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Diagnostic pauvret? : 1- Le Bangladesh.

bangladeshBangladeshis qui r?coltent du th?. Source: Godgrown.net

Ceci est le premier d’une s?rie d’articles visant ? d?terminer et expliquer les causes de la pauvret? dans le monde. Je vous invite ? me soumettre vos suggestions de pays pour la suite de cette s?rie.

Le Bangladesh se classe 155e sur 180 pays avec un PIB per capita de $1,334.?Le taux d’ill?trisme est de 46.5% et 81.3% de la population vit avec moins de $2 par jour. C’est sans contredit l’un des pays les plus pauvres de la terre.

Pourtant, ce pays a un taux d’imposition des particuliers relativement faible et la taille de l’?tat en pourcentage du PIB est en bas de la moyenne. Serait-ce une preuve de l’?chec des id?es libertariennes visant ? r?duire la taille de l’?tat? Vraiment pas!

D?mocratie:

Depuis son ind?pendance en 1971, il y a eu essentiellement deux partis politiques qui ont oeuvr? au Bangladesh: la Ligue Awami (L.A.) et le Parti Nationaliste du Bangladesh (P.N.B.).
C’est la L.A. qui a men? le pays durant les ann?es 1970s et 1980s. Ce parti supportait le nationalisme, l’interventionnisme ?tatique, le protectionnisme et le socialisme, mais il a grandement adouci ses positions suite ? l’?lection de 1996, devenant plus ouvert ? la lib?ralisation de l’?conomie.
Le P.N.B., qui a men? le pays de 1991 ? 1996,?a ?t??un peu plus?orient? vers le libre-march?, la privatisation des entreprises d’?tat et le commerce international. Ils ont aussi d?militaris? la soci?t? et encourag? le s?cularisme. Suite ? leur ?lection de 1991, leur programme a ?t? consid?r? comme un succ?s et le Bangladesh a connu une bonne croissance durant les ann?es 1990s.

Taille de l’?tat:

Le Bangladesh se classe?en bas de la moyenne?au niveau du taux d’imposition des particuliers et de la taille des d?penses de l’?tat en pourcentage du PIB. Au fil des d?cennies, le capital productif a ?t? extorqu? et dilapid? par l’?tat, laissant le pays dans une situation de pauvret? tellement grave qu’il n’y a m?me plus assez de richesse ? taxer. Le taux d’imposition des particuliers est tout de m?me de 25%, alors qu’il est de 45% pour les entreprises. Le parti socialiste (L.A.)?a depuis longtemps tent? d’instaurer une forme d’?tat-Providence au Bangladesh, mais apr?s avoir d?truit les moteurs de cr?ation de richesse, le pays n’a pas les moyens de le faire.

Ceci ?tant dit, il serait faux de conclure que l’?tat est petit au Bangladesh. L’?tat y est tr?s gourmand, que ce soit ? l’aide des nombreuses entreprises d’?tat du pays, du syst?me judiciaire politis??ou par les pot-de-vins, les serviteurs de l’?tat et leurs amis exproprient une bonne partie du peu de richesse cr??e par ce pays sous-d?velopp?.

Syst?me financier:

L’hyper-inflation a longtemps ?t? un grave probl?me au Bangladesh en raison de la cr?ation de monnaie par la banque centrale du pays. La situation est empir?e par les mesures de contr?les des prix impos?es par le gouvernement, qui ne font qu’encourager le march? noir. La cr?ation de monnaie permet ? l’?tat de s’approprier subtilement une encore plus grande partie du peu de richesse cr??e au pays.

Au niveau des banques commerciales, 30% des actifs sont d?tenus par les 9 banques de l’?tat, nationalis?es au nom du socialisme. Il y a deux march?s boursiers, mais ils sont peu utilis?s vu le manque de respect des droits de propri?t??(d?courage l’investissement),?les contr?les ?tatiques sur les transactions et le fait qu’une grosse partie de l’?conomie est nationalis?e (donc peu de place pour l’entreprise priv?e). Pour ces raisons, il est tr?s difficile pour le Bangladesh d’attirer les investissements ?trangers qui pourraient l’aider ? se d?velopper et se sortir de la pauvret?.

