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Coke en stock (CXXXIV) : un autre « Air Cocaïne » était en préparation (2)

On l’a vu hier, un responsable d’une grande compagnie aérienne péruvienne a été durant des années le chef d’un gang de trafiquants de cocaïne.  Ses avions transportaient régulièrement dans leurs soutes de grosses quantités de cocaïne patiemment ramenées de la jungle par des norias de petits Cessna.  Sachant qu’il a existé des compagnies voisines, notamment, le doute s’est donc installé, non pas durant leur exercice, mais après leur faillite, leur flotte importante de gros porteurs demeurant disponibles pour le même rôle.  Après vous avoir rappelé l’histoire, hier, d’Aero Continente, nous voici donc tout naturellement à évoquer la compagnie mexicaine Aviacsa, qui vient tout juste cette semaine de refaire parler d’elle, malgré qu’elle ait cessé toute activité aérienne depuis 2009.  Une affaire qui va nous conduire à St Domingue, en République Dominicaine, avec ce qui semble bien une nouvelle tentative de record… de poids de cocaïne transportée dans les airs, reléguant le Falcon d’Afflelou au rang de petit joueur dans le domaine… 

Les vestiges d’une compagnie mexicaine

Des avions à l’abandon, il n’y en a pas qu’au Pérou.  Une société assez similaire à Aero Continente, Aviacsa, mexicaine d’origine, créée en 1990 par le gouvernement du Chiapas, a attendu la crise des transports pour d’abord cesser ses opérations en 2009, puis fermer définitivement en 2011.  En 1994 elle était passée elle aussi au Boeing 737-200 de 167 places, à la place de Boeing 727 et DC-0 ou Fokker 100, en se privatisant même au passage.  En 2009, des problèmes sérieux de maintenance forcent les autorités du pays à stopper ses vols.  Le non-paiement de taxes portuaires lui est aussi reproché:  constamment dans le rouge depuis des années, elle ne s’en relèvera pas.  Restent donc sur le tarmac 20 Boeing 737-200 avec un âge de 26,3 ans en 2011 (la société en a possédé juqu’à 34).  Au terminal de l’aéroport Chetumal, l’un d’entre eux, le XA-TXF abandonné à l’air libre derrière une carcasse d’Aero Commander bien délabrée et se dégradant rapidement, finit pas embêter tout le monde en 2014.  On ne peut le bouger, pourtant, car la situation judiciaire d’Aviacsa n’est toujours pas réglée trois ans après son arrêt.  Selon le directeur de l’aéroport, l’avion malgré son état est « fonctionnel » (?) et vaut toujours selon lui « 1 million de dollars ».  Son collègue immatriculé XA-UGF a eu moins de chance :  désossé, vidé de tout, sans ses ailes, perclus d’impacts, sa carcasse sert aujourd’hui de cible d’entraînement à un parc de paintball (ci contre à droite) !!!  Etonnant et désolant parcours !!!

125 000 dollars, et vous emportez un Boeing !

Un autre a eu un peu plus de chance.  On peut en effet le découvrir dans un site de… vente.  C’est le XA-TYO (ici à gauche), orné encore de son sourire d’adieu lors de l’arrêt d’Aviancsa.  Datant de 1979 et affichant donc fièrement ses 38 ans d’âge; il est proposé pour des peccadilles chez Controller.com :  pour 125 000 dollars vous emportez un biréacteur, visible à Acapulco, Guerrero, près de Mexico :  pour cela, ‘« contacter « Alexandra ».  Comment est-il arrivé-là, rien ne le dit.  Enfin emporter est un grand mot. I l est fourni sans carnet de vol et totalement démuni de certificat de vol. Bref, pas vraiment une affaire.  Même au prix de la ferraille. C’est en effet le prix d’un Socata Trinidad  de 1992 à 5 places, mais en état de vol, celui-là.  Et puis il y en a d’autres encore, mais c’est sur un modèle précis que nous allons nous arrêter.

