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Coke en stock (CI) : retour sur un crash déguisé

Après les morceaux repêchés en mer et qui finissent par parler, à condition de chercher, voici des ruines fumantes qui elles aussi se réveillent deux ans après. La découverte du jour, c’est en effet la résolution d’un autre mystère, celui d’un vol qui s’était terminé lui aussi en Apure, au Venezuela, avec l’incendie de l’appareil, encore une fois présenté comme « abattu » par le régime vénézuélien pour devenir en quelques semaines un avion « forcé à atterrir »… avec des occupants volatilisés, ce qui était pour le moins surprenant. Un mensonge de plus de l’équipe Maduro, empêtrée, comme le Mexique pour cet appareil fort particulier, dans des explications de plus en plus oiseuses sur ce qui lui était exactement arrivé. Car, comme on va le voir, ce n’est pas du tout ce qui nous a été présenté de part et d’autre (Venezuela mais aussi Mexique) qui s’est passé. Le silence des autorités américaines s’expliquant lui aussi avec ce que vous allez entendre maintenant… une histoire à tiroirs vieille de trente ans a resurgi, et elle est annonciatrice de jours prochains terribles et dévastateurs, en effet.

Dans nos précédentes enquêtes, un modèle d’avion particulier est revenu avec insistance. La gamme des avions Hawker semble avoir la préférence, en ce moment, des narcotrafiquants, constate-t-on : l’appareil est bien connu des pilotes, depuis vh-ecf-1son tout premier vol remontant il y a plus de 50 ans… au ignorant alors qu’il voleraient sur un vieux coucou de 35 ans d’âge !!! Un de ce type d’appareil, un modèle 400, nous avait intrigué, déjà, mais il convient de revenir sur son cas à la lueur de nouvelles explications sur son sort. A gauche, le N°25266, immatriculé N125CK chez Aero Jet Services (son intérieur plutôt « cosy » est visible ici).

Un Hawker présenté comme abattu et en fait incendié au sol

h-125 gulfRappelez-vous, on l’avait trouvé « abattu » en plein Apure le 4 novembre 2013, ses vestiges encore fumants étant présentés comme trophée par les autorités vénézuéliennes. En fait d’avion « abattu », on avait bien eu affaire à une mise en scène. L’appareil, immatriculé au Mexique (XB-MGM, c’était l’ex N773AA chez Gulf Air Group ou Zebra Investments LCavait été incendié au sol par l’armée vénézuélienne, après s’être tranquillement posé sur l’herbe. Les autorités avaient clamé avoir découvert à bord de la cocaïne, dont aucun paquet n’avait été ce jour-là montré (alors que d’habitude on a droit à l’étalage sur plusieurs dizaines de mètres). Beaucoup avaient mis en cause cette explication, les premiers étant les mexicains eux-mêmes. L’appareil datait de 1969, et avait été mis en vente fort récemment 350 000 dollars chez un broker américain (Projets Inc, qui vend aujourd’hui le hs-125-400 bis de 1970, ancien avion de chez Ford, basé lui aussi à Monterrey), il affichait au compteur 10 681 heures pour 8 107 atterrissages, et avait changé 14 fois de propriétaire depuis sa mise en service. Son dernier propriétaire, était jusqu’ici Kristihiam Martinez, responsable d’un groupe immobilier, le Grupo Hamcer, situé à Rio Missouri à Garza Garcia.

De faux papiers, et un faux propriétaire

Les papiers de revente avec le certificat de navigabilité 20133303, sur l’appareil N°NA713, fournis par les mexicains nommant Jorge Salazar Ochoa, de Colima, comme propriétaire. Or ce dernier s’avérera être un paisible professeur d’école n’ayant rien à voir avec le domaine de l’aviation !! Le certificat de navigabilité portant le nom de cet inconnu (c’était donc un vrai certificat, mais sous un faux nom) avait été établi par le vérificateur Francisco Javier Acosta et le commandant de l’aéroport de Monterey, représentant l’aviation civile, le capitaine Jose Mario Chavez Gaona. Très vite, de fort soupçons portaient sur eux, accusés d’avoir fait très vite, surtout pour obtenir le sésame volant, établi les 30 et 31 octobre qui avait précédé. Si l’avion avait été subtilisé, des complices sur place leur avaient grandement facilité la tâche !!! Comme on va le voir, c’est une pratique qui perdure depuis longtemps, dans le pays… pour parfaire la situation, on apprenait que le dénommé Ochoa, un prête-nom, à l’évidence, avait fait faire récemment des frais d’entretien et de mise à niveau sur l’appareil qui avaient atteint les 400 000 dollars, soit plus que le prix d’achat ! L’avion ne semblait pas destiné à transporter de la drogue, avec ces modifications. Habituellement, les intérieurs des avions de ce type sont entièrement strippés et vidés de leurs sièges pour emporter plus de drogue ou du carburant supplémentaire.

