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Coke en stock (CXXVIII): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (6)

Le Mexique nous a fait comprendre une partie du système mis en place pour acheter aux USA; avec tous ces avions destinés à transporter de la drogue venue d’Amérique du Sud et destinée en majeure partie aux Etats-Unis.  Mais un appareil bien particulier, dont nous avons déjà vu le profil, a été aussi sollicité par les trafiquants et leur envoyé spécial… non pas pour transporter de la drogue, mais une seule personne semble-t-il.  Retour sur l’incroyable affaire de Lambertville, petite bourgade perdue dans le Midwest et qui a vu se produire un événement exceptionnel, sans qu’aucun de ses habitants ne s’en aperçoive.  Et retour par la même occasion à Yupukari et à notre conclusion générale  !!!

Au Mexique, la corruption règne, ça n’étonnera personne de lire ce genre de constatation.  Mais elle prend parfois des allures assez surréalistes.  Une affaire a indigné tout le pays en 2015 : cette année-là, le Tiempo d’Oaxaca, un hebdomadaire et un site politique critique envers le gouvernement révèle que l’ancien chef des services de santé, Germán Tenorio Vasconcelos, avait acheté le 27 mars 2014 un avion d’une valeur estimée entre 225 et 235 000 dollars, (3 millions et demi de pesos mexicains), alors qu’il était toujours fonctionnaire du gouvernement de l’Etat.  Avec quel argent, on ne le savait pas exactement et c’est bien ça le nœud du problème.  Il l’avait acheté fort discrètement le 21 octobre 2013, via une société écran appelée « Inmobiliaria Tenorio, SA de CV » créée de toute pièce. Immatriculé N7850Q, l’avion, un bimoteur Cessna 340  de 1973 acheté à Point 2 Aircraft LLC était devenu le XB-LKO .  Et il ne l’avait bien sûr pas déclaré au fisc mexicain !  C’est la goutte qui fait déborder le vase, pour lui, l’homme étant alors déjà accusé de népotisme et de dissimulation, et d’avoir commis des irrégularités dans la construction de l’Hôpital de la Femme, ainsi que d’avoir laissé derrière lui un déficit de l’ordre de 81 millions de pesos pendant son administration.  Bref, il était déjà largement détesté et l’affaire de son avion privé un supplément à sa détestation généralisée.   Son surnom résumait son action au sein de la santé qu’il avait saignée à blanc durant son mandat :  on l’appelait en effet « Doctor Muerte », et il traînait derrière lui d’autre casseroles, celles d’une fraude aux médicaments.   Déjà notifié d’une « inhabilitación » de 13 ans, en 2014, il est passé en procès en septembre 2016, et depuis, il ne risque pas de retravailler dans le secteur :  il a été condamné à 4 fois vingt ans d’interdiction d’exercer  (80 ans !).  Pas trop décontenancé pour autant, il a dans la foulée annoncé l’ouverture de son hôpital privé appelé « San Lucas » avec l’aide de son ancien partenaire Gabriel Sainz Coronado. Selon la presse, personne ne sait d’où viennent les fonds, exactement… le pays va mal, on le sait, mais c’est à tous les niveaux, ce dont profitent les trafiquants pour réaliser leurs coups tordus.

Des écoutes téléphoniques édifiantes

Dans un pareil pays, il n’est donc pas étonnant de constater ce qu’a failli réussir à faire notre fameux Torres de l’épisode précédent, le fournisseur de Lamborghinis et d’un Cessna aux fils d’El Chapo (voir épisode précédent).  L’histoire racontée ici par GFarma News le 6 janvier dernier est tout simplement incroyable, et rappelle surtout à la fois notre business guyanais collecteurs de billets et celle de nos mexicains de Yupukari (voir les épisodes précédents).  Le businessman pilote de Guyana, en effet, car l’avion dont on va parler maintenant était du même modèle que le sien, c’est un Aero Commander 690B également (un des rares avions pour VIP à aile haute, ici çà droit un exemplaire… de la police iranienne). L’histoire commence par des interceptions de conversations téléphoniques le plus souvent codées provenant de Guadalajara au Mexique.  Retenons bien le nom de la ville.  Les gens de la DEA qui ont du flair semble-t-il surveillent en effet Jorge Martin Torres depuis un bon bout de temps et le soupçonnent d’être à la tête d’un réseau important de drogue : « les communications électroniques interceptées par les agents ont conduit à Jorge Martin Torres, un homme d’affaires, selon les dossiers de la Cour fédérale du Mexique qui le décrivent aussi en tant qu’associé de blanchiment d’argent de haut niveau travaillant pour les fils du caïd de la drogue (comme on a pu le voir précédemment).  En plus de produits de la drogue de blanchiment, Torres se rendait aux États-Unis avec un visa pour trouver des acheteurs de paille pour ses voitures de luxe,  des propriétés et des avions pour ses clients. Un agent de la DEA a déclaré que l’argent blanchi par Torres avait des ressources multiples, qui ont servi à acheter des avions et des articles de luxe. En 2014, la police a réussi à faire remonter l’affaire jusque Detroit après que les envoyés des cartels aient commencé leur shopping en quête d’avions. Par conséquent, dans le même temps, la sécurité intérieure a alerté des entreprises dans le Midwest comme quoi les membres de la drogue mexicaine et de l’organisation du trafic s’intéressaient de plus en plus à des achats d’appareils dans le Midwest ».  L’envoyé du fugitif le plus recherché était en quête de lui trouver un avion pour VIP; il semblait bien en effet !

