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De gavage en gavage – le cas P?rigord

Avec toute cette histoire de cruaut? aux ?levages P?rigord, ce qui pour moi ressort, apr?s avoir visionn? l’extrait sur YouTube, c’est la facilit? avec laquelle nous pouvons faire abstraction du fait que nous sommes en majorit? carnivore et que l’?levage et l’abattage ne sont pas des processus tr?s joyeux ? la base.

Donc, je crois qu’il faut faire la distinction entre le cr?tinisme de certains employ?s de cette compagnie et le gavage en tant que tel, proc?d? traditionnel qui est assez discutable, m?me s’il n’y avait pas les autres images de pure cruaut? pour l’accompagner. Tant mieux si par la m?me occasion nous nous questionnons sur cette pratique remontant ? l’?gypte ancienne, et interdite dans plusieurs pays. Mais comment s?parer le vrai du faux quand, selon Wikip?dia, deux instances europ?ennes se contredisent en stipulant soit qu’« aucun animal n’est aliment? ou abreuv? de telle sorte qu’il en r?sulte des souffrances ou des dommages inutiles », soit que « le gavage, comme il est pratiqu? aujourd’hui, est pr?judiciable au bien-?tre des oiseaux » ?

Aussi, il ne faut pas oublier, dans le cas de la brutalit?, qu’il est tr?s possible que ce genre d’?cart de comportement ait lieu, avec plus ou moins de gravit?, dans tous les ?levages et les centres d’abattage. Car, malheureusement, je ne crois pas que l’?thique de ces compagnies va jusqu’? des mises ? pied pour ses employ?s cruels sinon la peur de perdre son travail freinerait ces d?bordements. Alors, il est vraisemblable de penser que ce genre d’entreprise est plus propice ? ces comportements brutaux ?tant donn? que ces animaux sont consid?r?s premi?rement comme des produits et non comme des ?tres vivants, ? l’instar de nos animaux de compagnie.

En contrepartie, j’ajoute ces deux commentaires de Moskoo, un utilisateur de YouTube, qui repr?sente bien l’avis des personnes qui ne se laisseront pas impressionner par le message du R?seau d’action globale, ceux-l? qui ont amorc? cette campagne :

Moi, ?a m’emp?chera pas d’aller savourer la cuisine de Martin Picard ou le foie gras de mon charcutier. Vous ?tes na?fs si vous pensez que l’abattage est un truc doux et sans violence… Mangez donc des produits hyper-transform?s ? base de soja pour le restant de vos jours si vous avez le coeur trop sensible.

4 minutes sur 100 heures de tournage, c’est pas grand chose. Surtout qu’ils semblent mettre ? jour de mauvais employ?s plut?t que des pratiques courantes. C’est s?r que lorsqu’on est des militants v?g?tariens, on ne doit pas ?tre de gros amateurs de foie gras.

Et appeller au boycot d’un produit qui se d?tail ? pr?s de 200$ le Kg, ?a interpelle pas grand monde.

Cela m’am?ne ? la consid?ration mon?taire qui va avec ce produit de luxe. Premi?rement, il est clair que cette personne est assez en moyen pour consommer ? r?p?tition et appr?cier ce produit. Aussi, que son plaisir est plus important que son possible d?go?t par rapport ? cette pratique puisque son commentaire tente sciemment de rabaisser le gavage au m?me niveau que la production de viande. Pourtant, il y a une forte diff?rence entre une vie d’oiseau assez normale, selon les conditions plus ou moins bonnes des diff?rents ?levages, et de se faire rentrer un tuyau dans le gosier jusqu’? ?tre atteint de st?atose h?patique, maladie du foie gras. Cons?quemment, il serait assez facile de dire qu’une personne amateur de ces produits sachant tr?s bien en quoi consiste le gavage et qui s’en fout peut tr?s bien en m?me temps se foutre du sort de la majorit? des humains : mais je ne l’affirmerai pas tout de go, je lance seulement l’id?e comme ?a…

Pour terminer, je ne peux m’emp?cher de faire un parall?le avec ces fillettes dans certains pays d’Afrique qui se font gaver de force pour ?tre grosses, afin de plaire ? la majorit? des hommes qui ont un penchant pour l’ob?sit? f?minine, et qui donc vont se marier le plus rapidement possible, partir vivre en concubinage afin de ne pas ?tre un « poids » pour la famille, pauvre de surcro?t… Par chance, c’est une pratique qui tend ? s’amenuiser entre autres en Mauritanie puisque le gouvernement a demand? aux femmes de se lever et de participer ? l’?conomie du pays. Encore, il existe aussi l’« auto-gavage » qui se pratique chez les femmes et les adolescentes avec des m?dicaments pour faire grossir les animaux, mais il est d?montr? que par contre l’influence europ?enne de la mode aide de plus en plus ces Africaines ? d?sirer plut?t la minceur.

