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Comment luttent les américains contre le coronavirus ? En achetant des armes !

Nous, en Europe, en ce moment, ce sont les ruées vers le papier toilette et les mouchoirs, ou les produits sanitaires, là-bas, aux USA, les files d’attentes les plus visibles dans les magasins ce sont celles des vendeurs d’armes !!! Dans un pays décérébré dirigé par un clown grotesque, c’est en effet sans trop de surprise que l’on a appris que depuis l’annonce de l’arrivée du Coronavirus sur leur territoire, les américains, toujours aussi intelligents, ont réagi en masse en se précipitant… dans les armureries, croyant peut-être pouvoir faire des cartons sur des virus (vu qu’il sont idiots ils ne savant pas sa taille, et certains pensent qu’il est aussi grand que celui qu’on leur a montré à la télé, agrandi des milliers de fois !). Plus prosaïquement, alors que l’heure est à la solidarité, ils réagissent en bon égoïstes influencés par le courant survivaliste, qui avait trouvé un moyen de relancer les ventes d’armes une fois la phobie de l’invasion des russes disparue à la fin de la guerre froide. Nous avons retrouvé un de ces fêlés toujours fier d’arborer ses nouveaux jouets meurtriers. Le problème, c’est que c’est le fils du président, justement…

Les photos montrées par USA Today sont en effet révélatrices : à peine l’annonce faite par l’administration Trump, qui va regretter bientôt d’avoir pris le phénomène à la rigolade (par l’intermédiaire de son principal responsable, Donald l’incapable président), les gens, se sont en effet précipités pour acheter des armes, le premier réflexe de survie de l’américain moyen, qui pense que seul compte lui-même dans les cas les plus désespérés. La NRA est aux anges, jamais elle n’aurait pu espérer un tel sursaut, la mode étant progressivement au désarmement (dans les esprits, pas dans les faits) à la suite des massacres en particulier d’enfant, tel que celui de Sandy Hook. Un massacre toujours nié par un des soutiens d’extrême-droite de Roger Stone, ce fameux Alex Jones, qui, en bon exemple de comportement exemplaire, s’est fait pincer récemment par la police de Travis County en conduisant en état d’ébriété (Driving While Intoxicated ou DWI), après s’être engueulé avec sa femme. Il dira plus tard sur son infâme plateau être juste sous le seuil des 0.08, alors que la loi là-bas permet en effet d’être arrêté sous ce seuil si cela présente un problème pour la circulation ! Il a été inculpé de « class B misdemeanor », à savoir un délit simple, qui varie d’un Etat à l’autre aux USA

Le réflexe aux USA est toujours le même en fait, et les files d’attente devant les magasins d’armes et de munitions pas vraiment une surprise là-bas, même si ici en France et en Europe cela nous étonne. En fait, ils reproduisent à nouveau la vieille paranoïa entretenue dans les années 50 de l’arrivée possible des russes, cette fois dans leur tête, entraînés par Bernie Sanders qui fait figure d’épouvantail à continuer à parler « socialisme » à des gens profondément et viscéralement anti-communistes. Les autres, ils s’en lavent les mains, les américains, sans mauvais jeu de mots.

La parano fait partie du mental chez l’américain moyen, qui sait très bien au fond de lui-même que son pays n’est pas si « Great Again » que ça et que ça ne tient qu’à un fil de retomber en récession, type crise de 1929, vu que l’Etat n’est garant de rien là-bas, ou presque : c’est donc chacun pour soi et Dieu reconnaîtra les siens ! Alors, pour défier le mauvais sort, ils s’arment à profusion, persuadés qu’un voisin mal intentionné (plutôt noir ou latino, d’ailleurs chez eux…) va venir piller chez lui, si la situation s’envenime !