Une véritable organisation, des acheteurs de paille

La technique employée était sophistiquée :  on est loin de notre pilote guyanais avec ses billets dans des sacs poubelles !!  Selon l’agent spécial Emilia Fernandez citée dans l’article… « Torres utilise un réseau de passeurs d’argent / OMS blanchisseurs transfert du produit de la drogue par le biais de plusieurs moyens, y compris les dépôts bancaires structurés, la contrebande d’espèces en vrac et les échanges bancaires internationaux, pour obscurcir la source et l’origine des fonds » explique l’agent spécial de la DEA, Emilia Fernandez  « ces fonds sont utilisés pour acheter des articles Ensuite, les avions, les voitures, les montres haut de gamme et d’autres articles. Les gros achats ont été faits par les acheteurs de paille et, dans le cas du Cessna, à destination du Mexique. En général  seuls les américains ou les citoyens ou résidents étrangers permanents sont autorisés à posséder des avions enregistrés auprès de la Federal Aviation Administration. Les individus utilisent souvent de faux noms, des alias ou des acheteurs de paille pour acquérir et immatriculer des aéronefs dans des activités illégales ou pour cacher l’identité du véritable propriétaire, selon le Ministère de la Justice ». Après la ville retenons le principe de l’achat sous faux nom pour rapatrier ensuite l’avion au Mexique. La préparation est donc longue et patiente, mais tout se met à bouger d’un coup, selon les écoutes : « en 2014, le cartel a visé la métropole de Detroit pour ses achats. A cet endroit, au même moment, le ministère de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security) était visiblement parti à la pêche. Au début de 2014, le vendeur d’avion utilisé Rick Swick a reçu un appel téléphonique surprise à son bureau de Lambertville, à une heure au sud-ouest de Detroit, près de Monroe ». Le trafiquant avait choisi un endroit et une firme bien particulière : c’est un tout petit bureau de vente de style familial (tenu par le père, le fils et la belle fille) qui ne possède même pas de grand aéroport à proximité. C’est au beau milieu du pays, dans un trou perdu qu’avait été reçu l’appel téléphonique. Le broker d’avions appelé Swick (?)  vend aujourd’hui encore un beau Westwind de 1981,  immatriculé N894TW : l’engin a déjà connu 13 enregistrements depuis sa sortie (il avait intéressé plein de gens il semble). Il avait même été remarqué à ses tous débuts sous l’immatriculation des aéronefs Aviation Administration civile d’Israël – 4X-CTV- dans le but de vols d’essai.

La société familiale Swick and Associates est installée à Lamberville, bourgade perdue du Michigan de moins de 10 000 habitants, tous blancs ou presque.  Elle a gardé le nom de son fondateur (John Lambert) qui l’a créée en 1888 (ici la ville en 1905).  La ville la plus grande la plus proche est Toledo, sur le lac Erie, dont le « surburban airport »  dans le district de Lambertville n’a qu’une seule piste en asphalte de 1 479 mètres de long seulement.  Autrement dit, ce n’est pas fait pour les jets !!!  Swick y vend pourtant des Falcon (un de 1991 en tout cas, le N906CM ex Air Fox LLC et ex Novair, ex N906WK)

L’appel crucial du printemps 2014

Revenons au coup de fil :  « l’appelait un agent de sécurité intérieure, qui avertissait Swick que des ressortissants mexicains achetaient de plus en plus d’avions dans le Midwest. « Parce que s’ils essayaient d’acheter des avions dans le sud de la Floride, ce sera plus facilement un drapeau rouge qui sera sorti, » avait-il dit à Swick. L’agent de sécurité intérieure a dit à Swick de le prévenir si jamais il voyait une affaire suspecte en vue. Deux semaines plus tard, au printemps 2014, l’agent fédéral appelé Swick, qui lui a dit  » tu ne vas pas le croire » , ce à quoi il a répondu « c’est « juste magnifique ». Le contact de Swick, de nationalité mexicaine, a dit qu’il était intéressé par l’achat d’un de ses avions présentés, un avion de 1978, un Rockwell Commander International 690B.  L’avion était annoncé sur le site Web de l’entreprise et sur les sites Web de l’industrie aéronautique. Swick vendait l’avion au nom des services d’une entreprise minière du Montana et un transporteur appelé Quarry Services (à gauche un annonce de vente de marbre de la firme, la société de transport s’appelant Warren). Elle l’avait utilisé pour superviser les opérations dans le Montana, le Dakota du Nord, Dakota du Sud et le Wyoming, a dit son directeur général Sam Buchanan dans une interview. « C’est un bel avion, selon les critères d’aviation », a déclaré Buchanan. « Nous l’avons bien utilisé quand le secteur pétrolier marchait très bien, mais nous n’en n’avions plus besoin, nous ne pouvons nous le permettre, aujourd’hui (l’avion avait été acheté le 1er juin 2012). » L’avion – peint « Cervin blanc » et « Ming blue » – avec des  sièges en cuir et de la moquette partout, il avait été refondu avec une avionique neuve et mise à jour (à droite son tableau de bord neuf avec deux grands écrans LCD) et il pouvait atteindre ses 30o miles à l »heure, ajoute Swick. Les hélices sont montées haut sur les ailes de l’avion, ce qui aide parfaitement pour atterrir sur des pistes non revêtues dans les avant-postes ruraux. « Pour un ancien turbopropulseur, » ajoute Swick: « il était tout simplement magnifique ». Et c’est vrai qu’il avait de la gueule, son Commander !

