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Derrière le procès de Bouaké, l’ombre pesante des marchands d’armes en Afrique (11)

Le goût prononcé pour la chose aérienne chez David Tokoph, marchand d’armes, est allé loin, on l’a vu déjà, avec l’achat et l’entretien fort onéreux d’anciens chasseurs de l’armée de l’air US. L’un des plus beaux fût est sans conteste son F-100 Super-Sabre, redécoré par ses soins aux couleurs de la patrouille nationale des Thunderbirds. Un Tokoph qui affichait ici son nationalisme flagrant… qui le verra s’insérer à la fin de sa vie dans un jeu politique inattendu, celui d’un rapprochement de certains pontes de la droite américaine avec des amis de Vladimir Poutine, préfigurant tout un cirque auquel va s’adonner (et s’adonne toujours) l’actuel occupant plutôt dérangé de la Maison Blanche. Paul Manafort, qui avait déjà reçu des émoluments de la CIA pour avoir aidé Jonas Savimbi, le fondateur de l’UNITA, n’étant pas étranger à ce rapprochement…

Un Supersabre bien trop bruyant 

David Tokoph aimait voler, on l’a dit. Une passion véritable allant parfois jusqu’à l’excès. Un énième texte juridictionnel en témoigne : c’est la contestation le 11 septembre 2003 devant la « UNITED STATES COURT OF APPEALS FOR THE FIFTH CIRCUIT » de la révocation de sa licence de vol, retirée pour avoir volé trop bas à bord de son F-100 N26AZ, et surtout trop bruyamment au dessus de Lordsburg (un peu plus de 3000 habitants), situé près de l’aéroport de New-Mexico. Il était passé à basse altitude, train rentré, à 300 nœuds (555 km/h, écopant directement d’une amende de 91 319 dollars. Il avait nié l’avoir fait de façon irresponsable, affirmant avoir eu « l’autorisation orale » d’un contrôleur, car il était en phase d’atterrissage… ce qui était manifestement faux. Sa demande de retrait de suspension avait été logiquement rejetée.
La même année, le War Eagles Air Museum lui avait décerné » le prix du public pour son F-100F « Nine ». L’avion avait gagné le même jour le prix de l’avion le plus rapide présent sur place, avec « mach 1,6… » : or un Supersabre ne dépasse pas Mach 1,3, même un… F-100 danois. David Tokoph avait-il des origines marseillaises ??? L’avion lui-même et sa décoration avait aussi posé problème : les Thunderbirds sont une réelle institution là-bas et l’usage de leur image est fort précautionneuse et réglementée. Nul doute que l’inscription US Air Force sur ses flancs avait fit grincer des dents. L’appareil racheté par David Tokoph en possédait une bien plus classique auparavant, celle des Air Guard du Nouveau-Mexique (ici à droite dans le hangar d’El-Paso). C’était le F-100 56-3844, passé chez Flight Systems Inc à Mojave, Californie en octobre 1982, devenu le N3251X. Après un séjour au Danemark puis en Italie au nom de Flight Systems Inc, le F-100 était passé chez Grecoair, pour y devenir le N26AZ. Vendu par Tokoph à Frank Dworak, de Rocky Hill dans le Connecticut, en février 2011, il a été ensuite racheté par la célèbre Collings Foundation de Houston, Texas, pour être repeint aux couleurs plus conventionnelles des opérations au Viet-Nam.

Un avion repeint pour célébrer la carrière de Colonel George « Bud » Day, qui en 2011 retrouvera « son «  appareil, un Fast Forward Air Controller (Fast FAC) AF63951 surnommé « Misty 1» et le pilotera même, alors âgé de… 86 ans (il décédera deux ans plus tard). Le 26 août 1967 il avait été capturé par les Viet-Congs et avait été torturé, se retrouvant en décembre dans la même cellule que John McCain. Il sera libéré 6 ans plus tard, le 14 mars 1973. Il a été élevé de façon posthume au rang de brigadier général fort récemment, le 8 juin 2018. Très à droite, il avait fait parti de Swift Boat Veterans for Truth, un mouvement anti-Kerry…

 

