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Centpapiers

  • Consommation de viande : Nous marchons allègrement vers notre perte

    15 août 2007 | 7 commentaire(s) | vu 1 561 fois

    Récemment, l’écologiste Chris Goodall a soutenu, calculatrice en main, qu’il est moins dommageable pour l’environnement de prendre sa voiture que de marcher pour se rendre au supermarché. Dans How to Live a Low-Carbon Life, Goodall est formel : alors que la conduite d’une voiture britannique typique sur une distance de 3 milles [4.8km] ajoute environ 0,9 kg de CO2 dans l’athmosphère, marcher l’équivalent fait dépenser environ 180 calories et il faudra alors ingérer 100 g de boeuf pour les récupérer, la production du dit boeuf se traduisant par l’émission d’environ 3,6 kg de CO2 (Times online, Walking to the shops ‘damages planet more than going by car’) Le problème, c’est que la consommation mondiale de la viande et des autres produits alimentaires de l’élevage est en hausse constante.

    Déjà en décembre 2006, la FAO publiait un rapport démontrant que le secteur de l’élevage est responsable, à l’échelle mondiale, de plus d’émissions de gaz à effet de serre que le secteur du transport. Or, la production de viande devrait passer de 229 millions de tonnes en 2001 à plus de 465 millions de tonnes en 2050, alors que celle du lait va passer pour sa part de 580 à 1043 millions de tonnes.

    Voilà bien là un des grands paradoxes de l’amélioration du sort humain.

    Certains diront qu’il y aurait une façon simple de résoudre ce paradoxe : remplacer la diette carnée par une diète végétarienne.

    Pas si simple, en fait. Plus de 1,3 milliards de personnes vivent du secteur de l’élevage dans le monde, un secteur qui représente environ 40 pour cent de la production agricole mondiale. Imaginez un instant le virage formidable que représenterait le passage à une alimentation essentiellement végétale.

    Ajoutons, pour compliquer le tableau, que l’élevage est, pour de nombreux agriculteurs pauvres des pays en développement, « aussi une source d’énergie renouvelable pour la traction animale et une source essentielle d’engrais organiques pour leurs cultures », toujours selon la FAO.

    L’élevage est une véritable calamité environnementale. Jugez-en par ces chiffres :

    - 65 pour cent des émissions d’hémioxyde d’azote (imputables
    essentiellement au fumier), qui a un potentiel de réchauffement global
    (PRG) 296 fois plus élevé que le CO2 ;

    - 37 pour cent de tout le méthane dû aux activités humaines (agissant sur le réchauffement 23 fois plus que le CO2) ;

    - 64 pour cent de l’ammoniac, qui contribue sensiblement aux pluies acides ;

    - 30 pour cent de toute la surface émergée de la terre sert à l’élevage et 33 pour cent des terres arables sont utilisées pour la production fourragère ;

    - 70 pour cent des anciennes forêts d’Amazonie ont été converties en pâturages.

    Ajoutons que plus du cinquième des pâturages sont dégradés par le surpâturage, la compaction et l’érosion, sans compter les rejets de polluants dans les écosystèmes.

    Or, non seulement devrons nous produire de plus en plus de végétaux afin de nourrir davantage d’animaux d’élevage qui coûtent cher en énergie, tout en polluant notre environnement, mais en plus, l’épuisement des sources d’énergie fossile, combinée à une demande d’énergie sans cesse croissante, fera en sorte que les végétaux seront utilisés en quantité croissante pour fabriquer du biocarburant. Résultat : le prix des céréales et autres végétaux destinés à la consommation humaine et animale augmente déjà sur les marchés mondiaux, le coût de l’élevage suit, le prix des aliments ne saurait tarder à emboîter le pas à son tour…

    …et les petits paysans n’auront plus les moyens d’exploiter leurs terres. Ils iront gonfler le flot des citadins devant acheter, pour nourrir leurs familles, ce qu’ils produisaient.

    En complément :
    How to keep cutting that carbon

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  • 7 commentaires

    • Guillaume

    C’est vrai, l’élevage est un gros pollueur. Mais pourquoi chercher toujours LE responsable quand il y en a plusieurs. Il reste que la parc automobile mondiale est aussi un gros pollueur. Alors changeont notre comportement sur les 2 fronts.

