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Coke en stock (CXXIII): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (1) ?

La cocaïne dans le monde, c’est un peu comme « Un jour sans fin » comme film : régulièrement revient en actualité un événement qui semble surgi d’une histoire déjà connue.   Ce que je vais vous apprendre aujourd’hui est de cette teneur, tant les circonstances m’ont rappelé celles que je vous ai déjà décrites (ailleurs qu’ici) il y a quelques temps, maintenant, en avril 2011 pour être exact.  Dans un article évoquant les deux pays voisins qui se détestent tant que sont la Guyana et le Surinam, deux pays voisins du Brésil (au nord), j’évoquais déjà la venue en nombre d’avions de trafiquants de cocaïne dans ces deux contrées habituellement visitées par les appareils des touristes  souhaitant visiter la jungle et ses mystères…  Là bas, on y découvre plutôt ça en effet, habituellement…, caché au fond de la jungle.  Mais parfois aussi autre choses, comme on va bientôt le découvrir ici-même.

L’article, numéroté 35 de la longue saga qui perdure toujours aujourd’hui, faisait suite à toute une série expliquant les petits bimoteurs ayant tenté la traversée de l’Atlantique à partir justement du Brésil pour se rendre en Afrique de l’Ouest et y apporter leur cargaison de drogue colombienne.  Eh bien récemment (en fait en novembre 2016), toutes ces histoires semblent être remontées à la surface en se télescopant entre elles.  Notamment celle des « héritiers de Mermoz » comme je les avais appelés (dans l’épisode 5 notamment).  Mais revenons d’abord sur ces folles  dernières années, pour mieux dresser le décor de cette nouvelle découverte…  Un décor commun aux deux pays, si semblables en tout, jusqu’à la corruption effrénée et jusqu’au plus haut de l’Etat, pour les deux.  A droite, un rappel avec le Cessna 441 Conquest sous une fausse immatriculation d’un côté et d’une vénézuélienne de l’autre (YV1647) venu se poser en catastrophe en 2008 en Sierra Leone, haut lieu du trafic de drogue de l’Afrique de L’Ouest.  Bardé de bidons d’essence vides à l’intérieur.  Il avait réussi la traversée de l’Atlantique !!!

Une vieille histoire

Quand je vous avais parlé du Suriname, j’avais laissé entendre que le trafic de cocaïne y sévissait depuis très longtemps déjà.  Pour des tas de raisons (le pays étant comme le Brésil sur la route de l’exportation de la coke colombienne) mais il est vrai aussi des raisons… politiques, très bien résumées ici par deux confrères David Weinberger, chercheur à l’INHESJ (Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice). et Arnaud Jouve journaliste à RFI.  Je ne saurais que trop vous conseiller de lire la superbe enquête, disponible ici.  Leur première phrase d’introduction vous met très vite dans l’ambiance : « petit pays méconnu d’Amazonie, le Suriname, qui fut une ancienne colonie néerlandaise, est devenu, quelques années après son indépendance en 1975, une plateforme majeure du trafic transcontinental de la cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe« .  La seconde rappelant que c’est loin d’être terminé comme situation :  « sa position sur la façade atlantique, la présence d’une importante communauté surinamienne aux Pays-Bas, et l’implication de hauts responsables de l’armée du Suriname ont permis aux cartels de s’ouvrir aux marchés européens de la drogue.  Dans les années 1990, 60% de la cocaïne en circulation en Europe a transité par ce pays.

Trafics et populations

Cette activité a connu des hauts et des bas. Mais elle est aujourd’hui encore significative et mobilise toujours les services antidrogues internationaux ». Et, de fait, des petits avions continuent à se poser sur place, des atterrissages clandestins qui laissent les tribus locales indifférentes, tant elles y sont habituées (et ne coopèrent que peu avec les agents de l’Etat dont elles se méfient, à juste raison quand on voit le propre fils du président auprès d’elles comme sur cette saisissante photo ici à gauche).  Rappelons qu’un des pays voisins est aussi la Guyane française, d’où l’intérêt de dénoncer ici ce trafic, car il nous concerne également, tant dans la jungle les frontières sont poreuses, ont le sait.

