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Coke en stock (CXCVIII) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (33)

Dans l’épisode précédent, nous avons vu la mise en place historique de la Commission Parlementaire chargée de lutter contre le trafic de drogue en 1996. A l’époque, déjà, avait été repéré comme trafiquant notoire Valdenor Marchezan qui dissimulait ses activités en se faisant passer comme éleveur dans ses haciendas de Mirassol d’Oeste ou de Porto Esperidião, et en étant aussi propriétaire d’un Cessna modèle 210K se montrant fort actif pour amener la drogue du Paraguay, elle-même issue de Colombie à l’époque, ou plus tard de Bolivie, pour la charger ensuite sur les camions sillonnant le pays.  Un trafic devenu nécessairement international et qui ne demandait qu’à s’étendre, ou se perpétuer via une filière… familiale.

Drogue, père et fils la continuité

Le cas est emblématique en effet… car en 2011, le journal Diario da Regiao évoque une nouvelle belle prise de guerre avec 400 kilos de coke… découverte à Mirassol d’Oeste.  Avec un nom qui revient, celui du fils maintenant : « Alessandro Pereira Marchezan (déjà cité en 2000; ici à droite avec son père), 35 ans, aime parader avec son camion Dodge Ram dans les rues de Mirassol d’Oeste.  Sa vie est partagée entre la ferme de son père, Valdenor Marchezan, à Porto Esperidião, où il gère environ 500 têtes de bétail, et le courtage de véhicules et de biens immobiliers dans la région frontalière ».  A gauche une piste « disponible » celle du « Faria Airport » à Porto Esperidião. « Mais à Mirassol d’Oeste, le nom de Marchezan est inextricablement lié au trafic de drogue.  Après tout, dans le passé 15 pères et fils ont été ciblés par diverses opérations de police pour lutter contre le trafic de drogue à la frontière.  Valdenor, le père, est né en Tanabi, et a vécu en Palestine jusqu’en 1976, quand il a remplacé le site de 63 hectares en Palestine pour une ferme de 1900 hectares à Mirassol d’Oeste, dans le Mato Grosso.  En 1999, l’agriculteur a décidé de s’installer dans le nord-ouest de São Paulo à Ipiguá pour amener la cocaïne bolivienne, selon le CPI du trafic de drogue, qui a enquêté sur la famille au début des années 2000.  Au début, Valdenor a été condamné à 20 ans et neuf mois pour le trafic et la possession illégale d’armes.  Il est resté derrière les barreaux jusqu’en 2007, date à laquelle il a fui le régime semi-ouvert.  L’agriculteur s’est réfugié en Bolivie, où il a acheté des terres.  Et la famille est restée dans le monde souterrain du crime.  En 2007, Alessandro a été arrêté pour participation à un vol de tracteur dans le Mato Grosso et sa revente en Bolivie.  Lui et son père sont des accusés actuels du Forum de Mirassol d’Oeste, et ne sont pas encore jugés, pour l’accueil et la formation de gangs.  Deux ans plus tard, en juin 2009, le père et le fils ont été ciblés par l’opération White Frontier.  Selon le PF, en Bolivie Valdenor a négocié la cocaïne directement avec les trafiquants du pays voisin et a envoyé la drogue par avion au Mato Grosso.  Le fils, à son tour, a coordonné le transport de la drogue par des camions et des charrettes à la région de Rio Preto. Valdenor figure sur la liste des personnes recherchées par Interpol, tandis qu’Alessandro a été libéré en 2009.  Tous deux répondent à une action pénale devant la Cour fédérale de Cáceres pour trafic international.  Le procès n’a pas encore été mis en place… »