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Le cas emblématique de Starwood Management

hsA Toluca de Lerdo aussi, on trouve ainsi de drôles de jets, qui e servent pas nécessairement au transport de drogues, mais à celles de « personnalités ». Tel le LXB-RYP (ici en 2010), un Hawker 600A vu ici sur l’aéroport de Princess Juliana International à Philipsburg, à Saint-Martin, dans les Antilles néerlandaises, comme ici à Barcelone le 18 juillet 2011 et là en février 2001 à Los Angeles. En 2011, il a en effet été très affairé. Car  cet avion, enregistré chez Starwood Management, installé à Las Vegas, est la propriété de l’industriel Christian Eduardo Esquino-Nunez, suspecté par la DEA d’appartenir à un gang ultra violent de Tijuana, et il aurait été loué par ce même Esquino à trois canadiens dont Cynthia Vanier, liée au groupe Lavalin SNC… qui avaient tenté d’extraire de Libye un des fils de Kadhafi, Saadi en l’occurence, lors de la débâcle du pouvoir libyen. Ayant révélé le deal de Lavalin, société en charge de la mise à niveau de l’aéroport de Benghazi, un projet à 500 millions de dollars signé en 2008, Vanier avait été débarquée vite fait bien fait par sa société. SNC Lavalin avait un autre projet dont elle était moins fière, avec Kadhafi : la construction d’une gigantesque prison à Guryan, estimée à 275 millions de dollars. Avec la découverte de cet étrange accord, on découvrait que Lavalin avait même proposé en 2008 la vice-présidence Maghreb du groupe au fils Kadhafi, lui assurant un salaire de salaire de 150 000 dollars pendant 3 ans !!! Selon le vice-président de Lavalin, c’était un juste retour des choses, un bakchich classique chez les Kadhafi : « Ben Aïssa affirme que Kadhafi avait rendu de « précieux services » à SNC-Lavalin en 2001 et 2002 pour lui permettre de décrocher un contrat de 475 millions de dollars pour l’opération et l’entretien de l’usine de fabrication de tuyaux de Sarir, en Libye« . Benghazi-AirportL’affaire de l’aéroport de Benghazi avait été un vrai fiasco industriel : « SNC-Lavalin Montréal est une grosse entreprise réputée à travers le monde. Malheureusement, ceux qui étaient chargés de construire l’aéroport de Benghazi provenaient de SNC-Lavalin Tunis, qui n’a pas la même réputation.» Dirigée par Anis Mahmoud, l’équipe tunisienne responsable du chantier faisait preuve d’un manque flagrant d’expérience et de compétence «à tous les niveaux de l’organisation», selon M. Beitelmal. «Je ne sais pas comment le siège social au Canada a pu permettre que cela se produise, étant donné sa réputation dans le monde de la construction, mais ce qui se passait à Benghazi était une sous-estimation ridicule des compétences des Libyens et de leurs capacités à distinguer les bonnes performances des mauvaises», tranche M. Beitelmal. Russell Brown, un consultant en génie mécanique qui a supervisé une partie des travaux avant d’être remercié par SNC-Lavalin, affirme que les «Tunisiens» confiaient des contrats de sous-traitance à leurs proches, alors que ces derniers n’avaient pas les qualifications requises ».

Arroser la famille Kadhafi, dans l’espoir d’un retour juteux

HOKULANI yachtBrosser le fils de Kadhafi dans le sens du poil dans l’espoir d’obtenir des contrats avait mené SNC-Lavalin bien loin, à lire ici ce qui lui avait été promis : « par exemple, SNC-Lavalin avait transféré 11,4 millions d’euros et 1,65 de  German Marks,  sur un compte bancaire à Malte. Les fonds ont ensuite été transférés sur des comptes à Genève, Milan et Malte détenues par une société appelée Dorion Business Co., Ltd, qui était contrôlée par M. Kadhafi. Le transfert était étiqueté, « Commissions de consultants rémunérés par la Société canadienne de S & C Lavalin. » Les gains « ont servi à acheter des yachts pour le bénéfice de Saadi Kadhafi », dit la note interne. Un des bateaux, l’Hokulani, est un superyacht de 45 mètres avec deux suites VIP, un jacuzzi, une salle de divertissement avec une télévision à écran plat et l’hébergement pour 10. Il a récemment été mis en vente au USA pour 28,5 millions de dollars. SNC-Lavalin a aussi dépensé 200 000 dollars pour décorer la suite penthouse de M. Kadhafi à Toronto, et M. Roy a payé les frais d’entretien sur la propriété, selon le GRC. La société s’est chargée de la sécurité, de l’hospitalité et d’un jet privé lorsque M. Kadhafi a visité le Canada ». Chez les Kadhafi, on le sait, tout se payait… ou plutôt, tout se faisait offrir !