Une histoire incroyable

Sans revenir en détail sur l’historique de ce trafic, très bien décrit, je rappellerai simplement que pour que la drogue colombienne atteigne les Pays-Bas, par bateau, essentiellement, il fallait l’intercession du Suriname, fief hollandais (l’indépendance du Suriname n’a été proclamée que le 25 novembre 1975).  La drogue était alors sous l’emprise et le contrôle du chef de l’Etat, Dési Bouterse, dont la CIA comme le gouvernement hollandais souhaitent vivement se débarrasser (ainsi que de son bras droit musclé, Etienne Boerenveen).  La Hollande mettra même en projet, à une époque, une intervention militaire à grands coups de F-16 et de troupes au sol, une opération restée secrète et qui n’a pas eu lieue, par peur de la réaction de la communauté internationale.  Boerenveen sera filmé par la DEA en train de préparer des vols pour expédier la coke en Floride.  Arrêté, il fera 4 ans de prison avant d’être relâché et revenir au Surinam pour devenir rien de moins que le propre ministre de la Défense de Bouterse !  La politique, là-bas, est bien étrange, à nos yeux d’européens (même si certains pays comme la France ont longtemps pardonné des tas de choses à leurs hommes politiques !).  S’en suit une longue guerre civile entre Bouterse et des opposants, surnommés les « marrons » (les anciens esclaves qui avaient fui dans la forêt) dirigés par Ronnie Brunswijk (ici à gauche au moment des faits) et soutenus par des « mercenaires recrutés dans les réseaux anticastristes » selon les auteurs. La drogue fait alors office de monnaie pour l’achat d’armes expliquent les deux auteurs ;  on retiendra qu’un kilo de coke équivalait à une fusil d’assaut à ce moment-là… Les deux camps avaient recours au trafic, amener d’argent frais, Dési Bouterse se gavant personnellement en engrangeant des dollars qu’il va porter tranquillement à la Banque, la fameuse BCCI.  Le remplacement de Bouterse par voie électorale par Ronald Venetiaan en 1991 ne changera rien aux principes, dans un premier temps, mais ce dernier autorisera néanmoins la DEA américaine à tenter de juguler le trafic.  On pouvait s’attendre à un peu plus de sévérité… Mais en face, par effet inverse,  les trafiquants s’organisent aussi davantage.  Naît alors un cartel maison, très lié au Brésil (et à la cocaïne des FARCs  : « ce qu’on appelle le Suri-cartel (Suri pour Suriname) est le résultat d’une autre alliance avec le Brésil.  D’après les services brésiliens en charge de la lutte contre les narcotrafiquants, le cartel est né de la rencontre d’un Brésilien Léonardo Dias Mendoça (un ancien exploitant de mine d’or) et de hauts fonctionnaires surinamiens.  Le cartel va mettre en place à partir de 1993 un trafic de cocaïne entre la Colombie et le Suriname via le Brésil.  Ses organisateurs conviendront d’un prix de référence pour le partage des gains de 2500 dollars pour chaque kilo de cocaïne.  Un trafic qui va démarrer en 1993 à raison de 3 à 4 vols par mois, chaque vol pouvant transporter jusqu’à 200 kg de cocaïne pure » (…)  Le trafic consiste alors à transporter en avion des armes et des munitions du Suriname vers la Colombie sur « Barranco minas », un petit village à la frontière de la Colombie et du Venezuela, contrôlé par le Front 16 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), contre un chargement retour en cocaïne qui repart vers le Brésil et le Suriname. »  On y retrouve des avions brésiliens bien connus depuis notre précédent épisode : « d’après le Miami -Herald du 12 septembre 1999, la police brésilienne saisit, mi-août 1999, un avion, un bimoteur Piper Seneca, chargé d’armes (lance-roquettes, AK-47, pistolets mitrailleurs Uzi et de nombreuses munitions dans des boîtes en bois avec un marquage des forces armées libyennes).  L’avion, à destination de la Colombie, avait chargé des armes au Suriname pour les livrer aux FARC ».

Un autre hollandais d’origine

On notera qu’un homme d’origine hollandaise appelé Ruddy Dekkers venu s’installer à Naples, en Floride, en 1991, avait acheté le même modèle d’avion pour y faire un business resté bien flou, au point que la FAA l’avait déjà suspendu de vol en 1999 pour 45 jours d’affilée, une procédure rarissime.  Il possédait des Cessna 150 et 172 et CE 182, un Cherokee Warrior ( N554HA) un Arrow,  un PA-28-180, un PA-28R et un Piper Seminole.  Un Piper Seneca  figure derrière lui sur l’interview télévisée de NBC juste après le 11 Septembre 2001 (il le sera plus tard sur ABC où on le verra passer devant un Beechcraft Duchess peint en blanc avec des filets bleus).

Le Seneca des comploteurs 

En fait, c’est sur ce Seneca couleur crème à filets bleu foncé, blanc et rouge, que ce seraient entraînés des terroristes du 11 Septembre !  Deux ans plus tard, en effet, il laissera son nom à l’histoire en devenant celui qui avait donné des cours de pilotage à Mohamed Atta et Marwan al-Shehh, deux des pirates du 11 Septembre…  Dekkers avait reçu l’aide du millionaire Wally Hilliard pour acheter Huffman Aviation.  Selon un étonnant témoignage (lisible ici), celui de Willie Lee, 72 ans, le président d’Aerial Crop Protection, Mohamed Atta était aussi venu chez lui à Belle Glade pour s’intéresser aux avions « crop dusters » et aux produits chimiques qu’ils déversaient !!!  Pour le moins, Dekkers avait eu une vie tumultueuse, dans les années ayant suivi le 11 Septembre, avec des interviews réguliers sur ces fameux stagiaires complotistes.  En 2012, sans trop de surprise, on avait donc appris que Dekkers avait été envoyé au final en prison.  Avec comme motif plutôt attendu le trafic de drogue !!!  Un agent de la DEA s’était fait passer auprès de lui pour un envoyé du dénommé Arturo Astorquiza. « Dekkers,  aujourd’hui âgé de 56 ans, est accusé d’avoir accepté une valise bleue à Houston le 2 décembre contenant 18,7 kilogrammes de cocaïne et 860 grammes d’héroïne, selon le Houston Chronicle.  Dekkers a admis à un agent d’enquête sur la sécurité intérieure qu’il a transporté des drogues et de l’argent dans un avion privé en échange du paiement, a déclaré le site Web du Chronicle. »  En 2013, Astorquiza. le même sera lui-même accusé d’avoir voulu acheter des armes (des fusils AR-15) pour un cartel mexicain (n’oublions pas qu’au passage le gouvernement US s’est fait épingler pour en avoir laissé distribuer, des AR-15, au prétexte de les retrouver par leur traçabilité, un total fiasco enterré à la va-vite).  Le détective américain Bill Warner avait déjà remarqué qu’en 2005 Dekkers manipulait pas mal de billets : « flush with cash, lots of cash »… avait-il écrit.  Au final, on a jamais su depuis s’il avait ou non été condamné (en 2013 il aurait transmis au juge un « document scellé » lui évitant la sentence : selon Daniel Hopsicker), Rudy Dekkers aurait toujours trafiqué… mais était depuis longtemps un informateur de la DEA et du FBI !!!  D’où l’explication du contenu du fameux document !!!  Voilà qui charge à nouveau lourdement la barque du complot du 11 Septembre !!!

