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Comment Trump à détourné un meurtre pour dissimuler sa collusion avec les russes

Le dernier « mémo » de Mueller, sur l’avancée de son enquête, révélé ce 8 décembre, le dit noir sur blanc : des étroits contacts de l’équipe de Donald Trump avec les russes ont eu lieu dès l’année 2015, c’est-à-dire avant l’élection présidentielle américaine, au point d’en arriver à appeler cela une « synergie » entre les deux partis en cause.  Au milieu de ces contacts, l’ineffable Julien Assange, et son bien étrange ami russe (celui aperçu ici (1)), mais aussi le détournement médiatique d’une sordide histoire de meurtre, afin de faire porter le chapeau au parti démocrate, alors que les pilleurs du serveur du mouvement d’Hillary Clinton n’ont eu que comme seule intrusion celle des hackers russes, regroupés tout près de Moscou dans un bâtiment placé sous la férule d’un très proche de Vladimir Poutine (Yevgeny Prigozhin).  Retour sur des faits qui doivent logiquement conduire à une procédure d’impeachment de Donald Trump, pour… haute trahison.  Ses jours s’assombrissent de plsu en plus…

Le jour d’après le pizzagate 

Une meute, mordant tous les jours les médias, c’est l’image la plus évidente qui ressort de cette étude. La meute, ce sont les soutiens d’extrême droite de Donald Trump, qui vont ne pas cesser d’harceler la presse, en juillet 2016, car ils viennent de se trouver un os à ronger, un os apparu de façon fort inattendue.  Un événement inattendu sur lequel ils vont tous se précipiter et se relayer sur les plateaux télé, notamment ceux de FoxNews, car ils ont vite compris qu’ils tenaient là un moyen idéal pour détourner l’attention des médias sur leurs propres agissements durant la campagne électorale. Alors que l’étau se resserrait déjà sur une collusion flagrante entre l’équipe Trump et le GRU russe, cet événement tombait à pic pour eux, en effet.  En bons agitateurs, ils avaient vite évalué ce qu’ils pouvaient en effet tirer de l’annonce de la mort de Seth Rich, qui travaillait pour l’équipe d’Hillary Clinton au sein du parti démocrate, comme on va le voir.

En fait, ce sont les mêmes qui avaient tablé sur une improbable histoire dite du « pizzagate » à savoir une élucubration d’internautes complètement givrés du site 4chan (reprise à la volée par l’extrême-droitiste Mike Cernovich, qui avait déclaré sur Internet qu’Hillary Clinon était atteinte de la maladie de Parkison et le même, profondément machiste,  avait clamé que « le viol n’existait pas » !) ) ayant cru voir dans des mails interceptés de l’équipe démocrate des messages… pédophiles.  Des électeurs potentiels de Trump s’étaient jetés avec avidité sur le sujet, qui avait fait tache d’huile à la stupeur de tous, tant cela ne reposait sur rien de tangible.  On peut même penser aujourd’hui avec le recul, que la deuxième cabale montée autour de la mort de Rich a été d’emblée étalée en long et en large pour masquer celle du pizzagate, devenue complètement ridicule au fil du temps, à en lasser tout le monde, même ceux que Trump aurait pu tenter.  Mais chez ses électeurs, qui sont manifestement aussi intelligents que lui, ce délire avait néanmoins eu un impact certain, au point que le , un dénommé Edgar Maddison Welch  (ici à gauche dans toute sa splendeur d’intellectuel) était même entré dans la pizzeria « Comet » muni d’un fusil d’assaut AR-15, et avait tiré au jugé en clamant qu’il était venu de Caroline du Nord pour « enquêter lui-même » et sauver des « enfants esclaves sexuels » qui se trouvaient selon lui cachés dans l’établissement !!!  L’homme des bois, au petit pois à la place du cerveau, a été finalement condamné le 22 juin 2017 à quatre années de prison (alors qu’il en risquait 20) !!!  Pas un seul des extrémistes qui l’avaient poussé sur Internet à commettre son agression n’avait bien sûr bougé ou n’était venu tenter de le disculper :  chez ces gens-là, on jette une allumette et après on se sauve… Les partisans de Trump sont en effet ainsi :  ils croient tout, sans jamais le vérifier, à l’image de leur mentor, incapable de lire un dossier comme l’a révélé dernièrement Rex Tillerson, le dernier viré de ses compagnons du début de magistrature (2).

