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Députés Les Républicains : indignes et méprisables

Le samedi 14 novembre, les députés et les sénateurs, réunis en Congrès à Versailles à l’initiative de François Hollande, ont fait preuve d’une grande dignité au lendemain de la terrible vague d’attentats islamistes qui a frappé Paris, faisant plus de 450 morts et blessés. Trois jours plus tard, les caciques de la droite LR ont gravement dérapé dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale lors des questions au gouvernement. Et cela en pleine période de deuil national…

Interruptions intempestives, invectives, sifflets, huées, vociférations : les représentants du gouvernement venus dans l’hémicycle répondre aux questions des élus de la nation ont eu droit à toute la panoplie de l’agressivité venue des rangs de la droite Les Républicains. Ce piteux spectacle, déjà choquant en temps normal, n’a pas manqué, alors même que la période de deuil national n’était pas achevée, de scandaliser tous ceux qui ont assisté à ce déversement de bile nauséabonde, à ce flot de haine caractérisé par le visage rubicond d’un Patrick Balkany éructant.

En agissant ainsi, les élus LR ont fait preuve d’une rare indignité au moment même où les Français de tous milieux et de toutes opinions ont besoin de se montrer solidaires pour répondre aux attaques djihadistes qui frappent la France. Mais cela, mesdames et messieurs les députés de LR n’en avaient cure en cette journée du mardi 17 novembre : tétanisés par la perspective d’une victoire du Front National dans une, deux, voire trois régions en décembre, ils se sont livrés à une pitoyable surenchère sécuritaire en se démarquant sans vergogne – et dans un écœurant chaos disciplinaire – des circonstances dramatiques que connaît notre pays.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, à l’initiative de Nicolas Sarkozy et Christian Jacob, les porte-paroles de LR lors de cette séance de réponse aux questions des élus ont été Christian Estrosi, Valérie Pécresse et Laurent Wauquier : ces trois-là sont têtes de liste dans leur région. Et si la candidate en ïle-de-France s’est contentée de réitérer ses propositions en matière de sécurité dans les transports, tel n’a pas été le cas des deux autres orateurs LR qui ont choisi une posture et un ton délibérément accusateurs et agressifs envers le gouvernement alors que leur propre majorité a, durant le quinquennat précédent, procédé à une baisse significative des effectifs de police, ô combien préjudiciable à la sécurité publique !

En l’occurrence, les députés LR ont voulu surenchérir sur le FN lors de la séance parlementaire afin de se montrer plus « sécuritaires » que le parti de Marine Le Pen. Ce faisant, ils ont perdu une belle occasion de se grandir en restant dans le cadre d’un débat digne qui n’interdit pas les critiques de l’action des pouvoirs publics, mais ne donne pas prise au mépris qu’ont suscité hier les manifestations insultantes et le pathétique spectacle d’élus qui perdent leurs nerfs en instrumentalisant de surcroît les morts du Bataclan ou des restaurants martyrs des 10e et 11e arrondissements.

En tentant par ces comportements de cour d’école d’enrayer aux Régionales une progression des votes FN favorisée par les attentats du 13 novembre, les députés LR ont sali leur écharpe et dégradé l’image de la représentation parlementaire. Sans doute pour un résultat négatif : leurs excès de l’Assemblée Nationale n’ont aucune chance de limiter le vote FN ; bien au contraire, ces excès donnent du grain à moudre aux candidats de l’extrême-droite et crédibilisent un peu plus dans l’opinion la nécessité de changer de têtes et de donner sa chance à un parti, le FN, dont le discours est désormais nettement plus audible sur le plan sécuritaire que celui d’un parti qui a largement failli lorsqu’il disposait de tous les pouvoirs.

Marine Le Pen se frotte les mains : grâce à vous, mesdames et messieurs les députés LR, jamais les chances du FN n’ont été aussi élevées ! Et rarement dans l’histoire récente l’Assemblée Nationale n’a été le théâtre d’une aussi pitoyable séance.

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A propos de Fergus

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Autodidacte retraité au terme d'une carrière qui m'a vu exercer des métiers très différents allant d'informaticien à responsable de formation, je vis à Dinan (Côtes d'Armor). Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n'ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle d'électron libre. Ancien membre d'Amnesty International. Sur le plan sportif, j'ai encadré durant de longues années des jeunes footballeurs en région parisienne. Grand amateur de randonnée pédestre, et occasionnellement de ski (fond et alpin), j'ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but. J'aime la lecture et j'écoute chaque jour au moins une heure de musique, avec une prédilection pour le classique. Peintre amateur occasionnel, j'ai moi-même réalisé mon avatar.

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5 Commentaire

  1. avatar

    Ravi de lire votre belle plume ici, Fergus !

