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Dernière station avant le terminus

  Spectateurs impuissants nous regardons ce monde à la dérive se fractionner, l’homme sacrifiant sa propre civilisation sur l’autel de la consommation. La famille, dernier rempart protecteur de l’équilibre humain, se fissure sur les coups de butoir de la marchandisation des corps et l’abrutissement des esprits. On ne choisit plus son conjoint, ses enfants, ses amants ou ses maîtresses, ils viennent ou pas, ils sont là, ils restent ou ils partent c’est ainsi. Tout se consomme, tout se consume, notre maîtrise des événements est illusoire. La priorité est à la lutte, à la conquête de l’excellence, de l’apparence et de l’avoir. Notre fierté portée en armure, l’ego explosant sous notre heaume, la connerie chevaleresque à la pointe de la lance, nous voilà chevalier débordant de testostérone fonçant, au nom d’une vertu établie par un système, sur notre double qui, dans le même accoutrement d’apparat, les écus à l’envers, signes du camp opposé, reste égaux dans la bêtise. Quelle quantité d’enfer y a-t-il dans un atome ?

La déchristianisation de l’Europe a fait voler en éclat les cadres de notre culture, les repères de notre civilisation. On aurait pu penser que cela aurait de positif une prise de conscience du réel et un essor du rationalisme hors, il n’en est rien. D’autres religions ou croyances plus vindicatives ou plus fantasques se partagent et occupent l’espace déserté par le dogme agonisant. Chacune d’entre elles ancrée dans ses certitudes, sur sa propre histoire et ses propres histoires mais, on ne construit pas une nation sur une guerre des mémoires. Dans cette foire aux âmes brisées, les étoiles mortes gisent dans le jardin d’Eden, le chardon a tout envahis et les mauvaises herbes de l’intolérance, du libéralisme et de l’individualisme forment le tapis de nos futures insomnies. Il est vrai que les hommes se croient libre parce qu’ils ignorent tout des causes qui les déterminent. S’il y a des rédemptions, il y a aussi des damnations et elles ne sont que la résultante et le produit de nos choix. Les déterministes pensent que nous n’avons pas le choix et que tout est déjà écrit en opposition aux cartésiens qui croient que nous sommes responsables de nous même grâce au libre arbitre, je me dis que peut-être la vérité est dans un subtil mélange des deux car nous vivons avec davantage de questions que de réponses. La vie se déroule comme une cigarette qui brule lentement sa première moitié puis, lorsque que nous nous sommes habitués, accélère pour finir en cendre dans une soucoupe ou un cercueil, unique destination, incontournable et salutaire crémation, là se situe l’unique évidence.

L’Europe est soumise à une intégration forcée de plusieurs cultures. Diviser pour mieux anéantir et régner. L’intégration c’est ne pas se remettre en cause et apporter ses différences qu’on impose au nouvel environnement qu’on intègre et le résultat en est la destruction de la culture originelle et de l’environnement colonisé. Alors que l’assimilation, c’est le processus d’adaptation par lequel l’individu intègre de nouvelles informations ou expériences issus du nouvel environnement dans lequel il évolue à ses schémas existants. Soyez tolérant, acceptez l’intolérance et apprenez à vous détruire vous-même, voilà ce qu’ils veulent vous imposer. Pour qu’un débat soit audible il faut se cantonner à l’argumentaire, au factuel et laisser de côté l’émotionnel, le compassionnel. Le sectarisme est hermétique à la lumière de la connaissance qui a besoin de modestie, de la capacité des interlocuteurs à se remettre en cause et d’écouter et accepter une vérité qui n’est pas forcement la leur dès l’instant ou celle-ci les tire vers le haut. Savoir écouter, c’est posséder cette faculté à entrer momentanément dans le raisonnement de l’autre en s’appropriant, le temps de son exposé, sa culture, son origine. Cela fait défaut aujourd’hui car muselé et sclérosé par le monde médiatique obéissant aux ordres et tuant dans l’œuf tout débat contradictoire basé sur l’intelligence ne répondant pas aux critères biens établis par la caste dirigeante et pouvant mettre celle-ci en péril. Et si par hasard certains filtraient hors des tamis conservateurs, ordre impératif est donné de les tourner en ridicule ainsi que leurs auteurs.

