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Coke en stock (CXXXV) : « El Chapo » et les avions (3). D’où viennent les avions

La question demeure :  d’où provient cette incessante noria de petits avions bourrés de ballots de cocaïne ?  C’est ce que je vous propose de découvrir aujourd’hui, avec l’étude de deux sources fondamentales :  le marché de l’occasion auquel on s’attend, et un autre plus surprenant, celui des appareils saisis aux trafiquants et… revendus à d’autres, un système pervers hérité d’une constatation simple :  l’amoncellement d’avions arrêtés sur les aérodromes mexicains, qui finissent par prendre une place conséquente de plus en plus difficile à gérer.  La troisième est celle des revendeurs, la plupart américains, d’appareils d’occasion, qui proposent tout ce qui vole, sans vergogne, de l’appareil en parfait état de marche à l’avion-poubelle juste capable d’un dernier vol (il finira de toute façon incendié), et vendu « en l’état » à un prix défiant toute concurrence (parfois on trouve même des jets dans cette catégorie !).  La quatrième étant celle d’acheteurs déguisés du Cartel, dont certains sont allés jusqu’à en collectionner des dizaines, tous achetés avec des billets et non des chèques, grâce à de savants montages bancaire destinés à éviter la traque des organismes spécialisés :  plusieurs versements de moins de 10 000 dollars pour un seul Cessna !

Où trouver les Cessna ? Et comment les acheter ?

Deux photos ci-contre montrent le débarquement d’un des avions du ressortissant mexicain Vicente Contreras Amézquita, âgé de 47 ans en 2015, qui se présentait comme « importateur », accusé à San Diego en Californie,  où il résidait, d’avoir acquis des avions Cessna qui ont été utilisés pour le trafic de drogue.  Il avait déposé jusqu’à 3,6 millions dans 46 comptes bancaires aux États-Unis qui ont été utilisés pour acheter des avions Cessna 206 et 210 sur une période de cinq ans.  L’homme vivait des revenus de parcs de stationnement, de centres commerciaux, de locations de hangars et de ses restaurants.  Le nombre de comptes était multiplié par celui des dépôts, qui ne dépassait jamais 10 000 dollars pour ne pas éveiller les radars fiscaux aux USA.  Sa chute allait entraîner celle de son broker, le courtier d’avion de Torrance, Hector Hernandez, jugé en juin dernier seulement aux USA.  « Hernandez était le propriétaire de Pacific Coast Aero à Zamparini Field, sur l’aéroport de Torrance. Dans son accord de plaidoyer, il a facilité l’achat d’avions et de pièces d’avion pour l’exportation et le remboursement au Mexique pour le compte de tiers. Hernandez a reconnu qu’il s’était arrangé pour la livraison d’une importante liquidité en vrac vers le codétenu  Vicente Contreras-Amezquita. Selon une indication, le responsable du code Contreras-Amezquita a utilisé 46 comptes bancaires à plusieurs États-Unis. des institutions financières et a fait des dépôts en espèces structurés de plus de 3 millions de dollars pour l’achat de plus de 35 avions. Dans le cadre du projet, Hernandez a admis qu’il avait facilité l’achat de sept avions. »

