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Coke en Stock (CXV) : après les neveux, l’ex pilote personnel de Cilia Flores !

Au Venezuela, je vous l’ai dit, le pouvoir en place, plus que vacillant, est miné par les affaires de drogue dans lesquels des militaires sont trop souvent apparus. A ce stade, c’est désormais nier l’évidence que de ne pas s’en apercevoir.  Je vous ai déjà raconté ici les déboires des neveux de la première dame du pays (le Venezuela) voici que c’est son ancien pilote personnel, jeune retraité (à 36 ans !) de l’aviation militaire vénézuélienne qui s’est faite pincer récemment, en juin dernier, au Mexique, avec 8 valises contenant pas moins de 600 kilos de cocaïne.  La drogue avait été amenée via les soutes d’un appareil de ligne régulière d’Aeromexico, signe que ses propriétaires avaient bénéficié d’aides pour passer les contrôles à Caracas.

voitures neveuxEfrain Antonio Campo Flores (élevé en fait par Cilia, qui est sa tante) et Francisco Flores de Freitas ont été arrêtés en descendant en Haîti, à Port-au-Prince, le 12 novembre 2015 d’un appareil anciennement d’Inversiones Sabenpe C. A, un Cessna Citation YV-2030, ex YV-55 CP de Banco de Maracaibo.  L’avion appartenant alors à Marcos Uzcátegui, entrepreneur en bâtiment et grand ami de la député Iris Varela, mise sur la sellette pour sa gestion des prisons.  Auparavant, il était enregistré au nom de la Sabenpe, l’organisme de collecte des ordures ayant comme actionnaires les sulfureux frères Majzoub d’origine libanaise, dont Khalil, soupçonné dans un trafic de cocaïne (eux aussi avec des adresses de sociétés au Panama !).  Parmi leurs relations,  l’ancien vice-président José Vicente Rangel, l’ancien gouverneur de Anzoategui, Tarek William Saab, le gouverneur de l’Etat de Bolivar, Francisco Rangel Gómez, et une solide amitié affichée avec le président de l’Assemblée nationale, Diosdado Capello…  A leur arrivée, nos transporteurs de coke se croyaient protégés par leur passeport diplomatique, dont ils ont tenté de faire usage en vain.

ferrariLes deux neveux de la femme du président Maduro menaient grand train de vie, comme l’attestent des photos montrant leur parc automobile (voir ci-dessus et à droite).  Les deux hommes étaient en fait suivis, car ils s’étaient fait piéger par la DEA qui avait infiltré le réseau dont ils faisaient partie.  Au mois d’octobre qui précédait, en effet, selon un informateur de la Drug Enforcement Administration (DEA) du Honduras, un membre des trafiquants, Roberto De Jesús Soto García, leur avait demandé de l’aide au nom du Cartel de los Soles,  pour envoyer 800 kilogrammes de cocaïne aux États-Unis par un aéroport situé sur un île du Honduras, à Roatan.  Garcia ,selon Reuters, avait « fait valoir que dans les réunions avec Flores, ce dernier a accepté de fournir des informations sur les horaires de l’aéroport, d’assister à l’arrivée de l’avion chargé de cocaïne et d’en décharger la drogue.yacht Les réunions ont été filmées et enregistrées par la police ».  La police avait découvert par la suite 80 kilos de coke et 12 d’héroïne à bord d’un yacht en République Dominicaine, appelle The Kingdom, amarré à quai sur un ponton de La Romana (Casa de Campo). Là-bas comme au Venezuela, ils menaient grand train, en effet, des clichés montrant leurs voitures et celles de leurs amis parquées devant leur villa rue Berrizbeitia (leur bâtiment s’appelant « l’île de France », ça ne s’invente pas !) ou devant la luxueuse résidence Diamante III, tout récent, situé sur l’Avenida las Fuentes , au domaine d’El Paraiso à Caracas : Ferrari F430, Dodge Camaro, Dodge Charger SRT 8,  Porsche 911 (voir ci dessus)…  Coïncidence, en 2013, on avait démantelé un laboratoire clandestin de drogue dans le même quartier… rue La Guayanita.  Les voitures de sport valant des centaines de milliers de dollars, c’était alors l’étalage obscène d’un luxe choquant au moment où les vénézuéliens fuient le pays pour que leurs enfants puissent au moins manger

