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De l’utilitarisme au Traité Transatlantique (TAFTA)

Dans une lettre ouverte adressée au Parlement Européen, 375 organisations, dont des syndicats et des groupes écologistes, des associations de consommateurs, de protection de l’environnement et des organisations de droits civiques de 25 pays européens, avertissent que la signature de l’accord pourrait mettre à mal les procédures démocratiques de prise de décision, en renforçant l’influence des grandes entreprises et en affaiblissant notamment les services publics et la protection des droits des travailleurs.

Il pourrait y avoir mille manifestations de plus que cela ne changerait rien, le traité est déjà acté ! Mais pour simplifier la question, il suffit de rappeler ce qu’est le Traité Transatlantique : ce dernier donnerait à toute entreprise américaine investissant dans un pays européen le droit de porter plainte devant un tribunal d’arbitrage privé contre un État dont une mesure quelconque serait, à son avis, de nature à porter atteinte à ses profits actuels ou même espérés dans le futur. Certains rêveurs peuvent imaginer la réciprocité pour nos entreprises nationales ou européennes. Ce mécanisme, déjà en vigueur dans de très nombreux traités bilatéraux, a donné lieu à plus de 560 litiges demandant des compensations financières élevées et l’abrogation de nombreuses lois visant la protection des consommateurs, de la santé publique, de l’environnement, etc. De plus, il faut ajouter que les litiges internationaux sur les questions agrochimiques et alimentaires sont déjà soumises aux règles du codex alimentarius, sous l’égide de l’OMS, l’OMC et la FAO pour soi-disant contrôler la qualité alimentaire mondiale. Alors que le diable se cache dans les détails, le codex a réautorisé sept des pires poisons que 176 pays avaient interdits : aldrine, dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), polychlorobiphényle (PCB), endrine, dieldrine, hexachlorobenzène, chlordane et autres joyeusetés.

Tafta

En 1996, comble d’hypocrisie, la délégation allemande avait fait une proposition pour qu’aucune plante, vitamine ou minéral ne soit vendu librement pour raisons préventives et que les compléments alimentaires soient reclassifiés comme drogues. Proposition validée, mais jamais appliquée suite aux protestations ! Quel plus beau cadeau pouvait-on faire aux laboratoires  ? La France, à la pointe de la bêtise, avait même légiféré contre le purin d’ortie et autres préparations naturelles. Ces recettes à base de plantes si néfastes aux profits actuels ou espérés des cartels sont combattues par les Commissions Européennes depuis dix ans, en préparation de ce fumeux traité.

Par contre, nous serons obligés de commercialiser le veau aux hormones, le poulet au chlore, tous les OGM, toutes les semences « Terminator », ainsi que tous les brevets Monsanto, que ce soit en matière de végétal ou animal : Monsanto a breveté la cellule d’engraissement porcine. Tous les éleveurs porcins devront payer une taxe à l’engraissement, si d’ici là, il en reste encore en France. Aujourd’hui, les éleveurs de porcs perdent chaque mois entre 12000 et 15000 euros à cause de l’embargo imposé par nos chers amis américains sur la Russie. Le Traité Transatlantique que l’on devrait plutôt appeler « le diktat américain » a en fait été mis en place par étape depuis la création des Nations Unies en 1945.

Les accords du GATT, de l’OMC, ceux ratés de l’AMI, Accord Economique International, sont exactement la copie conforme du TAFTA que l’on nous ressert vingt ans plus tard, sous l’égide de l’OCDE. Sous quelques sigles pompeux qui se déclinent, ils ont tous un seul et unique but : la disparition de la souveraineté économique nationale au profit des cartels et multinationales. Comme par hasard, la Russie n’a ratifié son entrée dans l’OMC que très tardivement, en devenant le 156ème pays adhérent, le 21 juillet 2012. Son manque de servilité aux cartels et la création d’une économie eurasiatique n’est peut-être pas étrangère à sa rapide mise au ban des nations ?

 

La France a déjà trahi ses citoyens :

La fumeuse « loi Macron » a bien fait son œuvre : nos grands penseurs et journalistes ne cessant de déclamer sur le travail du dimanche qui ne rapportera pas un centime, alors que la partie la plus importante de cette loi concerne la profession d’avocat qui est externalisée. Le protégé de Rothschild prépare une somme de procès à venir sans précédent, sachant que les plus faibles passeront sous les fourches caudines de cohortes d’avocats et de procédures intenables. C’est d’ailleurs encore par le plus grand des hasards qu’en 2014, nos chers amis socialistes adoptaient une loi détruisant la base de nos sociétés modernes, car en matière d’arbitrage et de litige sur les contrats, la messe est dite. Dans un silence assourdissant, malgré le refus de l’ensemble des sénateurs, le 16 avril 2014, passait la loi scélérate à l’Assemblée Nationale selon laquelle l’Etat a le droit de réformer les contrats et le régime des obligations par voie d’ordonnance.

