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«Cosse» toujours, tu m’intéresses

Décidément la soif du pouvoir n’épargne personne, et voilà que maintenant l’ex patronne des Verts tombe dans le piège tendu par Hollande, convaincue, avec une belle naïveté, que ça n’a été l’objet d’aucun marchandage.

En mettant en même temps dans ce gouvernement un ardent défenseur du projet NDDL, le léthargique Ayrault, et une opposante écologiste, le machiavélique président veut croire régler l’ingérable… ce qui reste à voir.

Son projet ?

Lancer un référendum…

Mais rien de plus piégeant qu’un référendum, car tout dépend de l’étendue du territoire qui sera consulté.

Si celui-ci est étendu à la grande région nantaise, ceux qui ne seront pas impacté par la zone de l’aéroport projeté y seront probablement majoritairement favorable…

Pourtant si l’on y regarde de plus près, ce projet d’aéroport international ne tient pas la route, non pas uniquement sur le chapitre environnemental, qui pourtant mérite l’attention, puisque de nombreuses espèces animales rares et protégées, disparaitraient, mais tout simplement parce que l’aéroport projeté n’est pas plus grand que l’ancien, comme l’ont remarqué les pertinents journalistes du Canard Enchaîné. lien

En effet, s’il est vrai que la surface concernée par le projet est plus grande que l’ancien, cette extension de surface n’est due qu’à la zone commerciale attenante au projet, alors que la zone destinée aux avions est plus petite que celle de l’aéroport existant.

Dès lors, il est probable que les résistants de NDDL continueront de contester le projet.

Tout dépend aussi de la rédaction de la question posée dans le référendum, et on peut compter sur la pugnacité présidentielle pour rédiger une question suffisamment alambiquée capable de semer le doute dans l’esprit des consultés.

Si finalement le oui l’emporte, ce sera intéressant de voir la réaction de l’ex responsable écologiste : n’a-t-elle pas promis d’accepter la décision qui sera prise, quelle qu’elle soit ?

Quid alors de son engagement de mars 2014 : « on continuera de manifester contre l’aéroport de ND-des-Landes ». lien

Qui pourrait la croire aujourd’hui ?

Ne parlons pas de Vincent Placé qui faisait carrément le siège de l’Elysée depuis de longs mois pour obtenir un siège, apparemment la place de sénateur qu’il avait obtenu ne lui étant manifestement plus suffisante.

Mais pour en revenir à Emmanuelle Cosse, on se demande si elle a réalisé le mal qu’elle faisait à son mouvement, en acceptant d’être la caution écologiste d’un gouvernement qui est tout, sauf écologiste.

Il faut écouter le coup de gueule d’un militant des verts, Guillaume, qui va faire des confettis de sa carte des verts, suite à ce qu’il appelle la trahison de Cosse. lien

La farce de la supposée fermeture de Fessenheim, la promotion de la voiture électronucléaire de Ségolène, destinée seulement à relancer la consommation électrique, l’acharnement à construire des centrales nucléaires EPR qui sont des échecs financiers et technologiques, l’engagement insensé dans le projet ferroviaire Lyon Turin, un projet à plus de 30 milliards d’euros dont la Cour des Comptes, et pas seulement elle, à dit tout le mal qu’on pouvait en dire, tout ça montre bien le peu de cas que ce gouvernement fait de la question écologique. lien

Un projet démentiel, comportant en tout près de 140 km de tunnels, sur un trajet de 240 Km, générant des déchets ingérables, détruisant l’environnement, des terres agricoles de qualité, sans la moindre espérance de rentabilité.

Le rapport Duron, (lien) commandé par le gouvernement avait fait le même constat, et d’autres expertises indépendantes aussi, et pourtant, Hollande s’obstine à engager ce projet, alors que son financement n’est même pas bouclé… récemment, alors que LTF, (Lyon Turin ferroviaire) promoteur du projet, communique régulièrement sur le projet, affirmant que tout va bien, que l’Europe va financer une grande partie du projet, on a appris qu’il y avait loin de la coupe aux lèvres.

LTF avait estimé le cout du tunnel à 8,3 milliards, affirmant que l’Europe allait s’engager pour 40% de cette somme, soit un peu plus de 3 milliards.

Or le prix de ce tunnel de base, si l’on se base sur celui d’un tunnel équivalent, celui du Gothard, lequel va s’ouvrir en juin prochain, devrait être de 11 milliards

De plus, les promesses européennes ont fondu, et l’on sait aujourd’hui que cet engagement de dépassera pas un milliard d’euros.

En effet, lors d’une réunion qui s’est tenue en Maurienne les 7 et 9 février dernier, le traité de ratification ne dépasse pas 813 millions d’euros, s’il faut en croire TELT, (tunnel euralpin Lyon Turin). lien

Pour réaliser ce grand chantier inutile, il reste donc à trouver plus de 29 milliards.

Et la liste des grands chantiers voulus par se gouvernent listés par les écolos comme GPPI (grands projets d’infrastructures inutiles) s’allonge indéfiniment sans émouvoir pour autant ce gouvernement.

N’oublions pas que, sur la question énergie, la France est le plus mauvais élève de la classe européenne, vu que les énergies propres y sont largement méprisées.

Dès lors, comment est-il possible qu’une militante qui s’est toujours clamé écologiste puisse accepter d’intégrer ce gouvernement, sans réaliser en même temps qu’elle est en train de trahir son propre camp ?

Combien à la suite de cette trahison prendront la décision de déchirer leur carte des Verts ?

Si on prend un peu de recul, on se souvient que Mitterrand avait joué la même carte, faisant rentrer dans son gouvernement un certain Brice Lalonde, lequel avait été éjecté du mouvement écologiste, ce que les français dans leur ensemble ne savaient pas, et qui était donc une caution écolo pour Tonton, comme l’appelaient certains…

Dommage quand même que Cosse ne se soit pas souvenu de cet épisode politique, qui lui aurait peut-être évité de commettre une telle erreur.

Mitterrand, en mettant en selle Lalonde, permettra la désagrégation provisoire du mouvement écologiste…tout comme il l’avait fait avec les communistes, leur proposant la « gauche pluriel », juste pour les faire disparaitre de l’échiquier politique.

Un homme, Jean d’Ormesson, considéré plutôt de droite, a fait la même analyse. lien

Le résultat de tout ça ne fera que désappointer un peu plus le citoyen, ne sachant plus à quel « saint se vouer », jusqu’à être tenté par choisir le camp de l’extrême droite, en se disant naïvement, nous avons tout tenté, sauf ce parti.

Un résumé de la situation a été particulièrement bien expliqué par un chroniqueur de France Inter, dans l’émission « la bande originale », et sa chronique mérite le détour, car Pierre-Emmanuel Barré, avec un talent indiscutable, et un humour percutant, a brossé en quelques minutes un tableau accablant de ces hommes qui nous gouvernent, ou du moins qui tentent de le faire.

On peut l’écouter sur ce lien.

3 minutes et trente cinq secondes rafraichissantes.

Comme dit mon vieil ami africain : « bouche de miel, cœur de fiel ».

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

Image à la une:  http://mondesenfouis.centerblog.net/

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