Accueil / A C T U A L I T É / De ce que les 701 kg de cocaïne ont dévoilé, à la forme suprême du Paradoxe de Louh : La Justice algérienne est devenue un modèle …, dans le monde.

De ce que les 701 kg de cocaïne ont dévoilé, à la forme suprême du Paradoxe de Louh : La Justice algérienne est devenue un modèle …, dans le monde.

1- Pour une définition du ‘Paradoxe de Louh’.

Par le terme de ‘Paradoxe de Louh‘ (1), nous avons proposé de nommer un phénomène qui –beaucoup plus que ne le ferait une simple caractéristique- distingue la manière avec laquelle le Ministre algérien de la justice, M. Tayeb Louh, dirige son Département. Pour en donner une illustration qui soit, tout à la fois, des plus claires et des plus puissantes, le souci pédagogique -associé à la nécessité de faire court- nous fait opter pour ce qui suit :
Quand, à propos du multiple scandale dévoilé par la saisie des 7 quintaux de cocaïne, M. Louh a déclaré que l’affaire « est entre les mains de la justice et que la justice [algérienne] n’obéit qu’a la loi et n’écoute que la voix de la conscience » (2), il s’est adressé à des journalistes qui venaient, à peine, de faire bien plus que propager l’information selon laquelle de hauts magistrats venaient d’être arrêtés, et d’autres, suspendus. En effet, il s’est adressé à un auditoire qui nous avait, surtout, appris que lesdits magistrats étaient, tous, officiellement soupçonnés d’avoir été corrompus …et ce, précisément, par le principal accusé dans les mêmes 701 kg de cocaïne !

M. Louh pouvait-il faire une déclaration plus troublante pour la conscience du citoyen qui en était, en dernière instance, le destinataire ? Pouvait-il tenir un propos plus paradoxal, aux yeux du commun des mortels ? Le pouvait-il alors qu’il n’a rien pu démentir au sujet des informations que nous venons de résumer ? Assurément, non, d’autant plus que ces dernières étaient tellement sérieuses …qu’il n’a pu -quelques jours plus tôt et toujours en face de journalistes- que les confirmer (3), d’une façon ou d’une autre.

Parler de ‘Paradoxe de Louh’, et en parler en terme de concept, permet d’éviter l’erreur de croire qu’il n’y aurait, ici, qu’un fait du genre : malheureux malentendu ou simple accident de parcours. Car, ici, nous sommes au cœur de la façon avec laquelle la justice algérienne est ministériellement dirigée, à l’heure de M. Tayeb Louh. Nous sommes, autrement-dit, en présence d’une façon, aussi singulière soit-elle, de remplir sa très haute charge …au sein des hautes sphères de l’Etat. Et force est de reconnaître que ledit paradoxe a fait ses preuves, puisque M. Louh est à la tête du secteur depuis cinq ans, à quelques jours près –et il n’est pas inutile de souligner qu’il est membre du Gouvernement, en tant que Ministre, depuis plus de seize [16] ans !

2- Le ‘Paradoxe de Louh’, dans sa suprême expression.

Si on veut citer d‘autres manifestations de ce paradoxe, on peut en ramasser à la pelle dans les très nombreuses interventions (orales) faites par le Ministre durant ces cinq dernières années, et la plus belle preuve en est qu’en moins d’un mois, durant le mois de juillet (2018), il vient de nous en offrir deux. Ces deux, outre le fait qu’elles sont extrêmement expressives, ont -de par le fait qu’elles sont postérieures à la sismique saisie (cocaïne) du 29 mai- le mérite d’être particulièrement instructives quant à la question de savoir jusqu’où on peut aller, dans un certain univers politique d’aujourd’hui, quand on a la chance de posséder la témérité de M. Louh.

Quant à nous, commun des mortels, depuis cette annonce faite dans ce haut lieu qu‘est la demeure du Sénat (2), nous sommes encore entrain de nous efforcer à comprendre ceci : Comment un accusé peut-il se trouver entre les mains d’une justice on ne peut plus incorruptible- vu qu’elle « n’obéit qu’à la loi et à la conscience »- mais dont il aurait, lui-même, corrompu nombre de hauts représentants ! C’est ainsi que, pareils à des postmodernes d’un genre non encore découvert, nous nous mettons à apprendre à rationaliser l’irrationnel, ou, dit autrement, à concevoir l’inconcevable …car, en vérité, c’est à une sérieuse rupture que nous convie le ‘Paradoxe de Louh ’, rupture avec des siècles et des siècles, voire des millénaires, consacrés à diffuser une certaine idée de la Raison.

