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Des Molotov aux Cacatov

 

 

 

Les temps changent, et les cocktails Molotov des années 60 sont remplacés par une arme différente, car elle ne tue pas, contrairement aux armes utilisées par la police, mais elle humilie.

 

 

Au contraire des milices de Castaner, qui affirment viser les jambes, mais visent les yeux, les bouches, avec la volonté évidente de blesser, il y a en face, chez les gilets jaunes, une autre volonté, celle de déclencher le rire, en projetant des paquets de merde sur les hordes hyper protégées de ce que les médias habituels qualifient de « force de l’ordre ».

 

Les manifestants ont appelé cette nouvelle arme le « cacatov  », et elle avait fait son apparition à NDDL.

 

La préparation de ces « bombes à excrément » est relativement simple, puisqu’il s’agit de remplir des petits ballons, et de les fermer hermétiquement, avant de les lancer sur leurs cibles.

 

Quand ils les atteignent, ils éclatent, projetant des éclaboussures nauséabondes qui ne blessent pas les personnes visées, à part leur amour propre, au contraire des grenades offensives, des « LBD » (lanceur de balles de défense), des gaz toxiques, et des autres joyeusetés que le ministre de l’intérieur fait utiliser, affirmant contre toute attente que ses « forces de l’ordre » n’ont jamais blessé personne, dans une forme de déni schizophrène.

 

Il a en effet déclaré : « je n’ai jamais vu un policier ou un gendarme attaquer un manifestant ou un journaliste ». lien

Transmis à un journaliste, qui assure avoir été agressé par des CRS, et qui a décidé de porter plainte. lien

Castaner a franchi récemment un pas de plus dans le déni, affirmant que ses policiers ne visent que les jambes, et qu’ils n’ont d’ailleurs pas le droit de viser la tête. lien

Ce qui n’est manifestement pas le cas.

La déclaration de Castaner est d’autant plus surprenante que ses policiers affirment exactement le contraire, en déclarant que viser la tête est autorisé. Lien

…comme on peut le voir sur cette photo.

En écho à son ministre Macron est sur la même ligne, puisqu’il a déclaré le 7 mars : « ne parlez pas de répression, ou de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un état de droit ».

Le 14 février dernier, des experts de l’ONU avaient dénoncé dans un communiqué l’usage excessif de la force en France…sans beaucoup émouvoir le gouvernement. lien

Devant ce silence éloquent, l’ONU demande maintenant au gouvernement français de faire une enquête sur « l’usage excessif de la force ». lien

Heureusement, tous les élus ne restent pas silencieux, et Dany Kocher, maire de Phalsbourg, en Moselle, a été le premier à réagir, en signant le 9 mars un arrêté interdisant l’utilisation par la police du LBDlien

Revenons au Cacatov

Il n’est pas la seule ABAPA (Arme à Blessure d’Amour Propre Active), le Pipitov est aussi utilisé, avec sa catapulte.

 

Comme l’imagination a toujours été au pouvoir dans ce genre de situation, on ne peut pas imaginer que ce stock d’armes de défense en restera là…

On peut aussi légitimement s’interroger sur les 2 poids, 2 mesures, que pratiquent ce gouvernement : il ne peut arrêter des fichés S à titre préventif, mais il ne se gêne pas pour le faire avec les gilets jaunes.

Une page est donc tournée, et s’il est vrai qu’elle ne sent pas bon, elle est pourtant porteuse d’un message fort.

Les cocktails molotov étaient une arme simpliste, et parfois efficace, car il s’agissait de riposter à la violence des armes létales, par des succédanés, emplissant une bouteille de liquides inflammables, et les projetant sur les hordes de police, avec les résultats que l’on imagine…tout le contraire des cacatov.

Pourtant, la justice est sévère, et a décidé de punir de 3 ans d’emprisonnement, doublés par une amende de 45 000 euros ceux qui décideraient de les utiliser.  lien

Etrange justice qui subit depuis quelques temps d’étranges dérèglements, relâchant des policiers coupables d’un viol, condamnés, mais finalement relaxés.

Etrange gouvernement, aveugle et sourd, avec à sa tête un homme qui envisage le débat comme une tribune dans laquelle il délivre sa pensée paternaliste, allant jusqu’à proposer à ses débateurs le terme de « mes enfants ».  lien

Ce débat est donc en train de finir, et ceux qui dénonçaient un enfumage, pour masquer la colère qui est dans la rue depuis des semaines, attendent peut être en souriant quelle sera la réponse du chef de l’état, face aux doléances de son bon peuple.

Ils sont nombreux à penser qu’il ne sortira de ce « grand débat national » que quelques vagues promesses « qui ne pourront pas être mise en place tout de suite »… « Peut-être à l’horizon 2022 »… juste avant la nouvelle élection… tout comme pour la transition énergétique, l’interdiction du glyphosate… et le reste.

D’ailleurs selon un sondage récent, les 2/3 des français ne croient pas que le gouvernement en tiendra comptelien

Et puis, ce serait oublier que lorsqu’une attente forte n’est pas suivie d’effet, elle engendre une colère à la même hauteur que cette attente.

Quant à la désaffection qui, d’après certains médias, touche les manifestations, on peut légitimement s’interroger sur les 170 manifestants dénombrés à Toulouse par le ministère de l’intérieur, chiffre validé par les médias, mais qui peut surprendre quand on regarde cette courte vidéo.

Et quid de ce motard de la police qui renverse une manifestante, et prend la fuite. Lien

Les gilets jaunes ne baissent pas les bras pour autant et prévoient plusieurs rassemblements pour le 16 mars.

Tout commencera le 14 mars, à la Bourse du Travail, à Paris, en présence de Frédéric Lordon, Hervé Kempf, Priscillia Ludosky, Jérôme RodriguesJuan Branco (l’avocat de Maxime Nicolle), Camille, Assa Traoré, (sœur d’Adama Traoré). lien

Pour Paris, un rendez-vous est fixé à midi, a l’Arc de Triomphe, avec une convergence « gilets jaunes et rubans verts »…

D’autres rendez-vous sont aussi fixés : Pantin, République, Opéra, Madeleine… avec organisation de co-voiturage, de bus…les détails sur ce lien

Mais les manifestations ne seront pas limitées à la capitale puisqu’un peu partout, les gilets jaunes seront là : de Toulouse à Montpellier, en passant par Lille, Marseille, Lyon, Clermont Ferrand, St Etienne, Nantes, Rennes, etc…et pour de nombreux organisateurs, l’acte XVIIIsera décisif…

Il n’est pas non plus inutile de découvrir l’interview de Juan Branco, qui s’exprimait sur les ondes de Sud Radio, chez les « incorrectibles  ». lien

Étrange monde qui nous est donc proposé par la macronie, et comme dit mon vieil ami africain : « parfois la nuit dure longtemps, mais le jour finit toujours par arriver ».

L’image illustrant l’article vient de e-metropolitain

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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