Des commissions occultes à gogo

football saadiL’opération de sauvetage du fils Kadhafi (ici devant un Rafale !!!) avait tourné au final elle aussi au fiasco. Le Financial Post n’avait pas hésité à l’occasion faire le procès de Riadh Ben Aissa, citoyen canadien mais aussi tunisien (d’où les ouvriers de l’aéroport). Le pot aux roses financier avait ainsi été décrit : « ces commissions occultes, étaient payés à Saadi par M. Ben Aissa en contrepartie de certains contrats libyens attribués à SNC. Selon les autorités suisses, des dizaines de millions de dollars de plus déplacé à travers propres comptes suisses de M. Ben Aïssa, à partir de septembre 2001 à mars 2011. L’argent provenait de SNC ». Saadi, réfugié au Niger a été transféré en 2014 en Libye, où il attend depuis d’être jugé. Ancien footballeur d’opérette, poussé en avant en Italie par Silvio Berlusconi, quel hasard, un temps petit ami du mannequin Vanessa Hessler (mademoiselle Alice, sur les pubs), mêlé à des fiestas douteuses, il est depuis longtemps cocaïmane, ce que tout le monde savait. Selon Wikileaks, en réalité il était surtout bisexuel, ce qui donnait du sel à son ex-statut de footballeur ! Tout cela pour mener grand train de vie. Lors de ces fameuses soirées, Mouatassim Kadhafi, un autre fils de Kadhafi (tué en Libye après avoir  été fait prisonnier vivant) avait engagé des prostituées auprès du vénézuélien Félix Farias, travaillant pour Elie Nahas, d’origine libanaise, sous le couvert d’une agence de mannequins. Un scandale qui touchait le monde du festival !!! Certaines avaient lieu au Carlton de Cannes et d’autres sur le yacht libyen baptisé « Che Guevara II«  (vu ici  à Malte) !!!

Un phénomène historique, chez Esquino

avion accidentéSi l’épisode Kadhafi était récent, les liens de la famille d’Eduardo Nunez Esquino avec les grands trafiquants de drogue ne dataient pas d’hier. Et ils ont aussi passablement mis à mal la vie politique du Mexique, en mêlant les politiciens à leur jeu, comme l’explique si bien Daniel Hopsicker « pour la présidence mexicaine en 1994 (et avant son assassinat) le candidat du PRI Donaldo Colosio avait utilisé un avion (un Sabreliner SC 80) dont le propriétaire était Amada Carrillo Fuentes. Cependant, il a été signalé (il a été signalé) par un journaliste de la ville de Mexico nommé Juan Ruiz Healyqu’il avait des liens avec les frères Esquino-Nunez de Monterrey. Colosio avait ses avions fournis par les baron de la drogue via une «société» appelée Air Siesta, Inc. roiue avantSituée à l’aéroport de Meacham à Fort Worth, au Texas (puis après à MCallen, Texas), détenue par le frère d’Ed Nunez, Salvador Esquino-Nunez (décédé également) ».  L’avion incriminé était le XA-RLP. Il appartenait de fait à  Sonia Barragán Pérez, la  propre femme d’Amado  Carrillo Fuentes !!! assassinat colosio

Ici, le Sabreliner 75A N11887, ex LV-WYD, ex N75S chez Air Siesta Inc, qui n’est autre que le fameux XA-RLP, d’Aero Horizontes S.A, avant qu’il ne devienne Air Siesta (certains évoquent un XA-RLR, plutôt). L’avion finira sur le ventre le 30 avril 2008, sur l’aéroport de Venustiano Carranza, en provenance… de Toluca, train avant rentré… Colosio n’avait pas pu accéder à la présidence, il avait été assassiné à Lomas Taurinas le 23 mars 1994, d’une balle à bout portant de .38 Taurus en pleine tête et une autre dans le ventre, en pleine sortie de meeting électoral. L’assassinat avait été filmé de bout en bout. L’assassin, présenté comme un loup solitaire, donnera 18 versions différentes de son méfait. En fait, on se dirige depuis plusieurs années d’enquête sur un assassinat commandité par le parti PRI lui-même, à savoir le président Carlos Salinas de Gortari, et son chef de cabinet, Jose Maria Cordoba Montoya qui en auraient été les instigateurs. Après le décès, en effet, d’autres meurtres laissent présager d’un complot mené en haut lieu : Joseph Federico Benitez Lopez, directeur de la sécurité publique à Tijuana, qui menait une nquête parallèle sur l’assassinat est ainsi tué par une bombe le  28 avril 1994, et le 17 avril 1996, Arturo Ochoa Palacio, délégué du PGR (le Procureur général de la République, équivalent du Garde des Sceaux en France) est lui aussi  tué à Baja California, or c’est celui qui avait demandé à examiner de plus près les copies des différentes bandes enregistrées de l’assassinat. Pour certains, le second coup de feu au ventre était celui d’un second tireur… (la balle aurait été différente). Et il aurait été tiré après, alors qu’on emmenait le corps dans une camionnette, selon un autre théorie encore. Le président Carlos Salinas De Gortari, on le retrouvera dans une autre histoire de coke, avec un autre avion : je vous en reparlerai ici même bientôt (vous pouvez lire ici en attendant ce qu’en a dit Michel Koutouzis). C’est avec De Gortari que le pays a vraiment sombré, pour devenir le champ de tirs actuel des cartels de la drogue.