    De plus je suis septique quant à ses résultats. Au lieu de faire une comparaison à petite échelle (3 km vis 180 cal.) Regardons les chiffres sur une année complète. Combien faisons nous de kilomètres en voiture vis notre consomation annuelle de viande.

    Le vrai problème de la pollution n’est pas du fait que nous sommes carnivores, mais plutôt du fait que nous sommes de très grand énergivores. Avec toute l’énergie utilisée pour produire toute notre consomation confondue est énorme. Un bon truc pour sauver la planète, achetez intelligement et de façon responsable.

    • Michel Monette

    L’important, ce sont les chiffres de la FAO qui démontrent que nous allons tout droit vers la catastrophe écologique avec la poussée actuelle des élevages. Oui vous avez raison, il faut changer nos comportements sur les deux fronts.

    • Renart L’éveillé

    Cette nouvelle me rend contradictoire, moi qui me vante de ne pas avoir de voiture…

    Mais je me demande si la consommation de nourriture est si en lien que ça avec la dépense énergétique. Il me semble que ma consommation est en moyenne toujours pareille tandis que c’est mon poids qui fluctue selon les saisons et les activités que je fais ou non. Ça pourra sembler bizarre ce que je raconte, mais j’ai l’impression que le calcul est plus complexe que cela en a l’air…

    Donc, pour chaque humain qui voudrait avoir le moins de marques négatives sur la Terre, le végétarisme et le végétalisme seraient la solution…

    • Michel Monette

    Notre dépense énergétique individuelle peut certes varier, mais la dépense globale d’énergie consacrée à l’élevage du bétail augmente, elle, constamment. Ne pas posséder de voiture et ne pas consommer de viande (ce que je fais) est doublement payant dans la lutte contre la pollution. En plus, l’élevage demande une grande quantité de céréales pour nourrir les animaux, alors que l’équivalent pour nourrir directement les humains est beaucoup moindre (Manger moins de viande par solidarité). Il y a aussi le problème des biocarburants (Énergie contre nourriture : 800 millions de mal nourris devront-ils attendre ?).

    • Darcora

    Imaginez un instant le virage formidable que représenterait le passage à une alimentation essentiellement végétale.

    Comme toutes les évolutions, cela ne se ferait pas du jour au lendemain. Peu à peu, la demande de viande diminuera (c’est du moins, le souhait de nombreuses personnes), ou la viande deviendra un produit aboli, et par conséquent les éleveurs devront évoluer, se reconvertir. Il s’agira d’une évolution de la société, et ce ne sera pas la première ! Beaucoup de métiers qui n’ont plus leur utilité ont disparu ; on ne peut que se réjouir, de la disparition en France du métier de bourreau par exemple. Lorsque des métiers disparaissent, d’autres voient le jour.
    Il existe un mouvement international pour l’abolition de la viande : MIAV. La production de viande est non nécessaire et fait souffrir et mourir un nombre titanesque d’animaux. Cette production doit être abolie !
    Aurait-on dû rénoncer à abolir l’esclavage par crainte de faire perdre leurs emplois aux trafiquants d’esclaves et aux planteurs ? Je ne crois pas. Pour la viande, c’est pareil…

    • Jean-Pierre CANOT

    Note suite à l’étude de la FAO
    BERGERAC le 9 décembre 2006

    Henning Steinfeld porte parole de la très respectable FAO, semble oublier deux éléments d’importance :

    - Le méthane qu’émettent les bovins notamment par leurs flatulences et éructations, aurait une importance plus grande sur l’effet de serre que le gaz carbonique ; il faut cependant rappeler que la durée de vie du gaz carbonique dans l’atmosphère serait selon les spécialistes de 50 ans contre 10 ans pour le méthane !

    - Le rôle de l’agriculture est de produire de la biomasse sous forme végétale ou animale, c’est à dire : des celluloses, des sucres, des graisses, transformés éventuellement en alcool ou bio carburants, et des protéides. Il s’agit de composés organiques qui comportent tous des atomes de carbone.
    Or lorsqu’on regarde ce que sont les intrants, c’est à dire les éléments de base apportés au sol pour produire la biomasse, on y trouve : de l’eau soit des atomes d’oxygène et d’hydrogène et des engrais comportant les trois composantes azote, acide phosphorique, et potasse. Pas de carbone dans tout cela si ce n’est pour être précis dans les engrais minéraux du genre carbonates ou cyanamide et dans ceux dits organiques, mais le carbone de ces derniers provient du recyclage d’une biomasse produite antérieurement.

