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Coke en stock (CXXVI): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (4) ?

Nous voici arrivés au moment de vous expliquer notre découverte du mois.  Elle s’inscrit en fait dans une déjà longue tradition d’avions de trafiquants partis se cacher sous les arbres en attendant des jours meilleurs.  L’action se passe en Guyana, dont vous connaissez bien maintenant le décor.  On y a découvert en 2016 un appareil de taille respectable, soupçonné comme les précédents dissimulés de faire partie d’un réseau de transport de cocaïne.  Le hic, c’est que l’on ne connaissait pas au départ de quel avion précis il s’agissait.  Mais avec de la patience et une bonne vue, on finit par trouver ce que l’ASN elle-même n’a pas encore trouvé… à ce jour.
Nous avons vu dans les trois épisodes précédents que la Guyana présente des failles de sécurité aériennes importantes, avec notamment son nombre important de pistes de terre, non surveillées, et une couverture radar inexistante.  Tout ce qu’il faut pour y favoriser l’arrivée ou le départ d’avions chargés de drogue. Certains de ses appareils sont découverts tardivement ou par hasard.  Souvent crashés, ou incendiés par les trafiquants une fois posés, plus rarement intacts.  D’autres pays ont connu les mêmes déboires.  Dans l’épisode Coke en stock (LXXXII) : le Venezuela, porte-avions de la drogue, je vous avais montré un exemplaire du dernier genre, « un Cessna 421 blanc et bleu, immatriculé B-KDP, dissimulé sous des filets de camouflage sous les arbres, en plein parc national Aguaro Guariquito, près de la municipalité Sebastian Francisco de Miranda, dans l’État de Guarico » (au Venezuela, donc).  Primitivement dissimulé sous un filet de camouflage, l’avion avait à ses côtés 22 fûts de kérozéne, près à être montés à bord ou à être transvasés :  l’appareil s’apprêtait à effectuer une longue traversée, peut-être bien de l’Atlantique, qui sait… le grand saut !

Au Guatemala aussi, même technique 

Plus récemment, en février dernier, c’est un Raytheon Beechcraft biturbopropulseur plus imposant encore, un C90 King Air, immatriculé N890NC, visiblement une immatriculation recopiée d’un autre appareil existant, qui avait été découvert au Guatemala à El Manchón, dans le Champerico,  près de Retalhuleu.  On rappelle rapidement ici que Retalhuleu est un endroit bien connu des historiens :  c’était  dans les années 60 la base arrière des opérations de la CIA en Amérique du Sud, d’où étaient partis les B-26 Invader pour aller bombarder la Baie des Cochons !  Le N890NC serial LJ893 est toujours en vente en ligne, mais il se présente effectivement sous une autre livrée.  Le reportage de la télévision locale montait que l’appareil avait sagement été reculé sous les frondaisons, avec à ses côtés un nombre impressionnant de bidons, de tuyaux et même un générateur électrique à moteur à essence de marque Honda.

Des câbles électriques en nombre laissaient entrevoir un éclairage de piste « volant »… posé par les trafiquants.  Devant lui, s’ouvrait un terrain qui lui avait servi pour se poser et dont il espérait se resservir pour redécoller.

En 2012, déjà, pas loin de là, c’était un autre avion, un imposant Piper Cheyenne PA-42 (ci-dessus à gauche) qui avait été découvert avec bidons de kérosène près à remplir ses réservoirs et une cargaison de coke encore à bord.  L’avion s’était posé de nuit sur une propriété appartenant à Pantaleon SA, une entreprise sucrière, un atterrissage nocturne bien aidé par tout un système d’ampoules de type domestique, disposées au sol – on en compte plus d’une vingtaines- et reliées par de gros câbles, montrés en gros plan à la télévision (ici à gauche) :  le dispositif réutilisé 5 ans plus tard avec le Beechcraft, il semble bien.