Autre particularité devant le hangar de la rue Boeing Drive, à El Paso

Devant le petit hangar de David Tokoph sur l’aéroport d’El Paso, il n’y a pas eu que son Gulfstream NB1 ou ses Dart de disposés (un encore décoré comme avion cible, l’autre déjà refait). Sur une photo aérienne on distingue en effet un autre appareil, heureusement lui aussi fort reconnaissable avec son aile reculée vers l’arrière et traversant son fuselage : un appareil de la lignée des Rockwell Aero Commander, sans aucune hésitation, version « jet » ou plutôt « JetProp ». Pour y arriver il a fallu attendre la fabrication du petit réacteur General Electric CJ-610. Il équipe en 1961 un fuselage de « Model 680FLP Pressurized Grand Commander » et le nouvel avion vole pour la première fois ainsi le 2 janvier 1963. Pris dans des tourbillons financiers, Rockwell, qui fait l’erreur de racheter alors North American qui possédait un sérieux concurrent avec le Sabreliner, abandonne le marché et revend tout en 1968 à Israel Aircraft Industries, qui hérite dans le deal de 49 cellules pas terminées. Dès 1969, celle-ci sort le « IAI 1121 Commodore Jet » et, en septembre 1970, son successeur le modèle 1123, devenu « Westwind », puis un Westwind 1 remotorisé avec des Garrett TFE731. Un modèle 1124 Westwind II reconnaissable à ses winglets sortira plus tard. Chez Tokoph, deux appareils de la série font partie de son harem aérien : le N379TH, un Rockwell de type 1121 acheté en août 1983 et le N866JM, un IAI 1123 l’année suivante. Le premier ne dispose pas de réservoirs en bout d’aile, le second si. C’est donc le N866JM qui a été pris en photo par le passage du satellite de Google Earth (la photo a été mise avec le nord vers le bas pour mieux distinguer l’IAI)… en 2012 encore (en 2013 il sera poussé un peu plus loin sur le parking). Pourquoi ce goût un peu spécial pour ce genre d’engin qui pouvait paraître désuet ? Un lecteur en forum nous rappelle ses talents cachés « en plus d’être l’avion le moins cher disponible capable d’un véritable vol intercontinental » … Le livreur d’armes faisait aussi dans les investissements calculés au plus juste !

Un bien étrange record de vitesse

De tous les avions utilisés par David Tokoph, l’un des plus intrigants est un avion bien ordinaire : un Gulfstream, immatriculé N436JW. Un vieil appareil en réalité : il a débuté en 1969 chez Kaiser Industries (N116K) avant de devenir Bank of America, Andorra Aviation (N555CS), puis Turnberry Charters Inc (N920DS) et Northwestern Aircraft Capital Corporation (N436JW) en 1999, au bout de trente ans de carrière déjà il est acheté par David Tokoph. Ce dernier, de 1999 à 2010, le fera changer quatre fois d’immatriculation (et revenir N436JW en 2008 pour des raisons qui demeurent inconnues). Le plus étrange étant un voyage présenté comme une tentative d’établir un record du monde incongru, celui d’un liaison entre la Sibérie et El Paso, l’aboutissement d’un périple autour du monde entrepris sans qu’on sache trop pourquoi en mars 2009. C’est le site de la NAA (National Aeronautic Association) qui l’avait confirmé « David P. Tokoph et Brad D. Donner ont été reconnus pour un record dans la classe C-1.k, groupe III (avions à réaction pesant entre 55 116 et 77 162 livres) pour la vitesse sur un parcours reconnu d’Anadyr, Russie, à El Paso, Texas : 473,98 mph (762 km/h  quand même !) dans un Gulfstream G1159B. C’était le premier vol sans escale de la Russie à atterrir à El Paso, où le pilote a ravi ses bienfaiteurs avec de la vodka apportée de Russie qui a été correctement déclarée aux douaniers américains ». Brad Donner est un collectionneur fortuné (il soutient aussi le Flying Circus de Franklin et son étonnant Demon-1 Bi-Plane « Dracula » d’acrobatie) qui a acheté en 2004 un rarissime Fairchild 24 Argus / C-61 Forwarder, le NC77605, un avion nécessitant une longue restauration (il est en bois) expliquée ici. Un vrai fan d’aviation. A bord il y avait, outre Tokoph, des amis, dont George A. Krug un ancien ingénieur de la General Electric Company, actif au sein de la Sandia Presbyterian Church, et un dénommé Otto Stunke, Nozipho Prokop (ici à gauche) étant l’hôtesse sud-africaine à bord. Mais pourquoi diable se rendre à Anadyr ? Pourquoi donc avoir choisi ce coin perdu de Sibérie si cher à Roman Abramovitch, dont la fortune provient de Sibal et son aluminium de… Sibérie, le voisin de d’Alexandre Khloponine, le directeur général de Norilski Nickel, tous deux devenus un temps gouverneurs des districts autonomes du Taïmyr et de la Tchoukotka ?