Le propriétaire qui esquive

A la commission parlementaire, on a cité l’avion utilisé par Marchezan père : « L’avion susmentionné est le modèle Cessna C-210K, préfixe PT-DYN, numéro de série 21059379, qui était rangé dans le hangar União, dans le club aérien d’Atibaia. Le 18 septembre 1998, au poste de police d’Atibaia, en présence du Délégué Eduardo José Barsotti, a été désigné comme gardien fidèle dudit avion M. Abraham Jacob, beau-père d’Odarício Quirino Ribeiro Neto. Dans un témoignage prononcé le 18 décembre 1998 au tribunal d’Atibaia Abrahão Jacob s’est identifié comme étant le propriétaire de la société União Sistemas e Peças Ltda. et informe que: « En ce qui concerne les faits qui se sont produits dans son hangar, le déclarant dit qu’il ne connaît pas les personnes recherchées par la justice du Rio Grande do Sul.  Il ne fournit que des services de maintenance d’aéronefs, qui ne peuvent fournir plus de détails. personne qui a demandé vos services aéronautiques.  Qu’il ne connaît la personne d’Odair da Conceição Correia juste de vue … qu’ Odair a fait voler l’avion; que l’avion susmentionné est entré dans son hangar le 6 octobre dernier « .  Un autre témoignage dans lequel les déclarations successives d’Odair, selon lesquelles il n’était pas pilote, n’a pas fréquenté le hangar de l’Union ».  L’avion décrit avait été enregistré le 11 juillet 1989 au Brésil.

Le relais des camionneurs

Le procédé étant toujours le même : après les avions les camions… « La cocaïne vient de Bolivie sur des avions loués dans le pays voisin – la plupart des avions ont été volés par des trafiquants au Brésil.  Emballée, la drogue est déversée dans des fermes près de la frontière, et de là elle part en camion jusqu’à la région de Rio Preto.  La plupart des véhicules dans lesquels la drogue est cachée sont des coffres de viande froide chargés de viande, une stratégie pour entraver le travail de la police. «  Puisque la cocaïne est cachée dans le fond du coffre, il est nécessaire d’enlever toute la cargaison réfrigérée avant, ce qui se gâte.  Nous n’ouvrons donc que des camions de ce type si nous sommes absolument certains qu’il y a de la drogue à l’intérieur », explique le délégué Resende.  En juin 2010, la police routière fédérale a saisi 140 kilos de pâte de base dans l’un de ces véhicules destinés à Ilha Solteira. » et Diario da Regiao de faire une infographie montrant les transferts «  o camino da drogua » (ici à droite).  C’est sans fin comme système !

Recyclage des avions
Et comme ça n’a vraiment jamais de fin, le 27 avril dernier (c’est tout récent) la FAB montre une vidéo plutôt floue, car filmée au travers d’un hublot d’hélicoptère, d’un appareil qui est tombé à l’eau, poursuivi par l’avion radar des forces aériennes et pas moins de trois Tucanos, au dessus du Parque Nacional do Pantanal Mato-Grosso.  Dedans, les hélicoptères Blackhawk vont aller chercher non sans difficultés 500 kilos de cocaïne, emballés dans de gros sacs verts et les ramener à leur base de Porto Indio !!!  A peine si, embarqué dans l’opération bien documentée cette fois l’on constate que pour ramener tout cela à la base, après le Blackhawk, l’armée brésilienne avait eu recours à l’usage d’un petit avion blanc et bleu siglé « Operaçaoes Aereas ».  L’avion n’avait pu ramener que la moitié de la cargaison (5 ballots sur les 10 à bord de l’avion des trafiquants). Un appareil bien connu, que ce PT-KCL, en effet. Car c’est aussi  le recyclage d’un avion jadis saisi pour trafic de drogue !!!  Un appareil qui s’était planté, et qui était lié à une bande, dans lequel avaient été retrouvé 709 000 dollars et 10,000 reals, destinés à régler  une cargaison de 200 kilos de cocaïne livrés en novembre 2006 à Rio das Pedras région à à l’intérieur de l’Etat de São Paulo.  Le pilote, Marcelo Coelho De Souza avait été appréhendé à Vila Alba, réfugié chez sa petite amie.  Son arrestation avait eu lieu à la suite de la découverte par la police d’environ 20 kilos de cocaïne enterrés dans la ferme de Santo Hilário, dans la région du pantanal de Paiaguás, à environ 200 km de Coxim.  Une fazenda utilisée comme base par le gang qui transportait la cocaïne par avion.  Deux appareils avaient été saisis ce jour-là :le  (PT-KCL) à la ferme Santo Hilario, et un autre un peu plus loin, le PT-JDF.  Cet appareil, le N°18262141 avait été enregistré au Brésil le 04 avril 2006, soit moins de 8 mois avant qu’il ne fasse partie d’une saisie pour trafic de coke !  Le pilote, arrêté en novembre avait été libéré dès le 19 décembre suivant en raison d’une injonction d’habeas corpus accordée, déposée par ses avocats à la Cour fédérale de la 3ème région…

Les camions du Paris-Dakar !!!