Un pilote guyanais fort spécial

Rassurez-vous, nous n’avons pas abandonné le sujet de départ, malgré cette balade rapide au pays du complot…  Car Hilliard, via son pilote fétiche menait déjà aux cartels mexicains de drogue comme je l’ai expliqué ici :  « l’histoire commence cette fois avec la saisie en juillet 2000 à Orlando (En Floride) d’un Learjet immatriculé N351WB par les agents de l’antidrogue, la DEA.  A son bord, 20 kilos d’héroïne pure.  Avec un pilote Diego Levine-Texar, et un copilote, Michel Brassington, de nationalité guyanaise (ici à gauche, le texte en gras pour rappeler une origine particulière), c’est à noter en effet
« L’avion appartient à Walace J. Hilliard, dirigeant de la fime Huffman Aviation, enregistrée comme école de pilotage de Floride (…) Brassington, lors du procès, avait dû révéler d’autres facettes de son talent :  il était également cité dans un gigantesque scandale de vente de 50 appareils au cartel de la drogue mexicain le plus violent.   En février 2008, un juge faisait en effet saisir 4 appareils liés aux transports de drogue vers Miami, tous appartenant à des hommes politiques républicains.  Un des appareils saisi était un.. vieil hydravion (1).  Comme d’habitude, on a mélangé les numéros pour brouiller les pistes;  En résumé, un avion de la guerre de Corée, installé à Opa Locka (Floride).  L’avion, revendu depuis finit aujourd’hui ses jours au Cavanaugh Flight Museum, où il réside depuis 2008 (nota : il a changé depuis).  De tout cela, il ressort que Brassington est un étrange phénomène, qui travaillait dans une bien étrange société ».  Brassington, je l’avais retrouvé en 2015 pour vous en parler ici-même (voir ici pour les photos):  Le patron de deux sociétés de jets, dont « Platinum Jet Management LLC », mêlée à un trafic ayant comme origine l’Apure au Venezuela !!!  Voilà qui nous ramène de plein pied au sujet du jour !!!  Car les deux hommes avaient de drôles de pratiques, comme en témoignera un ex-employé :  « chez Huffman, à Venice, en Floride, en effet, quand le directeur voulait parler à un de ses pilotes ou co-pilotes, il ne le faisait jamais dans son bureau, raconte des techniciens du hangar où les avions étaient remisés.  Pour cela, ils s’asseyaient dans l’avion, fermaient la porte et se parlaient.  A voix basse.  De quoi intriguer, comme attitude (*7).  Wallace J Hilliard, n’avait pas que Huffman Aviation comme société : il détenait aussi Vision Aire et Discover Air.. qui faisait dans le charter de St Petersbourg, Floride, vers Nassau, au Bahamas.  Autre plaque tournante de la drogue.  Vision Aire, c’était autre chose : un société de vente d’avions tenue par un évangéliste qui n’a jamais vendu un seul avion.  Une société qui avait fait quasiment faillite en 2001, ces avions étant vendus.. en Israël. »