« Un avion magnifique »


« C’est un très bon avion si vous êtes désireux de faire passer des choses d’un arrière-pays,  sur une piste courte », a ajouté Swick
(ici à gauche). Le bonimenteur  – « C’est tout simplement le plus beau … Commander disponible dans le monde! » – a conclu un acheteur intéressé au Mexique. Le nom de l’acheteur potentiel avait sonné de façon familière aux agents fédéraux. C’était « Roco Loco », l’alias utilisé par le lieutenant de cartel de Sinaloa impliqué dans l’avion Cessna de l’Ohio deux ans auparavant (celui des fils de El Chapo. « Il avait l’air assez bien informé. Roco m’a envoyé un courriel, mais je ne pourrais jamais l’avoir au téléphone « , a déclaré Swick. « Une question embarrassante a été soulevée et je lui ait dit que je connais un gars aux États-Unis qui gérait tout cela. Wolf va le gérer, lui a dit Swick ».  Entre alors en scène un drôle de personnage aujourd’hui âgé de 68 ans…  « C’était Wolf Hofman, qui dirige une compagnie de fret aérien à Laredo, au Texas, une ville le long de la frontière entre le Mexique. « Hofman est bien connu des membres de forces de l’ordre comme étant soupçonné dans plusieurs activités illégales, y compris la participation avec les organisations de trafic de drogue mexicaine, » selon le procureur fédéral, Kuebler, qui l’a même écrit dans une déposition judiciaire. Hofman n’a pas été accusé de crime (je ne ferais pas de commentaire ajoute l’auteur)… A bien regarder, le dénommé Wolfman vendait en fait de tout : sa publicité annonce en effet  « Miscellaneous Retail Category: Gift, Novelty, and Souvenir Shop Industry: Novelties. Perfumes and Colognes. Automotive Parts. Glassware et même Television Sets » !!!  Or cette sorte de « Cash and Converter » local est aussi …« President for American Air Freight Co » , une société de transport aérien (comme les adore la CIA est-on fort tenté d’ajouter !) !!!  En 1995, il avait fait l’objet d’une plainte, déjà pour une sombre affaire d’impayés à Transamerica, société  lui ayant avancé « l’argent pour financer l’acquisition de biens destinés à la revente », en jouant avec les lois entre les Etats (Transamerica étant en Illinois et Jett au Texas).  Au final, la cour avait demandé aux deux opposants… de s’endurer tout simplement !  Wolfman est aussi « President for Nova Fabrics & Garments, Inc » encore une autre société de  Laredo : décidément, il a plein de casquettes cet homme !  Et il est très actif : en 2007, par exemple, il avait fait venir un container de plus de 7 tonnes de jeans « pour femmes » du Panama, de Manzanillo vers Laredo via le port de Houston au Texas.  En somme, Wolfman,  c’est un peu le Hughie les Bons Tuyaux de Laredo !!!