 

 

La découverte de Yupukari

Les trafiquants ont donc des méthodes bien rodées depuis des années, qu’ils appliquent consciencieusement là où ils ont décidé d’effectuer leur trafic, quel que soit le pays d’accueil.  Aussi n’est-on pas trop surpris de trouver un appareil similaire sagement rangé sur le côté de la piste en terre du Yupukari airstrip, près d’Essequibo, en Guyana, le 18 septembre 2016.   D’abord il a fallu bien regarder, pour le découvrir, car le premier cliché, ici à droite, montre un avion complètement dissimulé sous les feuillages, eux-mêmes retenus par des filets.  Une fois tout cela dégagé, on découvre ce que c’est exactement :  et c’est bien un Cessna 441 Conquest II de 1978, reconnaissable à son important nombre de vitres latérale et à ses hélices à larges pales quadruples !

 

L’avion de la jungle, un grand classique des longues traversées

Les autorités guyanaises semblent être les premières étonnées de la découverte et restent fort précautionneuses en employant le conditionnel à son égard, mais elles ont néanmoins distingué quelque chose chez lui  : « comme l’indique l’enquête dans la découverte de l’aéronef illégal à sur la piste de Yupukari, dans la région 9, une vérification du numéro d’enregistrement pour l’avion qui a été découvert démontre que l’immatriculation est une fausse.  Il a été dit jusqu’à présent, que le numéro d’enregistrement peint sur l’avion, N767Z, qui est un faux numéro, ne fait pas partie de l’avion, car un autre avion actuellement exploité aux États-Unis porte le même numéro.  M. Harmon dit que la découverte de l’aéronef stationné a été fait par les rangs de la Force de police et de la Guyane Force de défense de l’OMS effectuent régulièrement des patrouilles dans la région.  Il a été trouvé presque caché sous une touffe de brousse et du matériel de camouflage.  L’avion Cessna bimoteur a été retrouvé mercredi matin, sans équipage sur le site.  Le GDF a reçu un rapport comme quoi l’avion avait été repéré dans la région, la veille.  Les enquêteurs de la GDF, forces de police et CANU sont tous dans la zone où se conduit l’enquête.  Ils soupçonnent que l’avion était peut-être utilisé pour transporter de la drogue  et d’autres articles illégaux en Guyane ».  Le N767Z est effectivement un appareil existant, appartenant à Big Sky LLC, Delta CO, US  (Corporation), mais il possède des hélices à trois pales seulement.  Le voici ici à droite photographié à Teterboro, une coïncidence pour nous rappeler les chapitres précédents de cette enquête en quelque sorte… on aurait pu s’y tromper, ma foi, avec les couleurs similaires… mais un thème de décoration différent, qui utilise des courbes et non des droites nous fait rejeter l’option, comme l’a fait d’ailleurs aussi le gouvernement guyanais.

Un rapport d’enquête bâclé

On s’achemine donc vers une longue enquête pour retrouver l’original… car l’ASN lui-même, depuis septembre 2016, n’affiche même rien à son égard, ce qui est plutôt désespérant… alors qu’elle affiche le CV de l’avion guatemaltèque… ou l’incendie par les trafiquants du LET-410 de décembre 2007 !  Pour l’instant les autorités font tout pour nous orienter vers la piste d’un avion venu de Colombie, sinon « un avion colombien » :  c’est en tout cas ce qu’écrit dans son rapport le Brigadier (Retd) Edward Collins qui le 18 octobre 2018 remet officiellement son rapport au ministre d’état Joseph Harmon, en se faisant abondamment photographier (ci-contre à gauche).  Le même Harmon, au mois de décembre 2015 précédent la découverte de l’avion de trafiquants, avait réuni la presse pour vanter les mérites de son opération « Dragnet » contre les trafics en tout genre… sans montrer la moindre statistique pour le prouver !!!  Le gargarisme et l’autosatisfaction est une forme de communication fort usitée là-bas.  Comme preuve de l’efficacité de la surveillance du pays, Hamon dans sa conférence cite l’exemple d’un hélicoptère vénézuélien atterri par mégarde sur la piste de Kaikan, dans la région 7, un épisode qui lui avait été signalé « dans les minutes qui avaient suivi » selon lui.  En fait d’incident diplomatique, l’hélico vénézuélien s’était tout bêtement perdu :  après avoir demandé à deux autochtones s’il était bien au Venezuela, il avait aussitôt redécollé !!!  Ce n’est donc pas un radar qui l’avait aperçu, mais la population locale qui avait averti ensuite la police !!!