Aucune sécurité chez Huffman 
Chez Huffman on entrait comme dans un moulin pourtant :  « en janvier 2002, Huffman Aviation a de nouveau fait les manchettes lorsque le journal local a envoyé un journaliste sur sa propriété, qui a réussi à se déplacer facilement entre les cockpits d’avion, les réservoirs de carburant et d’autres «préoccupations de sécurité» sans que personne ne le remarque ou l’arrête.  En mars, l’école a été citée pour avoir laissé les camions-cargos déverrouillés, avec des clés à l’allumage, à l’aéroport municipal de Venise.  Dekkers a été arrêté au début de mars 2003 pour les accusations déposées le 17 janvier, accusées de «fraude impliquant une sûreté», et a été invité à respecter une caution fixée à 1 000 dollars.  La question portait alors sur un prêt de 200 000 dollars qui n’avait pas été remboursé.  À la veille du procès, Dekkers a vendu toutes les participations de Huffman et 10 avions à Triple Diamond Jet Center, pour recueillir l’argent nécessaire pour rembourser son partenaire.  En décembre 2003, les accusations contre Dekkers ont été abandonnées, car Dekkers « n’a jamais eu l’argent et il n’y avait rien qu’il avait fait pour frauder personne » (incroyable déclaration de justice !)… la plainte avait été induite par Kenneth Jossart, patron de Triple Diamond (à droite une pub pour la société dans  le magazine « AERO TRADER & CHOPPER SHOPPPER, de janvier 2003).  On notera que la somme de 200 000 dollars représentaient l’achat (environ) d’un appareil d’occasion de type bimoteur tel le Cessna 421 C… un des avions préférés des trafiquants !
Des pilotes en dessous de tout
Michael Brassington, au CV déjà bien chargé, le fameux pilote guyanais, a bien fini en prison, mais pas pour trafic de drogue.  Il aurait pu, remarquez…  Il s’y est en effet retrouvé pour un bon bout de temps pour autre chose, un crash aérien impressionnant et retentissant, tant il va révéler d’étranges pratiques, l’accident et la destruction d’un appareil de plusieurs millions de dollars (un Bombardier Challenger 600) de chez Platinum Jet, sa propre compagnie, ayant fini littéralement encastré dans un bâtiment à Teterboro, son fief, en février 2005.  Aucune personne n’avait été tuée, mais il y avait eu 15 blessés ce jour-là, notamment des gens en voiture tamponnées par l’appareil, dont un grave; avec lésions au cerveau.  A l’origine, un décollage raté dû à un comportement bien trop léger de la part du pilote responsable :  « le National Transportation Safety Board a déterminé que la cause probable de l’accident a été l’échec de l’équipage pour s’assurer que l’avion avait été chargé dans des limites de poids et de façon équilibrée et de sa tentative de décoller avec le centre de gravité bien trop en avant, plus le décollage avant la limite, ce qui a empêché l’avion d’effectuer la vitesse de rotation prévue ».  Bref, du travail d’amateur !!!  Il a été envoyé en prison avec une bonne douzaine d’employés de Platinum Jet, dont pas moins de 8 pilotes différents.  Sa famille guyanaise et son cousin Winston surtout sont alors venus à son aide, ainsi l’ancien dirigeant des îles Turks et Caicos (de 2006 à 2009), Michael Misick, dont il avait aussi été le pilote.  Misick, arrêté le 7 décembre 2012 sur l’aéroport de de Rio de Janeiro, au Brésil, sur demande d’Interpol et envoyé dans ses îles pour y être jugé pour corruption.  Lui aussi avait posé avec un beau lot de stars de la Jet-Set.  Son procès n’avance toujours pas depuis :  en janvier 2017 son défenseur avait jeté l’éponge, retardant la procédure en cours.  Un autre grand corrompu, à l’évidence que ce Misick.  Brassington avait beau eu avoir quitté l’armée guyanaise (et l’avoir désertée), on se souciait de lui en haut lieu : notamment aussi aux USA, où pour avoir plusieurs fois échappé à des arrestations pour trafic de drogue, on le soupçonnait d’être devenu un indic de la DEA.  Comme avion, il utilisait alors le N60S, un autre Canadair CL-600-1A11 Challenger 600.  Un avion utilisé en « piggybagging » (1), un arrangement lui permettant de partager l’autorisation de voler avec une autre société, de Muscle Shoals en Alabama… Trois avions étaient ainsi « sous contrat » de partage d’autorisation de voler : trois CL-600 1A11 (Le NS60, le N370V et le N260V, le dernier visible ici à droite, photo Tom Cooke).  Et c’est l’un d’entre eux, justement, le N370 qui s’était planté à Teterboro :  il n’avait même pas les droits de le faire voler !!!  Etonnante pratique autorisée par la FAA !!!  Il avait pourtant emporté à son bord des gens comme Luciano Pavarotti, Joe Montana, les chanteurs de Duran Duran, Ozzy Osbourne, Snoop Dogg, Michael Stipe, Shaquille O’Neal, Diddy, Jon Bon Jovi, Jay-Z et Beyonce Knowles, qui ne s’appelle plus aujourd’hui que Beyonce.  Il l’ont tous échappé belle, à bien y regarder !!!  « Il est apparu au cours du procès que Jay-Z et sa girl friend Beyonce ont  volé de Las Vegas à Teterboro le 1er février 2005, sur le même avion Bombardier Challenger qui s’est écrasé le lendemain en route vers Chicago ».  Pour les 85 vols effectués entre 2002 et 2003, pas un des pilotes n’avait la certification requise !!!  Mieux encore : si l’avion planté était trop lourd au décollage, c’est que les deux frères Brassington l’avaient rempli à ras bord (pratique dite du « tankering », car le kérosène de Teterboro coûtait moins cher que celui de l’aérodrome d’à côté !!  Les pratiques aériennes des frères Brassington étaient tout simplement honteuses !!!  Etrangement, lors du procès, si Michael héritera bien de trente années de prison, son frère Paul, pourtant vice-président de la compagnie, ne sera sanctionné que de 18 mois seulement.  Avait-on fait la part des choses, ou avait-on récompensé celui qui avait fait le plus d’aveux ?  Il y en avait eu entre 30 et 40 millions de dollars de dégâts et de frais dans cette affaire !!!  Le dernier a être condamné avait été John Kimberling, 63 ans, le pilote de l’avion ce jour-là :  il avait écopé de 6 mois de prison et 6 de plus de probation chez lui.  Le responsable avec Brassington du « tankering« .  Ayant choisi de plaider coupable, son collègue Francis Vieira, 61 ans, lui aussi dans le cockpit, ne sera sanctionné que de 6 mois d’emprisonnement, lui aussi en 2011 !!!
Le fils à papa

Retour au Guyana ou plus exactement chez son voisin surinamien et ses pratiques similaires : le trafiquant Léonardo Dias Mendoça sera arrêté en 1999.  Dési Bouterse est lui arrêté et se retrouve condamné par contumace, le 30 juin 2000, à 11 ans de prison par la cour d’appel de La Haye (Ronnie Brunswijk écopant lui de 6 ans). Sous le mandat de Venetian le trafic se mettra à baisser sensiblement.  Et c’est alors le fils de l’ex-président qui s’est à ce moment-là retrouve visé : « le 11 août 2005, la justice du Suriname le condamne à huit ans de prison pour avoir dirigé un gang de trafiquants d’armes et de cocaïne, il sera écroué mais libéré trois ans plus tard pour « bonne conduite ».  La méthode suriname, serait-on tenté de dire.  Une photo récente, mise en ligne par lui-même, de son appartement montrera pourtant qu’il n’hésite pas, à peine libéré, à révéler ses vilaines habitudes.  On peut y distinguer les deux outils « obligatoires » du trafiquant :  une machine à compter les billets et une balance de précision qui n’est pas sans en rappeler une autre, laissée traîner par terre lors d’un célèbre assaut à Abbottabad… Une irresponsabilité totale qui montre l’étendue des dégâts au plus haut sommet de l’Etat !!!

