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Collusions entre la CIA, le crime organis? et le trafic de drogue

L’agence de renseignement am?ricaine (CIA) est depuis des ann?es ? l’origine, tout aussi bien complice, et un partenaire actif dans l’entreprise criminelle du trafic Internationale de la drogue. Surtout par le soutien logistique qu’elle apporte pour assurer la circulation des cargaisons et pour les faire entrer aux ?tats-Unis et en Europe.

L’agence de renseignement am?ricaine (CIA) est depuis des ann?es ? l’origine, tout aussi bien complice, et un partenaire actif dans l’entreprise criminelle du trafic Internationale de la drogue. Surtout par le soutien logistique qu’elle apporte pour assurer la circulation des cargaisons et pour les faire entrer aux ?tats-Unis et en Europe.

Pour donner une perspective plus large sur la situation, il faut savoir que le rapport entre ??agences de renseignement?? et ??trafic de drogue?? avait toujours exist? jusque-l?. Depuis l’interdiction des stup?fiants en 1920, des accords entre les fournisseurs de drogues et les agences de renseignement ont prot?g? le trafic mondial des stup?fiants. Il semble exister une connivence naturelle entre les agences de renseignement et les organisations criminelles. Ce sont ce que les anciens de la CIA ont appel? les ??arts clandestins??. Leur permettant de disposer d’une base de fonctionnement (de l’argent, pour avoir des budgets secrets) en dehors des voies normales de la Soci?t? civile (un budget vot? par le Congr?s et un Financement officiel du gouvernement). Les agences de renseignement et les syndicats du crime sont capables de maintenir des grandes organisations, capables de mener des op?rations dans le plus grand secret.

Le trafic organis? pendant la guerre du Vietnam.

Nous avons peut ?tre l?, un des plus grands secrets de la guerre du Vietnam. C’est gr?ce ? cette guerre, que la CIA a p?t prendre le contr?le du ??Triangle d’Or?? au cours de cette p?riode. Ensuite, avec l’aide de diff?rents ?l?ments du crime organis?, ils ont exp?di? d’?normes quantit?s d’h?ro?ne provenant de cette r?gion vers les ?tats-Unis et l’Europe.

Le ??Syndicat Lansky??

Cette structure sera le syndicat du crime qui serait le relai de la CIA, pour avoir un pied ? terre dans le milieu du crime organis?, pour g?rer son trafic et la vente de la drogue.

? cette ?poque, le ??Syndicat Lansky?? (du nom de son cr?ateur, Meyer Lansky) ?tait d?j? en train d’?tablir un approvisionnement international de l’h?ro?ne d’Asie du Sud, par le biais de ses liens avec la mafia corse en M?diterran?e, qui ?tait en cours d’ex?cution. Les op?rations conjointes de la CIA dans le commerce international de la drogue ?taient une entreprise tr?s lucrative qui a p?t prosp?r?, avec l’implication plus profonde des op?rations militaires des ?tats unis au Vietnam, qui ?taient en fait devenu une couverture (ainsi qu’une protection) pour les activit?s de trafic de drogue.

?pave d’avion rempli de drogue enregistr? au nom de la CIA

 

Les militaires complices et les contractants de la D?fense s’enrichissaient de leur c?t? gr?ce ? la guerre, tandis que la CIA, par le biais de son ??Syndicat Lansky??, dirigeait en sous-main des trafiquants et des criminels. Le b?n?fice de la vente de la drogue repr?sentait pour eux une source de fond non n?gligeable et m?me indispensable (leur servant ? financer en partie leurs op?rations et programmes secrets, qui n’ont pas ?taient approuv? ou sont carr?ment cach? au gouvernement Am?ricain).

Dans le gouvernement, les deux principaux organisateurs de la fourniture ? partir du ??Triangle d’Or?? ?taient?Ted Schackley?et?Thomas Clines?(1). Ils avaient ?galement cr?? des laboratoires d’h?ro?ne au Laos, puis ils l’a faisait sortir du pays par l’interm?diaire de leur compagnie a?rienne priv?e ??Air America?? (qui ?tait en fait une ??soci?t?-?cran?? de la CIA, pour le transport de la drogue).

