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Des aurores bor?ales et des avions espions, mais pas d?OVNIs en Norv?ge

L’annonce a ?t? faite sous forme de gag?:?le jour d?di? ? la recherche d’UFOs (OVNIs) aux Etats-Unis, la CIA s’est amus?e ? twitter que dans les ann?es 50, en Norv?ge, un bon nombre d’observations de soucoupes volantes n’?taient que la vision des survols ? tr?s haute altitude du fameux U-2, l’avion espion. L’occasion pour nous de revoir un peu ce qu’il faisait ? cet endroit. L’avion mythique avait comme point de chute dans la r?gion un a?rodrome qui avait connu bien des vicissitudes, comme on va le voir. Une base qui n’a pas vu passer que des U-2, les B-45 Tornado et les Canberras anglais s’y posant ?galement, de retour d’exp?dition ou sur le trajet de l’URSS, tous d?sireux de glaner le maximum d’informations sur les bases de sous-marins de la flotte du Nord ou sur les fameux sites de lancements de fus?es qui focalisaient une grande partie des efforts d’espionnage. Comme on va le voir ?galement, cet espionnage n’a pas ?t? qu’une surveillance a?rienne. D’?tranges campeurs jouant ?galement aux touristes, appareils photos en bandouli?re, ont aussi sillonn? toute la p?ninsule scandinave, ? l’aff?t de la moindre information, comme on vient de le d?montrer. La Guerre Froide, en a connu des ?pisodes, d?cid?ment?!!!

On d?couvre l’existence d’une base norv?gienne pouvant accueillir l’U-2 un peu tardivement en fait?; c’est juste apr?s l’annonce de la chute de l’avion de Gary Powers. survenue au-dessus du territoire de l’Union sovi?tique?le1er?mai 1960. En ?tudiant sa trajectoire, on d?couvre qu’il effectuait un vol de longue haleine, puisque parti du Pakistan, il devait rejoindre… la Norv?ge?!!! Rien qu’en ligne droite, cela faisait d?j? plus de 5000 km?!!! L’U-2 ?tait v?ritablement un avion exceptionnel (pilot? par des hommes exceptionnels, r?sistants avant tout ? la fatigue)?!!! L’avion pr?vu au d?part le N?358, avant de d?coller de Peshawar, avait ?t? convoy? de la base turque d’Incirlik par le pilote Glen Dunaway. La mauvaise?m?t?o avait remis la mission du jour, et le pilote Bob Ericson, la doublure de Powers, avait renvoy? le N?358 ? Incirlik, un autre pilote, John Shinn, amenant le N?360 ? la place, ? nouveau d’Incirlik ? Peshawar. C’est l’exemplaire que pilotera l’infortun? Powers.

Le trajet id?al (il ne sera pas en ligne droite, on s’en doute), concoct? par le Pentagone et la CIA, on le voit, passait par au moins deux centres de missiles?; celui de Ba?konour et celui de Plessetsk. Pour ce qui est de celui historique de Kaspoutine Iar, le site historique des fus?es russes, il avait d?j? ?t? document?, gr?ce ? un vol m?connu, celui d’un bir?acteur Canberra anglais, autre appareil remarquable, ?quip? d’une cam?ra de 2,50 m?tres de focale, au sein du « Projet Robin », accept? par Winston Churchill. Parti en ao?t 1953 de?Giebelstadt,?en?Allemagne de l’Ouest, volant ? 14?600?m (48?000?ft) d’altitude, le Canberra avait survol? successivement la?Tch?coslovaquie, la?Pologne?et l’Ukraine?; poursuivi par des Migs-15 trop poussifs pour monter aussi haut que lui, sauf un, qui r?ussit ? lui tirer dessus alors qu’il photographiait la base secr?te de fus?es. Signalons qu’en pur descendant des Mosquitos, le Canberra pr?sentait une d?rive verticale faite aux deux tiers de bois… L?g?rement atteint, il r?ussira ? rejoindre… l’Iran (et la base de?Zahedan), alors alli? des USA et des anglais. Des anglais qui utiliseront aussi des RB-45 Tornado am?ricains bard?s de cam?ras (plus d’une douzaine ? bord) pour leurs incursions en territoire sovi?tique.?Les photos plut?t floues ramen?es par le Canberra britannique ne r?v?leront pas grand chose, mais provoqueront une purge m?morable au sein des forces a?riennes russes, ce qu’on apprendra plus tard par un transfuge. En 1954 c’est au tour du plus performant Boeing RB-47E, parti de la base de la RAF de Fairford, pr?s Oxford, emportant les m?mes cam?ras que le RB-45C, d’aller visiter la p?ninsule de Kola, pour prendre des clich?s de neuf bases de bombardiers russes, de Mourmansk ? Arkhangelsk. A savoir ?galement que Baikonour avait ?t? choisi par les russes en 1955 pour implanter le centre de lancement du?missiles balistique intercontinental?R?7?Semiorka?; le fameux lance-Vostok.?En 1957, c’est ? Plessetsk qu’est install?e la principale base de missiles militaires russe (qui r?cup?re la?R?7?Semiorka?avant d’y lancer les Protons), et de voir lancer toute une rimbambelle de satellites, tous nomm?s « Cosmos » au grand dam de la presse ou des militaires US qui ne savent pas toujours ce qu’ils repr?sententou ce qu’ils emportent?:?ainsi des capsules sph?riques de Vostok, qui emportent aussi parfois des cam?ras ? la place d’un cosmonaute.

