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Coke en stock (CXXXII) : « American Traffic » : pourquoi Hollywood n’expliquera jamais l’affaire des Contras (2) !

Hier nous avons vu que le film de Tom Cruise atteint le ridicule tant il s’éloigne de la vérité sur le personnage réel qu’était Barry Seal.  C’est dans le genre une réussite, néanmoins, si l’on voulait définitivement enterrer les sombres turpitudes de l’époque, et des envois d’armes à des anti-communistes andins en échange de quantité astronomiques de cocaïne.  En somme on aurait voulu à nouveau brouiller les pistes qu’on ne s’y serait pas pris autrement :  « American Traffic », qui devait s’appeler au départ sobrement « Mena », est un pochade dont le but est d’enterrer toute velléité d’en savoir plus sur ce qui s’est passé exactement au beau milieu de l’Arkansas, un trafic énorme que ne pouvaient ignorer deux jeunes impétueux de la politique :  le couple Clinton, qui avait hérité d’un bébé difforme né sous l’ère Reagan, avec un parrain trouble pour le porter sur les fonts baptismaux :  Oliver North.  Un bébé qu’ils avaient néanmoins continué à élever… Voici donc qui était Seal, et ce qu’on lui a demandé de faire pendant des années.  On est loin, très loin, d’un Tom Cruise bondissant et particulièrement ridicule (une fois de plus). Alors autant aussi aller voir d’autres films sur le sujet :  je vous en présente quelques uns.

 

Politiquement, Barry Seal était tout sauf démocrate. Il avait déjà eu affaire à la police bien avant de transporter de la coke ou de l’héroïne.  Dès 1958, Seal, dont le père appartenait au Ku-Klux-Klan (on a tendance à l’oublier !) transportait déjà des armes vers Cuba, à 19 ans seulement, pour lutter alors contre Batista que les Etats-Unis venaient de laisser tomber ! Sa passion du vol l’avait emporté tôt vers des eaux fangeuses et des cieux pas très clairs.  Il était déjà inscrit au Civil Air Patrol (CAP) de Baton Rouge depuis 1955, une organisation dirigée par le richissime pétrolier David Harold Byrd; extrémiste de droite notoire, fan de safaris. (Oswald en fera aussi partie !).  En 1962, Seal s’engage dans la Louisiana National Guard et va s’entraîner à Fort Benning, un endroit, comme on le sait, fort lié à la CIA et aux opérations spéciales(où s’entraînait également l’incroyable et fort droitier Luis Posada Cariles), puis il passe pilote chez Trans World Airlines, la compagnie d’Howard Hughes (qui fourbit alors dans les Keys de Floride des camps anticastristes !).  En 1972, il attire à nouveau l’attention pour avoir tenté de renverser le gouvernement communiste de Fidel Castro.  Il était en effet surtout anticastriste, au départ et proche de l’extrême droite anticommuniste.  Il est en effet arrêté avec huit autres personnes dont James Miller, Richmond Harper, Marlon Hagler et Murray Kessler, pour avoir tenté de transporter sept tonnes d’explosifs de plastic C-4 (un explosif militaire) dans un avion de transport DC-4 saisi sur l’aéroport régional de Shreveport (ici à droite un des DC4 de la CIA).  Avec les cordons détonateurs, il y en avait pour 430 000 dollars ! C’était bien Cuba qui était visé (et ce qui signifiait que ce qu’avait initié Kennedy n’était pas terminé) !  En 1974, les accusations contre lui tombaient alors brusquement, tandis que les juges ignoraient alors visiblement son engagement avec la CIA : ils avaient pris leur seconde décision, parait-il, après avoir ouvert un courrier expédié d’en haut lieu.  A sa femme et à sa mère, plutôt inquiètes, il avait dit « qu’il l’avait fait pour le gouvernement ! » : il se savait déjà protégé !  Son nom complet, Adler B. Seal était pourtant clairement apparu dans la presse. L’avion utilisé appartenait à James Boy, dont les avions seront plus tard utilisés au Honduras par Oliver North.  L’appareil proprement dit est très certainement le XT-T07, Douglas 10748, ex N8347C, N4890V, devenu ZP-CBP au Paraguay, pour devenir ensuite à son retour K-529, N529D, et N122AC (ici à droite), le premier DC-4 utilisé par Southern Aero Trades, Inc, un avion intitulé également « Anglersclub » présenté comme détruit.. en Colombie le 18 mai 1980 , par des tirs alors qu’il transportait de la marijuana, à partir d’une piste située sur une plage !  Kessler était lié à Guy Banister et David Ferrie, deux personnes abondamment citées dans ma saga sur l’assassinat de JFK à Dallas ! Ferrie étant en fait celui qui avait formé Seal sur les avions !!!  Seal avait aussi ensuite entraîné des pilotes pour la Baie des Cochons (1)… et il s’était souvent rendu au Lac Pontchartrain ou au Salvador pour y parachuter des M-16 aux Contras.  On l’avait ensuite retrouvé sans surprises en 1967-68 au sein d’Air America au Laos et au Viet-Nam.  Bref quand il n’était pas dans une opération spéciale de la CIA (2), il transportait donc de la drogue en Floride ou en Louisiane !!!