La CIA ?tait impliqu?e dans un vaste trafic de drogue. De l’appropriation de la production au Vietnam, jusqu’? son exp?dition aux ?tats-Unis, o? le ??Syndicat Lansky?? assurait la distribution et la revente dans les rues. Mais la CIA a aussi laiss?e faire, et a ferm?e les yeux sur plusieurs autres trafics (?change de ??bons proc?d?s??, comme on dit), permettant par exemple ? cette ?poque, ? plus de 100 millions de dollars de drogues illicites d’entrer par an aux ?tats-Unis, en provenance d’Am?rique du Sud via Cuba. En contre-partie de cette collaboration, la CIA touchait 10 % de la vente des stup?fiants. Apr?s que la CIA ait touch? cet argent, elle l’a blanchi dans des comptes bancaires secrets, contr?l?s par des banquiers internationaux (il n’y a pas que ??les riches?? qui ??planquent leur argent?? dans les paradis fiscaux). Malgr? ce que les gens pensent, les banques voient en fait avec beaucoup d’int?r?ts, ces arriv?es r?guli?res de masses ?normes de liquidit?s dans leurs coffres n’oublions pas que les achats de drogue se font en liquide). Et il y eut aussi de nombreux placements ou des participations (en fait de r?elles ??prises de contr?le??), par des op?rations d’achat d’actions ? la bourse de New York (voil? pourquoi la CIA d?tient tellement de ??Soci?t?s-?crans??). Agir par l’interm?diaire d’entreprises priv?es et beaucoup plus discr?tes, pour des op?rations n’ayant pas l’approbation du pr?sident ou du Congr?s. Et une fois investis dans le march? boursier, ces fonds ??blanchis?? pouvaient aussi servir ? alimenter les ??budgets noirs??. Avoir des participations dans des soci?t?s priv?es, cela veut bien-dire, versement de dividendes, et distribution des b?n?fices r?alis?s (avec ces entreprises, ils gagnent encore de l’argent).

On voit bien les corr?lations entre la CIA, la drogue et les banques internationales. Chacun y trouvant son avantage et tous le faisant bien s?r pour garder leur pouvoir et l’argent. (2)

Les ann?es quatre-vingt et l’affaire ??Iran-Contras??.

Les ann?es quatre-vingt verront se poursuivre de telles activit?s. Les trafics de la CIA seront mis au jour, suite ? des pr?occupations du minist?re de la Justice, envers les agents de la CIA (ou sous contrat avec elle) et qui ?taient accus?es d’avoir particip? ? des trafics de drogue. L’attorney g?n?ral William French Smith (le ministre de la justice am?ricaine) ?crira en 1981 une lettre ? Bill Casey, directeur de la CIA ? l’?poque. Ce courrier r?capitulait les n?gociations entre l’agence de renseignement et le gouvernement, pour modifier les obligations de la CIA, par rapport ? certains de ces agents, qui se feraient prendre pour trafic de drogue.

Auparavant, l’article 18 du Code p?nal am?ricain pr?voyait que d?s qu’un employ? du gouvernement ?tait d?couvert par un responsable d’un minist?re, en train d’enfreindre la loi, il devait imm?diatement en avertir le D?partement de la justice ou une de ces institutions (par exemple le FBI). Et la CIA se trouvera confront?e ? un probl?me, avec la guerre des Contras qui commen?a en Am?rique du Sud. Les ?v?nements allaient bien s?r faire augmenter le volume de la drogue entrant aux ?tats-Unis (et les enqu?tes en proportion). La CIA voulait se mettre ? l’abri d’?ventuelles poursuites et prot?ger ses agents, qui organisaient le trafic. L’agence n?gociera donc avec le d?partement de la justice, pour modifier la loi ? son avantage. Cela aboutira ? la d?cision prise arbitrairement par les deux parties, que tous les gens qui travaillaient pour la CIA (que ce soit un agent ? plein temps, un contractuel ou encore un employ? d’une soci?t? appartenant ou travaillant pour la CIA), et qui n’avaient pas le titre ??d’agent?? ne seraient pas consid?r?s comme des employ?s (3). Et ensuite, il y aura la ratification d’une note, qui pr?cisera que le fait de rapporter des d?lits concernant la drogue ne fera plus l’objet d’une ??exigence formelle??. Par cet acte, d’une part la CIA se trouva alors totalement exempt?e de d?noncer des activit?s de trafic de drogue de la part de ces agents, et d’autre part, aucune poursuite ne pourrait ?tre lanc?e contre elle, ?tant donn? que ??les simples employ?s?? qui ?taient utilis?s, n’?taient alors plus consid?r?s comme des ??agents?? proprement dits.(4)

Le transport de la drogue par la CIA.