Cette  histoire indispensable de relais de camion, on la retrouve… sur l’autoroute de Normandie.  Avec la découverte  inattendue de cocaïne rentrée avec la caravane d’une équipe espagnole ayant participé à l’épreuve  du Dakar 2014:  « Xavi Mora, l’un des coordinateurs de la structure et qui devait conduire le véhicule du Havre pour le ramener en Espagne (plus précisément en Catalogne), a été intercepté sur une aire de repos d’une autoroute en Normandie avec un autre membre de l’équipe, qui est l’acronyme « JB », l’autre, David Oliveras, fondateur de l’équipe, a été arrêté à son domicile à Barcelone, et plus tard à Madrid, où il est toujours retenu.  David Oliveras, fondateur de l’équipe Epsilon, a également été arrêté. Les deux autres détenus, de nationalité bulgare, sont considérés comme les meneurs du gang et ont été arrêtés dans leur pays.  L’opération reste ouverte, et la police française a déjà prévenu samedi qu’il y aurait de nouvelles arrestations dans d’autres pays, notamment en Espagne ».  Les 1 393 kilos de cocaïne, la plus grande quantité saisies jusqu’à présent en France métropolitaine, étaient emballés dans un plastique de protection triple et avaient été cachés dans des pneus déposés dans le camion logistique du Dakar, qui cette année est passé par l’Argentine, Bolivie et Chili.  Le prix de la cache aurait atteint 270 millions d’euros à la revente, ont affirmé des sources policières ».

La poursuite et l’actualité du trafic international

En 201o, une autre découverte avait montré cette « internationale » avec l’arrestation d’un gang dirigé par un… avocat, de Rio Preto, appelé Massao Ribeiro Matuda, 44 ans. Après 7 mois de surveillance accrue, un travail étalé sur plus d’un an et un dossier final qui fait 10 000 pages, la police avait découvert qu’un gang avait transporté au moins 3,9 tonnes de cocaïne (?), dont 2,6 saisies par elle durant l’enquête.  La drogue avait été amenée dans la région de Rio Preto.  Elle était  à destination de São Paulo et de Rio de Janeiro, mais aussi comme on va le voir de l’Europe et de l’Afrique.  Rien n’a donc changé depuis les premières découvertes de la COI, voici près de 20 ans maintenant !!!.  La police évalue les revenus du gang très organisé à  270 millions de dollars !!!  « La drogue provenait de la région de Santa Cruz de la Sierra par voie terrestre ou aérienne et était expédiée en Europe et en Afrique dans des cargaisons de soja ».  On a affaire avec cet avocat à une dimension supplémentaire encore, en effet, dans l’organisation.  « Les dialogues révèlent que Massao était un homme prudent et extrêmement organisé.  Il évitait de parler à son téléphone portable avec le reste de la meute – il préférait les téléphones publics ou Internet.  L’avocat était le pont entre les frères colombiens José Isauro et Jesus Antonio Andrade Pardo, qui fournissaient la cocaïne de la Bolivie aux acheteurs étrangers, en particulier au croate  Vidomir Jovicic (ici à droite) surnommé « Simon » et le nigérian « Tony » Christopher Izebkhale, tous deux pris sur le fait avec de la cocaïne au cours de l’opération ».  Jusqu’ici le croate avait montré d’autres dons :  c’était en effet un joueur de poker reconnu, ayant montré un succès remarquable dans les tournois brésiliens.  Tout au long de 2009, Massao révèle dans les quelques dialogues au téléphone que le gang a déplacé des quantités impressionnantes de cocaïne. « Le 24 décembre, la veille de Noël, l’avocat par exemple, a également appelé Chino et Doctor (Neto, ici à gauche arrivant à la Police), à propos du décompte avec l’un des membres du groupe de la quantité de médicament négociée avec Tony et Simon, ces derniers mois: « il y a 200 (kg); 229-300, il y en a eu plus … 225, « dit-il.  Il y a un total de 954 kilos de drogue, marqué de plusieurs sceaux différents , « avec l’objectif d’identifier le fournisseur respectif », selon le rapport de PF.  L’un d’eux portait le logo Totto (852 kilos de cocaïne pure avec ce sceau ont été saisis en août de cette année par la police bolivienne) ».  Massao avait tout prévu, y compris la création d’une société d’exportation de fruits à Mogi-Guaçu (SP) pour servir de façade pour les envois vers l’Europe via des containers.