Deuxième arrestation… et deuxième relaxe

En décembre 1984, même topo, donc une nouvelle fois : arrêté de nouveau en Louisiane, pris sur le fait en train de transporter de la marijuana cette fois, il est libéré par une caution élevée de 250 000 dollars pour aussitôt recommencer sa contrebande… le financier texan Richmond Harper était le trésorier payeur des anti castristes, on songe à lui pour le règlement (mais on n’a jamais pu le vérifier).  Son ranch d’Eagle Pass, Texas (Maverick County) servait en effet de camp d’entraînement aux Contras (son fils Rick est décédé récemment, le 28 juin dernier).  Un homme était lié à tout cela : Georges de Mohrenschildt, retrouvé suicidé (au fusil) dans sa maison de Palm Beach juste la veille d’aller déposer à la seconde commission sur l’assassinat de Kennedy (pour y expliquer ses liens avec Oswald (3)) ! Richmond était aussi à la tête d’une banque où l’on trouvait le gang des Gambino en bonne place. Kessler, rappelons-le, c’était aussi le neveu de Carlo Gambino (ici à gauche) !!!  Sous Nixon, l’homme à la tête de l’anti-drogue, Myles Ambrose, directeur de l’ODALE (Office for Drug Abuse Law Enforcement) avait dû démissionner pour avoir  trop frayé avec Richmond, soupçonné d’être à la fois trafiquant d’armes (il était lié au broker Samuel Cummings, ancien de la CIA, mort en 1998 à Monaco et sa firme Interarms) et d’héroïne (à noter que la Drug Enforcement Administration (DEA) a été formée par le rassemblement de la BNDD, de l’ODALE, de l’ONNI et de la Customs Intelligence). L’extrême droite US y régnait également.  L’un de ses premiers dirigeants avait été Lucien Conein, qui avait mis en place une série d’assassinats ciblés, avec comme nervis des anticastristes, au Vietnam, au Guatemala, en Argentina, au  Brésil, dans toute l’Amérique Latine . Le richissime Richmond fricotait aussi avec Bob Bibb, un homme très proche de Lyndon B. Johnson.  Pour couronner le tout, le bureau de Seal à New Orleans appartenait en fait à Clay Shaw, l’homme visé par l’enquête de Jim Garrisson comme ayant participé à la conjuration contre Kennedy !!!  Et selon sa propre femme, au lendemain de l’assassinat de Dallas, Seal avait fait un vol express dans la ville texane, qui laisse envisager d’autres suspicions encore !  Rappelons que pour beaucoup le tireur principal de Dallas était le corse Sarti… lui aussi fort orienté vers la droite extrême.

 

Un trafic au départ aussi de la French Connection !

Le trafic de drogue et notamment d’héroïne à l’époque ne concerne pas que les Etats-Unis.  En France, un groupe de trafiquants va s’insérer dans le jeu, via l’Argentine, ou pas mal de nostalgiques du nazisme sont partis se refaire une santé.  Ceux-ci manquent d’argent, et le trafic de drogue les intéresse : la liaison entre éléments forts droitiers et trafiquants est toute trouvée.  Un excellent article nous le démontre ici avec brio :« Il est frappant de voir à quel point les diverses campagnes d’extermination et de répression ont été menées auprès du trafic de stupéfiants. L’armée des Meo déployée par la CIA au Laos a fabriqué de grandes quantités d’opium.  Lopez Rega et ses sbires argentins de l’AAA (Argentine Anticommunist Alliance) ont finalement été exposés comme étant à la tête d’un réseau de cocaïne.  L’un des principaux hommes à la tête de l’AAA, François Chiappe (mercenaire, ancien de l’OAS, travaillant pour le SAC de Pasqua), était lieutenant dans le réseau d’héroïne de Ricord / David (surnommé « le beau Serge ») ».  Nota : Auguste Ricord avait des liens avec Trafiquante et ses juteux casinos de la Havane selon Krüger (livre ici à droite).  Ricord, fondateur de la French Connection, était aussi associé à Henri Lafont, le chef de la Gestapo française (chef de la Carlingue). « Les officiers de haut rang les plus impitoyables du Paraguay ont été exposés en tant que profiteurs du trafic d’héroïne. Christian David a participé à des campagnes d’extermination en Argentine, au Brésil et en Uruguay. Le chef d’Operación Bandeirantes, Sergio Fleury, et plusieurs de ses collègues ont empoché de grands paiements en protection. Le numéro deux de Fleury de  l’escadron de la mort de Sao Paulo, Ademar Augusto, de Oliveira, alias Fininho, s’est enfuit au Paraguay après avoir été accusé de meurtre, pour se cacher sous le nom d’Irineu. Bruno da Silva, a travaillé pour le groupe Ricord. Lorsque le successeur de David, le trafiquant brésilien Milton Concalves Thiago, alias Cabecao (« The Brain »), a été arrêté en 1975, il a appris qu’il avait payé l’ensemble de l’escadron de la mort de Rio de Janeiro, qui comprenait quatre lieutenants de la police des stupéfiants. Enfin, nous devons savoir que le dictateur, Pinochet, a pris le contrôle du commerce chilien de la cocaïne, puis l’a transféré à sa police secrète, la DINA, qui a partagé les bénéfices avec ses sbires cubains en exil ». Chiappe avait été condamné à 20 de prison aux USA, il en avait fait 13 lors de sa libération.  Tous ceci est bien sûr ignoré dans le film de Cruise, qui se veut un grand spectacle… apolitique, et bien trop lisse !