Ce n’est pas un avion « colombien », en tout cas !

Ce rapport est une véritable farce, en réalité. En beaucoup moins de temps qu’il n’a fallu pour le rédiger, nous allons en effet retrouver ces véritables propriétaires, qui ne sont pas cités bien sûr.  Voilà ce qu’il faut en retenir en tout cas :  « selon le ministère de la présidence, le brigadier Collins, qui a été chargé d’enquêter, examiner, conseiller et faire un rapport sur les circonstances dans lesquelles l’avion étranger est arrivé ici, a déclaré que les enquêtes, jusqu’à aujourd’hui, ont révélé que l’avion provenait de Colombie, vers la Guyana comme destination.  « L’avion a été découvert par les services conjoints le 13 septembre mais il était là à cet emplacement bien avant.  Il y a suffisamment de preuves pour suggérer que l’avion venait de Colombie et qu’il était en route vers la Guyana « .  Selon toutes les indications, les problèmes de moteur bimoteur développés par le Cessna ont obligé les pilotes à procéder à une certain manœuvre afin de ne pas perdre conscience et ils sont se sont posés en Guyane.  Parce que l’avion ne pouvait pas redécoller, il y est resté pendant un certain temps .  Nous avons des preuves pour suggérer que les résidents l’ont constaté sur le le site avant le 18 août 2016″ note Collins.  Le commissaire a dit que pendant les enquêtes, il a été également découvert que les résidents ne fournissaient pas d’informations aux forces de sécurité et qu’il est probable que les recommandations comprendront l’élaboration de meilleures relations et la communication entre l’industrie de la sécurité et les membres des communautés dans ces domaines ».  « Tous les Toshaos ont été interrogés et je ne sais pas pourquoi ils n’ont pas voulu fournir les informations à la sécurité.  Je ne peux que supposer d’après la preuve que j’ai reçu à ce jour, que la relation entre les villages et les forces de sécurité ne sont pas ce que [nous avions] prévu, « a-t-il dit ».  En résumé, l’avion était là depuis plus d’un mois, attendant d’être réparé.  Et les populations locales, méfiantes envers un pouvoir qui ne rêve que de faire forer du pétrole sur leurs terres, restées très méfiantes au point de ne pas en dénoncer la venue.  A ses côtés, des tuyaux et des pompes électriques visibles laissent envisager qu’il s’apprêtait lui aussi à redécoller pour un long périple… direction.. le Mexique, voir tenter la traversée de l’Atlantique… ???

 

Un prédécesseur… lié au trafiquant Roger Khan !