La mort de la chanteuse aux 15 millions de disques vendus

Esquino avait une autre lourde casserole derrière lui. Il trainait même plutôt une batterie complète, à lire ce qui va suivre. Le 9 décembre 2012, son Learjet  N345MC s’était écrasé, avec à son bord l’opulente chanteuse Jenni Rivera et six autres personnes à bord. Une chanteuse pesant ses 15 millions d’albums vendus. L’avion avait plongé verticalement de 28000 pieds, s’écrasant presque à la vitesse du son ! Les restes du corps de la chanteuse (décapitée lors du choc) avaient été montrés au public, notamment un pied arraché et déchiqueté où ldébris learjet‘on apercevait encore son vernis à ongles (?). Une image atroce. Là encore, l’avion n’était pas tout neuf, loin de là, et il avait été acheté 250 000 dollars seulement, le pilote, Miguel Perez Soto, étant lui âgé de  78 ans… Etrange vol et étrange affréteur ! Car Esquino avait derrière lui un sacré palmarès, comme avionneur :  il avait purgé auparavant deux années aux Etats-Unis (dans le pénitencier de Lompoc) pour des accusations reliées au domaine de l’aviation, justement, mais aussi bien avant encore pour celle d’avoir importé de la cocaïne en 1990 aux states (480 kilos, transférés par plusieurs appareils, ceux connus comme appartenant à Amado Carrillo Fuentes, connus comme “The Lord of the Skies”) ! Condamné en 1990 à cinq ans de prison, il n’en avait pas fait la moitié  : pour quelles raisons, le motif demeure fort obscur !!! A l’époque, c’était surtout du trafic de mlicence pilotearijuana, dirigée par Robert Castoro, qui n’avait pas hésité lui aussi à coopérer après son arrestation de 1988., comme d’ailleurs Damian Tedone, lui aussi repenti et absous…. Esquimaux était-il devenu informateur, beaucoup y songent pour expliquer son impunité…

Les magouilles d’Esquino

Après le crash de l’avion de la célèbre chanteuse, pour s’en défendre, Esquino était allé jusqu’à dire pour se disculper que l’appareil ne lui appartenait déjà plus, car l’avion venait juste d’être acheté par la chanteuse, et que le vol fatal avait été offert comme « test » !!! Plus tard il évoquera une crise cardiaque du pilote (à son âge avancé, ça pouvait facilement passer). C’était aussi un drôle d’avion: en 2005, il avait raté son atterrissage à l’Amarillo International Airport au Texas, et avait dû subir des réparations conséquentes. Il avait été loué alors par  Air America Jet Charter... à bord, les réservoirs d’essence de bout d’aile n’avaient pas le même poids, ce qui avait provoqué en partie l’atterrissage désastreux, l’avion étant devenu instable. Dans les débris du crash de 2012, on avait ramassé l’autorisation de vol, qui montrait que seule le pilote plus âgé avait de l’expérience, le second étant complètement novice. Ce qui n’avait pas empêché Esquino de se retrouver à la tête de deux  jets américains caractérisés ici dans ce jugement du 10 juin 2014 comme étant « illégaux » :  « Esquino Christian Eduardo Nunez (ci-après « Eduardo Nunez » ou « Nunez »), est à la fois un citoyen du Mexique et un criminel condamné aux États-Unis, à qui en tant que tel est interdit, en vertu de la loi fédérale, de posséder ou d’enregistrer des aéronefs pour les faire voler aux États-Unis. gulfstreamResponsable d’achats multiples par l’entremise d’entremetteurs de paille choisis pour dissimuler volontairement et déformer son implication, Nunez a été en mesure d’orchestrer la propriété et l’utilisation illégale de deux avions; le Grumman G-1159 de 1975, n° de série 157 et immatriculé N468HW et un avion de 1969, un Grumman G-1159 , n° de série 50 immatriculé N650KA aux États-Unis ». Le premier étant hautement reconnaissable de loin… avec sa couleur verte et ses dés dessinés, de son propriétaire de 2007 (Night Flight LLC), vu ici à … Toluca. Cet appareil passé lui aussi par Gulf Air Sales, détenu par Esquino en 2012 seulement, soit après ses déboires de l’affaire Kadhafi, appartient aujourd’hui à Ford Electric Co : en 2013, déjà, il ne semblait plus en très bon état…

