Accueil / A C T U A L I T É / Comment le Congr?s ?tats-unien s?est vendu ? Wall Street

Comment le Congr?s ?tats-unien s?est vendu ? Wall Street

Source: Alter Info

A l?instar des Etats-Unis, de tr?s nombreux pays ont adopt? de couteux plans de relance, durant et apr?s la crise financi?re de 2008. Or, souligne Greg Gordon, la conception de ces plans a ?t? impos?e au Congr?s par les banques qui en ont ?t? les principales b?n?ficiaires, via des parlementaires qu?elles ont grassement r?tribu?s. Parmi eux, quelques personnalit?s connues, comme? Barack Obama.

Le pr?sident Barack Obama adressant la parole aux s?nateurs et autres parlemantaires au Capitole (Congr?s des ?tats-Unis) ? Washington DC, le 24 f?vrier 2009, pour parler de la crise ?conomique, du budget, du d?ficit de la nation et de la reforme du syst?me m?dical.

Des s?nateurs et repr?sentants, charg?s de veiller sur l??conomie des Etats-Unis, ont re?u des millions de dollars des entreprises de Wall Street.
Depuis 2001, huit entreprises figurant parmi les plus fragilis?es par la crise ont vers? 62,4 millions de dollars aux candidats au Congr?s, aux candidats pr?sidentiels et aux partis, aussi bien r?publicain que d?mocrate?[1].
Des s?nateurs comme Barack Obama et John McCain ont re?u, ? eux deux, 3,1 millions de dollars.
Parmi les donateurs figurent les banques d?investissement?:
- Bear Stearns,
- Goldman Sachs,
- Lehman Brothers,
- Merrill Lynch,
- Morgan Stanley,
- la compagnie d?assurances American International Group,
- les g?ants de l?hypoth?que Fannie Mae, et
- Freddie Mac.
Quelques-uns des b?n?ficiaires les plus significatifs ont re?u des contributions de soci?t?s qui, ? leur tour, sont b?n?ficiaires des fonds approuv?s dans le cadre du plan gouvernemental d?aide financi?re connu sous son sigle anglais de TARP?[2] et vot? par les membres du Congr?s appartenant aux comit?s charg?s de r?glementer le secteur financier et de superviser l?efficacit? de ce programme de soutien gouvernemental sans pr?c?dent.
Au total, les membres de la commission s?natoriale sur les Activit?s bancaires, le Logement et les Affaires urbaines, ceux de la commission des Finances et ceux de la commission ?quivalente de la Chambre des repr?sentants ont re?u 5,2 millions en provenance de soci?t?s priv?es ayant b?n?fici? du TARP pendant le cycle ?lectoral 2007-2008.
Barack Obama a recueilli au moins 4,3 millions aupr?s des employ?s de ces soci?t?s pour sa campagne pr?sidentielle.
Presque tous les membres de la commission des Services financiers de la Chambre des repr?sentants qui devaient, en f?vrier, superviser en audiences publiques la ventilation des 700 milliards du TARP approuv? dans l?urgence, ont re?u des contributions de ces entreprises financi?res durant le cycle ?lectoral de 2008. ??On pourrait dire que l?industrie des finances a obtenu son argent avec le soutien des membres du Congr?s, dispos?s ? tourner leurs regards dans une autre direction??, a d?clar? Lawrence Jacobs, directeur du Centre d??tudes politiques et de gouvernabilit? de l?Universit? du Minnesota (USA).
? titre d?exemple, lorsqu?en 2004 la commission de la Bourse et des valeurs a adopt? une mesure importante permettant aux banques d?investissement d?investir des dizaines de milliards de dollars de pr?ts dans des hypoth?ques d?valoris?es (subprime) et autres fantaisies ? risque, les commissions parlementaires pour les Activit?s bancaires n?ont pas organis? d?audition.
En raison de cette passivit? du Congr?s, aucune r?glementation n?a ?t? adopt?e au niveau des ?tats pour pr?venir les pratiques pr?datrices des organismes de pr?t immobilier qui ont engrang? d??normes commissions sur la concession de pr?ts ? des acheteurs d?immobilier non solvables.
Le journaliste Matt Taibbi ?crivait (dans son article de Rolling Stone)?[3] que c?est ? la fin des ann?es 90 que le gouvernement s?est vendu de mani?re notoire ? Wall Street, lorsque ??Les d?mocrates, lass?s d??tre largement distanc?s par les r?publicains en mati?re de collecte de fonds, ont d?cid? de se lib?rer de leur vieille d?pendance vis-?-vis des syndicats et des groupes d?int?r?t, pour devenir plus conciliants avec le monde des affaires.
Wall Street a r?pondu en inondant Washington d?argent afin de s?acheter des alli?s dans les deux partis.??
De 1998 ? 2008, les groupes financiers ont d?pens? 1,7 milliard de dollars en contributions aux campagnes f?d?rales et 3,4 milliards en paiements aux membres des lobbies et des groupes de pression. Ce sont autant de sages investissements ayant permis aux grands banquiers de conjurer efficacement tout encadrement parlementaire significatif de l?industrie financi?re.
En 1999, le s?nateur r?publicain pour le Texas Phil Gramm ?tait co-initiateur d?un amendement r?voquant les aspects fondamentaux du Glass-Steagall Act, une loi datant de la Crise de 1929 et interdisant aux banquiers d?acc?der au domaine des assurances. L?ann?e suivante, Gramm r?digeait une nouvelle loi d?vastatrice, intitul?e Commodity Futures Modernization Act, pr?venant toute r?glementation des ?changes de cr?dits ??swaps??, en tant que titres ou produits de sp?culation. La porte ?tait ainsi grande ouverte ? l?aventurisme dans les ?changes de titres ? risques.
En 1997 et 1998, les ann?es pr?c?dant la r?forme de Phil Gramm qui liquida la loi Glass-Steagall, les banques, les agents boursiers et les compagnies d?assurances ont d?bours? 350 millions de dollars en contributions politiques et en man?uvres en coulisses. La loi 90-8 fut approuv?e par le S?nat avec le soutien de 38 d?mocrates, dont Joe Biden, John Kerry, Tom Daschle, Dick Durbin et John Edwards. La loi a donc contribu? ? la cr?ation de monstres financiers de l?envergure du Citigroup, d?AIG et de Bank of America, tout en aidant ces compagnies ? d?molir leurs concurrents plus modestes, conf?rant aux principales entreprises de Wall Street encore plus d?argent et surtout de pouvoir afin d?obtenir, par leur travail de lobbying, encore davantage de d?r?glementation.

