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Danger : ententes de libre-?change (?tats-Unis)

Les ententes de ?libre-?change? d?coulent de la libre concurrence

La classe ouvri?re est la classe la plus progressiste, la plus innovatrice, la plus attach?e au progr?s technologique des moyens de transport et aux ?changes mutuellement consentis. ? ce titre, ce n?est pas la classe ouvri?re qui s?opposerait ? la multiplication des ?changes interpeuples. Ce sera toujours du temps de travail qui sera ?chang? de toute fa?on. Le travail est la seule richesse in?puisable qui donne sa valeur ? toutes les autres ?richesses?. Le travail ouvrier n?est pas ?naturel?, il est social et collectif. Ces ?changes ?ventuels devraient ?videmment ?tre faits sans contraintes, sans exploitation d?une partie par une autre et effectu?s sur la base des avantages r?ciproques et de la communaut? d?int?r?t.

Si les trait?s commerciaux, les ententes et les accords multilat?raux dont nous entendons parler pr?sentement ?taient bas?s sur ces principes coop?ratifs la classe ouvri?re devrait appuyer ces trait?s. Mais il n?en est rien. C?est tout le contraire qui survient. Ce sont les lois de l??conomie qui contraignent les capitalistes de chaque ?tat-nation ? n?gocier des trait?s in?gaux de soi-disant ?libre ?change? qui n?ont absolument rien de libre et ne sont pas des ?changes. C?est du commerce quasi esclavagiste entre les ?tats-Unis d?Am?rique, qui d?sirent vendre la marchandise produite et spoli?e aux esclaves salari?s am?ricains ? mais aussi Chinois, Cor?ens, Bengalis ? contre les marchandises produites par les ouvriers europ?ens, mais aussi par les ouvriers Chinois, Cor?ens, Bengalis, tous mis en concurrence les uns contre les autres sur la grande foire d?empoigne commerciale internationale. En effet, la majorit? du commerce entre l?Am?rique du Nord et l?Union europ?enne concernent des ?changes entre filiales d?entreprises multinationales -mondialis?es ayant des usines, des entrep?ts, des r?seaux de distribution des deux c?t?s de l?Atlantique et partout de par le monde.

Le travailleur fran?ais n?a aucun int?r?t en commun avec les capitalistes fran?ais ? tout comme le salari? ?tatsunien n?a aucun int?r?t en commun avec les capitalistes ?tatsuniens ? m?me si ceux-ci affichent le drapeau ?toil? sur Wall Street contre le bleu blanc rouge ? Paris. Ces drapeaux nationaux sont des attrapes nigauds pour ouvriers arri?r?s et petits-bourgeois socialisants. Les capitalistes monopolistes n?ont pas de nationalit?, m?me s?ils brandissent l??tendard patriotique pour pousser leurs plumitifs ? la guerre commerciale ? avant la guerre l?tale.

Tous les grands oligopoles multinationaux ont des usines ? des bureaux ? des entrep?ts ? des unit?s de distribution ? des mines ou d?autres int?r?ts dans les pays de chacun de leurs concurrents et r?ciproquement. La d?localisation et les prises de contr?le inter-monopoles ont d?j? fait leurs ravages ? avant m?me qu?il n?ait ?t? question de trait?s et d?accords de ?libre-?change?. Pire, chaque multinationale a des actifs (actions ? obligations investissements ? cr?ances ? contrats de fournitures et d??coulement des marchandises) avec chacun des autres conglom?rats concurrents, le tout formant une immense toile d?araign?e d?int?r?ts mondialis?s.

Tout ceci ne signifie pas qu?ils ne sont pas en concurrence les uns contre les autres. Ceci signifie qu?ils sont tous ? la fois, unis et complices, quand il s?agit d?exploiter le travail salari? aux pires conditions n?goci?es; et qu?ils sont tous en comp?tition f?roce pour amasser le maximum de capital ? valoriser et faire fructifier pour un nouveau cycle de reproduction ?largie.

Reprenons la dichotomie ? la base de toute politique ?conomique

Le monde est tr?s simple ? comprendre ? il y a d?un c?t? une clique de milliardaires et de multimillionnaires propri?taires des moyens de production, d??changes et de communication (bien moins que 1% de l?humanit?). De l?autre c?t? du miroir, il y a des millions et des millions de travailleurs salari?s en cours de paup?risation. Entre les deux ? ou plut?t ? les attachants les uns aux autres inextricablement il y a un seul et unique mode de production et d??change, soumis ? des lois imp?ratives qui exigent que le capital-profit soit r?investi pour s?engraisser (produire de la plus-value), fructifier et accomplir un nouveau cycle ?conomique. Chaque ?tat-nation est pris dans ce r?seau et la petite bourgeoisie se d?m?ne pour concilier ces inconciliables.