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tareckLe Venezuela s’enfonce dans ces contrastes violents, qui révèlent progressivement un pouvoir aux mains bien sales.  Lors du procès que les deux neveux avaient suivi, avait été cité le gouverneur d’Aragua, Tarek El Aissami, d’origine syro-libanaisecomme partie prenante du trafic.  Or rappelons-le, il avait été le vice ministre de la Sécurité Publique et de la Prévention (de 2007 à 2008) avant de devenir Ministre de l’Intérieur et de la Justice (de 2008 à 2012) !!!  Celui-là même qui avait tant tenu à montrer un avion transporteur de drogue devant les caméras (on retrouvera plus tard le même appareil incendié au sol et présenté comme « abattu »).  Une mise en scène complète, comme j’ai pu l’expliquer ici-même, au grand dam des ineffables supporters de Maduro… des gens bien silencieux actuellement sur le naufrage de l’économie vénézuélienne,  les gens qui meurent de faim dans le pays, ou les pillages journaliers de magasins, ou encore les journées complètes à attendre pour acheter quelques denrées, les magasins étant quasi tous vides.

sukkhoiDes images choquantes, donc, au moment même où le gouvernement à la dérive de Maduro finalisait un contrat d’armement avec les russes, pour 12 avions SU-30 supplémentaires.  Un contrat passé de 1 à 3 milliard de dollars, des hélicoptères d’attaque devant s’ajouter aux avions de chasse.  Le Venezuela avait perdu juste avant sa signature  un exemplaire de Su-30 le 17 septembre 2015, au dessus de l’Etat d’Apure, selon le communiqué officiel en tentant d’intimider un avion entre illégalement dans l’espace aérien vénézuélien, ce que personne n’a pu confirmer.  Les deux pilotes, Major Ronald Ramírez Sánchez et le Major Jackson García Betancourt qui s’étaient éjectés trop bas, étaient morts sur le coup, ce jour-là.  Pour Maduro, ça ne fait aucun doute : ces fameux Sukhoï avaient permis tout simplement d’éviter le trafic de drogue.  Un propos assez surréaliste, à l’entendre  : « les États-Unis nous ont refusé des pièces de rechange pour les F-16 que nous utilisons pour lutter contre le trafic de drogue. Pour cette raison, nous construisons nos propres réponses. Si on n’avait pas eu les Sukhoï, nous serions devenus un paradis aérien pour le trafic de drogue colombien, avait-il affirmé » rappelle « Venezuelananalysis« .  Or ce trafic de drogue, des proches du pouvoir l’organisent, à l’évidence.  Le journal The Whistle, lui, avait entretemps effectué rapidement une enquête pour découvrir qu’Efrain Antonio Campos Flores était aussi le président et le directeur de la société « Transportes Herfra SA », une société dont l’adresse officielle était… au Panama sous le numéro 830045.  Elle a été créée le 31 mars 2014. le registre public de l’entreprise faisant aussi figurer Hernes Melquiades Flores comme secrétaire et administrateur, un homme qui n’est autre que le propre frère de la première dame Cilia Flores… voilà qui commençait à faire beaucoup, à ce stade dans le cercle des proches !!!

