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Coke en stock (CXIX) : dans l’affaire Kardashian, une vieille connaissance de la coke dans le coup (2)

Hier nous avons vu que l’enlèvement de Kim Kardashian nous avait subitement ramené à une autre affaire datant de 1999.  Pourquoi donc, c’est ce que j’ai commencé à vous expliquer dans l’épisode précédent, qui a évoqué ce transfert de deux tonnes de cocaïne vers la France, à bord d’un avion appartenant à une sommité saoudienne qui sera condamnée à 10 ans de prison et interdiction de remettre les pieds sur le territoire.  Mais cette découverte de 1999 nous a emmené bien plus loin comme on va le voir aujourd’hui… puisque nous allons atterrir aux frontières du 11 septembre 2001, date à laquelle, on le sait, d’autres saoudiens avaient été nommés, pour finalement se voir expurgés de l’épais dossier d’enquête sur les attentats…  Un problème toujours pas résolu en 2017, malgré la déclassification récente des 28 pages enlevées par l’administration Bush (1)…

prince procèsLe prince saoudien inculpé officiellement par le juge chargé de l’affaire, par le juge Cadet (et donc avec un procès en vue; qui se tiendra de façon surréaliste en la présence du frère jumeau de l’intéressé, ici à gauche avec Jacques Vergès), cela avait secoué le landerneau politique, comme on a pu le voir. Les émirs étaient jusqu’alors réputés intouchables, et cela même bien avant que le PSG ne succombe aux Qataris (en 2011).  « L’inculpation du Prince par les français avait été fort mal perçue en Arabie Saoudite, on s’en doute. « cela avait enflammé le gouvernement saoudien – qui avait immédiatement mis une énorme pression sur les Français pour révéler les éléments de preuve contre le prince et étouffer son accusation. Les Saoudiens avaient une arme puissante. Ils avaient en effet  menacé de retirer l’accord sur un contrat (désigné par par son acronyme, SBGDP-Miksa) d’une valeur colossale de 7 milliards d’euros qui avait fait avait été l’objet de négociations entre les Saoudiens et la France pour une dizaine d’années, consistant en ce que la multinationale français Thales (ex-Thomson) devait élaborer le système de sécurité basé sur des radars pour protéger les frontières du royaume. Et la tentative française de coincer le prince Nayef avait soudainement perdu de sa pression… ». Le contrat Miksa étant l’objet d’une autre bagarre à couteaux tirés… entre deux partis politiques français désireux d’être copieusement arrosés par des pots de vin (lire ici).  En résumé, selon Mediapart  » Ziad Takieddine devait toucher en 2003 des commissions occultes d’un montant de 350 millions d’euros sur ce contrat.  Les fonds devaient être versés, sous l’autorité de Nicolas Sarkozy, via une société contrôlée par le ministère de l’intérieur, Civipol. La signature par Nicolas Sarkozy de ce contrat d’armement a été empêchée in extremis, en 2004, par Jacques Chirac, dont l’entourage évoquait l’existence d’un montage visant à financer le camp sarkozyste ». On comprend alors pourquoi le procès de Nayef Bin Fawaz al Chaalan va traîner en longueur pour n’avoir lieu que 7 ans plus tard en 2006.  Le 10 juin, à Bobigny, son procès il n’est pas présent mais son jumeau Saoud, si, en compagnie de Jacques Vergès requis par la famille comme avocat. Les « pieds nichelés » français ont déjà été jugés à ce moment là : ils ont obtenu leur tarif dès le 29 septembre 2003 les peines allant de deux à dix ans.  Dubreucq, toujours aussi grande gueule, n’a pas hésité à dire au procès qu’ « il y a deux innocents dans cette affaire, le prince saoudien Al-Shaalan et moi. » Mal lui en a pris : il a écopé de huit années de prison !!! Le prince doit donc attendre 2007 pour se voir condamné à 10 ans de prison.  Et il se retrouve désormais interdit de territoire français !!!