Par cette loi, l’exécutif légifère sans les Parlements ! Comme ce même Etat se situe en dessous des sociétés transnationales en matière de contrats, il n’y a plus aucune protection de la propriété pour chaque citoyen français. Christiane Taubira et Jean-Marc Ayrault ne peuvent pas avoir rédigé un texte aussi complexe, dans l’omerta la plus totale, sans savoir ce qu’il représentait vraiment et comment il contrevenait totalement aux règles de la Constitution française. Quand on connait l’étymologie du mot « Ministre » (au service de), on comprend aisément au service de qui ils sont. Certainement pas au service du peuple.

Il va falloir supprimer le contrat social de Jean-Jacques Rousseau des programmes scolaires, qui stipule précisément : « Je veux chercher si, dans l’ordre civil, il peut y avoir quelque règle d’administration légitime et sûre, en prenant les hommes tels qu’ils sont, et les lois telles qu’elles peuvent être. Je tâcherai d’allier toujours, dans cette recherche, ce que le droit permet avec ce que l’intérêt prescrit, afin que la justice et l’utilité ne se trouvent point divisées. » (Livre I, Préambule)

 

L’ordre Social en question 

S’il est convenu que les partis de droite enrichissent les riches, les invités du Fouquet’s n’avaient pas la corne aux mains, il l’est beaucoup moins que la gauche sert à appauvrir les pauvres. Il suffit encore une fois d’interroger l’histoire pour percer ce mystère. La « classe ouvrière » est génétiquement, viscéralement attachée à la cause sociale. Pour cause, elle est sortie de sa campagne pour chercher la fortune, pour ne plus traire les vaches et finalement se faire traire sur l’autel de la révolution industrielle. Les fortunes faciles qui ont émergés après la défaite de Waterloo ont engendré quelques utopistes dont un certain Karl Marx, mais d’autres, bien plus importants et forts peu connus comme Béatrice et Syndey Webb, ont canalisé les justes récriminations des travailleurs vers des impasses et des chausse-trappes.

 

Richesse et hédonisme

Notre époque restera pour l’histoire un grand mystère. Comment notre société a pu accumuler tant de richesses dans si peu de mains ? Il peut sembler curieux de mettre en juxtaposition le TAFTA, et l’histoire de la doctrine sociale occidentale. Néanmoins, le cynisme du premier n’est que la conséquence de la seconde. Il ne faut pas se voiler la face, ce que tout le monde reproche à ce traité, c’est le délaissement de l’intérêt général au bénéfice des intérêts particuliers. Si les 500 plus grandes multinationales contrôlent 58% du PIB mondial (Jean Ziegler, rapporteur a l’ONU), une étude plus approfondie de l’Institut Fédéral de Technologie de Zurich, l’étude « The network of global corporate control », a étudié 43.060 multinationales dans 116 pays et leurs interconnexions. Mêmes les filiales ont été analysées.

Au final, les chercheurs ont constaté que 80% de la valeur de ces 43.060 multinationales est contrôlée par seulement 737 groupes financiers ou industriels ; et que 147 multinationales et intermédiaires financiers contrôlent 40% de la valeur économique des groupes du monde entier.

Encore plus loin, 50 groupes financiers (banques et assurances) se taillent la part du lion dans ces 147 multinationales. Il serait trop long ici de reproduire les quelques familles qui se cachent derrière ces 147 sociétés, mais ces chiffres sont incontestables.

 

Nos chers gouvernants

Il est facile ici de dénoncer la mainmise de tout ce qui représente le prêt-à-penser moderne, et conclure que ce n’est pas un hasard qu’il soit généreusement financé par les plus grandes fortunes mondiales. Mais il est nécessaire d’ajouter à ce « mécénat » les partis politiques, les écoles les plus prestigieuses du monde, les sociétés de pensée, les syndicats, qui tous se retrouvent redevables de ces grands humanistes. La part offerte par ce 1% de la population mondiale qui possède 43 % des richesses, alors que 80% des plus pauvres en possèdent 6%, c’est l’illusion sociale. La démocratie prétend représenter la majorité des aspirations modernes car elle permet l’alternance, alors que le perpétuel choix binaire offert aux peuples d’Occident (droite/gauche) n’existe pas, le socialisme est une invention anglaise de la fin du XIXème siècle.