Peut-être bien pour y rencontrer Vladimir Nazarov (ici à gauche), nouveau maître des lieux, officiellement nommé par Vladimir Poutine à la lutte contre le terrorisme, mais aussi chargé de de la Géorgie et de la Transnistrie (où la vente d’armes est une première nature…).  Car l’homme connait très bien les USA : de 2003 à 2007, il avait aussi été le représentant du « Foreign Intelligence Service of the Russian Federation » (1) (le fameux SVR), à Washington, sous la couverture de conseiller supérieur de l’ambassade de Russie à Washington… N’aurait-on pas ce jour-là posé les jalons de tout autre chose en politique à venir (Obama venant d’être réélu en 2008) ???  Des jalons présents et visibles sur les pulls brodés pour la circonstance (ici le détail de celui porté par David Tokoph) qu’arboraient fièrement les passagers de l’appareil : on distinguait en effet les deux drapeaux russes et américains, réunis « amicalement ». Nazarov a été éjecté par Poutine en octobre 2016, sans aucune explication (à part la paranoïa ?). Paul Manafort, homme de Trump alors (en 2018) sous bracelet électronique, faut-il le rappeler (et depuis condamné et en cellule), avait beaucoup œuvré pour Mobutu Sese Seko, dont il avait reçu 1 million de dollars en 1989,  Mais aussi avec… Savimbi, le leader noir très proche de Tokoph ! Manafort, du team de Reagan, coordinateur de sa campagne électorale, ne pouvait avoir ignoré le rôle d’Oliver North, devenu sans trop qu’on s’en aperçoive le 7 mai dernier, le nouveau président de la NRA, le lobby des armes indivuelles aux USA !!! L’homme qui a vendu jadis des armes à l’Iran est désormais le meilleur allié de Donald Trump, qui ne veut pas entendre parler de l’Iran !!!

Un rappel saisissant 

C’est l’excellent War Is Boring et Sébastien Roblin qui nous l’ont rappelé le 7 juillet 2016 :  Paul Tokoph n’est pas le seul américain a avoir aidé Savimbi : « Manafort s’est envolé personnellement en Angola pour inciter Savimbi à lui verser 600 000 dollars par an entre 1985 et 1992 afin d’améliorer sa réputation à Washington – une taxe que Savimbi pouvait se permettre grâce à sa vente de diamants de sang. Savimbi s’est rendu à Washington, où il a prononcé des discours à la Freedom House, à la Heritage Foundation et à l’American Enterprise Institute. À cette occasion, l’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, Jeanne Kirkpatrick, a présenté Savimbi comme «un linguiste, un philosophe, un poète, un politicien, un guerrier … l’un des rares héros authentiques de notre époque» Savimbi a même eu une séance photo avec Reagan. Les honoraires de Manafort se sont plus que remboursés puisque Savimbi a reçu plus de 34 millions de dollars d’armes lourdes canalisées par la CIA, grâce à une motion présentée par le sénateur Bob Dole.  Les forces de l’UNITA et les troupes alliées sud-africaines se sont livrées à des batailles conventionnelles intensives contre le MPLA, soutenu par les troupes cubaines et les armes soviétiques. Les responsables à Washington ont justifié leur soutien à Savimbi au motif qu’il était anti-communiste. Mais même si Cuba et l’Union Soviétique se sont retirés d’Angola et de Washington pour mettre fin à la guerre, le contrat de Manafort avec Savimbi est resté actif jusqu’en 1992 – et l’argent américain a continué à remplir les coffres du seigneur de la guerre. Savimbi a saboté plusieurs accords de paix visant à mettre fin à la guerre et a rejeté une élection de 1992 qu’il a perdue ». Manafort, utilisateur en août 2016 d’un bien surprenant jet : le Gulfstream G550 M-ALAY appartenant à Oleg Deripaska, fondateur de Basic Element un conglomérat industriel énorme en Russie. L’avion a été photographié ici à droite sur l’île de Man le 29 février 2013 par Jon Wornham.