Un gang violent très proche du pouvoir

En 2011, Wikileaks en rajoute une couche en livrant bien après les faits des câbles passés entre Roger Khan (ici à droite) le plus gros trafiquant du pays et en Guyana et le père, Dési Bouterse, quelque années auparavant (en 2005).  Mais une surprenante loi votée au Parlement l’exonérait de tout en 2012…. Pourtant le cas était lourd :  Khan, qui trafiquait autant les armes que la drogue, utilisait un groupe de nervis appelé « Phantom Squad » pour assassiner ou intimider tous ceux qui se mettaient au travers de sa route : cinq employés du journal Kaiteur News qui dénonçait son activité avaient ainsi été abattus par sa milice, « entraînée militairement »;  visiblement, selon les témoignages (lisibles dans l’ouvrage « Cocaine Trafficking in the Caribbean and West Africa in the era of the Mexican Cartels » de Daurius Figueira., ouvrage indispensable sur la question) … Khan était bien proche du pouvoir.  L’ouvrage dans son chapitre un, parle de « saut vers l »Ouest de l’Afrique », en citant en exemple l’arrivée du fameux 727 bourré de cocaïne au Mali, et dans lequel des français ont été mêlés (je reviendrai bientôt sur ce cas précis).  Dans le même ouvrage; la Guyana et le Suriname héritent du chapitre « Mainland »... la « terre principale » du trafic !!!

On lui avait même fourni un équipement d’espion pour échapper à la police !!!

La protection en haut lieu était évidente, et accablante, selon le câble de Wikileaks : « Khan est un trafiquant de drogue qui est connu pour avoir on pense des liens avec des groupes de trafic de drogue colombiens, brésiliens et vénézuéliens.  Post ne sait pas si Khan a des liens avec des groupes terroristes.  Post pense que Khan possède des liens avec des groupes criminels organisés.  Khan avait accès à des ressources, comme d’importantes sommes d’argent et pouvaient acheter tout ce dont il avait besoin techniquement.  En 2002, par exemple, la Force de défense du Guyana (GDF) ont détenu Khan et deux autres complices (y compris deux officiers de police du Guyana (GPF)) après les avoir trouvé en possession d’un véhicule blindé, des armes et un équipements militaire de surveillance de téléphonie cellulaire (ref D ).  Ce dernier était un modèle analyseur de protocole cellulaire CSM 7806, fabriqué par Smith-Meyers (en photo le modèle SM88xxG).  Or Khan a été  libéré à la hâte et les autres également, les accusations ont été abandonnées, et l’équipement retourné « .  L’engin avait été acheté à Fort Lauderdale, sur la boutique « Spy Shop » !!!  Le témoignage du fondateur de l’entreprise SM sera en effet sidérant : « il a expliqué que son entreprise fabriquait des équipements destinés à être vendus tel aux organismes de la police à un prix d’environ 75 000 $ US environ.  L’équipement permet aux agents de renseignement d’intercepter les appels téléphoniques cellulaires en utilisant le récepteur et les données qui peuvent être envoyées par câble USB aux ordinateurs portables.  Les numéros et les conversations / communication peuvent être enregistrées sur le disque dur.  Il appert alors que tout ordinateur portable peut être utilisé fonctionnant sous Windows XP ou d’autres systèmes, la série CSM interception 7800 est nécessaire pour intercepter passivement les fréquences radio sur tous les téléphones cellulaires qui fonctionnent (…) Myers a aussi  déclaré qu’un entrepreneur indépendant, un entraîneur du nom de Carl Chapman, avait été envoyé en Guyana pour former les personnes qui devaient utiliser les ordinateurs portables.  De plus, l’équipe de la Défense de chez Simels, dans des courriels et des citations à comparaître de Khan, soutient qu’elle été formée par Chapman pour utiliser l’équipement »… L’équipement, selon SpyShop avait été vendu au départ au Dr Leslie Ramsammy, le ministre de la santé guyanais !!!  En photo, l’arrivée lors du procès des ordinateur équipés du logiciel d’espionnage de SM.