Les véritables avions de Barry Seal

Les avions aperçus dans le film ne sont non plus pas les bons. « Seal eut ainsi deux Piper Navajo Panther, comme celui du film (immatriculés N7409L et N62856), mais aussi deux Piper PA-34 Seneca (avec de faux matricules facilement interchangeables : N80482/ N80492/ N8049Z). Un autre PA-34, radié des registres, est toujours au nom de Adler B. Seal (N8658E), sur le site de la FAA, bien qu’il se soit crashé, en approche de Mena, le 20 février 1985, avec Camp aux commandes ».  Le Panther, un avion plutôt rare, est très certainement celui photographié ici dans un des hangars d’Escobar, ou plus exactement dans celui de Caro Quintero, Taxi Aereo Nacional de Culiacan SA : 

« Il possédait également deux Beech B200 Super King Air (N6308F et N1860B).  Ce ne sont là qu’une petite partie de sa flotte qui comprenait également des hélicoptères ».  Selon Daniel Hopsicker les deux avions avaient été achetés en sous-main par John Singlaub, le responsable de Southern Air, une entreprise écran de la CIA proprietary en liaison avec William Casey, Richard Secord, Felix I. Rodriguez et…  George H. W. Bush (le père de l’autre).  Seal n’a donc jamais été vu aux commandes de l’avion du film de Cruise, le N164HH: un Ted Smith Aerostar 600 de 1967 comme celui-ci, réputé pour sa vitesse.  Les deux « Beach », eux, volent toujours.  Le Beechcraft N1860B est aujourd’hui devenu le N48Q (depuis 2012, ici n haut à droite).  Le N6308F (ici à gauche) est aujourd’hui le N239JV depuis 2014. Manque à l’appel un avion :  une mort étrange est en effet survenue une année avant le décès de Seal.  Celle le 20 février 1985 d’Emile Camp, le co-pilote, très souvent aux côtés de Barry Seal lors de leurs transports de coke.  L’avion de Camp était le N8658E, un Piper Seneca PA-34-200T noir, gris et rouge inscrit au nom de Adler Barry Seal, à Boward County… en Floride, ce nom étant le nom complet du trafiquant œuvrant pour la CIA.  L’avion se serait écrasé en approche IFR de la base de Mena (rebaptisée Intermountain Regional Airport), ce qui laisse supposer un sabotage de ce dispositif d’approche.  Un avertissement clair envoyé à Seal, selon certains observateurs.  A ce moment là, Seal était en négociation pour acheter un Convair C-131″Samaritan » pour l’ajouter à sa flotte.  A signaler que le fameux Aerostar du film s’est écrasé (photo ici à droite), tuant deux personnes, pendant le tournage en Colombie (à Medellin !).  Un détail que peu de gens ont remarqué, sauf Daniel Hopsicker, toujours à l’affût.  Trois pilotes ont travaillé sur le film et le seul à être sorti vivant du crash s’appelle Jimmy Lee Garland.  Il a joué la doublure de Cruise dans de nombreuses scènes.  Il a également fourni un transport Cessna 414, le deuxième avion présent pour les prises de vues.  Mais c’est un des deux autres qui a retenu l’attention de l’auteur : un vénézuélien, Carlos Berl « qui vivait à Dobbs Ferry à New York », sous différents alias (‘Carlos Berl », « Carlos Eduardo Berl », et au Venezuela, « Carlos Eduardo Berl Kohn ».  Or Hopsicker a remarqué une chose fort intéressante sur lui : « a un moment donné, il a également gardé une résidence dans la petite ville poussiéreuse de Boerne, au Texas, 15 000 habitants.  Boerne se trouve à côté de la base de la CIA qui était super-secrète;  et qui n’a été reconnue publiquement qu’en 2012, après avoir existé depuis des décennies.  On l’appellait Camp Stanley, et c’est la plus grande installation domestique de la CIA.  Et qu’est-ce qui rend Carlos Berl plus intéressant que ses deux camarades sur le vol de la mort ?  Juste ceci: personne n’a encore donné une raison plausible pour laquelle Carlos Berg était là ».  C’est à Camp Stanley au Texas qu’auraient été stockées les armes de l’invasion de la Baie des Cochons ou celles de la période des Contras !!!  Des Ak-47, notamment. Etrangement encore, en avril 2014, l’armée US a acheté pour 2 millions de balles de munitions pour ces AK-47.  L’observateur qui traque ce camp depuis des lustres avait relevé comme adresse Camp Stanley pour les fournir, tel que l’avait judicieusement relevé le New-York Times.  Lire ici le dossier de Cryptome sur le sujet.  Ahurissant !

Rien sur la Mena : logique, Bill Clinton a tout fait nettoyer

Dans un article très fourni de Micah Morrisson, sorti en octobre 1994 dans le Wall Street Journal, ce qui veut dire qu’il était d’importance, on peut lire les immenses efforts de Bill Clinton, gouverneur de l’Arkansas, pour tout faire pour éliminer toute preuve de ce qu’il pouvait savoir de ce qui se passait à La Mena. L’auteur de conclure qu’on n’est pas prêt de le savoir, en tout cas.  Le texte évoque la longue lutte de William Duncan, un ancien enquêteur de l’Internal Revenue Service qui avait découvert bien des choses sur à la fois Barry Seal, la Mena… et Bill Clinton.  « Selon M. Duncan et d’autres, les alliés de M. Clinton dans le gouvernement de l’État ont travaillé à supprimer les enquêtes sur la Mena.  En 1990, par exemple, lorsque M. Bryant a fait une déclaration dans la course à l’élection du procureur général, l’aide de Clinton, Betsey Wright, a averti le candidat de «rester éloigné» du problème, selon un rapport d’enquête de CBS Evening News.  Mme Wright conteste le rapport.  Pourtant, une fois au travail et après quelques tentatives dans le sens d’une enquête, M. Bryant a cessé de regarder vers La Mena ». 