_1629462_berna300Durant les préparatifs des deux procès (de 2003 et 2006) les policiers français ont bénéficié, on l’a vu, de renseignements venus des Etats-Unis.  Car depuis 1999, eux aussi sont sur la trace du même réseau, contre lequel ils ont lancé une vaste opération appelée « Millenium » qui a abouti dès 2000 à l’arrestation de 32 trafiquants notoires, dont les colombiens derrière le transfert au Bourget !!! Dans un historique de la DEA, on retrouve l’explication de l’opération : « En octobre 1999, une importante enquête conjointe de la DEA et du CNP intitulée Opération Millennium a permis d’arrêter deux des plus puissants trafiquants de drogue dans le monde: Alejandro Bernal-Madrigal (ici à droite), également connu sous le nom de Juvenal, et Fabio Ochoa (ici à gauche), le frère de Juan David and Jorge Luis Ochoa, fondateurs du Cartel avec Pablo Escobar). Bernal-Madrigal était le chef de la plus importante organisation colombienne de transport de stupéfiants et avait pris la fonction de transport de la cocaïne à des niveaux sans précédent. hoa goodLes preuves obtenues au cours de cette enquête ont démontré que l’organisation de Bernal-Madrigal était responsable du transport entre la Colombie et les États-Unis de 20 à 30 tonnes de cocaïne par mois via le Mexique, principalement dans le fret conteneurisé. Fabio Ochoa était l’un des principaux dirigeants du cartel de Medellin. Il a été emprisonné en 1991, libéré en 1996, et a poursuivi ses opérations de trafic avec Bernal-Madrigal et d’autres personnes après sa libération. » Arrêté il a été ensuite extradé aux USA (et condamné en 2003 à 30 ans de prison, Juvenal fera 10 ans de prison aux USA, mais sera abattu en 2012, alors qu’il était de retour en Colombie depuis un mois seulement : les amis d’Ochoa, contre lequel il avait témoigné, s’étaient vite vengés).  Parmi les personnes arrêtées, les trois colombiens déjà cités, qui, pour bénéficier de la clémence US ont accepté de parler et de livrer tout le réseau… on les écoute et juste après on les expédie à Paris où leur avocat va s’époumoner à dire qu’ils « ont déjà été jugés » (cf aux USA).  Résultat, ils écopent sur place de 10 ans pour les mieux servis : Mario Oller-Martinez, Jean-Francois Tixador, Wilson Rodrigo Jimenez Montanez, Humberto Gomez Maya et Edgar Augusto Gutierrez Guevara sont en effet tous condamnés.  Seul Jose Maria Clemente, le « banquier » du réseau a hérité de 5 ans seulement.  En appel en 2008, les juges confirment et ajoutent une amende record de de 7 millions d’euros au Prince Nayef Bin Fawaz al Chaalan !!!  Il ira quand même en cassation… pour se voir confirmer sa peine en 2011… date définitive de sa condamnation.

potatoesLors du procès on a appris le rôle exact qu’avait donc tenu Nayef Bin Fawaz al Chaalan, qui a hérité de la plus grosse condamnation (en raison aussi de son absence) : selon les trois colombiens condamnés en effet, « le saoudien est d’accord pour que la drogue soit chargée dans son avion contre une commission de 20 millions de dollars (20 millions d’euros). Le 14 mai 1999, le prince atterrit à Caracas (Venezuela). Pendant qu’il assiste à une réunion des pays producteurs de pétrole, la drogue, acheminée de Colombie en camion (elle a voyagé sous des pommes de terre dans des camions siglés de l’ONU, ce qui était une idée d’Usuga (!), est chargée dans les soutes de l’appareil. Le 16 mai, l’avion se pose au Bourget, après une escale à Riyad pour brouiller les pistes. Les deux tonnes sont transférées à Noisy-le-Sec sous l’autorité de Didier Dubreucq, un ancien braqueur associé à l’affaire. Dans les jours qui suivent, une tonne est expédiée en Allemagne et aux Pays-Bas. Le 3 juin, 200 kilos sont interceptés en Espagne. Le 6, les policiers français interviennent. Commence alors pour eux une enquête de longue haleine qui les conduira aux portes du pouvoir saoudien ». C’est donc bien lui qui avait accepté le transport. Mais les américains ont aussi découvert autre chose.