Dans les ann?es quatre-vingt et quatre-vingt-dix, l’agence s’arrangera pour faire passer des avions ??Hercule C-130??, appartenant au gouvernement Am?ricain, entre les mains d’entreprises contractantes priv?es (en fait, ses filiales, des ??soci?t?s-?crans?? appartenant ? la CIA (5). Par cette manoeuvre, vingt-huit C-130 seront transf?r? du Departement de la D?fense, au service des For?ts (officiellement, pour ?tre employ? pour la lutte contre les incendies). Toute l’affaire sera r?v?l?e, par des enqu?tes judiciaires, qui feront le lien avec des contractants de la CIA, ou directement l’agence elle-m?me (et qui seront d’ailleurs largement d?velopp?es dans plusieurs journaux). Ce qui donnera la ??puce ? l’oreille?? ? plusieurs enqu?teurs, c’est que, l’examen des plans de vol des avions-cargo, montrait que ces derniers, se retrouvaient r?guli?rement dans des pays ?trangers, situ?s ? l’ext?rieur du territoire des ?tats-Unis. Par exemple Panama, le Mexique, la Colombie, l’Angola et le Moyen-Orient.

Tous les C-130 ne contenaient aucun produit ni ?quipement ??antifeux??. Par exemple, un avion de la compagnie a?rienne ??T&G of Arizona?? (filiale de la CIA) sera saisi en 1994 avec une cargaison de coca?ne, d’une valeur d’un milliard de dollars. L’enqu?te r?alis?e par Gary Eteil, d?couvrira une relation entre ??T & G?? et une autre compagnie se livrant au trafic, la ??Trans Latin Air??. Cette enqu?te d?bouchera sur une autre en 1997, qui visera la ??Aero Postale de Mexico??. Cette compagnie utilisait un C-130 pour transporter de la coca?ne, et celui-ci avait ?tait achet? par le banquier M?xicain Carlos Cabal, qui pour cela avait fait un pr?t. Et la ??US Import-Export Bank?? avait promit ? Cabal de lui rembourser son pr?t. L’enqu?te ?tablira que des C-130, appartenant ? des soci?t?s-?crans de la CIA, ?taient en fait revendu en sous-main, par le biais de la ??Aero Postale de Mexico??, qui les revendaient ? la ??Trans Latin Air??, apr?s les avoir achet? ? ??T&G of Arizona??. (6) Non seulement la CIA fournissait des avions-cargo gouvernementaux Am?ricains aux trafiquants de drogue, mais de plus, faisait rembourser leur achat, par l’interm?diaire d’une banque complice. Malgr? que cette affaire sera occult?e par les m?dias am?ricains, elle servira de preuve la m?me ann?e, pour une autre grosse affaire de drogue ? Chicago

L’inspection interne des activit?s de la CIA, dans le trafic de drogue.

Il y aura la publication le 8 octobre 1998, du rapport de l’inspection g?n?rale de la CIA, r?dig? par Fr?d?rick P. Hitz. Ce rapport d?voilera plusieurs connexions entre, non seulement la CIA, mais ?galement des institutions de l’appareil d’?tat des ?tats-Unis, avec les trafiquants de drogue d’Am?rique du Sud.

L’interrogatoire de Moise Nunez, dans son implication dans le trafic de drogue, montrera que ce dernier ?tait en rapport avec le ??National Security Council??, le ??Conseil national de S?curit?, depuis 1985. Nunez refusera d’apporter plus de pr?cision sur ces activit?s concernant la drogue, du fait du travail qu’il avait accompli au sein de la direction du NSC et refusera de nommer les responsables du Conseil National, qui ?taient m?l? au trafic. (Page 490 du rapport).