Les autorités guyanaises ne sont pas très chaudes pour évoquer ce genre d’embarras.  On peut les comprendre, si on remonte un peu dans le temps (je n’ai pas dit les absoudre !).  Le dernier appareil découvert abandonné au Guyana remonte à octobre 2012 l’avait été sur autre « airstrip », celui de Lethem.  Caché lui aussi au milieu des frondaisons, le Cessna 421 portait le numéro HC-CIK, et avait été repeint à la va-vite : d e blanc à stries bleues, plutôt élégantes, il était passé à de larges placards de rouge peints à la louche.  Pas vraiment le travail d’un artiste en décoration d’avion.  Son pilote brésilien, avait lui choisi de disparaître une fois l’avion posé et il était désormais introuvable (l’avion devait se rendre primitivement à Boa Vista, au Brézil).  Selon Stabroek News, « les contrôleurs de la circulation aérienne de l’aviation civile ont reçu du pilote son dernier contact radio « tronqué » la veille, Gonçalo du pilote un brésilien de 41 ans, qui est toujours recherché par les autorités et la police locale.  Il avait quitté l’aéroport d’Ogle le samedi après-midi à destination de Boa Vista, au Brésil.  Une source a dit à Stabroek News que selon toutes les indications, la couleur de l’avion et l’enregistrement ont été changés pour voler en Colombie.  Elle dit aussi qu’il y aurait des armes débarquées à l’endroit (Pirara), qui aurait été passées en contrebande du Brésil pour les livrer aux cartels de la drogue en Colombie, en échange de cocaïne.  Ils ont dit que ce commerce n’avait rien de nouveau car il avait « cours depuis des années. »  En reprenant les câbles interceptés par Wikileaks, on tombait rapidement sur cette perle véritable  : « Khan est en négociation avec l’ ancien président de GUYSUCO (la Guyana Sugar Corporation), Vic Oditt, pour acheter un ranch de 200 miles carrés à Pirara dans la région de Rupununi Sud (ici à gauche l’avion dans la propriété).  Le ranch a une grande piste d’atterrissage, et Khan est considéré comme agissant à la demande des narco-intérêts colombiens ou du Panama ».   C’est dans le même câble que l’on avait appris ceci : selon RNAS, Khan a-été actif dans les armes de contrebande en Guyana et au Surinam, en Guyane française, et peut-être la France » (???).  « Il échange de la cocaïne contre  des armes.  Khan a aussi établi des liens avec les FARC et a fait office de « Middleman » (cf de négociateur) de cocaïne pour les transactions d’armes.  Par exemple, Khan a passé en contrebande des armes en Guyana et les a échangées après avec les FARC contre de la cocaïne.  Il y a une forte indication que Khan a été profondément impliqué en décembre 2005 dans un envoi d’armes aux FARC en Colombie ».   Selon le Kartryn’s Report, « lorsque l’avion a été trouvé à Pirara, un jour après son départ de l’aéroport international Ogle, il avait été repeint, avait équipé de réservoirs de carburant supplémentaires et les tuyaux pour faciliter les longues heures de vol et son numéro d’enregistrement avait été changé pour celui du Venezuela ».  Il s’apprêtait à faire donc quoi, avec, le fameux Roger Khan avec l’ex N421RU (N° de série 421A0068)?

Epluchage et visionnage, les deux mamelles des enquêteurs tenaces

Toujours est-il que si l’on sait qui aurait pu autant s’intéresser à ce Cessna 421, on ne sait toujours pas à qui aurait bien pu appartenir notre avion, en panne, modèle 441, dissimulé au fond de la jungle guyanaise.  Ce qu’il y avait le plus à craindre, c’est que les trafiquants qui l’avaient abandonné à son sort en le camouflant auraient pu être tentés de transformer cette fameuse jungle protectrice en atelier de peinture… au quel cas le travail de fourmi qui avait si bien marché avec le fameux Hawker « mormon » ne pourrait rien donner.  N’empêche, munis de la même patience, nous revoici, Falcon et moi a éplucher toutes les photos de Conquest II quadripales qui pouvaient nous tomber sous les yeux, un par un… Des Conquest de ce type, on en a construit 362… Fastidieux, encore une fois, je vous l’avoue mais payant… au bout de deux nuits de recherches intensives, on tombait sur ce que l’on n’espérait déjà plus trouver : bingo, car c’est bien le même !!! (au dessus l’avion de la jungle, en dessous l’avion ayant appartenu à Terra Diamond Industial… jusqu’au 19 septembre 2015) !

 

Un appareil à 800 000 dollars, retrouvé abandonné ?