La difficulté, à présent, est que le ministre nous laisse de moins en moins de répit, de moins en moins de temps, pour suivre ce vertigineux processus de désapprentissage-réapprentissage. Il agit comme s’il y avait urgence ….face à quelque chose, comme si le temps se raccourcissait, tout en gagnant en intensité ce qu’il perdrait en extension ! Le fait est que dès le 26 juillet, donc à peine 25 jours après la bouleversante déclaration faite dans l’enceinte du Sénat, M. Louh va beaucoup plus loin, quand –à l’occasion d’un discours prononcé dans cet autre haut lieu qu’est la Cour suprême- il nous fait découvrir que « le secteur [algérien] de la Justice » a réussi à se hisser « à la hauteur des systèmes judiciaires » des pays développés (4) -ce par quoi il faut entendre, essentiellement, les pays occidentaux.

Ceci étant, il est utile de comprendre qu’il y a un double chemin à parcourir, entre l’énoncé « la Justice algérienne ne répond qu’à la loi et à la conscience » et celui « ladite justice n’a plus grand-chose à envier à celles des grands Etats occidentaux ». En ce qui nous intéresse ici, nous nous limiterons à relever que la compétence –possession du savoir indispensable à l’exercice du métier de magistrat- n’est pas nécessairement comprise dans le 1°. Ainsi, le 26 juillet, M. Louh nous apprend que nos Magistrats sont devenus, en matière de compétence et dans leur généralité, les égaux de leurs confrères exerçant dans les plus grands Etats …de droit, sur la planète.

Grisé par les incommensurables avancées que la justice algérienne aurait, sous sa direction, réalisées, et ne mesurant plus la stupéfaction –pour éviter de parler de trauma- qu’une telle découverte (5) risque de causer à d’innombrables membres de la masse des simples justiciables, le Ministre ne s’arrête plus. Il ne s’arrête plus jusqu’à nous annoncer, lors de ce même 26 juillet, que ladite justice a, désormais, fini par s’imposer en tant que « modèle à méditer auprès des forums internationaux », ceux, naturellement, « intéressés par l’application des lois et l’amélioration de la qualité des prestations judiciaires ».

3- Conclusion.

A) Le résumé : Alors que de hauts Magistrats étaient officiellement soupçonnés de corruption, M. Louh nous a appris que notre Justice ne reconnait aucun pouvoir autre que celui de la loi et de la conscience. Ensuite, alors que certains de ces Magistrats –à force de voir leur culpabilité confirmée- ont fini par être définitivement radiés du corps de la magistrature, et que d’autres attendent en prison, les suites de l’instruction, il nous a fait découvrir que nous avons l’une des meilleures Justices dans le monde.

B-) L’essentiel : Il faut comprendre que toutes ces grandioses victoires algériennes –contre l’univers de l’injustice, des passe-droits, du non-droit, de l’Excès de pouvoir, …et de la corruption- ont été remportées dans un secteur dont M T. Louh est le Ministre, et remportées grâce aux « acquis réalisés dans le cadre des réformes » que lui-même dirige.

C-) L’espoir : Un jour futur, peut-être, des chercheurs et des experts perceront le secret qui a fait que ladite Justice soit devenue (ou dévoilée comme) un exemple à méditer, à suivre et à copier, de par le Monde, précisément, une fois que l’historique saisie des 7 quintaux de cocaïne a dévoilé le multiple scandale …dont celui ayant éclaboussé (6) -on ne peut plus directement !- la même justice !

 

Remaoun

 

Notes
1- http://www.centpapiers.com/le-ministre-de-la-justice-face-aux-7-quintaux-de-cocaine-la-justice-algerienne-nobeit-qua-la-loi-et-la-conscience-introduction-au-paradoxe-de-louh/
2- Le 1° juillet dans la bâtisse du Sénat : https://www.youtube.com/watch?v=DECNwLlOuJk
3- Conférence de presse, du 25 juin au siège de l’APN (Parlement, 1° Chambre). https://www.tsa-algerie.com/video-revivez-la-conference-de-presse-de-tayeb-louh-sur-laffaire-de-la-cocaine-saisie-a-oran/
https://www.liberte-algerie.com/actualite/kamel-chikhi-inculpe-dans-4-affaires-distinctes-295397
4- A l’ouverture des travaux de la 1° session ordinaire de la Cour suprême pour 2018 : http://www.lexpressiondz.com/actualite/296999-1882-magistrats-promus-en-2018.html
5- Celle d’une justice algérienne n’ayant plus rien à envier à celle des grands Etats.
6- Triste est, certainement, la chose …pour tous les Magistrats qui assurent leur charge avec une morale exemplaire. Mais, que de hauts magistrats soient radiés, et d’autres, arrêtés, pour corruption, n’est pas un fait divers …pour un Etat sachant ce qu’Institution judiciaire veut dire !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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