 

« Avant de discuter mettons-nous d’accord sur les termes » Voltaire

Si l’on voulait regarder dans les dictionnaires de la deuxième moitié du XIXème siècle, ce que voulait dire le terme libéral et celui de social, on constaterait que le dictionnaire français « Robert » opposait ces deux termes, alors que les anglais les considéraient concomitants, Le « Cassell’s New English Dictionary » le définit comme suit :

« Favorise la liberté et un gouvernement démocratique, s’oppose aux privilèges de l’aristocratie ; qui sied à un gentleman, n’est pas technocrate, favorise un développement spirituel libre (spécialement l’éducation) ; quelqu’un qui donne la préférence au progrès et à la réforme, particulièrement en donnant un pouvoir accru au peuple. »

La naissance de ce mouvement fut prise en main par une société du nom de « Fabian Society », en référence à un général Romain et à sa technique de combat. Son emblème est un loup déguisé en agneau.

 

Ces doctrines sociales sont issues d’une autre théorie encore plus fumeuse connue sous le charmant vocable d’utilitarisme, inventé par Jérémy Bentham et remis au goût du jour par John Stuart Mill que certains résument ainsi : « L’utilitarisme se conçoit comme un critère général de moralité pouvant et devant être appliqué tant aux actions individuelles qu’aux décisions politiques, tant dans le domaine économique que dans les domaines sociaux ou judiciaires ».

Par le plus grand des hasards, cette société et les personnages qui l’entourent seront grassement aidés par les fortunes de ce temps, honorés comme des chefs d’Etats, gratifiés des prix les plus prestigieux. Leurs membres actuels sont à la pointe du mouvement mondialiste. Actuellement, la « Fabian Society » se propose d’analyser les défis que la mondialisation et les changements sociaux posent au Royaume-Uni et au reste des pays industrialisés. Elle est finalement conséquente avec son grand œuvre : avoir inventé le socialisme, déguisé en agneau, pour mener les moutons à l’abattoir. Autour de ce groupe gravitaient également la société théosophique, la franc-maçonnerie par consanguinité, les libertins, les occultistes, les écrivains, les kabbalistes, les révolutionnaires, le roi Georges VII pour pratiquer ses droits de cuissages, les politiciens de tous bords, les financiers, les économistes, etc.

 

Heureusement Papus vend la mèche

Ces grands bienfaiteurs du genre humain se réunissaient pour refaire le monde à leur sauce, à tel point qu’ils se permirent, avant même la déclaration de la Première Guerre mondiale, de nous en donner les perdants et ses conséquences !

Docteur Encausse, alias Papus écrivait : « Tout groupe social, comme tout être humain a des organes visibles et invisibles. Pendant que les lois actuelles sont appliquées, d’autres lois s’élaborent en secret quelque part (…) A côté de la politique nationale de chaque État, il existe des organismes peu connus de politique internationale. (…) La disparition de l’Autriche-Hongrie et la constitution des États-Unis d’Europe, après l’écrasement définitif de la féodalité militariste, sont des problèmes qui se posent dans ces conseils internationaux auxquels prennent part, non pas des politiciens de carrière ou des ambassadeurs galonnés, mais quelques hommes modestes, inconnus, quelques grands financiers supérieurs, par leur conception large des actions sociales, aux politiciens orgueilleux qui se figurent, une fois ministres éphémères, gouverner le monde. » (Revue Mysteria – avril 1914).

 

Pour rajouter du piment 

Une des grandes décisions prise durant cette guerre fut la déclaration Balfour, qui n’est, ni plus ni moins qu’une décision d’Etat, imposée par Lord Rothschild, avec les conséquences que l’on connait aujourd’hui au Moyen-Orient avec Israël.

Un des grands défenseurs de la cause sioniste en ce temps était Randolph Churchill, père de Winston, dont les déboires financiers étaient couverts par Nathaniel Rothschild dont il était redevable de la somme de 66.000 livres à sa mort. Pour ce qui est de ses déboires sentimentaux, il devait s’éclipser chaque fois que le roi Georges VII venait distribuer ses faveurs à sa femme, Jennie Jerome, mère de Winston. C’est certainement ce qui provoquera sa mort prématurée de la syphilis, et sa débilité à cause de cette maladie.

Le Traité Transatlantique n’est que l’aboutissement du « merchandising » anglo-saxon, de l’asservissement des peuples et de leurs représentants à de vieilles doctrines sorties des classes bourgeoises et aristocratiques anglaises post-victoriennes. Leur principale préoccupation était le libertinage plus que la condition des ouvriers qu’ils considéraient juste comme du bétail à entretenir par utilitarisme. En vertu de la loi de Pareto, 80% de la population mondiale productive est devenue inutile. De fait, ils devront se contenter d’une nourriture et d’une culture faisandées. On a les maîtres que l’on se donne. La souveraineté du peuple n’est qu’une illusion pour séparer le pouvoir de ce qui ne l’est pas.

Extrait de la lettre d’analyses et d’informations libre n°2 (avril 2015)

Cpt Anderson

www.agenceinfolibre.fr

 

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