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Coke en stock (CXVIII) : dans l’affaire Kardashian, une vieille connaissance de la coke dans le coup (1)

Vous vous doutez bien que ce n’est pas l’absurde bimbo fessue qui nous intéresse, aujourd’hui, mais son enlèvement rocambolesque (1) est l’occasion de revenir sur un épisode oublié de la longue saga du trafic de cocaïne dans le monde et aussi, si on y regarde bien un des plus emblématiques du genre, puisqu’il mêlait à la fois des malfrats, une personnalité politique très haut placée et un jet privé.  Ce dernier de fort tonnage, puisqu’il atteignait les 45 tonnes à vide.  Un événement aujourd’hui un peu oublié, dans lequel avait eu un rôle l’un des individus arrêtés cette semaine, tout de suite nommé comme étant l’un des « papys braqueurs » ayant agressé puis dévalisé la vedette des médias « people », détrôneuse de Paris Hilton (une de ses amies) dans les rédactions des magazines qui sonnent creux.  Découverte du papy aux yeux bleus auteur en 1999 d’un incroyable transport de cocaïne vers la France qui ne verra son aboutissement judiciaire que huit années après…

villaLa scène se passe le 5 juin 1999 4, allée des Cottages, dans un fort discret pavillon de banlieue de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), ou déboule une escouade d’enquêteurs; sur la trace d’un trafic de drogue conséquent, de la coke qui proviendrait directement de Colombie.  Ils viennent d’avoir été prévenus par un coup de fil d’un informateur fort bien renseigné (2). Et pas en petites quantités, la drogue attendue : ils sont en effet sur la trace de deux tonnes de coke !  Sur place, une petite déconvenue, puisqu’ils n’en découvrent « que » 804 kilos  (à gauche l’ouverture d’une des valises) mais sont capables de déterminer que bien plus a transité psaisie droguear là, puisqu’à côté de la drogue restante il traîne encore des dizaines de valises Samsonites, toutes vides (il y en a en fait 90 !)… Il y a là un joli pactole encore : les 804 kilos représentent encore 1 milliard de francs de l’époque, environ 152 millions d’euros d’aujourd’hui.  Des « briques » de coke estampillées: certaines même d’une croix gammée, d’autres d’une tour Eiffel ou de figures géométriques.  Une partie s’est déjà envolée, ou plutôt est déjà repartie en voiture de type go-fast avant l’heure : direction  à la frontière franco-espagnole ; le 3 juin 1999, 215 kilos de cocaïne ont été en effet saisies au poste-frontière de la Junquera:  une cocaïne de la même teneur que celle de Noisy-le-Sec !