L’acheteur de Cessna 206 avec des liasses de billets

Selon l’excellent Cathrynsreport.com, qui reprend aujourd’hui l’histoire, de 2007 à 2012, Amezquita payait en effet ses appareils en billets, sans dépasser la limite des 10 000 dollars pour ne pas se faire repérer et il les déposait sur 46 comptes différents !!!  Selon Kathryn, « certains avions avaient été équipés de pneus pour charges lourdes et de trains d’atterrissage pour les pistes d’atterrissage clandestines, ou de réservoirs de carburant supplémentaires pour les longs vols », a déclaré M. Hobson (le juge chargé de l’affaire). Contreras, âgé de 46 ans, a grandi à Sinaloa, au Mexique, et a ensuite déménagé avec sa mère et ses frères et sœurs à Tijuana, selon des documents judiciaires.  En 1998, il a déménagé à Chula Vista avec sa femme et leurs enfants, qui sont devenus citoyens des États-Unis Contreras et avait un visa qui lui permettait de franchir légalement la frontière mais pas de vivre aux États-Unis, ont indiqué les procureurs. Il avait commencé son activité légitime dans sa salle à manger, achetant et vendant des pièces d’avion, puis a obtenu sa licence de pilote et a commencé à rénover des avions entiers et à en négocier également la vente, a déclaré son avocat de la défense, Frank Ragen.  En 2011 et 2012, une écoute électronique a révélé que Contreras allait chercher l’argent en vrac dans une ruelle à Los Angeles ou dans un fast-food, selon les procureurs ».   A noter que pour illustrer l’article, Kathryn a mis en photo le Cessna 404 Titan N835RC (en haut à droite), ex 5H-ZAR resté chez Banyan Air Services de Fort Lauderdale. I l portait encore un logo de ZanAir, compagnie… zambienne.  Un avion « forfeited », à savoir effectivement saisi.  « Vendu par Aero Mod Service, Inc. le seul vendeur reconnu par l’U.S. Marshals Service. »  Selon le certificat, l’avion avait cassé son train avant au décollage en novembre 2011.  L’avion a été depuis (en 2014) acheté par Dodson, à Rantoul, firme bien connue pour son cimetière d’appareils.  Vicente Contreras Amezquita  était associé à Hector Hernandez, propriétaire de Pacific Coast Aero, installé au Zamperini Field, sur l’aéroport de Torrance. Il a été arrêté le 30 avril 2015.  Comme correspondants de ventes au Mexique, ils disposaient d’Alfonso Montero Vazquez et David Salvador Montero Vazquez, les propriétaires de Servicios Aeronauticos de Colima, et ce sont eux qui livraient le cash à Amezquita. Par cartons entiers (photo à droite)… un Montero Vazquez récidiviste : « le procureur a informé qu’Alfonso Montero Vazquez avait des antécédents dans un réseau utilisé pour l’acquisition d’avions pour le trafic de narco.  Il est associé à l’envoi de 859 688 dollars envoyés en 18 virements du Mexique à la Banque internationale d’Oklahoma en 2007. Il s’agit de l’acquisition d’un Beech King Air 200 immatriculé N50AJ (ici à gauche)….. Vincente Contreras Amezquita étant aussi un récidiviste:  lors de son audience, on a appris qu’en 2000 il avait déjà défrayé la chronique.  En passant le poste frontière de Calexico, en Californie, à côté de Mexicali, en Basse Californie, et après avoir déclaré qu’il n’avait pas plus de 10 000 dollars avec lui, une fouille de son véhicule avait découvert un sac en plastique dissimulé derrière l’autoradio, contenant des liasses, il y en avait pour 27 000 dollars.  Pour sa défense il avait dit que ça provenait (déjà !) d’une vente d’avion. Arrêté, il avait été relâché quelques semaines plus tard.