Michael Moore?: ??CAPITALISM?: A LOVE STORY?? – TRAILER. Au d?but de 2009, on a assist? ? la mise au point de toute une s?rie d?op?rations gouvernementales ayant pour but d?injecter des liquidit?s dans l??conomie. La plupart d?entre elles rel?vent strictement du contr?le discr?tionnaire du secteur financier. Taibbi ?crit?: ??Tandis que le reste des Etats-Unis et la majorit? du Congr?s se r?jouissent de la mise en ?uvre du programme d?aide d?urgence d?un montant de 700 milliards (TARP), les nouveaux organismes cr??s dans le zoo de la R?serve f?d?rale (FED, sigle en anglais) pompent discr?tement non pas des milliards, mais des billions de dollars en direction des entreprises priv?es?: au moins 3 billions en pr?ts, ? ce jour, et 5,7 billions en garanties d?investissements priv?s??.
Taibbi continue?: ??Cette activit? nouvelle et officieuse de la FED ?clipse totalement le programme TARP, en termes d?influence sur l??conomie [?] Personne ne sait qui empoche cet argent ni quelles sommes sont ainsi engouffr?es dans ces nouveaux siphons creus?s dans l?armure rouill?e de l??quilibre financier des Etats-Unis. D?autre part, nul ne peut ?tre certain que ces nouvelles institutions soient r?ellement temporaires. On est en droit de se demander s?il ne s?agit pas de b?quilles permanentes mises ? la disposition de Wall Street par l?Etat, con?ues pour gommer syst?matiquement les mauvais investissements des livres de comptes des agences de pr?t irresponsables.??
Il conclut?: ??Le fait est que la fusion ?conomique mondiale et le vide lui ayant succ?d? ont constitu? ? eux deux une sorte de r?volution, un coup d?Etat. Ils ont confort? et institutionnalis? une tendance politique qui se manifeste depuis des d?cennies?: la prise de possession progressive du gouvernement par une petite classe d?initi?s qui ont utilis? l?argent pour contr?ler les ?lections, acheter des influences et affaiblir syst?matiquement toute r?glementation financi?re.??
La fraude et la crise continuent de s?intensifier et s??tendre, donnant lieu ? des conflits d?int?r?t significatifs au sein du Congr?s et de la branche ex?cutive du gouvernement. Simon Johnson, ancien ?conomiste en chef au FMI, le dit sans ?quivoque?: ??L?industrie de la finance a efficacement emprisonn? notre gouvernement.??