Une explication plus simple

Le record de traversée en Gulfstream a eu lieu le 4 mars 2009 (enfin ils étaient arrivés… le 3 mars à Anadyr car ils avaient changé de fuseau !). Or quelques mois plus tard, le même Tokoph effectue un trajet à bord d’un appareil bien plus imposant : un Boeing 767, qui effectue sous ses commandes le trajet Budapest (BUD) – Addis Abebba (ADD), le 25 septembre. Il ramène ainsi lui-même son nouvel (et lourd) investissement : le Boeing 767 -266 (23180-99), immatriculé N573JW acheté à une société russe appelée Kras Air, (de Krasnoyarsk en effet) qui venait de faire faillite en ayant laissé son appareil à Budapest depuis le 1er octobre 2008. Un ancien Egypt Air et South African Airways, un appareil fort prisé pour sa grande capacité et qui est toujours produit !!! .  Or Kras Air, ancienne sub-division d’Aeroflot Krasnoyarsk – Yemilianovo devenue Air Bridge Alliance, puis AirUnion, en 2005 était tombée, victime de la crise des prix du pétrole de 2008, n’est pas n’importe quelle entreprise. Dirigée par Boris Abramovich elle a en effet été rachetée par Sergey Viktorovich Chemezov, qui est aussi le responsable chez Rostec Corporation (ancien Rosoboronexport) et qui est également… lieutenant-général, ne l’oublions pas. L’idée étant de la réunir à d’autres pour former Russian Airlines et créer ainsi un concurrent d’Aeroflot !!! Mais pas que cela on s’en doute !!! L’homme a habité jadis dans le même bloc d’habitation que celui de Poutine quand ils travaillaient tous deux au KGB !!! Le 26 novembre 2007, il a été nommé directeur de la Russian Technologies Corporation (il dirige alors les ingénieurs dans le pays).  Le New-York Times évoquait ainsi la reprise en mains du secteur aérien par ce proche de Vladimir : « ‘de manière surprenante, la nouvelle société a de puissants bailleurs de fonds. Il est détenu à 50% par la ville de Moscou et à 50% par l’un des poids lourds du nouveau mélange d’entreprises publiques et privées qui a émergé sous la direction de M. Poutine, Sergei V. Chemezov, un ancien K.G.B. collègue de M. Poutine. Les deux ont servi ensemble à Dresde dans les années 1980. La société de M. Chemezov, Russian Technologies, a récemment pris son essor. Sa position dominante est Rosoboronexport, le monopole d’exportation d’armes de plusieurs milliards de dollars, mais elle s’est étendue aux métaux, aux automobiles et à la haute technologie. Et en signe de l’influence des nouveaux propriétaires – et un présage inquiétant pour Aeroflot – Yuri M. Loujkov, le maire de Moscou, et M. Chemezov ont demandé aux régulateurs d’état d’arrêter les frais de 300 millions de dollars par an versés à Aeroflot par des compagnies aériennes étrangères. Les entreprises lui versent des droits de voler au-dessus de la Russie, et fournissent ainsi un avantage injuste au transporteur national. La rivalité est aussi personnelle. M. Lebedev, critique de la gestion de Moscou par M. Loujkov, s’est opposé à M. Loujkov pour le poste de maire. » Bref, voici l’avion d’un homme fort du régime de Moscou, qui vient d’être racheté par un américain qui ne cache pas ses goûts politiques penchant fortement à droite !!! Avec qui donc David Tokoph avait-il bien pu négocier l’achat de son Boeing 767 russe ? Et à quel prix ? Ou quelles conditions ? N’aurait-il pas fait un trajet express en Gulfstream pour préparer cette vente surprise ? Ou même la régler financièrement en cash, pourquoi pas ? Question surprise, une plutôt mauvaise pour Chemezov l’attendra le 28 avril 2014 :  il se fera en effet rembarré ce jour-là à son entrée aux USA par l’administration Obama, qui avait vu en lui un espion économique sinon un espion tout court !!! D’où l’idée du record bidon pour masquer des contacts inavouables ? La mort prématuré de Tokoph modifiant tout (et en particulier la délicate gestion de cet héritage votant encombrant)… L’ex EI-GBA en tout cas était bien devenu le 28 mai 2010 le ZS-IJB de Interair South African pour repasser chez Eastern Airlines (N928SS) le 14 mai 2018 seulement (mais avoir changé 4 fois de main de novembre 2017 à avril 2018). Sur Google Earth, on distingue qu’il a été « ramené» à El Paso en 2015 et qu’on lui a fait changer de place en octobre, pour rejoindre l’espace dévolu au hangar de Tokoph, devant son McDonnell 19 et le B-727 3D-BBQ.

Puis il a été relocalisé un peu plus loin au nord, jusque 2017, au moment où il a été racheté. Depuis la mi-2017 il n’y est plus visible, seul est resté le Boeing « des prisonniers » (du JTPAS) sur l’emplacement; celui de SportHawk (bleu foncé à tête de faucon) a lui aussi disparu depuis. Quant au prix d’achat du gros 767, allez donc savoir combien…  les patrons de Google avaient acheté en septembre 2005 un Boeing 777-200 qu’ils avaient payé 15 millions de dollars seulement, le N2767 qui datait de 1987. Le prix d’un jet privé plus classique d’une dizaine de places !!! Sur les 28 avions convertis en cargo en 2017, 24 ont été des Boeing 767-300, la principale demande venant de l’unité du Prime Air d’amazon, qui en a fait modifier 16 dont 5  modèles 300ER BCF, et 11 300ER BDSF. On ne sait si le désir de Tokoph était de même et d’en faire un avion-cargo. Ci-dessous vus du sol les trois 727 de Tokoph en mars 2017 (ce qui correspond à l’image du milieu, rangée du bas, sur Google Earth  :

Le B767-266ER de Tokoph, ancien Egypt Air au départ en 1984, toujours enregistré chez Aviation Consultants N928SS en 2017 (après sa mort donc, mais racheté par Odyssey Air Finance LLC), est passé chez Eastern Airlines le 29 mars 2018, ensuite été loué via KMW Leasing à Sunwing du 22 juin au 19 août 2019, puis a été retourné à Eastern Airlines en mars 2019, devenu N605KW passé par Baltimore pour atterrir à Miami. Il y a un mois il volait encore :