Le problème de la répétitivité 

L’Etat mexicain, lassé de voir ses aérodromes encombrés de Cessna saisis (voir ici à droite et dans l’article d’autres clichés le montrant) revend donc régulièrement des appareils à des particuliers ou à des brokers sans trop de scrupules.  Le problème, c’est que c’est un véritable cercle vicieux comme l’écrit parfaitement ici Riodoce, repris par l’excellent Borderland Beat.  Et pas que pour le Mexique !!!  Ainsi pour le Cessna 210 registration XB-JSO décrit au chapitre précédent évoquant son atterrissage raté de nuit le 11 septembre 2017.  Accusé de trafic de drogue (avec 400 kilos de coke à bord dans 356 paquets) l’avion a été saisi « segurado » Or il en était alors à sa troisième saisie !!  Cet appareil l’avait en effet déjà été une seconde fois, en 2009… mais au Venezuela.  Et pire encore, une première fois le  le 2 juin 2008 lors de l’Opération Culiacan ou « Operation Sinaloa« .  Jusqu’en 2015, l’avion semblait toujours être enregistré comme inscrit à Culiacan.  L’opération, similaire à celle faite en 2014 au Venezuela ( « Operación Cielo Soberano ») devait logiquement assurer une vérification des appareils dans les aérodromes pour éviter le trafic.  « Un mois auparavant, 15 avions avaient ainsi été saisis sur l’aérodrome de La Perla, 28 à la base de La Luna et six à Tapacal, et tous mis sous séquestre à Villa Juarez, à Navolato.  À la base de La Perla, cinq petits avions qui avaient été sécurisés ont été volés et des jours plus tard et retrouvés sur un ranch de de Villa Adolfo López Mateos, El Tamarindo, à Culiacan.  Le même jour, 46 autres avions avaient été saisis à l’aéroport de Los Mochis » (retenons bien ce nom, car chez notre héros du jour il a toute son importance en effet… c’est de là qu’il sera ré-éxpédié après avoir été repris (1) !).  Et ce n’était qu’un exemple ! A droite le XB-JSO saisi en 2008.  « En juin 2009, la Garde nationale bolivarienne a localisé un petit avion et ont été arrêtés un mexicain de Sinaloa et deux vénézuéliens dans l’état de Zulia, au Venezuela.  L’avion, était le Cessna immatriculé  XB-JQF… qui, en février 2008, avait été saisi à l’aéroport de Culiacán ». Or son pilote, Tirso Chimal Sánchez, originaire de Guamúchil, avait déjà été détenu à Mexico en 1999 !!!! « Un autre avion, avec l’enregistrement XB-KPA, a également été renvoyé à ses propriétaires et en 2015 a été ré-arrêté pendant les opérations que les forces fédérales ont faites après le deuxième vol d’évasion de Joaquin « El Chapo » Guzman. L’avion, un Cessna 210 a été saisi avec 12 autres avions par des éléments de l’armée, à l’aéroport de La Palma, Novalato, Sinaloa, situé à Campo Berlin, dans la Villa de Ángel Flores. En 2008, au moins trois des avions légers ont déjà été saisis.  L’un d’eux portait la plaque d’immatriculation XB-HCA, à l’origine confisquée en avril de l’année 2000.  L’avion a été localisé par les membres du PGR, dans la municipalité de Caborca, Sonora.  Lors d’un vol de reconnaissance de pistes clandestine.  Ils ont détecté la piste et le petit avion.  Environ un mile de distance il y avait un camp, un camion pick-up, et des machines agricoles pour niveler le terrain. En 2004 déjà, d’après le PGR, les radars ont détecté un petit avion dans l’espace aérien de San Felipe, en Basse-Californie, en direction de Sinaloa. Quelques jours plus tard des éléments fédéraux ont démarré une enquête sur ke petit avion et ont localisé une piste clandestine et trois avions, dans la ville d’El Retiro, à Guasave. L’une des plaques  d’immatriculation des aéronefs légers était le XB-XCB, saisie une nouvelle fois en 2008 à Culiacan ».  Outre les deux Cessna en 2004, un avion de fumigation avait aussi été découvert; le XB-ESA ».  En Mocorito, de retour en novembre 2005, l’armée a trouvé une plantation de marijuana de 18 mille mètres carrés.  A quelques miles du terrain, ils ont trouvé le Cessna XB-HLW, avec dedans les résidus de marijuana, sur une piste illégale.  Or cet avion a été de nouveau confisqué à l’aéroport de Culiacan aussi trois ans plus tard dans l’opération de 2008!   Bref, c’est… sans fin ! ce qui est saisi un jour vole le lendemain pour recommencer le même trafic !  Le XB-HLW a été saisi, il est aujourd’hui parmi la centaine de Cessna qui traînent à Culiacan, à l’aéroport de Sinaloa… (ici à droite).