Une ferme aquacole comme écran

Khan, et ses acolytes ! La Guyana en a connu des meurtres, liés au trafic de drogue depuis une vingtaine d’années « grâce » à Khan.  En 2006 déjà, un ministre, celui de l’Agriculture, Satyadeo Sawh, avait été retrouvé mort.  Le président Jagdeo avait été fortement et visiblement intimidé par ce décès, un signal fort des trafiquants, déjà auteurs de deux massacres importants à Agricola et Eccles.  Aux côté de Saw, son frère Rajpat Sawh, sa sœur Pulmattie Persaud et son garde du corps Curtis Robertson avaient été abattus dans la maison de Saw, « La Bonne Intention », dans l’East Coast Demerara.  Des armes provenant de militaire avaient été retrouvées chez des délinquants de Buxton, mais sans plus.  Or selon Wikeleaks (câble du 4 mai) de l’ambassade US, il y aurait eut un lien caché en fait entre le ministre et un criminel qui avait utilisé ce qui est devenu un paravent pratique pour beaucoup de trafiquants de drogue : « Sawh aurait pu être impliqué dans des activités criminelles.  Sawh était connu pour être proche de de Salim Azeez un blanchisseur d’argent étranger et criminel présumé, un contrebandier.  Azeez avait financé une ferme de poissons, Aqua Newline.  Une ferme, qui semble être une opération de blanchiment d’argent.  Azeez a été arrêté auparavant avec plusieurs Guyanais aux passeports américains mais plus tard il a été acquitté d’actes répréhensibles.  En tant que ministre chargé de la pêche, Sawh aurait eu une raison ostensible de rencontrer Azeez.  De plus, en écoutant plusieurs observateurs d’une représentation croisée de la société guyanaise, ces derniers affirment fortement Sawh était un ministre « propre » par rapport à beaucoup de ministres de ses pairs ».  Un Azeez qui passera au travers de toutes les mailles du filet.  En 2009, l’assassin présumé de Sawth, David Leander, surnommé  ‘Biscuit’ diabétique, est retrouvé mort à l’hôpital juste avant de passer en procès.  En 2010, Azeez se retrouve recherché pour un autre meurtre à West Bank Demerara.  Le 15 octobre 2012, la guerre des gangs fait que Ricardo « Fatman » Rodrigues (ici à droite), est abattu par cinq hommes en plein jour à Georgetown.  Au Guyana Motor Racing and Sports Club bar à Thomas Lands.  Il venait d’être libéré sous caution après son arrestation et après la découverte d’une cache d’armes dans le Rupununi qui contenait dix fusils automatiques et d’assaut, des grenades à main, de munitions mais aussi une radio Icom VHF et un « Icom hand-held radio set« … Rodrigues était un proche collaborateur de Roger Khan le trafiquant Guyanais… personne n’avait été arrêté suite à ce meurtre !  Un canadien, Jean Le Blanc (en fait Jean-Pierre le Blanc) qui s’est fait tirer dessus, le jour du meurtre de Rodriguez, s’en était sort vivant mais il est mort mystérieusement à l’hôpital peu de temps après (son garde du corps jamaicain Hutchinson avait aussi été blessé).  Le Blanc, selon la presse guyanaise, venait alors réclamer à Rodriguez son dû pour lui avoir fourni des équipements d’écoute; le fameux Icom… (spécialiste des appareils d’écoute d’avions).  En 2012, le chef de la police, Henry Greene, fort controversé et depuis longtemps suspecté d’être de mèche avec les trafiquants est lui aussi retrouvé vivant au volant de sa voiture violemment  renversée.. mais il meurt à l’hôpital…  En 2013, Azeez qui n’avait toujours pas été inquiété, sera impliqué dans un autre meurtre dans un bar, le Mambo, pour être arrêté et aussitôt relâché par la police guyanaise !  En 2014, c’est sa villa qui part en fumée, suite à un « problème électrique » (le résultat ici à gauche- et c’est son nouvel investissement, l’Hotel Tower qui fait la une des journaux pour des emplois non payés (67 personnes) depuis des mois.  L’hôtel datant de 1866, ancienne propriété des Humpreys, à l’électricité coupée par le gouvernement, selon certaines infos, serait tombé sous la coupe de trafiquants de la mafia chinoise.  Un article évoquant Azeez et reliant le trafic à la côte Ouest de l’Afrique faisait le bilan des « arrivages » réguliers depuis 20 ans d’avion chargés de coke en Guyana : « les cartels continuent d’atterrissage d’avions étrangers et même construisent des pistes d’atterrissage qui peuvent accueillir des avions étrangers illégaux chargés de cocaïne.  Le public guyanais a dû apprendre, tout à fait par hasard, de temps en temps au cours des 20 dernières années, que des vols illégaux d’aéronefs étrangers étranges ont eu lieu; des avions volant à basse altitude lançant 20 cartons de cocaïne sur les terres de Loo, sur la rivière Demerara, en juin 1993.  Un avion incendié « découvert » sur la piste d’atterrissage à Bartica en décembre 1998; un autre avion incendié « découvert » sur la colline de Mabura en juillet 2000; un aéronef à Kwapau abandonné sur la piste d’atterrissage en mars 2005 et de la découverte d’un avion calciné sur une piste d’atterrissage illégale à Wanatoba, à 130 km en amont de la rivière Corentyne sur Orealla, en décembre 2007 ».

Rappelons que l’airstrip d’Orealla était celui où avait été découvert un Let 410 calciné, pouvant emporter 1,615 kg de drogue… A noter que le Tilapia de ferme aquacole possède aussi un passé de poisson fort pratique pour dissimuler de la coke… comme on avait pu le voir avec la saga du trafiquant de coke Christopher Barrett-Jolley !!! Avec son  BAC1-11 de Balkh Airlines, il sera le pionnier des livraisons d’armes aux chefs afghans tel Dostum (les caisses de Kalachnikov étant alors sanglées sur les sièges à la place des passagers (ici à droite) !!!

Un trafic qui perdure

C’est donc une vieille histoire, le trafic de cocaïne au Guyana et au Suriname, aux frontières si poreuses.  Je n’en veux pour exemple que le cas notable de cet avion, qui s’était posé à minuit à la mi février 2007 sur le  Cheddi Jagan International Airport (CJIA) de Timehri.  L’avion était resté abandonné, son pilote (anglais) ne donnant plus de signe de vie dès le lendemain.  Visibement, il n’y avait eu aucun contrôle d’immigration le concernant au Cheddi Jagan International Airport !  L’avion état un Mitsubishi MU2 Twin Turbo Prop enregistré chez Dust Air Ltd, une compagnie jamaïcaine. L’avion aurait du se poser sur l’aéroport d’Ogle selon son plan de vol.  Il pourrait s’agir du MU-2 6Y-JDB aperçu au Tinson Pen Airport, Kingston Jamaica le 18 mars 2007, déjà rentré de son aventure.  En décembre 2007 l’armée découvrait une piste clandestine énorme de plus d’1 kilomètre, fabriquée au bulldozer (resté sur place !), à Orealla, sur le Corentyne (à la frontière Guyana-Surinam), avec sur le côté les ruines encore fumantes d’un autre bimoteur : un Let 410 turbopropulseur tchèque portant un drapeau vénézuélien.  Des bidons de kérosène de 500 litres sont découverts à proximité : visiblement, les trafiquants avaient sérieusement investi !!!