Entreprises d’?tat:

Les entreprises d’?tat ont une pr?sence significative dans la plupart des secteurs productifs, incluant le syst?me financier. Leurs d?cisions sont infest?es par la politique, elles sont corrompues et elles ont un effet de « crowding out » sur l’investissement priv?. Ces entreprises ont ?t? nationalis?es au nom du socialisme. La corruption et l’incapacit? de l’?tat ? les g?rer correctement les ont transform?es en v?ritables boulets pour l’?conomie du pays.

Droits de propri?t?:

Le respect des droits de propri?t? est extr?mement d?ficient au Bangladesh; la Heritage Foundation leur accorde une note de 20% ? cet ?gard. La corruption dans le syst?me judiciaire et au sein des diff?rentes branche du gouvernement est fortement r?pandue et fait partie des moeurs et?les expropriations gouvernementales sont fr?quentes. Cela cr?e une dynamique peu propice ? l’investissement et ? la cr?ation de richesse.

Agriculture:

Le Bangladesh offre de bonnes possibilit?s de d?veloppement agricole. Il dispose de sols fertiles du fait des alluvions et d’importantes ressources encore inexploit?es d’eaux de surface et d’eaux souterraines, pour l’irrigation. L’agriculture repr?sente 30% du PIB et 60% de l’emploi du pays. Cependant, la production n’est pas ? la hauteur de ce qu’elle devrait ?tre; les paysans vivent dans des conditions pr?caires et la famine s?vit dans l’ensemble du pays. Le pays doit importer des millions de tonnes de nourriture par ann?e pour tenter de subvenir ? ses besoins.

La propri?t? des terres agricoles est un des probl?mes les plus criants du pays. Durant l’?poque coloniale britannique, ce secteur ?tait domin? par de riches propri?taires terriens. Apr?s 1947, des lois ont ?t? ?tablies pour limiter la quantit? de terre qu’une personne puisse d?tenir.?Cependant, les propri?taires ont utilis? des subterfuges et des pot-de-vins pour conserver leurs terres.?Pr?s de 70% des fermiers ne sont pas propri?taires de la ferme qu’ils exploitent, ils la louent aux propri?taires. Cela ne les incite pas ? y investir pour en?maximiser?la valeur ni ??en prendre soin; d?j? que ce?pays ne soit pas propice ? l’investissement ?tant donn? le manque de protection des droits de propri?t?. De plus, les abus fr?quents des propri?taires restent impunis puisque les cours villageoises sont domin?es et corrompues par les propri?taires.

Cons?quemment, les technologies utilis?es par les agriculteurs?sont primitives et peu productives. Cela est notamment d? au manque d’acc?s au cr?dit (vu le syst?me bancaire d?ficient), les contr?les des prix par le gouvernement (qui r?duisent les profits potentiels des agriculteurs et donc leur propension ? investir), la r?glementation contraignante et, surtout, le non-respect des droits de propri?t?,?lequel d?courage l’investissement. D’autre part, la loi islamique exige que lorsque quelqu’un d?c?de, sa terre est subdivis?e et r?partie entre ses fils. Avec les taux de natalit? tr?s ?lev?s?qui ont s?vit au Bangladesh, le r?sultat a ?t? une fragmentation excessive des terres, ce qui n’aide pas ? la productivit?.

Secteur priv?:

Au Bangladesh, il faut 44 jours en moyenne pour d?marrer une entreprise. Le taux d’imposition des entreprises est de 45%.?D’autre part, la r?glementation au niveau du march? du travail le rend peu flexible; il est extr?mement difficile de renvoyer un employ?. Avec un secteur financier d?ficient et des droits de propri?t? n?buleux, le climat n’est pas propice ? l’entreprenariat et ? l’investissement. L’entreprise priv?e?joue donc un r?le?effac? dans l’?conomie, ce qui laisse peu d’opportunit?s d’emplois aux travailleurs, outre les « sweat shops » et l’agriculture.

Taux de natalit?