Des compagnons parmi lesquels on a aussi trouvé des personnes croyant aussi dur comme fer au délire du pizzagate, tel… Michael T. Flynn, qui au rendement de l’attaque de la pizzeria avait tweeté que « jusqu’à ce que le pizzagate soit prouvé faux, ça reste une info.  La gauche semble oublier les mails de Podesta et les nombreuses « coïncidences » qui s’y trouvent »… C’est dire aussi la qualité du raisonnement au sein même de l’équipe entourant Donald Trump… ou de Flynn lui-même, celui qui avait dîné, rappelez-vous, avec Poutine et toute une délégation américaine… dont la représentante écolo Jill Stein... et le cinéaste serbe Emir Kusturica, qui n’a jamais renié son soutien à Slobodan Milosevic, rappelons-le.  Plus tard, Stein ne regrettera rien de son support à Poutine, ni de l’aide ainsi apportée à l’élection de Donald Trump, qui une fois élu, prendra les pires décisions jamais prises au niveau de l’écologie, ce dont elle devait pourtant se douter, le climato-septicisme de Donald Trump étant affiché et revendique depuis plusieurs années déjà.  En juin 2018, le Daily Beast déplorait toujours l’osbsurité des finances de son parti et les sommes allouées en salaires à des dirigeants chargés d’organiser sa candidature, 19 mois après les élections. Une profiteuse du système de plus, manifestement.  L’écologie aux USA est en piteux état avec une telle représentation.  Trump a la vie grandement facilitée, avec ça…

L’événement tragique 

Pour comprendre tout cela, et voir comment une fine équipe autour de Trump a réussi à lui sauver la mise et inverser la tendance d’alors, qui annonçant sa défaite alors annoncée comme probable, il faut revenir quelques temps en arrière. Voici tout d’abord  comment Charlie Mole, de la BBC avait (sobrement) rappelé ce qui s’était passé à Washington même, quatre mois à peine avant l’élection de l’olibrius qui occupe depuis la Maison Blanche en se la jouant solo partout où il passe : « Aux premières heures du 10 juillet 2016, Seth Rich rentrait chez lui après une soirée à Washington DC.  Âgé de 27 ans, militant pour le numérique au sein du parti démocrate, il vivait dans le quartier de Bloomingdale, où résident de nombreux jeunes politiciens qui espéraient réussir dans la capitale.  Seth discutait (en tchat) avec sa petite amie alors qu’il rentrait chez lui à quelques kilomètres de son bar préféré. À 4h19, il lui dit qu’il était presque à la porte et qu’il devait partir. Une seconde plus tard, des coups de feu ont retenti (à gauche la police relevant les marques sur le sol autour du corps).  Seth a été retrouvé étendu sur le sol à un pâté de maison de son appartement. Il avait deux balles dans le dos et sa montre, son portefeuille et son téléphone ont tous été retrouvés sur lui.  Il y avait des signes d’une lutte. Les mains et le visage de Seth présentaient des ecchymoses. Il est mort peu de temps après. La police de Washington a déclaré que le meurtre de Seth était un vol de rue qui avait mal tourné. L’affaire reste non résolue ». C’est la position de la victime au sein du parti démocrate que les vautours entourant Trump vont exploiter à fond (à droite l’emplacement du meurtre, au coin d’une rue, immortalisé par une fleur déposée sur place).  Au parti, il n’était qu’un petit rouage anonyme affichant fièrement ses convictions en s’habillant parfois des couleurs symboliques du pays.  Dans le quartier où il vivait, plusieurs tentatives de vol à l’arraché avaient eu lieu, dont certains avaient mal tourné.  Lui-même s’en était plaint. Toutes les agressions montraient le même scénario : un petit groupe limité à 3 personnes maximum approchait une victime dans la rue, l’une d’entre elles brandissant subitement un pistolet, puis elles forçaient la victime à désactiver son téléphone portable (la conversation en tchat avec sa fiancée avait été interrompue) et l’enjoignait de leur remettre son portefeuille sous la menace.  Elles s’enfuyaient ensuite à pied ou dans un véhicule.  Les vols avaient lieu à n’importe quelle heure, de jour comme de nuit.  A l’évidence, c’est ce qui était arrivé à Seth, conclurent plusieurs enquêtes, pour qui le militant se serait défendu, d’où les coups observés sur son corps.  A noter que les policiers étaient arrivés très vite sur le lieux, car la rue était équipée de « détecteurs de tirs », qui les avaient avertis :  preuve que dans le quartier c’était fréquent. La police arrêtera le 28 juillet trois jeunes, Paul Tyrone Dorn, 19 ans, Demetrius Brandon, 20 ans et  Stanley Marquis Williams âge de 22 ans ayant tenté d’agresser une personne dans le le quartier vers 19 heures, tous trois portant une arme de point particulière un pistolet 9 mm Hi-Point, un Ruger et un Taurus.  La police patrouillait régulièrement dans le quartier devenu sensible, même avant le meurtre de Seth, comme on peut le voir ici reporté par un internaute.