ramonDeux personnes seulement sont arrêtées ce jour-là : le propriétaire du pavillon, Patrick Louey, et un Colombien, natif de Santafé de Bogota, Gustavo Guarin Gonfrier.  Si le premier s’avère impénétrable et résiste aux premiers interrogatoires, il n’en est pas de même du second.  C’est un ingénieur chimiste, venu sur place pour raffiner la cocaïne.  L’homme d’abord muet est vite devenu fort loquace et il a eu le tort, surtout, de noter tout ce qu’il a fait ces dernières semaines sur un petit carnet que s’empressent d’éplucher les policiers, et il se retrouve forcé de parler.  Dedans, on y trouve la trace de son arrivée en France, fort discrète, le 13 mai précédent, envoyé par ses « employeurs » colombiens appelés Lucas (Carlos) Ramon et Rodrigo Jimenez Montanez.  Il avait pris rendez-vous deux jours plus tard avec un français, Didier Dubreucq, truand bien connu des services de police en banlieue nord de Paris, celui qui est chargé de répartir dans toute l’Europe la cocaïne débarquée.  Les policiers, avec effarement, constatent qu’ils sont tombés sur une vraie bande de pieds nickelés.  Il y là quatre français, tel Didier Dubreucq, ce braqueur multirécidiviste, originaire de Bondy (en Seine-Saint-Denis), qui est à la tête d’un gang de bras cassés, qui a demandé par exemple à son compagnon de bar, Patrick Louey, de lui prêter son garage pour y stocker la coke contre  50 000 francs, y compris la fourniture de téléphones portables.  Il y a aussi Alain Le Bellec, surnommé « la Belette », un mécanicien « rangé des voitures » (?) devenu en fait le roi du maquillage de voitures volées et du changement de plaques d’immatriculation.  C’est le prêteur des trois voitures Audi et de commis Volskwagen (il fallait bien ça !)  ayant amené les Samsonites dans le pavillon.  Il y a aussi Cherif Rayeh qui dirige le bar Le Lézard, dans le XVIIIe arrondissement à Paris, ami lui aussi de Didier Dubreucq qui a prêté des box pour entreposer les valises et lui aussi des téléphones portables.  Il y a enfin le dénommé François Tixador, mais ce dernier est  introuvable, il est déjà en fuite.  Gustavo Guarin Gonfrier le dira lui-même : cette équipe ne respire pas le professionnalisme, loin de là : les policiers s’en apercevront aussi, car dans le hangar derrière le pavillon où les deux tonnes de drogue avaient été déposées, les portes n’avaient même pas de cadenas !  Tous semblent avoir suivi Dubreucq, un charmeur alcoolique dont le regard bleu semble avoir hypnotisé tout le monde.  On le surnomme « yeux bleus » et ce n’est pas pour rien en effet.  C’est aussi une sorte de titi parisien provocateur qui ne résiste pas à un bon mot : lors de son procès, alors qu’on lui énoncera le nombre de téléphones en sa possession il lancera dans le prétoire un « à vous écouter, madame la présidente, je suis France Télécom à moi tout seul » plus que moqueur.  