    Il faut donc bien trouver le carbone quelque part, la photosynthèse permet grâce à l’association de la chlorophylle et de la lumière de capter le carbone du gaz carbonique de l’air qui va donc être recyclé en composants organiques diminuant ainsi le taux de ce gaz dans l’atmosphère.
    La part utilisée pour la production de biomasse est sans commune mesure avec le volume des gaz émis à l’occasion de cette production, qu’il s’agisse de la combustion de carburant pour les travaux agricoles les transports ou le pompage de l’eau, de la décomposition de l’humus ou des émissions de méthane.
    Concernant ces émissions de méthane par les bovins, il n’est certes pas envisageable de récupérer celles des flatulences ou éructations , à moins d’intuber tous les bovins et de les relier à des usines à gaz, il est par contre possible de récupérer le méthane des fumiers et purins pour produire de l’énergie, ce qui est réalisé de façon pratique depuis les années 30 suite notamment aux travaux des Professeurs Ducellier et Isman qui mirent au point à l’Institut Agricole d’Algérie de Maison-Carrée le digesteur permettant la récupération du gaz.
    Le méthane récupéré et utilisé comme carburant va certes, de la même façon que les bio carburants, libérer du CO² lors de sa combustion, mais la grande différence avec les carburants fossiles tient à ce que ce CO² ainsi libéré sera recyclé par la production de biomasse sans qu’il soit nécessaire d’attendre des millions d’années.

    S’il est donc évident qu’il faille tout faire pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, le méthane bovin notamment, ou qu’il faille trouver des solutions pour en recycler le maximum, il est par contre malhonnête intellectuellement de prétendre taxer les émissions liées aux activités agricoles sans tenir compte en contrepartie du volume considérable de CO² recyclé par la synthèse chlorophyllienne.

    L’application du protocole de Kyoto a conduit à la situation ubuesque de création de droits d’émission pour les industries, on a vu récemment que la cession de ces droits en bourse permettait à des sociétés d’équilibrer leur compte d’exploitation voire de dégager des marges substantielles ce qui ne pouvait être fait dans le cadre de l’objet normal de leur activité.
    N’allons donc pas jusqu’à établir pour l’agriculture des droits d’émission, liés au volume de CO² recyclé – ce qui au passage permettrait sûrement une rentabilité infiniment plus forte que celle découlant de la satisfaction de nos besoins alimentaires de base- mais cessons d’accuser nos agriculteurs de participer plus fortement à l’émission de gaz à effet de serre alors que c’est exactement l’inverse qui se produit. Cette démarche inconséquente ne conduirait-t-elle pas à taxer les productions de fèves ou de haricots au motif qu’ils favorisent des flatulences humaines incontrôlables ?

    Il faudra bien un jour revenir à un peu de raison dans la réglementation des activités humaines qui du fait d’une spécialisation extrême de ceux qui l’établissent ou d’un respect trop strict des règles d’une mondialisation forcenée et instantanée, est d’une part conçue dans une approche verticale des problèmes, et ne sait pas d’autre part hiérarchiser les activités selon qu’elles conduisent à la production d’indispensable, de nécessaire, de superflus ou d’inutile.

    Il faudra bien arriver à ce que des « spécialistes en généralité » arrivent dans une approche horizontale des problèmes à faire que ces règles ne soient pas établies de façon indépendante et trop souvent contradictoires par le spécialiste du rot du bovin ou par celui de son pet.

    Il faudra bien arriver à décider un jour qui est le plus utile à la société du producteur de bovin émetteur de méthane – compensé par le recyclage de la photosynthèse-, ou du producteur de CO² au volant de sa voiture –qui n’est compensé par rien-. Il faudra bien se demander si les ouvertures de frontières à tous vents et les délocalisations dans les productions agricoles, qui conduisent à un gaspillage énorme et à la disparition de pans entiers du secteur primaire dans de nombreux pays, ne sont pas en outre génératrices d’émission de gaz à effet de serre , ne serait-ce que par les transports inutiles de marchandises qui pourraient être facilement évités par une production locale et une saturation des marchés locaux, avant d’envisager importation ou exportation.