Une bien étrange impunité, après une lourde condamnation

N25GJ G2La carrière d’Esquino est donc fort étonnante. Car le parcours de ses multiples affaires de justice étonne, pour le moins, ainsi que leurs jugements successifs sans conséquences réelles sur sa carrière d’avionneur : « les documents de la Cour indiquent également qu’Esquino a été condamné à deux ans dans une prison fédérale après avoir plaidé coupable en 2004 pour avoir commis des fraudes impliquant des aéronefs avez acheté au Mexique, puis d’avoir falsifié les livres de bord des aéronefs et les avoir revendu aux États-Unis. Toujours en 2004, un juge fédéral l’a condamé, lui et une de ses sociétés créancières à payer une 6,2 millions de dollars après avoir été accusé d’avoir omis de payer ses dettes à une banque. Comme les années passaient, les ennuis d’Esquino ont augmenté. Cette année, en février (2012), un avion Gulfstream G-1159A du gouvernement d’une valeur de 500 000 dollars a été saisi par le US Marshals Service pour le compte de la DEA après son atterrissage à Tucson sur un vol originaire du Mexique. Quatre mois plus tard, la DEA a dévoilé tous les dossiers de Starwood datant au 13 décembre 2007, y compris et les documents d’État de l’impôt sur le revenu, de l’information de banque de dépôt, les dossiers sur tous les actifs et la société de vente, et la relation d’Esquino avec plus d’une douzaine d’entreprises et les particuliers, y compris celle de l’ancien maire de Tijuana, Jorge Hank Rhon, un empereur du jeu, membre d’une des familles les plus puissantes du Mexique.XB-RRC Les fédéraux soupçonnaient Hank Rhon d’être lié au crime organisé, mais pas une seule des allégations n’a pu être prouvée (1). Il a toujours nié toute implication criminelle. » L’avion saisi était assuré par la chambre de Commerce et d’Industrie de Tucson, qui ne pouvait ignorer le passé trouble de son propriétaire, relève le site Courthouse News Service… Bref, beaucoup savaient, qu’Esquino trafiquait depuis très longtemps… alors comment était-il arrivé à la tête d’une société dotée d’une demi-douzaine de Gulfstream, de 4 Hawker Siddeley 600,d’un bimoteur de taille moyenne, de plusieurs avions Dassault Falcons, et de quelques Cessna bimoteurs et de Beechcraft King Airs ???? N’était-il pas devenu à son tour le « roi du ciel », le successeur de Carillo Fuentes ??? Travaillait-il comme informateur pour la DEA ? Ici  le N25GJ de Starwood effectuant un vol de Fort Lauderdale à Monterrey, Nuevo Leon,; le 6 février 2010. L’avion deviendra ensuite … XB-RRC (il est photographié ici à Chino le 19 mars 2014).

Des soutiens cachés évidents

crash hélicoDes gens qui bénéficient de soutiens en haut lieu… au Mexique. L’un des hommes qui aurait pu découvrir le fonctionnement de Nunez Esquino selon certains observateurs était José Francisco Blake Mora, le secrétaire à l’intérieur du président Felipe Calderon (l’équivalent au ministre de l’intérieur chez nous), mais  il est mort avec 7 autres personnes dans un accident d’hélicoptère SuperPuma survenu le 11 novembre 2011. Le même jour, Gabriela (Gabby) Cueto, l’homme d’affaires danois Pierre Flensborg, et un ancien officier de police mexicain Jose Luis Kennedy Prieto ont été arrêtés à Mexico dans l’affaire du retour présumé de Saadi Kadhafi au Mexique. Cynthia Vanier avait été arrêté la veille, également à Mexico. L’hélicoptère, piloté par un homme affichant 6501 heures de vol et d’un co-pilote, avait impacté le sol à vitesse normale, dans un secteur où le brouillard régnait. Aucun problème mécanique n’avait été signalé. Les ministres de l’intérieur mexicains portent la poisse, on serait tenté de le croire : en 2008, c’est le Learjet XC-VMC, modèle de 1998, de Juan Camilo Mouriño Terrazo qui s »était écrasé en pleine capitale. Pour les narcos; le décès de Mourino, tombait à pic... comme on peut le lire ici dans le reportage. Celui-ci, qui luttait contre les cartels de la drogue était en train de remonter toute la filière remontant… vers les plus hautes instances du pays. Ce jour-là, dans l’avion il avait aussi l’ex-directeur de l’agence anti-criminalité du Mexique.

Un avion… évaporé !

N600EEn 2010, Starwood Management avait acheté un HS-125-600A (N°256068) immatriculé N600AE à Air Eagle LLC. L’appareil, datant de 1976,  mais en bon état, allait se rendre célèbre quatre ans plus tard, sous un autre propriétaire, il est vrai, Aircraft Holding Solutions llc Trustee, déclaré à Dover… dans le Delaware, le pays des inscriptions fantômes (on serait surpris de trouver qui se cache derrière, je parie). Resté cinq mois sans voler dans un hangar près de la piste sud,  il décollait à 22H42 heure locale le 11 septembre 2014, du Santo Domingo’s Las Americas International Airport en République Dominicaine pour un vol de routine vers Punta Cana. Le problème, c’est que 10 minutes plus tard il ne donnait plus signe de vie : l’avion venait d’être tout simplement volé. Des radars le verront d’abord voler vers le Venezuela puis vers le Honduras. Puis plus rien. L’avion n’a depuis plus donné aucun signe de vie!