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Et comme ça ne suffisait pas encore, voici que sont débarquées huit grosses valises d’un avion atterri à Mexico, parti de l’aéroport Simón Bolívar de Marqueta, quelques heures plus tôt.  Une image qui vaut bien celle du Falcon de nos joyeux drilles français interceptés en République Dominicaine, avec cette fois 8 grosses valises souples bourrées de 600 kg de cocaïne en tout (le même poids au total !).  Une prise facile, pour les mexicains : l’avion, parti à 07h10 et arrivé à destination à 11h30 était le seul vol en provenance du Venezuela de la journée !  A la tête de l’expédition, selon le le journal El Tiempo, figure Yazenki Lamas Rondon qui avait été arrêté en Colombie dès le 9 Juin.  L’homme avait affirmé  à l’aéroport El Dorado vouloir acheter des chiens  de race.aeromexico_mil  Mais le journal raconte qu’il assurait en fait le transfert d’un lot de drogue au profit des représentants du groupe criminel Los Urabeños.  Dix personnes sont arrêtées les jours suivants : « pendant le week-end 10 personnes ont été arrêtées dans le pays, y compris le gestionnaire de sécurité d’Aeromexico en Maiquetia, Venezuela Robert Fermin Perez. Dans cette liste, il y a deux gardes nationaux, les sergents Elkin Fuentes et Victor Molina. Mais il y a des mandats d’arrêt contre le Premier Lieutenant Higmar Vivas Peña et le sergent-major Jimmy Useche Mendez, dont le rôle de « maître-chien » consistait à faire renifler bagages dans une formation pour les chiens détecteurs de drogue ».  Ces derniers arrêtés à Guanare, dans l’Etat de Portuguese, ainsi que Maria Gloria Hernandez Camacho, la mère du sergent Mendez Useche (les militaires étant dénoncés par Yenny Virginia Camacho Hernandez, l’épouse du sergent).  C’était bien lié à l’absence de sécurité qui avait permis l’envoi (ce qu’avaient voulu vérifier les autorités en laissant passer les colis malgré l’arrestation préalable de Lamas Rondon) :  parmi les personnes arrêtées, deux sont des employés de la sécurité compagnie d’aviation SSAI 2021 C.A,. et cinq autres de la compagnie aérienne Ground Service C.A.

apure jetOr l’homme arrêté est tout sauf un inconnu du trafic de cocaïne nous dit ici El Tiempo : son nom » était apparu déjà en novembre 2015 lors d’un transport de 1600 kilos de coke en Apure. Lamas a concentré son activité dans l’État d’Apure, à la frontière avec la Colombie entre Arauca et le Nord de Santander. Les avions déchargés au Mexique venaient de l’état d’Apure. Là, ils étaient accueillis par Lamas Rondon, étaient chargés de cocaïne et partaient vers Haïti, le Honduras, la République Dominicaine et les Bahamas,  » selon un document américain se référant à des vols entre 2014 et 2015″ . Le coup est très dur pour les trafiquants, en ce cas.  L’homme aurait organisé en effet une centaine de vols, ceux des fameux « jets de brousse » dont je vous avait parlé ici-même (photo ici à gauche d’un Gulfstream abandonné par les trafiquants en plein Apure).  Mais il y aurait pire encore, selon le journal EPV (El Periodico Venezuelano) :  selon lui, Yazenky Antonio Lamas jeune retraité de 36 ans de l’aviation bolivarienne serait aussi l’ancien pilote militaire personnel de Cilia Flores.  En tout cas, il a eu accès à un secret bien gardé, qui a permis tous ces vols non détectés en Apure : il avait réussi à faire passer ses avions bourrés de coke pour d’autres, officiels ceux-là. fire2-28e11« Il a géré et coordonné le départ des avions chargés de drogue du cartel (de Los Soles) Il n’a piloté aucun aéronef mais il a coordonné la manipulation  des codes de pilotes afin qu’ils puissent se déplacer dans le pays, en  apparaissant sur le radar comme des vols commerciaux ». Pendant ce temps, rappellons-le, le pouvoir en place ne cessait de raconter qu’il « interceptait » les mêmes avions, ou qu’il les « abattait« ..; alors qu’il les faisait brûler une fois ces derniers posés au sol… et vidés de leur contenu.  Pour connaître ces codes, notre pilote devait avoir accès au plus haut de la hiérarchie aérienne, sans hésitation. Et à des secrets militaires, puisque c’est aussi ainsi que fonctionnent les détections d’avions ennemis ou non (friend or foi). « En matière de télécommunication, l’identification, friend or foe (IFF) (identification ami ou ennemi) est un système d’identification crypté mis au point pour le commandement et le contrôle. C’est un système qui permet aux radars d’approche civils ou militaires de reconnaître des avions « amis » et de déterminer leur cap ainsi que leur distance » indique Wikipedia.