Les brokers véreux (et les banques aveugles)

Le premier cas d’achats « compulsifs » d’avions servant à transférer de la drogue pour les différents Cartels a été décrit par mes soins à plusieurs reprises et ce n’est pas Vicente Contreras Amézquita.  C’est la filière « Jonathon P. Barnett« , qui avait vendu un bimoteur Beech King Air (le N469JB de Solola Inc), numéro de série BB-634, devenu depuis VH-ODI en 2009 pour Bush Pilots en Australie, après avoir été revendu en 2008 par le Département de la Justice US (en photo ici à gauche !).  Vendu 740 000 dollars aux mêmes acheteurs que ceux du N467JB, l’avion « fantôme » vénézuélien.  L’immatriculation N469JB (ex OY-NUK) étant alors aussitôt transférée à JC Aviation, firme située à Culiacan, au Mexique.  Derrière ce nom d’emprunt de Jonathon P. Barnett se dissimulait en réalité Pedro José Benavides Natera, citoyen vénézuélien et acheteur d’une bonne douzaine d’appareils dont le Beech King Air 200 N50AJ, le Beech King Air 200, N7027Z, le Beech King Air 200, N469JB, le DC-9, N900SA (celui du record de coke), le Gulfstream II, N987SA (l’avion de la CIA).  Benavides, habitait à Puerto Ordaz, dans l’État de Bolivar, et opérait sous les ordres du vénézuélien Carlos Ayala Lara. Ayala étant identifié comme le chef de l’opération responsable du blanchiment d’argent des trafiquants de drogue installés au Venezuela, en bâtissant en contrepartie des villas au Mexique, où il avait des contacts dans le milieu.  Selon Daniel Hopsicker, la famille qui contrôlait les échanges de devises de la banque Casa de Cambio Puebla, dirigée par Pedro Alatorre, entretenait des liens étroits avec le parti au pouvoir au Mexique, ainsi qu’avec Vicente Fox, alors président du Mexique à cette époque :  on retombe sur la corruption en plus haut lieu !  Tous ces avions ayant été embarqués dans du trafic de coke à grande échelle. Parmi les appareils vendus par les société américaines « Planes and Parts » et « Skyway Aircraft Inc », dont les deux impliqués dans de grosses affaires (celles du du DC-9 au Mexique et celle du crash du Gulfstream bourré de coke qui servait aussi d’avion de « reddition » à la CIA), il y avait aussi le Cessna Conquest II numéro N12DT, ici à droite et le Beech King Air N1100M (ci-dessus à gauche) saisi à l’aéroport de Puerto Plata’s International Airport, qui avait été lui aussi acheté à Planes and Parts LLC. Le N12DT, je vous l’avais rappelé aussi ici : « On l’avait croisé jadis en 1996 comme avion-ambulance en Alaska  ! L’avion, et les autres, avait été acheté par un seul homme, Pedro José Benavides, grâce à des chèques émis par la Casa de Cambio de Mexico, celle de Tamibe ou de Puebla, affirmait le FBI en la personne de Michael Hoeningman, dans sa déposition de mai 2006. La fameuse Casa de Cambio menait directement au blanchiment d’argent… mais elle sera plus tard rachetée par Wachovia… ce qui constituera un autre scandale : la Banque, accusée de blanchiment devra payer au fisc américain le plus important redressement bancaire jamais réalisé au States…. mais on effacera tout son dossier, en échange« …Natera sera arrêté à Miami en février 2008.  Pour rappel, « c’est Planes and Parts qui a vendu également à Pedro Benavides Natera le Cessna 441 marqué N195FW.  Or nous l’avons vu, ce n’est pas un inconnu : c’est justement l’avion qui s’est posé dans la nuit du du 1er au 2 mai 2007 à Nouadhibou (photo ici à gauche) »..réalisant ainsi une première dans le genre (la traversée de l’Atlantique !).

