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De l’honneur en politique

« En cherchant la gloire on perd souvent l’honneur. » William Shakespeare

La Valse putréfaction.

Ainsi donc, plus le cirque du moment déploie ses numéros, ses attractions et ses rebondissements, plus nous découvrons avec effroi à quel point ces acteurs de la chose publique ne sont que des gredins sans honneur. Il doit y avoir une raréfaction de l’oxygène dans les hautes sphères du pouvoir pour priver ces cerveaux, pourtant brillants, de la plus petite parcelle de réflexion et de dignité.

Quant à l’honneur, la qualité semble ne pas être reconnue dans les grandes écoles qu’ont fréquentées ces candidats au parjure systématique, ces menteurs patentés sans foi ni loi, en dépit de leur déclaration d’intention, la main sur le cœur. Il se murmure même que si un postulant démontre quelques qualités d’humanité, il est systématiquement repoussé, écarté de ces laboratoires de la combine, de la magouille et du coup bas.

Le spectacle qu’on nous impose ne fait plus rire personne. D’épisode en épisode, nous sombrons plus encore dans les bas-fonds de l’âme humaine. Nous avons la malhonnêteté puis la crapulerie, le mensonge puis le parjure, l’indifférence puis le machiavélisme, le calcul puis le complot, les querelles puis les trahisons. Je pourrais à loisir prolonger cette lente et inexorable descente aux enfers d’une classe politique qui n’est ni plus pourrie ni plus perverse que les précédentes mais qui, simplement, laisse tomber les masques et se montre telle qu’elle est vraiment.

Le temps est venu de balayer ce petit personnel indigne, d’évacuer les écuries de la République de ce fumier, accumulé depuis près de soixante ans. Tout est à repenser dans une démocratie qui ne peut s’enorgueillir d’être représentée par de tels gougnafiers. La politique n’est pas un métier dont les seules compétences sont la trahison, le déshonneur, les mains sales et pleines.

Un mandat unique, une candidature unique afin que les sirènes de la corruption, des milieux d’affaires, des crypto-influenceurs ne puissent durablement pervertir des hommes et des femmes qui n’ont pour seul modèle que le monde des grandes fortunes. L’argent pour unique motivation, le pouvoir pour unique griserie, l’impuissance pour unique horizon ; cela ne peut plus durer.

La suppression des partis politiques, officines mafieuses qui n’ont pour seule raison d’exister que de capter des fonds publics et des donations privées afin de faire vivre grassement les cadres : ceux qui n’ont pas trouvé place dans les ministères, les commissions, les entreprises amies en cas de défaite électorale. On se case, on se renvoie l’ascenseur pour continuer à mener un train de vie hallucinant au regard de celui qu’on impose à la plèbe si méprisée.

Les soubresauts actuels, les transferts d’un parti à l’autre ne se font que dans l’optique de cette manne financière qui vient des partis pour les prochaines élections. Car une élection ne se gagne qu’à coups de billets mis sur la table. L’argent est le seul argument recevable dans cette mascarade. À ce titre, les candidatures émanant de la société civile ne laissent que peu de chances à ces petits candidats qui sont systématiquement laminés par l’armada des canailles.

Ne pensez pas que tout cela justifie le glissement vers l’extrême. Le parti de la haine ne vaut pas mieux, fonctionne sur les mêmes principes et a fait profession de l’opprobre, du dénigrement, de la fuite en avant vers les pensées les plus abjectes. C’est facile, c’est confortable, c’est imparable ; tous les désespérés du bordel ambiant se jettent ainsi dans la gueule de la louve.

Nous perdons pied, nous ne savons plus que faire, alors qu’il n’est qu’une possibilité pour conserver notre dignité et notre honneur devant ceux qui ont bradé les leurs : balayons ce marigot insalubre, repoussons les distributeurs de tracts, refusons de cautionner une élection qui n’a plus aucune raison d’être.

Cette République n’est pas morte, elle est vérolée, gangrenée. Elle pourrit : de la tête, au sommet c’est déjà la mort cérébrale. Plus rien désormais ne peut la sauver et surtout pas le petit pantin énervé, le jeune premier de la grivèlerie, le banquier qui marche sur les dépouilles des vieilles ganaches mais s’encombre de dinosaures increvables. Celui-là est pire encore que les autres : il n’a aucun scrupule et fait de la trahison son moteur essentiel, de la prestidigitation son programme, de l’entourloupe sa raison d’être.

Déshonneurement leur.

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