Et voici que pour continuer ? g?n?rer des profits le mode de production capitaliste force la bourgeoisie de chaque pays dominant ? se lancer non seulement dans la conqu?te de nouveaux march?s, sur les terres de ses concurrents, mais aussi ? aller piller les ressources (aliments, minerais, ?nergie, eau potable) dans les pays asservis par ses concurrents et m?me ? s?aventurer ? exploiter la main-d??uvre de ces pays hier encore attard?s, mais o? il est d?sormais ais? de d?localiser une usine et de la machinerie automatis?e et de former la main-d??uvre locale aux frais de l??tat national local.

Le probl?me de production devient soudain un probl?me commercial et l?gal

Un probl?me surgit soudain. L?ensemble de la l?gislation commerciale internationale a ?t? con?u ? l??poque o? le capitalisme primitif dominait, ? l??poque o? chaque pays ?levait des fronti?res et des barri?res tarifaires autour de la ?patrie? emmur?e de fa?on ? forcer le concurrent (l?entreprise monopoliste ?trang?re battant pavillon allemand, italien, su?dois ou canadien, etc.) ? n?gocier le privil?ge de p?n?trer le march? national-local contre r?ciprocit?. La contrepartie ?tant que l?entreprise exportatrice devait faire pression sur son gouvernement national pour qu?il ouvre les portes ? l?importation chez lui. C??tait donnant-donnant, inter capitaliste, et c??tait surtout bilat?ral : ?Tu m?ouvres tes fronti?res si je t?ouvre mes fronti?res et vice versa?.

Le probl?me est diff?rent maintenant puisque les entreprises n?ont plus de patrie ? pas d?avantage que les ouvriers d?ailleurs. R?cemment, la soi-disant Am?ricaine General Electric a acquis la soi-disant Fran?aise Alstom. De fait, ces deux entreprises ont davantage d?investissements ? d?employ?s (93000 et 304000) ? d?int?r?ts ? de ventes et d?achats dans divers pays (100 pays environ chacune) que dans leur soi-disant ?m?re patrie?. De fait, l?exemple GE- Alstom d?montre que le concept de nationalit? d?une entreprise mondialis?e est p?rim?.

Les ententes et la l?gislation nationale et internationale

On le per?oit facilement, cette fusion de deux oligopoles ne concerne pas seulement les l?gislations nationales (?tats-Unis-France), mais plus d?une centaine de l?gislations nationales ou ces deux conglom?rats ?conomiques font des affaires. La l?gislation internationale, la jurisprudence, le droit commercial international doivent s?ajuster ? cette r?alit? de plus en plus g?n?ralis?e puisque de telles fusions de m?ga entreprises ont lieu de plus en plus fr?quemment. Et ne parlons pas des moyens de t?l?communication qui permettent de suivre l??volution des actions de ces deux entreprises sur les parquets boursiers en temps r?el, et ce, de n?importe quelle ville du monde entier.

Les l?gislations s?adaptent aux conditions d?exploitation

La plupart des entreprises multinationales ont des actionnaires communs, et parfois, via les banques, un banquier partag?, et des actifs crois?s. Un farouche concurrent est en m?me temps un associ?, une soci?t? partenaire, un co-investisseur dans une partie du monde, alors qu.il demeure un concurrent en Libye pour un contrat de construction d?ol?oduc.

La l?gislation nationale et internationale ne pr?c?de jamais le d?veloppement du mode de production et des rapports de production. La l?gislation aussi bien d?un pays que d?un ensemble de pays (internationale) innerve, ent?rine et l?galise les pratiques sociales, ?conomiques, industrielles et commerciales pr?gnantes. Voil? essentiellement l?objet des n?gociations en cours pour l?entente de soi-disant ?libre-?change? entre l?Union europ?enne et les ?tats-Unis. Ces n?gociations sont incontournables ? in?vitables et n?cessaires, du moins tant que ces deux ensembles multinationaux continuent d??tre r?gis par le syst?me d??conomie imp?rialiste.