La longue saga des avions « blancs »

Pour être plus facilement vendus les avions sont repeints de façon neutre, pour pour pouvoir plus facilement recevoir un logo et en même temps supporter la chaleur en cas de stockage au soleil. Ou mieux encore, de rester ainsi « neutres » pour pouvoir être plus facilement loués à d’autres compagnies !!!  L’un des plus beaux exemples est un avion d’Aviancsa, justement, l’ex XA-NAV mis au stockage de cette manière en août 1999 pour passer namibien (Air Namibia) le 22 août 1999, et devenir ZS-SMD,– ici à gauche- il deviendra Proflight Zambia le 7 avril 2013 et repasser le 21 avril 2014 chez Star Air Cargo, compagnie Sud-Africaine née en 1996; pour se retrouver à nouveau stocké en août de la même année.  Star Air possédait en 2016 huit 737, quatre modèles 300 et quatre modèles 300F, ses modèles 200 des débuts ayant été retirés du service (ici son ZS-SSZ).  Elle les loue à Rwandair, Air Botswana, Air Malawi, Air Tanzania, LAM Mozambique Airlines, South African Express, Air Namibia et  Mango Airlines.  A gauche, le ZS-SKW (Boeing 737-219! d’Air Namibia, en réalité un Star Air Cargo.  On remarque le petit logo au-dessus de la porte d’accès passagers. Les avions son peints en blanc avant d’être vendus, en effet, c’est courant.  Un autre bon exemple du principe est le superbe F-GIXH de Europe Airpost, ex Axis Airways repassé intégralement au blanc avant d’être revendu à Air Kasaï, au Congo (Congo démocratique, ex-Zaïre), sous l’immatriculation 9Q-CGD qui connaîtra un ennui de moteur (gauche) en 2013.   L’avion était resté intégralement blanc.  Dommage pour sa belle livrée « Airpost » !!!

Un rappel

Ce genre de « camouflage » ou plutôt d’absence de marquage est fréquent, on veut pour rappel le cas d’un avion intégralement blanc… retrouvé carbonisé en plein désert malien.  Un 727 qui s’est avéré après moult recherches celui qui avait décollé en premier de… Tocumen, au Mexique avant d’aller charger sa drogue en Apure et de traverser l’Atlantique.  C’était au final l’EC-JHU de Swift Air  (ci-dessous, présenté sous le nom de compagnie « Plaza Cargo » d’un dénommé Fernando Salvador, qui proposait des vols de de Saragosse vers Vigo et Palma de Majorque, avec son seul ATR 42-300 soutenu par les responsables politiques de l’Aragon – la firme « envisageant » de s’équiper d’un Boeing 737 devant effectuer la ligne Zaragoza-Las Palmas-Tenerife-Zaragoza (1)) !  Un EJHU qui avait été photographié, déjà, à Tenerife, le 28 octobre 2007.

On en trouve donc un peu partout au Mexique, des ex Aviancsa « tout blancs » ou avec leurs couleurs d’origine encore.  En 2009, le XA-NAV est photographié au Benito Juarez International Airport « en train d’attendre un nouvel acheteur » aux côtés d’un autre exemplaire indéterminé.  Le XA-UIU d’Aviacsa est photographié en plein vol , il a déjà été à moitié repeint en blanc en novembre 2008, seuls les réacteurs portent encore les couleurs d’origine.  Le premier juin 2013 il est acheté par Danaus Lineas Aereas;  société mexicaine qui l’immatricule XA-URU dont c’est alors le seul appareil.  Elle a alors mis à cette époque une option sur le XA-UJB… d’Aviacsa, ex N236WA.  Chez Aviacsa, c’est le XA-UJC mis au stockage le 21 novembre 2007 qui nous intéresse plutôt aujourd’hui comme vous allez le voir.  On l’a parqué au México City Benito Juárez International, lui aussi.  Et il est vrai que même sur Google Earth, cela se vérifie: on en trouve à gogo, des ex Aviacsa, en train pour certains d’être démantibulés…

Deux autres appareils sont en cours de démontage (ici à gauche), un autre visible ici à gauche semble lui encore viable.  On en recense 10 au total.  Ils sont blancs sur le fuselage, mais leurs ailes sont restées couleur métal.  Leurs réacteurs ont déjà tous été retirés, sauf celui dont l’avant est dans le hangar (toujours à gauche sur l’image ci-dessus).  Il a déjà été repeint en blanc, contrairement aux autres, ce qui laisse augurer d’une vente prochaine, et d’un état de voler !  Il est enregistré en XA mais la définition ne permet pas d’aller plus loin dans son immatriculation. Est-ce notre fameux XA-UJC, rien ne permet de le déterminer.  De toute façon,  aujourd’hui cet appareil n’est plus à Mexico… signe qu’il était encore capable de voler (l’ancien Delta Airlines photographié ici à droite au temps de sa splendeur).  Un Boeing 737 de 1984, donc, qui s’est envolé pour aller prendre ses nouveaux quartiers… en République Dominicaine.