Oliver North

 

Il y aura plus d’informations sur les exp?ditions de drogue par avion. Il sera av?r? qu’il existait une ligne a?rienne du Honduras, assur?e par la compagnie ??SETCO??. Cette compagnie a?rienne avait ?t? choisie par le ??NHAO??, le ??Nicagaguan Humanitarian Aid Office??, ??Bureau d’Aide humanitaire du Nicaragua??, pour transporter des marchandises pour le compte des Contras, en 1985-1986. Il sera d?montr? qu’elle convoyait pr?s de quatre tonnes de coca?ne par mois. Et c’est Elliot Abrams, membre du National Security Council, qui en assurait ? l’?poque la coordination. Adolfo Calero, interrog? par des commissions enqu?tant sur l’Iran-Contras, dira que ces op?rations de soutien aux Contras, ?taient financ?es par des fonds, provenant de comptes bancaires ouverts au nom d’Oliver North (7). (Page 816 du rapport).

Pour terminer, le rapport indiquait que la CIA reconnaissait avoir cach? des informations au Congr?s, au sujet du trafic de drogue dans lequel des agents ?taient impliqu?s, par le biais d’actions li?es aux Contras.Une note de service datant d’avril 1986, pour le vice-pr?sident Bush, montrera qu’il existait des implications entre les Contras, la CIA et le trafic de drogue. Et ce sera Alan Fiers, responsable de la ??CATF??, ??Central American Task Forces??, la force d’intervention de la CIA pour l’Am?rique Latine, qui avait donn? l’ordre que les informations reprises dans la note, ne soient d?livr?es qu’? l’attention de George Bush. (Page 1074 du rapport). Suite ? une demande du vice-pr?sident Bush, la CIA fera le 6 avril 1986 un rapport intitul? ??Implication des Contras dans le trafic de drogue??. Selon lequel, le chef des forces des Contras du sud, ?den Pastora avait conclu un march? avec un trafiquant de Miami du nom de Jorge Moral?s. Ce dernier avait accept? d’organiser et de financer le convoyage de la drogue colombienne par avion jusqu’aux ?tats-Unis, par des pilotes des forces des Contras du sud. Ces informations ne seront transmises qu’au seul vice-pr?sident. (Page 1084 du rapport). (8)

La drogue et les guerres en Afghanistan.

Il faut ici rappeler l’histoire du commerce de la drogue en Afghanistan (r?gion que l’on appelle le ??Croissant d’Or??, qui est en lien avec les op?rations clandestines de la CIA dans la r?gion. Et ce, d?s le d?but de la guerre Sovi?to-Afghane des ann?es quatre-vingt.

Avant le conflit afghan (1979-1989), la production d’opium en Afghanistan et au Pakistan ?tait dirig?e pour les petits march?s r?gionaux. Il n’y avait alors sur place aucune production locale d’h?ro?ne. L’?conomie afghane des stup?fiants sera soigneusement con?ue par un projet de la CIA, et soutenue par la politique ?trang?re am?ricaine.

Comme l’a r?v?l? l’affaire ??Iran-Contras?? et le scandale de la Banque de Commerce et de Cr?dit International (la ??BCCI??), les op?rations secr?tes de la CIA pour soutenir les moudjahidin afghans avaient ?t? financ?es par le blanchiment de l’argent de la drogue. Ces fonds avaient ?t? recycl?s dans un certain nombre d’?tablissements bancaires au Moyen-Orient. Ainsi que par des ??soci?t?s-?crans?? de la CIA, qui les utilisait pour financer divers groupes d’insurg?s pendant la guerre.

Les ?tats-Unis voulaient fournir aux rebelles moudjahidin des missiles Stinger et d’autres mat?riels militaires dont ils avaient besoin, avec la coop?ration du Pakistan. Vers le milieu des ann?es quatre-vingt, l’op?ration de la CIA dirig?e depuis Islamabad ?tait devenue l’une des plus grandes stations de renseignement de l’agence dans le monde. La BCCI deviendra une source d’embarras pour les ?tats-Unis, mais les enqu?tes officielles ne sont pas poursuivies et si les ?tats-Unis pointeront du doigt le trafic d’h?ro?ne au Pakistan, ce ne sera que pour d?tourner les enqu?tes sur la BCCI. (Selon la d?claration d’un officier du renseignement am?ricain).

Les r?gions frontali?res du Pakistan et d’Afghanistan deviendront alors le premier producteur mondial d’h?ro?ne, fournissant 60 % de la demande am?ricaine. Et au Pakistan, la population toxicomane passera de pr?s de z?ro en 1979 ? un million deux cents milles en 1985.