Il dira aussi que c’est «Une conspiration acharnée… Je n’ai même pas de téléphone portable» !!!  Les policiers l’avaient pourtant placé sur écoute, et dans la soirée du 15 au 16 où il était entré en possession des valises, il n’avait pas arrêté de passer des coups de fils à ses amis truands avec ces différents téléphones ! piedsnickelesDans le même prétoire, il tenter même de faire l’autruche en déclarant alors que tout l’accuse que « je suis la cerise sur le gâteau de poudre de cocaïne. »et même que  » j’ignore tout de ce trafic. Je suis victime d’un complot de la BRB ». (la brigade de répression du banditisme) !!!  Gonflé, le gars !!!  Gonflé, surtout quand on sait ce qu’il a fait avant de jouer les pousseurs de lourdes valises : « les policiers français ont longtemps suspecté Dubreucq d’avoir trempé dans l’attaque d’un entrepôt de la Brink’s à Perpignan, en mai 1994. Un commando armé s’était emparé d’un butin de 6 millions de francs. La moitié de cette somme sera récupérée quelques semaines plus tard à Evreux (Eure), les enquêteurs saisiront également un stock d’armes. L’ADN de Didier Dubreucq sera retrouvé sur certains billets » explique le Parisien.  Pour résumer, le chef des pieds nickelés avait déjà joué au Ribouldingue !

boeing 727Si les petites mains qui ont géré le transbordement des pains de coke des voitures et des samsonites paraissent tous être des seconds couteaux, il n’en est pas de même de l’échelon au dessus, ont vite compris les policiers. Les nombreux appels téléphoniques passés évoquent l’arrivée par avion de la drogue et son déchargement au Bourget le jour indiqué.  Le Bourget, qui est loin d’être le plus important aéroport parisien; même s’il est le premier aérodrome d’affaires d’Europe… choisi pour sa plus grande discrétion, à l’évidence.  Or ce soir-là, trois appareils saoudiens s’y sont posés : un Gulfstream IV, un gros porteur Tristar, de la Saudi Airlines (3), qui avait atterri le 15 mai, et le Boeing 727-100 HZ-OCV  (aujourd’hui HZ-MBA) privé, transportant le prince Nayef Bin Fawaz Al Chaalan d’Arabie et sa famille, arrivé de Djeddah à 6 heures du matin (pour visiter… Disneyland, selon l’explication officielle !).  C’est sur cet avion, immatriculé aux Bermudes, que s’orientent les enquêteurs, mais il n’est déjà plus là, il est déjà reparti. L’appareil sera fouillé à son retour en France en 1999, moment où le pilote sera interrogé (du 16 au 19 novembre !), sans qu’on trouve de trace de coke à bord. Pour embarquer le nombre imposant de valises, on a effectivement songé plutôt à lui au départ, dans la police.  On découvrira aussi qu’une ponction de 50 kilos avait été faite au passage à Djeddah puisque les truands découvriront une valise contenant des dattes et de l’eau minérale à la place !!! Eux-mêmes escroqués, en quelque sorte dans l’affaire (4) !!!  Il manque 20 millions de francs !