Son exploitation par la meute autour de Trump

Auparavant, avec la photo du repas de Flynn à Moscou, prise en décembre 2015 déjà, les suspicions sur une possible collusion entre l’équipe de Trump et les russes faisait déjà son chemin. Flynn avait en effet réclamé et obtenu 45 000 dollars pour effectuer un speech ce soir-là.  Revenu aux Etats-Unis, il avait clamé n’avoir rien reçu personnellement :  il s’était arrangé pour faire verser l’argent versé par la chaîne russe RT à sa firme de lobbying.  Une dissimulation par trop évidente : Flynn avait été mis en confiance depuis des mois et alimentait ainsi sa cagnotte personnelle d’ancien de l’armée faisant des conférences sécuritaires.  A l’époque, Flynn était, on le rappelle, le responsable de la sécurité de l’équipe Trump, et son attitude avait choqué (même ceux qui n’avait pas été mis au courant de la transaction financière).  Il avait même été filmé se levant pour applaudir le discours que venait de faire Poutine sur la scène, ce soir-là :  un hommage plus qu’appuyé au leader russe !  Pendant ce temps, le groupe de hackers appelé Fancy Bear, recruté par un proche de Poutine et travaillant sous les ordres du GRU, avait commencé son travail de sape, et avait déjà atteint en mars les serveurs des démocrates, celui du Democratic National Committee (DNC) qui ne s’est aperçu de rien (Windows n’ayant pas réagi, merci Bill Gates).  Ceux aussi du Democratic Congressional Campaign Committee (3) avaient été visités et hackés.  Douze d’entre eux, retrouvés depuis, avaient déjà extrait une vraie mine de renseignements :  les mails d’Hillary Clinton, dont ils avaient constaté à leur grande surprise qu’ils avaient été émis de son adresse personnelle, ce qui constituait à l’évidence une erreur grave de sa part, en tant alors que membre du gouvernement. Ils étaient tombés sur une faille du système Clinton qui pouvait provoquer sa perte, et ils le savaient : à condition de bien savoir l’exploiter, c’est-à-dire d’en faire le maximum de publicité au plus vite.  Pour y arriver si facilement, les hackers y étaient allé avec méthodes en créant en juin un site fantôme appelé DCLeaks, pour regrouper des dizaines, voire des centaines d’interceptions d’adresses de membres du comité de soutien démocrate.  Du travail d’orfèvre, communiqué aussitôt à Julien Assange, en cheville on l’a vu depuis longtemps avec l’antisémite Israël Shamir (de son vrai nom Adam Ermash, alias « Robert David », alias « Jöran Jermas ») : Shamir, proche de l’extrémiste Alexander Prokhanov, est en effet le diffuseur de Wikileaks en Russie (et son fils, Johannes Wahlström, était le représentant de Wikileaks en Suède).  Assange, à la tête de Wikileaks, était en effet celui rêvé pour disséminer l’information.