doris2C’est que le prince Nayef Bin Fawaz al Chaalan a été largement influencé pour expédier la coke par une personne extérieure, une jeune femme qui semble avoir joué un bien drôle de rôle explique Le Monde : « dans les années 1970-1980, Nayef Al-Shaalan a étudié à l’université de Miami en Floride. Là-bas, il a rencontré une jeune femme nommée Doris Mangeri qui possède une double nationalité, colombienne et américaine. Selon Jacqueline Arango, vice-procureure du parquet de Miami qui a dirigé l’enquête, c’est cette femme d’affaires qui a introduit Nayef Al-Shaalan auprès des « narcos » de Medellin. C’est par son entremise que le prince aurait mis l’opération sur pied, usant de ses moyens logistiques et de son statut diplomatique pour faciliter l’importation de la cocaïne en Europe. Les policiers américains, qui ont surveillé le prince et son amie durant plusieurs mois, en veulent pour preuve des pièces trouvées au domicile de Doris Mangeri : notamment des photos montrant Al-Shaalan à Marbella en compagnie de trafiquants connus. L’intéressé ne nie pas cela. Il avait alors, dit-il, de gros projets immobiliers. Il a pris ces gens pour d’honnêtes entrepreneurs, puis il affirme avoir rompu tout contact dès que leur réputation sulfureuse est parvenue à ses oreilles ». En photo, Mangeri (la fille blonde à gauche) avec à ses côtés Ivan Lopez Vanegas, son intermédiaire auprès des trafiquants colombiens, dont Juan Gabriel Usuga Norena… selon The Herald Tribune, c’est bien Ivan Lopez qui aurait glissé dans l’oreille de Mangeri de contacter Nayef Bin Fawaz.

désertLa suite s’était passée ainsi raconte en 2005 le Tampa Bay Times : « Lors d’une première réunion dans une villa louée à Marbella, en Espagne, en septembre 1998, le prince a offert de blanchir de l’argent de la drogue à travers une petite banque privée de Genève, dont il était co-propriétaire avec son frère jumeau, a dit Usuga  au jury. Mangeri a assisté à la réunion et s’est fait une commission sur l’affaire, a-t-il ajouté. Le groupe a volé jusque Genève le lendemain et a visité la Banque Kanz, qui se présentait comme «la seule banque privée islamique à Genève. » Usuga a été impressionné. Le conseil d’administration de la banque d’administration comprenait un ancien directeur général de la banque centrale suisse. En décembre, le groupe s’est rencontré à nouveau, cette fois en Arabie Saoudite. Le prince a embarqué le groupe dans un voyage avec camping dans le désert, durant la nuit avec des Hummers et un tout-terrain Lamborghini. On a montré au jury des photos du groupe, dans le désert, portant des robes arabes (photo ici à droite). C’est sur le chemin du désert selon Usuga que le prince aurait offert son jet privé, un Boeing 727, pour faire passer des charges énormes de cocaïne, de 10 à 20 tonnes ». Avec vingt tonnes, c’était en effet nécessairement son 727 qui aurait dû être utilisé...

