, civiles ou anonymes.  La rémunération de ces hommes de paille est codifiée, pour ne pas dire institutionnalisée: de 5 à 10% du capital investi, de 3 à 5% des intérêts versés et, pour les administrateurs, des indemnités qui oscillent entre 15 000 et 20 000 francs par mois.  Moyennant quoi les véritables dirigeants, dont l’anonymat est préservé par l’opacité légale du registre d’enregistrement de toutes ces sociétés, peuvent réaliser de substantielles économies en échappant à l’impôt ».  Bref, que Monaco avait été plus ou moins l’inventeur du système du portage de direction d’entreprise par des hommes de paille :  le rocher était bien vite devenu en quelque sorte offshore !!  Un exemple parmi d’autres : « Mais il y a eu mieux depuis. Pasquale Galasso (ici à droite bien entouré)  le financier repenti de l’une des principales familles de la Camorra, la Mafia napolitaine, a confié au procureur Laudati, de Naples, qu’il utilisait des prête-noms pour des opérations bancaires et immobilières à Monaco et à Beausoleil. Il avait acheté, par le biais de deux sociétés monégasques, une villa et un appartement, et son argent circulait librement entre quatre comptes ouverts dans différentes banques, dont l’un, à la Monte Paschi, sous le pseudonyme de Testarossa:  on est tifoso de Ferrari ou on ne l’est pas! »  Sans oublier, à l’époque de Rainier, l’affaire Doré :  « une chose, en tout cas, est certaine: le doyen des juges d’instruction niçois, Jean-Paul Renard, a découvert que Pascal Doré avait déposé 85 millions sur sept comptes, ouverts en six mois, courant 1994, à la banque de gestion Edmond de Rothschild, à Monaco.  Selon son épouse, il transportait cet argent dans des sacs de sport, dont le contenu était vidé dans un coffre de la banque avant de rejoindre ses comptes.  Une partie avait servi à l’achat d’une villa dans le Var, payée 27 millions, dont 10 en dessous-de-table versés en Suisse. D’où venait l’argent?  La question reste posée.  On sait seulement que Pascal Doré fréquentait des Russes, de plus en plus nombreux à Monaco et que, lorsque la police monégasque l’a interpellé, il a menacé de dévoiler la manière de blanchir de l’argent à Monaco et de donner les noms de personnalités qui en profitent.  Cela a suffi pour qu’il soit aussitôt libéré, avant d’être arrêté par la police américaine ». Piégé par la DEA, il a en effet écopé de 37 années de prison aux USA pour trafic de cocaïne (redéfinies ensuite à 22 ans).  Il est revenu en France en 2014 pour voir sa peine de 22 ans de prison reconvertie à une peine de 10 ans de prison.  Selon son avocat, il avait bel et bien été piégé par la DEA : aucune trace de coke n’avait été trouvée sur lui ou chez lui.  Mais d’où provenaient alors les 85 millions de francs ?