Une fois de plus les citoyens, de par l’aveuglement médiatique ou le désintéressement d’une classe politique corrompue, ont validé le mauvais choix, celui qui nous a été imposé depuis des lustres par une classe possédante et dirigiste et qui grâce au talent déployé par les bonimenteurs et profiteurs du système va perdurer. Les conséquences d’une telle option vont très vite se faire sentir et les cocus bientôt se compter par centaine de milliers. Après un rejet pratiquement total d’une politique de cinq années catastrophiques de Hollandisme, basée sur la traîtrise et le reniement des idéaux socialistes, voilà que la société française re-signe avec les mêmes qu’hier elle fustigeait et accablait de tous les maux. Car ne vous méprenez pas, Macro est le digne héritier du système financier que a ruiné des nations entières et jeté des millions d’êtres humains dans la misère et la précarité. Sincèrement, vous croyez sérieusement qu’ils vont changer leur logiciel et mettre en péril leurs intérêts ? Quand vous êtes habitués aux privilèges l’égalité vous semble une frustration.

Alors comment expliquer un tel naufrage de la pensée et de l’action si ce n’est par une chute importante de l’intellect face aux réalités. Il ne s’agit pas d’un choix politique mais bien d’une incroyable absence d’analyse factuelle et d’une extrême cécité devant les résultats calamiteux en termes d’humanité de ces trente dernières années de gouvernance. A la lecture des programmes et propositions à mettre en œuvre pour un monde plus juste, combien ont-ils eu la volonté de les parcourir, de les étudier ? Une minorité malheureusement alors que le plus grand nombre se fiait à la tête sympathique d’un pseudo futur Kennedy publicitaire aux incantations vides de sens. Une autre grande partie, les abstentionnistes du premier tour, n’y croyant plus, et on peut les comprendre, ont préféré la fuite et le désintéressement nous scandant le slogan : « Élections piège à cons ». Suite à celle-ci, il en ressort qu’une bonne partie du peuple ne veut pas du pouvoir et préfère le confier à ses bourreaux pour ensuite se plaindre en rejetant son manque de courage et d’initiative sur les inutiles sélectionnés.

Et maintenant, qu’allons-nous faire face au désastre annoncé, renoncer ? Il est bien tentant de laisser sa place aux nouveaux nés sur ce marché de morts vivants mais, encore une fois la vie exige de continuer et parsème de défis le chemin des hommes jusqu’au trépas. Elle semble nous dire qu’il faut choisir son camp et tacher de faire de son mieux. Nous savons tous quand continuant le modèle productivisme et consumérisme actuel, l’humanité ne verra pas la fin de ce siècle alors, je pose l’évidente question : « Pourquoi poursuivre dans cette voie suicidaire avec les mêmes autistes qui nous ont confisqué nos choix de vie par des politiques égoïstes et destructrices ? ». Pensons aux enfants et petits enfants et avant qu’il ne soit trop tard, n’acceptons plus en refusant de jouer la partie avec ces tricheurs.

Aujourd’hui, je pense à ce mot magique d’Einstein, qui arrivant au centre d’émigration des états unies, à qui l’on demandait sa nationalité et celui-ci de répondre : « Humaine ». Évidement dans les rêves, l’idéal est un monde sans frontière où règne liberté, équité, fraternité, respect de l’autre et où les différents modes de vies cohabitent s’en chercher à les imposer. Il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas pour demain et je doute même que se soit ici. Nous n’arrivons même pas à faire une Europe cohérente et les petits filous qui s’enrichissent l’ont bien compris en transformant celle-ci en une vaste arnaque commerciale dont ils tiennent les tiroirs caisses. Commençons humblement par une entente et un respect mutuel entre peuple et une collaboration entre nation pour, petit à petit réparer se monde à l’envers et en construire un meilleur.

Le problème, c’est que certains hommes avec le pouvoir que donne l’argent pensent s’attribuer l’univers. Ce n’est pas la planète qui est menacée, mais nous. Nous n’avons pas le pouvoir de détruire la planète pas plus que de la sauver mais, il se peut que nous ayons le pouvoir de nous sauver nous-mêmes…

 

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