gulfstream asMais il existe vite une autre version des faits, qui a été vérifiée par les policiers, ce qu’on a appris plus tard. Selon l’Express, ce n’est pas le Boeing 727 qui aurait servi, mais… le Gulfstream, justement.  Car lui aussi est saoudien, et il était très souvent utilisé par l’une des filles du roi Fahd, la princesse Latifa.  Son commandant, appelé Galifa, un américain âgé de 60 ans est celui qui sera interrogé trois jours sur les allées et venues de la famille de Nayef Bin Fawaz.  Le jet est celui immatriculé HZ-AFX (ci dessus à droite).  La différence d’appareil permet au prince saoudien de se dire « surpris » des accusations, tant que l’on parle du Boeing 727…. en pensant que c’est lui seul qui avait apporté la coke (en photo ici le même appareil au Bourget en 2007: il porte désormais une livrée bleue). « L »appareil arrivait de Djedda, la deuxième ville d’Arabie Saoudite. Il a d’abord déposé des personnalités saoudiennes à Nice, qui allaient assister au Grand Prix de Monaco. Puis le pilote a reçu, d’une personnalité saoudienne importante, l’ordre d’aller se poser au Bourget en attendant de nouvelles instructions. valises-247b0-1c0c8-a0ab3-9e59e-1L’équipage aurait alors quitté l’avion dès son arrivée, et n’aurait pas assisté au déchargement des bagages » explique l’Express. Rappelons que le Gulsfstream II N987SA qui s’était écrasé dans le Yucatan en 2007 contenait 4 tonnes de drogue, répartie en 132 sacs noirs.  Un avion de Donna Blue Aircraft Inc,  paravent de Skyway Aircraft.  En transporter deux tonnes n’aurait donc pas été un problème !!!  La preuve, les policiers, dans un hangar, vont en effet reproduire l’incroyable chargement et réussir à fourrer 90 valises similaires à celles trouvées à Noisy le Sec dans un autre Gulfstream réquisitionné… voilà qui n’est pas sans rappeler un autre jet privé bondé de valises (à gauche l’intérieur de la cabine du Falcon d’Afflelou à Punta Cana) !!!  Mais au final, on ignore toujours lequel des deux appareils à acheminé véritablement la drogue à Paris.  Le témoignage précis du pilote laisse entendre que c’était le Gulfstream, plutôt.