aeropuerto_la_flechera_1Pour faire diversion, l’Etat vénézuélien avait bien condamné 5 militaires en janvier 2016, plus deux retraités de l’armée, tous arrêtés le 25 mai 2015, dont le colonel d’aviation Rafael Ponce Delgado, alors en charge de la tour de contrôle et des communications de l’aéroport de Las Flecheras de Apure (ici à gauche, qui avait été rééouvert l’année précédente seulement !). L’Apure étant le lieu  même de tous les trafics importants de cocaïne. Avec lui également, le commandant  de la Police Aérienne de la base de Sucre-Maracay, le major Fernando Antonio Silva, le capitaine  Rafael Vargas Arreaga, du groupe Apoyo Logístico de la base de Libertador-Maracay, Rider José Silva de la Dirección de Vigilancia y Control 2911 del Escuadrón de Vigilancia y Control de la ville de San Fernando de Apure;  et Juan José Mujica. Côté civils, des colombiens avaient aussi été condamnés: Juan José Gil Flores, León Darío et son frère Cesar Marín Zapata ainsi que le vénézuélien José Omar Umaña.  Lors de leur procès, on avait ainsi résumé le rôle du colonel Ponce Delgado et de ses « assistants » : « Dans la plainte, il a été noté que le militaire supérieur a reçu un paiement mensuel substantiel en dollars, en échange de ne pas entraver la circulation ou de pas rapporter les  vols illégaux qui auraient servi à transporter de drogue ». Un « salarié » des cartels, en quelque sorte visiblement le lampiste de l’affaire…  pour éviter de remonter plus haut encore, très certainement..

titanMais le trafic continuait, inexorablement.  Le 24 mars dernier, à la Romana, en République Dominicaine, un très bel avion Cessna, modèle Titan 404, immatriculé YV2708 se posait avec à bord 359 kilos de cocaïne dans ses coffres.  Il venait directement de  Barquisimeto, au Venezuela.  Surprise, ou plutôt rien de nouveau sous le soleil (selon que l’on est au courant ou non des arcanes du trafic de coke !) : son pilote n’est plus tout jeune…. mais il est très (très) connu.   Et très recherché, pourrait-on dire. Agé de 55 ans, il s’appelle Justiniano Carlos Luis Nunez, et c’est tout sauf un enfant de cœur : il est en effet recherché depuis 2008 par Interpol pour trafic de drogue !  En juillet 2008, c’était lui (et Carmelo Vásquez Guerra) en effet qui avait piloté le Gulfstream II qui a volé de l’aéroport Jose Antonio Anzoategui Barcelone (ans l’État d’Anzoátegui au Venezuela) à celui situé de Bissau, en Afrique de l’Ouest, avec une charge, selon les estimations de l’agencegulfstream bissau britannique contre le crime organisé (SOCA en anglais), qui avoisinait les 2 tonnes et demies de cocaïne. (on avait cité à l’époque 600 kilos seulement). Rappelons que l’appareil, resté immobilisé, avait eu l’assistance d’un autre avion, immatriculé G5-JIA venu lui prêter assistance, le même jour.  Ce dernier était l’ancien C-GWXD canadien, un très (très) vieux Fokker 300M d’Africa Air Assistance, une compagnie alors totalement inconnue.  Celle d’un certain Eric Vernet, dont j’ai fini par retrouver la trace en Afrique (je vous en parlerai bientôt !)….

