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déversement eaux usées
Sewer drains

Déversement de 8 milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve St-Laurent !

 

Comment faire avaler n’importe quoi ?

Je ne parlerai pas des eaux usées à proprement dit (même si l’expression détonne ici). Je parlerai du cover-up autour de ce dossier.

En septembre dernier, l’annonce du déversement fut faite aux médias par un comité de la ville de Montréal (le maire Denis Coderre n’était pas présent). Elle fut diffusée entre autres sur le réseau de Radio-Canada, sous la forme d’un court point de presse.

Un expert de la ville expliquait alors les raisons motivant la décision de la ville de procéder au déversement de 8 milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve St-Laurent. Les explications de l’expert étaient un réquisitoire en faveur de l’administration municipale afin que la population, via les médias, comprenne l’enjeu et les motifs retenus par la Ville pour procéder à un tel déversement.  Il fut par contre trop loquace, car par la suite, lorsque le tollé suscité par cette annonce de déversement a débuté, il ne fut plus question des révélations qu’il avait pu faire concernant l’égout lui-même.

Il avait tout d’abord déclaré que les travaux de construction de l’autoroute Bonaventure nécessitaient qu’une chute à neige existante soit déplacée pour ne pas gêner le tracé de l’autoroute (tel que ce tracé est prévu dans les plans).

Soit le problème qu’allait causer la présence de cette chute à neige n’avait pas été pris en compte au moment de la conception du plan, soit décision fut prise à l’époque qu’on règlerait le sort de cette chute à neige gênante le moment venu, sans tambours ni trompettes. Il y avait cependant lieu, à partir de ces informations fournies par l’expert de la Ville de Montréal, de poser quelques questions au maire par la suite, à savoir qui avait approuvé des plans comportant une importante omission (présumant qu’elle soit importante aux yeux de tous, ce qui semble moins sûr maintenant et suggérant que quelqu’un était responsable de ne pas avoir tenu compte du déplacement nécessaire de la chute à neige), sinon qui avait appris l’existence de cette omission et avait proposé comme solution le déversement des eaux usées dans le fleuve, afin de rattraper un défaut de conception du plan initial ? Qui est responsable de cet évident défaut de faire dans les règles de l’art (qui pour l’instant n’est imputable à personne), car prétendre qu’il n’y en aurait eu aucun serait aussi admettre qu’en toute connaissance de cause les différents intervenants dans le dossier de l’autoroute Bonaventure avaient prévu se tamponner (pour ne pas écrire se torcher) avec le volet environnemental ?

Quelques jours après cette annonce du déversement qui devait avoir lieu avant le 18 octobre dernier, laquelle annonce a soulevé un tollé, on mentionnait en guise d’excuses que la ville avait soumis le projet au ministère de l’environnement du Canada il y a près d’un an déjà et n’avait pas obtenu de réponse… Il était dorénavant permis de croire que la version du problème à résoudre dû à un manque de prévisions lors de la conception des plans était la bonne version à accorder à toute cette histoire de chute de neige à déplacer, puisque les plans initiaux de l’autoroute ont été autorisés depuis plusieurs années déjà.  A l’évidence le déplacement de la chute de neige n’avait pas été prévu.

Pourquoi entamer des travaux sans être convaincus que les autorisations nécessaires à la poursuite de ces travaux seraient accordées ?  On peut d’ailleurs présumer que si le dossier n’a pas obtenu de réponse depuis un an, tel que le prétend la Ville, c’est qu’il a possiblement été soumis de façon biaisée puisque la Ville avait déjà débuté les travaux de construction bien avant.  On disait avoir réclamé une autorisation du gouvernement fédéral alors qu’on le plaçait devant un fait pratiquement accompli, ce qui ne lui laissait que très peu de choix.

D’ailleurs il serait logique de penser que le ministère de l’environnement du Québec avait lui aussi reçu une telle demande à l’automne 2014, ce que pourtant le ministre de l’environnement du Québec et le premier ministre du Québec n’ont pas su dire, déclarant plutôt aux journalistes venus les interroger suite au tollé soulevé par l’annonce du déversement prévu, qu’ils allaient examiner cette annonce du déversement et donner ou non leur accord à la Ville… Silence radio à savoir si eux aussi avaient ou non reçu le même dossier il y a un an.  Le blâme devait être maintenu sur le gouvernement fédéral qui pour l’heure était providentiellement en période électorale et donc moins à même de faire enquête et même de décider quoi que ce soit.