franginsC’est en effet le fameux ingénieur qui parle beaucoup qui apprend aux policiers quelle piste suivre : selon lui, la cocaïne ne vient pas directement de Colombie mais… d’Arabie Saoudite, où selon lui une « relation » de Lucas Ramon se charge du transfert.  Selon lui toujours, c’est un homme très haut placé dans l’organisation étatique du pays, il cite même le fait qu’il soit « le numéro deux du gouvernement saoudien »….  c’est le prince Nayef bin Fawwaz al-Shaalan al-Saud, le gendre du vice-ministre saoudien de la Défense du pays qui est visé par cette accusation (le prince a aussi un frère jumeau, qui a épousé la fille du roi Abdallah, ils sont ici tous deux à droite) : il s’occupe alors beaucoup de pétrole au Venezuela (tiens, quel « hasard »)… et en Colombie, il a même participé aux négociations de l’OPEC.  En Afghanistan il s’est aussi beaucoup activé en tentant de réconcilier le commandant Massoud et le chef de guerre local Hekmatyar, celui auquel les américains avaient offert des Stinger pour abattre les avions russes, et qu’il se verront obligés de racheter à prix d’or… fahd villa Au Venezuela, c’est aussi un ami personnel du président Hugo Chávez.  Or les enquêteurs ont découvert entre temps qu’il avait rencontré en personne Oscar Eduardo Campuzano Zapata (« “El Flaco”; « l’homme mince »), Juan Gabriel Usuga Norena et Carlos Alfonso Ramon Zapata (alias « El Médico ») – les membres du cartel de la drogue de Medellin-, à Marbella, où le roi Fahd possédait une énorme résidence (ici à gauche).  La venue du roi Fahd à Marbella c’était on le rappelle 3 000 personnes derrière lui, avec 300 chambres d’hôtel louées, 500 personnes recrutées sur place et 100 Mercedes amenées par plateaux pour servir à tous les invités… El Flaco étant aussi, on le rappelle, un des lieutenants de Pablo Escobar.  La piste d’Usuga se trouve renforcée lors de l’enquête par une de ses relations, un courtier catalan, Jose Maria Clemente (José María Clemente Marcet), collectionneur d’art (5), qui se trouve être celui qui gère la machine à blanchir l’argent de l’organisation en contact direct avec le colombien.  Les policiers découvriront avec stupeur que Clemente gérait en effet une banque, appelée la Banque Kanz, qui est en fait la banque personnelle Nayif bin Fawwaz, puisque c’est lui qui l’a créé et dont il était aussi l’unique client (6) !!!

kanzNayef Bin Fawaz Al Chaalan d’Arabie souhaitait en fait étendre le marché, et notamment vers l’Espagne, grande consommatrice de drogue comme continue à le dire ici « El Medico » (7): « El Principe », comme il se faisait appeler par ses partenaires de Medellín, avait imaginé un grand scénario, un plan qu’il couvait depuis longtemps: il a d’abord proposé une vaste série d’envois de coke de cinq à 10 tonnes chacun. L’année précédente, le prince Nayef avait fondé la Kranz Bank en Suisse – dont il était propriétaire – pour blanchir l’argent de la drogue (deux des administrateurs de la banque ont aidé décharger la cargaison de coke de l’avion du prince à Paris). Mais Zapata et ses gangsters se méfiaient aussi de la famille royale pour ce premier envoi de coke, lors de la première expédition de deux tonnes de ce qui avait été convenu comme étant une période d’essai, pour tester la bonne foi du prince et la sécurité de son plan. Malheureusement pour le prince, l’US Drug Enforcement Agency avait intercepté un fax des gangsters de Medellín contenant suffisamment d’indices imprécis sur l’expédition de Paris – transmis à la police française contre la drogue – qui a permis au Quai des Orfèvres de localiser l’endroit où la coke devait être stockée, et où le raid a eu lieu. Mais pas avant que la moitié de la cocaïne avait déjà été redistribuée. Le prince, au lieu de réaliser un bénéfice de 30 millions de dollars qu’il lui avait été promis, finirait par obtenir seulement un tiers de celui-ci pour son trafic efficace ».