Le fameux faux N767Z est donc bien le vrai N533M de 1981 ex Alegre Air(ici à droite également), ancien appareil allemand (D-IDRJ, avec une déco alors rectiligne) :  même peinture extérieure, de même couleur, mêmes antennes (l’exemplaire de la jungle semble avoir perdu son antenne aérienne filaire et son petit garde-boue de roue avant).  Un avion de ce type se négocie aux alentours de 800 000 dollars minimum, comme ici avec cette vente d’une proposition de vente d’un modèle 1978 (N44KP) annoncé à 875 000 dollars (négociables).  Les trafiquants ne l’avaient donc même pas repeint (à part en fait le bout des hélices, qui se sont peut-être abîmés à croiser au sol dans les herbes hautes) !!! L’avion, déjà revenu… sur l’aéroport principal du pays est bien celui portant le numéro de série 441-0222.  On notera que l’appareil décrit comme en panne sérieuse a bien fait tout seul le trajet, et qu’il est revenu par ses propres moyens au Cheddi Jagan International Airport… après s’être posé en route sur la piste en terre de Lethem, voilà qui ne s’invente pas (on y revient !) !!!  Pourquoi donc les autorités en ont-elle fait à tout prix un avion « colombien » voilà qui pose question, une recherche simple nous montrant qu’ils n’était certes plus américain.  Car il était en effet devenu entre temps mexicain, comme l’a découvert l’ami Falcon !!!  Peut donc démarrer la deuxième partie de la découverte :  celle de ses propriétaires actuels,  Pourquoi avoir tenté de dissimuler l’avion et non de le déclarer en panne ? !!!

L’appareil était en vente quelques mois auparavant chez Bell Aviation, comme le montre cette page issue du magazine Av Buyer du 1er juin 2015.  Le nom de son acheteur apparaît très vite :  il s’agit de la société Yeli Aircraft LLC, installée à Boerne, au Texas, dont les deux responsables ont pour nom Xochil S. Figueroa et Adriel Acevedo qui sont… deux personnes d’origine mexicaine.  Leur société n’a été créée qu’en 2012, mais elle annonce déjà avoir enregistré 7 appareils, tous déjà revendus… au Mexique (à droite ci-dessus leur Cessna 172RG Cutlass de 1980 (N6533V) acheté en 2014 à José Cervantes, de San Diego (Californie) qui ne l’a gardé qu’un an.  L’avion était resté dans son jus des années 80, côté couleurs !

Tous exportés, à peine achetés !

Chez LAAS Data, plutôt fiable, on remarque tout de suite que le Cessna N°441-0222 figure bel et bien.  Mais il est indiqué comme étant en train d’être vendu à un (ou des)… mexicain (s) !  La société Yeli en a acheté 7, en effet d’avions depuis 2012.  Dont deux bimoteurs : le fameux avion de la jungle et un Navajo immatriculé N300HF (31-7812008,vu ici se rendant en Colombie. en 2013, après avoir été racheté à Blue Grass Aircraft Inc, le 20 juillet 2012...  Les cinq autres étant des Cessna monomoteurs.   Leur N2013F est un Cessna Centurion (à train rétractable donc).  Un engin datant de 42 ans et qui portait des marques évidentes d’usure (notamment sur sa planche de bord ou son compartiment arrière) avait vu sa sa publicité en vanter tous les mérites :
 » Ce ’75 Centurion en très bon état entretenu depuis 25 ans par le programme d’entretien Part 135 réalisé par  de experts de modèle 210 ! » ;  l’engin était annoncé à 40 000 dollars seulement, soit l’équivalent d’un gros pick-up moderne aux USA.  Le Cessna N5530C originaire du Texas est un modèle Centurion lui aussi, version T210N Turbo; qui date de 1979, il a été acheté à Sof Leggs Inc en 2014, une société de Houston.  Sur un site de broker on annonçait ce N5530C en vente à 109 000 dollars (ici à droite)… le tarif  d’achat augmentait sérieusement là !  L’autre collègue de Yeli n’est pas en reste, puisque lui possède deux autres appareils en nom propre  comme on peut le voir ici à droite :  il possède donc également un Aero Commander, immatriculé N352SS, acheté en 2012 à Rico Efren, et resté longtemps visible au Brown Field Municipal Airport, c’est à dire près de San Diego, en Californie… c’est à dire aussi juste à côté de la frontière mexicaine !  Le plus drôle des achats de cette fine équipe étant un petit Cessna TU206G, immatriculé N7396C.