Des serveurs Microsoft détournés, Roger Stone comme intermédiaire 

« Le complot comprenait une opération à la mi-2016 consistant à injecter des logiciels malveillants sur « au moins dix ordinateurs DCCC », qui se cachaient ensuite sur le réseau DCCC, dérobant les mots de passe des employés, ce qui a entraîné la fuite de l’acte d’accusation. Cela a permis aux hackers de regarder les frappes au clavier du personnel démocrate et de filtrer les fichiers DCCC vers un serveur loué par les Russes en Arizona.  Les hackers sont ensuite entrés dans les ordinateurs du DNC et ont transféré plusieurs gigaoctets de données vers un serveur loué dans l’Illinois. Les pirates ont également violé le service de messagerie hébergé par la DNC chez Microsoft et volé « des milliers de courriels » aux membres du comité, selon l’acte d’accusation ».  Quand j’entends aujourd’hui des gens parler de Microsoft Exchange comme courriel étant plus sûr que d’autres, je souris en effet, car ça fait depuis longtemps que ça dure.  Ah, si Hilary avait connu Kolab…  Mais il ne fallait pas nécessairement Microsoft Exchange pour qu’ils réussissent : leur façon de faire aurait marché avec n’importe quel autre mailer, puisque les pirates informatiques avaient tout simplement envoyé de faux courriers électroniques alertant de l’expiration du mot de passe Microsoft Exchange en leur demandant d’en taper un nouveau. (4).  Le système traditionnel désormais des hackers nigérians tels que les « Yahoo boys », œuvrant dans une boutique d’ordinateurs en location – les fameux cybercafés !!!  Les hackers étaient en contact entre eux bien sûr, mais avec un dénommé Gruccifer 2.0, celui qui coordonnait les attaques.  Le 23 mars 2018, on pouvait affirmer avec certitude que  Gruccifer 2.0 était un membre du GRU se cachant derrière un VPN, selon ThreatConnect, une société de cyber-sécurité ayant traqué l’animal à la culotte.  Et lui-même en liaison avec un des piliers de l’équipe Trump, l’ineffable Roger Stone, qui l’a d’ailleurs avoué le 25 septembre 2017 de façon candide, affirmant que c’était pour lui de toute façon « sans importance » Dans l’interview il avait avoué aussi avoir été « en contact avec lui du 14 août au 9  septembre 2016. »  On savait l’individu jusqu’ici plus ou moins fantasque, mais on a affaire en fait à un parfait imbécile.  Car notre fameux Roger, conseiller depuis des lustres de Donald (cf la photo ici à gauche) avait révélé le même jour qu’il savait à l’avance que Wikileaks allait sortir les mails d’Hillary Clinton, adressé à John Podesta  : « Croyez-moi, le Podesta sera bientôt dans le tonneau. #CrookedHillary », avait-il tweeté avec une grande inconscience le 21 août 2016.  Et il a même récidivé en écrivant le  1er octobre 2016 que « Mercredi @ HillaryClinton sera finie ».  Et deux jours plus tard que « je suis totalement confiant que @wikileaks et mon héros Julian Assange informeront bientôt le peuple américain #LockHerUp »…(cf « jetez-là en prison », le slogan de Donald Trump, à propos d’Hillary Clinton et de ses mails, alors que sa propre fille a fait exactement la même chose !!!).  Le hic étant que Trump, toujours aussi provocateur, avait en quelque sorte « demandé » aux russes le contenu des mails le 27 juillet 2016 « s’ils étaient en leur possession ».  Or la veille, son beau fils Jared Kushner et son homme de confiance, Paul Manafort étaient à Moscou… Jared avait reçu comme mail d’invitation pour  Moscou « la part de l’aide de la Russie et de son gouvernement pour Mr Trump »… Stone savait, Manafort savait, Kushner savait, Assange savait, Poutine savait…. et Trump aussi, et il l’avait même plus ou moins déjà avoué le 27 juillet, en fanfaron incontrôlable qu’il est !!!