Que ce soit pour les U-2, les Canberra,?les RB-45 Tornado?ou les?RB-47E « Stratojet »,?il fallait pr?voir des bases de diversion en cas de p?pin. Dans la p?ninsule scandinave, peut d’endroits se pr?tent ? l’exercice, sauf au nord… Bod?, dont l’histoire est assez surprenante?: la base a connu comme premier support d’envol des planches de bois, sur lesquels se posaient ou d?collaient des Focke-Wulf 190 allemands?! L’a?rodrome a en fait ?t? construit dans l’urgence pendant la seconde guerre mondiale par les anglais, au tout d?but de la guerre de Norv?ge?: la piste est alors fabriqu?e en tourbe tass?e retenue par de simples filets?! Sur ces?540 m de long et 35 m?tres de large s’y poseront les Gloster Gladiator du?263me Squadron de la Royal Air Force et ceux de la force a?rienne scandinave …dans laquelle s’illustrera le lieutenant Dag Krohn, n? en 1912 ? Oslo, en Norv?ge, au sein de la Jagevingen, bas?e ? l’a?roport Fornebu, ?quip?e de sept Gladiators Gloster dont le c?l?bre N?421 de Krohn.?Le 9 Avril 1940, le premier jour de l’invasion de la Norv?ge, les pilotes de la Jagevingen r?ussiront en effet ? abattre cinq avions allemands?: deux Messerschmitt Bf 110, deux bombardiers He-111, et un Ju 52 de transport de la de la Fallschirmj?ge (les parachutistes). Des biplans bien l?gers (? vide ils d?passent ? peine la tonne)?! Le lundi 27 mai 1940?Bod?, est bombard? par les allemands (voir photo). Ils envahissent?la ville.?L’avant-garde allemande n’a pas pas plus de 28 hommes qui arrivent tranquilllement en v?los en ville?!Toutes les troupes norv?giennes et alli?es ont ?vacu? Bod?,?la veille. Il s’installent aussit?t?dans l’a?rodrome et se mettent aussit?t ? l’agrandir pour y poser le?7e escadron de la Jagdgeschwader 5, comportant quinze Messerschmitt Bf 109.?Des Focke-Wulf sont aussi amen?s, qui d?collent sur une piste qui a ?t? renforc?e par des planches de bois, des blockhaus de b?ton ?tant ?difi?s tout autour. En 1943 c’est au?tour des am?ricains d’attaquer et bombarder Bod?,?au?Dauntlesset ? l’Avenger. Le port est en effet devenu cible pour assurer la protection des convois deravitaillement de Mourmansk.

Au sortir de la guerre, on solidifie enfin la piste, qui mesure d?sormais 1 000 m?tres sur 50 de large. Il faut attendre 1949 et l’entr?e de la Norv?ge dans l’Otan pour qu’on se d?cide enfin ? fabriquer une piste plus performante pouvant accueillr des jets plus lourds.?On mettra encore deux ans pour obtenir en 1947 les 2 700 m?tres en dur n?cessaires pour recevoir les bir?acteurs cit?s mais pas l’hexar?acteur B-47, qui d?colle pourtant, on le sait, aid? par des fus?es Jato.?Les 120 m?tres de plus ajout?s, offrant la distance n?cessaire aux?RF-84F Thunderflash?que la Norv?ge venait alors d’acqu?rir.?Et sur lesquels s’entra?nait aussi un?certain Gary Powers, pilote d’U-2.?Un r?seau de radars est ?galement ?difi?, dont le contr?le principal est ?tabli en1956 ? Hernes. Suivent alors les RF-86K, les fameux Super-Sabre, dont l’efficacit? n’est plus ? vanter depuis la Guerre de Cor?e (et Buck Danny??).?Depuis la fin de la guerre froide, Bodo est devenu un?hub arctique civil tr?s pris?.