Les kamikazes mexicains

gulfstream_piste_herbe-a1c4fEnlevé par un pilote mexicain ? Ou par un de ceux qui l’avaient déjà piloté auparavant ? Toutes les hypothèses sont permises. Car les pilotes capables de se poser en pleine brousse avec un Gulfstream, comme on a pu le voir ici (l’avion était parti de Toluca!) sont de vrais casse-cous. Et ils le prouvent aussi autrement parfois. Ainsi en 2008 avec cet incroyable histoire. Cela se passe à Monterrey, à l’Aeropuerta de Norte, justement, le 28 mars 2008, où un Hawker 800A (N°258068), portant l’immatriculation N167DD, se pose tranquillement et rejoint son hangar. Les deux pilotes, dont un local et un mexicain, sans licence FAA, s’éclipsent aussitôt de ce qui était un vol d’essai.avion plié Les mécaniciens découvrent alors atterrés un avion complètement déformé, portant de larges stigmates de tôle froissée sur les côtés du fuselage, ainsi qu’à l’aile. L’avion appartient à Aircraft Guaranty Holdings and Trust LLC Trustee de Houston, au Texas. Mais il est affrété par Confort Vuela S.A. basée à Mexico.Le vol était court il devait se faire de Toluca, à Monterrey. Les techniciens venus inspecter les dégâts comprennent vite ce qui s’est passé : les deux kamikazes qui sont montés à bord ont tenté de faire des tonneaux avec les réservoirs d’ailes pleins ! Ils en auraient fait 3 ou 4, selon le copilote, interrogé qui avoue avoir tenté de le faire sous la pression du commandant de bord mexicain. Les dégâts s’avéraient considérables, et on se demande comment l’avion avait fait pour ne pas se désintégrer en vol. Une des membrures retenant un réacteur avait été faussée, dans la manœuvre ! L’avion a été plié, littéralement !!! L’avion a pourtant continué sa carrière, après, il est devenu depuis 2011 le N606 et vole depuis pour World Jet of Delaware Inc. Une société installée à Fort Lauderdale, qui n’est pas une inconnue : c’est celle des frères Whittington (Bill et Don), ces anciens vainqueurs du Mans devenus pilotes d’avions transporteurs de cocaïne (leur plus jeune frère, Dale, en est mort en 2003) !!!  piper police« Le 25 Juin 2009, la DEA de  Miami et Bogota, en Colombie, a saisi un Piper PA31 portant le numéro de queue N5000H à Popayan, en Colombie. Le N5000H était détenue par World Jet du Delaware, Inc., une société détenue et exploitée par Don Whittington. Les policiers de la DEA et de la Colombie à Bogota ont saisi un total de 786 kilogrammes de cocaïne en provenance de l’avion (….) la DEA a saisi 645 000 dollars chez Worls Jet du Delaware, Inc. parce que ces fonds ont été soupçonnés d’être le résultat de la vente de drogue. » L’avion, saisi, a ensuite été incorporé dans la flotte de la police colombienne sous l’appellation PNC-0232. Etonnant, comment on retombe constamment sur les mêmes individus !!!

Ce n’était pas de la drogue, qu’il transportait !

xbgmRetour sur notre fameux XB-MGM (photo de Michael Bludworth à gauche), brûlé sur place en Apure, au Venezuela, le 6 novembre 2013. L’avion n’appartenait pas à Esquino (quoique, comme tous ses papiers étaient faux…), et ne transportait pas de drogue, mais simplement des passagers. Le gouvernement vénézuélien en avait donné les noms : or ils étaient tous faux, selon les mexicains. Des passagers, descendus à une escale de ravitaillement. En somme l’avion avait décollé de Queretaro, avec cinq passagers, les avait déposé aux Antilles néerlandaises, sur l’île de Bonaire,  une île de 288 kilomètres carrés, à moins de 15 000 habitants, il en avait profité pour remplir ses réservoirs, et était reparti ensuite direction la Ceiba au Honduras, avec seulement le pilote et le co-pilote à bord; avant de virer brusquement pour  se poser en Apure… pour y charger de la drogue, ou d’autres personnes, ce qu’il n’avait pu faire, où il n’avait pas réussi à redécoller direction le Honduras. En mettant l’accent sur sa fin, et son incendie, on avait en fait raté le coche.