Une célébration ostentatoire et honteuse 

Le lendemain de la victoire de son poulain, on retrouvait Roger Stone invité comme par hasard dans le studio d’Infowars, du conspirationniste extrémiste de droite Alex Jones, venu fêter sa victoire en buvant du champagne devant la caméra :  la honte absolue (il est ici le jour de l’intronisation de Trump).  Jones, depuis, a été banni du net pour avoir attisé la haine extrémiste un peu partout.  « Alex Jones a affirmé avoir reçu un coup de fil de remerciements de Donald Trump » a-t-on pu lire ici pour compléter le déplorable et pitoyable tableau des supporters présidentiels.  Bref, avant même l’élection, la piste de l’intervention directe du GRU russe dans l’élection pointait le bout du nez, et les sbires de Trump s’échinaient à lancer un contre-feu aux enquêtes journalistiques qui avançaient sur le sujet.  D’où l’idée du pizzagate, qui aurait très bien pu aussi émaner du cerveau bien atteint d’un Roger Stone… tant elle était ridicule, mais c’est autre chose qui va se mettre en place avec une expansion ultra-rapide sur les réseaux sociaux devenus vecteurs privilégiés de propagande :  le détournement de l’événement déjà cité, celui de la mort de l’assistant du parti démocrate.  Un meurtre banal qui va devenir tout autre chose entre leurs mains, puisqu’on va lui attribuer en effet un tout autre rôle que celui qu’il effectuait au sein du Democratic National Committee.  La mort d’un obscur employé de la campagne d’Hillary tombait à pic, en fait pour eux.

Un bien étrange détective privé

Un mois après, le meurtre du militant démocrate demeurant non élucidé, malgré une récompense de 25 000 dollars proposée pour tout renseignement susceptible de faire avancer l’enquête, sa famille s’impatiente un peu et tente d’obtenir des témoignages en participant par exemple en septembre à un réseau de chaînes de TV dans l’émission connue Crime Watch Daily. Puis, dépitée, elle fait confiance à un lobbyste, appelé Jack Burkman, qui répand l’idée que les russes pourraient être impliqués, ce qui déplaît aussitôt à la famille, restée sur ses gardes.  Echaudés, les parents de Seth se font néanmoins approcher par Ed Butowsky (un ami de Steve Bannon et un habitué de Fox News) qui leur propose d’avoir recours à Rod Wheeler (ici à gauche), un détective privé qui est aussi présentateur d’un émission d’enquêtes sur Fox News.  Selon la famille, elle n’aurait pas donné son accord pour qu’il poursuive en quoi ce soit cette enquête.  Ce qu’il fera néanmoins en captant ce qui était pour lui un sujet en or.  Et en effet, puisque le 15 mai 2017, le même Wheeler affirme de façon péremptoire sur le plateau de Fox News qu’il l’a poursuivie, que Rich était bien en lien avec Julien Assange et Wikileaks, et que c’est bien lui qui a transmis le dossier compromettant pour Clinton !!!  La famille est alors abasourdie car selon elle leur fils était bien incapable de hacker lui-même le site (il n’avait aucun accès au serveur concerné et savait à peine utiliser Twitter )et cette affirmation faite par quelqu’un payé également par Fox News (le conflit d’intérêt étant flagrant, car il était à la fois le détective sur l’affaire et un présentateur chez FoxNews comme on peut le le voir ici à gauche) n’étant que la résultante d’une incroyable campagne d’intox effectuée par toute l’extrême droite US, qui avait trouvé-là la solution idéale pour ne pas avoir à avouer qu’elle était en cheville directe avec le GRU !!!