D’ailleurs l’annonce de l’accord du gouvernement du Québec fut faite il y a quelques jours à peine, preuve que lui aussi aura mis un an…  On apprenait par les médias que la décision du gouvernement du Québec en était une de complaisance (en l’absence évidente d’étude approfondie du dossier):  il se fiait au jugement du maire de Montréal.  N’est-ce pas étrange comme étude de dossier?

Notons que cette valse hésitation du gouvernement du Québec a débuté lorsque le premier ministre du Canada Stephen Harper (devenu ex-premier ministre quelques jours plus tard, suite à l’élection du 19 octobre 2015), alors en campagne électorale avait déclaré devoir examiner la requête que la ville prétendait avoir envoyée à son gouvernement en octobre 2014 avant de donner son accord, car il disait ignorer l’existence d’une telle requête.  Il exigeait donc que la Ville reporte toute intervention.  Voilà qui est troublant puisqu’il appert en bout de ligne que la ville de Montréal a obtenu l’autorisation de tous et chacun car tous croyaient que la ville avait telle autorisation ou aurait dû avoir telle autorisation d’un l’un ou l’autre des ministères ou premiers ministres…  Et pour compléter le tableau, on allait introduire dans l’histoire un nouveau premier ministre non encore au fait de l’ensemble du dossier ni du fonctionnement exact des différents ministères !

Cette accusation portée par la Ville au sujet de la nonchalance du gouvernement du Canada aura conduit à ce que le nouveau gouvernement (au pouvoir depuis le 19 octobre seulement) donne son accord dès qu’il fut élu, voulant possiblement éviter de débuter son mandat avec un dossier tordu.  Troublant que tous se soient mis d’accord puisque l’histoire montre plutôt que ce fameux dossier s’est perdu dans une vaste zone grise au fédéral et était inexistant au Québec.

Peut-être existe-t-il certaines dispositions voulant qu’un délai maximal pour émettre ou refuser une autorisation ne peut être dépassé lorsque des travaux sont en cours, auquel cas tout faire pour que le temps passe devient la solution idéale lorsqu’on est incertain de l’issue qu’aurait une requête.  Voilà qui est précisé.  La réponse demeurera inconnue. C’est un scénario tout à fait possible et qui ne ferait qu’épaissir la saumure dans laquelle on a tenté de faire barboter toute l’histoire. Nous avons d’ailleurs lu dans les différents médias des déclarations du gouvernement fédéral à l’effet qu’on avait vérifié l’existence de ce dossier, lequel se promenait dans différents ministères, ce qui peut signifier que la demande initiale faite par la Ville ne visait pas que le ministère de l’environnement.  On a possiblement noyé le poisson dans un océan de détails de travaux complémentaires aux plans déjà approuvés, faisant ainsi appel à plusieurs ministères (possiblement travaux et infrastructures en plus de l’environnement), de telle sorte que la requête s’est perdue dans les méandres ces différents ministères… 

Faut-il croire que c’était bien ce sur quoi on misait pour rendre possible une situation qu’on devinait être inacceptable ?  Ici on fait appel à la pression médiatique:  le gouvernement fédéral (alors en période électorale) n’avait pas la latitude nécessaire pour examiner les tenants et les aboutissants de ce dossier (concernant les allégations du maire à l’effet que le gouvernement fédéral serait seul responsable de s’être traîné les pieds dans ce dossier).   C’est le genre de dossier qui sied parfaitement aux pouvoirs en transition d’ailleurs et il n’est pas écarté qu’on l’ait manoeuvré à escient.  Pour accentuer le tout, le déversement était prévu avant le 18 octobre, alors que les élections fédérales avaient lieu le 19 octobre.  On allait ainsi s’assurer que le gouvernement fédéral de Stephen Harper ne puisse pas intervenir s’il était réélu?  Mais rien n’est sûr… si on examine un peu plus loin dans ce texte, un autre scénario tout aussi trouble…