Le second est un ingénieur américain du réseau de Valencia-Arbelaez, lié à l’envoi du Boeing 727 malien : « le carburant et les pilotes ont été payés par des virements télégraphiques, les valises pleines de cash et, dans un cas, un sac de 356 000 dollars en euros laissées dans un bar de l’hôtel.  Le gang a embauché un équipage russe pour déplacer un avion nouvellement acquis de la Moldavie en Roumanie, puis en Guinée (c’était celui de Yarushenko, un Antonov appartenant à Viktor Bout).  La plupart de la cocaïne été destinée à l’Europe, mais une partie de chaque expédition devait retourner à New York. « J’ai vendu des avions pour ces gens, donc je savais ce qui se passait », a déclaré à un juge Manuel Silva-Jaramillo, un ingénieur aéronautique américain. « Je savais qu’ils apportaient de la drogue aux États-Unis. » Le gang a également examiné la mise en place d’un laboratoire de méthamphétamine au Libéria et l’exportation de la drogue au Japon et aux États-Unis.  Le gang a eu accès à un aérodrome privé en Guinée, a même envisagé d’acheter son propre aéroport, et a envoyé une équipe pour explorer si elle pouvait envoyer des vols directs à partir de la Bolivie vers l’Afrique de l’Ouest, à affirmé Valencia-Arbelâez dans les conversations enregistrées.  Un avion saisi en Sierra Leone en juillet 2008 avec 600 kilos de cocaïne appartenait au groupe, a précicé la DEA (c’était le N351SE) « .  Valencia avait fuit en Roumanie où il avait été arrêté en 2009.  En 2008, il s’était fait piéger à Madrid par un agent de l’US Drug Enforcement Administration (DEA) qui avait aidé Silva Jaramillo à acheter l’avion. Jesús Eduardo Valencia Arbeláez, surnommé « Pat » ou « Padre », ce jour-là avait commis un gros impair  (enregistré) en déclarant « que son organisation pourrait envoyer des cargaisons de cocaïne du Venezuela vers la Guinée, où elle disposait d’un soutien et même d’un aérodrome privé…. »

Le troisième vous le connaissez, c’est Vicente Contreras Amezquita, dont je vous ai parlé au début de cet article.  Lui aussi je vous en avais touché un mot ici-même à l’épisode CXXVII et même avant, déjà avec un exemple bien précis :  « l »appareil XB-EDM, dont je vous avais déjà) parlé ici-même à l’épisode CXII (en novembre 2015, j’avais déjà eu du flair, semble-t-il) :  « En juillet c’est un autre Cessna (XB-EDM) qui a été saisi à Ensenada (en Basse Californie, pas loin de Tijuana) avec à bord 262 kilos de meth, 92 kilos de coke, 38 kilos d’héroïne, 2 kalachnikovs et un pistolet calibre .40.. et de belles liasses d’argent.  Ce qui laisse augurer d’un trafic à flux tendu, tant le contenu varié fait penser à une commande précise… cette fois pour une demi-tonne au total !!! » avais-je écrit.  La droguerie volante dont le contenu varie selon les sources, avait été achetée par Vincente Contreras Amezquita, habitant tranquille de Chula Vista en Californie (la ville possède un port de plaisance et elle est au ras de la frontière mexicaine). L’homme, ainsi que sa femme, Elizabeth Fregoso Zamora; était aux ordres des cartels ».