Coke on rocks

Monaco, à l’évidence, il est vrai, a toujours cherché à minimiser les faits :  dans la principauté circulerait peu de coke nous dit ici Monaco Hebdo. On parle même de « tolérance zéro » sur le rocher. C’est à croire qu’on souhaite fermer les yeux, et même en plein Grand Prix automobile… Régulièrement, pourtant, ça revient.  Robert Downey, l’actuel de Air America (à voir absolument !!!) un soir à la TV américaine (dans le Tonight Show de Jay Leno, venu expliquer qu’il sortait de désintoxication) évoque les soirées épicées avec Rayce Newman, fournisseur attitré de coke à toute la jet set du moment et cite au passage une princesse bien connue comme utilisatrice.  Ce que tout le monde savait dans les années 80.  Et le Prince Rainier aussi semble-t-il.  Depuis elle s’est trouvée un autre rocher, semble-t-il (mince pour elle, ça ne semble pas être le bon). Manque de chance encore pour la réputation, le même magazine nous dit que finalement que si, ça existe aussi là-bas : « Tout est parti d’une dénonciation anonyme déposée à la Sûreté publique, le 14 mai 2012. Le témoignage révèle qu’un serveur du Zest, établissement de nuit du port Hercule, s’attèle à la revente de cocaïne auprès de clients. La police monégasque met son téléphone sur écoute et découvre l’existence d’un trafic. De mai à décembre 2012, les écoutes téléphoniques s’étendent à une quinzaine de personnes et des filatures sont organisées par la Sûreté. La surveillance physique mène les policiers dans d’autres lieux dont le Flashman, point de repère du fournisseur principal de la drogue, Michaël Genesis, un Néerlandais de 37 ans aux faux airs de Ryan Gosling. Ce dernier était connu comme « le plus gros dealer de Monaco » à l’époque et rentrait dans les établissements, exempté de tout contrôle à l’entrée. L’enquête mène finalement à des vagues d’interpellations survenues début décembre 2012, en janvier et en avril 2013.  Michaël Genesis occupait un appartement à Roquebrune-Cap-Martin, en colocation avec Arthur Philipsen, Hollandais de 34 ans.  Dans leur studio situé à quelques pas de la frontière monégasque, les deux hommes conditionnaient la poudre blanche, de grande pureté selon les experts.  Ils revendaient ensuite 100 euros la dose de 0,76 g.  Genesis se rendait à Nice pour récupérer des mains de mules la drogue qu’ils convoyaient par voie aérienne depuis les Pays-Bas. Le dealer a indiqué qu’il se réapprovisionnait « à hauteur de 50 g par mois ».  L’appartement faisait aussi office de « bureau ».  Parmi les acheteurs, figuraient des ex-employés du Zest, du Yacht Club de Monaco, du Flashman, un ancien cadre de banque et un ex-restaurateur beausoleillois. Tous ont assuré ne jamais avoir « monté de deal » ou « perçu de commissions ». Les enquêteurs ont observé deux pratiques : une politique d’achats pour consommation personnelle et une autre d’achats groupés.  L’argent était mis en commun pour acheter la cocaïne auprès de Genesis.  Le trafiquant, qui a remboursé sa dette en un an et perçu ensuite « 2 500 euros par mois » grâce à la coke, a raconté avoir travaillé sur des yachts à Monaco et à Antibes puis dans un restaurant de Beausoleil.  Son ancien employeur, dont il était devenu le fournisseur, était lui aussi cité à la barre. Il avait accepté de prendre le relais de Genesis, quand celui-ci s’est absenté en octobre 2012, en échange de doses de cocaïne. »  Genesis a pris 3 ans ferme au final.  Philipsen 2 ans.

Tout ceci, je le reprécise bien est le fruit de coïncidences, va-t-on dire.  Mais il y en a d’autres encore, que l’on a déjà un peu abordé en évoquant les multiples entreprises installées en prête-nom sur le rocher dès les années 80, car le principe semble avoir donné des idées à d’autres comme on va le voir bientôt.  Mais avant je pense qu’il va nous falloir revenir dans les environs de Nottingham, pas loin du fief de Doncaster des McKay… là où l’on trouvait encore, il y a peu, des gens peu recommandables, aujourd’hui quasiment tous en prison !

Une des sources :

https://www.telegraph.co.uk/football/2019/02/24/inside-world-willie-mckay-agent-heart-emiliano-sala-transfer/

(1)  c’est un clin d’œil à ça :

(2) « Lichtenstein, Luxembourg, Andorre, la République de Saint-Marin, Monaco, personne ne sait vraiment ce qui se passe en termes de flux d’argent. Dans quelles banques françaises se trouve l’argent du narcotrafic?  Mystère. Les banques françaises n’ont rien à dire à ce propos, pas plus que les italiennes ou les allemandes. Il n’y a eu aucune prise de position réelle à ce sujet. Or on blanchit beaucoup plus d’argent aujourd’hui à Londres qu’à La Barbade » selon Roberto Saviano.

(3) c’est là ou s’est installée l’association de sauvegarde du mythique XH558 qui était retourné en vol en 2007 (lire ici).