Dans ces deux cas, ces ignominies sont bien culturelles et c’est heureusement une bonne chose qu’apporte la mondialisation de mettre en ?vidence pour le plus grand nombre des influences et des connaissances qui permettent de tendre vers un monde moins cruel et un peu plus men? par le « bon sens ». On se le souhaite encore plus pour l’avenir.

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3 Commentaire

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    Je trouve déplorable les réponses évasives de la part du directeur général Emmanuel Nassans qui maintient qu’il n’a qu’un employé fautif dans son élevage et son abattoir. Pourtant dans la vidéo on voit très clairement deux hommes dans le bâtiment donner des coups de pied à des canards, en plus de l’abatteur qui a saigné des canards conscients ! ????????? Un employé fautif ? NON, moi j’en compte 3 plus le vétérinaire de l’Agence canadienne = 4

    L’abatteur dans l’abattoir de Périgord a enfreint les règlements en saignant des canards toujours conscients. Cet employé aussi devrait être congédié. Et que dire du vétérinaire présent pendant la saignée des canards qui discute et rigole pendant que l’abatteur viole les codes de pratiques devant ses yeux. Ce vétérinaire de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (1) devrait aussi être congédié sur le champ.

    Je vous passe de mes commentaires sur l’insalubrité des lieux.

    Le mauvais traitement des canads pour leur foie gras n’est que la pointe de l’iceberg. Il faut se souvenir de l’enquête du journal le Devoir, en 2005, concernant les mauvaises notes pour plusieurs abattoirs québécois qui sont insalubres et cruels envers les animaux (2). Il est bien connu que notre province a un dossier très noir en ce qui concerne la condition de vie des animaux. En 2002, les associations internationales Animals’ Angels et Protection mondiale des animaux de ferme, ont rendu public un film choquant démontrant les nombreux mauvais traitements dont sont victimes les animaux lors des encans québécois.(3)

    Le bien-être des animaux n’est pas une priorité au sein des abattoirs québécois. On a établi des codes de pratiques pour les producteurs, mais ces codes pour le bien-être animal des animaux de ferme (4) sont des lignes directrices et non pas des normes obligatoires. Les exploitants ne sont même pas obligés de suivre les codes, le tout se fait sur une base volontaire.

    Aux yeux de la loi, il n’y a pour ainsi dire aucune limite légale à ce qui peut être fait aux animaux destinés à notre table.

    1- Abattage sans cruauté
    Les établissements inspectés par le gouvernement fédéral sont assujettis à des politiques opérationnelles et à une réglementation connexes à la Loi sur l’inspection des viandes, régie par l’Agence canadienne d’inspection des aliments, qui précisent comment manipuler et abattre sans cruauté les animaux utilisés pour la production d’aliments. Les dispositions du Règlement sur l’inspection des viandes traitent du débarquement, de la détention et des déplacements des animaux dans les abattoirs de même que de l’isolement et de la manipulation d’animaux malades ou blessés et ce, sans oublier les exigences relatives à l’abattage sans cruauté des animaux.
    http://www.inspection.gc.ca/francais/anima/heasan/transport/welfprof.shtml

    2- Mauvaises notes pour plusieurs abattoirs québécois
    http://www.ledevoir.com/2005/08/31/89423.html
    Des abattoirs insalubres et cruels
    http://www.lapresseaffaires.com/partenaires/nouvelles/reference/index.php ?id=8,2004,0,082005,1149879.html&ref=reference

