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Covid-19: la guerre des vaccins

Lors d’une visioconférence, Vladimir Poutine a annoncé l’enregistrement d’un vaccin contre le Covid-19 « pour la première fois au monde », Spoutnik V (V pour vaccin), nommé en référence au satellite soviétique pionnier de la recherche spatiale. 

Il a expliqué que la Russie a mis en place un site internet visant à présenter au monde entier Spoutnik V mais les réactions sceptiques ne se font pas faites attendre…

La Russie se lancera dès septembre prochain dans une « production de masse » de doses de vaccin, pour que « tous ceux qui le souhaitent » puissent se faire vacciner. La vaccination sera particulièrement réservée au marché domestique russe, sur une base de volontariat, comme l’a annoncé le ministre de la Santé Mikhaïl Mourachko.

La France dans l’attente

« Je n’ai pas à donner ma confiance à ce vaccin russe », a lancé le ministre français de la Santé Olivier Véran, estimant que la France et les Européens étaient « dans l’attente de grands laboratoires pour disposer d’un vaccin ». « Nous sommes dans une démarche européenne qui travaille avec tous les grands laboratoires pour faire en sorte que nous ayons accès à un vaccin », a par ailleurs déclaré le ministre.

De son côté, entre autres médias sceptiques, le journal Libération a choisi de représenter le président russe, seringue à la main, à la une de son édition du 12 août dernier : « Vladimir Poutine a cherché à prendre de court le monde entier, en annonçant la mise au point de Spoutnik V, vaccin contre le coronavirus qui n’a pas encore passé la phase finale de tests ».

Le ministère allemand de la Santé a lui aussi émis des doutes sur  la qualité, l’efficacité et la sécurité du vaccin russe : « Il n’y a pas de données connues concernant la qualité, l’efficacité et la sécurité du vaccin », rappelant qu’au sein de l’Union européenne, « la sécurité des patients était la première des priorités ».

Des critiques balayées par le ministre russe de la Santé, Mikhaïl Mourachenko : « Les collègues étrangers, qui semblent percevoir une certaine concurrence expriment certaines opinions qui, selon nous, sont absolument sans fondement. En effet, de nombreux pays ont recouru à une forme de régime de recherche à marche forcée. Mais le vaccin russe est le résultat de certaines connaissances et données cliniques dont on disposait déjà ».

Si 20 pays étrangers ont d’ores et déjà précommandé plus d’un milliard de doses du vaccin russe, d’après l’agence TASS, des tests d’autres vaccins sont en cours dans d’autres pays :

  • A Washington, Donald Trump a annoncé un contrat de 1,5 milliard de dollars pour la livraison de 100 millions de doses du vaccin expérimental de la biotech américaine Moderna, le sixième contrat de ce genre depuis mai.
  • En Chine, c’est le vaccin mis au point par le laboratoire Sinovac Biotech, appelé Coronavac, qui est entré dans la dernière étape des essais cliniques avant l’homologation. Ce vaccin est déjà actuellement testé sur 9 000 volontaires au Brésil, le deuxième pays le plus touché au monde par la pandémie après les Etats-Unis.
  • L’Indonésie a commencé à tester sur 1 600 volontaires un autre vaccin, également en phase III.

Prudence à l’OMC

Pour sa part, l’OMS, qui avait précédemment émis des doutes sur la rapidité de développement du vaccin russe, s’est montrée prudente. Son porte-parole, Tarik Jasarevic,  a ainsi déclaré : « Nous sommes en étroit contact avec les Russes et les discussions se poursuivent. La préqualification de tout vaccin passe par des procédés rigoureux.» Spoutnik V est un vaccin « à vecteur viral », c’est-à-dire qu’il utilise comme support un autre virus, qui a été transformé artificiellement afin de combattre le Covid-19.

Cette technique n’est pas employée uniquement par les Russes, mais également par d’autres équipes de recherche, comme par exemple celle de l’université d’Oxford.  Le vaccin sera mis en circulation le 1er janvier 2021, d’après le registre national des médicaments du ministère de la Santé, cité par plusieurs agences de presse russes. L’autorisation du ministère de la Santé ouvre la voie à de vastes essais, couvrant des milliers de participants, et que l’on surnomme communément phase III, après lesquels le vaccin reçoit, ou non, une autorisation définitive.

Quant à Alexandre Sergueïev, président de l’Académie des sciences de Russie, il a mis en garde contre des déclarations de victoire trop hâtives, expliquant qu’il faudrait surveiller les anticorps induits par le vaccin durant plusieurs mois. « Lorsqu’on parle de la vaccination de masse de la population, de dizaines et de centaines de millions de doses de vaccin, évidemment, cela prend du temps ».

Pour l’instant, à l’échelle du monde, le coronavirus a infecté plus de 24 millions de personnes et plus de 835 000 ont perdu la vie…

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A propos de Albert Ricchi

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Journaliste citoyen, mon blog est consacré à la politique, la démocratie, l'économie, l'environnement ainsi qu'à plusieurs réformes essentielles à entreprendre aujourd'hui afin de réconcilier les citoyens avec la République et la justice sociale.

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