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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
14 décembre 2007 |
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La gestion des déchets au Québec va être examinée sous toutes les coutures en février prochain par une commission parlementaire de l’Assemblée nationale du Québec. Il y aura des auditions publiques et une consultation en ligne avec comme objectif, nous disent les parlementaires des trois partis politiques, de réactualiser la politique et de donner un nouvel élan à la gestion des matières résiduelles. Il faut dire qu’il y a matière à réflexion : la quantité de matières résiduelles générées par personne s’établit à 1,69 tonne en 2006, alors qu’elle était de 1,51 tonne en 2004.
Dans le document de consultation qu’elle met à notre disposition sur la page dédiée à la consultation, La gestion des matières résiduelles. Mandat d’initiative, la Commission précise qu’elle a choisi de se pencher plus particulièrement sur la
réduction à la source des matières résiduelles. La question la question du réemploi, du recyclage et de la valorisation de certaines matières (matières putrescibles, contenants de boisson à remplissage unique, résidus domestiques dangereux, matières résiduelles issues du secteur industriel, commercial et institutionnel et du secteur de la construction, de la rénovation et de la démolition), de même que celle de l’élimination des matières résiduelles telles les résidus solides et les boues municipales, sont aussi à l’ordre du jour de la consultation.
Le paradoxe que vit le Québec, et sans doute plusieurs sociétés industrialisées, est la nette incompatibilité entre le discours ambiant et la réalité. Comme l’a démontré le journaliste François Cardinal dans Le Mythe du Québec vert paru en octobre dernier, les Québécois ont une grande sensibilité environnementale, mais posent peu de gestes concrets pour traduire cette sensibilité en réalité.
On apprend, en parcourant le document de consultation, on apprend ainsi que les matières résiduelles ont augmenté de 14% entre 2004 et 2006. Cardinal a pour sa part constaté que la quantité de déchets générés par les Québécois avait bondi de 62% entre 1994 et 2004. Si nous maintenons le rythme 2004-2006, le saut sera de 70% entre 2004 et 2014.
Pire, nous produisons 466 kg de détritus par tête de pipe, plus que notre voisine l’Ontario (363 kg) et même que l’Alberta (372 kg) !
Qui a dit déjà que les Québécois étaient les grands défenseurs de l’accord de Kyoto ?
La Commission nous consulte parce que la politique de gestion des matières résiduelles vient à échéance en 2008.
Vous serez heureux, j’en suis certain, d’apprendre qu’il y a trois lois et neuf règlements liés à la gestion des matières résiduelles. Du côté des responsabilités, elles sont partagées entre le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), la Société québécoise de récupération et de recyclage (RECYC-QUÉBEC), les municipalités régionales (MRC) et l’ensemble des municipalités.
Comme par hasard, Harvey Mead publiait, au lendemain de l’annonce de cette consultation parlementaire sur nos déchets, son premier rapport du Commissaire au développement durable.
Mead a fait un calcul rigoureux qui démontre que si tous les habitants de la Planète adoptaient notre mode de vie, il faudrait trois planètes pour répondre à leurs besoins.
L’heure est grave, si on se fie au rapport de Mead qui disait dans sa conférence de presse que « de nombreux acteurs ne reconnaissent ni l’ampleur, ni l’urgence de la situation ».
La solution proposée par Mead : écologiser l’ensemble des activités.
En ce qui concerne les matières résiduelles, chapitre 5 du rapport du commissaire Mead, celui-ci a cherché à cerner les causes de l’échec du Québec. Sa conclusion est un des plus vieux constats au monde : la main gauche ignore ce que fait la main droite. Les ministères à vocation économique ne se soucient pas de favoriser une consommation et une production responsables.
Les parlementaires de la Commission des transports et de l’environnement pourraient sauver du temps en s’assoyant quelques heures avec Harvey Mead.
Liens vers les deux conférences de presse :
Annonce de la tenue d’auditions publiques et du lancement de la consultation en ligne sur la gestion des matières résiduelles au Québec. Visionner.
Publication du premier rapport du Commissaire au développement durable. Visionner
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