Montréal aurait pu mettre en place un plan lui permettant de ne pas délester les eaux usées dans le fleuve. Il y avait d’autres solutions pour: soit modifier le tracé des plans, soit installer un système de récupération temporaire des eaux usées (le temps du déplacement et du branchement), ou soit trouver un autre endroit pour relocaliser la chute à neige (il avait d’ailleurs été dit que cette solution avait été écartée vu les coûts énormes qu’elle engendrait). Evidemment, de telles solutions demandent temps et argent (en fait ces deux prérequis étaient à prévoir avant le début des travaux de l’autoroute Bonaventure…), mais elles étaient tout de même les meilleures solutions, soit celles qui ne porteraient pas délibérément atteinte à l’environnement.

Il est effectivement question de ce cas précis ici: porter atteinte à l’environnement, puisqu’il existe d’autres solutions et qu’elles auraient dû être privilégiées. Nous verrons que plus tard, c’est sur ce point qu’on a gagné, en modifiant la notion d’atteinte à l’environnement pour la transformer en obligation de faire. Ainsi un choix contestable et contesté d’ailleurs, devenait une obligation. La Ville a vite compris qu’invoquer les économies réalisées entre un scénario de déversement versus une solution plus élaborée ne suffirait pas à calmer l’opinion publique qui aurait préféré qu’on dépense plus d’argent pour demeurer cohérent dans une vision d’assainissement de l’environnement. On devait donc sortir le grand jeu et servir à la population le scénario ultime… ce qui fut fait:  Nous n’avons pas d’autres choix !

Nous avons appris de la bouche de cet expert de la ville qu’à l’origine cet égout disposait d’une technologie particulière.  Cette déclaration a par la suite été complètement ignorée dans les débats et pourtant… elle donnait le ton pour la suite… qui allait se transformer en cirque médiatique et pour cause…

Il avait pourtant révélé que les tuyaux disposent de pales internes (des sortes de barrières avait-t-il expliqué) qui ont pour rôle de ralentir les déchets solides pour assurer un écoulement continu, afin d’éliminer les risques d’obstruction d’égout.  L’ajout des eaux usées qui proviendraient de la chute de neige déplacée sur ce tronçon d’égout allait accroître la quantité d’eaux usées qui transiterait dans l’égout et rendrait problématique cette adaptation ingénieuse qui avait été faite au départ, puisque dorénavant il n’était plus question de pouvoir se permettre de ralentir l’écoulement.  L’expert avait donc précisé que pour permettre l’ajout des eaux usées provenant de la neige, il fallait retirer ces pales… Bingo !  on trouve ici la véritable explication aux prétendues réparations nécessaires à faire, dont il n’avait pourtant pas été question avant que l’annonce du déversement ne soulève un tollé…  Il était plutôt question de devoir adapter l’égout qui n’était pas conçu pour permettre l’écoulement de plus grandes quantités d’eaux usées et non pas de réparations nécessaires.

Ainsi, le problème dont maintenant on se sert pour expliquer la nécessité de vider les eaux usées, n’en est devenu un que parce qu’on veut absolument y déverser plus d’eaux usées…  Nuance… Enorme nuance d’ailleurs…

Et on retourne à la case départ… L’intention du départ demeure:  se débarrasser de 8 milliards de litres d’eaux usées le plus vite possible et à moindres coûts, soit exactement le scénario qui a suscité un tollé et que l’on a retravaillé pour le rendre plus acceptable !  Cela a-t-il suffi à faire taire l’opinion publique:  oui.  Curieux que la même situation était soudainement devenue acceptable en employant des mots différents…

On peut penser que l’égout aura besoin de toute sa capacité pour contenir les eaux usées qui y seront déversées en saison froide.  Il n’aurait pas été conçu au départ pour recevoir de telles quantités supplémentaires apparemment, sinon un tel dispositif n’aurait pas été installé.  Qu’arrive-t-il lorsqu’on essaie d’envoyer trop de liquide dans un tuyau ? Le liquide déborde, le tuyau fend ou se bloque dès qu’il y a rétrécissement et des fuites se produisent aux raccordements.