La CIA se retrouvera ? contr?ler ce trafic d’h?ro?ne. Et les combattants Moudjahidin, qui s’emparaient d’une zone en Afghanistan, ordonnaient aux paysans de planter de l’opium, pour pouvoir percevoir une ??taxe r?volutionnaire??. ? travers la fronti?re du Pakistan, des chefs afghans et des syndicats locaux exploitaient des centaines de laboratoires d’h?ro?ne, sous la protection d’agents du Renseignement Pakistannais. Au cours de cette d?cennie, l’??US Drug Enforcement Agency?? ? Islamabad ne fera bien s?r aucune saisie ou arrestation.


Les responsables am?ricains refuseront d’enqu?ter sur des accusations de fourniture d’h?ro?ne par ses Alli?s afghans, parce que leur politique en Afghanistan en mati?re de stup?fiants ?tait subordonn?e ? la guerre contre l’influence sovi?tique. En 1995, l’ancien directeur des op?rations de la CIA en Afghanistan, Charles Cogan, a admis que la CIA avait en effet sacrifi? la guerre contre la drogue pour combattre l’influence de l’URSS?: ??Notre mission principale ?tait de faire autant de d?g?ts que possible aux Sovi?tiques. Nous n’avons pas vraiment des ressources ou de temps ? consacrer ? une enqu?te sur le trafic de drogue, je ne pense pas que nous devons pr?senter des excuses pour cela. Chaque situation a ses retomb?es. Il y avait des retomb?es en termes de m?dicaments, oui. Mais le principal objectif a ?t? accompli. Les Sovi?tiques ont quitt? l’Afghanistan.??

Le r?le de la CIA, qui est amplement document?e, ne sera pas mentionn? dans les publications officielles de l’UNODC, ??United Nations Organization Office on Drugs and Crime??, le Bureau des Nations Unies contre la drogue et le Crime, qui mettra l’accent sur le contr?le interne des facteurs sociaux et politiques. Les origines du commerce de l’opium dans la r?gion y seront grossi?rement d?form?es. (Des rapports sont consultables par des liens dans les sources).

Selon l’UNODC, la production d’opium en Afghanistan avait augment? durant le conflit, plus de 15 fois depuis 1979. Dans le sillage de la guerre Sovi?to-Afghane, la croissance de l’?conomie des stup?fiants n’aura fait que cro?tre. Les talibans, qui ont ?t? soutenus par les ?tats-Unis, ont d’abord contribu? ? la croissance de la production d’opium jusqu’? l’interdiction de l’opium 2000.

? la suite de l’invasion am?ricaine de l’Afghanistan en octobre 2001, le commerce de l’opium dans le pays a fortement augment?. Selon les m?dias am?ricains, cette contrebande ?tait prot?g?e par Oussama Ben Laden, les talibans, et les seigneurs de guerre r?gionaux, au m?pris de la lutte contre la drogue et de la moralit? affich?e par la ??communaut? internationale??. Officiellement, l’entreprise de production d’h?ro?ne ?tait pour ??remplir les coffres des taliban??. Mais cela ?tait faux et le principal b?n?ficiaire en sera bien la CIA. En fait, suite ? l’occupation du pays par les forces am?ricaines

La r?ponse am?ricaine, ? la baisse de production de l’opium en Afghanistan

En r?ponse aux changements de la politique des talibans sur la production d’opium, l’administration Bush a renforc? ses activit?s de lutte contre le terrorisme, tout en allouant des montants substantiels d’argent public pour la DEA, « Drug Enforcement Administration??, pour une op?ration en Asie occidentale, baptis?e ??Op?ration Containment??, ??Op?ration de confinement??.

Les m?dias am?ricains eux-m?mes accusaient la fin de la ??ligne dure du r?gime islamique??, en reconnaissant que les talibans (en collaboration avec l’ONU) avaient impos? une interdiction avec succ?s de la culture du pavot en 2000. La production d’opium a diminu? de plus de 90 pour cent en 2001. En fait, l’augmentation de la production li?e ? la culture de l’opium a bien co?ncid? avec l’attaque militaire am?ricaine et la chute du r?gime taliban. D’octobre ? d?cembre 2001, les agriculteurs afghans recommenceront ? replanter du pavot sur une zone de plus en plus ?tendue.