Aux USA, ce sont des milliers de Fort Alamo qui se préparent… !!! La panique les envahit, car la religion ne les y aide pas : ils évoquent en effet  à nouveau le « Dooms Day », le jour du jugement dernier, bien sûr : « Les gens ont peur », a déclaré Drew Plotkin de Los Angeles. Il y a beaucoup de panique dans le monde et les gens veulent être protégés dans le pire des cas. » À New Castle, dans le Delaware, Emily Ken, 22 ans, a acheté des munitions ce week-end pour son arme de poing de 9 mm avant que les « préparateurs du Jugement dernier » ne puissent acheter tout le stock, a-t-elle déclaré. Ken est allé dans un magasin d’articles de sport Dick où elle a dit qu’un des travailleurs lui avait dit que partout ailleurs dans le quartier était complet. Il vaut mieux être préparé que ne pas être préparé », a déclaré Ken.  J’ai déjà fait le plein de nourriture. Les munitions n’étaient que la prochaine étape. » (Remarquez celui-à a choisi la nourriture avant les armes, ce qui laisse entendre une réflexion, même si elle est désastreuse !) Au fur et à mesure que le stockage frénétique a dépouillé les magasins spécialisés d’armes à feu de l’inventaire, plus de gens sont également allés en ligne pour commander des fournitures d’armes à feu ces dernières semaines. Le détaillant de munitions en ligne Ammo.com a connu une augmentation exponentielle des ventes depuis fin février, que la société attribue aux inquiétudes du public concernant le coronavirus ». L’apocalypse ainsi annoncée, c’est la fortune à venir pour les marchands d’armes… et de munitions.  Mais savent-ils bien ce qu’ils achètent, ces  crétins ? Pas si sûr…

Et c’est Poutine qui se frotte les mains, en fait !

Cette frénésie d’achat de balles au kilo, ça donne des choses assez surprenantes, en effet, à bien y regarder. Comme chez Ammo.com, l’Amazon de la balle livrée à domicile, qui n’hésite pas à faire étalage des savoir faire, ce qui devient risible pour l’un de ses approvisionnements. Leur site mettent en avant en effet les munitions appelées « Tula ».  Nous qui sommes intéressés depuis longtemps à la circulation des armes légères dans le monde (ah la saga Diveroli !), source du ravage de pays entiers, ceux d’Afrique en particulier, ça nous a fait « tilt » de revoir ce nom. Car « Tula », c’est le nom d’une ville… en Russie, là où le tsar Alexandre II a créé en 1880 une première usine de munitions, puis une seconde (à Oulianovsk celle-là). Historiquement, la production de Tula est devenue pléthorique pendant les deux guerres mondiales raconte le site de vente : « Pendant la Première Guerre mondiale, la société a produit un quart de toutes les munitions russes. Et entre la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale, Tula est passé des enveloppes en laiton aux munitions à boîtier en acier, aidant à conserver les réserves limitées de cuivre et de zinc de la Russie tout en profitant des grandes quantités de fer disponibles. Tula a été appelé à nouveau en service pendant la Seconde Guerre mondiale. Leurs usines étaient capables de produire les 400 millions de cartouches par an nécessaires pour maintenir l’armée russe dans la lutte. Pris dans la ligne de mire de la légendaire avance allemande «Opération Barbarossa» et de l’offensive de 1941 pour capturer Moscou, le dirigeant soviétique Joseph Staline a ordonné que 2 000 usines environ soient déplacées sur des wagons de l’ouest à l’est. Les voies ferrées ont ensuite été détruites à l’approche de la Wehrmacht. Tula faisait l’objet d’un assaut direct de la deuxième division Panzer en raison de son importance stratégique ». A la fin de la guerre, Tula la stratégique a été nommée parmi les neuf villes soviétiques les plus méritantes, effectivement.  Et, précise toujours le site, « aujourd’hui, l’entreprise fait partie du conglomérat High Precision Systems. Il s’agit d’une société holding sous l’égide de Rostec, une société d’État créée en 2007 pour consolider des sociétés d’importance stratégique avant une introduction en bourse. En novembre 2017, Rostec a commencé à rechercher un acheteur de sa participation dans le conglomérat. Au total, 14 sociétés holding sont impliquées, dont 11 dans les secteurs militaire et de la défense. À ce titre, Tula fait officiellement partie d’une organisation à but non lucratif  (?) de droit russe. Hormis la propriété commune de High Precision Systems, elle n’est pas liée à l’usine Tula Arms portant le même nom. »

