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Convention pour un salaire minimum mondial

Lettre ouverte ??:
-?Barak OBAMA, pr?sident des Etats unis d?Am?rique,
-?Jos? Manuel BARROSO, pr?sident de la Commission Europeenne,
-?Robert AZEVEDO, directeur g?n?ral de l?OMC,
-?Guy RYDER, directeur g?n?ral de l?OIT,
-?et tous les chefs d?Etats des pays ?mergents ou en d?veloppement.

Partout dans le monde, la plupart des consommateurs et travailleurs, souhaitent l??radication de conditions de travail proches de l?esclavage et accueilleraient favorablement l?instauration d?un salaire minimum mondial.

La derni?re convention internationale contre l?esclavage fut organis?e par la Ligue des Nations en 1926 et sign?e par 99 pays.

Depuis, aucune autre mesure globale n?a ?t? prise pour am?liorer les conditions de travail et de r?mun?ration des populations les plus fragiles.

Aussi, dans un contexte de mondialisation sauvage o? seul le profit fait loi, il est maintenant n?cessaire et urgent de d?finir de nouvelles r?gles pour ?radiquer des conditions de travail proches de l?esclavage.

Il convient de r?unir les deux principaux march?s de consommateurs et le plus grand nombre de pays en ?mergents ou en d?veloppement, pour la signature d?un accord. Ce protocole pourrait d?abord concerner les salari?s dont l?activit? est li?e ? l?exportation vers les USA et l?UE.

« L??radication de conditions de travail proches de l?esclavage passe d?abord par une digne r?mun?ration »

Un salaire d?cent peut constituer un outil de respect des Droits Humains

L?Organisation Internationale du Travail (OIT) et des ONG (organisations non gouvernementales) dressent r?guli?rement des constats alarmants ? propos des conditions de travail et de s?curit? des ouvriers des pays ? bas co?ts.

Mais les chartes ?thiques sign?es par les groupes de distribution et les industriels locaux s?av?rent insuffisamment contraignantes et n?ont jamais permis d?am?liorer significativement l?existence de populations trop souvent asservies.

Chaque ann?e, des situations sanitaires dangereuses et de nombreux accidents continuent ? tuer des milliers d?ouvriers.

Il est h?las peu certain que les donneurs d?ordres acceptent de renoncer ? une part m?me mineure de leurs b?n?fices, pour faire progresser la s?curit? et la situation des ouvriers.

En effet, ceux-ci estiment souvent que cette responsabilit? incombe aux sous-traitants qui, ? l?oppos?, affirment g?n?ralement, ne pas pouvoir financer des am?liorations sans l?implication financi?re des grands groupes de la distribution.

Il nous faut aujourd?hui penser une autre approche?: des travailleurs mieux r?mun?r?s ont davantage acc?s ? l?information, mais aussi ? des conseils et ? une aide juridique pour les prot?ger et faire valoir leurs droits.

Si nous, march?s occidentaux de consommateurs, aidions les salari?s des pays ? plus faibles co?ts ? obtenir une plus digne r?mun?ration de leur travail, nous leur procurerions ainsi les outils qui leur permettraient d?influer sur leurs conditions de travail, de sant? et de s?curit?.

Ils sauraient, n?en doutons point, engager avec leurs entreprises et pays respectifs, un dialogue qui conduirait ? l??radication de conditions d?existence proches de l?esclavage.

Adopter une vision plus globale

Dans un contexte de mondialisation, il convient d?appr?hender avec une vision globale, la situation des salari?s des pays ?mergents.

On peut, certes, continuer ? pointer du doigt la dangerosit? et p?nibilit? du travail ou l?extr?me exploitation des ouvriers de certains pays, mais cela les expose ? la d?localisation de leur production vers d?autres r?gions o? les travailleurs sont parfois encore plus fragiles.

Depuis l?accident de Dacca, qui ? cout? la vie ? 1 133 personnes et caus? de graves blessures et amputations ? plus de 1 000 ouvri?res et ouvriers parmi les 1 900 bless?s, plusieurs groupes textiles, sans doute plus soucieux de leur image que du sort des ouvri?res et ouvriers bangladais, transf?rent maintenant leur production vers d?autres pays d?Asie ou d?Afrique.

Une tentative d?indemnisation des victimes du Rana Plaza a ?t? organis?e le 12 septembre 2013 ? Gen?ve sous la houlette de l?OIT. Cependant, 9 marques seulement sur les 29 impliqu?es se sont d?plac?es.

Aussi, peut-?tre pourrions-nous, afin de mettre fin ? cette folle et meurtri?re ronde, tenter d?apporter une r?ponse plus pertinente.

La plupart des consommateurs occidentaux accueilleraient tr?s favorablement l?institution d?une norme salariale mondiale.

N?anmoins, la protection, les droits, la s?curit? et la sant? des citoyens rel?vent de la responsabilit? de chaque ?tat qui, m?me en cas d?insuffisances, demeure souverain.

Par ailleurs, l?instauration imm?diate d?un salaire minimum d?cent pour l?ensemble des salari?s de chaque pays ?mergent serait, le plus souvent, ?conomiquement irr?alisable.