al shahaanOn découvre aussi un autre personnage au passage : « beaux yeux », on l’a dit, a beaucoup téléphoné le soir de l’opération : des coups de fil, près de 40, s’échelonnant entre 4 h 38 et 6 h 50 du matin.  L’homme qui est au bout du fil est lui aussi une autre « petite main » : il s’appelle Mustapha Djaoui et il n’est autre que l’homme à tout faire du prince Nawaf bin Fawwaz; le frère de Nayef.  « De nationalité algérienne, l’intéressé est le factotum – « l’homme à tout faire » comme il le déclare lui-même – du prince Nawaf Al-Shaalan, frère aîné de Nayef.  Il s’occupe d’une des demeures de la famille saoudienne à Divonne-les-Bains (Haute-Savoie) sur les rives du lac Léman.  Sa déposition devant la brigade des stupéfiants en décembre 2002 détaille les conditions de la livraison au Bourget des 2 tonnes de cocaïne.  La veille en début d’après-midi, se souvient-il, Nayef Al-Shaalan lui a téléphoné : confidentiel« Tu ramènes les trois Audi plus le mini-bus Volkswagen avec les chauffeurs à Paris.  On vient le 16 au matin à 6 heures au Bourget. » Mustapha poursuit : « Concernant les bagages, Nayef m’a dit que j’allais être contacté par quelqu’un qui allait venir avec deux fourgons. »  Ça ne pouvait être plus clair : le prince était bien au courant du lot de valises Samsonites à bord de son avion, et donc aussi de leur contenu !!!  Le voici donc recherché par Interpol… ce qui n’est guère du goût du gouvernement de l’Arabie Saoudite, qui crie au scandale… en France, avec un diplomate, spécialiste du Proche et Moyen orient, François Gouyette, pas encore nommé ambassadeur auprès des Émirats Arabes Unis (il le sera plus tard, mais qui exprime déjà ses craintes dans un fax confidentiel en date du 21 février 2000 à propos de l’affaire, faisant état de la plainte de Nayef, qui se termine par une menace de ne plus paraître en France, s’il n’obtenait pas plus d’explications sur l’enquête alors en cours… il ne croyait pas si bien dire, car au final il sera effectivement forcé de ne plus mettre les pieds en France, comme on va le voir demain, si vous le voulez bien !

 

 

karda2Nota : pour ce qui est de notre sujet de départ, sachez quand même que la diva callipyge vole elle aussi le plus souvent en jet privé, qu’elle loue, tel le N663PD de chez Avjet, plus tout récent puisqu’il date de 1987, dans lequel elle voyage avec sa smala et sa montagne de valises bourrées on suppose de fringues (taille large?).   valisesElle en emprunte partout où elle passe, et voit même ses arrivées en jet filmées comme ici à Cork avec l’Embraer ERJ-135 SE-DJG d’EFS European Flight Service.  Ou ici « en route pour Cannes » (admirez la visite et ses poses d’un « naturel » fou), ou encore là avec le Challenger 300 (BD-100-1A10)N548XJ de Xojet.  Ou le plus petit Hawker 400XP immatriculé N498TM loué à Travel Management Company Ltd.  Des avions toujours présentés comme étant les siens, ce qui n’est pas le cas.  L’histoire ne dit pas comment le pilote arrive à gérer la balance de son appareil avec de tels volumes en déplacement à bord… (je ne parle pas des bagages qui sont arrimés, eux). Ou encore quand elle se vante, son schizophrène de mari et elle d’emprunter « JetSmarter, un genre de Uber Pool pour millionnaire » (8)…. Dans le monde de la suffisance et de la prétention crasse, miss bum-bum n’est même pas fichue d’avoir le sien ! Mais fait tout pour faire croire qu’elle en possède un !!!

 

(1) Le récit de son agression est ici  dans le Point : «  Les deux hommes étaient cagoulés, l’un avait un masque de ski et il avait une casquette et une veste avec Police écrit dessus. […] Il m’a demandé avec un fort accent français ma ring [bague]. Elle se trouvait sur la table de chevet, elle vaut 4 millions de dollars. […] Je lui réponds que je ne sais pas, il sort une arme et je lui montre la bague. Il a dirigé l’arme vers moi. Il prend la bague, il a des gants. Il m’a demandé où sont les bijoux et l’argent », a précisé la starlette de 36 ans, qui est restée très discrète depuis cette agression. «  Ils m’ont attachée et mis des câbles en plastique et du scotch sur les mains, puis m’ont scotché la bouche et les jambes. Ils m’ont portée dans ma salle de bains, plus précisément dans la baignoire », a-t-elle ajouté. Les voleurs avaient emporté une bague et un coffret de bijoux pour un montant total de neuf millions d’euros, soit le plus important vol de bijoux commis sur un particulier en France depuis plus de 20 ans. Six suspects, dont le chef présumé du commando, ont été mis en examen et incarcérés vendredi, portant à dix le nombre de personnes mises en cause dans cette affaire ». Chez LCI, le récit est plus… enfin, plus Kardashianesque on va dire... à la fin de l’interview, ce gag absolu :  « Je souhaite partir et retrouver mes enfants aux Etats-Unis. Un avion privé m’attend au Bourget ». Comme quoi on y revient ! L’autre gag étant cette phrase : L’enquêtrice lui demande alors si elle serait capable de les reconnaitre : « Peut-être le plus petit, avec les lunettes de ski, mais pas sûr »… petit et des lunettes de ski, mais qui ça pouvait-il être, ainsi déguisé ?