Des loups venus de Sibérie

La seconde source russe de munitions s’appelle Wolf, et celle-là aussi nous la connaissons bien ici : c’est avec des balles de chez Wolf que des soldats américains ont été tués en Afhganistan (relire ici la série débutant par l’article de mai 2009 du New-York Times) lors d’une embuscade qui avait révélé le rôle des avions de Viktor Bout pour acheminer les munitions aux talibans.  Ce sont des balles Wolf que nous avons retrouvé aussi aux mains des pirates du Golfe d’Aden, ce sont des Wolf qui ont été retrouvées par les enquêtes de l’ONU en Afrique notamment en Libye (lire ici l’article qui cite l’entreprise Kiesler comme fournisseur). Toutes issues de Rostec ou de sa filiale : « La structure même de Rostec est un peu déroutante: en 2009, la holding détenait 546 sociétés réparties en 26 holdings. Sur ces 26 sociétés holding, 19 étaient liées à la défense. Technopromexport, filiale de Rostec, fait l’objet de sanctions depuis l’annexion de la Crimée par la Russie, ce qui a conduit à des rumeurs erronées selon lesquelles TulAmmo et Wolf sont tous deux sur le point d’être interdits aux États-Unis. Ceci est incorrect: dans le premier cas, votre détaillant de munitions en ligne préféré a déjà enregistré une cargaison de TulAmmo. Mais bien que Rostec ait été sanctionné, son importation n’a pas été interdite et les tireurs américains ne seront probablement pas affectés « .… Bref, les américains se dotent de munitions russes à profusion, permettant à Vladimir de bomber un peu plus le torse en déclarant que son économie est florissante alors qu’elle est dépassée par des pays comme l’Italie, par exemple, et que la chute du pétrole est en train de le ruiner !

Voci ce qui a été écrit sur CentPapiers le 15 décembre 2018.  « La société Wolf est certes russe d’origine:  elle fabrique ses cartouches à Tula, mais elle possède une antenne aux USA, à Placentia ( c’est en Californie).  Une firme qui fournit en priorité Tactical Response, une société fondée en 1996 et dirigée par James Yeager, qui était aussi à Bagdad le responsable des huit commissaires américains chargés de surveiller les élections !  Un mercenaire, dans toute sa splendeur.  En 2006, le calibre 7.62×39, celui de la Kalachnikov, étant devenu rarissime aux USA, les prix des cartouches avaient doublé et Wolf USA s’était retrouvé au bord de la faillite.  Mais les Etats-Unis avaient sauvé l’entreprise en commandant pour 298 millions de dollars de cartouches pour la police afghane, incluant des balles Wolf.  Celles qui avaient tué des soldats américains (on trouvera aussi des cartouches d’Alliant Techsystems ou ATK, firme du Missouri, chez les talibans, comme ci-dessous) ! »