L’U-2 du g?nial Kelly Johnson?appara?t en 1955 aux USA et entre en service officiellement en 1967. En fait il vole secr?tement avant, et en dehors des USA. Il a ?t? con?u pour espionner l’URSS, et tout de suite on l’y envoie, comme l’a souhait? le Colonel Richard Leghorn, ?l’origine du projet?. Un projet qui a peu co?t?, en prime??: « le 5 novembre 1954, Edwin Land a envoy? un rapport de cinq pages au directeur de la CIA Allen Dulles. Il ?crivait?: « Il a ?t? jusqu’? pr?sent dangereux de survoler la Russie … donc aucun ?tat n’aurait pu courir le risque de provoquer la guerre qu’un programme intensif de survols pourrait produire. Mais, a-t-il poursuivi, le « planeur propuls? sp?cial » propos? par Lockheed « peut aller l? o? nous avons besoin d’aller efficacement et en toute s?curit?. » En outre, ? un prix de 22 millions de dollars pour un lot initial de six avions qui seraient pr?t ? survoler ? moins de 20 mois, c’?tait une bonne affaire?! »?Des vols effectu?s via l’Angleterre ou les bases de l’Allemagne de l’ouest d’un c?t?, de la Turquie (? Incirlik.)?ou du Pakistan (? Peshawar ou ? Lahore) de l’autre. Le?29 avril 1956 un d?tachement de la CIA envoie ainsi quatre appareils ? Lakenheath en Angleterre, un d?ploiement termin? d?s le 4 Mai.?Le 11 juin, fapr?s avoir essuy? un refus de d?collage du sol anglais les quatre engins vont s’installer ? Wiesbaden en Allemagne de l’Ouest, puis ??Giebelstadt en octobre. Et part aussit?t en mission.?« Le 4 juillet 1956, l’U-2 347?pilot? par Hervey Stockman portant les marquages « NACA 187″ effectue le premier vol au-dessus de l’Union sovi?tique. Parti de Wiesbaden vers l’Allemagne de l’Est et la Pologne, avant de traverser la fronti?re sovi?tique pr?s de Grodno en Bi?lorussie. Il survole diverses bases de bombardiers pr?s de Minsk, puis remonte vers le nord pour les chantiers navals et les bases de bombardiers ? Leningrad. Puis repart vers l’ouest pour photographier ??plusieurs bases de bombardiers dans les Etats baltes et est enfin de retour ? Wiesbaden. Un vol de 8h et 45 minutes. Cette mission a ?t? suivie par un radar sovi?tique et un certain nombre de chasseurs MiG a tent? en vain de l’intercepter l’U-2 Cet avion (n?347) est maintenant expos?e au Air & Space Museum national, ? Washington ». Les sites de fus?es sont prioritaires, ainsi que ceux des laboratoires nucl?aires sovi?tiques. Le 5 ao?t 1957,??un?U-2?survole une ville alors inconnue,Tyuratam, et trouve ? proximit? une tour immense de lancement?:?c’est le site des Vostoks, car il est tomb? sur… Ba?konour?! Et la moisson continue?: le?21 ao?t 1957 un vol pilot? par Tomsk Berezovskiy,?parti de Lahore,?survole cette fois Semipalatinsk?:?les photos ramen?es intriguent, et d?s le lendemain un second vol est programm?. C’est celui de la mission?4050, pilot?e par Jim Cherbonneaux qui r?v?le compl?tement le?centre d’essais nucl?aires de Semipalatinsk.?Un vol suivant d?couvre le site de Saryshagan, vital pour diriger par radar les missiles tir?s de Kapustin Yar. La?mission 4059 men?e par Bill Hall?le?10 septembre 1957 sera tout aussi r?ussie?: lors du survol du site de Kapustin Yar?; son avion photographie sur son pas de tir le missile R-12, juste avant que des Migs ne lui tirent dessus. Il repartira en survolant l’Ukraine o? il sera l’objet de tirs de DCA. L’ann?e m?me de sa mise en service, l’U-2 a d?montr? toutes ses capacit?s?: la r?ussite est totale, elle durera trois ans, jusqu’? la chute de l’avion de Gary Powers. Juste apr?s sa chute, et ignorant son sort r?el, les am?ricains peindront rapidement un U-2 aux couleurs de la NACA (future NASA) pour le pr?senter au public comme ?tant celui abattu. La ruse ne marchera pas, les sovi?tiques exposant les vestiges captur?s… celles d’un avion peint en bleu nuit et non en blanc… ? noter aussi que dans leurs « explications » destin?es au grand public candide, les militaires US affirmeront un temps que Powers avait ?t? victime d’une absence d’oxyg?ne, et que, d?c?d? ? bord, son avion avait continu? sa route en ligne droite… vers l’URSS. Une fable qui n’est pas sans quelques ?chos aujourd’hui…