dorisOn y avait aussi appris que le fameux prince avait fui un jour rapidement les Etats-Unis avais-je déjà écrit :  « c’était en 1984 et il faisait alors ces études à Miami,  car  il avait été tout simplement déjà pris dans un trafic de cocaïne avec un petit Cessna dans le Mississipi ! Il avait été condamné… mais la Cour de justice du Mississipi ne pouvait plus rien prouver : le jugement avait disparu de ses archives !!! Encore un curieux hasard ! C’est fou dans ce genre d’affaires ce qu’il peut y en avoir !  On y avait appris aussi comment il s’était fait prendre notre si bon prince : dans le coffre de sa petite amie Doris Mangeri Salazar, au comportement bien étrange, plusieurs photos l’avaient montré en plein désert, en compagnie des trafiquants,notamment Juan Gabriel Usuga et Carlos Ramon, en train d’organiser avec lui une dernière réunion pour organiser le transfert dans son avion personnel ! cyclopsLa précédente avait eu lieu au « Cyclops Cattle Ranch » près de Medellin (à partir de ce jours, les deux principaux fournisseurs, Juan Gabriel Usuga Norena et Carlos Ramon Zapata s’étaient eux-mêmes surnommés « The Cyclops Brothers« .). Pris sur le fait, documents photographiques à l’appui que la belle gardait jalousement dans son coffre personnel ? De quoi faire chanter un prince saoudien quand elle le désirerait ? Deux ans plus tard, le jugement est cassé en appel et les deux condamnés libérés (1). Aujourd’hui, en 2009, personne n’est donc plus en prison ! La belle travaillait pour qui ? Certainement pas pour elle… » A gauche, Doris Mangeri lors de son arrestation : la blonde est devenue brune. Dans un article du 18 juillet 2002 de la BBC sur son procès, on laisse entendre à demi-mot qu’elle aurait pu être elle-même l’informatrice de la DEA

Car c’est bien ça aussi qui intrigue. La drogue aurait dissimulé tout autre chose. Des journaux avaient écrit « précautionneusement » que l’argent de la drogue devait servir à autre chose, et un trafic d’armes avait été bien sûr cité. Les deux sont souvent liés, on le sait. « Les 2 tonnes de cocaïne auraient pu rapporter 15 millions de dollars. Pourquoi un prince richissime se serait-il compromis dans pareil trafic ? Mystère. Les Américains soupçonnent que l’affaire cache un trafic d’armes, mais ils ne peuvent pas le prouver ». Des armes, mais pour qui ??? Cela, on en a aussi une petite idée, formulée de façon abrupte ici par l’auteur conspirationniste Wayne Madsen qui n’a pas l’habitude de mâcher ses mots : « la cocaïne trafiquée par Nayef était, selon un document confidentiel de la Drug Enforcement Administration (DEA), utilisée pour financer Al-Qaïda en Afghanistan. L’argent qui était versé aux recrues terroristes passant par Riyadh a été obtenu par le ministère de l’Intérieur à partir des caisses de drogue et tenu dans les comptes bancaires secrets. La CIA connaissait et encourageait les paiements hors bilan aux recrues d’Al-Qaïda, comme c’est le cas aujourd’hui, les recrues d’Al-Qaïda étant vidées des prisons saoudiennes et payées par des interlocuteurs du gouvernement saoudien » écrit-il.  Quand les on a vu les USA aller jusqu’à aller rechercher et racheter des Stingers qu’ils avaient offerts au groupe du chef de guerre opposé au commandant Massoud, on peut en effet sans effort imaginer qu’il puisse avoir raison.  Ben Laden, financé au début de sa carrière par les USA, je ne pense pas que ce soit du conspirationnisme mais bel et bien une réalité.  Mais en ce cas, pourquoi avoir tenté dès 2000 de freiner les ardeurs des saoudiens à vouloir eux aussi aider Al Qaida ?  Les américains n’étaient-il pas tout bêtement en train de s’apercevoir d’une sorte de double jeu des saoudiens à leur égard ?  La réponse est peut-être tout simplement dans un autre fait récent passé totalement inaperçu…