« Don » Trump, le croisé de pacotille

On croit toucher le fond avec ce rappel, mais on n’a pas encore tout vu, visiblement. La bêtise américaine est sans fond, surtout qu’elle se situe aussi au plus haut niveau de l’exécutif… Le père est bien atteint, on le sait et on le constate encore une fois avec la légèreté avec laquelle il avait pris en mains le problème du Conoravirus (personne n’oublié la phrase dans laquelle il avait affirmé que c’était une « invention » des démocrates pour lui nuire, « a new hoax »), mais le fils n’est guère mieux, ce que l’on a constaté fort récemment encore. Le 7 janvier dernier, l’aîné du dément de la Maison Blanche s’est en effet fait repérer par un groupe anti-haine en train de s’entraîner au tir, une photo qu’il avait lui-même postée sur Instagram (le con !). Comme il est bête (c’est génétique il semble bien) il a aussi écrit ceci sous son post  : « Belle journée au pas de tir @rarebreedfirearms et @spikes_tactical ajoutant un peu plus de super à mon AR et à ce mag« . Aussi doué que son père sur Twitter, il voulait dire par là qu’il était très fier de nous monter sa nouvelle acquisition, un AR15 certes bien classique, mais à la décoration fort particulière dont il nous refilait le nom du fabricant. Ce n’était pas la première fois que « Don » posait les armes à la main : chasseur passionné, il l’avait déjà fait à plusieurs reprises en effet. Mais cette fois c’était différent.  La firme qu’il avait eu la bêtise de citer étant en effet Rare Breed Firearms, expliquant sur son site même le particularisme du design de l’arme :  (il) a été « inspiré par certains des guerriers les plus féroces qui ont combattu pendant près de 200 ans de conflits épiques connus sous le nom de les croisades.  » « Cette valeur inférieure rend hommage à l’état d’esprit des guerriers. La technologie évolue, les guerriers ne changent jamais », avait écrit la société. Le patron de Rare Breed se défendant de toute allusion politique ou religieuse… Don Trump aussi, on suppose, en arborant sur son fusil un chargeur où est dessinée Hillary Clinton sous les barreaux !!! En vente aussi chez « Spike’s Tactical »

Junior et les faisans

Le goût des armes, généralement coûteuses, en raison de leur sophistication, n’est pas un problème pour « Don » : il a en effet trouvé un système bien particulier pour subvenir à ses besoins de chasse… un événement est là pour nous le prouver. Le 29 novembre 2017, l’impénitent Twitteur, comme son père, avait en effet posté ceci : « Super moment avec Kris Kobach aujourd’hui au Kansas », a écrit mercredi sur Instagram Trump Jr., portant un équipement de chasse et portant un fusil. « Après avoir parlé à une foule à guichets fermés de ses partisans pour sa course pour le gouverneur du KS la nuit dernière, nous avons pu prendre un peu de temps avant mon vol de retour à New York ce matin. Nous nous sommes rencontrés par des amis en plein air avant la politique et c’est génial d’être en mesure d’aider où je peux. #kansas #ks #outdoors #upland.  » En fait d’aide, c’était ramasser surtout : « la présence de Trump Jr. au dîner de collecte de fonds, qui s’est tenue mardi dans un hôtel de la banlieue d’Overland Park à Kansas City, a martelé le point que Kobach a une relation étroite – plus proche que les autres républicains en course – avec le président Donald Trump ». L’événement avait rapporté 100 000 dollars de dons à Koch, et payé largement sa partie de chasse… qui n’avait donc rien coûté à « Don » !!! Il avait fait de même précédemment avec le républicain Steve King, député de l’Iowa lors de la « King’s Col. Bud Day Pheasant Hunt »  du 28 octobre 2017 (ici à droite):  une chasse au faisan cette fois. En résumé, selon ABC News, « Don mélange encore une fois dons politiques et chasse !!! » Tous les moyens sont bons, dans cette famille de forbans ! Dès qu’ils sentent l’argent, ils se précipitent !!! Au fait le surnom de Korbach ? C’est « le petit Trump du Kansas »… c’est lui qui, sous-doué lui aussi, avait laissé trainer un dossier devant les caméras…. souvenez-vous ! A noter la boucle de ceinturon du rejeton azimuté : c’est bien sur un pistolet, marqué du slogan  » Freedom Arms » cher à la NRA… Il a affiché aussi sur Twitter un pistolet perso avec un holster aux couleurs du drapeau US, estampillé en relief dans le cuir « Trump » (ici à droite). C’est un Carolina Arms Group “Trenton” Custom 1911, un bon vieux Colt .45 remis au gout du jour en 2015 … : dès que c’est neuf, il achète ce consumériste en armes !!! 3 800 dollars, l’exemplaire (sans le holster customisé !)