 

L’attaque de la meute de loups

C’est en effet toute une chaîne de fascisants manipulateurs qui s’est mis en branle pour faire de l’infortuné Rich qui ne peut plus se défendre un bouc-émissaire idéal. Un autre présentateur de droite, Sean Hannity (ici surpris entre deux reportages) avait abondamment relayé la supposition, aussitôt reprise par Newt Gingrich, le sénateur leader républicain mis à l’écart de son propre parti pour son extrémisme, (c’est une sorte de vieille baderne politique inclassable), et Geraldo Rivera un autre présentateur à grand spectacle (un fameux menteur à propos d’une opération qu’il n’avait pas effectuée durant la guerre d’Afghanistan, un homme de goût à le voir se prendre en selfie….). Ils avaient tous trois alimenté à grandes pelletées la théorie du complot interne chez les démocrates, celui d’un « whistleblower » interne (un lanceur d’alerte) qui selon eux aurait été justement Seth Rich (qui n’avait aucun accès personnel aux serveurs et ne connaissait que peu de choses en informatique !).  Sean Hannity, (celui qui met en cause l’intégrité même du FBI dans l’enquête sur Trump) étant même allé jusqu’à dire que Kim Dotcom, le fondateur néo-zélandais d’un site de téléchargement illégal de musique (Megaupload) alors en procès, avait été en contact avec lui avant sa mort !!!  Rien de vrai dans cela, bien sûr.  Des élucubrations, présentées comme certitudes, l’info journalière chez Fox, on le sait, hélas !  Le mort n’est pas là pour contredire ces insanités !  La presse conservatrice ne vérifiant pas davantage les sources biaisées de Sean Hannity reprendra à l’envie la thèse sans aucun fondement sérieux : on comptera dans ses rangs de grands noms, tels le Weekly Standard, le National Review et le Red State ainsi que leurs contributeurs de droite,  Jennifer Rubin, cette réactionnaire invétérée persuadée que les USA doivent être les « leaders du monde libre » (elle avait affirmé sans sourciller que les morts d’Utoya étaient le fait d’islamistes et non d’Anders Behring Breivik, et depuis, étrangement, elle est devenue une opposante à Trump !) mais aussi Michael Gerson, du Washington Post, qui a rédigé les discours de G.W.Bush de 2001 à 2006 (l’inventeur de l’expression « smoking gun » pour les armes soi-disant dissimulées de Saddam Hussein), ou l’impayable John Podhoretz, du New York Post, qui lui a écrit les discours de Reagan et de H.W.Bush récemment disparu, les deux derniers étant des ardents supporters de Donald Trump.  A droite ici en photo l’apparition de Sean Hannity à un meeting de Trump : on ne peut concrétiser davantage son soutien inconditionnel au lunatique noctambule de la Maison Blanche. Tous avaient relayé la fake news véhiculée par Rod Wheeler sans jamais la remettre en cause.  Tous avaient pris le train de la campagne contre Hillary Clinton, quitte à l’alimenter de fake news à répétition !!!
Pour aboutir au bout  à l’élection d’un pantin qui passe depuis son temps à dénoncer des fakes news qui s’avèrent être des vérités allant à son encontre !  Sidérant !

Mais il ne manquait plus qu’un élément, à cette sordide récupération, et c’est Julien Assange  qui l’avait apportée, en ne répondant pas clairement à la question posée le 9 août 2016 par une une chaîne néerlandaise,  sur l’origine véritable des courriers détournés d’Hillary Clinton, alors qu’’il savait très bien que c’étaient les russes et non Seth Rich seul, les auteurs du détournement. Assange avait poussé le bouchon plus loin encore, en offrant 20 000 dollars à qui pouvait fournir une information, révélant un cynisme que ses admirateurs les plus aveugles semblent toujours vouloir ignorer : il travaille pour les russes depuis le début, et il serait temps de s’en rendre compte ! Et, surprise encore, l’un de ceux qui aujourd’hui partage aussi cette opinion s’appelle Mike Pompeo, nommé directeur de la CIA par Donald Trump !