1459195830_bigLe capitaine à bord de l’avion de Bissau était Antonio Vasquez Carmelo Guerra, le même qui, deux ans avant, avait piloté le DC9 emportant 5,5 tonnes de cocaïne à Ciudad del Carmen, au Mexique, et resté coincé sur place ce monde de trafiquant est décidément bien petit ! A bord du Titan tricolore, outre les 3 valises contenant 349 paquets de coke (plus deux de 5 kilos), tout l’équipement habituel de l’avion de trafiquant : différents types de billets, y compris des dollars, des pesos dominicains et des bolivars, des téléphones mobiles, des appareils GPS, des plans de vol et quelques documents personnels.  Cinq hommes ont été arrêtés à la descente de l’avion : outre Carlos Luis Justiniano Núñez, ce sont  Jean Carlos Díaz Polanco,  Jorge Luis Henríquez Villalba, Gerardo Antonio Díaz Barroso, et Gregory José Frías Urbina. Jorge Luis Henriquez Villalbai est un récidiviste du trafic : il avait déjà fait l’objet d’une enquête pour trafic de drogue par avion (à bord d’un  Beechcraft 58) dans le ranch Guaremal de Boca de Aroa, dans l’Etat de Falcon, en 2008.  En 2008, l’avion de Villabal s‘était tout bonnement écrasé sur la ferme, et lui-même avait été grièvement blessé à l’occasion, brûlé à 70% sur tout le corps.  Aux sauveteurs, il avait affirmé avoir été pris en otage par le pilote de l’avion… pas retrouvé dans l’appareil totalement calciné !  Comment donc les autorités judiciaires avaient-elles pu avaler pareille fable ? Le Titan YV2708 avait été repeint, indiquent plusieurs sources (comme le montre ici le cliché de droite).

 

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Roberto Briceno Leon, sociologue et directeur de Observatoire vénézuélien de la violence, avait bien compris qui était derrière l’arrivée au grand jour d’un tel avion. « Briceño León explique que «le transport de ces fraudes ne peut être fait par de simples sergents simples, ou des gens ordinaires, parce que vous ne parlez pas d’un panel ou de personnes transportant la drogue dans leur estomac. On est en présence de quantités représentatives où ils faut tenir compte de plusieurs facteurs, y compris qu’il doit y avoir une gestion du capital important qui ne peut être fait qu’avec des niveaux élevés d’organisation. La deuxième chose qui attire l’attention, selon le spécialiste est que l’aéronef ne sort pas d’une piste souterraine, à savoir qu’il doit y avoir des liens avec le pouvoir très important pour permettre un tel transit à travers le pays. C’est un circuit de drogue qui a des mécanismes pour se faire et qui doit avoir été stocké puis quitté un aéroport officiel » rappelle Briceño León.  On ne pouvait avoir affaire à ces pékins, en effet… puisqu’ils réussiront même, une fois arrêtés, à se faire libérer !

