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Centpapiers

  • Décrochage scolaire : et si la solution était simple?

    22 mars 2009 | 8 commentaire(s) | vu 4 444 fois
    Photo : Flickr wow_wa_cow

    Photo : Flickr wow_wa_cow

    De nos jours, il est impossible qu’une société puisse réaliser son plein potentiel sans investir massivement en éducation. Après tout, une population plus éduquée n’est-elle pas en meilleure santé, plus respectueuse de l’environnement, plus riche et moins portée vers la criminalité? Selon moi, le gouvernement actuel se trompe en augmentant plus rapidement les dépenses en santé que celles en éducation. Investir en éducation c’est être proactif, penser au futur, prévenir plutôt que guérir. Il est vrai que d’être proactif ne fait habituellement pas gagner d’élection…

    Au Québec, il est inacceptable que le taux de diplomation soit aussi bas. Lorsqu’à peine sept élèves sur dix obtiennent un diplôme d’études secondaires (DES) ou d’études professionnelles (DEP), il est grand temps de se poser des questions. C’est d’ailleurs ce qu’a fait le Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaire, présidé par Jacques Ménard, qui a déposé plus tôt cette semaine un rapport intitulé Savoir pour pouvoir : Entreprendre un chantier national pour la persévérance scolaire.

    Ayant comme objectif de faire passer le taux de diplomation de 69% à 80% d’ici 2020, le groupe composé d’intervenants de tous secteurs propose dix pistes d’action. Selon eux, ce n’est plus uniquement aux écoles et au ministère de l’Éducation de faire les efforts pour atténuer ce fléau, c’est maintenant une affaire de société. En effet, les parents, les professeurs, le milieu des affaires, les employeurs et les groupes communautaires sont mieux placés pour revaloriser l’éducation et motiver les jeunes à persévérer vers la réussite scolaire. C’est tout le monde qui doit s’y mettre.

    Ceci étant dit, il serait juste de se demander si au moins l’une de ces recommandations sera un jour mise de l’avant. Tel que mentionné plus tôt, l’argent n’est pas au rendez-vous et si le passé est garant de l’avenir, on sait tous que le gouvernement Charest tablettera rapidement l’ouvrage.

    Un incitatif simple et efficace
    Dites-moi ce que vous en pensez, mais pour ma part j’ai été enthousiasmé à la fois par la simplicité et le potentiel d’une idée proposée par un auditeur de l’émission Maisonneuve en direct. L’auditeur en question recommandait au gouvernement d’obliger les jeunes à au moins détenir un DES ou un DEP pour obtenir leur permis de conduire? N’est-ce pas là une idée simple dont les résultats ne se feraient pas attendre?

    Je ne connais aucun jeune qui ne rêve pas au jour où il pourra enfin conduire une automobile. Tout en diminuant significativement les décrochages, on s’assurerait du même coup que les conducteurs québécois soient plus éduqués et par le fait même plus prudents. Une telle mesure incitative amalgamée à l’application de certaines idées du rapport Ménard ferait probablement une bonne différence.

    Je ne suis pas un spécialiste en la matière et probablement que je n’ai pas pensé à toutes les implications d’une telle mesure, mais je tenais tout de même à vous en faire part. Après tout, Cent Papiers n’est-elle pas une plateforme permettant entre autres de tuer ou de faire évoluer une idée collectivement?

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  • 8 commentaires

    Quand l’éleve échoue c’est autant sa faute que de ses professeurs qui n’ont pas réussi à le motiver à étudier certains sujets à leur manière. Je l’ai adroitement fait comprendre à une enseignante du primaire. Le résultat a été plus que positif pour les deux. Elle pensait que j’étais un enseignant. « Pas assez patient » je lui ai répondu. :lol:

    Il y aurait beaucoup à dire et votre billet pose à peine le contexte d’un débat intéressant et enrichissant.

    Je suis pas non plus un spécialiste de l’enseignement mais je trouve trop simpliste d’aborder ce problème avec le taux de diplomation. Imaginez qu’on est 100% de diplomés en journalisme, comptabilité ou en droit. On serait pas bien avancé avec tous ces « parasites » en col blanc. :lol: Il faut que les diplômes preparent à un emploi ou donne les aptitudes pour correpondre rapidement au besoin divers et variés d’une société. Le Québec a un taux migratoire de diplomés étrangers qui fait que j’ai vu des immigrants ingénieurs avec MBA qui ne trouvait pas d’emploi a Montréal. il y a parfois trop de diplomés par rapport aux entreprises et débouchés actuels dans certains secteurs. Et parfois des corporatismes avec des medecins étrangers qui ne peuvent pas pratiquer sans refaire tout leur études (5 ans et +)

    Il faudrait armoniser et anticiper mieux les besoins actuels et futurs. Et coté gouvernement c’est pas brillant quand on voit ce qu’a coupé la Marois dans les places universitaires pour former des infirmieres. Aujourd’hui il manque 2000 infirmieres au Quebec.