Plus loin encore 

C’est allé très loin, en effet, car la meute a même réussi à piéger un Pulitzer, à savoir Seymour Hersh en personne (cf celui qui a révélé le massacre de My Lai et décrit la maison Blanche sous les Kennedy comme un vrai claque où les prostituées allaient et venaient), nous dit ici le Rational Wiki :  « dans un enregistrement audio, le journaliste d’investigation Seymour HershWikipedia, lauréat du prix Pulitzer, affirme qu’il existe un rapport du FBI selon lequel Seth Rich aurait pris contact avec WikiLeaks ». Or voici ce qu’en dit l’analyse de l’annonce : « L’enregistrement vocal avait été secrètement enregistré par Ed Butowsky lors d’un appel téléphonique avec Hersh. Selon Joe Lauria de Consortium News, Hersh a confirmé qu’il s’agissait de sa voix sur la bande et a déclaré qu’il avait été enregistré sans autorisation. La première chose à noter, et ce que les théoriciens du complot ignorent souvent à propos, c’est que Hersh a convenu que Rich avait été tué dans un vol qualifié raté. Il est en effet vrai que Hersh a également déclaré que Rich avait pris contact avec WikiLeaks. La source des commentaires de Hersh était un initié non identifié du FBI, décrit par Hersh comme un « homme de très haut niveau », « incroyablement précis et prudent ».  Expliquant ses propos, Hersh a expliqué « J’entends des commérages » et a suggéré à Butowsky « d’en prendre deux, et deux et ils en ont fait 45 ». Le son publié ne représente qu’une partie d’un appel téléphonique plus long et a laissé de côté plusieurs clarifications importantes.  Hersh a déclaré avoir dit à Butowsky que le rapport du FBI pouvait être incorrect ou inexistant.  Selon une plainte de Rod Wheeler, « Hersh a averti Butowsky que l’information n’était pas nécessairement vraie et que, même si elle était vraie, elle n’excluait pas la possibilité que les Russes aient également piraté la DNC » (…)  Hersh lui-même a déclaré à W.svg au journaliste David Folkenflik que Butowsky avait tenté de le faire chanter. Les déclarations de Hersh ont également été quelque peu contradictoires. Par exemple, Hersh a déclaré à NPR qu’il n’en avait parlé à personne au FBI, mais avait également admis avoir entendu parler du rapport du FBI, mais ne pas l’avoir vu personnellement. De plus, malgré ses commentaires enregistrés, Hersh a déclaré qu’il n’avait jamais prétendu avoir une source au FBI dans l’affaire Rich.  Cela montre qu’il a menti pendant ou après l’appel téléphonique enregistré secrètement.  Enfin, bien que Hersh ait remporté un prix Pulitzer, cela ne le rend pas infaillible (par exemple, W.svg de Judith MillerWikipedia [89]). En fait, Hersh avait récemment été critiqué pour avoir défendu des théories du complot discréditées concernant l’attaque chimique de Khan Shaykhun en avril 2017. La source de Hersh pour son article sur la Syrie l’avait délibérément induit en erreur ou avait reçu de faux renseignements qu’il avait partagés avec Hersh.  Cela pourrait très bien être le cas à nouveau avec sa source théorique du FBI concernant Seth Rich.  Hersh est également apparu sur InfoWars où il a été interviewé  (nota par téléphone comme on peut le voir ici à droite) par le théoricien du complot Alex Jones.  Hersh a dit à Jones qu’ « il y a des types comme vous et toutes sortes d’autres personnes dans le monde qui prêtent plus d’attention que les principaux journaux ici. »  Se discréditant encore plus, Hersh a affirmé qu’il « n’existe pas de telle bombe au chlore « et » le chlore est juste un gaz, ce n’est pas une arme de guerre chimique »… Pour ajouter a sa descente de piédestal, Hersh ici affirme que le cas du Novitchok en Angleterre a davantage à voir avec la mafia qu’avec Poutine, ce que les faits ont pourtant largement démenti…   Dans le même interview, datant du 31 juillet dernier, il affirme cependant que Mohammed Bin Salman (MBS) est selon lui bien pire que Prince Bandar bin Sultan…  Là, il faut avouer qu’il avait vu clair.  Comme quoi nul n’est parfait !