« Les documents obtenus par le Journal montrent que, comme la quête de Clinton pour la présidence de l’Etat montait en 1992, ses alliés de l’Arkansas s’intéressaient de plus en plus à La Mena.  Marie Miller,  directrice de la Division de la fraude de Medicaid, a écrit dans une note de mémoire d’avril 1992 qu’elle a prévenu M. Duncan de l’intention du procureur général de rompre les liens avec la question de La Mena en raison de l’implication de l’AG (le « United States Attorney General ») et de sa connexion avec le gouverneur « .  Le mémoire dit que les instructions étaient conformes à une conversation avec le député en chef de M. Bryant, Royce Griffin.  Dans une interview, M. Duncan a déclaré que M. Griffin l’avait placé sous une «pression intense» sur La Mena.  Dans un autre mémo, de M. Duncan à plusieurs membres de haut rang du personnel du procureur général en mars 1992, des notes montrent que M. Duncan a été prié «d’éliminer tous les dossiers concernant l’enquête Mena du bureau du procureur général».  À l’époque, plusieurs journaux d’Arkansas étaient connus pour préparer la Loi sur la liberté d’information visant l’administration du gouverneur Clinton ».  Le film de Tom Cruise devait s’appeler au départ… Mena.  A part ça, Hillary se demande aujourd’hui encore pourquoi elle n’était pas appréciée de tout le monde… Avec une telle opposition présentant un tel passif, la tâche de Trump a été facilitée !

Mieux vaut donc regarder autre chose

Le film de Tom Cruise (ou plutôt du scénariste en dessous de tout , Gary Spinelli) est donc raté, sur toute la ligne : Hollywood, jamais, n’abordera le cas des Contras et du rôle qu’y a joué La Mena ; trop de présidents américains y ont participé ! Les bons films sur le trafic de cocaïne (ou l’opium) et les avions sont donc rares.  Je n’en retiendrai que cinq autres (et même six !) :  en premier, bien sûr, l’hilarant Air America, débordant d’humour avec un Mel Gibbons en pleine forme (à gauche les principaux acteurs) pour nous montrer une société aérienne paravent de la CIA, appelée « Air America » (c’était son vrai nom !), avec ses avions à décollage courts, ou son inévitable Provider à tout faire, embarqués dans un trafic d’opium dont se nourrit financièrement la CIA, sous les yeux d’un sénateur US qui ne comprend rien à rien alors qu’il croit alimenter une aide humanitaire.  Beaucoup de rythme et un humour constant et caustique pour un film bien plus proche de la réalité que ne l’est celui de Tom Cruise, et un des meilleurs anti-guerre avec Pentagon’s War., sommet du genre.  Le second évoquant vraiment la carrière de Seal date des années 80 est « Doublecrossed »  (Trahison) avec Dennis Hopper, réalisé pour la télévision en 1991 et qui est bien plus réaliste : la première scène de « ramassage » des ballots de drogue largués d’avion est en effet bien la méthode utilisée par Seal.  On y voit,  comme le relate fort bien l’indispendable AeroMovies un Piper PA-31-350 Navajo Chieftain (le premier qui balance les ballots de drogue, c’est en fait un Colemill Panther Navajo à hélices quadripale), un Cessna 310H c/n 310H0015, N1015Q , un Cessna 402B (s/n 402B-1048), N402DD (devenu en 2009 YV2687 au Venezuela, il fera parler de lui en 2012 à Puerto Ordaz, il est ici contre à gauche, dans le film) un Beech Baron 58P, un Beechcraft D18S c/n A-314, N80482 (c’est en fait l’immatriculation du Piper Seneca de Seal !).  Le Beech 18 , dont la séquence de crash est bien réelle, jouait en fait le rôle d’un autre avion : « l’épave fut achetée par Jetlease Finance Corp. de Fort Lauderdale en janvier 1993.  Cette scène reproduit l’accident qui arriva effectivement à Seal, le 28 mai 1984, en Colombie, quand on le força à décoller avec un chargement de drogue trop important, sur une piste boueuse.  Mais son avion n’était pas un Beech 18, c’était un Lockheed L18 Lodestar, modifié en PacAero Learstar (immatriculé N513V, – 18-2306 – le 9 avril 1984), qui fut entièrement brûlé (mais pas la drogue) et son épave enterrée.  Ce Lockheed est rayé des registres, mais il est toujours au nom d’Adler B. Seal de Bâton Rouge, sur le site de la FAA… » et un Fairchild Provider, immatriculé N840LK (alias c/n 20123, s/n 54-0674, HR-ALK (ici à droite), l’avion le plus intéressant est vu vers la fin du film, quand les livraisons de drogue prennent de l’ampleur.  Ainsi, Seal pilote un Fairchild C-123K Provider, immatriculé « N840LK ».  Ce matricule est faux (normal, vu la mission…).  Construit en 1954 (c/n 20123) à Hagerstown (Maryland), il fut pris en charge par l’USAF avec le serial 54-0674.  En mars 1981, il sera réformé et stocké.  En 1983-1984, l’avion réapparaît à Mena (AK) où il est entretenu par la société Rich Mountain Aviation, contrôlée par Seal et qui était chargée de modifier les avions, notamment en installant des réservoirs supplémentaires, pour augmenter leur rayon d’action, et des portes plus grandes, pour faciliter le chargement, mais aussi de les repeindre ou de changer leurs matricules… Pendant deux ans, l’avion vola sans immatriculation, avec un camouflage style USAF.  Ce n’est qu’en juillet 1986, que la compagnie charter Corporate Air Service, chargée des livraisons d’armes aux Contras nicaraguayens, plus connue sous le nom de « The enterprise », demanda une immatriculation.  En octobre 1986, il reprendra du service après avoir reçu un nouveau camouflage, en opérant à partir de Miami pour des missions en Amérique centrale, avec le matricule « N674JK », qui était un matricule réservé pour la compagnie Air America de la CIA…  Puis il fut immatriculé au Honduras (HR-ALK), au nom de la compagnie Trans Costa Rica, et basé à Tegucigalpa, pour effectuer des missions au bénéfice des Contras.  Après que son homologue, le C-123 (N4410F / HPF821, s/n 54-0679) ait été abattu le 5 octobre 1986, au Nicaragua, et qu’un membre de l’équipage, qui avait survécu, ait tout avoué, Oliver North donna l’ordre de détruire tous les avions ayant servi aux livraisons de drogue et d’armes (…). Quoiqu’il en soit, il fut alors saisi par l’armée hondurienne, et immobilisé jusqu’en 1989, date à laquelle les Américains le récupérèrent intact.  Ramené à Fort Lauderdale et restauré, il vola en 1990, pour le National Parachute Test Centre, de Dunnelon (FL).   En 1992, il sera vendu au Valiant Air Command Museum de Titusville (FL), celui de l’Air America Foundation.  En 2002, sa restauration commença, et en novembre 2006, il fut enregistré au nom de la société immobilière Aviation Industrial Realty Corp., de Dunnellon (FL) et immatriculé « N38LF », mais portant toujours sur la dérive, le logo de l’AAF.  Il resta à Titusville, sur le Space Coast Airport, où il était encore stationné en 2015, sa restauration n’étant pas achevée ».  A droite, Seal en personne à bord de son Provider, au sommet de l’écoutille de service au dessus du cockpit.