Le succ?s de l’invasion de l’Afghanistan en 2000, et le programme d’?radication de la drogue sous le r?gime taliban avaient ?t? reconnus lors de la session d’octobre 2001 de l’Assembl?e g?n?rale des Nations unies (qui a eu lieu quelques jours ? peine apr?s le d?but des bombardements du pays). L’enqu?te de l’UNODC ? ce sujet mettra en ?vidence plusieurs ?l?ments cl?s.

S’agissant de l’interdiction des talibans sur la culture du pavot ? opium dans les zones sous leur contr?le, les r?sultats de leur enqu?te annuelle du sol de culture du pavot en Afghanistan, montre que la production de l’ann?e 2001 ?tait d’environ 185 tonnes. Cela repr?sentait une baisse par rapport aux 3300 tonnes de l’ann?e pr?c?dente en 2000 (diminution de plus de 94 %). Par rapport ? la r?colte record de 4700 tonnes en 1998, la diminution est alors de 97 %. De plus, l’interdiction des talibans avait en effet caus? ??le d?but d’une p?nurie d’h?ro?ne en Europe d’ici la fin de l’ann?e 2001??, comme l’a reconnu par la suite l’UNODC.

Production de l’opium, par ann?e, parcelles cultiv?es en hectares et production en tonne?:

1994?: 71,47 hectares. Production?: 3,4 tonnes;
1995?: 53,75 hectares. Production:2,3 tonnes;
1996?: 56,82 hectares. Production:2,2 tonnes;
1997?: 58,41 hectares. Production:2,8 tonnes;
1998?: 63,67 hectares. Production:2,7 tonnes;
1999?: 90,98 hectares. Production:4,6 tonnes;
2000?: 82,17 hectares. Production:3,3 tonnes;
2001?: 7,60 hectares. Production:185 tonnes;
2002?: 74.000 hectares. Production?: 3400 tonnes;
2003?: 80.000 hectares. Production:3600 tonnes.

En fait, le constat est clair.?Le gouvernement am?ricain luttait contre les taliban, non pas pour cause de terrorisme (qui est la raison officielle depuis les attentats du 11 septembre 2001), mais bien pour reprendre la main, et faire augmenter la production d’opium?dans le pays.

Le silence volontaire de l’ONU.

? la suite de l’occupation am?ricaine, il y aura un changement de discours de la part de l’ONU. L’UNODC agira d?sormais comme si l’interdiction de l’opium en 2000 ne s’?tait jamais produite. Washington et l’UNODC pr?tendront que l’objectif des talibans en 2000 n’?tait pas vraiment une ???radication de la drogue??, mais une tactique pour de d?clencher ??un d?ficit artificiel dans l’offre??, ce qui aurait fait monter les cours mondiaux de l’h?ro?ne. Cela, qui fait partie du nouveau ??consensus de l’ONU?? ? ce sujet, est r?fut? par un rapport du bureau de l’UNODC au Pakistan, qui a confirm?, ? l’?poque, qu’il n’y avait aucune preuve de stockage de l’opium par les talibans.

Le red?marrage du commerce de la drogue.

Suite aux attentats de 2001 aux ?tats-Unis, le gouvernement Britannique de Tony Blair, s’est vu confi?e par le ??G-8?? (le groupe des principaux pays industrialis?s) la t?che de r?aliser un programme d’?radication des drogues, qui, en th?orie, devaient permettre aux agriculteurs afghans de passer de la culture du pavot ? des cultures de substitution. Les Britanniques travaillaient de Kaboul en liaison ?troite avec l’Op?ration ??confinement??, de la DEA am?ricain.

Le programme Anglais d’?radication des cultures, parrain? par les pays occidentaux n’?tait en fait qu’un ?cran de fum?e. Depuis octobre 2001, la culture du pavot n’ayant fait qu’augmenter. La pr?sence des forces d’occupation en Afghanistan n’a pas abouti ? l’?radication de la culture du pavot. Bien au contraire.

L’h?ro?ne est une entreprise multimilliardaire soutenue par des int?r?ts puissants, qui requiert un flux r?gulier et s?r des mati?res premi?res de base. L’un des objectifs cach?s de la guerre ?tait justement de restaurer le commerce de drogue de la CIA (aid? par l’occupation du pays et les forces d’occupations de plusieurs pays) et de continuer d’exercer un contr?le direct sur les routes et les fili?res internationales de la drogue.