Le Bangladesh est le pays le plus dens?ment peupl? du monde, la population ayant tripl? entre 1960 et 2000. Dans les ann?es 1980-85, la promotion du contr?le des naissances permit de ralentir le taux de croissance. Le taux de natalit? est maintenant de 3,1 enfants par femme, alors qu’il ?tait de 6,6 dans les ann?es 1970. Pourquoi tant de naissances? Il ne faut pas oublier que le Bangladesh est une quasi-th?ocratie islamique…

In?galit?s:

Le coefficient Gini du Bangladesh est de 31, bien en bas de la moyenne, ce qui signifie plus d’?galit? que beaucoup de pays.?Cependant, cette situation est loin d’?tre enviable puisque le coefficient est d?form? par l’extr?me pauvret? de ce pays. Les deux sources d’in?galit?s les plus dommageables au niveau du pays sont la corruption, la structure de l’industrie agraire?et le syst?me d’?ducation.

Corruption:

La corruption est l’un des plus gros probl?mes du Bangladesh, qui se classe 147e sur 179 pays selon le Corruption perception Index de Transparency International. Les pot-de-vins sont parfois la seule fa?on de faire avancer les choses paralys?es par le gouvernement. L’?tat est tr?s gros et est utilis? par les fonctionnaires, politiciens et amis du pouvoir pour extorquer la richesse, ce qui contribue ? entretenir les in?galit?s et?la haine envers le gouvernement. D’autre part, l’?tat n?glige de prot?ger sa population; la r?pression,?brutalit? polici?re et la n?gation de la libert? d’expression sont? fr?quentes.

?ducation:

Le nationalisme et le fanatisme islamique ont fait beaucoup de tort ? la qualit? de l’?ducation des Bangladeshis. C’est en leur nom que la L.A. a impos? le Bengali comme langue nationale et comme langue de l’?ducation publique. Cela a engendr? un grand nombre de gradu?s mal instruits puisque les connaissances n?cessaires ? leur ?ducation n’?taient pas disponibles en Bengali. Les ?coles priv?es anglophones ont quant ? elles attir? les enfants de riches, ce qui leur a donn? acc?s ? de bien meilleurs emplois. Cette situation a contribu? ? l’accroissement des in?galit?s au pays.

Conclusion:

Le Bangladesh est un cas typique de pays pauvre, victime d’un gouvernement corrompu?qui a siphonn? la richesse et d?truit le capital productif de l’?conomie. L’?tat a ?t? utilis? pour extorquer la propri?t? priv?e de la population et a, par le fait m?me, anihil? sa libert? ?conomique. Il est primordial pour le futur de ce pays et de ses habitants que l’?tat se r?tracte de la vie ?conomique et laisse la libert? faire son chemin vers la cr?ation de richesse. Le pays?a grandement besoin de plus d’entreprenariat priv?, auquel l’?tat doit c?der la place,?et d’attirer davantage de capitaux ?trangers pour financer ce d?veloppement.

Voici la r?forme que je propose:

  1. Privatiser les entreprises d’?tat en les inscrivant ? la bourse du pays.
  2. Lib?raliser les march?s boursiers en ?liminant les r?gles limitatives.
  3. ?liminer ou contraindre?la banque centrale de fa?on ? restreindre la cr?ation de monnaie et ainsi limiter l’inflation.
  4. Instaurer une loi anti-d?ficit gouvernemental.
  5. Simplifier et d?politiser le processus de cr?ation d’entreprise.
  6. R?duire le taux d’imposition des entreprises.
  7. Abolir les mesures protectionnistes.
  8. R?duire les d?penses militaires.
  9. D?politiser et restructurer le syst?me judiciaire dans l’optique de faire respecter les droits de propri?t?.
  10. D?politiser et restructurer le syst?me d’?ducation de fa?on ? ce que tous les Bangladeshis aient libre acc?s ? la meilleure ?ducation possible, peu importe la langue.
  11. ?tablir un syst?me de propri?t? ad?quat pour les terres agricoles (bas? sur le principe du « homestead ») et lib?raliser l’agriculture.
  12. R?former le syst?me ?lectoral de fa?on ? le rendre moins d?pendant du financement ?lectoral et des lobbys.
  13. D?finitivement s?parer le gouvernement et la religion.

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