Un Cessna à skis pour des trafiquants mexicains ?

L’avion, acheté en Alaska et basé à Talkeetna, était en effet encore visible en 2008 muni de…skis !  Lui aussi a été depuis exporté !  Tout aussi intéressant, on découvre chez FlightWare que le mercredi 30 septembre 2015, notre fameux Conquest II de chez Yeli a effectué un vol le menant de Tucson, au Texas, à Guadalajara au Mexique.  La « livraison » a été rapide :  Yeli l’avait acheté le 19 du même mois, soit à peine 11 jours auparavant !!!  Qu’allait-il donc faire là-bas ?

Guadalajara, l’équipe de Yeli connaît bien, à vrai dire, comme on va le voir.  Adriel Acevedo, l’un des deux dirigeants est lui aussi pilote à ses heures.  En tant que tel, il a laissé lui aussi sa marque dans l’actualité. A lors qu’il venait à peine de créer sa société, le 12 janvier 2012, le voici qui fait la une de la presse à peine 6 mois après.  A bord d’un vieux Piper PA-23 250 Aztec, immatriculé XB-HXK, à savoir à bord d’un avion… mexicain.  Un avion retrouvé vautré dans le champ  d’une l’Estancia, près de l’Institut Supérieur normal de Colima Education (ISENCO).  « Panne de moteur » en avait déduit l’enquête sur l’accident.  Dommage : visiblement, il venait d’être entièrement repeint, dans un style plus récent que celui d’origine.  Peut-être bien par l’entreprise familiale Yeli :  notamment grâce à Reyes Adriel Acevedo (on reste dans la famille) qui possède aussi une adresse à San Antonio au Texas et qui semble être le commercial de l’affaire, ayant créé sa société… d’importation au Mexique, à Guadalajara (on y arrive !).  On le trouve en effet le 9 mars 2012 à envoyer de Guadalajara au Mexique à Yeli Aircraft, au Texas, un gros colis par camion :  il pèse un peu plus d’une tonne.  Indication du contenu : « avioneta accidentada, con motor y accesorios (desensamblada) », estimé à une valeur de « 3275 dollars », via Nuevo Laredo, Tamaulipas.  Inutile de traduire il me semble.  Un Piper équipé de ses deux moteurs fait 1,442 kg à vide.  Chaque Lycoming O-540 fait 199 kg.  Le Piper accidenté semble bien retourné aux USA !  Sur sa page Twitter, Reyes affiche un autre avion : un vieux Cessna 310D immatriculé N6882T datant de 1960.  A « l’enregistrement suspendu ».  En 2016, le 11 novembre, c’est Yeli qui lui renvoie la pareille, toujours à Guadalajara avec cette fois un « bateau usagé  » de deux tonnes et d’une valeur de « 5610 dollars », toujours à la même adresse mexicaine, et toujours par camion… or l’avion de la jungle tombé en panne a été découvert le 18 septembre, et il était sur place depuis la fin du mois d’août.  A-t-on tenté de lui faire parvenir les pièces manquantes pour son redécollage par cette voie déguisée ?  Qui mène qui en bateau ?

Mais ce n’est pas fini. Les deux lascars habitent au Texas, en effet.  Et pas n’importe où, en fait.  Et ça aussi, c’est une histoire supplémentaire  à vous expliquer…

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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