Une découverte importante à Saint-Domingue !

L’avion, un ex Aviacsa (.com) a en effet été retrouvé récemment parqué à… Saint-Domingue, où il a bien dû se rendre en volant ! En décembre 2015, déjà, un forumeur l’avait repéré. « Une question: près de la maintenance du PAWA à l’aéroport de Saint-Domingue, il y a une zone de stockage avec de beaux vieux avions à hélice et des jets. Quel est l’enregistrement du Boeing 737-200 tout blanc ? Les numéros sur le dessus du fuselage sont recouverts. J’espère que quelqu’un peut m’aider à résoudre ce problème » avait noté « Petercutstone« . On lui avait répondu ceci à  « SFM6  » qui avait cru lire une indication : « Est-ce sur la porte du (train) avant ? Je viens de recevoir un courriel. C’est probablement l’ XA-UJC (Aviacsa). Est-il stocké sur SDQ depuis longtemps? » (…) Je m’interroge à propos de cet avion (pour savoir) si la justice de la République dominicaine remettra l’avion à son propriétaire original. Mais pouvez-vous être sûr que cet avion soit stationné là-bas depuis longtemps ? (l’intervenant avait parlé de « trois ans »).  L’homme n’avait pas su le préciser, mais il avait déjà indiqué des problèmes judiciaires (avait-il le droit de quitter le Mexique, les ennuis d’Aviacsa n’étant toujours pas réglés définitivement et judiciairement).  En photo, on finit effectivement par le retrouver, après pas mal de recherches encore une fois.  On le distingue sur un cliché… posté à l’envers, celui, sur Instagram (quelle cochonnerie informatique, ça et Pinterest, ça vous sabote toute les recherches !!!….) de deux Beech 1900 de chez SkyHigh Aviation, pris par un fan de ce type d’appareils.  On le distingue à peine derrière les deux Beech, avec entre eux et lui la queue d’un petit Learjet :

Sur le forum, un intervenant hispanisant indique la liste de tous les autres appareils autour de ces derniers :   un vieux  Constellation, un Convair 440, un DC-6 de chez  Dominicana, un B-707 de Dominica également, appelé « Puerto Plaza », un Beechcraft rouge et blanc , un DC-3, un Jetstream de chez PAWA,  et enfin un B-727.  L’endroit est en fait connu, puisque c’est là qu’avait été repéré dans les années 90 par des collectionneurs US et le chef des parachutistes de Skyhoppers Aerial Adventures basé à Palo Alto le Super Constellation N105CF d’Aerochago revenu le 7 janvier 2001 en Arizona.  Chez Aerochago il était immatriculé HI-583CT.  On peut l’admirer ici.  Tous les jours, il faisait à l’époque la navette vers Miami !!!  L’avion appartient depuis octobre 2015 à Dynamic Aviation qui a coupé son fuselage en deux et séparé ses ailes.  Un cliché d’époque sur leur site nous montrait la vieille dame à moteurs à pistons (avec un Constellation privé de ses moteurs).  Le seul appareil en état potable sur le cliché (qui date, donc) étant le DC-9 d’Americana (mais il n’a plus de réacteurs aujourd’hui !).

Un beau cimetière en tout cas ! Il ne manque qu’une Caravelle ; ou un Carvair, ce cargo à voitures à l’allure si surprenante (cf à gauche ici) !!  Un cimetière avec un visiteur encore en état de vol bien spécial… à distinguer sur les 4 copies d’écran ci-dessous extraites de Google Earth :

En mélangeant les infos de ce cimetière d’avions et la photo des deux Beechcraft 1900, on obtient la localisation exacte sur Google Earth de l’engin décrit (image ici à droite).  Et là surprise, le Boeing 737 n’apparaît en effet qu’à partir d’octobre… 2015.  En revanche ça signifie aussi qu’il a donc bien volé jusque là !!!  Le forumeur très observateur se retrouve bien confirmé pour sa présence, et même pour sa date d’arrivée sur place !!!  L’appareil est au moins présent à partir d’octobre 2015, sinon avant, mais il n’est pas là encore en juillet 2014 !!!  On remarque également  à ses côtés un Learjet, appareil fort prisé on le sait des trafiquants.  L’a-t-il accompagné dans sa « sortie » du Mexique ???  (Pour ceux qui douteraient de tout ça, tout est visible au  18°25’33.27″N et  69°40’19.75″O).