    Ce procédé est d’autant plus infâme que Nicolas Sarkozy n’a rien fait en 2006 à Artigat, cellule d’envoi de jihadiste en Syrie.

    en 2007, quand il a décidé d’intervenir, il a laissé passer deux NOMS : les deux frères Merah, ressortis libres de la rafle de Toulouse : pourquoi, il doit être le seul à le savoir.

    Ça ne l’empêche pas de pérorer aujourd’hui et de bomber le torse, alors qu’il a sa PART DE RESPONSABILITE DANS CE FIASCO lamentable de son ami Squarcini, grand copain des services secrets syriens, les rois de la manipulation !

    • avatar

      Bonjour, Morice

      En effet, Sarkozy n’est pas le mieux placé – et c’est un euphémisme – pour critiquer l’action de son successeur en matière de géopolitique arabe et de lutte contre les filières djihadistes.

      Quant à Squarcini, assez largement responsable de l’échec de la DCRI qu’il a dirigée jusqu’en 2012, il reste un affidé de Sarkozy et se montre prêt à répandre n’importe quoi pour servir les intérêts de son patron, y compris les plus scandaleuses rumeurs, à l’image de la tentative avortée de prétendue liste de djihadistes français proposée à Valls par El Assad.

      Que cette pitoyable manœuvre ait été relayée par le torchon qu’est Valeurs Actuelles n’a d’ailleurs rien d’étonnant mais démontre que, même dans les médias de droite, on refuse d’être complice de si grossières manipulations. Ce qui en dit long sur la manière dont Sarkozy est progressivement lâché dans son camp.

      Cordialement.

  2. avatar

    Un beau ramassis ici de tentative de récupération (peu importe l’indécence), quand on sait les propos qu’Assad a tenu immédiatement après les attentats de Paris… (Le seul argument impossible à vérifier que ces gens ont, est d’avoir situé cette offre, qu’à l’évidence ils espèrent scandaleuse, il y a 2 ans… Quand le doute doit planer autant ne pas lésiner sur la façon d’obscurcir la lumière).

    Questionné par des journalistes, Bachad al-Assad avait fait les réponses suivantes à propos des renseignements. D’entrée de jeu, il a détourné la question, alors même qu’à cause de ces attentats il a obtenu l’aide dont il a besoin pour se maintenir au pouvoir… Alors n’y voir qu’une autre de ses réactions habituelles: la France lui doit tout, même le pain et le gite pour son peuple. Au stade des événements, il est difficile de ne pas voir qui tire satisfaction du mépris.

    Journaliste: Vos services de renseignement ont-ils des informations sur les personnes qui ont commis cette opération terroriste, étaient-ils Syriens ou en relation avec des gens en Syrie?

    Assad: Non, nous n’avons aucune information sur ce qui s’est passé. Mais la question n’est pas de connaître le nom des terroristes ou de savoir d’ou ils venaient… Cela fait 3 ans que nous avons averti que de telles choses allaient se produire en Europe.

    Journaliste: Quelle est la condition pour que le gouvernement syrien puisse collaborer avec le gouvernement français, ou les services de renseignement syrien avec leurs homologues français ?

    Assad: Il n’est pas possible d’envisager une coopération sur le plan du renseignement avant qu’il y ait une coopération politique. Il n’est pas possible d’avoir une coopération des services de renseignement pour la lutte contre le terrorisme tant que la politique française continuera à soutenir le terrorisme.

    http://www.centpapiers.com/attentats-de-paris-bachar-al-assad-blame-la-france/

    Voyons que si l’on suit le raisonnement d’Assad, la France serait à genoux à ses yeux, en état de disgrâce, car la présente coopération (s’il faut la voir ainsi) est militaire et non politique… D’abord la coopération humanitaire, puis la militaire… la financière arrivera-t-elle aussi? Quelle est la définition du terrorisme déjà ?

    (reportage hier sur les enfants en guerre en Syrie): http://ici.tou.tv/les-grands-reportages/

    • avatar

      Salut, Elyan

      Que des gens puissent être dupe de ce cirque manipulateur qui implique le dictateur sanguinaire El Assad et l’un des deux patrons du pire torchon de droite, en l’occurrence Kerdriel – guère plus reluisant que d’Orcival – me laisse pantois. Ceci n’est évidemment qu’une manœuvre indigne visant à déstabiliser le pouvoir exécutif français.

      Comme je l’ai indiqué dans ma réponse à Momo ci-dessus, cette manœuvre a, fort heureusement, fait un flop en France, aucun des journaux de droite sérieux n’ayant, même avec des pincettes, relayé cet immonde bobard.

      Bonne journée.