Mise ? jour de Lindsay Renick Myer (de Capitol Eye)

Alors que le gouvernement f?d?ral continue de chercher des formules pour sauver le secteur financier et imprimer un nouvel ?lan ? l??conomie, il re?oit les recommandations des m?mes banques et assurances qui ont accept? les dollars du contribuable et qui sont les principales responsables de la crise actuelle. Mais le Congr?s ne se contente pas de cela?: il s?active ? recueillir des contributions aupr?s du secteur financier, y compris en provenance de ces soci?t?s ayant re?u des milliards de dollars d?aide gouvernementale dans le cadre du TARP.
Depuis la r?daction de cet article en f?vrier [2009], le secteur financier a bien entendu continu? de faire des dons en argent aux candidats, aux comit?s des partis et aux comit?s d?action politique. Depuis le d?but de l?ann?e 2009, Wall Street a donn? 12,6 millions de dollars, bien plus que tout autre secteur pour cette ann?e. Et 58?% de cet argent est all? aux d?mocrates, ce qui marque sans doute un changement de strat?gie politique.
En effet, depuis le cycle ?lectoral de 1990, le monde financier, les assurances et les compagnies immobili?res n?avaient jamais destin? plus de 52?% de leurs dons aux d?mocrates, et de 2001 ? 2006, ce sont les r?publicains qui en furent les principaux b?n?ficiaires.
Bon nombre des soci?t?s mentionn?es dans cet article, et ayant d?p?ch? leur PDG pour t?moigner devant la commission des Services financiers de la Chambre des repr?sentants, ont au premier trimestre 2009 affich? un niveau global de dons inf?rieur ? ceux des premiers trimestres de 2007 et 2005.
Ceci est vrai pour JP Morgan Chase, Bank of America, Goldman Sachs (qui est en t?te de classement, cette ann?e, pour la diminution de ses contributions par rapport ? 2008), Morgan Stanley, Citigroup et Wells Fargo.
Il faut toutefois rappeler que nous sommes tr?s t?t dans le calendrier ?lectoral (parlementaire) et que les contributions destin?es aux campagnes augmentent davantage ? mesure que se rapprochent les ?lections.
Quoi qu?il en soit, tout comme le reste de l?industrie, ces groupes ont majoritairement mis? sur les d?mocrates en versant ces contributions politiquement int?ress?es.
Naturellement, il sera int?ressant cette ann?e de savoir si les l?gislateurs ont souffert dans leurs finances personnelles, comme l?ont fait le commun des mortels aux Etats-Unis, ou s?ils ont tir? des b?n?fices de leur soutien aux compagnies de Wall Street, pay? avec l?argent du contribuable.
Les cas les plus int?ressants sont s?rement ceux des membres des commissions en charge des activit?s bancaires et financi?res. Les d?clarations financi?res personnelles correspondant ? l?ann?e 2008 sont dor?navant disponibles, avec ces r?ponses, sur OpenSecrets.org.
Pour en savoir plus long sur le lobbying et le trafic d?influence, continuez de consulter le blog de CRP sur?:
Et pour mener vous-m?me l?enqu?te, consultez nos profils de l?industrie sur OpenSecret.org.
Nous surveillons ?galement les flux financiers des commissions. Jetez un ?il aux donn?es de la commission des Finances du S?nat.

Greg Gordon
Journaliste ?conomique d?abord au Minneapolis Star Tribune, puis au McClatchy

Source?: Project Censored & Red Voltaire.
Traduction du R?seau Voltaire.
Etudiants chercheurs?: Jocelyn Rapp et Caitlin Ruxton (SSU).
Tuteur?: Samuel Mikhail Ph.D. Economics, Chip McAuley, Ph.D., Indian River State College et Sonoma State University.

[1] Truthout, 2 octobre 2008?: ?Lax Oversight?? Maybe $64 Million to DC Pols Explains It?, par Greg Gordon
[2] Capitol Eye, 10 f?vrier 2009, ?Congressmen Hear from TARP Recipients Who Funded Their Campaigns?, par Lindsay Renick Mayer
[3] Rolling Stone, 19 mars 2009, ?The Big Takeover?, par Matt Taibbi.

http://www.voltairenet.org/article167000.html http://www.voltairenet.org/article167000.html

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Darmanin à l’Intérieur : femmes violées, passez votre chemin !

La nomination de Gérald Darmanin au poste de ministre de l’Intérieur a choqué un grand ...