En remontant jusque l’Illinois
L’enquête a été longue, car les paiements ont été disséminés un peu partout dans le pays (à gauche une très intéressante carte de la progression du Cartel de Sinala aux Etat-Unis : on voit bien le rôle de Chicago, au bord du lac Michigan comme relais vers l’Est, Lambertvielle étant un peu plus à l’Est près du lac Erie).  L’Illinois, quel curieux hasard, on y revient : « en février 2014, les agents fédéraux ont saisi 675 851 dollars au cours de l’enquête sur la drogue en cours centrée dans l’Illinois. L’enquête a inscrit des millions de dollars provenant de la drogue grâce, en partie, à l’écoute électronique. L’enquête a conduit les agents de la DEA à Torres, l’homme d’affaires mexicain qui a aidé à l’entente d’acquérir l’avion Cessna dans l’Ohio, selon les dossiers judiciaires. Torres a été la main du cartel pour acheter l’avion Commander par des virements et d’autres documents de paiement éparpillés, Les procureurs ont déclaré. avoir l’habitude d’échanger par courriels, car au contraire des messages de téléphone portable, les textes avec un lieutenant de cartel, laissant une piste de navigation numérique à suivre pour les enquêteurs, selon les les procureurs. Torres a coordonné les paiements aux entreprises, dont plus de 233 000 dollars inclus dans des virements électroniques en avril et mai 2014, selon les dossiers judiciaires. Un virement de 76 511 dollars  provenait de Gasoestacion Ecologica, la même société mexicaine liée au Cessna dans l’Ohio, selon les dossiers judiciaires ».  Une attitude qui surprendra aussi le broker, qui se demandait à quoi allait ben servir son bel avion… « L’intérêt de l’entente dans le Michigan a surpris l’avionneur Swick (..) Le Commander n’avait pas été probablement destiné à la contrebande de drogues, ce que Swick rappelle, après en avoir été informé par l’agent de sécurité intérieure. Selon l’agent de la DEA, il devait être plutôt destiné  pour le transport exécutif des membres de direction supérieure », a déclaré Swick.  Laissant lourdement entendre qu’il était donc destiné à transporter El Chapo en personne !!!  Résultat, les autorités craignaient qu’effectivement l’avion aurait pu servir au chef du gang évadé et qui était recherché partout à ce moment là.  Sans prendre de risques, donc,  « la vente s’est terminée en mai 2014  et a été conclue pour 940 000 dollars et le Commander s’est  envolé aux mains d’une société d’exploitation vers l’aéroport international de San Antonio au Texas. Des agents l’on saisi le 12 mai 2014, avant que l’avion ne puisse partir au Mexique. »  Fait plutôt rare, le broker a été totalement  indemnisé, la DEA lui achetant l’appareil à la place de Torres  !!!  Le choix de la région du centre des USA par le sbire d’El Chapo n’avait donc rien du hasard, loin de là.  Un étonnant rapport de mai 2010 du Département de la Justice US, visible ici, indiquait le taux de pénétration des trafiquants mexicains aux USA.  Le plus haut taux dans le Midwest et la région des grands lacs étant bien selon elle celui du « Cartel de Tijuana » (celui d’Arellano Félix).  Une famille extrêmement cruelle originaire de Culiacan, la capitale de l’État du Sinaloa !!!

« Un jour sans fin », que cette histoire d’avion VIP d’El Chapo

Le problème, c’est que c’est une histoire qui se répète à l’infini.  Ma mémoire m’a en effet rappelé que ces procédés, je les avais déjà décrits il y a 6 ans maintenant avec une gigantesque entourloupe sur la revente d’un Gulfstream cette fois : « l’avion cité, finalement saisi par le gouvernement (du Honduras, précisons-le), a une histoire intéressante : celle d’une entourloupe gouvernementale.  Il est d’abord le N900CE de Cashman Equipment Corp, Boston MA, puis le N555LG d’Integrity Aircraft Inc, puis le N51TJ de Tyler Jet LLC en 1999, puis le N667CX d’ Air LLC en 2000.  Et devient le XB-JPL en 2005. L’avion est auparavant attaché à l’aéroport de New Canaan, près de Sairfield, dans le Connecticut sous le numéro N667CX (ici à droite). Le 28 novembre, il est acheté par un  dénommé Mario Alberto Andrade Mora, au vendeur, le broker Oslo Express LLC, société dirigée par John B. Kjekstad. Lors de la transaction, Mario Alberto Andrade Mora est représenté par Carlos Ruelas García, l’envoyé « d’AeroFox », une « Sociedad Anónima de Capital Variable ». Une clause particulière est écrite dans le contrat : l’avion n’a pas le droit de circuler au Mexique sans l’autorisation express d’un représentant du vendeur, Omar Mercado López.  Qui de cette manière reste encore son propriétaire véritable !  Le contrat de Mora ne lui donne pas l’usufruit complet de l’avion !  Sinon, c’est 950 000 dollars d’amende à payer parait-il ! L’avion est donc… mexicain, et ne peut pas circuler librement !!! Le 24 février 2006, pourtant, l’avion quitte le Mexique pour le Honduras, emmené par ses deux pilotes Carlos Messner et Federico Rivielo. A peine arrivé, et alors qu’Omar Mercado López le réclame déjà, les deux pilotes prétextent une défaillance mécanique survenue à l’aéroport Toncontin de Tegucigalpa, pour ne pas rentrer à leur base.  Vite déclaré abandonné, l’avion est mis aux enchères 250 000 dollars seulement, ce que s’empresse de régler le groupe SCF, dans lequel on soupçonne de hauts fonctionnaires honduriens ».  Une belle entourloupe en effet !  La presse le racontera plus tard en mai 2015 : « le journal a rapporté en 2006 que l’avion bimoteur Gruman GII, avec l’enregistrement du Mexique XB-JLP était sorti à 16h15 de l’aérodrome international de Maiquetilla au Venezuela en route vers Puebla, au Mexique, et pourtant de façon inattendue, il a atterri à Tegucigalpa à 17h30. L’avion a atterri à l’aéroport de Toncontin, au sud de la capitale du Honduras, le 25 Février 2006 et a été alors abandonné » (…) des articles de journaux détaillant cette date montrent que les pilotes mexicains Federico Rivielo et Carlos Enrique Messner ont abandonné l’avion de luxe à l’aéroport, pour lequel les caméras de sécurité avaient été éteints, puis ils ont disparu.  Deux autres Mexicains, Federico et Carlos Enrique Rivielo Messner, ont essayé de prouver la propriété de l’avion, sans succès; même l’avocat Rodrigo Higuera (connu au Mexique pour défendre les personnes accusées de l’enlèvement de l’affaire Fernando Martí) a tenté de certifier que Messner était propriétaire du jet ». Enfin, le 13 Février 2007, le jet a été vendu aux enchères 736 000 dollars des États-Unis, qui cette année équivaudraient à un peu plus de 8 millions 506 000 pesos ». L’avion avait été revendu une bouchée de pain !!!  L’avion qui avait été N343K au départ (ici à gauche), devenu N343N, N888CF, XA-ROI, N555LG, N51TJ, N667CX, XB-JPL, HR-AUJ et enfin N900CE 