Qu’arrivera-t-il à la fonte des neiges au printemps par temps de pluie aussi ?.. l’avenir le dira. Quelle autre solution y aura-t-il si la capacité est dépassée… Un autre déversement ? Un refoulement ?  Ce sont des questions qu’il aurait fallu poser, mais on a si bien fait dévier le problème que la majorité des experts qui ont défilé depuis dans les médias ont ignoré devoir les soulever, tous nourris maintenant au nouveau problème de la réparation nécessaire de la conduite d’égout, un peu tout le monde étant convaincu que le nouvel usage prévu serait de toute façon adéquat.  Peut-être nous annoncera-t-on un jour que s’il y a un problème majeur (refoulement ou autre), il sera dû à un tronçon de canalisation trop petit….  Et on oubliera que quelques années auparavant on avait absolument fait fi de cette éventualité pour pouvoir absolument déménager cette foutue chute à neige

Pourtant toutes ces choses ont été dites dans les médias… mais il semble que plusieurs experts pratiquent la cacophonie jusqu’à ce qu’ils tombent au diapason.  Une fois au diapason, peine perdue… ils ne changeront pas de musique.  Il faut voir que personne n’avait les données réelles de l’ensemble du dossier, ce qui a donné lieu à tous les papotages.  Un étalage de connaissances, entrecoupées de pieux avertissements à l’effet qu’il ne pouvait y avoir d’analyse juste étant donné la situation.  Il y eut des émissions télé, radio, des caucus, des présentations, des graphiques, des exemples, des .. stop y en a marre… quelqu’un peut-il poser les véritables questions, cesser de foncer dans un scénario tracé d’avance et mettre fin aux expertises stériles ?  S’il en est parmi eux qui ont fait des analyses plus justes, on a tout fait pour qu’elles demeurent impopulaires car malheureusement elles n’ont pas survécu à la cacophonie.

N’y avait-il pas moyen d’être cohérents et d’arrêter de regarder le doigt qui pointe? Ahurissant.

Rappelons qu’avant le tollé, la Ville allait procéder sans autorisation !  Bien sûr le fait de vider cette canalisation permettra à la ville d’effectuer une inspection qu’elle n’aurait pas l’opportunité de faire sinon… bien qu’à ce stade, c’est le minimum qu’on lui demande de se donner la peine de faire…

Des exemples de rattrapage (soit des problèmes pour lesquels on trouve une façon acceptable de les présenter en adaptant le discours en fonction des réactions suscitées), il y en a une multitude. Ils portent pourtant un nom beaucoup plus simple: mensonges.

La nouvelle ? En vérité (ou en mensonge ?), ce déversement demeure 8 milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve.

J’aurais envie de mentionner:  Que tous les opposants refassent leurs devoirs car il a été plus facile de mener tout le monde en bateau que de voler une sucette à un enfant.

Aujourd’hui, jour de résignation:  la merde a rejoint le fleuve cette nuit.  Partout hier dans les médias, il était question de la résignation des maires des municipalités situées près du fleuve, lesquels déclaraient (non sans que leurs déclarations suscitent une certaine frayeur du fait de l’ignorance qu’elles dévoilaient) qu’ils ignoraient ce que pouvaient contenir les eaux déversées (il est question de produits chimiques, de contaminants) et qu’ils exigent des gouvernements que ceux-ci leur fournissent à l’avenir un expert chargé d’assurer l’information adéquate, afin d’améliorer les communications… Le fait que plusieurs maires prétendent ignorer que les eaux usées traitées contiennent toujours des contaminants et des produits chimiques est à peine moins ahurissant que la solution proposée par Montréal.  Mais qui s’en soucie ?

A se demander si l’air que l’on respire est rempli de gaz soporifique… ou si la communication entre les différents experts… est optionnelle, un peu comme l’air climatisé au moment de l’achat d’une voiture.  A quoi servent les tests d’eau potable ?  Qu’on nous apprenne à la veille de la tenue du plus important sommet environnemental mondial tenu à ce jour (selon tous les participants) qu’on vient de découvrir que les eaux usées contiennent des contaminants une fois traitées… hum… comment trouver un terme juste pour décrire cette aberration ?  Nul ?  C’est nul en effet.  Ça donne subitement envie d’aller vivre au fond de la brousse… pour échapper aux calamités de l’esprit en dormance.