Un vieil engin mais qui vole encore

L’appareil intéressant découvert, en tout cas, est un modèle B737-247 qui date de 1984 (c’est le 23185, un 37-200 « Advanced » ), il a donc 33 ans, annonce 122 000 livres de tonnage maxi (55 tonnes), pouvant emporter jusqu’à 26 650 livres (12 tonnes…. de cocaïne ?).  Il avait alors effectué 41,474 cycles (décollages-atterrissages) pour 53,744 d’heures de vol : autrement dit ce n’était pas un abonné aux traversées atlantiques mais plutôt au « cabotage aérien » typique dans l’arc des Antilles.  Ses réacteurs JT8D-15A « Stage III » (a émissions de bruit plus faibles) ont été vérifiés en 2009, pour 4683 heures de vol restantes pour le moteur 1 avec 1900 cycles, mais aucun contrôle sur le 2.  Bref, pas vraiment une affaire, question utilisation pour une compagnie charter désireuse de recommencer des vols réguliers.  A moins de mettre au moins un de ses réacteurs au goût du jour.  Le voici lorsqu’il était proposé en vente chez Aviacsa :

Un Boeing acheté en ligne ?

D’où vient-il exactement, cet appareil, comment l’a-t-on acheté ? Une idée farfelue vient à l’esprit :  on trouve de tout sur le net, on le sait.  Pour vendre des Boeing, c’est vrai,  il y en a qui ne s’embêtent pas trop en fait.  Le 10 janvier 2011 un Boeing 737-2T5 celui de Safair, enregistré ZS-SGX, après une erreur de pilotage assez ridicule lors du taxi de l’appareil pour se garer, sans aucun guidage externe et de nuit, s’est retrouvé en fâcheuse posture, l’avion tombant le train principal en arrière dans un fossé (l’histoire et racontée ici avec des illustrations parfois fort risibles) !  Le pilote a raté son créneau, à l’évidence.  Qu’à cela ne tienne : depuis on le propose en pièces détachées sur le site de vente d’Ali Baba !!!  On ne sait si c’est pour enfoncer le pilote; – une mauvaise blague de ses potes « rampants » -ou si c’est réel.  En tout cas, sur E-Bay on trouve aussi des morceaux de B-737.  La porte passagers avant vous en coûtera 296.99 dollars par exemple.  On se dit que ça paraît idiot, comme ça, mais peut-être bien que notre fameux futur concurrent du Falcon d’Afflelou, dont il aurait facilement battu le record (douze tonnes contre 700 kilos) a peut-être bien lui aussi été proposé en vente en ligne.  Et croyez-le ou pas, mais je vous ai retrouvé effectivement l’annonce, avec les photos tirées du document PDF fourni à l’époque par Avacsia.  Et on y découvre même le tarif : 3 000 000 de dollars.  Investir 3 millions… mais pour gagner combien au bout ???

Sidérant !!!  Hallucinant !!!  Et ce n’est pas le seul !!!  Figurent aussi en effet dans la même offre le XA-TYI, le XA-TXF, le XA-TWO, et le XA-TWJ en plus de notre XA-UJC !!! sidérant !!!  Un XA-TYI aperçu ici le 11 août 2016 au Ciudad Juarez Abraham Gonzalez de Mexico… prêt à être livré (les pneus bien à plat quand même) !!!  Pour le XA-TWO, ça s’annonce plus difficile à placer : voici dans quel état il était en 2013.  En revanche , les XA-TWJ ça semble possible : en 2014, à Mexico, il semblait encore potable... d’autant plus qu’à ses côtés trônait le… XA-UCG :  deux autres candidat au titre de « Cocaïne Airways » sont là devant nos yeux et c’est donc son voisin, le XA-TWJ qui pourrait reprendre la palme si le XA-UJC échouait !!!  Au cas où !!!!