333On pense enfin tenir  Carlos Luis Nunez : peine perdue, la jeune juge (par intérim de lia Oficina de Atención Permanente de La Romana) chargée de l’affaire, Aristilda Mercedes Rodriguez (ici à gauche, elle posera aussi sur FaceBook en maillot de bain .. la presse montrant des clichés fort changeants de sa personne ) les libère tous quelques jours plus tard, par simple appel téléphonique, au prétexte de « violation des procédures lors de l’arrestation » : l’avion avait été fouillé sans que la réquisition ne présente de numéro officiel ! Scandaleux ! Laissant la DNCD complètement outragée (il y a de quoi !) « «Nous ne comprenons pas comment cinq personnes prises en flagrant délit avec une cargaison de plus de 359 kilos de cocaïne, ont été laissées libres par le juge par intérim du Bureau de l’attention permanente de La Romana, ce qui, dans une certaine mesure, va stimuler le trafic de drogue et ternir considérablement l’image du système de justice dominicaine, qui, comme nous l’avons dit, est engagée vers des intérêts plus sains, mais quelques-uns, avec des actions comme celle-ci, ne rendent pas service à la société », dit la déclaration écrite du DNCD.  Le procureur général de la République, Francisco Dominguez Brito, est lui aussi furieux, taxant la décision de « très inquiétante ».  Même chose chez  l’avocat Amadeo Cesar Peralta qui affirme que « l’histoire se répète ».  « Encore une fois un juge intérimaire prend une décision douteuse en accordant la liberté pure et simple à ces gens qui ont été pris avec de tels drogues et la société dominicaine est aujourd’hui scandalisée,» avait-il alors clamé.  Le 6 avril, le Conseil de la magistrature de République Dominicaine et le président de la Cour Suprême de Justice, Mariano  Germán Meja, ont résolu de la suspendre provisoirement après sa surprenante décision.  Depuis, paraît-il, Aristilda Mercedes semble avoir disparu de la circulation… (fortune faite ?).  L’histoire n’est pas non plus sans rappeler la libération du sieur Vernet, au Mali... et du « découpeur d’associé », Miguel Angel Devesa…
Au Venezuela, où on ne se demande pas trop  comment Justiniano Carlos Luis Nunez a pu décoller aussi facilement avec son mandat d’Interpol sur la tête, sont arrêtés à la suite de l’incident « Garcia Torrealba, qui de son bureau, a coordonné les actions nécessaires au sein de l’aéroport international de Jacinto Lara Barquisimeto afin d’obtenir le départ de l’avion avec la cargaison de cocaïne, pour lequel il a reçu la coopération de Diaz Lanz Cardenas Garcia. Diaz Lanz et Torrealba et ont été appréhendés à Barquisimeto entre lundi 29 mars et le vendredi 1 avril, en vertu des mandats d’arrêt demandés par les procureurs dans le cas et acceptés par ce tribunal » avait-on appris. Or Garcia Torrealba, n’est autre que chef, justement, de la représentation vénézuélienne d’Interpol !!! On comprend beaucoup mieux la protection dont bénéficiait Nunez !!!  Autre scandale !!!

Aux policiers de remonter désormais la filière.  L’enquête va se heurter aux grilles d’une villa digne d’Hollywood… « A présent, on analyse les lignes téléphoniques et les 12 raids qui ont été exécutés à Caracas, Margarita, Barquisimeto et Portuguese, travail à travers lequel il a été déterminé que Cardenas aurait été le financier qui a dirigé l’opération illégale. L’avion jusqu’en 2010 appartenait à une société enregistrée dans la ville de Doral, en Floride appelé Airways Services LLC (nota : une appellation fort usitée aux USA… par la CIA !).  En mai de cette année il a été exporté vers le Venezuela au nom de la société vénézuélienne service Max Mart Servicio 2009″.  Une société dirigée par Ivan Dario Martinez Hernandez, un ancien conseiller juridique de la Chambre de commerce de Caracas. Selon lui, l’avion ne volait pas bien et sortait de période d’essais après un mois de réparations.  Il avait déjà fait un trajet d’essais vers l’île Margarita, où est située la résidence de Martinez à Pampatar Maneiro exactement).  Une résidence immense, ultra-luxueuse, munie d’une vraie salle de cinéma avec un écran géant, un sauna, un gazon artificiel pour jouer au golf et une piscine, « une authentique demeure à la Hollywood, comme la qualifient ceux qui connaissent la maison de Martinez, avec une entrée habillée de peau de zèbre apporté d’Afrique, mais avec la technologie de style Bill Gates : une maison intelligente avec des capteurs programmés par des techniciens internationaux permettant à son propriétaire de piloter à distance toutes ses fonctions au moyen de dispositifs mobiles » Selon lui, c’est le pilote principal qui avait initié seul le vol.  Certes, mais pouvait-il ignorer qui était Justiniano Carlos Luis Nunez ?