L’intrigue avait rappelé celle d’un petit Cessna retrouvé abandonné en 2005 à Kwapau, sur une des nombreuses pistes en terre au milieu du Mazaruni.  L’avion arborait comme immatriculation YV0880P.  Mais en grattant cette dernière, faite à l’adhésif, on avait trouvé l’indicatif YV2657P.  Un 4×4 de type Toyota Tacoma retrouvé tout près semblait faire partie d’une opération de transfert de cocaïne.  Particularité de l’avion, il présentait une porte spéciale découpée carrément sur le côté droit pour effectuer des largages de colis et à l’intérieur des bidons de kérosène pour lui servir de réservoirs supplémentaires : l’attirail complet de l’avion de trafiquants !!! I l faudra attendre 6 ans après cet atterrissage pour démêler le nœud de l’affaire… au Suriname.  « Le journal Ware Tijd a rapporté que des unités de la Force de police surinamaise ont interceptées 28 kilos de cocaïne, 147 000 $ US, deux armes de poing, deux voitures et un cyclomoteur au cours de raids sur deux endroits distincts lundi dernier. Le rapport dit que trois Surinamais et un Guyanais, qui a été décrit comme un entrepreneur, ont été arrêtés.  Le rapport de police dit attendre plus d’arrestations qui devraient suivre.  Lorsqu’il a été contacté, le chef de l’Unité de lutte contre les stupéfiants des douanes (CANU), James Singh nous a dit que son unité est au courant de l’intervention mais il a refusé de divulguer toute information complémentaire.  Cependant, Stabroek News a été informé par des sources de sécurité fiable que la cocaïne originaire du Guyana et du Suriname était entré dans un véhicule par le ferry Guyana / Suriname » (à droite le MV Canawaima du service de ferry).  La méthode pour rejoindre ainsi le Suriname du Guyana est décrite ici avec un détail assez effarant des formulaires simples à remplir… expliqués par un irlandais effectuant le tour du monde (depuis 10 ans, sa prochaine visite annoncée étant Kaliningrad, après la Pologne !).  A la tête du réseau arrêté, on tombe sur un ex policier mis en cause en 2005 dans l’atterrissage du Cessna YV2657P…  L’article de 2011 se terminait ainsi : l’homme, selon les rapports, a reconnu que l’avion était le sien, mais il n’a pas reconnu venir du Guyana.  Il n’a pas non plus approché les autorités locales pour reprendre possession de l’avion.  L’avion est actuellement sous le contrôle de la Force de défense du Guyana (GDF) et est stationné au hangar de l’armée à Timehri.  Au fil des ans, plusieurs Guyanais ont été détenus au Suriname sur des incidents liés à la drogue.  Le caïd de la drogue Roger Khan, aujourd’hui emprisonné pour 15 ans aux États-Unis après avoir plaidé coupable d’accusations de contrebande de cocaïne, a été arrêté au Suriname en 2006 avec ses gardes du corps. Alors qu’il n’avait fait face à aucune accusation, Khan a été transféré plus tard aux autorités des États-Unis, qui l’ont mis en accusation, tandis que ses gardes ont été déportées au Guyana ».

Trafiquant condamné, mais réélu président !

Revenons au pays d’à côté : entre temps, associé à son ex pire ennemi, Ronnie Brunswijk (la politique au Surinam est plus qu’étonnante !) il a gagné les élections de 2010 et est revenu en place présidentielle  (il y a surtout gagné au passage une immunité qui a empêché Interpol de l’arrêter) !!!!  En 2013, la DEA, qui s’accroche à son cas, revient sur celui du fils, Dino, qui est arrêté et extradé pour s’être fait prendre avec 10 kilos de coke dans ses bagages à sa descente d’avion aux USA.  Là où ça se complique c’est que son père l’a entre-temps bombardé directeur de l’Unité antiterroriste du Surinam (???)… l’occasion pour lui, dès sa nomination pour faire appel comme « formateurs » à des gens du Hezbollah, dont on connaît les liens avec le trafic de drogue !!!  « Dino » se fera pincer une deuxième fois En Grèce, où, croyant rencontrer un de leurs représentants, il est tombé sur un agent de la DEA et s’est fait piéger en beauté  !!!  Le trafic, lui, a manifestement continué :  « en mai 2014, la police brésilienne et Interpol réalisent des arrestations sur plusieurs pays pour démanteler le réseau international de trafic de drogue du brésilien Sergio Machado Nunes dit « Sergio le chauve » (ancienne relation de Pablo Escobar), mais celui-ci leur échappe. L’organisation de Sergio Machado Nunes avait entrepris la construction d’un sous-marin (…) – son plan est ici à droite, c’est en fait un semi-submersible – pour le transport de la cocaïne via le Venezuela et le Suriname ».

Après les avions, les sous-marins !

En septembre 2014 un semi-submersible de taille respectable taillé sur le même modèle est découvert en Guyana remonté jusque dans la rivière Waini (près de la frontière avec le Venezuela, au pays des tortues de mer, l’engin y est photographié ici à gauche).  L’engin, imposant, fait de fibre de verre et de bois aurait pu emporter en 4 à 6 tonnes de coke !  Et pour parachever le tout, au Suriname voisin, Bouterse a même été réélu en 2015 !!!  Il nie toujours une quelconque implication dans le trafic, malgré sa condamnation aux Pays-Bas.  Un pays est dirigé actuellement par un homme condamné pour trafic de drogue, c’est un des paradoxes actuels de ce monde rongé par l’argent de la drogue.  Comme me l’a soufflé un confrère, c’est à espérer que le Surinam ne tisse pas de liens diplomatiques avec les Philippines, où sévit une toute autre sorte d’individu… En attendant, nous allons faire quelques centaines de kilomètres et nous rendre dans le pays voisin, où ça n’est guère mieux comme on va le voir… comme on va découvrir qu’on y préparerait quelque chose, il y a quelque temps.  Pour le découvrir, nous avons à nouveau activé, mon ami Falcon et moi-même, nos détecteurs d’avions douteux.  Ça nous avait plutôt bien réussi, il y a quelque temps (ça remonte déjà au 20 octobre 2015 !), puisque suite à notre article, l’ASN s’était vu contrainte de dire la même chose que nous (et de donner enfin l’immatriculation de l’appareil crashé) après être restée des mois dans l’expectative en le notant comme « unknown ».  On prend le pari que cette fois encore, elle sera obligée de se raviser, suite à nos prochaines révélations et découvertes (2)… à venir.  Restez donc branchés sur la fréquence Coke en Stock, il y aura de quoi alimenter tous les intéressés, comme ceux qui lisent le blog de l’ami Fievet (je pense aux gens de l’OCTRIS, notamment, dont Marc Fievet avait laissé entendre pas mal de choses confirmées depuis (3) )) !!!