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Le dernier parcours du Hawker

Ce qui était plus important, dans son vol, c’était ceux qu’il avait transportés, et non de la drogue. Selon les vénézuéliens, qui étaient vite revenus sur leur thèse de l’avion abattu, ses « occupants avaient fui à l’arrivée des soldats, avant que l’avion ne soit empêché de voler ». Or dedans, il y avait encore les deux pilotes… et un seul passager. L’armée vénézuélienne avait été obligée de reconnaître qu’elle avait menti : l’avion n’avait pas été abattu… ce n’était pas sodel norten premier mensonge du genre comme on a pu le voir. Une enquête plus approfondie révèle que le vieux jet avait été enregistré dans la capitale du Nuevo Leon, selon le certificat de navigabilité délivré par les autorités de l’aviation mexicaine. Auparavant il était devenu la propriété de la famille d’Agustin Servellón, propriétaire des boutiques de prêteurs sur gages à Nuevo Leon. L’avion est resté pendant le temps que dura la vente dans l’un des hangars de l’aérogare privée d’El Norte, situé sur la route de Laredo, dans la municipalité d’ Apodaca, au nord de Monterrey (ici avec son Beechcraft 80 des années 60 en pylône). Il a ensuite été mandaté pour être vendu par la société ProJet, un courtier qui est engagé dans l’achat et la vente d’avions au Mexique et aux États-Unis. Au Mexique, la société est dirigée par les frères Miguel et Ricardo Marcos.

On retrace ainsi son dernier parcours, selon le magazine Reporte Indigo qui a décortiqué l’affaire :

Jeudi 31 Octobre

  • à 18:07 heures le jet privé enregistré comme étant le Hawker 125 XB-MGM est à Aeropuerto del Norte, à Apodaca,  dans le Nuevo Leon, et il décolle alors vers l’aéroport international de Monterrey.
  • il revient à  l’aéroport de Queretaro, vers environ 21 heures.

Lundi 4 Novembre

  • 11:50 il décolle  nouveau de Queretaro avec un plan de vol qui a déclaré comme destination finale les Antilles néerlandaises. Cet avion n’emporte pas de carburant pour un long voyage. A bord il y a 7 personnes, deux pilotes et 5 passagers, dont deux femmes. Pour aller plus loin, il doit donc ravitailler. A Bonaire, 4 passagers descendent  et l’avion fait de l’essence.
  • 21:00 environ 9 heures après avoir décollé de Queretaro, l’avion atterrit au Venezuela, à 13 km au nord de Buena Vista Meta, dans l’Etat de Apure, à la frontière avec la Colombie où sévit la guérilla colombienne des FARC. Il a obligatoirement ravitaillé auparavant dans les Antilles,à Bonaire. A bord il y a encore deux pilotes et un passager. Au décollage, il avait pris la direction de la Ceiba, au Honduras avant de tourner brusquement vers le Venezuela. Selon les autorités vénézuéliennes, les trois personnes ont « fui » l’appareil juste après l’atterrissage.

Et son étonnant passager…

Qui donc étaient les occupants de cet appareil ? La date de son décollage nous donne un indice. Revenons pour cela quelques mois en arrière au Mexique, plombé depuis l’ère De Gortari, qui avait fait de son pays un narco-état, dont il touchait en priorité les dividendes. A la surprise de tous, un tribunal mexicain régional, celui de l’Etat de Jalisco avait ordonné le 9 août 2013, la libération dequintero, le parrain mexicain de la drogue dans les années 1988, libéré pour vice de forme, une fort étonnante décision, bien après son incarcération. Information sidérante, en effet, l’individu étant incarcéré depuis 28 ans déjà ! Narcotrafiquant, il avait été jeté en prison pour une sombre histoire : celle de l’assassinat en 1985 de « Kiki » Camarena, un policier de l’Agence antidrogue américaine (DEA), que Quintero aurait enlevé, torturé et tué. Depuis, la version des faits a toujours été décrite comme limpide, malgré le fait que Quintero a toujours clamé été victime d’une machination et qu’il n’avait pas tué Camarena. On avait presque oublié tout ça lorsque le journal la Razon met le feu aux poudres le dimanche 10 novembre qui suit. Selon lui, parmi les passagers descendus le 4 novembre, sur l’île de Bonaire, figurait justement Caro Quintero, considéré comme « disparu » depuis sa libération par les autorités mexicaines. Une coïncidence troublante. Selon le magazine c’est lui qui aurait figuré sous le nom d’emprunt d’Isaac Perez Dubon. L’homme revenant aux affaires, 28 ans après, comme le précisait le magazine : « Narcos intérêts. Et si il ya des liens entre les FARC et le Venezuela, ils existent également entre les guérillas colombiennes et les cartels de la drogue. Au mois d’avril dernier, le directeur général de la Police nationale de Colombie, José Roberto Leon Riano a dit que les Forces armées révolutionnaires de Colombie avaint des «contacts» avec des trafiquants de drogue mexicains, en particulier le cartel d61sE1Hp7SZL._AC_UL320_SR208,320_e Sinaloa ». « En 1985, lorsque Rafael Caro Quintero a été arrêté, il était le meneur du cartel de Guadalajara aujourd’hui disparu. Après sa chute, Joaquin «El Chapo» Guzman est devenu indépendant pour former le cartel de Sinaloa, tandis que les frères Arellano Felix ont formé le cartel de Tijuana. » L’histoire, reprise à la télévision, a depuis été reprise dans un ouvrage; « La Cia, Camarena y Caro Quintero » de Tony Esquivel. Voilà qui nous amène à devoir évoquer le cas de Camarena, dont le sort n’a peut être pas été exactement ce qui en a été dit durant toutes ces années, et celui de la CIA, partie prenante et active du dossier. C’est en effet cela, la seconde énorme surprise de ce dossier…