emplacement

playa morenoCar là encore, le fameux Martinez et sa luxueuse villa de Margarita a aussi des liens avec le pouvoir (sur l’image ci-dessus, l’emplacement de la villa, donnant sur la Playa Moreno – à gauche- repérée grâce à l’auvent de tuile où avait été pris en photo le camion gouvernemental venu effectuer une saisie sur place, visible à droite du cliché). « Martinez est un supposé homme d’affaires, qui serait la tête de plusieurs sociétés avec une façade juridique, Hebert-Josue-Garcia-Plaza-AVN_NACIMA20130913_0257_6-300x167y compris une nommé SmartBuy au Venezuela, dédiée à la distribution des CD avec de la musique et des films piratés. Martinez exploite également une entreprise de construction à laquelle le régime de Nicolas Maduro a affecté d’importants projets tels que le projet d’agrandissement des aéroports de Barcelone et de Porlamar » selon Notifias Venezuela. le nom qui était apparu étant celui de l’ancien ministre de l’Eau et du transport aérien et aquatique, le général Hebert García Plaza (ici à droite), lui aussi objet d’une enquête pour corruption.  Et lui aussi bien protégé… jusqu’à ce qu’on le lâche.  L »homme est tombé après la révélation de magouilles sur les ferrys Bolipuertos et Croazia Jet (ici le St François d’Assises*).

Avioneta_Maracaibo_Et le trafic de continuer, donc… le 2 avril dernier, c’est un Cessna modèle 421B Golden Eagle que l’on a retrouvé en train de flotter.. sur le lac Maracaibo près de la municipalité de Miranda, où il s’était posé en pleine nuit, vers 22h30 (le voici ramené sur la berge et là également).  Datant de 1971, il est immatriculé HI-938 et avait été photographié sous ce registre le 27 juin 2013 à Punta Cana (et ici aussi, ou en train de se poser à a Arroyo Barril).  L’avion (serial 421B-0129, ex N641SC, un habitué de la Floride) appartenait à Rafael Jiménez, (passeport No 01257718) et Carlos A Alvarez (passeport No 4389805) , deux vénézuéliens, qui l’ont abandonné sur place.  L’appareil, jusqu’ici utilisé par Aero Tropical SRL Services, avait tout récemment été vendu.  On trouvait encore son annonce, débarrassée de ses images, l’affichant à 175000 dollars seulement. La petite société de voyages touristiques possédant aussi un Piper Aztec et un Piper Cherokee.  Selon les policiers,‘avion qui a percuté le lavione poséac le samedi dans les premières heures du matin, n’est apparemment pas venu chargé avec de la drogue, mais son but était d’atterrir dans le lac  et de percevoir la cargaison pour la transporter ensuite à l’étranger Ceci est parce que le malheureux appareil, avec une capacité de 600 kilos de bagages, avait encore des sièges à l’intérieur »… bizarrement, un témoignage recueilli par le Diaro Contraste laissait pantois.  En effet « un militaire a déclaré que la colonne de direction était attachée aYV-938 hangarvec une corde, ce qui lui a permis de voler dans une direction droite jusqu’à ce qu’il est écrasé dans les eaux du lac« . Les occupants étant en ce cas sortis avant… que l’avion ne s’écrase…  on aurait eu affaire à des dealers parachutistes ?  Voilà qui rappelle aussi une célèbre poursuite… et un largage de paquets de drogue… De même, en furetant sur le net, on trouve beaucoup de liens bloqués ou disparus sur l’avion.  Une des photos (ici à gauche) le montre dans un hangar, posté sur un site de vente dont les références ont été effacées.  Visiblement, on a beaucoup œuvré pour qu’on ne retrouve pas ses acheteurs… ni son vendeur.