Il y manque des choses encore, et pas des moindres

Le film de Cruise ne montre pas non plus l’usage particulier de menée par deux Cessna 404, dirigés par Seal, sur Managua, le 9 septembre 1983. ce que beaucoup regrettent. L’un des avions touché par la DCA était allé s’encaster dans la tour de contrôle de l’aéroport de Cesar Augusto Sandino International Airport (ici à droite). Pour l’occasion les Cessna avaient été munis de roquettes par la CIA;  celles qu’emportaient le Cessna Skymaster au Viet-Nam (l’attaque avait été attribuée à des T-28) ! Manque aussi la présence remarquée du Learjet 23 (N13SN) que possédait aussi Seal. Ce Learjet a aussi une autre histoire sulfureuse et récente : en 2013, à Calaveras County, on retrouve les corps de trois personnes : Philipp Marshall ancien pilote de Boeing, et ses deux enfants âgés de 14 et 17 ans, tous retrouvés criblés de balles. Or Marshall a été un des virulents critiques du 11 Septembre, en particulier à propos de l’usage des avions civils qui se sont écrasés. Selon lui les pilotes kamikazes auraient été entraînés par la CIA sur Boeing 757 et 747  à Pinal Airpark, situé entre Las Vegas et Tucson en Arizona, où ont été vus aussi des gens de chez Blackwater. Le problème étant une photo prise en juillet 1984, celle de Philipp Marshall devant le N13SN de Seal, justement. Selon la police, sa mort était un… suicide. L’homme avait aussi déclaré ceci : »Pensez à ça. La version officielle d’un fantôme (Oussama Ben Laden) dans une grotte de l’autre côté du monde battant notre ensemble militaire entier sur le sol des États-Unis est absolument absurde ». Mais là, il semble bien que l’on aborde un domaine bien trop sensible et qui va rester tabou davantage encore que le rôle de la CIA dans l’affaire des contras…. Le Learjet de Seal appartenait en fait aux frères Whittington, trafiquants notoires fans des 24 h du Mans. L’avion avait été enregistré dans les îles Caïman par Paul Helliwell; de la CIA !

Jung, le Learjet des douanes, les granges à avions de Lakeland

L’avant dernier étant un film avec Johnny Depp, « Blow » (de Ted Demme, disparu en 2002), avec Penelope Cruz. Le réalisateur est mort d’une crise cardiaque après ingurgitation de cocaïne, pendant un match de basket de célébrités ! On y voit comment l’argent coulait vite à flots lors du trafic, et quelques appareils, dont un camouflé sous des filets, une technique revenue récemment en Guyana. L’histoire est fortement inspirée de la vie de George Jung, « El Americano » ou « Boston George », que Johnny Depp avait rencontré (à sa sortie de prison en 2015). Jung avait en fait débuté avec de la marijuana en 1968, amenant de Puerto Vallarta à Palm Springs, en Californie des quantités de plus en plus importantes pour répondre à la demande, en pleine période  « flower power »… Arrêté à Chicago il sort de prison en 1973 en recommençant la même chose mais à partir cette fois des Bahamas, en utilisant notamment l’île de Norman’s Cay comme « porte-avions ».  Une fois marié il était devenu un ami personnel de Pablo Escobar qui bien sûr l’avait dirigé vers la coke bien plus rentable, alors que Carlos Lehder (lire ici) commençait à régner en maître absolu (c’était un sympathisant nazi) dans l’île. A son sommet, on pense qu’il engrangeait  400 millions de dollars par an ! Il est l’inventeur du terme « coke star« , dont il s’est lui-même affublé. Il figurerait sur cette photo avec Escobar et Lehder. Pour échapper à la prison à vie et obtenir une condamnation à 20 ans, Jung avait dû témoigner contre Lehder. A la presse, Jung avait dit que le scénario du film, c’est simple, il l’avait rédigé lui-même en prison. Au début du film on peut observer un superbe Cessna 421 immatriculé XB-DHF, c/n 421-0104, puis un Cessna U206B Super Skywagon, le N3896G, c/n U206-0896.