Imm?diatement apr?s l’invasion en 2001, les march?s d’opium ont ?t? restaur?s et le prix de l’opium a grimp?. Au d?but de 2002, le prix de l’opium (en dollars par kg) ?tait presque 10 fois plus ?lev? qu’en 2000.

Tout en soulignant la lutte antiterroriste du pr?sident Karzai contre les talibans, les m?dias ne mentionnent pas que Karza? a collabor? avec les talibans. Il figurait ?galement sur la liste des employ?s r?mun?r?s par une soci?t? p?troli?re am?ricaine, nomm?e ??Unocal??. En fait, depuis le milieu des ann?es 1990, Hamid Karza? avait ?t? recrut? comme consultant et lobbyiste pour UNOCAL dans les n?gociations avec les talibans. Selon le journal saoudien Al-Watan?:

??Karza? a ?t? l’op?rateur secret de la Central Intelligence Agency depuis les ann?es 1980. Il a collabor? avec la CIA pour fournir une aide am?ricaine aux talibans ? partir de 1994 lorsque les Am?ricains avaient secr?tement et ? travers les Pakistanais (en particulier l’ISI) appuy?s les talibans.??

On comprend maintenant mieux pourquoi c’est Karsa? qui a ?t? choisi pour devenir le pr?sident de l’Afghanistan.

Les revenus de la CIA, dans le trafic de drogue.

Les revenus g?n?r?s dans le trafic de drogue commandit? par la CIA en Afghanistan sont importants. Le commerce afghan des opiac?s constitue une part importante du chiffre d’affaires annuel mondial des stup?fiants. Il a ?t? estim? par l’ONU, ?tant de l’ordre de 400 ? 500 milliards de dollars. Depuis le moment o? ces chiffres de l’ONU ont ?t? mis en ?vidence (en 1994), le commerce mondial des drogues a augment? en proportion.

Le FMI a estim? que le blanchiment ??d’argent sale?? dans l’?conomie mondiale, devait se situer entre 590 milliards et 1,5 milliard de dollars par an (soit 5,2 pour cent du PIB mondial). Une grande partie du blanchiment d’argent au niveau mondial est li? au commerce des stup?fiants. Et le trafic de drogue constitue ??le troisi?me plus grand produit mondial en termes de tr?sorerie apr?s le p?trole et le commerce des armes??.

En outre, ces chiffres confirment que la majeure partie des revenus li?s au commerce mondial des stup?fiants ne sont pas affect?s par des groupes terroristes et des seigneurs de guerre, comme le sugg?re le rapport de l’UNODC.

L’implication de la CIA dans le trafic de drogue a menac? la vie du s?nateur?Dennis DeConcini

 

Il existe des int?r?ts financiers puissants derri?re la drogue. De ce point de vue, le contr?le g?opolitique et militaire des routes de la drogue est aussi strat?gique que les ol?oducs pour le p?trole. Cela constitue une source importante de richesse non seulement pour le crime organis?, mais aussi pour l’agence de renseignement am?ricaine, qui devient de plus en plus un acteur puissant dans le milieu financier et bancaire.

La CIA, qui prot?ge et participe au commerce de la drogue, a d?velopp? des liens complexes et s’est infiltr?e dans des grandes organisations criminelles impliqu?es dans le commerce des stup?fiants. Mais il n’y pas que la CIA qui veut s’approprier ce march? lucratif. D’autres agences de renseignement (comme le MI-6 britannique) et des syndicats d’affaires puissants sont alli?s avec le crime organis?, et sont en comp?tition pour le contr?le strat?gique des fili?res de l’h?ro?ne. Les milliards de recettes en dollars, gagn? par la vente de stup?fiant est d?pos?e dans le syst?me bancaire occidental. La plupart des grandes banques internationales ainsi que dans leurs filiales, dans les ??paradis fiscaux?? offshore, pour pouvoir blanchir de grandes quantit?s de narcos dollars.

Ce commerce peut prosp?rer, uniquement si les principaux acteurs impliqu?s dans le trafic des drogues ont des appuis politiques ??en haut lieux??. La ligne de d?marcation entre des ??hommes d’affaires?? et certaines branches de la criminalit? est plut?t floue. La relation entre les criminels, les politiciens et les membres de l’agence de renseignement a bel et bien contamin? les structures de l’?tat am?ricain et ses institutions.