(4) la marque attire beaucoup les gogos footballeurs : voici celle de Nasri, saisie car pas enregistrée en Grande-Bretagne, celle de Ronaldo-les-gros-biscotos, bien moquée sur les réseaux sociaux,  celle de Steven Fletcher de Sunderland, achetée après un total faramineux de 7 buts seulement en 2 ans d’exercice, celle de Henrikh Mkhitaryan de Manchester United, celle de son gardien, Sergio Romero, ou celle, toute dorée, de Pierre-Emerick Aubameyang d’Arsenal, le roi de la frime (il en avait déjà customisé une autre)Quant à celle-ci, retrouvée hier à quelques km du centre d’entraînement des Totteham Hotspurs en Première League, elle attend qu’on lui retrouve son propriétaire… le bad boys sénégalais El-Hadji Diouf, (à gauche avec McKay) honni par tout le staff et ses propres collègues de Liverpool, lui préférant un monstrueuse Cadillac Cascade.. couleur lingot (avant il avait une Mercedes couleur argent) !

(5) là c’est en hommage à ça :

(6) le portrait du fils Kadhafi présenté ici est assez hallucinant :  « Juste avant le déclenchement de la rébellion, il menait une vie de pacha à Londres, révèle le tabloïd «Sun», qui a obtenu le témoignage de son garde du corps anglais. Selon lui, la maison du trentenaire, dans le quartier huppé de Hampstead, accueillait des fêtes où alcool, cannabis et cocaïne circulaient à profusion. Le jeune homme était également un boulimique de sexe, commandant sur catalogue un nombre impressionnant de prostituées. «Mais parfois, leur tête ne lui revenait pas, alors ils les renvoyait. Elles étaient furieuses.» Ce goût des femmes n’empêchait pas l’héritier Kadhafi de disposer également d’un «majordome» âgé de 18 ans, qui le rejoignait dans sa chambre la nuit. Et avant de quitter l’Angleterre, en décembre dernier, Saadi aurait envoyé ses serviteurs faire des provisions de DVD pornos dans un sex-shop de Soho, le quartier gay de Londres. Des montagnes de films ont d’ailleurs été trouvés par les rebelles dans sa résidence de Tripoli, le mois dernier. Le train de vie du playboy était proprement délirant. En une journée chez Harrod’s, un grand magasin de luxe, il était capable de dilapider l’équivalent de 100’000 francs. «Parfois sa carte de crédit était refusée, raconte le bodyguard. Ce qui était plutôt embarrassant. Mais il appelait aussitôt l’ambassade pour qu’elle remette de l’argent sur son compte.» C’était les seuls contacts qu’il entretenait avec les diplomates. «Pendant son séjour il n’a pas rencontré un seul politicien ou représentant libyen.»

(7) celui-là a bien compris ce qu’on pouvait afficher comme CV dithyrambique sur Wikipedia, si personne ne pense à le reprendre… jamais lu un tel panégyrique sur un individu… très fort ! En février 2018, on a fini par savoir comment, après avoir acheté  Manchester City en 2008, il avait acheté Portsmouth (il est resté 6 semaines à la tête du club !). On notera que celui qui avait empoché l’argent s’appelait, Alexandre Gaydamak, fils du sulfureux homme d’affaires franco-israélien, un marchand d’armes.  Comme pour McKay, c’est le fils d’Arcadi Gaydamak, « bien connu de la justice française » (et propriétaire du le Betar Jérusalem) qui avait été envoyé pour négocier.  Avec comme argentier de Mercato « , l’ancien manager, Harry Redknapp (le protégé de McKay), (qui) a exigé une généreuse enveloppe pour enrichir son effectif lors du « mercato » de janvier. « Si cela nous permet d’améliorer l’équipe, c’est une bonne chose pour le club », a déclaré M. Redknapp, qui devrait profiter de l’ample trésorerie de la famille Gaydamak pour financer ses achats de joueurs.  Quant au rusé Mandaric, il réaliserait un joli coup financier.  La presse anglaise évoque la somme de 15 millions d’euros pour le rachat de la moitié des parts du club ».  Pour ce qui est de la provenance de l’argent elle est aussi hallucinante :  « en 27 mai 2009, Al Fahim avait signé un accord autour de 67 millions d’euros pour reprendre le club de Portsmouth, alors en très grande difficulté financière, à l’homme d’affaires franco-israélien Alexandre Gaydamak. La transaction devait être complétée avant le 28 juillet 2009, mais ne l’avait jamais été faute de manque de liquidités. Al Fahim avait alors trouvé un repreneur pour le club en la personne d’Ali Al Faraj. Les procureurs ont expliqué que la femme d’Al Fahim avait découvert la disparition de l’argent en se rendant compte en 2011 qu’elle n’avait pas touché les bénéfices d’un compte à taux élevés ouvert en 2009. Elle avait alors rendu visite à sa banque en personne, où on lui avait annoncé qu’il n’y avait plus d’argent sur le compte »… piquer les bijoux à sa femme pour acheter un club de foot, avouez que c’est inédit !