Un antécédent évident

J’avais donc déjà soupçonné El Chapo d’avoir utilisé un homme de paille pour s’emparer de l’appareil, une sorte d’intuition au regard de ce que représentait financièrement l’avion.  « Pour beaucoup, en effet, c’est Mario Alberto Andrade Mora, au contrat d’achat mal rédigé, qui ainsi « offert » l’avion a Manuel Zelaya Rosales, qui en hérite à un prix très (très) inférieur au marché. En échange de quoi ? Mora n’aurait-il pas été le représentant d’El Chapo Guzman plutôt ?  L’avion vaut en réalité 2 millions de dollars…. il devient alors XB-JPL et a comme détenteur depuis le « Ministerio Publico de Honduras » sous le numéro HR-AUJ. Manuel Zelaya Rosales ne pourra même pas s’en servir pour quitter le pays lors du coup de force de la junte militaire : réfugié au Salvador (en voiture) il devra emprunter un Falcon pour tenter de revenir. L’histoire de ce Gulfstream finalement subtilisé par un gouvernement en dit long sur la décrépitude du pays. Comment, à partir de tels actes, voulez-vous saisir les avions des trafiquants ? Résultat, les 3/4 des juges du pays, en cas de saisie, décident de rendre leurs biens aux délinquants s’ils sortent de prison. Résultat, des avions bloqués parfois plusieurs années revolent… pour alimenter indéfiniment le circuit !!! »  Cette affaire d’avion revendu à bas prix nous ramène à l’embouteillage des avions saisis au Mexique, décrit dans un épisode précédent.  Sur un des clichés aériens de 2010 de l’aéroport de « stockage » des avions saisis de Culiacan (ici plus haut à droite), on aperçoit en effet pas loin de 100 appareils stockés, en dehors des hangars ou d’autres le sont aussi.  On aménagera même une deuxième aire (vide en haut des trois images) pour y ajouter les plus anciens (au milieu), et les laisser pourrir sur place ou les dépecer (image du bas), avant que la verdure ne les envahissent (image à gauche).  La comparaison des images prises au sol et par satellite et saisissante.  Parfois, cela devient rageant, puisqu’on découvre à quelques km à peine du même aéroport un Cessna de trafiquants dans le hangar d’une entreprise d’épandage aérien comme ici le 15 mars 2016. Le Cessna est immatriculé XB-LRM (l’immatriculation d’un Cessna 401 !).  A bord de l’avion 22 paquets de marijuana pesant 220 kilogrammes, plus 17 sacs avec des paquets de drogue, du Crystal Meth.  Plusieurs véhicules ont été saisis plus 4 avions « appartenant à une compagnie de fumigation ». Ils n’auront pas loin à aller, remarquez… A Culiacan, décidément, on trouve de tout en fait : en mars 2014 une grosse opération de police avait bouclé un ranch dans lequel avaient été trouvés des avions volés dont certains en train d’être repeint ou re-siglés.  Parmi eux, des avions d’épandages, eux aussi immatriculés à la hâte une fois repeints.  Tous avec des numéros inexistants, bien entendus.  Trois patibulaires, Héctor Mendoza García, Yiovani Lara Flores et Ramón Iglesias B, avaient été arrêtés.

Que faire avec le trop plein de Culiacan ? le revendre, pardi !