(2) Parmi les policiers, les responsables s’appellent Frédéric Pechenard, alors patron de la BRB, grand copain de Sarkozy nommé  le , directeur général de la Police Nationale, devenu depuis  responsable chez les Républicains; et Serge Dekeyser, celui de la Brigade des Stupéfiants.

tristar(3) Saudi Airlines avait gardé plutôt un mauvais souvenir de ses Lockheed Tristar passagers : le 19 août 1980 à l’aéroport de Riyadh King Khaled, un de ces appareils avait entièrement brûlé, à la suite d’un incendie dans une soute arrière, tuant 287 passagers et 14 membres d’équipage; le pilote avait réussi à poser l’appareil  avec l’incendie naissant, mais il n’avait pas laissé évacuer l’avion, une fois posé, et un mauvais réglage de pression n’avait pas permis d’ouvrir rapidement les portes d’évacuation !
(4) « Estomaqués par cette mise en cause, les policiers français remarquent que plusieurs éléments attestent ce passage par l’Arabie saoudite. Ainsi, Gonfrier, réceptionnaire des valises de cocaïne dans le pavillon, avait constaté la disparition d’une partie de leur contenu, comme si quelqu’un avait prélevé sa commission. Afin qu’elles n’apparaissent pas trop légères, le voleur avait astucieusement remplacé les kilos de poudre par des bouteilles d’eau minérale de marque Al-Qassim et des paquets de dattes, des produits provenant d’Arabie saoudite! De quoi accréditer la version donnée par Gustavo Gonfrier. «J’avais gardé les étiquettes des produits substitués à la drogue pour les faxer en Colombie», précise le «chimiste» aux enquêteurs, de plus en plus perplexes. En effet, lorsqu’ils investissent la maison de Noisy-le-Sec, ils n’ont a priori guère de doutes. Selon eux, le suspect n° 1 est bien, alors, Didier Dubreucq. Car, sinon, pourquoi aurait-il passé de son portable des appels téléphoniques en Suisse, le soir de la livraison de la cargaison de drogue au Bourget? Pourquoi encore aurait-il rendu compte, toujours le 16 mai 1999, sur son portable, du bon déroulement des opérations de déchargement à un interlocuteur genevois? » (in Laurent Chabrun – L’Express du 26/12/2002)
(5) « Le courtier catalan Jose Maria Clemente Marcet, dédié au blanchiment d’argent de la drogue avait contacté le gérant de la société d’investissement Medellin Multivalores, Clemente connaîssait deux membres qualifiés du cartel de Medellin et Juan Gabriel Usuga Norena et Oscar Eduardo Campuzano Zapata et il leur a offert une cinquantaine de millions de dollars à investir en dehors de la Colombie. Pour réaliser ces investissements, Clemente Marcet utilisait des  sociétés-écrans déposées dans le Delaware (USA), la Suisse et en Andorre. Les avantages de ces opérations reviennent aux Colombiens via l’Andorre, par des transferts effectués à partir de comptes bancaires en Floride déposées ou envoyées sous un faux nom par chèques ou colis postaux . Le destinataire formel d’entre eux était Margarita Carmona Rubio, l’épouse de Usuga Norena. » Bien entendu les suisses feront profil bas à propos de la banque : « Il s’agit en fait d’une toute petite banque, comptant moins de dix salariés, et dont le total du bilan n’atteint pas 90 millions de francs«  a-t-on pu lire ici en 2003.
(6) « Selon les publications de la presse en 2002, José María Clemente Marcet contrôlait au moins 31 entreprises en Espagne, avec des bureaux à Barcelone, Melilla et Palma. Plusieurs de ces entreprises étaient officiellement dédiées à «fournir des services consultatifs, la recherche, la gestion économique et financière à des tiers» ainsi que d’autres affaires urbaines (promoteurs, entreprises de construction et la vente de biens). La plupart des entreprises étaient purement instrumentales. » « Les enquêtes ont révélé le réseau financier mis en place par Clemente Marcet pour blanchir l’argent de la drogue. En Suisse, le complot a été formé par les sociétés du Fonds suisse, le Fonds américain suisse, le Fonds Investors suisse, Fonds de valeur suisse et du Fonds du patrimoine, tous basés dans le paradis fiscal du Delaware (États-Unis). Le complexe de l’entreprise a été complété par la signature Bammer Corporations Trade Financial, basée en Suisse et de la société Tri-Star, basée en Andorre, qui était consacrée à la gestion de patrimoine. Comme entreprises en Espagne, Clemente Marcet contrôlait Capital Trust, SA et Financial Trust, SL. Avec la première de ces sociétés, il a acquis 66% de la société colombienne Multivalores. Avec cette acquisition, selon l’acte d’accusation, Marcet a pris le contrôle de l’ensemble du tissu monté pour blanchir l’argent de la drogue qu’il obtenait de ses clients colombiens ». On peut aussi ajouter aussi « OLD MEDITERRANEE S.L. qui était une autre société qui reprenait l’adresse et le numéro de téléphone de CAPITAL TRUST, dont le but était «la vente et la location de bateaux de plaisance fabriqués localement ou importés neufs et d’occasion, l’importation, l’exportation, la fabrication, la vente et la distribution d’articles d’activités sportives.  » Beaucoup plus étrangement encore, on notera que « le siège social de Bammer Financial Trade Corporations, rue Versonnex 7 1200 Genève coïncidait avec le consulat américain à Genève »…
(7) « El Medico » parlera plus tard et donnera le 29 décembre 2008) sa version de l’orientation vers l’Espagne du trafic actuel :