Les coupés-collés de Gulfstream de Tokoph 

A lire la liste, on peut imaginer que David Tokoph aurait été à la tête d’une flotte de 5 Gulfstream, en plus de ceux vus ici avant. En réalité il n’en a eu que deux : un modèle II et un modèle IV. En  janvier 2004, apparaît chez lui le premier, celui du record, immatriculé N436JW, le plus connu aujourd’hui, ex Northwestern Aircraft Capital Corporation, démarré Kaiser Industries en 1969; c’est dire qu’il n’était plus tout jeune déjà lors de son achat, un appareil qu’il rebaptise 3D-TCB en mars de la même année, puis qu’il fait devenir 5 mois plus tard le 7P-TCB, enregistré le 27 août 2004. Il redevient N436JW en 2008 pour changer encore en N1B  le 29 novembre 2010… mais c’est bien toujours le même appareil et le même propriétaire comme on l’a vu. Le second est plus moderne, c’est le N180CH, un Gulfstream IV, cette fois arrivé le 15 décembre 2012 (photo ici à droite de Burmarod). Il date néanmoins de 1993; c’est un ex AT & T Resource Management Corporation N212K racheté à Canal Air LLC par David Tokoph en décembre 2011. Mais celui-là aussi mérite un chapitre pour lui tout seul…

D’Anadyr à Abidjan ?

D’Anadyr à Abidjan ? Une fois son record effectué, l’appareil avait été retrouvé à la fois à Lanseria, son port d’attache, mais aussi en côte d’Ivoire, où il avait fait scandale, en arborant à la place du slogan du record celui du candidat Ouattara («Solutions pour la Côte d’Ivoire' », bien visible ici à droite)…

Une fois le propriétaire marchand d’armes découvert, le futur président avait plus ou moins évité de sillonner le pays avec. On l’avait photographié le 29 octobre 2010 à Lanseria, portant à la fois son slogan de campagne et son ancien enregistrement en N436JW (photo à gauche). Pour Tokoph, ce sera plus radical, car il débaptisera l’avion ramené à Lanseria pour l’immatriculer cette fois N1B (ici à droite).

Pour sa nouvelle campagne électorale, Alassane Ouattara devra changer de fournisseur de jet privé, ce dernier étant mort depuis comme on le sait. Il a depuis changé également de slogan, ( « Réussir ensemble avec ADO » autrement dit avec Alassane Dramane Outarra) mais aussi d’avion, donc : il vole désormais français… dans le jet F-HTOP, un Embraer 135/145 – N°886 de Regourd Aviation, sur lequel comme dit l’ami Falcon il y aurait aussi tout un roman à écrire…(2) (on s’y attardera un jour je pense !).

Plus étrange encore… en Libye cette fois

David Tokoph en possédait un second de jet du même constructeur comme on vient de le voir : le Gulfstream G-IV N180CH (ici à gauche), acheté le 24 décembre 2011 (la veille de Noël !) à Canal Air LLC … une société de Danbury dans le Connecticut, offrant également pas mal de jets à louer (comme celui-ci ou celui-là) et qui avait eu en 2008 maille à partir avec McCardell Properties pour un appareil ensuite loué, acheté 2 356 000 dollars. Le Gulfstream de Tokoph avait été photographié ici le 18 mi 2014 à Lanseria -Fala, en Afrique du Sud, qui semblait être sa base de fonctionnement principale (Interair ayant comme adresse « Private Bag 8, Johannesburg Int’l Airport 1627, South Africa »)C’était l’ex N212K (ici à droite), le Gulfstream G-IV N°1192 de production… Mais la suite le concernant est bien plus étrange…. Car comme nouvelle adresse, en février 2015 encore, David Tokoph avait écrit pour cet appareil non plus « 7309 Boeing DR, El Paso, Texas, 79925-1115, USA », comme d’habitude (c’est effectivement l’adresse de son hangar, là où il a retapé les F-106), mais cette fois-ci de façon beaucoup plus surprenante « Al Mesk Tower, N°2801, Dubaï Marina, Emirats Arabes Unis »... Une nouvelle localisation discrète pour notre fameux broker d’avions ? De nouveaux marchés à découvrir, ou de nouveaux clients, se dit-on alors avec ce changement de localisation. Bingo  !!  Mais avant, l’avion avait déjà effectué  de drôles de trajets : le 28 avril 2008 il avait été photographié à Moscou- Vnukovo (VKO / UUWW), en Russie. Le temps d’être repeint, quelques années plus tard, il était aperçu à plusieurs reprises à Malte, faisant de nombreux allez-retours vers la Libye, notamment le 15 janvier 2015…. où il était alors présenté partout et étrangement comme étant l’avion de la « Libyan Air Force »??? Certes, mais laquelle ???  Celle de Sierra Nevada déjà omniprésente sur place ??? Qu’était-ce que cette appellation alors que son propriétaire était toujours David Tokoph sur les registres officiels ? L’avion de Tokoph a été acheté en 2011, on le rappelle. Or, la même année, on avait assisté à une drôle de scène avait noté les journalistes américains: « en 2011, le New York Times a révélé que le prince héritier d’Abu Dhabi avait embauché Erik Prince, co-fondateur de la société de sécurité privée Blackwater, pour constituer un bataillon de 800 soldats étrangers. Reflex Reponses (R2), l’armée privée que Prince a constituée, devait entraîner la force à « mener des missions d’opérations spéciales à l’intérieur et à l’extérieur du pays, défendre les oléoducs et les gratte-ciels contre les attaques terroristes »mais comme cela a été montré, son rôle a été beaucoup plus grand ». Le Gulfstream des « forces armées libyennes » aurait-il fait partie de ce plan ? Au moment où David Tokoph, devenu consultant (et « Senior Appraiser » chez l’ISTAT, engagé par Morten Beyer & Agnew, MBA) (3), inondait le net d’articles sur la « maintenance des avions », voici ce qu’on avait appris : « depuis février 2015, la société ukrainienne Glissada, spécialisée dans la fourniture de pièces de rechange pour avions et hélicoptères de diverses nations, a commencé à rechercher des pilotes et des techniciens expérimentés sur le Mirage F1 pour des emplois à temps plein en Afrique. Le dernier client était Libya Dawn, via la société Caravana Middle East basée en Jordanie et dirigé par Rami Ghanem Najm, un américano-jordanien, selon la source de MEE. Najm a été arrêté en Grèce en décembre 2015 sur un mandat d’arrêt international et extradé vers les États-Unis pour des accusations de trafic d’armes. » Quant à trouver des Mirage F1, autant se tourner vers le… Gabon, pourquoi pas, un broker saurait y faire. L’avion a certes depuis été revendu (après le décès de son propriétaire), le 5  mai 2017, à Wilson and Malta Associates LLC, dont l’adresse se situe à Missoula dans le Montana et qui possède une autre société au Texas : c’est un broker, lui aussi, Steve Wilson, possédant pas moins de 11 entreprises, qui la dirige. Il dirige aussi Jet-Ten, entre autres. (4)