Le retour du Boeing du désert

Pour ce qui est du fameux Boeing 727 immaculé (ici à droite) retrouvé incendié au Mali (le EC-JHU en fait, vu ici à Tenerife Norte-Los Rodeos le 28 octobre 2007), l’avion qui est à l’origine de toute cette série, une précision importante est arrivée en février 2016, et elle semble avoir échappé à beaucoup de monde (sauf à Marc Fievet, bien sûr !).  En novembre 2015, la sûreté mauritanienne a en effet arrêté un trafiquant vénézuélien du nom de Zabta Ariki Garcia.  Selon lui, le fameux Boeing avait fait d’abord le voyage en partant… du Sénégal.  « Le Boeing arrivé dans le Nord du Mali en 2009 et chargé de cocaïne appartenait à la compagnie aérienne Portocargo dont j’étais le représentant, a-t-il avoué, affirmant que cette société avait un différend judiciaire avec le fils du Président sénégalais, finalement dénoué au terme de 3 mois de négociation. L’avion s’est dirigé, après le règlement du malentendu, vers la Guinée-Bissau, avant de prendre le cap vers le Panama, où il a changé de nom avant de s’envoler pour la Colombie, pour embarquer de la drogue et se diriger par la suite vers le Nord du Mali, a-t-il ajouté ». « Le suspect a avoué en outre avoir de nombreux partenaires dans la sous-région et en particulier en Mauritanie.  Le hic, c’est que les complices qu’il a nommément cités ont bénéficié de la grâce présidentielle de Mohamed Ould Abdel Aziz dans d’autres affaires de trafic de drogue. Zabta Ariki Garcia a également fait cas de l’existence, à l’heure actuelle en Mauritanie, d’un autre Boeing transportant de la cocaïne » (en 2016 encore, un autre 727 faisait toujours la noria Amérique du Sud- Afrique de l’ouest ?).  Précisons que Portocargo existe bel et bien, qu’elle est effectivement portugaise, et que c’est une société de fret aérien, naval et sur route.  Et que le conflit avec le fils du président Wade portait bien sur un hangar, celui de Africa Air Assistance.  L’un de ses dirigeants, outre le français Vernet que je n’oublie pas (et non Vernay comme j’ai pu l’écrire), l’un des complices avec Miguel Angel Devesa (assassin de son ex collègue colombien Juan Carlos García) et celui qui avait tenté de ravitailler le Boeing 727 à court de kérosène), s’appelait Ibrahima Gueye, et que leur Cessna 402 C, immatriculé J5-GTA avait été photographié sur l’aérodrome d’Evora, au Portugal, en septembre 2009.  Gueye ayant déjà auparavant été mêlé à l’arrivée surprise en juillet 2008 en Guinée Bissau du Gulfstream N351SE porteur de 600 kilos de drogue dont le pilote n’était autre que Carmelo Vicente Vázquez Guerra, le frère du pilote du DC-9 saisi au Mexique avec 4,5 tonnes de coke à bord.  C’est le le Fokker 27 affrété par Africa Air Assistance qui était venu prêter assistance au Gulfstream N351SE en difficulté !