Rien n’arrête un crétin… c’est bien connu

..et surtout pas les espèces protégées racontait ici Libération en 2016 : « La chasse aux grands animaux protégés est un passe-temps réservé aux super-riches, souvent Occidentaux en mal de sensations fortes. On se souvient de Walter Palmer, un dentiste du Minnesota qui avait massacré l’un des plus célèbres lions du Zimbabwe, Cecil, en juillet 2015, contre un chèque de 55 000 dollars. Comme lui, les fils du milliardaire candidat républicain à la Maison blanche, Donald Trump, braconnent en Afrique depuis de nombreuses années. Mais alors que l’action de Walter Palmer avait ému le monde entier, le passe-temps morbide d’Eric et Donald Junior Trump ne semble pas choquer outre mesure (malgré une pétition), en pleine primaire américaine. «Pas sûr que [l’information] défrise l’Américain moyen du middle west, pro armes à feu et pas vraiment concerné par ce qui se passe à l’autre bout de la planète. En fait, pas sûr que ça change quoi que ce soit dans la campagne à l’investiture républicaine aux Etats-Unis», se désole le quotidien régional Sud Ouest, qui relate samedi les «exploits» des bambins Trump : ici un léopard fraîchement abattu, là un crocodile pendu, une queue d’éléphant, un blaireau, parfois deux, et autres joyeusetés qui excitent sans doute les fans de chasse. «Mes fils aiment chasser. Ils sont membres de la NRA (la National rifle association, puissant lobby des armes à feu aux Etats-Unis, ndlr) très fièrement. Je suis un grand croyant dans le deuxième amendement», aurait récemment justifié papa Trump, comme si le droit de porter des armes à feu dans son pays autorisait le pékin à s’en servir contre des animaux dans un autre. En décembre 2015, les Etats-Unis avaient classé les lions d’Afrique et d’Inde parmi les espèces animales «en danger», notant un déclin spectaculaire de ces grands félins, dont il ne resterait que 20 000 spécimens dans le monde. Malheureusement, les riches clients de ces chasses (encadrées) très lucratives pour leurs organisateurs, sont très peu souvent poursuivis par les Etats où elles ont lieu. Comme il ne «savait pas» qu’il était en infraction, et parce qu’il disposait des «bons papiers» pour chasser Cecil, Walter Palmer n’a finalement jamais été inquiété, et peu de chance que ce soit le cas pour les fils Trump ».

Le paisible mouton géant de Mongolie 

Chez les Trump, tout devient vite surréaliste, d’où ce titre de chapitre incompréhensible au départ. Et pourtant, c’est UP News qui nous l’a expliqué, alors que Don avait déjà posté sur Instagram ses aventures en Mongolie. Mais en prenant bien soin de ne pas évoquer de chasse cette fois là … Et pourtant : « Mercredi (11 décembre 2019), ProPublica a publié un rapport sur l’un de ces privilèges controversés dont le fils aîné du président, Donald Trump Jr., aurait bénéficié plus tôt cette année.  L’homme de 41 ans aurait abattu une espèce de mouton menacée d’extinction lors d’un voyage de chasse en Mongolie en août. Selon la publication, Trump Jr. a utilisé un fusil avec une visée laser pour tuer un Argali: la plus grande espèce de mouton vivante connue pour ses cornes incurvées géantes et pouvant courir sur 6 pieds de longueur.   L’aventure du père de cinq enfants a été soutenue par des ressources gouvernementales américaines et mongoles qui ont organisé des services de sécurité pour accompagner le fils et le petit-fils du président lors de leur voyage. » Le voyage avait été en prime sponsorisé par le parti politique du président mongol, Jandos Kontorbai Ahat, dont la société Marmara International LLC, siège au conseil d’administration de l’association de chasse mongole et qui a été reconnu par le ministère mongol de l’Environnement pour son travail sur la préservation de la faune Argali !!! Comment donc « Don » avait-il pu bénéficier d’un tel passe-droit, voilà bien le problème. « ProPublica, combiné aux témoignages des personnes impliquées dans la chasse, a révélé que le gouvernement mongol avait accordé son permis rétroactivement le 2 septembre, après avoir quitté la région »... le comble de la duplicité !!!