    Il faut aussi investir dans la formation continue et verifier la qualité des services rendu par l’assurance emploi.

    Vous n’êtes tout de même pas en train de me dire qu’il serait néfaste pour le Québec que son taux de diplomation approche 100%… Ça c’est comme dire progressons, mais pas trop quand même. L’économie d’un pays se comporte comme un organisme vivant, elle évolue, recherche l’équilibre et s’adapte aux ressources naturelles et humaines qui sont mises à sa disposition.

    Le Québec a bien évolué et continue de le faire. Certes, il y aura toujours de l’emploi dans le secteur manufacturier, mais l’avenir réside dans le savoir.

    Inciter les gens à terminer leur secondaire 5 ne veut pas dire qu’ils enchaîneront avec le cégep et l’université. Plusieurs deviendront cols bleus et travailleront de leurs mains. Dans la nouvelle économie, des gens spécialisés qui détiennent un DEP sont tout aussi importants.

    Réglons tout d’abord le problème du décrochage et d’éducation en général et je vous garantis que notre économie s’adaptera.

    Bien sur, il y a des aptitudes de bases à avoir comme savoir lire et ecrire. Je suis aussi d’accord avec vous pour atteindre le secondaire 5 ou un DEP a défaut du DEC et du Cegep. Maintenant quand je vois comment des diplomés, des journalistes et des intellectuels comprennent mes propos ou raisonnent je me dis que le diplome n’est pas toujours suffisant (ou nécessaire) vu la qualité du résultat.

    Votre propos m’a rappelé un vieux débat en France sur le BAC (=DEC). ils ont baissé le niveau pour s’approcher de ce chiffre 100% magique. Pour Paris, c’etait plutot une bonne idée vu le niveau élevé mais sur le fond ca devient artificiel et marketing.

    Si 100% des jeunes obtenez un diplome d’avocat, de medecin ou de comptable, il faudrait en reconvertir 90% dans une autre profession suivant les besoins de la société québécoise. Si le diplome obtenu ne correspond pas à une attente des entreprises ca peut faire un chomeur diplomé et démoralisé que ces études ne lui servent pas à trouver un emploi.

    Les employeurs n’aiment pas les sur-diplomés (comme les sous diplomés) car ils sont moins motivés et partiront à la 1ere occasion d’un poste plus adapté avec les couts d’une ré-embauche.

    J’ai vu des chercheurs d’emploi qui cachaient pour un poste qu’ils avaient un MBA ! :lol:

    Je pense que l’idée est probablement bonne, mais pour la faire passer, il faudrait minimalement travailler sur la construction d’un argumentaire permettant d’établir le lien logique entre ces deux choses.

    ex: responsabilité sociale, reconnaissance d’un bon jugement, développement d’une certaine conception de la « majorité » (18 ans) ou d’une « majorité intermédiaire » (16 ans), coïncidence de la fin du cours secondaire avec l’arrivée du permis, etc…

    Si un tel argumentaire n’est pas préparé, l’idée risque de se faire « ramasser » pas à peu près…

    Patrice Potvin

    Et bien voilà un spécialiste en ‘didactique des sciences’.

    Si la mesure est votée, le lien sera automatiquement identifié par les jeunes s’ils sont informés.

    Reste à démontrer que cette incitation sera suffisamment forte et bénéfique pour contre balancer le préjudice important pour les jeunes qui échoueraient à ces diplômes et se verraient privé d’obtenir leur permis de conduire souvent indispensable dans une société ou les transports en commun sont peu développés.

    Le bilan me semble délicat à faire et je préfère investir dans la pédagogie que pénaliser davantage les jeunes sans diplômes.

    • Airelle

    Je ne suis pas spécialiste et je n’enseigne pas. Mais j’ai eu des enfants qui, étrangement, ont toujours refusé d’apprendre à conduire : aucun intérêt pour eux. Ni la voiture ni l’apprentissage. Ils sont adultes; ils prennent l’autobus, le métro, ils marchent et vont à vélo. Un tel projet n’aurait pas eu de prise sur eux. Socialement, nous travaillons à essayer d’apprendre d’autres valeurs aux enfants comme l’attention à l’environnement, comme la solidarité, comme de voir plus loin que leur nez. Je trouve qu’il serait malheureux – et inconséquent – d’appliquer une telle mesure. Finalement, nous aurons beau (et nous avons eu beau) tourner le problème dans tous les sens, les apprentissages demandent une discipline de vie qui fait défaut et qu’on ne peut régler ni transversalement ni avec des carottes à quatre roues.

    • max1956

    Décrochage scolaire : Je crois que si le gouvernement obligerai que chaque jeune ait leur secondaire 5 pour avoir leur permis de conduire, les jeunes seraient plus motivés pour continuer leurs études et le décrochage scolaire serait moins fréquent.

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