Un prédécesseur en Libye

Le Gulfstream G-IV N180CH de David Tokoph n’a en fait pas été le premier de ses appareils à se rendre régulièrement en Libye a un moment clé, ou à effectuer des vols typiques en partance de Malte. Selon le spotteur hyper connu, Badges, qui avait pris l’appareil en photo le 4 décembre 2014 à Malte justement, l’avion était alors « basé chez Medavia » (Mediterranean Aviation Company Limited), une entreprise tout sauf claire. Malto-libyenne, créée en 1978, elle s’est en effet développée sous Kadhafi et à la fin de la guerre civile ses dirigeants ont même été arrêtés à la fin de l’année 2013, puis relâchés quelques semaine plus tard par les autorités du pays. Quelques mois auparavant, c’était un petit CASA C-212-100 Aviocar bien reconnaissable, immatriculé 9H-AAP, qui effectuait des vols réguliers de Malte à Tripoli (en 2005 il était bleu et blanc) : l’avion avait été acheté le 20 juin 1979 par Medavia (il est parti depuis chez Sky Relief en 2014, devenu 9Q-CSR, sans changer de look). La société avait ensuite investi dans un Dornier 328-110 (9H-AET) et un long (très long) Dash 8-Q402. L’ex 5Y-SMJ, ex 748 Air Services et enfin un Beech 1900, avec pour servir la flotte 186 employés désormais (et des hangars en conséquence). La société est dirigée par Rammah B Ettir, qui est également « Commercial Director » chez Afriqiyah Airways, repartie en 2012 avec de nouveaux avions, de nouvelles couleurs, et de nouveaux objectifs. (5) Les mauvaises langues faisant remarquer que tous ces avions maltais et libyens à la fois étaient des modèles aussi employés par la CIA !!! Les curieux remarquant que dans son dépliant la société montrait un bien étrange Boeing 707 cargo dans un de ses hangars (le  » Pillow » fabriqué en 1990). A première vue, cela aurait pu être ce bon vieux 5A-DAK des Lybian Arab Airlines, passé du doré au blanc et gris… et qui aurait été transformé en cargo (il avait été révisé en 2002 dans cet hangar) !!! L’avion personnel du leader…  dont on se demandait ce qu’il était bien advenu (un des clichés les plus récents le montrait en bon état le 6 mai 2013-5-, pris par L.Y.S Aviation  Photography. Un modèle unique, que ce 3L5C, en fait ! Son mécano (français) pourrait dire si c’est bien celui-là qui est devenu cargo… en fait pas besoin (5) ; celui du hangar maltais est en fait le KodaAir (9L-LDU), N°19179/500 venu se refaire une beauté en octobre 2003 déjà… ce qui ne lui a pas porté chance : deux ans plus tard, le 23 décembre, il s’embrasait en effet en Turquie sur l’Istanbul-Sabiha Gökçen Airport depuis il a été bâché (mais on lui a tiré dessus). Il volait alors pour Air Leone.