Bod?, n’est donc pas un a?rodrome d’o? partent les U-2?: c’est une base de secours, ou d’arriv?e de vols traversant l’URSS, la base principale des op?rations d’U-2 se situant ? Giebelstadt, en Allemagne de l’Ouest. L? o? a ?t? test? le prototype du Me-262 (? roulette arri?re encore, comme le montre la photo)… La p?ninsule scandinave n’est pas pour autant oubli?e, et ce, d?s les premiers vols?: le?17eme survol de l’URSS lors la mission 2040, le 13 octobre 1957, pilot? par?Hervey Stockman, parti de Giebelstadt, survole d’abors toute la la Norv?ge, puis se dirige vers la p?ninsule de Kola, survolant successivement Polyarnyy, Severomorsk et Mourmansk, pour descendre au sud vers Monechegorsk pour ressortir du territoite russe par le nord de la Norv?ge… et aller se poser ? nouveau ? Giebelstadt apr?s un vol de plus de neuf heures d’o? ?merge un pilote broy? de fatigue. A ce moment-l?, les U-2 ne sont toujours pas peints en bleu nuit fonc??: il ne le seront qu’apr?s les exp?rimentations rat?es sur les « fils » dispos?s autour de l’appareil pour le rendre plus furtif. C’est donc un avion brillant qui survole pendant plusieurs heures la Norv?ge dans ses trajets entre l’Allemagne et les bases sovi?tiques de sous marin de la Marine russe du Nord. Largement de quoi alimenter les visions d’OVNIs… au gr? des reflets du soleil sur les surfaces m?talliques?; comme cela avait d?j? ?t? le cas aux?USA autour de la base 51 lors des tous premiers essais de l’appareil…
La chute de l’avion de Powers ne fut pas sans cons?quences en Norv?ge comme au Pakistan. En position de force avec des d?bris visibles et un pilote captur?, un Nikita Kroutchev en grande forme effectuera un show m?diatique v?ritable, en mena?ant de bombarder en repr?sailles ? l’arme nucl?aire ? la fois Peshawar et?Bod??! Le r?sultat ne se fit pas attendre en Norv?ge?: le ministre de la D?fense Gudmund Harlem fut contraint ? la d?mission le 18 F?vrier 1961, avec comme pr?texte le manque de contr?le sur le colonel Vilhelm Evang, le responsable de la base de Bod?, la Norv?ge retirant en m?me temps ses autorisations aux missions de reconnaissance am?ricaines. Ce qui n’a pas emp?ch? par la suite l’achat de?F-104 Starfighters?dont les?les treize premiers exemplaires?seront livr?s ? Bod? le 7 ao?t 1963.?En1967?les vieux Sabres sont remplac?s par les?F-5 Freedom Fighters, des?CF-104 Starfighter?achet?s au Canada compl?tant la base de?Bod? (avec des pertes, comme avec tous les Starighters?!). La?Norv?ge s’est ensuite ?quip?e du?Falcon F-16?officiellement en 1975, deux des quatre escadrons ?tant stationn?s ? Bod?. Le premier F-16 a ?t? livr? ? Bod? en juin 1982 croisant presque au passage le dernier CF-104, retir? du service le 22 avril 1983. Six ans plus tard, l’Otan met le paquet?et remet ? neuf toute la base…?qui peut accueilir d?sormais des SR-71 en plus des U-2 (ci-dessous la preuve, photographi?e en ao?t 1981, avec un SR-71 bloqu? sur place avec un probl?me d’huile d?tect? sur un moteur, et Bod? comme a?rodrome de secours-?la page compl?te est ici-).?
De nouveaux hangars souterrains sont creus?s?(on en d?compte 43?!) pour?accueillir les nouveaux Falcon. L’arriv?e pr?vue des F-35 (s’ils arrivent ? voler?jusque l? sans br?ler en vol?!) devrait voir fermer la base, les riverains se plaignant trop des survols des avions militaires. Les F-104 avaient ?t? les premiers ? aller scruter de pr?s les avions russes espions, comme l’Ill-38 May?ou le monstrueux « Moss« , ce?Tupolev TU-126 directement d?riv? du TU-114?civil,??quip? d’un radome rotatif fa?on Awacs, photographi? pour la premi?re fois en vol au dessus de la Norv?ge le 6 juin 1968 par?cet appareil.