« L’accompagnateur »

Tout avion gros porteur livreur de coke a été accompagné d’un petit avion « de liaison » : le 727 du Mali avait été accompagné d’un petit appareil venu survoler la piste en plein désert pour vérifier si elle avait été.. nettoyée.  Si notre Boeing 737 aurait été dans ce cas, il reste donc un avion « accompagnateur » à découvrir ailleurs.  C’est sur l’aérodrome de la Romana, autre haut lieu d’affaires de drogues récentes (dont celle des neveux de Cilia Flores, la première dame du pays au Venezuela).  Vu de dessus il est blanc aussi et beaucoup plus petit : c’est un PA-23-250 « Aztec », un bimoteur ancien dont une photo récente le montre le dessous du fuselage vert, accompagné d’un liseré rouge.  Un appareil visiblement peint à la hâte, bien loin des canons en cours même pour un avion aussi ancien (il date lui de 1973, il affiche 45 ans !).  Immatriculé Hi 913 avec des lettrages bien trop étroits, il nous en rappelle un autre immatriculé pareil… mais sur fond bleu, avec une grossière retouche bien visible pour placer l’immatriculation.  Renseignements pris, c’est l’ex N94T de Wayman Aviation LLC d’Opa Locka en Floride, exporté en République Dominicaine le 6 juin 2011.  L’appareil portait auparavant une autre livrée rouge.  Surprise, quand même, quand on découvre qu’il a aussi travaillé pour « Bahamas Air Charter »,  pour « OverUnder SportFishing », et que l’imposition de sa couleur bleue avait été faite… « in Mena, Arkansas with both the paint and interior turned around in two weeks for use ».  Non, vous n’avez pas rêvé.. revoilà la CIA et son lieu de maquillage favori si prisé par Barry Seal !!!  Wayman Aviation étant aussi une école d’aviation de Miami... évoluant sur Cessna 152 monomoteur et sur Piper Seneca N61499 et N887SP (deux Beecchraft plus gros et un Piper Navajo PA-31-325 Panther N4042W sont visibles dans son hangar).  Le 29 mars dernier un de ses petits Cessna avait dû atterrir sur une route, sans causer de dégâts.

Un voyage Air Cocaïne en gestation… et avorté

Vous allez me dire mais à quoi rime toute cette recherche ? Oh, à un fait extrêmement simple. En République Dominicaine on a appris fort récemment que deux avions avaient été saisis sur l’aéroport « SDQ », à savoir l’aéroport de Las Américas International, le principal du pays.  Un Boeing 737 et un petit Piper Aztec, justement, quel hasard.  Les deux appareils que je viens de vous décrire, soupçonnés de participer à un énorme trafic de drogue.  Le gros porteur et son appareil de liaison, à coup sûr !  Sur la photo du Boeing, il ne peut y avoir aucun doute :  c’est bien notre mexicain ex Aviacsa, marqué « UJC » sur ses trappes avant de train (en regardant bien on discerne même l’arrière du Learjet sur sa droite).  Selon la presse, 800 kilos de cocaïne avaient été saisis lors des arrestations.  Sachant ce que peut transporter un 737, ça paraît bien faible:  le réseau qui semblait recommencer ce qu’avait fait jadis Fernando Zevallos Gonzales préparait-il un chargement plus conséquent, et aurait-on interrompu « trop tôt » les manœuvres de chargement, on ne le sait.  Manœuvres auxquelles le petit Piper saisi à la Romana a dû lui aussi participer (ne serait-ce que pour transporter… les pilotes, à pied d’œuvre ).  D’autres questions subsistent.  Est-ce que l’opération a dû être remise à l’annonce de l’arrivée des cyclones, qui ont relativement épargné Saint Domingue, au demeurant ?  Comment a-t-on réussi à laisser filer un aussi gros avion sachant et son origine, et sa destination ?  Quid de « Danaus Lineas Aereas » aujourd »hui « out of business « ?  La DEA suivait-elle l’affaire depuis tout ce temps (3 années de préparatifs intenses !).  A Saint Domingue, personne n’aurait remarqué l’arrivée de cet avion fantôme… sauf un spotter et un ou deux forumeurs (et les satellites) ??? C’est plutôt inquiétant !  Comme l’est tout autant l’annonce, vraie ou non parue sur Internet de la proposition de vente de 5 appareils du même type !!!  Toujours est-il que l’opération avait été préparée dès 2015, qu’elle avait nécessité de gros moyens (entre 1 à 3 millions de dollars d’investissement !!!) et qu’il se préparait donc bien un vol similaire à celui de 2009 au Mali.  Cela ne cessera donc jamais !!! L’avion ne semblant pas pouvoir se poser comme un 727 (c’est la version juste après qui permet d’éviter les projections dans les réacteurs placés trop bas), quelle aurait pu être  destination ?  L’Espagne, le Portugal voire l’Europe centrale, ou la Pologne ?  Notre spécialiste, Falcon, fait remarquer qu’il en aurait été bien incapable (2).  Laissons-le donc tenter de véhiculer sa dizaine de tonnes vers… l’ancien but des Caravelle d’Escobar : le Mexique !!!  En tout cas, un « Air Cocaïne » se préparait bel et bien à Saint-Domingue !!!  Avec un chargement bien supérieur à ce que pouvait emporter le Falcon d’Afflelou, et très certainement aussi de celui du 727 incendié à Tarkint !!!  C’est un transfert record qui se tramait !!!  Le Boeing XA-TWJ sera-t-il le prochain à tenter l’expérience ?