Un terrible constat

A ce jour, une constatation terrible s’impose, en tout cas : les deux plus grands narcotrafiquants de ces 30 dernières années sont à nouveau dans la nature, El Chapo Guzman venant de se faire la belle (pour une nouvelle fois) de sa prison mexicaine cet été, dans des conditions rocambolesques et une organisation sans faille qui a nécessité des mois de préparation et des moyens étonnants, comme cette moto utilisée comme draisine de tunnel. Et Quintero a été relâché dans des circonstances incroyables !

Terrible, car le cas de Rafael Caro Quintero dissimule une chose pire encore que son parcours de simple narcotrafiquant avéré. L’homme a été l’enjeu, voici 30 ans, d’une gigantesque manipulation politique orchestrée de main de maître par l’administration Reagan. Mais cela, nous le verrons demain, ou presque, si vous le voulez bien…

GhostofMomo

 

(1) et pourtant : le 12 mai 2015, Jorge Hank Rhon était là pour accueillir à sa sortie de prison, après 25 ans passés derrière les barreaux, Antonio Vera Palestina, son homme de main de l’époque qui avait assassiné avec son collègue Victoriano Medina le journaliste fondateur du magazine Zeta, Hector « El Gato » Félix Miranda.

 

Sur Saadi Kadhafi on peut relire ceci:

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/alice-au-pays-des-cauchemars-ou-114324

extrait : « Le projet de rapatriement au Canada était mené par la dénommée Cynthia Vanier, qui, très organisée, avait mis en marche toute une chaîne bien huilée faisant appel à des entreprises liées à du mercnariat. Pour cela il fallait d’abord un avion et une équipe de protection. Recrutés chez les mercenaires, la clé du système mafieux des Kadhafi. Elle avait ainsi appelé Loren Berenda, un ancien employé de Dyncorp de l’Illinois de « Mission Support Resources » (MSR), pour que celui-ci contacte Gregory Gillispie, un ancien Marines vendeur d’avion d’occasion de San Francisco, également à la tête de « Veritas Worldwide Security », en indiquant qu’il lui fallait un avion capable de voler jusqu’en Tunisie, d’ou Saadi décollerait avec sa famille. L’envol devant rester discret, ce même Gillespie, qui ne désirait pas que ses numéros d’appareils apparaissent, allait demander à son collègue mexicain, Gabriela de Cueto de contacter un autre vendeur de Mexico, Christian Esquino. Esquino, et sa société pourtant basée à Las Vegas, Starwood Management. Pour 145 000 dollars le deal était conclu, et l’avion loué, avec une équipe de protection à la clé. Comme équipe de rapatriement, il y aurait donc Loren Berenda, et la société « Mission Support Resources » ainsi que de « Envoy Expeditionary Services » ; Belend Salih Alqassab, un habitant de Virginie faisant office de traducteur, et Roger Lanoue, un américain né à Haiti ayant servi dans l’U.S. Navy comme pilote. avion HS-125A bord il y aurait eu aussi Mahmoud Razwan, un courtier en assurances de Windsor (Canada) et surtout le président du Canadian Libyan Friendship Association, plus le mercenaire Gary Peters, le leader désigné de l’équipe d’extraction. Comme appareil réquisitionné, celui de Christian Esquino, un Hawker 125 immatriculé XB-RYP, avait été choisi, photographié ici sur l’aérodrome d’Imperial Higway à Los Angeles le 21 février 2011.C’était plutôt un vieil appareil, en fait, car datant de 1976 ! L’avion fera néanmoins avec succès le trajet via Toluca, au Mexique, et Pittsburg avant Waterloo et après l’habituelle étape de Gander, nœud gordien des traversées de l’Atlantique (et fief depuis toujours de la CIA), pour traverser vers les Açores, puis vers l’Espagne et Barcelone, et vers Pristina au Kosovo pour enfin arriver en Tunisie… à Djerba. Là où se passaient les négociations de la famille Kadhafi avec le CNT, l’Otan…. et de Villepin. Coup de chance, pour prouver l’histoire photographiquement, l’appareil sera effectivement « spotté » au Canon EOS à l’atterrissage, le 16 juillet, à Barcelone ; c’est la photo ci-dessous, qui depuis a pris une valeur inestimable ». 

sur Lavalin et les Kadhafi encore, avec ici l’incroyable visite de chez Panard par Saadi Kadhafi, et la réception d’Alliot-Marie.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/alice-au-pays-des-cauchemars-ou-115040

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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    il sait encore négocier, le fiston..

    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/11/01/libye-le-proces-d-un-des-fils-de-kadhafi-ajourne_4800972_3212.html
    mais quoi, voilà tout l’intérêt : des adresses de comptes bancaires cachés ?