L’avion de la drogue atterrit chez les douaniers

On peut aussi y ajouter un film récent (2016) resté confidentiel malgré une belle prestation d’acteur, celle de Bryan Cranston, devenu célèbre grâce à la série Breaking Bad, dans le rôle d’un infiltré à qui rien n’arrive comme prévu. « Infiltrator« , réalisé par Brad Furman est en fait la mise en image de la carrière de Robert (Bob) Mazur, qui a aussi été consultant, en connaisseur, pour le film « Miami Vice ». Interviewé à la sortie du film il déclarait que « durant ma mission, j’ai traité avec les courtiers de la BCCI (Bank of Credit and Commerce International) du Panama, qui collaboraient avec Pablo Escobar. Je suis même passé à leur antenne parisienne où transitait l’argent sale des dictateurs africains. Des sommes colossales, provenant du crime ou qui le financent, circulent secrètement dans le monde. Je vous parle de trillions de dollars. Qui ne concernent pas seulement la cocaïne. » Mazur, c’est sûr, avait découvert bien des choses ! Les avions sont bien présents, avec un hangar fourni en De Havilland Dove DH104, un Cessna 421 démuni d’hélices et, hélas, un Beechcraft Premier I… sorti en 1998 seulement (?). Le véritable Mazur avait lui été pris en photo devant un Learjet, le N435A (il est situé à droite sur la photo ici à gauche), le jet privé le plus répandu du moment (et des tous premiers avec le HS125). L’avion saisi par les douanes US et abondamment transformé (ajout d’un radar et d’une boule optoélectronique) a porté quelque temps les couleurs des US Border and Customs avant d’être bizarrement proposé à la mise en vente en 2015, la plus grosse enchère étant montée à 305 000 dollars (l’intérieur étant à refaire à nouveau pour un usage privé !). A cette liste on peut aussi ajouter un film de 2014, Kill the Messenger (« Secret d’Etat » en français) resté bien trop confidentiel sur la vie (et la mort) de Gary Webb, celui qui a le mieux décrit les transferts de coke et d’armes et la lutte contre les sandinistes du Nicaragua, avec un excellent Jeremy Renner comme acteur principal. Un très bon reportage visible aujourd’hui sur Daily Motion de « 90 minutes » visible ici (pour la partie 2) évoque la mémoire de Webb et l’étouffement complet de ce qu’il avait découvert et qui le mènera à la mort, ou plutôt son assassinat, qui ne fait aucune doute à vrai dire. Trop de présidents US étaient impliqués dans l’affaire des armes contre de la cocaïne, gérée entièrement par la CIA !!! Le reportage est… effrayant !!!

Miami Vice

Le dernier étant Cocaïne Cowboys de 2006, des témoignages réunis par Billy Corben, qui évoque notamment le rôle important de Griselda Blanco, (appellée « la Madrina », « tThe Godmother » et « la Veuve noire ») une des rares femmes à diriger un gang et un cartel . Si on peut se passer de la musique envahissante de Ian Hammer, le film est plus que passionnant. « Tranquillement assis sur une chaise, ces deux bonshommes, aux allures d’Américains moyens, racontent laconiquement rien de moins que l’histoire qui a inspiré le Scarface de Brian De Palma (1983). Comme s’ils faisaient le récit de leur virée matinale au supermarché, ils reviennent sur des expéditions au cours desquelles ils transportaient des centaines de kilos de cocaïne, en échange de millions de dollars. »résume fort justement Le Monde. Un second volet, « Cocaine Cowboys 2, Hustlin’with the Godmother » est sorti après en 2008.  Dans le premier film, on peut entendre et voir le procédé trouvé par les trafiquants pour dissimuler leurs avions : construire des granges spéciales en pleine campagne (à Lakeland), avec des portes découpées, pour les dissimuler !!! L’avion filmé est bien celui de l’affaire réelle : un Cessna modèle 404, depuis versés aux douanes US !

Miami… et Donald !

Le film déclare que la moitié de la ville de Miami, dont ses gratte-ciels, ont été fabriqués grâce à l’argent de la drogue « Miami’s Casablanca » (le feuilleton Miami Vice ayant popularisé la période). A la fin du film, on montre les « gens riches et célèbres » de Miami. Une personne bien particulière y figure en bonne compagnie : un certain… Donald Trump. Ce dernier rachète à vil prix (5 millions de dollars contre 20) une villa de Palm Beach datant des années 1920 en mauvais état. Elle avait été offerte au pays par ses propriétaires, une fois décédés. !!! Trump l’a transformé en club privé (le ticket d’entrée est à 100 000 dollars et accessoirement en villa personnelle. A l’époque, le jeune tycoon fréquentait beaucoup le club Studio 54 à Manhattan… mais à l’époque, il ne buvait même pas, paraît-il.