A Culiacan, ça s’amoncelle donc.  Mais le gouvernement a trouvé la parade, en annonçant régulièrement la mise aux enchères des avions saisis… procédé pour désengorger les coûts d’entretien, mais dont le revers est la réinsertion dans le circuit des appareils déjà saisis pour trafic : quand je vous dis que c’est un « Jour sans fin » cette histoire !!!  Alors on se retrouve avec cette annonce plutôt discrète d’octobre 2015 qui indique que « Le ministère des Finances mis en vente vingt avions et résidences provenant des trafiquants de drogue comme Joaquin Guzman Loera, El Chapo et Ignacio Nacho Coronel, dont certains d’entre eux sont évalués à 15 millions de pesos ».  Bien, se dit-on on va retrouver des Cessna.  Détrompez-vous, ce sont des « bizets » qui sont annoncés, et pas des moindres : « les  avions mis au rebut par le PGR et sont: huit Cessnas et six Grumman Gulfstream II de divers modèles, un Sabreliner et Beechcraft King Air 300, qui ont été fabriqués entre 1968 et 1986. Deux Grumman et deux avions Cessna et King Air étaient des avions que le PGR avait saisi à des trafiquants de drogue dans les années 90 et qui les avait plus tard inscrits – dans sa flotte d’interception opérationnelle  pour la renforcer ses opérationnelle. Ce type d’avion Grumman est couramment utilisé par les agents du PGR pour voyager dans le pays, et leur vente a commencé au prix de départ de 202 000 pesos. L’avion cité comme le plus cher est le Beechcraft King Air 300, avec un prix de départ de 2 millions 859 000 pesos ». On remarquera l’annonce de pas moins de 6 Gulfstream … !!!  En fait, deux ans auparavant on avait tenté de les refourguer les (très) vieux coucous, longtemps abandonnés à leur sort… une jet ne peut plus voler au bout de deux ans d’abandon, en moyenne.  Or certains sont là depuis les années 90 !!!  En 2013 déjà, 15 avions dont ceux déjà cités, avaient déjà été proposés à la revente, sans trop de succès : le Beechcraft King Air 300, immatrículé au départ XC-AA46, un avion saisi par la police,  ex N125RP, ex N7259B  et surtout ex HK-3536W, mis au parking depuis 1995, et rebaptisé XC-LMW au prix de « 2 millones 859 mil 200 pesos » (162 000 dollars !), visible à l’aéroport de Mariano Matamoros de Cuernavaca.   Cet avion saisi à des trafiquants avait été décommissionné par le Mexique en 2000 déjà pour « installations de bord non fonctionnelles » : c’est une épave depuis.  Un Grumman II de 1969, le N899GA, recordman ou presque des propriétaires, sur l’aéroport de la capitale annoncé à 202 mil pesos devenu XC-LKM, saisi en 2007 alors qu’il appartenait à Aerofox.  Pris ici à gauche en photo à Mexico en 2013..; en très mauvais état.. (et ici au temps de sa splendeur). Un autre Grumman II, numéroté XA-LZZ, ex XA-AFP et XA-ABA, de 1973, le 136 ème construit, mis en vente à 359 mil 400 pesos (20 000 euros !).  Etrangement le même numéro était visible en Californie en 2015 réduit à l’état d’épave…  sous l’immatriculation N190RP... Un troisième Grumman II, XC-LKL, ex N818A, N100PM ou XB-KCW saisi en 2008 à Omnitrition de Mexico SA sur l’aéroport de Cuernavaca annoncé à 422 mil 400 pesos (24 000 euros, le prix de la Volkswagen Coccinelle new style !).  A Mexico, on tombait aussi encore en 2012 sur le Citation XC-PGN, pas au mieux de sa forme non plus ainsi que sur les XC-LKN (un Gulfstream II- saisi en 2011 portant alors le sigle XC-KBO- et  le XC-LKA, ex Gulfway Air Inc N701S... Bref, les ventes n’ont pas trop marché sur le parking de l’aéroport del Norte, où la PRG  expose ses prises…