 

 

Laxisme des contrôles aux aéroports et aux transbordements de ferrys, policiers corrompus, pistes clandestines nombreuses et gouvernements mêlés aux trafics, pays voisins fournisseurs de drogue, puissants cartels disposants de gros moyens – y compris de construire des sous-marins spécialisés – avouez qu’il y a tout, là-bas, pour favoriser le trafic…

(1) « La deuxième transaction avec des «ramifications républicaines apparentes» implique un hydravion Grumman Albatross (N7027Z) apparemment vendu au cartel de Sinaloa.. » Il est ici photographié au Million Air de Tallahassee, apportenant désormais à Air Classics LLC de Swanton, dans le Vermont ».  La société possèdait aussi un Cessna Citation, le N308JM.  C’est désormais le RA-2400G (ici son changement de statut).  L’avion a traversé l’Atlantique via le Groenland en 2015 pour devenir… russe. Et effectivement… comme le montrent plusieurs clichés.  Auparavant, en 2007 il appartenait sous l’immatriculation A7-ASA, au Sheikh Abdulla Al Thani.  Le dirigeant du club quatari de foot de Malaga ! Et comme ce monde est fort petit on relèvera aussi que Winston Brassington avait conclu un deal colossal (on parle d’un milliard de dollars !)  pour vendre de la bauxite Guyanaise au Tycoon Russe, Oleg Deripaska, le roi de l’aluminium russe (Rusal).  Lui vole en Gulfstream V-SP, Hawker 800 XP ou en Gulfstream 550, cela dépend comment il est luné.
 (2) « Avec l’ami Falcon, on avait donc bien retrouvé l’avion avant que ASN n’annonce sa disparition… le seul bout reconnaissable flottant en mer était bien le bon !  A noter que l’ASN n’a mis en ligne cette certitude que le le 4 août 2016… soit bien après nos révélations !!! »
 (3) Amusant de constater comment cela avait démarré pour Hubert Antoine :
« Devenu “El Frances” dans le milieu de la drogue au Mexique, Hubert Avoine n’approche les trafiquants qu’assez indirectement lors de sa première mission sur le terrain.  Envoyé au Mexique sous couverture en tant qu’émissaire chargé de trouver une issue favorable à la détention d’Ingrid Betancourt, il rencontre plusieurs trafiquants de drogue du pays qui peuvent lui fournir des informations sur l’état de santé de l’otage dont Nicolas Sarkozy a fait sa priorité ». « Commence alors pour lui une succession de rencontres, de proche à proche, de bras droit en comptable, d’homme de main à homme d’affaires, pour finir par un dîner avec Ivan Guzman, le fils et associé du chef du cartel de la Sinaloa, qui règne sur le trafic de drogue au Mexique et dans toute l’Amérique latin »… La conclusion du livre ramène à une autre affaire passionnante :  « c’est ici, en conclusion du livre, que Hubert Avoine décrit les conséquences d’une politique du chiffre qui pousse les services anti-drogues à monter des réseaux de trafic pour créer des affaires de toutes pièces, satisfaisant ainsi les politiciens, et causant de multiples dérives auxquelles il assiste au premier rang.  Des dérives qui donnent lieu à plusieurs scandales, dont l’affaire Air Cocaïne, dans laquelle un des suspects arrêtés était en fait un indicateur de l’Ocrtis, ou encore la saisie en octobre 2015 de 7,1 tonnes de cannabis en plein Paris, affaire qui a conduit à l’arrestation de Sofiane Hambli, et pour laquelle François Thierry est aujourd’hui inquiété par la justice ».  En ce qui concerne le nom de l’indicateur, c’est le Monde qui l’a révélé le 10 septembre 2016 : « La juge a en effet découvert que l’un des suspects d’Air Cocaïne, Fabrice Alcaud, qu’elle a fait placer en détention provisoire, a été recruté comme informateur par l’Ocrtis au moment de la saisie de la cocaïne. Dans l’opacité la plus totale ».  Alcaud, le premier libéré sous caution  (100 000 euros !) de l’affaire et patron avec Pierre-Marc Dreyfus de la société affréteuse du Falcon, SN-THS !!! 

PS : on peut désormais aussi écrire Suriname, mais formé à l’ancienne mode orthographique, je préfère garder  le nom sans son « E » actuel.

sur le fils Bouterse ces sidérantes photos :

Facebook Photos Seem To Show The Violent Life Of Suriname’s Ruling Family

La page des « Narco-Subs » :

http://www.hisutton.com/Narco%20Subs%20101.html

 

un excellent reportage -en flamand- sur le cas Bouterse :

l’entrevue qui condamne :

sur les jets privés russes :

http://www.private-jet-fan.com/russian_jet_owners.html

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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