Pour surveiller les sovi?tiques, il n’y a pas eu que des survols en avion du territoire. Les c?tes scandinaves, objets de l’attention des sous-marins russes?; ont ?t? aussi l’objet d’une surveillance bien plus prosa?que?: on y scrutait les p?riscopes de sous-marin sovi?tiques avec une m?thode bien plus traditonnelle,?a-t-on appris en 2011 seulement.?La marche ? pieds (ou parfois des vols de mongolfi?re)?! C’est en Finlande que ?a s’est pass?, a r?v?l? The Economist dans un surprenant (e excellent) article.?« L’Occident avait un « besoin d?sesp?r? de mise ? jour de renseignements sur les troupes sovi?tiques, la g?ographie des lieux et sur l’infrastructure », comme le note un rapport officiel de l’Etat norv?gien. Donc, au d?but de 1950, les services secrets norv?giens ont recrut?, form? et pay? d’anciens combattants finlandais, qui servaient ? patrouiller comme des gu?rilleros derri?re les lignes ennemies. Ils ont ?t? envoy?s ? l’est ? la fronti?re avec leurs cam?ras pour observer les bases militaires en Car?lie, ? Kola, ou la r?gion de Leningrad. La CIA et le MI-6 britannique ont financ? l’activit?. Deux agents de la CIA finlandais form?s ont m?me envoy? survolant la fronti?re avec un ballon ? gaz. Un certain nombre de personnes ont ?t? tu?es, ou ont disparu au cours de ces operations ».?C’est en effet un pan m?connu de la Guerre Froide, qui s’explique avec l’indigence des renseignements sur la r?gion au sortir de la Seconde Guerre Mondiale.?« Les services de renseignement des ?tats-Unis et l’Arm?e de l’Air des ?tats-Unis disposaient en 1952, sinon plus t?t, d’ensembles disponibles de vieilles photographies a?riennes couvrant quasi-compl?tement, les parties de l’Est et du Nord de la Finlande. Certaines des photos ?taient d’anciens clich?s allemands, et certains montraient ?galement le c?t? sovi?tique de la fronti?re. En 1951-1952, le service de renseignements de l’arm?e (G-2) a souhait? mettre la main sur de nouvelles cartes plus d?taill?es et des photos a?riennes et a choisi le bureau de l’attach? militaire ? Helsinki pour acc?l?rer la livraison venant de Finlande. Toute la c?te finlandaise a ?t? photographi?e par avion. Tous les ports ont ?t? ?tudi?s et cartographi?s ainsi que les routes menant ? int?rieur. Un int?r?t particulier?a ?t? port? aux plages de sable fin et le paysage c?tier plat, ouvert sur le golfe de Botnie. Des points de d?barquement (LPS) ont ?t? marqu?es sur les clich?s »?pr?cise l’article. Pour faciliter la chose encore, des officiers flnlandais sont m?me devenus… am?ricains?:?« aussi, apr?s la guerre, plus de vingt officiers finlandais ont fait d?fection aux Etats-Unis, ont commenc? comme soldats et ont bient?t servis, la plupart du temps comme colonels, dans l’arm?e am?ricaine comme espions dans la guerre de gu?rilla, ou comme experts de la guerre d’hiver. Le Colonel Aladar Paasonen, le chef pendant la guerre du renseignement militaire, a?ainsi aid? le mar?chal CGE Mannerheim a ?crire ses m?moires et a alors commenc? une nouvelle carri?re au service de la CIA ».
Au m?me moment encore, les avions sont toujours utilis?s, et parfois de fa?on fort dangereuse?: ainsi le?8 mai 1954, o? deux Boeing RB-47E Stratojets envoy?s par le SAC pour photographier des bases militaires dans le nord-ouest de l’Union sovi?tique se font poursuivre par des MiGs 19, l’un des deux RB-47 est touch? et riposte en tirant lui aussi sur les avions russes. La poursuite les a amen?s tous deux au dessus de la Finlande?! Les deux parties plus tard nieront bien s?r l’incident?et la Finlande se taira elle aussi, contrainte et forc?e?: ? l’?poque, le pays n’a pas eu un seul radar ou avion de chasse dans la partie nord du pays?!!! Au sortir de l’?v?nement qui aurait pu ?tre dramatique, le SAC recommande l’usage de l’U-2, jug? plus inaccessible, au dessus de la Finlande… le 1er juillet 1960,?c’est un autre RB-47?(le N??53-4281) du 343th Strategic Reconnaissance Squadron et du 55th Strategic Reconnaissance parti de la base de la Royal Air Force de?Brize-Norton,?qui se fera carr?ment descendre?par un MiG-19 au nord de Mourmansk, tomb? en mer de Barents avec six hommes ? bord, dont les trois sp?cialistes des communications enferm?s dans leur cylindre en soute principale, ? la place des bombes.Ceux-l? ne survivront pas ? la chute, les seuls survivants ?tant le navigateur John McKone, et le second pilote, Freeman Bruce?Olmstead, qui ont r?ussi ? s’?jecter, ? ?tre rep?ch?s par un bateau russe et se voir emprisonn?s ? la prison de Lubyanka ? Moscou, pour espionnage. Il seront lib?r?s le 24 janvier suivant. Le premier pilote,?Maj. Willard Palm, ?ject? lui aussi, ?tait entre temps mort de froid dans les eaux glaciales avant d’?tre rep?ch?. Le principe du compartiment renfermant les techniciens dans la soute ? bombe fut aussi appliqu? au B-52, comme on le voit ici sur le clich?. En cas de p?pin, cela devenait un cercueil assur? pour ses occupants?!