La CGT fran?aise ?oppose? ces ententes de ?libre-?change? UE-?tats-Unis ?
Dans une d?claration en date du 21 mai 2014, Wolf J?cklein, responsable du D?partement international de la CGT d?clare : ?l?importance de se mobiliser pour emp?cher que nous soit impos?e cette alliance entre l?Union europ?enne et les ?tats-Unis d?Am?rique conclue dans l?opacit? la plus totale?. Il ajoute ?Avec le trait? de libre-?change transatlantique, des situations comme celles d?Alstom et Ascometal, on risque d?en avoir tous les jours !?.

Le syndicaliste a simplement oubli? d?ajouter que cette OPA ? GE-Alstom s?est faite avant la signature de l?accord de libre-?change et que d?autres se pr?parent ? dans un sens comme dans l?autre ? (des multinationales europ?ennes absorbant des multinationales am?ricaines et vice versa). De fait, ces accords et ententes de ?libre-?change? sont la cons?quence de ces fusions ? OPA ? et non l?inverse. Pour entraver les fusions, les OPA, et la concentration monopolistique des entreprises capitalistes il faut combattre le capitalisme bien avant de condamner ces ententes qui ent?rinent ces fatalit?s.

Le bureaucrate syndical poursuit sa lubie : ?Chacun voit bien, par exemple, que des entreprises comme Ascometal ou Alstom sont le jouet d?int?r?ts qui d?passent les ?tats et que face aux dangers que fait peser la loi du march? sur l?emploi et le d?veloppement, il nous b?tir une autre Europe.?. Ce n?est pas un danger (virtuel) que fait peser la ?loi du march?? monsieur J?cklein! C?est une calamit? incontournable contre toute la classe ouvri?re mondiale.

O? la CGT va-t-elle chercher l?id?e que ces deux entreprises multinationales sont des ?jouets? d?int?r?ts occultes. Ces deux multinationales (Ascometal et Alstom), originellement fran?aises, mais qui en fait depuis des ann?es sont des entreprises capitalistes apatrides, tirent leurs profits d?ouvriers r?sidant dans plusieurs pays et elles distribuent leurs dividendes ? des actionnaires r?sidants aussi dans de tr?s nombreux pays. Dans son la?us le bureaucrate syndical tente aussi de cr?er une fronti?re entre les ?tats et les int?r?ts priv?s internationaux ?trangers.

L??tat est le fid?le servant des actionnaires d?Alstom et d?Ascom?tal et si le Pr?sident de la R?publique s?est commis d?une remarque ? propos de ces fusions c?est dans l?unique objectif, et sur ordre des vendeurs d?actions, de faire monter les ench?res pour cette transaction. La classe capitaliste monopoliste fran?aise ne veut surtout pas que leur ?tat se mette les doigts dans ces tractations ? ventes ? achats ? fusions qui ne le regarde pas, sachant bien que demain ce sera une entreprise multinationale ayant son si?ge social ? Paris qui ?avalera? une entreprise multinationale ayant pignon sur rue ? New York.

Les int?r?ts de la CGT et de la gauche r?formiste dans cette affaire

Mais nous n?avons pas encore ?lucid? ce que cherche la direction de la CGT par ses protestations v?h?mentes contre le libre-?change. Monsieur J?cklein ajoute : ?Le trait? de libre-?change transatlantique, pr?par? dans la plus grande opacit?, pousse en effet plus loin encore la domination des multinationales, car il se r?sume, de plus en plus clairement, ? un grand agenda de lib?ralisation des deux ?conomies, am?ricaine et europ?enne. Il y a danger ? voir se r?p?ter les erreurs qui ont pr?sid? ? la cr?ation du March? commun europ?en par le Trait? de Rome en 1957?. Peut-on ?tre plus explicite ?

La direction de la CGT souhaite ?tre convi?e aux pourparlers ? avoir droit au chapitre ? la table de n?gociation, histoire de contribuer ? faire avaler la pilule am?re aux salari?s. Pourquoi cet appel du pied de la CGT ? Pour lever l?opacit? des n?gociations de cet accord qu?elle-m?me d?clare mortel pour le prol?tariat ? Monsieur J?cklein poursuit : ?L?UE a mis les travailleurs des pays membres en concurrence entre eux et [fut] un fer de lance du dumping social?.