Pour clore la saga merde en stock:  Si vous voyez voler une mouette brune aujourd’hui, sachez qu’il n’y a pas de nouvelle variété enregistrée.  Vous pourriez réclamer la paternité de cette découverte! 

Mais il y a peut-être pire.   Comment est-ce possible?  En examinant la carte du réseau d’égout qui sera affecté, ainsi que celle de l’oléoduc dont la société Enbridge vient de tester l’étanchéité d’un tronçon récemment, on peut voir que le tracé se recoupe.  Au début du mois d’octobre dernier, le gouvernement fédéral a finalement tranché en faveur de l’inversion du flux à partir des provinces de l’ouest Canadien jusqu’aux raffineries situées à l’est de Montréal.  Etonnant d’ailleurs puisqu’au fil des ans il y a eu de nombreuses manifestations, de nombreuses oppositions au projet qu’un peu tous les ministres qui se sont succédés ont fini par mettre sur la glace, le temps que l’opinion publique se calme.  Ils n’ont cependant jamais écarté le projet, malgré toutes leurs promesses de ne pas aller à l’encontre de la volonté des citoyens, puisqu’ils ont ramené tant de fois ce dossier sur la table que cela virait à l’obsession et nous rappelait la mouche fatigante qu’on aurait envie d’aplatir 100 fois… car elle résiste à l’élimination… Il faut croire que les mouches et les sables bitumineux ont la vie dure…

déversement eaux usées île de Montréal

Image:  Tracé de la ligne d’égout (Ville de Montréal)

Serait-il possible, par le plus grand des hasards… que cette soudaine nécessité en octobre 2015 de faire des travaux sur un tronçon d’égout qui couvre presque tout le sud de l’île de Montréal soit en parfaite harmonie avec des travaux possiblement requis pour un oléoduc (dont on vient d’autoriser l’inversion du flux en octobre 2015 aussi), lequel croise curieusement le même parcours que l’égout à l’est de Montréal ?

On remarque que le prolongement vers les Etats-Unis serait à réaliser (d’après la carte ci-contre, bien que le tracé soit plus visible sur des photos apparaissant sur le site web d’Enbridge)…  Il y a d’ailleurs eu un joli cafouillage à propos de ce prolongement prévu-non-prévu, dont il faudrait reparler.

Si cette possibilité d’entente particulière de travaux à réaliser existe, à quelque palier de gouvernement que ce soit (il semble qu’ici on doive penser les inclure tous dans l’entente si tel était le cas), soit que les travaux ont pu être coordonnés pour ne constituer qu’une seule intervention commune, comment ne pas penser qu’il existe une possibilité que tout ce dossier ait pu être mené de A à Z sur la base d’intentions inavouables au public (et peu louables l’une comme l’autre, tant le déversement des eaux usées que les possibles travaux à l’oléoduc), qui plus est que (si tel était le cas) les coûts liés à la réalisation de certains travaux pourraient possiblement être absorbés par les contribuables québécois ?  Non … pas possible… c’est beaucoup trop tiré par les cheveux comme scénario !  Jamais nos élus n’accepteraient de taire certains dossiers au public ?…

On redéfait toute l’histoire… on remonte aux origines… on essaie de voir quel rôle aurait pu jouer le gouvernement du Canada dans cette autorisation boudée… pour la forme ?…  car il est bien celui qui poussait ce dossier de l’inversion du flux et qui avait le pouvoir de contraindre le Québec à l’accepter, même si la résistance au niveau des élus québécois se résumait à paraître contrariés pour plaire aux électeurs défavorables au projet.  Y a-t-il eu accord pour faire avancer le dossier oléoduc sans éveiller l’opinion publique?  Y a-t-il eu défaut de toutes les parties en cause dans le dossier merde à balancer, dans le but de brouiller les pistes et de diluer la responsabilité des uns et des autres ?  Notons que nous sommes à quelques mois seulement d’une Commission d’enquête qui a révélé des faits aussi troublants.  Notons aussi qu’alors que le maire de Montréal de l’époque (Gérald Tremblay) démissionnait, suite aux doutes qui pesaient sur lui à la lueur de témoignages obtenus lors des audiences de cette Commission d’enquête, le nouveau maire (Michael Applebaum) ne put demeurer en poste que quelques mois, arrêté et inculpé par l’UPAC…  Et pourtant, il paraissait improbable qu’une personne ayant des choses à se reprocher choisisse de se présenter au pouvoir alors que la loupe était en place sur la collusion, la corruption et la fraude.