Aussi, Il importerait simplement, afin de rem?dier rapidement et durablement ? des situations sanitaires urgentes et souvent dangereuses, d?organiser une convention internationale pour d?finir dans la concertation, un montant de r?mun?ration minimum obligatoire sp?cifique ? l?exportation, afin d??changer dans un monde plus juste et plus serein.

Une convention internationale entre march?s de consommateurs et pays ? bas co?ts

USA et UE pourraient, en collaboration avec l?OIT et dans le cadre de l?Organisation Mondiale du Commerce (OMC), proposer ? l?ensemble des pays industriels ? bas co?ts, d?adh?rer ? une convention internationale.

Cet accord pr?voirait essentiellement de subordonner l?exportation vers les deux plus grands march?s de consommateurs, ? l?obligation de r?mun?rer, selon une norme minimum mondiale n?goci?e, les personnels qui fabriquent ces produits ou fournissent ces services.

Il conviendrait de d?terminer dans la concertation, un montant de salaire suffisamment ambitieux pour faire ?voluer la situation salariale de nombreux ouvriers dans le monde mais assez raisonnable et mod?r? pour ?tre agr?? par le plus grand nombre de pays exportateurs.

Une discussion entre les principaux march?s de consommateurs et l?ensemble des pays exportateurs, pourrait s?engager autour de la base suivante, qui n?anmoins, ne constituerait qu?une ?tape vers une harmonisation salariale.

  • Un salaire minimum mensuel net de 400 ? ou 500 $ pour les ouvriers fabriquant des produits ou les employ?s fournissant des services destin?s ? l?exportation principalement vers les deux plus grands march?s de consommateurs que sont l?UE et les USA.
  • Seraient concern?s?: des pays d?Asie, d?Am?rique du Sud, d?Afrique et d?Europe. Les pays de l?Union Europ?enne (UE) qui ne garantissent pas de salaire minimum ou dont le montant est inf?rieur au seuil pr?conis?, devraient ?galement se plier ? cette r?gle pour exporter vers les autres pays membres de l?UE ou les USA.

Il appartiendrait ensuite ? chacun des ?tats participants, de l?gif?rer pour faire appliquer dans les entreprises locales et ?trang?res, les dispositions d?cid?es lors de la convention et encadrant la r?mun?ration des personnels travaillant pour l?exportation.

Par ailleurs, l?UE abrite en son sein d?importantes in?galit?s?: le salaire minimum bulgare est le plus faible avec un montant net de 120 ? mensuel quand son ?quivalant luxembourgeois d?passe 1 500 ?.

Il reviendrait ? la Commission Europ?enne, d?imposer plus d??quit? entre ses membres?[1].

Une augmentation salariale possible sans majoration du prix pour le consommateur

Les groupes de distribution et du luxe, les grandes enseignes et les marques, ont b?ti en ? peine vingt ans de mondialisation, des empires financiers gigantesques.

Ceux-ci distribuent chaque ann?e des dizaines de milliards d?euros ? leurs actionnaires au d?triment de consommateurs abus?s et d?ouvriers surexploit?s.
Leurs milliers de palais de la consommation sont d?mesur?s et occupent maintenant des millions de m?tres carr?s sur les plus belles avenues du monde.

Mais ? l?autre bout de la chaine, les salaires mensuels n?atteignent que tr?s rarement 200 ? par mois et sont bien souvent inf?rieurs ? 100 ?.

Celui d?une ouvri?re bangladaise compte parmi les plus faibles au monde avec 40 ? pour parfois 250/300 heures de labeur ou 23 ? pour des ?thiopiens qui r?v?laient r?cemment ?tre battus par les contrema?tres. D?autre part, au sein m?me de l?UE, les ouvri?res de certains pays per?oivent moins de 150 ?.

Pourtant, il serait parfaitement possible, dans l?ensemble des secteurs industriels, de r?mun?rer plus correctement les personnels qui produisent des articles destin?s ? l?exportation, sans majoration de prix au consommateur.

La diminution de profits n?avoisinerait le plus souvent, que quelques dizaines de cents ou quelques euros sur des articles plus chers.

Pour exemple, la somme annuelle de travail produit par une ouvri?re textile bangladaise r?mun?r?e moins de 500 ? l?an, peut participer ? la r?alisation d?un chiffre d?affaires atteignant parfois 200 000 ou 300 000 ? par an, d?pens?s par les consommateurs dans les grandes enseignes de la distribution ou les boutiques de pr?t ? porter bas, moyen, haut de gamme et luxe.

De m?me, le co?t en main d??uvre d?un Smartphone n?exc?de gu?re 2 ? 5?% du prix de vente, celui d?une paire de baskets de marque oscille entre 1.5 et 3?% du prix boutique et un sac de luxe confectionn? en quelques heures est parfois revendu 1 000 ou 2 000 ?.

Un code barre pour mieux respecter les Droits et lutter contre la surconsommation des ressources naturelles

Une tra?abilit? des produits, mat?rialis?e par un code barre obligatoire pour exporter vers l?UE et les USA, pourrait faciliter l?application de r?gles sociales dans les pays d?origine.