Les ouvriers fran?ais devraient expliquer ? ces messieurs de la CGT que pour construire une Europe non capitaliste, v?ritablement socialiste, il faut d?abord abattre l?Europe imp?rialiste. Tant que ce mode de production et d??change dominera l??conomie europ?enne, les politiques, les trait?s et les ententes, la monnaie et les jeux d?alliances entrent ceux qui dirigent les gouvernements europ?ens (locaux, r?gionaux, nationaux et multinationaux); et la concurrence sauvage se poursuivra, car elle est inscrite dans le code g?n?tique du capitalisme.

Le fonctionnaire syndical se vente m?me d?une victoire ? la Pyrrhus, et d?clare : ?Il y a tout juste deux ans, c?est en effet un mouvement citoyen qui a fait ?chouer la tentative d?imposer un accord sur la contrefa?on (? ACTA ?) au Parlement Europ?en. Nous sommes loin d??tre d?munis!?

En effet, le grand capital europ?en ne souhaitait pas l?accord ACTA ?tel quel?, car la contrefa?on dont il est question se pratique ? profusion ? l?int?rieur des fronti?res de l?Union et le trait? ne traitait pas suffisamment de cette question. De plus, la Chine et l?Inde, deux pays fortement vis?s par L?ACTA, doivent ?tre m?nag?s compte tenu de leur importance grandissante dans l??conomie et le financement des d?ficits commerciaux internationaux. Enfin, l?ACTA n?a pas ?t? abandonn?, mais simplement r?f?r? ? la Cour de justice europ?enne o? se m?neront les tractations entre int?r?ts imp?rialistes rivaux avant que l?Accord ne soit ent?rin? par la partie europ?enne avec modifications cosm?tiques, futiles, ? propos de la ?s?curit? des donn?es? visant soi-disant ? prot?ger la vie priv?e. Ce qui apaisera les associations citoyennes protestataires, manipul?es par les grands groupes de presse. L?ACTA vise ? organiser l?espionnage industriel, la surveillance de la recherche et des brevets, et pas du tout l?espionnage de l?ouvrier lambda manipulant sa machine ? souder sur un chantier.

? la fin de l?entrevue, l?aristocrate syndical semble illumin? et il d?voile l?agenda cach? de la CGT : ?Ce sont les travailleurs qui cr?ent les richesses, et sans respect pour leurs pr?occupations, leurs conditions de travail, et leur l?gitime revendication sur la hausse de leurs salaires, il n?y aura pas de sortie de la crise. Face au trait? de libre-?change transatlantique que l?on tente de nous imposer, l?exemple de Seattle nous montre que nous pouvons gagner et imposer un autre agenda.? En effet, les ouvriers cr?ent la richesse. Mais s?il en est ainsi pourquoi se content? d?exiger une prise en compte de leurs pr?occupations et de leur ?l?gitime? revendication face ? ces trait?s et ces accords in?gaux dits de ?libre-?change? mortel?

Les ententes internationales ent?rinent les d?localisations

Messieurs de la CGT, ce qu?il faut dire aux militants c?est que ces tractations, accords et ententes de ?libre-?change? ne sont pas la cause des d?localisations d?entreprises ni la cause de la concurrence impos?e aux salari?s europ?ens et du monde entier, mais ils sont la cons?quence de cette situation exig?e par le d?veloppement de l??conomie capitaliste. Les trait?s et les ententes de ?libre-?change? ne sont jamais que des accords sign?s, apr?s coup, qui viennent ent?rin?s, officialis?s un ?tat de fait d?j? fortement implant? sur le terrain industriel, ?conomique, commercial, gouvernemental et social. C?est donc en amont des trait?s et des ententes qu?il faut combattre le mal et pas seulement en aval contre les effets de ces calamit?es fatales.

D?ici l? camarades militants anti-ententes-de-libre-?change, r?sister de toutes les fa?ons possibles ? ces accords, dont le crime n?est pas d??tre n?goci? dans l?opacit?, loin des bureaucrates syndicaux, mais dont le p?ch? est de l?galiser votre paup?risation, votre mise ? la ?raison? d??tat, votre r?pression et votre liquidation comme classe sociale. Ils reculeront ou ils feront face ? l?insurrection.

ROBERT BIBEAU

? LIRE EN COMPL?MENT 😕http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520
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(1) En plus des ?tats-Unis, le Canada et le Mexique sont ?galement impliqu?s dans ces accords via l?ALENA et des accords en voie de n?gociation entre le Canada et l?UE.
(2) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-vrais-patrons-sont-derriere-les-rideaux-quatre-traites-inegaux/
(3)?Manifeste du parti ouvrier (2014)?http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

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