C’est une vieille histoire en effet

Et puis il y a des visionnaires, ou ceux qui aujourd’hui en font figure, tel R.E Grosse.  Dans son livre salutaire « Drugs and Money: Laundering Latin America’s Cocaine Dollars » de Robert E. Grosse sorti en 2001, le circuit complexe de l’achat des avions destinés aux transferts de drogue avait été décrit en détail, déjà avec à sa tête un broker colombien, à l’époque. « L’une des façons dont les trafiquants de cocaïne colombiens utilisent l’argent gagné dans leur entreprise est d’acheter du matériel nécessaire pour faire fonctionner cette entreprise. Un excellent moyen de transporter jusqu’à une tonne de cocaïne se tient dans un petit avion à réaction ou un Cessna Caravan. Ce type d’avion coûte environ 1 million de dollars, et il peut être configuré pour contenir suffisamment de carburant pour voler de la Colombie aux États-Unis comme destinations avec de grandes quantités de cocaïne. ors de l’opération du blanchiment de Saccoccia, une partie de l’argent câblé de Trend Precious Metals et International Metal Marketing a (ainsi que d’autres comptes de Saccoccia) a été utilisé à ces fins. Un courtier en avion colombien est avéré être celui impliqué dans les achats nombreux pour divers trafiquants de stupéfiants et pour créer l’affaire suivante. Le courtier, Johnny Finkelstein (Finer) , avait négocié avec un courtier en avion basée à Denver pour acheter l’avion. Lorsque la transaction a eu lieu, il a été payé par virements des comptes Saccoccia et par deux chèques tirés sur les comptes bancaires au Panama et à New York qui avaient été les fonds placés par des dépositaires inconnus. Finkelstein a prétendu être le propriétaire des comptes, mais il ne pouvait pas prouver comment l’ l’argent arrivait sur les comptes. ». » Cette disposition est similaire à d’autres transactions effectuées par Finkelstein pour acheter des avions pour les clients colombiens. Au moins trois fois  avant cet événement, les avions impliqués ont été saisis  plus tard au Mexique, ou aux États-Unis. et avec de grandes quantités de cocaïne à bord d’autres. En 1990, un Super King 300 a été vendu à Finkelstein par AMR-Combs de Fort Lauderdale.  Lorsque les autorités US ont essayé d’établir la propriété réelle des avions, il a été déterminé que la société colombienne, Avesca, appartenait à plusieurs personnes, y compris à l’un des membres du cartel de Medellin, Luis Carlos Lizcano. Finkelstein avait obtenu l’argent des membres du cartel en ayant des fonds transférés chez AMR-Combs. Les trafiquants de cocaïne ont chargé l’organisation de Stephen Saccoccia de transféré par téléphone environ la moitié de ses comptes à Los Angeles et à New York. Les trafiquants ont également demandé à Agro Industrial Bank d’effectuer un virement bancaire au Panama d’un demi-million de dollars à partir d’un compte et d’envoyer un chèque de ce montant à AMR-Combs. Une petite quantité a été envoyée par chèque également d’un compte contrôlé par le cartel  à la Bank Hapoalim de New York ».  Combs-AMR avait été fondé par Harry Combs, qui était aussi un pionnier du jet d’affairesle président de Gates Learjet (ici à droite avec Charles Gates)  et le fondateur de Mountain States Aviation, a beaucoup écrit sur  les frères Wright brothers, et il est décédé en 2003 à l’âge de 90 ans.  En 2013, l’épineux dossier de ces tripatouilages  bancaires était revenu d’actualité avec la découverte d’une… négociation entre John Finkelstein Winer (son nom complet, surnommé « El Judío »,) et Jose Salazar Buitrago (surnommé « Brother ») et le procureur chargé de l’affaire, afin de n’être condamnés qu’à 36 mois de prison maximum, y compris les deux années déjà effectuées depuis leur arrestation en septembre 2011… les deux trafiquants avaient fait marcher leurs avocats qui avaient trouvé la faille dans l’accusation : selon eux, le tribunal devait se voir remettre les dossiers de tous les paiements (200 dollars par mois) en provenance de la DEA aux officiers colombiens qui les avaient poursuivis.  Des informations compromettantes, susceptibles d’être utilisées pour contester les écoutes téléphoniques ou pour destituer des témoins dans l’affaire, selon ces avocats.  Les deux hommes risquaient la prison à vie !!!

Jorge, une vieille connaissance en fait !

En étant intrigué par le vieux Sabreliner (306-129 de 1977, ex N60ML, – ici à droite-  N95RC, N749UP et N2144J au départ ) annoncé en vente, et immatriculé XB-ULF, on découvre qu’il a été acheté en 2005 par un dénommé Tomas Yarrington, l’ex-gouverneur de l’Etat de Tamaulipas de 1999 à 2005, à la frontière avec le Texas, avec l’argent de primes offertes par le Cartel du Golfe, alors le plus puissant au Mexique.  Un grand jury l’avait condamné (en son absence) à Corpus Christi au Texas.  Selon les charges, Yarrington avait déjà commencé cette relation avec les trafiquants de drogue alors qu’il était maire de Matamoros, sur la frontière US. « L’acte d’accusation de 11 points dit que Yarrington en outre, a été suspendu du PRI en mai 2012, et qu’il a été impliqué dans la contrebande d’expéditions en vrac de cocaïne à travers le port du Golfe de Veracruz aux États-Unis entre 2007 et 2009. »  Mais il y a mieux encore à découvrir !  Deux autres absents avaient eux aussi été condamnés avec lui : Hector Javier Villarreal, ex- secrétaire des finances  de l’Etat de Coahuila et un dénommé Jorge Torres (et oui, c’est bien le même), ancien gouverneur par intérim de l’Etat, tous deux condamnés « pour fraude, vol et transferts illégaux de fonds » .  Le financier de l’avion d’El Chapo avait déjà été condamné aux Etats-Unis en 2013 !!!!  On pouvait y ajouter au passage un autre avion : « l’acte d’accusation comprend également un avis de confiscation. Certains actifs identifiés dans l’acte d’accusation ont déjà été saisis par les États-Unis dans les actions de confiscation civile au cours de l’enquête, y compris environ 46 acres dans le comté de Bexar, une villa sur l’île de South Padre, un avion Pilatus de 2005 et des résidences à Hidalgo et dans les comtés de Hays ».

On revend à tour de bras !