Or, en juillet 2014, le pays était à nouveau en proie à des soubresauts et la presse nous apprenait que des « citoyens maltais présents sur place » (lesquels ?) avaient rapidement quitté Mitiga à bord du Beech 1900 de Medavia, sur plusieurs vols.  En tout, près de 70 personnes dont certaines fuyant vers la Tunisie. Le 15 juillet un avion de Medavia (le Dash 9H-AEY) y avait été atteint par des tirs et sérieusement endommagé (ici c’est son DHC-8-402Q Dash 8 9H-AG, N°4065, venu de chez Jambojet et arrivé en 2017 et depuis loué à AMRA Leasing,). Le A330-202 (le dernier A330 du pays, 5A-ONP ayant lui brûlé et avait été détruit). Les 24 et 25 février 2011 le même aéroport, on le rappelle, avait été pris par les insurgés anti-Kadhafi... (6) Bref voyager en Libye, aujourd’hui encore, demeure risqué. Alors que faisait là-bas le Gulfstream de Tokoph venu semble-t-il sous bannière de Medavia, mystère…  à nous faire repenser fortement à un autre vol lui aussi parti de Malte… en octobre 2016, ou aux gesticulations du petit Casa immatriculé F-HBMP. Mais avant même son Gulfstream, David Tokoph était déjà venu à plusieurs reprises en Libye, dix ans avant, déjà, effectuant là encore de nombreux trajets Malte-Mitiga (Tripoli). Et ça on l’a déjà oublié. C’est un forumeur qui l’avait repéré :

« Est-ce que quelqu’un a confirmé les c / n pour l’un de ces avions? Le 7P-DPT avait prévu un vol pour transporter de Malte vers l »HLLM’ de Mitiga? le 5 octobre, tapez B727. Le c / n pour 7P-DPT a été signalé comme 18370 ce qui le ferait de lui l’ex N25AZ. Cependant, N25AZ est toujours en cours sur le registre américain. Peut-être que c’est en fait le numéro 18933 qui le ferait ex 3D-DPT, avec maintenant l’enregistrement et juste un code de préfixe de pays? Quelqu’un peut-il commenter davantage? »

Un étrange visiteur tout blanc

En réalité, une photo prise à Genève dès le 19 septembre 2004 aurait pu le certifier le 7P-DPT était bien le 18370  et mieux encore car il était aussi inscrit au nom d’Aviation Consultants.. (après avoir été inscrit chez Aero Africa et avoir été 3D-DPT, l’avion du gouvernement du Bénin !!!) Aviation Consultants… l’une des sociétés de David Tokoph ! L’ex N25AZ de Grecoair, vu ici en vol au-dessus de Malte le 6 octobre de la même année. Un autre commentaire affirmant que « l’opérateur a aussi le 7P-LAA » d’actif… » un avion bien connu en effet, filmé à Zaventem le 25 septembre 2004. Le Boeing 21155, l’ex du département de la Justice !!!   Le 7P-DPT, on le prendra en photo décollant de Malte vers Tripoli... et pour les derniers ayant des doutes, un autre cliché : celui des B727 N25AZ, B727 3D-AVC et B727 ZS-OZP prise au Johannesburg O.R. Tambo Int’l le 15 avril 2006… le dernier étant celui de la ligne nationale sud-africaine (ex Mongolian Airline), les deux autres étant ceux de Tokhop… dont l’ex US Marshals…

L’avion qui a souvent été aperçu en Suisse, en plus de la Libye, bien loin de sa base de Johannesburg donc, ne vole plus.  Il a été stocké à Polokwane en 2012. En 2003, grand voyageur, il avait même été aperçu sur l’aéroport Salvador International Airport, Bahia (Deputado Luis Eduardo Magalhaes), au Brésil. Or parmi les armes utilisées contre les manifestants par la police de Kadhafi, de nombreuses grenades lacrymogènes brésiliennes de l‘entreprise Condor avaient été trouvées au sol. En 2012, l’inscription:”made in Brazil” avait été retrouvée sur les grenades lacrymogènes utilisées contre des manifestants pro-démocratie au Bahreïn, puis en Turquie. Or Condor est aussi installé à Adrianópolis. Les liens commerciaux et industriels Floride-Porto Alegre existant déjà avec la firme Taurus, productrice de Berettas. Des liens qui s’étaient resserrés entre Libye et USA… depuis la libération de l’embargo déclaré en octobre 2004, les USA annonçant en mai 2005 « vouloir rétablir la coopération avec la Libye » et en mai 2006 la retirer de sa liste de pays anti-terroristes. Les affaires préparées par les discrets voyages maltais pouvaient reprendre… avec Tokoph pour garantir les trajets ? Et jouer au représentant de commerce ?