Don « l’écologiste accompli » qui fait dans la tuerie animalière

Et comme disait Audiard, ça ose tout ce genre de phénomène: on le retrouve se faisant offrir un safari en Alaska, avec son propre fils en tête de gondole, pour aller chasser le Sitka, un magnifique cerf (abattu ici à droite). On notera l’affiche de Sable Hunt (une tournée organisée par Keegan McCarthy, propriétaire de Coastal Alaska Adventures) sur laquelle sa mise en évidence fait office d’appel d’offre pour attirer les clients chasseurs. Tout est bon pour assouvir sa coûteuse passion !!! Tarif du safari alaskan : 150 000 dollars ! « Le Guardian rapporte que Safari Club International « a riposté aux critiques et les a qualifiées de » comble de l’hypocrisie « , arguant que la chasse contribue énormément à la conservation et a décrit Trump Jr comme » un écologiste accompli « . Le forfait offert couvre beaucoup de choses pour les soumissionnaires gagnants, y compris «l’hébergement, les frais de trophée pour les espèces données, les repas, le service de guide et la préparation des champs». Quant au yacht, il comprend quatre «cabines invités, chacune avec un lit « queen » et une salle de bain simple et attenante. Le navire est parfaitement adapté pour accueillir un groupe de chasseurs, petits et grands. Vous enchérirez sur une chambre, partagée par un père / fils / fille / grand-parent / petit-enfant. Les frais de chasse avant / après ne sont pas inclus. » But de l’invitation juteuse de Keegan Mc Carthy : faire renoncer le père de « Don Jr » au projet d’exploitation de la forêt de Tongass, car elle abrite les animaux qu’il a tant plaisir à chasser, ce qui lui apporte des revenus conséquents, à voir les tarifs de son safari « trumpien » : rien d’écologique là-dedans, juste du business !!!

Trump junior et les russes (encore !)

Voici le site qui avait incité « Don » à se rendre en Mongolie (1) : en fait d’espèce protégée… Or découverte surprenante : ce site est un site… russe créé par Vladimir Melnikov (2) où apparaît le dénommé « Denis Shadow », né St Petersbourg (3) (je ne savais pas que les russes pouvaient porter des noms américains !! ah ah !) !!! En 2005, le ministère de la chasse avait disparu en Russie, et plusieurs safaris avaient dû être reportés, mais grâce à un intense lobbying auprès de Poutine, Melnikov avait restauré le département de la chasse en Russie.  En 2010, le voici même nommé responsables des Ressources Nationales, pour abandonner le poste en 2014 et fonder ProfiHunt Team, beaucoup plus lucratif pour lui… Leur dépliant est sans aucune ambiguïté : « ProfiHunt Ltd est l’un des meilleurs pourvoyeurs professionnels russes. Nous organisons des voyages de chasse dans le monde entier depuis 1989. ProfiHunt a les départements de chasse et de pêche prêts à répondre à vos besoins individuels. Que vous souhaitiez profiter de vos vacances de chasse dans le cadre de la chasse traditionnelle au Capercaillie au printemps russe ou pour l’aventure du gros gibier, nous sommes prêts à vous accueillir. La grande variété de nos destinations de chasse russes comprend le Kamtchatka, les montagnes du Caucase et la Sibérie; notre Asie chassant en Azerbaïdjan et au Kazakhstan; Kirghizistan et Tadjikistan; Pakistan, Turquie et Mongolie. Nous opérons dans les meilleures zones de chasse et travaillons avec les meilleurs partenaires locaux et guides professionnels. Notre équipe est composée de biologistes professionnels de la faune et de gestionnaires de réservation qui font de leur mieux pour vous offrir une expérience de chasse inoubliable pour vos voyages de chasse au trophée russe et asiatique. Nous vous rencontrerons à votre arrivée à l’aéroport, nous vous aiderons avec toutes les formalités personnalisées et nous assurerons que votre chasse aux trophées se déroule sans heurts et donne de bons résultats. Nos services comprennent des invitations de visa, des permis d’armes à feu et les certificats vétérinaires internationaux nécessaires. » Signalons que le « capercaillie », c’est en fait le Grand Tetras (Tetrao urogallus) qui dans les Pyrénées a obtenu le statut d’espèce protégée. A part ça, « Don » n’aurait jamais rencontré de russes ?