(8) c’est Portsmouth qui avait été clairement visé :  « l’agent Willie McKay a agi pour le club vendeur, Auxerre, dans le transfert de Benjani et pour Portsmouth dans le transfert de Cissé et, pour la même raison que ci-dessus » (toujours en attente de clarification) « l’enquête n’est pas prête à approuver ces transferts à cette étape. »  Toutefois, comme indiqué ci-dessus, l’enquête a publié une autre déclaration dans laquelle elle déclarait qu’aucune preuve de paiements irréguliers n’avait été trouvée dans les virements effectués au cours de la période d’enquête impliquant McKay et remerciant McKay pour sa coopération. « En ce qui concerne le transfert de Benjani, l’enquête a également révélé des préoccupations concernant le rôle de Teni Yerima (agent) et de Ralph N’Komo ((tiers). » En ce qui concerne le manager Harry Redknapp, la possession d’un cheval de course appelé « Double Fantasy » qui lui aurait été attribué par l’agent Willie McKay a suscité des soupçons. Redknapp a déclaré à la commission d’enquête qu’il était possible qu’il soit propriétaire du cheval, mais a insisté sur le fait qu’il n’avait pas gagné d’argent avec cela car le cheval était un échec et n’avait jamais gagné une seule course ».

(9) La mafia tire d’autres revenus du football :  « Le procès « Alto Piemonte » s’est terminé en juin, sans qu’aucun responsable de la Juventus soit condamné, mais le texte du jugement n’a été rendu public que ce vendredi. «La ‘ndrangheta s’est imposée de fait au sein des groupes organisés, exerçant ainsi un véritable contrôle sur les groupes qui soutiennent la Juventus», écrit le juge Giacomo Marson dans cet arrêt.  Dans le volet sportif de cette affaire, la fédération italienne de football a condamné lundi le président du club turinois Andrea Agnelli à un an de suspension et 20 000 euros d’amende.  La justice sportive reprochait en particulier à la Juventus d’avoir vendu aux groupes « Ultras » des blocs entiers de billets alors qu’elle n’est pas autorisée à en vendre plus de quatre à la fois. Ces billets étaient ensuite revendus beaucoup plus cher et les bénéfices ainsi collectés ont attiré des membres du crime organisé. »  Autre chose à savoir sur la Juve : « champion du monde avec l’Italie en 2006, Vincenzo Iaquinta est aujourd’hui à la retraite… et aux prises avec la justice de son pays.  Mis en cause dans le procès Aemilia, le plus grand jamais ouvert contre la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, dans le nord de l’Italie, l’ancien avant-centre de la Juventus (38 ans, 40 sél.) est accusé de détention illégale d’armes à feu. Les procureurs locaux ont requis six ans de prison contre lui et 19 contre son père, Giuseppe ».  Il a hérité de 2 ans, au final et son père de 19 ans ! Les liens étant une évidence pour Mathieu Grégoire, Brendan Kemmet et Stéphane Sellami, auteurs du livre « Les parrains du foot ».

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

 

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