bin sultanEn mai 2016, Obama a décidé de rendre public les 28 pages manquantes du dossier d’enquête sur le 11 septembre expurgé par la commission au temps de l’ère Bush.  Des pages qui évoquent clairement le rôle de saoudiens dans l’affaire et pas des moindres, puisque l’on y cite notamment Bandar bin Sultan (Bandar ben Sultan ben Abdelaziz Al Saoud), l‘ambassadeur saoudien fort proche de G.W.Bush (ils conversent ensemble ici à gauche).  Mais aussi le rôle trouble exercé par Omar Al-Bayoumi, « protecteur »  notamment des deux pirates de l’air Nawaf al-Hazmi et Khalid al-Mihdhar, qui n’a toujours pas été élucidé.  Comme celui de Ghassan Abdullah al Sharbi, toujours à Guantanamo (pourtant repéré très tôt par l’agent Kenneth Williams dans son célèbre « mémo » prémonitoire) … Et d’autres encore… Des soupçons renforcés par les drôles de questions posées au protagonistes du transfert de coke, telle ci : « Clemente a été arrêté à Barcelone le 11 décembre 2002 alors qu’à une date antérieure, des agents de la DEA qui l’avaient intercepté sur une île des Caraïbes, lui avaient offert l’immunité en échange d’informations sur le financement des groupes islamistes et ce qu’il savait des transferts d’Al-Shaalan vers ces groupes. Il avait refusé de collaborer et s’était retiré à Barcelone jusqu’à son arrestation ».  L’île (Aruba) étant celle où cette même DEA avait longuement discuté avec « El Polo » Carjaval (ici à son retour).  On notera le fait que la DEA négocie avant ou non d’arrêter… ou de laisser filer, en attendant que d’autres s’en chargent !!!  28 pages qui montrent surtout que le FBI a continué à chercher cette implication jusqu’en 2012… contrairement à ce qui en avait été dit officiellement !!!

DC-9-skyway-1Le prince arabe aurait-il été manipulé ? Aurait-on monté un dossier le visant mais visant aussi l’Arabie Saoudite pour déconsidérer cette dernière ? On peut le croire car en plus d’avoir découvert une jeune femme influente, l’avion personnel du prince  (son 727 et non le Gulfstream) était en effet piloté par de drôles de zèbres.  On a en effet découvert  après coup que l’avion possédait de bien étranges pilotes.  Cela aussi je l’avais expliqué : ce sont en effet deux pilotes de chez Skyway, société qui en avait acheté deux DC-9 (ici en photo tous les deux à St Peterburg !), le N900SA et le N120NE.  Le premier avait fait la une des journaux en 2006 avec la découverte d’un lot imposant de cocaïne à son bord.  A bord du DC-9 immatriculé N900SA, les policiers mexicains avaient saisi 128 valises noires, représentant 5,5 tonnes de cocaïne.  Un record ! Mais à la limite, ce n’est pas ça qui avait le plus choqué.  Non, c’était la livrée extérieure de l’avion, celui de la très officielle SNA américaine (« System of National Accounts »), une subdivision de la Transportation Security Administration (TSA).  L’avion était enregistré lui en Floride au nom de Sky Way appartenait de droit à la compagnie charter de Floride « Royal Sons Inc », et il était destiné selon Skyway a tester un tout nouveau procédé de communication entre le sol et les avions, et de pouvoir faire même de l’internet à plus de 30 000 pieds d’altitude.  Evidemment, la firme avait décroché avec un pareil intitulé un contrat avec l’armée et s’était associée à des investisseurs, notamment des koweitiens et des banquiers d’Arabie Saoudite.  Surfant sur la grande peur du 11 septembre, la firme, dont les trois dirigeants principaux sont Brent Kovar,sa mère (Joy Kovar) et son père (Glenn Kovac), associés à James Kent, allait alors engranger 40 millions de dollars d’investissements de 2002 à 2005, et louer à Tampa un énorme hangar de « réparations » …. pour ne jamais rien produire ni réparer !  Son projet de transmissions était du flan complet !  Parmi ces dirigeants, « M. Kent a occupé divers postes de gestion des contrats du gouvernement fournissant des services financiers et de gestion du programme de soutien des communications nationales et des projets de renseignement du ministère de la Défense, Agence nationale de sécurité et le ministère de la Marine » avait-on appris ici.  L’équipe dirigeante de Skyway étant également  liée à des politiques des républicains : delay bush« le congressman Tom Delay (ici à gauche avec G.W. Bush) chef de la majorité, a nommé Brent C, Kovar pour servir de président honoraire, au Conseil consultatif des affaires (Business Advisory Council). Des représentants du Comité national républicain du Congrès a annoncé que M. Brent C. Kovar a été nommé au service du Conseil consultatif d’affaires en reconnaissance de ses précieuses contributions et de son dévouement au Parti républicain ».  En mai 2005, la société se déclare en faillite, embarquant avec elle « 24 investisseurs du Proche Orient lésés » annonce brutalement la presse.  Parmi ceux-ci, l’homme à la tête de la Kuwaiti National Guard, le prince Miteb Bin Abdullah Bin AbdulAziz Al Saud.  Dont l’armée, forte de 200 000 hommes -, est appelée SANG pour Saudi Arabian National Guard, elle est entraînée par l’US Army.  Celui-là aussi est un « client » intéressant…. au delà de ça, le dénommé Frederic Geffon, responsable de Royal Sons Inc, avait lui aussi vu son cas examiné par la DEA de Tampa en Floride, en 1995, qui l’avait alors considéré comme étant un « aircraft-broker-dealer working with drug traffickers« …