La production de chaque article a une cons?quence directe sur l??tat de la plan?te et l??puisement des ressources naturelles. Peut-?tre ne devrions-nous plus attendre pour lutter contre le consum?risme, le r?chauffement climatique et la destruction de l??cosyst?me.

Un code barre conf?rerait une identit? ? chaque article. Il indiquerait le nom du donneur d?ordre, celui du fabricant et des sous-traitants, le niveau des conditions sociales des personnels de production, la conformit? des substances utilis?es, ainsi que l?empreinte ?cologique.

Cela pourrait marquer le d?but d?une vraie gestion des ressources et des ?changes. Par ailleurs, celui-ci constituerait un outil efficace de lutte envers la contrefa?on.

Pour que chaque pays puisse b?tir une ?conomie saine

Les hausses, surtout de bas salaires, ont, selon la plupart des ?conomistes, keyn?siens ou appartenant ? d?autres courants de pens?e, un effet macro?conomique positif certain sur le d?veloppement d?un pays.

Les effets concrets sont d?autant amplifi?s sur l??conomie locale lorsque le pays est ?mergent et produit agriculture, ?levage et industrie manufacturi?re de biens de consommation.

En revalorisant la r?mun?ration des salari?s travaillant pour l?exportation, m?caniquement, les revenus des autres citoyens et le niveau de vie du pays exportateur progresseraient.

A terme, l?augmentation de la consommation de biens indispensables, alimentaires ou mat?riels, g?n?rerait une croissance du march? int?rieur qui pourrait contribuer ? b?tir une ?conomie plus autonome et saine, mais aussi moins orient?e vers une course ? la production dont, par ailleurs, les effets sur l?environnement sont souvent d?sastreux.

Consommateurs otages et complices malgr? nous

Nous, consommateurs occidentaux, n?acceptons plus d??tre les otages et complices d?une politique ?conomique sp?culative qui nous berne et impose ? des femmes, des hommes et parfois des enfants de 10 ans, des conditions de travail proches de l?esclavage.

La promesse d?une mondialisation heureuse qui devait offrir bienveillamment du travail aux pays pauvres dans le respect de leurs droits et procurer des produits moins chers aux pays riches ne s?est gu?re r?alis?e?: les conditions de travail des ouvriers des pays ?mergents se sont peu am?lior?es depuis le d?but de la mondialisation, le ch?mage des pays occidentaux a explos? et la plupart des prix des biens de consommation augmentent r?guli?rement.

Il semble aujourd?hui, que les actionnaires des grands groupes soient les principaux b?n?ficiaires de ce march? de dupes. Certes, les donneurs d?ordres occidentaux partagent la responsabilit? de cette forme d?esclavage contemporain avec les industriels locaux et doivent ?galement parfois composer avec des organisations mafieuses et des hommes politiques ou fonctionnaires corrompus.

Aussi, l?instauration d?un salaire minimum obligatoire pour exporter, aiderait les ?tats signataires ? lutter contre une corruption qui prive travailleurs et citoyens, des fruits d?une croissance qui leur revient de droit.

Les gouvernements pourraient ainsi remplir leur devoir de protection envers leurs populations.

L?adh?sion ? cette convention internationale, march?s de consommateurs/Pays en d?veloppement, pourrait constituer pour chacun des ?tats signataires, une opportunit? historique d?avanc?e ?conomique et sociale.

Francis JOURNOT

« international convention for a world minimum wage » et?« V?tements made in France »?sont des associations ind?pendantes et ? but non lucratif

[1]?Union Europ?enne?:

Nous devons envisager l?instauration d?un salaire minimum mensuel net de 1 000 ? pour l?ensemble des ouvriers des pays de l?UE fabriquant des produits ou les employ?s fournissant des services destin?s ? l?exportation ainsi que pour les salari?s d?tach?s dans l?un des 28 pays de l?Union Europ?enne (Exemples?: ouvriers polonais et portugais du BTP en France et ouvriers Bulgares ou roumains dans l?agroalimentaire en Allemagne).

Ce salaire net minimum s?appliquerait donc aux 7 pays qui ne disposent pas d?un salaire minimum (Allemagne, Italie, Danemark, Chypre, Autriche, Finlande et Su?de).
Et, parmi les 21 pays pr?voyant un salaire minimum, ceux dont le montant est inf?rieur au seuil de 1 000 ? (Roumanie, Bulgarie, Pologne, Hongrie, R?publique tch?que, Croatie, Estonie, Lituanie, Lettonie, Gr?ce, etc.?) Les salaires minimum en vigueur dans des pays de l?UE continueraient ? s?appliquer d?s lors qu?ils seraient sup?rieurs ? 1 000 ? net mensuel.

? terme, un alignement bas? sur la moyenne des salaires minimum nets fran?ais, anglais, belges, irlandais, n?erlandais ou luxembourgeois (1 100 ? 1 550 ?) pourrait ?tre envisag? pour les pays les plus d?velopp?s et s?appliquer ensuite ? l?ensemble des populations de la communaut? europ?enne.

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