    3- Un film choquant révèle les mauvais traitements dont sont victimes les animaux lors des encans québécois. Les associations internationales, Animals’ Angels et Protection mondiale des animaux de ferme, ont rendu public un film choquant qui révèle les nombreux mauvais traitements dont sont victimes les animaux lors des encans québécois.
    Ce film montre que de nombreux animaux sont maltraités dans les encans :
    · Des animaux sont cruellement battus à coups de bâton ;
    · Des animaux gravement blessés sont présentés sur l’encan et sont laissés pendant des heures sans soins vétérinaires ;
    · Des cochons qui sont dans l’incapacité de marcher reçoivent des coups de pied et sont tirés par les oreilles ;
    · De nombreux animaux morts ou mourants sont filmés à Saint Hyacinthe. Les animaux sont laissés sans eau de nombreuses heures et ont de grandes difficultés à respirer dans des bâtiments mal aérés ;
    · Des animaux reçoivent des coups de pied pour les forcer à se déplacer ;
    · Des coups d’aiguillon électrique sont donnés systématiquement et sans nécessité dans des parties sensibles de l’animal telle que la tête sur de très jeunes animaux ;
    · Des porcelets sont suspendus par leurs pattes et jetés violemment à terre ;
    · De façon régulière des moutons sont soulevés de tout leur poids en saisissant leur laine ;
    · Des animaux sont présentés dans des enclos surchargés, par une chaleur étouffante (40°c) ;
    · Des vaches sont laissées de nombreuses heures sur le marché sans être traites ce qui peut être très douloureux.

    Ces brutalités dont sont victimes les animaux ont toutes été filmées pendant des encans tenus à Saint-Romuald, Saint-Hyacinthe, Danville et Saint-Chrysostome.

    Ces mauvais traitements montrent la nécessité urgente d’adopter une législation spécifique destinée à protéger les animaux présentés sur les encans et la nécessité pour les personnes qui travaillent sur les encans de suivre une formation sur la manipulation des animaux.

    De même, il est urgent que les inspecteurs de l’agence canadienne d’inspection des aliments (CFIA) et du ministère québécois de l’Agriculture renforcent leur vigilance par rapport au bien-être des animaux sur les encans.

    Lesley Moffat, une montréalaise à l’origine de cette enquête, précise :  » J’ai inspecté de nombreux encans en Europe où je vis depuis 2 ans. Sur aucun d’entre eux, je n’ai vu autant d’animaux gravement blessés, boiteux ou morts. Je ne serais pas surprise que notre film crée un véritable scandale au Canada ! « .Animals´ Angels et la PMAF ont remis leur vidéo accompagnée d’une plainte officielle au ministre québécois de l’Agriculture.

    4- CODES DE PRATIQUES POUR LE SOIN ET
    LA MANIPULATION DES ANIMAUX DE FERME
    http://www.carc-crac.ca/french/codes_de_pratique/index.htm

  2. avatar

    Au début de l’article, vous écrivez :

    « Mais comment séparer le vrai du faux quand, selon Wikipédia, deux instances européennes se contredisent en stipulant soit qu’« aucun animal n’est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles », soit que « le gavage, comme il est pratiqué aujourd’hui, est préjudiciable au bien-être des oiseaux » ? »

    En fait, la première assertion : « aucun animal n’est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles », c’est l’extrait d’une loi européenne de protection animale (directive de 1998). C’est une prescription que les élevages devraient respecter et pas du tout un constat sur la production de foie gras.
    La deuxième assertion : « le gavage, comme il est pratiqué aujourd’hui, est préjudiciable au bien-être des oiseaux », c’est la conclusion du rapport scientifique vétérinaire européen qui démontre donc que la production de foie gras n’est pas conforme à la loi européenne.

    Pour plus de détail, voir le site française de Stop Gavage : http://www.stopgavage.com

  3. avatar

    Moskoo : « Vous êtes naïfs si vous pensez que l’abattage est un truc doux et sans violence… « 

    C’est justement parce qu’on sait que l’abattage est d’une grande violence, qu’il y a beaucoup de terreur et de détresse dans les abattoirs, que l’on refuse la viande et les produits issus de l’exploitation animale.

    Quant aux produits à base de soja (qui peuvent être délicieux et sont la plupart du temps à base de soja bio, soit dit en passant), ils sont bien loin de constituer le seul ordinaire des végétariens ; par exemple, j’ai été végétarienne durant plusieurs années quasiment sans en consommer…Donc évitons les clichés.