Le (superbe) Pilatus PC-12 immatriculé N679PE était au nom de Premier International Holding LTD.  Dès qu’il avait été saisi, un mexicain au nom de Pablo Zarate Juarez (“Zarate”), en avait réclamé la propriété.  Il possédait aussi un King Air C90GT.  Dans l’acte d’accusation on retrouve le blanchiment d’argent destiné aux services sociaux et détournés ! Yassington avait acheté une « exhacienda » à San Juan, dans la municipalité de Soto la Marina, au milieu d’une réserve cinegétique parmi les plus protégées de la région.  Elle faisait 2 630 000 hectares et comportait une piste d’atterrissage de 1 km de long.  La liste effarante de ses détournements est ici.  Le Pilatus saisi a été mis en vente sur le site du gouvernement US en avril 2017.  L’offre est partie à 1 810 100 dollars !  En moyenne il se revend 2,5 millions. la version la plus récente se vend entre 4 et 5 millions… D’autres avions seront proposés à la revente par le gouvernement mexicain.  Parmi eu un encore étiqueté « saisie ».  Un avion immatriculé XB-LAD ou LRD (ici à gauche) … Un énième Cessna ayant amené de la drogue dans le pays.  Un Grumman Gulfstream numéroté XB-KCX en fort piteux état est aussi proposé.  En fait il hésite, il semble car une photo de son réacteur gauche nous indique XC-LKN… notre invendu de 2012 croisé au chapitre du dessus !!  Le fameux XA-LZZ croisé est aussi visible.. en piteux état lui aussi.  Vraiment.  Les épaves ce n’est pas ce qui manque en effet.  De Stationair notamment.  Mais aussi et c’est plus rare de Lancair… bien planté dans le sol et depuis largement vandalisé.  Mais un ces clichés nous renseigne sur sa localisation : c’est bien la tour de contrôle de Culiacan au loin … et c’est bien l’ère ouverte en supplément pour y ajouter les avions saisis par la justice mexicaine  (cf le chapitre ci-dessus appelé « Un antécédent évident »…)

Résumé de l’enquête : ce qui conduit à Yupukari

Si l’on résume le problème mexicain il est donc multiple, d’aucuns disent insoluble.  Des avions tombent tous les jours sur le territoire, sont saisis, stockés et remis en vente quelques années plus tard.  Le gouvernement est dépassé, et la corruption est partout.  En face il y a des « narcos » qui ont conçu il y a plus de 30 ans maintenant avec le colombien John Finkelstein Winer tout un système d’achats par hommes de paille pour se procurer des Cessna qu’il bourrent de coke et de kérosène.  Pas de problème de recrutement des pilotes-kamikazes de brousse : il  y en aura toujours pour les piloter contre quelques liasses et venir parfois de loin comme on l’a vu.  Pour réussir une entreprise de ce genre, à un petit niveau déjà il faut disposer de deux adresses, une au USA, au mieux au Texas tout proche et une au Mexique, à Guadalajara comme on l’a vu pour notre fameux Torres.  Au mieux, il faut habiter près d’un aéroport pour mieux s’organiser dans les livraisons de pièces détachées ou même pour y préparer les avions.  C’est donc devenue une industrie, avec ces « cadors » et ses petites mains.  Les micro-entreprises débutent par un faible investissement, puisque comme on l’a vu un Cessna ancien coûte le prix d’un pick-up.  Avec les premiers gains, on investit dans des avions plus gros.  Pour finir par acheter… pour les trafiquants, un appareil comme le Cessna Conquest II à un peu moins d’1 million de dollars !!!  Regardons donc maintenant de plus près nos deux lascars acheteurs de l’avion de Yupukari. L’un habite dans un préfabriqué (ici à gauche, à Boerne), l’autre dans un appartement situé à deux pas de l’aéroport de San Antonio (ici à droite)… Et un troisième membre de la famille habite à Guadalajara… Maintenant, vous avez tout ce qu’il faut pour comprendre ce à quoi ils pouvaient s’adonner ou non, selon ce que vous pensez de cette affaire.  Il est évident en tout cas que l’avion découvert à Yupuraki et qu’ils avaient acheté s’apprêtait à charger une cargaison de cocaïne, très certainement, pour rejoindre Guadalajara, ou une autre ville du Mexique.  Voir s’envoler directement vers l’Afrique de l’Est comme d’autres l’avaient tenté avant lui.  Mais ceux qui l’avaient acheté débutaient plus ou moins dans le « métier » : aussi est-il plus raisonnable de penser qu’ils s’orienteraient vers le Nord-Ouest, plutôt, quitte à rejoindre la Floride via les îles intermédiaires, qui sait.

 

La question qui demeure

Le plus étonnant dans l’affaire étant le cas de Torres, qui, pourtant clairement condamné aux USA, ne semble pas avoir tout de suite attiré les radars ni de la DEA, ni du FBI.  Y aurait-il un laxisme patent dans ce genre d’affaire, je vous laisse juge, mais personnellement je trouve qu’on laisse bien trop faire.  Dans quel but exactement ? Vouloir détruire encore plus ce pays ravagé par les gangs qu’est le Mexique ?  Ou bien a-t-on tout simplement décidé de laisser tout tomber, en déclarant, et je ne suis pas loin non plus de le penser aussi, que ce pays est fichu sur toute la ligne ?  Il y avait 895 pistes clandestines de répertoriées en 2014  et près de 600 avions ont été capturés en moins de 10 ans.  L’un des derniers est un… Cessna 206 retrouvé  le 13 juin dernier embourbé (ici à droite), malgré ses gros pneus, près de , dans le Chiapas.  Avec 95 kilos à bord de cocaïne : un petit joueur, nouveau sur le marché ?

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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