Un homme surprenant va s’illlustrer dans cette qu?te faite en grande partie « p?dibus »?:?Jesse Cyrus Drain Jr,?un am?ricain, lui-m?me flls de colonel. Des am?ricains visiblement fort marqu?s par les difficult?s rencontr?es par leurs troupes lors du d?barquement, et surtout apr?s, perdus dans la campagne normande et ses paysages mal connus, visiblement?:?? »En 1952, des cartes et des photos de foss?s sur les prairies, les champs et des marais ? travers la Finlande ont ?t? demand?es, ainsi que des plans de d?veloppement de foss?s en g?n?ral. Les repr?sentants du bureau de l’attach? militaire devaient se rendre ? la c?te du golfe de Botnie et?aller sur place, voir les foss?s eux-m?mes, ??si possible??. Pour d?terminer combien cela g?nerait l’avanc?e des troupes motoris?es. Les troupes auraient un moment devant elles des routes en mauvais ?tat et la neige de la Finlande. Les Finlandais pensaient aussi que pendant l’hiver US Air Force ne pouvait pas voler du tout en Finlande, et ? l’?t?, les a?rodromes finlandais ?taient en tr?s mauvais ?tat, ainsi au d?but de 1950, seulement trois d’entre eux avaient un tarmac utilisable.?L’ambassade des ?tats-Unis d?ployait une grande efficacit? gr?ce au d?partement de l’attach? militaire, et aux nombreux officiers parlant le finlandais. Un rapport secret du d?partement de contre-espionnage de l’?tat-major finlandais a d?clar? en 1953?: « L’une des principales t?ches des attach?s militaires occidentaux est d’?tudier notre pays comme une future zone de combat, qui est pr?vue pour devenir occup?e par l’Union sovi?tique et donc de le reconqu?rir – ou au moins d’engager les troupes ici – et cela devrait ? un moment donn? ?tre possible ».?Un r?pertoire effectu? alors que la Stasi de l’Allemagne de l’Est r?dait aussi en Norv?ge…?? »L?unit? Est-allemande charg?e?de l?espionnage en Norv?ge s?appelait III/A/2?: elle couvrait aussi le Danemark, la Su?de, la Finlande, l?Autriche, la Suisse, le Portugal et l?Espagne. Le d?partement comptait 20 employ?s… L?un des agents avait pour nom de code… Marcel?! On sait qu?il ?t? tr?s actif, mais Jusqu?? aujourd?hui, absolument personne ne sait de qui il s?agit. Il est probable qui soit Norv?gien… »?pr?cise SeenThis, qui retorque que les norv?giens rechignent toujours ? en parler… car ce serait en m?me temps reconna?tre leur collaboration intense avec la CIA am?ricaine, sans doute. Une collaboration secr?te qui et all?e tr?s loin comme on va le voir…
?Drain, de la 75eme division, pouvait facilement superviser les ?tendues de prairies norv?giennes ou finlandaises, car il avait lui-m?me combattu h?ro?quement en Normandie puis en Belgique, lors de la?terrible bataille des Ardennes?(« Battle of the?Bulge »)?notamment ??Ville du Bois et Petit-Thier, o? ?tait parvenu le?2e Bataillon de la 290e et 291e d’infanterie, et o? l’artillerie avait rencontr? une forte opposition et contre-offensive allemande r?ussie. « Les actualit?s cin?matographiques?pr?sent?es apr?s la bataille des Ardennes, qu?elles soient allemandes ou am?ricaines, montrent in?vitablement les images apocalyptiques prises apr?s l?accrochage de Poteau. On peut y voir des Waffen-SS triomphants, en train de se partager des rations et des cigarettes am?ricaines, sur fond de Half-Tracks encore en feu. « ?L’endroit sera l’objet d’un?massacre de prisonniers am?ricains?que l’on inclut dans ce qui est appel? le massacre de Malmedy, perp?tr? par?le SS Joachim Peiper?et ses subordonn?s.?Un coup direct sur ??un chasseurs de chars am?ricain avait d?clench? un incendie qui avait?enflamm? les munitions stock?es, Jesse Drain alors lieutenant-colonel, avait ?vit? le pire ? ce moment-l??et recevra la Silver Star pour cet acte de bravoure (en Cor?e il recevra une seconde Silver Star, une Bronze Star for Valor, la Soldier?s Medal, et la Legion of Merit). C’est en effet le m?me h?ros qui va s’llliustrer dans cette patiente cartographie scandinave car c’est?