    …………………………………………………………………………………………………………

    En prime un petit texte moins sérieux envoyé au Figaro en 2001… il n’a pas été publié.

    Voilà que nos eurocrates viennent de s’aviser que les bovins européens, participaient par émission imprudente de méthane, à de graves perturbations de l’effet de serre !
    Après les vaches folles voici les vaches flatulentes !

    Il y aurait paraît-il un grave débat d’experts sur la façon dont nos vaches extérioriseraient ces flatulences méthaniques, serait-ce par pets ou par éructations ? Tous sont cependant unanimes pour estimer que l’alimentation bovine devra être réglementée par Directive Européenne afin que cesse l’empoisonnement de notre atmosphère.

    Personne n’a imaginé que l’on pourrait au titre des économies d’énergie, collecter les précieux gaz bovins en reliant par quelque tuyauterie les extrémités des tubes digestifs de vaches aux diverses centrales thermiques. La collecte du gaz pourrait ainsi être organisée au même titre que celles du lait ou de nos déchets les plus intimes.

    Les pets des seuls bovins émis dans l’Union Européenne- quel soulagement pour les humains – ayant une influence déterminante sur l’effet de serre, on s’attaque directement au problème, en oubliant bien sur que le méthane « non bovin », brûlé pour produire notre énergie dégage du gaz carbonique qui contribue six fois plus à l’effet de serre que le méthane lui-même et que sa durée de vie dans l’atmosphère est de 50 ans contre 10 pour ce dernier.

    Nous sommes tous attentifs aux perturbations de l’effet de serre, mais notre inquiétude est grande de voir que ceux qui entendent régir par Directive les pets de nos bovins, en contrôler les flatulences et en réglementer le rot, sont les mêmes qui s’emploient, avec le même sérieux, à faire notre Euro.

    Sans qu’il n’y ait bien entendu aucune association d’idée autre qu’au sort final des flatulences bovines, il me revient cette historiette du patient venu consulter pour des douleurs qui lui traversent tout le corps. « Est-ce grave ? » interroge-t-il après que le praticien l’ait longuement palpé, « Non il n’y a rien de grave en soi, mais je ne puis rien faire pour vous, il s’agit d’un pet baladeur, du à un problème organique, à une malformation congénitale : vous avez l’air tellement cul, qu’il ne sait pas par où sortir ! ».

    • de passage

    Et bien justement, l’argument que ça faisait vivre des gens a aussi été utilisé par les gens qui étaient contre l’abolition de l’esclavage… Et on a même indemnisés les anciens propriétaires d’esclaves pour leurs « pertes financières » dans les Antiles françaises… Un comble !

    C’est idiot de continuer l’élevage d’animaux de manière industriel, juste parce que ça fait vivre des gens, si ça fout en l’air l’environnement, parce que dans ce cas là, c’est toute l’humanité qui en pourra plus vivre…

    Avant les gens mangaient de la viande une fois par semaine, ils n’en étaient pas moins heureux…
    Il faut privilégier les protéines végétales, on a pas assez de terre pour continuer à produire autant de viande que ça.

    Sinon, il faudrait avoir recours au vertical farming. Des gens proposent de construire des immeubles dans lesquels on ferait de l’agriculture en utilisant l’hydroponie (technique hors-sol) et on éléverait des animaux. 150 de ces tours suffiraient pour nourrir tout New York.

    Ce serait une solution, car les terres cultivable manquent, en plus, la technique d’agriculture hydroponique (dans des serres) est bien plus efficace que la technique traditionelle (géoponie, dans la terre) et necessite beaucoup moins d’eau, jusqu’a 20 fois moins il me semble.

    C’est d’ailleurs pour ça que cette technique est très développé en Israël, pays avec des terres très aride. Comme on utilise pas de terre, on peut cultiver même dans le désert ou sur la lune, tant qu’on a un substrat (graviers, laine de roche etc.) une substance nutritive, de la lumière et de l’oxygène.

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