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Coronavirus : la prévisible vague de dépressions du personnel hospitalier

Entre le pathétique manque de matériel lié à l’incurie des gouvernants, les journées de travail harassantes qu’impose l’afflux de personnes gravement contaminées par le Covid-19, et la surmortalité des patients les plus atteints, le personnel hospitalier souffre indiscutablement au plan psychologique. Nul doute, hélas ! que cette catastrophe sanitaire entraînera chez les soignants – tous métiers confondus – de nombreuses dépressions…     

Depuis des semaines, le personnel des hôpitaux – médecins, infirmiers, aides-soignants – est exposé par la pandémie de Covid-19 à une situation sanitaire inédite dont les effets sont malheureusement aggravés par l’impréparation des structures et le cruel manque de stocks d’équipements stratégiques. À cet égard, les responsables politiques présents et passés de ces inadmissibles manquements – dictés par les oukases budgétaires engendrés par la doxa néolibérale – devront, la catastrophe sanitaire passée, rendre des comptes au peuple par le biais de commissions d’enquêtes parlementaires et, le cas échéant, de poursuites pénales.

Mais l’heure n’est pas aux polémiques alors que le pic de la pandémie n’est pas encore atteint dans notre pays, même si un plateau de contaminations semble se dessiner. Les attentes de justice des Français, ô combien légitimes, n’en seront pas moins fortes le moment venu ; elles s’exprimeront avec d’autant plus de détermination que les colères exprimées lors du mouvement des Gilets jaunes et dans les luttes sociales contre l’inique projet de (contre)réforme des retraites n’ont pas été soldées et ont laissé dans la cheminée des braises encore incandescentes.

Aujourd’hui, comme hier et demain, c’est vers les établissements hospitaliers que se tournent tous les regards de nos compatriotes dont beaucoup sont à juste titre inquiets, sinon pour eux-mêmes, du moins pour les membres de leur famille les plus exposés du fait de l’âge ou des comorbidités dont ils sont porteurs. Des hôpitaux où l’ensemble du personnel de santé, des plus éminents médecins aux plus modestes aides-soignants, doit faire face depuis la mi-mars à un afflux sans précédent de malades en état de détresse respiratoire sévère nécessitant, pour les cas les plus graves, une intubation et un placement sous respirateur en état de coma artificiel.

Parmi ces patients, trop nombreux sont ceux qui agonisent et meurent sans que, confinement oblige, les membres de leur famille aient pu les revoir, les embrasser, ou simplement leur tenir la main une dernière fois en signe d’adieu. Et c’est incontestablement un drame, non seulement pour les proches, coupés depuis des jours, voire des semaines, de tout contact avec leurs parents en souffrance, mais également pour tous ces soignants qui, à un moment ou un autre, sont contraints de débrancher les malades emportés par le Covid-19 sans pouvoir marquer à ces proches en deuil leur compassion par un mot ou un geste.

Débrancher le respirateur : un acte ressenti comme un douloureux échec. Et cela d’autant plus que, dans les zones de forte tension, les personnes décédées sont très vite mises dans des housses et évacuées vers des entrepôts funéraires de fortune en l’absence de toute phase de recueil des familles de défunts. Hors des situations de décès d’enfants atteints de maladies incurables dans les unités pédiatriques, rarement on voyait des personnels hospitaliers pleurer de rage impuissante. C’est pourtant ce qui arrive de plus en plus fréquemment dans nos hôpitaux et nos cliniques.

Les larmes tiennent lieu d’exutoire psychologique aux terribles tensions vécues par les personnels hospitaliers. Mais il est évident qu’elles ne suffiront pas à évacuer totalement l’accumulation de fatigue, le stress omniprésent, le sentiment d’impuissance dans les cas les plus aigus, sans oublier la peur de la contamination qui a déjà touché nombre de soignants, plusieurs d’entre eux ayant payé de leur vie l’exercice de leur métier en milieu contaminé. D’ores et déjà, nombre de médecins, d’infirmiers, d’aides-soignants, ont eu, comme les victimes d’attentats ou d’événements traumatisants, recours à une assistance psychologique. Un service bienvenu. Mais il est à craindre que, malgré cette aide, de nombreux membres des structures hospitalières, auxquels il convient d’ajouter les personnels des EHPAD, se trouveront de fait en état de dépression lorsque nous sortirons de cette grave crise sanitaire.

Un grand merci à toutes ces femmes et ces hommes qui se dépensent sans compter leurs efforts, souvent au détriment de leur vie de famille, malgré la boule au ventre qui les étreint à leur prise de service ! Puissent les pouvoirs publics se souvenir, la crise passée, de ce formidable engagement pour agir dans deux directions : doter enfin les structures hospitalières des équipements et des personnels qui leur font si cruellement défaut ; apporter aux soignants la reconnaissance financière qui leur est – si injustement – refusée depuis des années ! À cet égard, que mesdames et messieurs les gouvernants prennent garde : une amnésie de leur part réactiverait sans nul doute la braise qui continue de couver !

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A propos de Fergus

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Autodidacte retraité au terme d'une carrière qui m'a vu exercer des métiers très différents allant d'informaticien à responsable de formation, je vis à Dinan (Côtes d'Armor). Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n'ai toutefois jamais appartenu à une quelconque chapelle politique ou syndicale, préférant le rôle d'électron libre. Ancien membre d'Amnesty International. Sur le plan sportif, j'ai encadré durant de longues années des jeunes footballeurs en région parisienne. Grand amateur de randonnée pédestre, et occasionnellement de ski (fond et alpin), j'ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but. J'aime la lecture et j'écoute chaque jour au moins une heure de musique, avec une prédilection pour le classique. Peintre amateur occasionnel, j'ai moi-même réalisé mon avatar.

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