« un attach? am?ricain, le colonel Jesse Drain, et ses collaborateurs qui ont photographi? et mesur? les ponts, les routes et les postes frontaliers en Laponie en ao?t 1962 et ont alors ??exceptionnellement et effront?ment », d? quitter le pays. Les Finlandais ?taient ?galement pas moins ?tonn? d’assister au passage des agents de travaux publics un fonctionnaire de l’ambassade travaillant pour la CIA marchant aux c?t?s des fonctionnaires du gouvernement finlandais, et demandant le poids des tanks que pourraient supporter certains ponts.?Le chef du renseignement norv?gien Vilhelm Evang a expliqu? ? ses coll?gues finlandais pourquoi Drain avait ?t? si actif. Les Sovi?tiques avaient alors tir??leurs missiles en mer Arctique ? partir de leurs sous-marins atomiques sur une distance de 650 kilom?tres, et d’autres missiles avaient ?t? lanc?s depuis le continent vers la mer. Le renseignement am?ricain ?tait en ?tat d’alerte, et avait ?t? demand? ? ses agents de « d?couvrir tout ce qui ?tait possible dans les r?gions au nord, m?me les moindres d?tails. »
Selon certains,?Vilhelm Evang et Jens Christian Hauge, ministre de la D?fense norv?gienne, cr?ateurs du?Norwegian Intelligence Service (NIS) ?taient aussi responsables de la cr?ation d’un r?seau de « stay-behind » fa?on Gladio en Norv?ge, appel? ?trangement? »Rocambole » (ROC en abr?vi?).?Comme exemple de cette dualit?, pendant la guerre, Hauge avait voyag? ? Londres sous une fausse carte d’identit?, celle de l’ing?nieur Ole Lange. En 1948, devenu ministre de la D?fense norv?gienne, Hauge en avait cr?? une autre, sous le nom de « sergent Par Kristiansen. »?Une v?ritable arm?e secr?te s’organisait alors gr?ce ? eux ?quip?s de mat?riels radios fournis par le MI6 anglais. Comme formateur, ils avaient le major Sven Blindheim, ancien r?sistant dans le r?seau norv?gien Milorg?qui servait d’instructeur ? la ??Nursery??, le centre de formation aux op?rations sp?ciales situ? ? Fort Monckton, en Grande-Bretagne?; o? on trouvera aussi des italiens du Gladio. Blindheim finira par se f?cher avec ses amis et sera m?me condamn? pour avoir r?v?l? les secrets du mouvement?stay behindnorv?gien. Jens Christian Hauge avait ?t? le chef fort actif du r?seau de r?sistance Milorg durant la Seconde Guerre mondiale, et ?tait aussi devenu agent de l?OSS (le pr?curseur de la CIA).?Ce qui expliquerait grandement les facilit?s dont ? b?n?fici? Drain pour sillonner tout le pays… le contact entre le NIS et la CIA s’appelant?Alf Martens Meyer. Dans son livre de m?moires, paru en 1978, William Colby, le responsable de la CIA?; confirmera bien l’existence du r?seau norv?gien de?stay behind.??Mais il faudra attendre 1995 pour qu’un ouvrage norv?gien sign??Ronald Bye et Finn Sjue confirme d?finitivement l’existence de cette arm?e secr?te?(« Norges Hemmelige Haer ? Historien om Stay Behind« , ou?« L?Arm?e Secr?te Norv?gienne. Histoire du Stay-Behind »). En r?alit?, comme le dit l’ouvrage? »Les r?seaux stay-behind en France?: 1945-1962« ,?« except? l’Islande, qui ne disposait pas d’arm?e, et le Canada, qui n’?tait pas sous le coup?d’une invasion sovi?tique, tous les quatorze autres pays membres de l’OTAN avaient des?arm?es?stay-behind,?ainsi que les quatre pays neutres?: Suisse, Su?de, Finlande, Autriche. Il fut d?couvert que les services secrets des pays concern?s entretenaient des arm?es secr?tes en?relation avec la CIA et le MI6, qui leur fournissaient du mat?riel militaire dissimul? dans des?caches d’armes, des moyens de communication??Contrairement au Parlement et ? la?population, les membres de ‘ex?cutif de chaque Etat ?taient tous au courant de ces activit?s?clandestines, mais n’avaient qu’un faible, voire aucun, pouvoir sur les arm?es secr?tes et sur?l’ing?rence des services secrets anglo-saxons dans leurs affaires int?rieures »