La demande de visa via l’ami Shamir

Bref, c’est bien une cabale montée sur le dos d’un mort qui a été répandue, par des extrémistes de droite US, avec comme disséminateur principal Julien Assange, informé directement par le GRU et par des visites régulières d’informateurs russes tel qu’Adam Waldman, l’envoyé d’Oleg Deripaska, chez qui Manafort travaillait aussi.  Un avocat rémunéré la bagatelle de 562 000 en 2017, l’année de ses visites à répétition :  si Paris vaut une messe, les mails de Clinton valaient bien un demi-million de dollars de salaires… Waldman étant en même temps le conseiller de Sergei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, inamovible depuis 2004 » À l’été 2016, alors qu’il était chef de campagne de Trump, Manafort a offert à Deripaska un briefing confidentiel. Les courriers électroniques ont été remis au Congrès et pour l’enquête de Mueller. Le briefing n’a jamais eu lieu, dit Manafort. Deripaska a été filmé peu après sur son yacht de luxe (cf la photo ici à droite), discutant des prochaines élections américaines avec le vice-premier ministre russe, Sergei Prikhodko » a écrit The Gardian le 8 juin 2018.

Un Assange qui candidement a écrit le 17 septembre 2018 ceci au consulat russe à Londres : « Hello, je suis Julian Assange, veuillez donner à mon ami, Israel Shamir, le plein pouvoir d’autoriser le retrait et la récupération de mon passeport afin d’obtenir un visa » … pour la Russie. Laissant ainsi tomber son masque de manipulateur ayant grandement favorisé l’élection de Donald Trump, au profit de Vladimir Poutine, chez qui il cherche depuis refuge désespérément…

 

PS : le travail des hackers russes ne se limite pas aux USA… Poutine veut le chaos partoutailleurs que chez lui.  Et il y en a plein pour l’entretenir, même chez les « People »… sans parler de l’ex-responsable de boite de nuit gay en Belgique, venu empapaouter un des leaders bretons à casquette du moment dans un grand moment de débilité…  surréaliste !!!

(1) retrouvé de passage en France auprès d’un autre personnage fort peu recommandable… On le retrouve ici chez l’autre peu recommandable avec Maria Poumier, négationniste notoire.

(2) « Rex Tillerson est sorti de sa réserve habituelle jeudi soir, interviewé par le journaliste Bob Schieffer à l’occasion d’un gala caritatif. « C’était compliqué pour moi, venant d’une entreprise très structurée comme Exxon Mobil, où l’on suit un process, de travailler pour un homme indiscipliné, qui n’aime pas lire, ne lit pas ses briefings, ne va pas souvent au fond des choses, mais qui préfère juste dire :  »C’est ce que je crois’’ ». A noter qu’effectivement Tillerson connaissait l’équipe de Poutine, et ce dernier, car en 1999 il l’avait rencontré sur l’île de Sakhaline pour conclure un contrat pétrolier avec Exxon.  Flynn a rencontré des officiers du  GRU dès 2013 selon le New-Yorker (et Nicolas Schmidle, celui qui a rédigé plusieurs versions de la mort de Ben Laden).  Le but étant de revenir sur les sanctions contre la Russie, avec comme interlocuteur  Sergey Kislyak, l’ambassadeur de Russie à Washington, un contact… illégal.

(3) constant en Viktor Borisovich Netyksho, Boris Alekseyevich Antonov, Dmitriy Sergeyevich Badin, Ivan Sergeyevich Yermakov, Aleksey Viktorovich Lukashev, Sergey Aleksandrovich Morgachev, Nikolay Yuryevich Kozachek, Pavel Vyacheslavovich Yershov, Artem Andreyevich Malyshev, Aleksandr Vladimirovich Osadchuk, Aleksey Aleksandrovich Potemkin, et Anatoliy Sergeyevich Kovalev.

(4) la même technique avait piégé l’anti-poutine déclaré le congressiste Hans Keirstead, agrémenté de 130 000 attaques de son serveur, mais également Claire McCaskill.  Hans Keirstead participait à une élection où figurait aussi, quel hasard, Dana Rohrabacher, pro-russe et pro-Trump… lui aussi en liaison, quel hasard encore avec Alexander Torshin (le grand copain russe de Trump Junior), Michael Flynn, et… Julian Assange. Avec Torshin, on revenait il est vrai aussi à cette fameuse tombe du cimetière de Moscou.  Et on retombait aussi sur le cas du procureur intraitable Preet Bharara, viré par Jeff Sessions alors qu’il s’approchait d’un élément très, très, compromettant pour Donald Trump, et situé en plein New-York…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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