Et pire encore, avec la révélation du El Nuevo Herald, selon laquelle le président Maduro en personne a appelé son voisin colombien pour le supplier de ne pas extrader ce fameux pilote arrête à Mexico vers les USA. Révélant ainsi toute son importance dans un trafic éclaboussant le plus haut de l’état vénézuélien (et la crainte que les Etats-Unis en apprennent davantage sur le trafic ou l’implication en plus haut lieu). Après le cas de Walid Makled, puis celui d’Hugo Armando Carvajal Barrios, cela commence en effet à faire beaucoup de personnes, autour de Maduro et de Cilia Flores, à être impliqués, à des degrés divers, dans le trafic de cocaïne. Ceux qui les soutiennent encore peuvent toujours s’époumoner : les faits sont là, visibles. « Toutefois, les versions se développent et dans le contexte de polarisation politique que vit maintenant le pays voisin, le cas doit être observé dans les médias du gouvernement voisin car Lamas Rondón peut être la clé pour commencer à démêler les tentacules du  » Cartel de los Soles », tout en précisant que, les réseaux sociaux issus du pouvoir sont très actifs pour exalter ses déplacements continus sur des yachts, sa situation économique florissante, ses affaires d’animaux particuliers et même ses activés dans la Santeria également attribuée au cercle chaviste comme une mesure de protection supplémentaire importée de Cuba. Vraie ou pas, la réalité est que Lamas Rondón officiellement a fait partie du cercle proche de la famille dirigeante et du président du Venezuela, Nicolas Maduro, qui craint que l’homme ne soit renvoyé aux États-Unis ». Maduro, qui craint que le Cartel de los Soles ne le rattrape.  Dernière lui, un général , impliqué, attend tout simplement de prendre sa place.  Un coup d’Etat se produit souvent dans un pays en effervescence. Ce qui est le cas du pays, rongé par la colère des ventres vides. Et par une corruption endémique : le 13 juillet dernier, Maduro était contraint de nommer un nouveau patron pour les 5 plus grands ports du pays (Guanta, La Guaira, Puerto Cabello, Maracaibo et Margarita). Efraín Velasco Lugo, un autre militaire encore, l’ancien directeur de la Fundación Venezolana para la Prevención y Tratamiento del Consumo de Drogas (Fundapret)…  il y a 30 ans déjà, en 1995 déjà l’ambassadeur US à Caracas avait écrit que Puerto Caballo était « un point d’embarquement pour des envois en containers de tonnes de drogue vers les USA… » 

(*) la première dame du pays au Venezuela, qui se la joue beaucoup trop façon Evita Peron, désormais.

(**) sur les ferries, lire ici

http://runrun.es/rr-es-plus/198630/los-ferrys-comprados-por-garcia-plaza-estaban-ruleteados-mapa-interactivo.html

Extrait : « Trois bateaux espagnols utilisés ont été présentés comme nouveaux par le bureau de García Plaza en 2013, au lieu du grec promis par l’ancien président de Bolipuertos. Les ferries « Virgen del Valle II », « Vierge de Coromoto» et «Saint François d’Assise » représentaient l’état d’un investissement total de 50 188 320 d’eurls, selon un rapport du directeur de l’organisme national de lutte contre la corruption, à qui a pu accéder le journal Ultimas Noticias. Aujourd’hui, un seul des trois ferries acquises par l’Etat est en activité… » Un an et quatre mois après l’inauguration des navires « Vierge de Coromoto » et « Saint-François d’Assise le 20 Avril, 2015, la Cour 10 de Contrôle de la zone métropolitaine de Caracas a ordonné l’arrestation de l’ancien responsable de Bolipuertos, Heber García Plaza, pour son implication présumée dans l’achat frauduleux de bateaux, au nom de l’État vénézuélien. Il est accusé les de crimes intentionnels en tant que ministre et de détournements concertés avec les entrepreneurs. »

 

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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