La moisson r?unie au sol par Drain sera de fait assez ph?nom?nale?:?« les n?gociations avec le service de cartographie finlandais ont donn? des r?sultats?: dans les ann?es 1950, les Finlandais on remis aux ?tats-Unis pas mois moins de 100 000 exemplaires de cartes de photos a?riennes et des photos de zones dont ils n’avaient eux-m?mes pas les cartes. De m?me, les services secrets su?dois ont obtenu des Finlandais toutes les cartes, les photos et les cartes marines qu’ils voulaient.?En retour des photographies sur papier de bonne qualit??, les Am?ricains ont envoy? aux Finlandais (600 000 de pages envoy?es par la valise diplomatique) des renseignements sur ??les pays socialistes. Tout ?tait tr?s secret, parce que la divulgation de cette disposition entra?nerait des difficult?s avec des cons?quences d?sastreuses.?La livraison de photos a continu? jusqu’? la deuxi?me moiti? des ann?es 1970, et ? la fin les Finlandais ont eu des photos satellite en retour. Le contre-espionnage finlandais remarqu? que les agents am?ricains avaient eu des contacts directs avec le service officiel de cartographie, et les officiers finlandais ne portant pas d’uniformes ont ?t? vus se rendre ? l’ambassade am?ricaine pour ?changer des donn?es ou du mat?riel. » On est loin des extra-terrestres, avec cette nu?e de touristes d?guis?s photographiant?patiemment tout le pays… en cas de conflit futur?!
Restons sur terre, en effet. En Norv?ge, en fait, des OVNIs intriguent depuis longtemps, ou plut?t des lueurs ?tranges que la CIA serait bien incapable d’expliquer par des vols d’U-2. Et?ce ne sont pas les magnifiques aurores bor?ales, communes plut?t ici,?comme celles qu’on peut admirer ? Trondheim?et qui ravissent les touristes.?Le?ph?nom?ne se produit ? Hessdalen depuis des ann?es?(au point qu’on y a install? une?station automatique pour filmer les ?v?nements?!).?Selon une explication r?cente plausible, la nature des terrains de la vall?e dont une rivi?re charriants des compos?s sulfur?s et des pentes aux roches ferriques se comportant comme une?vraie pile ?lectrique serait ? l’origine du ph?nom?ne, l’air s’ionisant naturellement sous leur influence pour cr?er ses effets lumineux. D’autres ?voquent le radon dont est aussi charg? le sol des lieux. Il n’emp?che?: la vid?o des « orbs » ainsi cr??s et?tout ce qu’il y a de plus saisissante?! Pour en revenir ? notre OVNI brillant pos? ??Bod?, difficile de savoir lequel exactement??t? r?sident l?-bas. Au mus?e de?Bod?, on en a bien un, tout noir, suspendu au plafond du b?timent?du?Mus?e de l’Aviation du pays.?Le hic, c’est qu’il arbore le N?56 953.??Or ce num?ro correspond ? un avion biplace d’entrainement U-2 CT, aper?u ? Beale (en Californie) en 1986 pour la derni?re fois, selon des techniciens l’ayant crois?. Deux mod?les de U-2 A ont ?t? transform?s sur place en biplaces?: les?56 6721 et 56 6953.?Il semble bien que c’est le m?me qui est suspendu ??Bod?, comme l’est celui install? au?mus?e anglais de Duxford.?Celui-l? porte le num?ro 66 692, alors que c’est le 56 692 au d?part, lui aussi reconverti en U-2 CT en 1972 apr?s un incendie ? bord?et?redevenu ? nouveau « single ».?Cet avion ?tonnant ? l’art d’entretenir le myst?re jusqu’au bout…
une source int?ressante sur l’U-2?:
une bio int?ressante de pilote de RB-47E
sur les vols espions
sur la « capsule » emport?e par le B-47

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