 

(1) tout le monde se rappelle le scandale de l’aéroport fantôme de Ciudad Real où 7 millions de passagers étaient attendus et  ainsi devenir le rival de Madrid-Barajas.  Il n’a jamais été terminé et a été mis en faillite en 2012.  Quant à l‘ATR espagnol c’était en fait le SP-KCA de White Eagle Aviation : il a été mis au stockage en décembre 2008.  On l’a retrouvé en… Pologne, en 2011, à Katowice – Pyrzowice… déjà complètement démantibulé !!!  En voici la raison.  En mars 2008, voici ce qui avait été dit de cet appareil et de son double : « La compagnie aérienne irlandaise Aer Arann a décidé d’intenter une action en justice contre la compagnie aérienne polonaise Whiet Eagle Aviation à laquelle elle avait loué deux avions avec leurs équipages.  La compagnie irlandaise reproche à son homologue polonaise de lui avoir fourni deux avions en mauvais état, avec deux équipages insuffisamment formés, parlant mal l’anglais et ayant plusieurs fois mis en défaut la sécurité des passagers de Aer Arann.  Celle-ci reproche également à White Eagle Aviation de n’avoir pas respecté le contrat établi qui prévoyait un respect absolu des lois et règlementation sur la sécurité des vols.  Dans un des incidents évoqués, le pilote d’un des appareils s’était trompé d’aéroport et l’avait dépassé de 10 miles (16km) avant de revenir s’y poser. Dans le deuxième incident, l’autre appareil a du se dérouter vers l’aéroport de Kerry (Irlande) sans que les raisons n’en aient été divulguées.  Les deux appareils concernés sont deux Aerospatiale-Alenia ATR42, respectivement immatriculés SP-KCA (ATR42-300) et SP-KCN (ATR42-320) appartenant à la compagnie aérienne polonaise White Eagle Aviation (W2/WEA) dont la base principale est l’aéroport international Frédéric Chopin de Varsovie (Pologne). » Aucune trace depuis du fameux Fernando Salvador… ici à droite avec lex officiels espagnols, et derrière le fameux ATR 42… dont on distingue parfaitement le logo… « d’Aigle Blanc » !!!  A ce stade, la filière polonaise n’a fait l’effet d’aucune enquête semble-t-il.

(2) seul les Boeing 737 modifiés équipés d’un  système PATS (son principe est ici à gauche), à savoir d’une extension de réservoir à kérosène en soute (disposable de différentes façons, sa pose est visible ici) lui permettant de voler aussi loin confortablement… L’exemple est celui du Boeing VIP N111VM  utilisé par Pascal Saken, propriétaire contesté du Phocea, pour se rendre des Bahamas… en Papouasie, via le Mali !

sources :

le dossier complet de l’avion chez Aviacsa :

http://lamwairlines.unfashionweek.com/XA-UJC.pdf

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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