Une surprenante (et fort discrète) rencontre à Mar-al-Lago

Si la villa de Floride Mar-a-Lago de Donald Trump (ci-dessus) retient l’attention aujourd’hui, ce n’est pas pour une histoire de coke. ou plutôt pas directement : en avril dernier, le 24, le magazine Stratfor révélait qu’il s’y était passé une réunion très, très discrète que peu avaient noté (pas celle-ci !). Dix jours auparavant, la villa avait en effet été l’objet d’une rencontre fort particulière, en présence de Donald Trump, qui n’y vient donc pas qu’en villégiature (et là les rendez-vous y sont aussi beaucoup plus discrets). Oh, rassurez-vous, ce n’étaient pas des russes qui étaient ses invités. Mais deux anciens présidents, et pas n’importe lesquels : Alvaro Uribe et Andres Pastrana; les deux anciens présidents de la Colombie ! Tous les deux opposés à la réconciliation avec les Farcs, les plus gros fournisseurs de cocaïne du pays !!! Uribe alléguant au Congrès US d’une augmentation de la production de coca, suite à une baisse, faute de moyens et d’argent pour les épandages pour supprimer la pousse des arbustes à coca. Difficile d’imaginer que ces deux-là puissent souhaiter une lutte plus efficace contre le trafic de cocaïne. Le propre frère d’Uribe, Alberto, avait été tué dans sa villa par des paramilitaires (Alvaro Uribe créera lui aussi une section, des hommes qui protégeaient alors les trafiquants pour empêcher les Farc de s’emparer de la coke) et non par les Farc comme Alvaro Uribe l’avait toujours raconté. Pablo Escobar avait envoyé un de ses hélicoptères pour rapatrier Santiago Uribe, le frère d’Alvaro blessé dans l’assaut, est lui-même à la tête d’une milice paramilitaire de Guacharacas. Dans la propriété de La Carolina, appartenant à Álvaro Uribe Vélez, un groupe appelé ‘Les 12 apôtres’, avait torturé et tué Manuel Vicente Varelas. Un groupe de tueurs responsable de 533 assassinats, a déclaré en 2106 un procureur colombien. L’homme qui a chargé l’ex-président est un ancien policier, Juan Carlos Meneses, qui a décrit les méthodes employées, dont l’usage de radios à ondes courtes (de type militaire) pour communiquer et des terrains d’entraînement au tir à l’AR-1 ou à l’AK-47 dans la propriété même. Un autre homme, condamné aux USA, Salvatore Mancuso, responsable paramilitaire colombien, avait déjà accusé Uribe lors de son procès d’être le responsable des terribles massacres de fermiers à El Aro, Mápiripan, et El Salado.

L’hélicoptère accusateur

Uribe a en effet de plus en plus de mal a dissimuler, aujourd’hui, les liens étroits de sa propre famille avec les cartels. Jaime Alberto Uribe Vélez, son frère a eu deux enfants (Ana María et Daniel Alberto) avec Dolly de Jesús Cifuentes Villa. Or cette fille avait-on appris en 2012, avait été être extradée par la Colombie aux États-Unis, accusée d’appartenir au cartel de Sinaloa… celui d’El Chapo Guzman ! J’ai évoqué ici le cas de la famille Uribe. Selon le procureur Flavio Buitrago, « la nièce de Alvaro Uribe, a été placée en bonne place sur la liste du Département du Trésor américain et été identifiée comme un membre du clan Cifuentes Villa, qui aurait aidé le cartel de Sinaloa à blanchir l’argent et pour la contrebande de plus de 30 tonnes de cocaïne aux États-Unis en plus de travailler avec d’autres groupes actifs dans le trafic de drogue ».  On avait retrouvé en 1983 à Tranquilandia un vaste laboratoire de transformation de cocaïne dissimulé en pleine forêt dans le département de Caquetá, en Colombie (4). Un des bidons de produit de transformation de la coca (de l’éther-oxyde) avait été muni d’un émetteur satellite par la DEA : sur place on avait trouvé plus de 13 tonnes de coke (une semaine seulement de production a-t-on dit !). Et dans un recoin de l’immense lieu de production de cocaïne… un hélicoptère. Immatriculé HK2704X… appartenant à Alberto Uribe !!! Rodrigo Lara Bonilla, ex-ministre ministre de la Justice dans le gouvernement de Belisario Betancur Cuartas et assassiné dans sa Mercedes par des hommes d’Escobar le « la soeur de Lara Bonilla a rappelé les mots du ministre: « Il a dit que Tranquilandia était très sérieux comme cas, qu’il a compromis des gens très importants de la politique du pays, et que l’hélicoptère qu’ils avaient emmené à Tranquilandia appartenait au père d’Alvaro Uribe Vélez ».

Ironie de fin : sur la tombe de Seal figure un slogan : “A rebel adventurer, the likes of which, in previous days, made America great«  : voilà qui devrait rappeler bien des choses à Donald Trump !!!

PS : Barry Seal est mort assassiné. Oliver North, aujourd’hui âgé de 73 ans, passe une retraite tranquille en étant devenu la coqueluche des chaînes de TV type Fox News ou dans une série d’espionnage (« The Americans« , pas à négliger) Hollywood ne s’est toujours pas intéressé à son personnage (à moins que…). Mais vous savez maintenant pourquoi…

 

 

 

 

 

 

(1) relire ma saga sur Dallas à ce sujet.

notamment :

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (2)

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (5)

`

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (6)

(2) « de la base de la National Guard de Montgomery, Barry Seal avait participé à des opérations dans les Caraïbes et l’Amérique centrale, dont une qui incluait l’assassinat, le 30 mai 1961 du dictateur Raphaël Trujillo en République dominicaine. Sa limousine avait été pris en embuscade alors qu’il revenait d’un rendez-vous avec sa maîtresse. Seal travaillait pour le général Reid Doster, qui a réuni une armée de l’air parallèle de la CIA qui, finalement, comptait jusqu’ à 80 aviateurs. Seal sera recruté par Doster au Guatemala, logeant au Mayas Excelsior Hotel, deux mois avant l’invasion de Playa Girón » (la Baie des Cochons).