NOTES:
(1) Ces deux hommes (agents de la CIA) dirigeaient l’op?ration Mangouste (pour un renversement du gouvernement Castro et une reconqu?te de Cuba#. De plus, Clines a fait des missions avec David Sanchez Morales #l’un des tireurs de Dallas#. Et entre 1960-1975, la CIA a entretenu une force secr?te de 30000 combattants (constitu? avec des ?l?ments de la communaut? Laotienne ??Hmongs??) destin?s ? combattre les communistes laotiens (les Hmongs deviendront v?ritablement des parias apr?s la guerre, pour avoir collabor? avec les Am?ricains).

(2) Cela contribuera aussi aux raisons pour lesquelles le pr?sident Kennedy sera assassin?

(3) M?me une personne simplement ??sous contrat » avec l’agence, est malgr? tout consid?r?e exactement comme un agent ??? plein-temps??. M?me un simple contractuel se voit attribuer l’appellation ??d’agent??, dans la nomenclature interne de l’agence.

(4) Une copie de cette lettre figurera dans le rapport final de l’inspecteur g?n?ral de la CIA, qui sera publi?e en octobre 1998.

(5) Le C-130 est un avion militaire et normalement, il est interdit d’en faire l’exportation, ou d’en procurer ? des entreprises priv?es, sans une autorisation du Departement d’?tat, le minist?re des affaires ?trang?res am?ricain.

(6) Le ??US Service Forest « , s’?tait ?tonn? d’apprendre que des C-130 du Service des for?ts avaient ?t? arraisonn?s avec de la drogue ? leur bord et avait demand? ? leurs avocats de d?terminer, qui utilisaient r?ellement ces appareils. Le service des for?ts craignait d’?tre accus? de faire du trafic de drogue, alors qu’ils n’?taient au courant de rien. Voil? comment l’enqu?te mit les enqu?teurs sur la piste.

(7) Oliver North ?tait un lieutenant-colonel des US marine Corps, qui participera ? un trafic d’armes ? destination de l’Iran (qui ?tait alors en guerre avec l’Irak et le b?n?fice de ces ventes d’armes ?taient revers? aux ??Contras??, pour les soutenir dans leur combat contre le pouvoir au Nicaragua. D’o? le nom de l’affaire ??Iran-Contras??.

(8) George Bush maintiendra toujours n’avoir eu aucune connaissance des activit?s des Contras dans le trafic de drogue. Que ce soit vis-?-vis des m?dias ou du Congr?s. George Bush avait une participation dans une compagnie p?troli?re, la ‘Zapata Petroleum Corporation?, qu’il avait fond?e en 1950 avec deux associ?s. Des pr?somptions d’enqu?teurs feront apparaitre que des bateaux d’une filiale #la soci?t? de forage ‘Zapata Off-Shore’, rachet?e par Bush en 1958#, habituellement utilis?s pour ravitailler les plates-formes p?troli?res dans le golfe du Mexique, auraient ?t? aussi utilis?s pour rapporter de la drogue venant du continent sud-am?ricain, avant que celle-ci ne soit envoy?e en Floride par des h?licopt?res, appartenant eux-aussi ? la compagnie.

 

Sources
??Franchir le rubicon Tome 1??, par Michael C. Ruppelt, ?ditions Nouvelle Terre;

« The politic of h?roin », par Alfred Mc W. Coy, Editions Lauwrence Hill Books;

« Politic Cocaine », par Peter Dale Scott, Editions University of California Press;

« Whiteout?: The CIA, drugs and the press », par Alexander Cockburn et Jeffrey St. Clair, Editions Verso;

??Drug Money??, par Dougla Keh, document technique n? 4 intitul? ??Monde en mutation « , de 1998, pour le PNUCID (Programme des Nations-Unis pour le contr?le international de la drogue);

??United Nations Drug Control Program « , Rapports du Programme international de contr?le de la drogue de 1999 ? 2004; Pour voir le rapport de 2004, cliquez sur le lien link??unodc.org

et pour voir le dernier d’avril 2011, cliquez sur le lien link

?unodc.org

??United Nations Drug Control Program??, le rapporte ??l’Economie de la drogue en Afghanistan, un probl?me international  » datant de 2002, pour voir le rapport, cliquez sur le lien link??unodc.org?www.mondialisation.ca.

 

Source?Actualit? de l’histoire
via?sergeadam.net

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