Si Dieu le veut, alors…

Revenons aux armes « décorées » de Don Jr. Cole Leleux:  le PDG de Spike’s Tactical avait déjà fait bondir en 2015 en vendant un autre modèle et en vantant ainsi ses mérites, comme quoi celui-là « ne pourrait jamais être utilisé par des terroristes musulmans pour tuer des innocents ou faire avancer leur programme radical ». Une arme appelée aussi « Crusader », sur laquelle figurait un verset de la Bible ainsi que l’expression latine « Deus Vult », (« Dieu le veut », le cri de ralliement des croisés avant le combat )… Or cette expression est aussi celle que venait alors de redécouvrir  les suprémacistes blancs !!! CNN rappelant quelques faits notables à ce propos : « Un porte-parole de l’ADL (Anti-Defamation League), Jake Hyman, a déclaré que le symbole du casque Sparte a également été coopté par certains extrémistes de droite, et des symboles comme la croix des croisés ont récemment été utilisés pour dégrader des mosquées aux États-Unis, selon Graves. L’homme accusé d’avoir tué des dizaines de musulmans lors d’une prière à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, l’année dernière, a inscrit ses armes avec des références aux croisades. Lorsque des suprémacistes blancs sont apparus dans la marche de Charlottesville avec des boucliers portant une croix rouge et les mots « Deus Vult », une coalition de groupes de savants médiévaux a dénoncé ce qu’ils ont appelé une « appropriation » de symboles médiévaux dans un « fantasme d’une Europe pure et blanche qui n’a aucun rapport avec la réalité.  »  On a aussi aperçu, comble de la crétinerie, un autre slogan sur un des AR15 modifiés proposés par la firme :  un odieux « Waterboarding Instructor » flanqué d’une Croix Rouge, ou bien un extrait de Psaume guerrier, voire un « American Infidel » orné d’un croisé dévorant du cochon !!! Sidérant de bêtise provocatrice !!! « En tant qu’érudits du monde médiéval, nous sommes troublés par l’utilisation d’un mythe nostalgique mais inexact du Moyen Âge par les mouvements racistes aux États-Unis », ont écrit les groupes. Les voix des suprémacistes blancs ont gagné en importance ces dernières années, des analystes comme l’ADL et le SPLC soulignant le refus du président de condamner la violence raciale par des manifestants de droite lors d’un rassemblement en 2017 à Charlottesville, en Virginie, comme enhardissant le mouvement. Après un large retour sur ses remarques sur Charlottesville, Trump a plus tard qualifié les néonazis, les suprémacistes blancs et d’autres groupes haineux de « répugnant à tout ce qui nous est cher en tant qu’Américains » et un mois plus tard, il a signé une résolution condamnant la suprématie blanche. »

Il est vrai aussi que « Don » avait affirmé fin février devant les caméras de Fox News que « pour les démocrates, tenter de prendre une pandémie et espérer apparemment qu’elle vienne ici et tue des millions de personnes afin qu’elles puissent mettre fin à la séquence de victoires de Donald Trump est un nouveau niveau de maladie. » « Vous savez, je ne sais pas s’il s’agit d’un coronavirus ou du syndrome d’embarrasser Trump, mais ces personnes sont gravement infectées« . Sidérant de bêtise et abject comme raisonnement : toute la « profondeur » de pensée de ce crétin bis !!! Le digne héritier de son père !

En somme, son fils arbore ouvertement des éléments de groupes politiques extrémistes, s’en vante sur le Net, alors que le père les a condamnés (contraint et forcé) : c’est une maison de fous, ou un hôpital psychiatrique, cette Maison Blanche, décidément ! Aux fous !!!

 

(1) *http://profihunt.com/en/hunt/chasse-a-l-argali-d-altai-a-mongolie

(2) *http://profihunt.com/wp-content/uploads/2017/06/melnikov_en.pdf

(3) *http://profihunt.com/wp-content/uploads/2017/06/shadow_en.pdf

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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