(3) selon Vanity Fair (12 mars 2008) « Au cours de son témoignage devant la Commission Warren, George DeMohrenschildt a déclaré à Albert Jenner qu’il avait visité Tito et Conchita Harper sur leur ranch, situé à cheval sur la frontière américaine et américaine. Le 3 juillet 1972, The New York Times a signalé que des fonctionnaires fédéraux ont arrêté neuf hommes au Texas et en Louisiane pour avoir conspiré de la contrebande de munitions au Mexique. Parmi les personnes arrêtées, il y avait Richmond C. Harper, 48 ans, frère de Tito Harper, éleveur et directeur de la Frontier State Bank of Eagle Pass, Texas, et Marion Hagler, ancien inspecteur du Service de l’immigration et de la naturalisation. Murray Kessler et Alder B. Seal ont également été arrêtés. Kessler, qui était invité au ranch Harper en juin dernier, avait un procès-verbal de six condamnations dans les tribunaux fédéraux et étatiques pour des vols d’État, du transport de biens volés, de l’impression de livres et de conspiration pour posséder de l’héroïne. Les autorités fédérales l’ont décrit en tant qu’associé de la famille Gambino, de la criminalité organisée ».

 

(4) « Álvaro Uribe Vélez a été dénommé « précurseur de l’ Etat Narcotrafiquant  » par l’un des centres de recherche les plus importants en matière de trafic international de stupéfiants, « The Narco News » (http: // www.narconews.com), depuis qu’en 1997 et 1998, les douaniers des États-Unis en Californie ont arrêté trois avions suspects à destination de la Colombie qui, comme les douaniers le découvrirent, transportaient 50 tonnes de permanganate de potassium, un composant chimique nécessaire dans la fabrication de la cocaïne.

« Selon un document signé par le chef de la DEA Donnie R. Marshall le 3 août 2001, les avions se rendaient à Medellín, Colombie, au nom d’une entreprise appelée GMP Produits Chimiques. Les 50 tonnes du composant chimique destinées à GMP étaient suffisantes pour fabriquer 500 tonnes d’hydrochlorate de cocaïne, d’une valeur de 15 milliards de dollars. Conformément au rapport de 2001 de la DEA, le patron de GMP Produits Chimiques était Pedro Juan Moreno Villa, chef de campagne et ex-secrétaire de gouvernement lorsqu’Uribe était Gouverneur d’Antioquia. De 1995 à 1997, Moreno était secrétaire de gouvernement et bras droit d’Uribe. Pendant ces années, selon le chef de la DEA Marshall, « entre 1994 et 1998, GMP a été le plus grand importateur de permanganate de potassium en Colombie ».

« De 1980 à 1982, la première charge publique d’Álvaro Uribe a été Directeur de l’agence d’Aéronautique Civile de Colombie. Virginia Vallejo, dans son livre « En Aimant Pablo, en détestant Escobar », rend compte de la relation entre Uribe et Pablo Escobar et note qu’Uribe comme directeur de l’Aéronautique Civile a joué un rôle clef pour l’octroi de permissions massives de vol accordées au cartel de Medellín, sans lesquelles le cartel n’aurait jamais pu faire ses envois immenses de drogue aux Etats-Unis et n’aurait jamais pu accumuler son immense fortune. Uribe a eu pour second César Villegas quand il était directeur de l’Aéronautique Civile. Or celui-ci a été condamné à 5 ans de prison pour ses liens avec le Cartel de Cali puis assassiné pour taire son témoignage. (journal « el Tiempo » de Colombie 17/03/2002) ».

« Quand dans « Tranquilandia » (l’Opération Yarí) la police et l’armée colombienne ont désactivé le plus grand laboratoire de fabrication de cocaïne trouvé jusqu’à ce jour en Colombie, ils mirent la main sur un hélicoptère Hughes 500, immatriculé HK 2704 X, propriété d’Aerofotos Amortegui Ltda, entreprise qui appartenait à la famille Uribe. Álvaro Uribe prétend que cet hélicoptère avait été vendu auparavant mais qu’il avait oublié de déclarer la vente ».

 

Documents :

Un excellent reportage ici sur Barry Seal :

 

séries TC à visionner

« Narcos » (plutôt une apologie d’Escobar hélas), « Snowfall »  et « The Cocaine Cowboys »

Sur l’assassinat de Barry Seal :

Mena Barry Seal Assassination Investigation 2 20 1986 NBC

sur Barry Seal et Kennedy :

http://spartacus-educational.com/JFKseal.htm

excellent article ici:

https://www.arktimes.com/arkansas/bad-company/Content?oid=2221734

sur la Mena :

In Search of the American Drug Lords – The CIA and The Mob

sur les avions de « renditions » :

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-victor-jara-a-guantanamo-la-57910

Sue la Mena toujours :

Coke en stock (CIV) : retour en Arkansas, à la Mena

et en 5 épisodes :

1) US Government dealing Cocaine in Mena Arkansas Part 1

2) US Government dealing Cocaine in Mena Arkansas Part 2

3) US Government dealing Cocaine in Mena Arkansas Part 3

4) US Government dealing Cocaine in Mena Arkansas Part 4

5) US Government dealing Cocaine in Mena Arkansas Part 5

Un article récent de The Independent qui fait le lien entre histoire et film :

http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/films/features/american-made-tom-cruise-barry-seal-real-life-true-story-cia-drug-smuggler-informant-pablo-escobar-a7911081.html

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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  1. avatar

    précision d’un lecteur assidu : le « Learjet N435A » est en fait un Cessna Citation II, le N43SA…

    comme quoi on a beau vérifier…

    merci à l’oiseau de passage qui a vu l’erreur !

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