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16 mai 2007 |
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L’émission Citoyen numérique du 10 mai 2007 nous apprenait que Desjardins s’apprête à remplacer les cartes débit à bande magnétique par des cartes à microprocesseur (mieux connues sous le nom de cartes à puces). L’implantation débutera au printemps 2008, à Saint-Jérôme. Desjardins n’est pas la seule institution financière à faire ce changement, ce qui préoccupe le chroniqueur à l’émission Pierrôt Péladeau, Coordonnateur de recherche au Centre de bioéthique de l’Institut de recherche clinique de Montréal.
L’implantation se produit à grande vitesse, sans aucun débat, ni chez les membres du Mouvement Desjardins, ni dans la population, alors qu’aucun gouvernement, aucun parlement, aucune association de consommateur, ou autre regroupement de défense des intérêts des citoyens, ne participent à la décision. Une fois la technologie implantée, nous devrons vivre avec le design technique pour longtemps, car le coût d’implantation est très élevé.
À l’animateur Michel Dumais qui lui demandait s’il n’y aurait pas moyen que les premiers intéressés, vous et moi, soient consultés, Pierrôt Péladeau a répondu que le problème vient de ce que les institutions financières traitent la question comme une simple décision d’affaires. Or, cette décision, a-t-il ajouté, légifère carrément les rapports dans la société. Péladeau a aussi souligné que nous sommes très peu en mesure de savoir de quoi il en retourne, tout ceci étant très technique. À quand un « conseil des sages » en mesure de comprendre toutes les implications des changements technologiques et d’en vulgariser, pour le bénéfice de la population, les tenants et aboutissants ?
Un opération bien planifiée
En décembre 2004, Desjardins avait fait l’acquisition de plus de 30 000 guichets auprès de la société française Igenico, spécialiste mondial des solutions de transactions sécurisées, en vue de préparer l’introduction des cartes à puce EMV (Europay MasterCard Visa).
On estime qu’il y aura près de 100 millions de cartes à puce EMV en circulation au Canada en 2010, et pas seulement dans le domaine des transactions bancaires. Celles-ci se font aussi une niche sur le marché de l’identité. Environ quatre millions de cartes ou documents dans lesquels est intégrée un microprocesseur (cartes de résidents permanents (Canadian Maple Leaf Card), d’employés fédéraux, passeports électroniques, cartes de transports) auraient été vendus en 2006 (Le Canada adopte le standard EMV).
Desjardins et les banques canadiennes disent introduire les cartes à puce pour combattre la fraude. Certes, mais elles ont en plus le lucratif marché des transactions en ligne dans leur mire (Les cartes à puce EMV élargissent les possibilités). Or, comme le souligne Pierrôt Péladeau, les cartes à puce peuvent être très peu loquaces ou au contraire « extraordinairement bavardes dans le détail des transactions qu’on va faire, et les banques vont avoir accès à ça » (jugez du « ça » par vous-mêmes).
Si nous la laissons décider seule, il y a fort à parier que nous ne cacherons pas grand-chose à notre institution financière préférée de ce que nos cartes à puce auront emmagasiné comme information.
Il y a autre chose. Déjà, les clients de la Royal Bank of Scotland ont pu faire des paiements sans contact à partir de leur carte à puce EMV, à laquelle a été adjoint un mode de paiement utilisant des fréquences radio (RFID). Il est ironique de constater que le mode sans contact se pointe à l’horizon, alors que la promiscuité deviendra de plus en plus élevée entre nos banques et nous.
Citoyen Numérique – Émission du jeudi 10 mai 2007. La chronique de Pierrôt Péladeau est à 42 min 40 sec dans l’émission.
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