« Quelle quantité de drogue le cartel de la drogue a-t-il transféré en Espagne? 
R. Je ne sais pas … il y avait des bateaux, des voiliers, des citernes … (…) En un an, nous pouvions obtenir jusqu’à 40 tonnes. L’année suivante rien, parce que les routes de l’Espagne se sont levées et elles se sont tournées vers les Etats-Unis, le Mexique, l’Australie … ce n’est pas mécanique, c’est circonstanciel. Cela dépend des routes indiquées et du travail en équipe. Sur chaque tonne de drogue nous pouvions gagner entre 12 et 15 millions ».

Comment la cocaïne entre-t-elle aujourd’hui en Espagne? 
R. « Exactement de la même manière que nous le faisions auparavant. Par des navires cargo porte conteneurs, des bateaux de pêche, des bateaux qui quittent l’Afrique. Les montants sont similaires. Nous avons utilisé des bateaux de 11 ou 12 tonnes. Ils sont maintenant entre 15 et 18. Les navires ne partent plus du Venezuela mais du Surinam, de Belize ou de l’Argentine ».

Traverser un océan avec des tonnes de cocaïne doit être très complexe. Ça vaut la peine? 
R. « Oui, parce qu’il c’est très rentable. Si elle est ici à 22.000 dollars le kilo, en Europe, elle est à 28.000 ou 30.000. Deuxièmement, l’euro est beaucoup plus fort qu’auparavant monnaie par rapport au aux autres. Il y a aussi le fait je ne l’ai pas vu l’Espagne demander l’extradition des Colombiens [la Colombie ne dispose d’un accord d’extradition qu’avec les États-Unis]. Donc tout le monde colporte vers l’Europe. Personne ne veut traiter avec les États-Unis, parce que le système est conçu de telle sorte que quand ils se font baiser ils coopérent. Et chaque coopérant en apporte trois ou quatre autres. Et il y a moins de gens pour faire les choses et les chiffes sont en baisse ».

smarter(8) la compagnie de Sergey Petrossov, « né à Moscou » mais « ayant passé toute son enfance en Floride du Sud »… une compagnie fondée avec l’aide de capitaux provenant de la famille royale saoudienne (mais aussi de Jay-Z); ça ne s’invente pas non plus celle-là (le tarif d’entrée est de 8,196 euros par an pour vols illimités… aux USA).  Les sultans d’Arabie qui parlent de « démocratiser » les vols : on aura tout entendu ! La société est soutenue par le gouverneur de Floride Rick Scott ici en photo avec Sergey Petrossov (à gauche) et le président de JetSmarter, Gennady Barsky « real estate mogull ». Scott soutient aussi, rappelons-nous les mercenaires aériens de Draken. Scott, qui a pourtant planté un hôpital, est un opposant à l’Obamacare et un grand partisan des prisons privées, un climato-secptique et un soutien à… Trump, dont il a refusé de condamner les propos anti-musulmans, on s’en serait douté.
Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.
documents à consulter :
A héroïne de mauvais goût, journal bon pour la poubelle : le récit de l’enlèvement vu par le Daily Mirror :
http://www.mirror.co.uk/3am/celebrity-news/kim-kardashian-robbery-suspect-charged-9612576
le reportage complet sur le Prince saoudien chez Crime Life Documentaries :
https://www.youtube.com/watch?v=FxV4Lmcp5y8
même reportage ici (de la série « Royal Inquest » série TV anglaise de 2009)
https://www.youtube.com/watch?v=xyHcPzr5aiA

http://www.algerieinfo.com/forum/index.php?topic=134.45

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    Cher Auteur,

    Je voudrais revenir sur votre article consacré à la libération d’El Guero Palma, (http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxvi-aux-usa-une-liberation-discrete-qui-en-dit-long/).

    Vous parlez d’une « libération discrète » ou « passée inaperçue », c’est faux d’écrire cela. C’était partout dans les médias: – annoncé, filmé, retransmis et commenté.

    Ce détenu à bénéficié du programme de remise de peine US standard. La loi à été appliquée et la sentence effectuée. La prise en compte de la période de détention pré extradition fait évidemment partie du décompte des années effectuées, c’est toujours le cas. Pourquoi cela vous étonne t-il?

    Dans le cadre d’une collaboration avec les autorités Mexicaines, les US ont remis El Guero Palma aux autorités du pays dont il est citoyen. C’était une procédure absolument normale et légale d’un point de vue administratif.

    Si El Guero Palma avait collaboré étroitement avec les services de la DEA, du FBI et de la CIA, il aurait fait l’objet d’un Plea Bargain. Dans ce cas, comme d’autres très grands Narco comme El Chupeta ou El Mamito, il aurait intégré le programme de protection de témoin WITSEC, puis rapidement disparu des listes de détenus américains. En fin de peine, il aurait obtenu un passeport US et terminé sa vie sous un faux nom.

    Oui, les US permettent à certains membres du crime organisé d’effectuer des peines réduites et aménagées, c’est un secret de polichinelles. El Guero, lui a effectué sa peine, seul, 23h par jour dans une cellule minuscule, pas dans une unité VIP, contrairement à d’autres.

    Elle en dit loin sur quoi, cette libération selon vous? Je n’ai pas compris.

    Cordialement,

    PS: Pour El Chino Antrax, qui a le même avocat que Guero Palma, cela dit en passant. Ecrire qu’il a tenté de s’évader en Octobre 2015, c’est de la pure fiction, il était dans le SHU à San Diego durant cette période. D’ou vous sortez ça, sérieusement?