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Collusion, pot de vin et corruption dans le communautaire?

RAYMOND VIGER

Une minorit? de fraudeurs mais qui fait mal ??la?majorit?

Et les comptes de d?penses du communautaire?

TVA pr?sente le salaire de certains directeurs d?organismes communautaires qui ramasse de l?argent pour combattre la pauvret?. Mais ce n?est que la pointe de l?iceberg du financement du communautaire.

Raymond Viger Dossiers Conflit d?int?r?t, Communautaire

Je vous pr?sente d?s le d?part un conflit d?int?r?t me concernant. Je suis le directeur b?n?vole d?un organisme communautaire. Non seulement le directeur g?n?ral, mais aussi le directeur artistique, directeur clinique et r?dacteur en chef. Tout ?a b?n?volement ?videmment. Je vais commenter les salaires de certains directeurs d?organisme communautaire et de leur personnel. Puisque je m?investis b?n?volement depuis 20 ans dans un organisme communautaire, certains seront tent?s de dire que je pourrais ?tre jaloux de ces salaires ou encore que je n?ai pas la t?te suffisamment froide pour pouvoir commenter ces chiffres.

En r?sum? je fais parti des organismes communautaires qui travaillent tr?s fort avec des budgets tr?s faibles. Quand chaque dollar qui entre dans notre organisme doit ?tre trait? minitieusement pour faire le plus de millage possible, cela me donne une vision tr?s diff?rente sur les argents qui sont vers?s pour soulager la pauvret? dans notre soci?t?.

Salaires et comptes de d?pense

TVA nous pr?sente certains salaires, par exemple Vision Montr?al: un directeur g?n?ral gagne 200 000$ et 9 autres membres du personnel gagnent entre 120 000$ et 200 000$. C?est pr?s de 2 millions en salaire pour 10 employ?s. Centraide, Moisson Montr?al et le Club des petits d?je?ners ont aussi ?t? ?corch?s par TVA.

On y a pr?sent? des salaires entre 120 000$ et 200 000$. Mais qu?en est-il des comptes de d?penses. J?ai vu des direction o? le compte de d?pense ?tait ?gale et m?me sup?rieur au salaire!

Vous me direz qu?un compte de d?pense c?est pour payer les d?penses encourues pour faire son travail. Pas toujours. Il y a eu des voyages au Mexique, pour la direction, le conjoint et les enfants! Les comptes de d?penses peuvent, pour certains, faire parti int?grante du salaire et? SANS PAYER D?IMP?TS, en plus!

Pot de vin et magouilles

Des pots de vin et des magouilles, il y en a. J?ai vu des directeurs d?organismes d?chirer leurs chemises en voyant la gestion de certains fonds. Mais avec des enveloppes et des petits cadeaux variant entre 5 000 $ et 12 000$, il se sont vites rassis.

La pr?carit? de certains emplois dans le communautaire ne permet pas ? tous les employ?s de d?noncer tout haut tout ce qui peut se passer. M?me les organismes communautaires se retrouvent souvent en conflit d?int?r?t. Pour obtenir une subvention, il faut souvent obtenir des lettres d?appui? souvent de ces m?mes organismes que vous voudriez d?noncer ou questionner leur gestion d?argent.

L?industrie de la pauvret?

L?a Pool a r?alis? un documentaire sur l?industrie du ruban rose reli?s au cancer du sein. Il y a s?rement d?autres documentaires ? r?aliser.

Le marketing social peut n?cessiter des gens d?exp?rience qui co?tent chers pour? nous conter fleurette et obtenir des objectifs de rentabilit? qui ne servent qu?? payer ces gros salaires!

Exemple: sur le site de l?Universit? McGill, on propose aux employ?s de se faire pr?lever des montants sur leur salaire pour envoyer l?argent ? Centraide.

Gr?ce ? votre don de 260 $ ? Centraide ou 10,83 $ X 24 payes un travailleur de rue peut passer 17 heures avec des jeunes dans un quartier d?favoris? pour pr?venir la violence et la toxicomanie et contrer l?attrait des gangs de rue.

D?sol?, mais c?est de la poudre aux yeux:

Un don de 260$ est hypoth?qu? par les frais administratifs pour payer les employ?s de Centraide. Cela laisse donc un don de 180$ pour un organisme communautaire. M?me si je suppose que cet organisme communautaire qui re?oit ce don n?a pas de frais de gestion, d?encadrement, de loyer, de frais comptables ou autres d?penses? pour g?rer ce don de 180$, il doit tout de m?me verser? les charges sociales pour l?embauche du travailleur de rue. Je ne parle pas des imp?ts que l?employ? doit payer mais de la part que l?employeur doit pr?lever sur l?argent vers? ? l?employ? et qui doit ?tre envoy? aux gouvernements. Le don de 180$ ne vaut plus que 155$. Pour 17 heures de travail de rue, cela donnerait un taux horaire de 9,11$, soit moins que le salaire minimum!

Dire qu?il y a de gros salari?s chez Centraide pour tenter de me faire gober l?id?e qu?un travailleur de rue gagne moins que le salaire minimum.

Dire qu?il y a des gens ? l?Universit? McGill qui ont d? se questionner pour accepter de vendre Centraide ? leurs employ?s.

Et on n?arrive ? de telles aberrations.

Morale de cette histoire: dans le communautaire, plus tu travailles fort et moins tu es pay?.

Morale de cette morale: puisqu?en politique les salaires sont sus et connus de tous, pourquoi ne pas avoir la m?me transparence dans les organismes communautaires? ? partir du moment que tu es communautaire, tu appartiens ? la communaut?.

PS: j?aimerais bien avoir plus de temps pour ?crire.

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2 Commentaire

  1. avatar

    J’ai voulu placer ce commentaire sur les 7, mais cela ne fonctionne pas. Alors voici:

    Les deux morales plus haut me semble être une façon de dévier la réflexion sur l’immoralité du sujet.

    Un seul fait émerge: Devant l’argent, la moralité disparaît! Et ce, dans toutes les sphère de notre société.

    L’idée même de « combattre la pauvreté » est de la poudre aux yeux, car la « pauvreté » est toujours RELATIVE.

    Il ne s’agit pas de « COMBATTRE LA PAUVRETÉ », mais « D’ASSURER LA SURVIE DES INDIVIDUS ». Et la seule façon est d’assurer un « REVENU CITOYEN ».

    Évidemment, cela éliminerait énormément d’emplois dans la FONCTION PUBLIQUE en éliminant des postes chez différents organismes d’aide public; ce qui, pour le politicien est totalement IMMORAL.

    Le budget provincial est d’environ 73 milliards de dollars; un salaire du citoyen coûterait autour de 4 milliards de dollars (La ministre Marois de l’époque avait fait faire une étude). Ce salaire du citoyen assurerait la survie de chacun et ferait disparaître les stress économiques insupportables chez certaines familles. Mais non; la moralité exige d’accepter les résultats qui permettent, entre autres, de porter des jugements de « criminalité irresponsable ».

    Bof! Je n’ai même plus le goût d’en débattre.

    André Lefebvre

    • avatar

      Bonjour M. Lefebvre.

      J’aime bien votre proposition d’assurer une qualité de vie plutôt que de parler d’un combat contre la pauvreté.

      Effectivement, il y a malheureusement trop d’actions et trop de dépenses qui ne font qu’entretenir une dépendance de certains citoyens envers notre système.