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COLOMBIE ET SYRIE


 

 

 

 

OSCAR FORTIN Ce lien entre la Colombie et la Syrie vient du fait que ces deux pays font face ? des groupes arm?s qui souhaitent un changement de r?gime.

Dans le cas de la Colombie, nous savons que deux groupes arm?s, les Forces arm?es r?volutionnaires de Colombie (FARC) et l?Arm?e de lib?ration de la Colombie (ELC), luttent depuis des d?cennies pour transformer la Colombie en un pays plus d?mocratique, plus juste, plus solidaire. Des milliers de personnes de part et d?autre y ont laiss? leur vie. Les gouvernements de la Colombie ont une longue histoire de violence et de manquements aux droits de la personne. Les nombreux crimes commis sous le commandement des paramilitaires hantent toujours des centaines de milliers de Colombiens.

Il y a quelques semaines, un?accord g?n?ral??a ?t? sign? entre les FARC et le Gouvernement colombien pour qu?un processus de paix soit mis en place et qu?il conduise ? cette paix tant recherch?e par les peuples. Ces rencontres s?amorceront en Su?de, le 8 octobre prochain, et seront accompagn?es par la pr?sence d?un repr?sentant du Venezuela et du Chili pour soutenir ces efforts de paix. Cuba sera ?galement le si?ge de ces rencontres permettant aux repr?sentants des FARC et du Gouvernement colombien de mener ? terme cette mission.

Dans le cas de la Syrie, il y a le gouvernement et des groupes arm?s d?une certaine opposition qui pilonnent les principales villes du pays pour y semer la terreur et cr?er le chaos dans le but de provoquer l?effondrement du Gouvernement et du r?gime. Cette opposition est fortement soutenue? en argent et en armements par certains pays qui se gardent bien de le dire ouvertement.

Les Nations Unies et La ligue arabe avaient cr?? en d?cembre 2011 un groupe d?observateurs qui devaient rendre compte ? la communaut? internationale du constat de leurs observations. Apr?s deux mois de cette pr?sence,?le Rapport?faisait ?tat, entre autres, de groupes arm?s dont plusieurs membres venaient de l?ext?rieur, soutenus et arm?s par d?autres pays. Ce m?me rapport signalait ?galement que l?information recueillie sur le terrain n??tait pas toujours celle diffus?e dans les m?dias occidentaux. Il ressortait de ce Rapport que la violence s?expliquait en grande partie par la pr?sence de ces groupes arm?s clandestins que le Gouvernement se faisait un devoir de contrer par tous les moyens. Ce fut la fin de cette mission des observateurs qui venaient de confirmer l?implication militaire des pays amis du peuple syrien.

C?est alors que le Conseil de s?curit? et la Ligue arabe nomm?rent un repr?sentant des Nations Unies, en la personne de Kofi Annan, lequel sera second? dans sa mission de paix par 300 observateurs. Son?Plan en six points?devait faire consensus entre les diverses parties impliqu?es dans le conflit.

Le Gouvernement syrien donna son aval ? cette approche tant et aussi longtemps qu?elle respecterait la souverainet? du pays. Il se disait pr?t ? amorcer ces discussions sans aucune condition pr?alable. Il n?en fut pas de m?me pour l?opposition arm?e qui refusa ce Plan, en d?pit du fait que les pays qui la soutenaient, les Etats-Unis et la France, entre autres, avaient donn? ??officiellement?? leur accord ? ce Plan. Le probl?me est que ces derniers continuaient ? soutenir, par la porte arri?re, les rebelles arm?s. De plus, les ?tats-Unis et la France pos?rent comme condition pr?alable ? toute n?gociation de paix, le d?part de l?actuel pr?sident, Bachar Al Assad.

Kofi Annan fit le constat de l??chec de sa mission et donna sa d?mission.

La derni?re initiative des Nations Unies est le choix d?un?rempla?ant ? Kofi Annan. Pour la Russie, la Chine et les pays des non-align?s qui les soutiennent, la mission de ce dernier devra se r?aliser dans le cadre du Plan Annan et de?l?accord de Gen?ve.

Nous en sommes rendus ? ce point. La Russie veut que le Conseil de S?curit? confirme les accords de Gen?ve alors que les??tats-Unis insistent?et exigent, pour que cette r?solution puisse ?tre accept?e, qu?elle soit assortie d?une disposition laissant la porte ouverte ? une intervention militaire. Ce ? quoi s?opposeront de nouveau la Chine et la Russie.

Une toute derni?re initiative de la Russie est?un appel urgent?pour r?aliser une conf?rence internationale ? laquelle participeraient tous les int?ress?s.

????Nous proposons de convoquer une conf?rence ? Moscou, ou ? Gen?ve, si on souhaite s?y r?unir, ou ? Paris, si tout le monde est pr?t ? venir ici. Nous n?avons aucune objection, nous n?en tenons ? aucune ville. L?essentiel est de lancer ce processus au plus vite??, a indiqu? M.Bogdanov qui avait appel? le week-end dernier les repr?sentants de l?opposition syrienne et les dirigeants fran?ais ? organiser une conf?rence avec la participation du Groupe d?action, des autorit?s et de l?opposition syriennes, ainsi que de pays ?trangers, y compris de l?Arabie saoudite et de l?Iran.??

Le pr?sident Al Assad?s?est dit pr?t ? quitter le pouvoir si son peuple le d?cide lors des prochaines ?lections pr?sidentielles, pr?vues pour 2014.

En somme, ce qui diff?rencie le cas de la Colombie de celui de la Syrie, c?est que dans le premier cas, il n?y a pas d?ing?rence de l?ext?rieur et que ce sont les Colombiens eux-m?mes qui vont discuter et d?cider de leur avenir. Les autres pays qui sont pr?sents servent uniquement de support et d?assises pour ces rencontres.

Le Pr?sident Santos de la Colombie avait clairement signifi? ? tous les pr?sidents, membres de la Conf?rence des ?tats de l?Am?rique latine et des Cara?bes (CELAC), de ne pas interf?rer dans le conflit colombien, qu?il s?agissait d?une question interne au pays.

Dans le cas de la Syrie, l?intervention ?trang?re est pr?sente dans les groupes arm?s, dans leur financement et dans le type de r?glement acceptable pour eux.

La Russie, la Chine et les pays du Mouvement des non-align?s, sont plut?t d?avis que le conflit syrien doit ?tre r?gl? politiquement par les Syriens eux-m?mes. Sous cet aspect, ils ont le droit international de leur c?t? ainsi que le gros bon sens.

Le jour o? l?opposition arm?e ne recevra plus d?armes ni d?argent de la part des pays qui se disent les amis du peuple syrien, elle se r?signera vite ? s?asseoir ? la table de n?gociation pour d?cider avec les autres oppositions non arm?es et le gouvernement de l?avenir de leur pays. Cela, M. Harper, premier ministre du Canada, ainsi que les pays alli?s dans ce conflit ne veulent pas le comprendre. Pour eux, l?objectif est toujours le m?me: que Bachar El Assad parte et que le r?gime passe sous leur contr?le. Ils cherchent ? faire indirectement ce que la loi internationale leur interdit de faire directement. Voil? la morale qui les guide. Un tout dernier article?que je vous invite ? lire: ??Poutine fait la le?on aux Occidentaux??.

Oscar Fortin

Qu?bec, le 29 septembre 2012

http://humanisme.blogspot.com

 

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