(1) le 20 août 2015, des mouvements étranges y avaient été détectés, avec semble-t-il une opération de police impliquant un transfert de détenus, extraits de leur prison de Guasave, selon Tvpacifico.  « Le convoi composé de deux camions de la police préventive fédérale, d’une paire de camions blindés appelés rhinocéros et de deux fourgonnettes blanches de banlieue munies de codes de sécurité traversait la ville à l’étonnement de la population qui les a vus passer.  En arrivant à l’aérogare, les détenus, dont on n’a pas réussi à savoir le nom, car ces opérations des forces fédérales sont effectuées dans le plus grand secret, ont été embarqués dans un avion blanc sans aucun insigne.  Environ 40 minutes après son arrivée à l’aéroport, l’avion a décollé vers le centre du pays ».  L’appareil visible étant… un Learjet. Immatriculé XA-ONE.  Un Learjet 60 appartenant à Aero JL.  Vu ici à gauche à Fort Lauderdale, en Floride, le 13 mars 2014.  Il avait été repeint juste auparavant.  Aero JL étant aussi une école d’aviation (sur Cessna SkyLane 182) installée à Toluca et dirigée par Joel Lozano.  L’avion avait beaucoup été utilisé de septembre 2011 à octobre 2013, par le couple de Marcelo Ebrard (ici à gauche), pour des voyages vers des destinations comme Las Vegas, Atlanta et Los Angeles, aux États-Unis, ainsi que vers Jalisco et Chiapas, qui ne semblaient en rien des voyages de travail.  « En deux ans, y compris la dernière partie de son mandat en tant que chef du gouvernement, Marcelo Ebrard Casaubon (chef du  Parti de la révolution démocratique  – PRD, ancien maire de Mexico) à effectué 11 voyages avec sa femme, Rosalinda Bueso, dans les jets privés de luxe sur des destinations nationales et internationales, dont le montant a atteint 235 mille dollars », avait relevé la presse.  L’autre Learjet qu’il avait utilisé était le Lear Jet  XA-ORO lui aussi d’Aero JL. L’homme a été mêlé en 2014 à une rocambolesque histoire de métro, la ligne 12, de celui de Mexico, ouverte en 2012 (puis fermée et réouverte en 2015), dont les rames étaient incapables de prendre les courbes des virages construits !!!  On soupçonnait alors des pots de vins de la firme CAF qui avait construit les voitures.  Dans le détail des fournisseurs se trouvait Carlos Slim.  Le parti au pouvoir, le PRI, souhaitait alors le poursuivre pour ses malfaçons.  Pourquoi donc le gouvernement avait-il recours à un affréteur privé alors qu’ils dispose des mêmes appareils dans ses escadres, et notamment le Learjet emprunté à El Chapo, demeure un bonne question… notez que le PRI a ses propres casseroles, dont une majeure avec l’ex-gouverneur de Tamaulipas Tomás Yarrington, qui était en fuite depuis 2012 après les révélations sur le lien avec le narcotrafic et 15 années de blanchiment d’argent (il a été capturé en Italie en avril 2017 seulement et devait être  extradé en septembre).  L’ex-gouverneur de l’État de Chihuahua, César Duarte Jáquez, était lui aussi en cavale… il n’y avait pas qu’El Chapo de recherché au Mexique… Le Mexique et la politique c’est très souvent… mafieux.  A noter qu’un Learjet de Losado s’était écrasé, le 19 novembre 2013 à 6km en mer devant le Fort Lauderdale International Airport, en repartant d’un vol d’ambulance pour Air Evac International de San José en Californie, effectué au Costa Rica (ici le repêchage des débris).  C’est l’exemplaire XA-USD, datant de 1979, l’ancien Alfonso Adame Barocio enregistré auparavant comme XB-FNW, XB-LHS, et Maria Villega Ruiz Rosa comme N616HC.  Il y avait eu 4 morts dont le médecin et l’infirmière à bord et les deux pilotes, José Hiram Galván de la O, vieux routier aux 10 091 heures de vol au total, dont 1 400 heures dans le Learjet de la série 30, et Josué Buendía Moreno 1 235 heures de vol au total, dont 175 heures sur le Learjet (ici à droite devant le XA-WIN des Lineas Aereas Ejecutivas de Durango habitué des vols Californie-Mexique) .  Le réacteur gauche avait déployé en vol son inverseur, et le pilote… « mal formé », selon le rapport d’accident (malgré ses 10 000 heures de vol ?), n’avait pas su réagir correctement devant le problème (à gauche l’aile du Learjet au fond de l’eau).  Une façon d’ignorer un défaut de maintenance, surtout !!!  Sur un forum commentant le crash on avait pu lire ceci : « bien sûr je reproche à la DGAC de ne pas avoir sanctionné la compagnie Aero JL, mais malheureusement ses influences sont plus fortes que la loi dans ce pays ».

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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Coke en stock (CXXXIV) : « El Chapo » et les avions (2). El Chapo et ses centaines de petits Cessna

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