Parfois, c’est tellement improbable que cette seule improbabilité suffit à faire disparaître les doutes.

On se sent seul sur son île…  à douter… Ce déversement des 8 milliards de litres d’eaux usées sera difficile à avaler pour plusieurs et malheureusement il reste comme un un goût amer et l’impression désagréable de s’être fait rouler dans la farine. Si l’autre possibilité n’est que coïncidence, il s’agit de toute une coïncidence!  C’eut été bien que des experts posent des questions et exigent des réponses.

inversion du flux oléoduc

Carte:  Radio-Canada

Note:  sur le site d’Enbridge on peut lire que le carré noir apparaissant sur un agrandissement de la carte que l’on retrouve sur le site d’Enbridge aussi (carré situé à l’extrémité de l’île de Montréal) fait référence à:  INSTALLATIONS D’ENBRIDGE OÙ DES TRAVAUX SONT PRÉVUS DANS LE CADRE DU PROJET D’INVERSION OCTOBRE 2012 DE LA CANALISATION 9B ET D’ACCROISSEMENT DE LA CAPACITÉ DE LA CANALISATION 9.

http://www.enbridge.com/~/media/www/Site%20Documents/Delivering%20Energy/Projects/Line9B/Line9BMap_FR.pdf?la=en

Equiterre n’a consacré que quelques lignes sur son site lors de l’annonce du déversement.

http://www.equiterre.org/actualite/equiterre-soppose-au-deversement-des-eaux-usees-dans-le-saint-laurent

Le site lactualité.com notait dernièrement la disparition mystérieuse des experts dans ce dossier.

http://www.lactualite.com/actualites/politique/la-curieuse-disparition-des-experts-dans-le-dossier-du-deversement-des-eaux-usees/

Source:  Carte identifiant l’égout

CentPapiers au sujet du déversement annoncé:

http://www.centpapiers.com/on-nen-peut-plus-ca-pue/

Commentaires

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3 Commentaire

  1. avatar

    Ils vont vérifier si ça pollue… Elle est tragico-comique cette « vérification ». Ça frôle la débilité…
    Et M. Coderre, tout fier, affiche les pièces brisées… Un vrai show! Mais le plus grave dans tout ça se résume toujours à « cacher » des informations. Et cela dans l’ensemble du territoire canadien. Cacher, c’est mentir…
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    • avatar

      Un vrai show en effet. Beaucoup de mots inutiles. On met en scène régulièrement des foires à experts de tout acabit afin qu’ils pratiquent leur côté théâtral. J’ai l’impression qu’on nous vend l’idée.. d’idées garanties par les experts. On peut donc vaquer à nos occupations sans trop se soucier du reste.

      Quand Montréal fera sa beach zone (pour imiter Paris, bien qu’ici les maillots de bain tricotés auraient plus de succès), je me demande s’il y aura toujours des objets flottants non identifiés. Remarquez qu’on aura paré le coup en répandant une vaste litière sur les berges 🙂 Donc pas d’inquiétudes à ce niveau…

  2. avatar

    A quoi servent les experts ? Toute une question ! En fait, tout indiquait que seule la volonté de se débarrasser à moindres coûts de ces 8 milliards de litres d’eau usées (peu importe les conséquences), motivait la Ville.

    Et oh surprise pour les experts… on vient de songer à la beach zone. C’est presque drôle à force.

    http://ici.radio-canada.ca/regions/montreal/2015/11/20/007-deversement-pollution-berges-rives-eaux-usees-montreal.shtml