JAMES R BATHMais il y a mieux encore derrière Skyway, en effet.  Au conseil d’administration, il restait toujours le fondateur : James R. Bath (ici à gauche), au milieu de tas d’affaires et de relations, qui a créé Skyway Aircraft Leasing Ltd en changeant le nom de sa firme précédente, Cotopax Investments, enregistrée en 1980 aux îles Cayman.  Cette année là, il est devenu le seul membre du conseil d’administration : deux membres l’avaient quitté pour former chacun leur société, respectivement « Cayhaven Corporate Services » et « Bird », qui avaient vite fusionné pour devenir « I.C., Inc ».  Or c’est justement le nom de la société qui va servir d’écran à Olivier North pour ses trafics d’armes et de drogue pour alimenter les Contras !  L’éclatement de l’entreprise était bien une volonté commune de cacher quelque chose.  D’ailleurs, quand le 7 mars 1987 North est dénoncé, James R. Bath supprime aussitôt les noms de ses anciens associés de ses registres.  La société de Bath était donc étroitement liée au pouvoir en place.  Logique, G.W.Bush et James Reynolds Bath ont fait ensemble leur service militaire dans la Garde Nationale, ce qui leur évitait d’aller au Viet-Nam.  Ce sont tous deux des « champagne pilots » de leur base de F-107 dans lesquels ils ne montèrent jamais.  Sauf pour la photo.  Ils ne mirent jamais les pieds à la base non plus d’ailleurs.  Les deux seuls généraux qui ont essayé de le dire sont morts brutalement.  Un pur hasard, bien entendu.

pharaon2Au sortir de son service militaire, James R. Bath va être un temps banquier : à la BCCI (lui aussi), qui va s’effondrer et fonder une compagnie de revendeur d’avions JB&A Aviation. A la BCCI, il s’est acoquiné avec Ghaith Rashad Pharaon, un multimililardaire saoudien de Rhyad enrichi par le pétrole et rival d’Adnan Khashoggi.  Pharaon, un homme ayant fait ses études en France, au lycée Janson-de-Sailly !  Propriétaire du château de Montfort, dans le Périgord.  A un moment de la débâcle de la BCCI, en 1991, le FBI cherchera à saisir le yacht de Ghaith Rashad Pharaon, sans jamais parvenir à le faire avant 2006.  On se dit que l’état US a bien une dent contre lui.  Pensez-donc : le 4 juin 2008, le Pentagone avait accordé un contrat de 8 millions de dollars à Pharaon !  Via sa société pakistanaise de fourniture d’essence, Attock Refinery Ltd, pour fournir les bases américaines en Afghanistan !  L’année précédente, Attock avait fourni pour 40 millions de dollars de kérosène aux américains !  Le 11 juin 2006, pourtant, on avait appris que le yacht Le Pharaon avait été investi par le FBI au large de la Sicile, près de l’île de Pantelleria.  Parmi ceux qui avaient révélé au grand jour les liens douteux de la famille Bush avec la famille saoudienne, le sénateur Kerry, très actif sur ce front. James R. Bath était en effet aussi aux Etats-Unis le représentant de Khalid bin Mahfouz, le propre beau-frère de Ben Laden (et son pseudo château de Versailles !).  Kent étant en liaison avec le sénateur Mel Martinez, et avec Charlie Christ, le remplaçant de… Jeb Bush en Floride ! Un bien joli petit monde !  Khalid bin Mahfouz était membre lui aussi de la Bank of Credit and Commerce International (BCCI) !  Pharaon, serré également par le juge Van Ruymbeke en 2003 pour la vente d’un superbe immeuble, l’hôtel de Coislin, situé place de la Concorde, à Paris.