La dernière balade en avion, mortelle

Autre appareil aperçu dans le portfolio familial de David Tokoph, photographié ici à droite dans son hangar d’El Paso, un T-28 Trojan (le « Fennec », chez les français, qui l’ont utilisé pendant la guerre d’Algérie) bleu nuit aux couleurs de la Navy, avec sur l’aile une de ses petites filles (il apparaît comme très « famille » sur les clichés). C’est un Trojan N14124 (174-231 à l’armée le 51-3693) vu ici au Wittman Regional Airport en 2010. Laissé à l’abandon, il avait été restauré en 1974 en mélangeant deux avions et avait revolé en 1978 dans une livrée toute jaune. Le 30 mai 2003, il avait connu un sérieux accident sur le West Houston Airport (IWS) de Houston, sa roue avant n’ayant soudainement plus son anti-dérapage (shimmy), qui avait été mal refixé semble-t-il, l’avion avait piqué du nez, abîmant son train avant, son hélice et le capot inférieur avant. Deux ans plus tard, il avait été revendu à David E. Hill, Bedford, dans l’Indiana. David Tokhop l’avait racheté le 8 novembre 2012 en l’immatriculant N14124 avant de le repeindre entièrement aux couleurs d’un avion du Viet-Nam.

Mais le 14 août 2015, en panne complète de moteur après son décollage, en tentant de se poser, il s’écrasait, le nez en avant, moteur éjecté et carcasse pliée : un choc effroyable dont sortait vivant le passager mais pas le pilote qui mourait quelque temps après à l’hôpital, sa tête ayant violemment heurté le tableau de bord. On détectera chez lui des insuffisances physiques criantes (il avait eu une attaque cardiaque en 2000 et portait des lunettes) et la prise de médicaments – de la diphenhydramine, de la lidocaine et du lorazepam- mais c’est bien une faille technique de son Trojan qui a tué David Tokoph, marchand d’armes. Le cylindre N°6 du moteur à la vielle cassée avait eu raison de ce dernier. Avant de décoller, l’avion avait eu des problèmes, une unité de démarrage ayant dû être réquisitionnée. L’avion était « hydrauliquement déjà bloqué » selon les enquêteurs, Tokoph ayant tenté de le « brasser » alors que c’était la manœuvre à éviter.  Il avait volé 322 heures déjà à bord de cet avion, et en cumulait 6 185 le jour de sa mort.

 

(1)http://en.kremlin.ru/events/president/news/15444

(2)http://www.regourdaviation.com

(3)https://www.mba.aero/about-mba/careers/

(4)http://www.jet-ten.com/default.htm

(5) une vieille société (le HS 748 a volé en 1959 sous le nom d’Avro 748) créée en 1995 par Ahmed Rashid Jibril, de Paddock Investment Limited, celui qui aurait en 2017 grugé de 98 millions de Shillings l’Etat Kenyan – 836 000 euros, via sa sœur Amina Mohamed, la ministre des Affaires étrangères du Kenya, montée en grade à l’ONU.  En novembre, une autre accusation de corruption lui était accolée : elle ne fait pas l’unanimité dans son pays, pour sûr.

(6) sans oublier son A340 dont personne ne veut assurer les frais de remise à neuf… il ne vaut plus rien. Ou le prix de ses moteurs, c’est tout. 4 millions, quoi. Un temps disputé par des Koweitiens il est resté libyen. Pour le reste, on a été abonné aux fakes news avec les avions de Kadhafi… j’évoquais le plus fiable trajet du Boeing 737-4B6 de la compagnie Buraq Air, immatriculé 5A-WAC, venu à basse altitude, car la carlingue percée, se faire réparer… à Malte, comme indiqué !!!

 

document paru lors du décès de David Tokoph :

AVIS AUX CRÉANCIERS DU DOMAINE DE DAVID PAUL TOKOPH, AKA DAVID PAUL TOKOPH, SR.
Avis est par les présentes donné que Lettres Testamentaires sur la succession de DAVID PAUL TOKOPH, alias DAVID PAUL TOKOPH SR, décédé, ont été accordées à DAVID PAUL TOKOPH JR., Alias DAVID PAUL TOKOPH, le 1er février 2017, par la Cour des successions No. 2 du comté d’El Paso, Texas en cause
2016-CPR00887. Toutes les personnes ayant des réclamations contre ladite succession sont par la présente tenues de les présenter au dit exécuteur, c / o Patrick Gordon, Gordon Davis Johnson et Shane PC, 4695 N. Mesa, Suite 100, El Paso, Texas 79912, dans les délais prescrits par la loi.
Gordon Davis Johnson et Shane P.C.
4695 N. Mesa, Suite 100
El Paso, Texas 79912
Téléphone: (915) 545-1133
Télécopieur: (915) 545-4433
/ s / Patrick R. Gordon
Barre d’État n ° 08203790
Avocats pour la succession de DAVID PAUL TOKOPH, alias DAVID PAUL TOKOPH, SR., Décédé

 

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