imagesVoilà qui fait beaucoup, autour du prince et de son fameux Boeing, qui était destiné, un jour ou l’autre à transporter jusqu’à vingt tonnes de coke, promises par le saoudien Al-Shaalan aux cartels colombiens, en 1999 déjà.  Livrées par un Boeing 727, donc, si son détenteur ne s’était pas fait pincer dès la première tentative de transfert.  Il faudra attendre dix ans et novembre 2009 pour voir son vœu exaucé… avec un tri-réacteur du même genre, parti lui aussi du Venezuela mais plutôt dans une autre direction, l’Atlantique, pour aller se poser en Afrique, en plein désert malien et effectuer une livraison de cocaïne dont le poids demeure toujours inconnu à ce jour. L’avion qui n’avait pas réussi à redécoller avait été sacrifié, on l’avait incendié (photo ici à droite).  Des français aussi ayant participé à l’opération, je le rappelle.  Je reviendrai bientôt sur l’un d’entre eux, je pense…

yeux bleusReste à nous intéresser à ce pourquoi je vous ai raconté toute cette histoire qui nous a mené bien loin.  La raison en est simple : depuis l’enlèvement de l’idiote fessue, vous avez pu lire un peu partout que c’était un véritable commando de papys qui avaient fait le coup.  Des papys, tous sexagénaires, certains venus sur place en vélo, et bien connus de Georges Moréas, l’ancien patron de l’Office central de répression du banditisme(O.C.R.B, dont on recommande la lecture de son blog, c’est ici). Des pieds nickelés à carte merveille, démunis de gants et ayant laissé des empreintes partout en vrais amateurs, portant tous ou presque des surnoms marrants, genre « nez rapé » pour Marceau B. ou « Omar le vieux« , pour Omar K.  Le plus âgé, « Pierre B. » affichant 72 balais au compteur ! Plus un, que Kim Kardashian elle-même serait (presque) capable de reconnaître (c’est dire s’il était reconnaissable !) malgré son improbable déguisement (il a été trahi par ses empreintes, de toute façon) : « Peut-être le plus petit, avec les lunettes de ski, mais pas sûr » a-t-elle claironné à la presse.  Un kidnappeur portant lunettes de ski, mais pourquoi donc ??? Oh, la raison là aussi est simple : quand il était plus jeune, celui-là, on le repérait partout à la seule couleur de ses yeux.  D’où les lunettes de ski, cette fois, pour ne pas qu’on reconnaisse ceux de Didier Dubreucq, celui des 2 tonnes de coke en 1999 !!!!

(1) il en reste 80 000, selon les activistes désireux de savoir à quel point l’Arabie Saoudite a-t-elle pu être impliquée… comme le dit ici Foreign Policy dans l’introduction de son excellent article à ce sujet, qui donne d’emblée le ton de l’affaire :

« Parfois, la réalité est tellement absurde qu’elle dépasse tout ce que les théoriciens de la conspiration pourraient imaginer. Plus de 13 ans après que l’enquête du Congrès ait publié son rapport sur les événements entourant les attentats du 11 septembre 2001, les « 28 pages » très discutées sur la participation des Arabes à l’attentat terroriste. Il s’avère qu’il y a 29 pages, pas 28, numérotés 415 à 443 dans l’enquête du Congrès sur les attentats du 11 septembre. Et les suppressions sur les pages – parfois des mots, souvent des lignes entières – s’ajoutent à l’équivalent d’un total de trois pages. On ne nous donne toujours pas toute l’histoire »

On peut regarder à nouveau ceci :

dossier vidéo  extrait de la série « Royal Inquests » de 2009 (http://crimedocumentary.com)

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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