En route vers l’Europe

« En plus des saisies au Brésil, le PF était toujours capable de suivre deux autres envois de drogues flagrants à l’extérieur du gang de Massao.  L’un d’eux, de 330 livres, a été saisi en Angleterre par la police britannique cachée dans des bouées utilisées pour la pêche au homard.  Un autre 24,4 tonnes de drogue mélangée avec le tourteau de soja ont été saisies en mai dans un hangar à Santa Cruz de la Sierra.  Le groupe essayait d’amener l’envoi au Brésil depuis le début de l’année.  La drogue selon la police, devait être livrée dans un dépôt de Mogi-Guaçu, où la bande avait l’air après l’activité d’exportation d’ouverture de fruits dans la marque de sirop « Délice de grand-mère » – la cocaïne était cachée à l’intérieur des boîtes et expédiés vers la l’Europe par le port de Santos.  Le groupe a également maintenu une route aérienne, qui a traversé des indices clandestins de la région de Rio Preto. »  Une route aérienne avec comme véhicule un Embraer 721 immatriculé PT-ECL, déjà décrit ici sous le nom de Eurico Augusto Pereira » (voir épisode 32 ici).

Une fondamentale : les pistes à l’intérieur des champs de canne !

Comme le note judicieusement ici Fernanda De Almeida Gallo dans «  La Filière Caipira : trafic de drogue à l’intérieur de l’état de São Paulo »; ce sont les pistes clandestines qu’il fallait aussi surveiller :  « découvert dans les années 1980-90, le parcours criminel qui relie les villes paulistas de Campinas et Ribeirão Preto intègre d’innombrables plantations de canne à sucre qui, dans les régions de Ribeirão Preto et de Rio Preto, cachent des pistes clandestines d’atterrissage appartenant à des bandes internationales organisées.  Cette région qui abrite la Filière Caipira est partie intégrante du trafic de drogue international car elle est un lieu de passage, à l’intérieur d’un schéma contrôlé par de puissants trafiquants brésiliens parmi lesquels des politiciens profitant de leur statut pour faire prospérer leurs « affaires » qui, d’une façon générale, ont un lien direct avec le trafic de drogue. »

Les pistes dans les champs de canne à sucre

Le déroulement de la saisie d’ Operação Deserto visant Massao est très informatif aussi.  On y apprend les points de chute choisis avec soin:  les travées de champ de canne à sucre !!!!  « Une maison à Belvedere, de classe moyenne dans la communauté fermée de Rio Preto, a servi de quartier général pour le noyau du système responsable de la cocaïne de la Bolivie a apporter par voie aérienne. La propriété a été louée plus tôt cette année par Aderval Guimaraes da Silveira, Chiquinho, et Marco Antonio Lourenço Plaza (…) il achetaient la cocaïne de frères boliviens Ronald et Marvin Escalante Lozano, leurs fournisseurs.  L’avion, piloté par Aderval, vers le bas sur les pistes d’atterrissage clandestines au milieu des champs de canne à sucre dans l’est du Mato Grosso do Sul et dans la région de Rio Preto.  La prochaine étape, selon PF, serait de charger le camion de drogue à São Paulo et à Rio de Janeiro.  Il se sont réunis le 11 août de cette année pour discuter d’un éventuel nouveau pilote pour le groupe, car Aderval a refusé de voyager en Bolivie, craignant une arrestation,possible. Le 26 mai, il avait tout juste échappé à un raid de la PF, lors d’un vol à l’aéroport de Paranaiba (MS) – la police suspectait l’avion d’être chargé de drogue.  En août, le groupe avait prévu d’apporter un avion bourré de 270 kilos de pâte de cocaïne dans un champ de canne à sucre région Rio Preto – non surveillé par la PF (ici à gauche l’Embraer EMB-810C Seneca II, tombé à Tangará da Serra à 240 km de Cuiaba, le 23 avril 2017, il avait porté 400 kilos de coke, l’appareil est le PT-ENY).  « La piste, au milieu d’un champ de canne, a été soigneusement choisie par le groupe, qui venait à craindre la présence de coupeurs de canne à proximité. « Trop de machines, trop de monde. Il n’y a pas moyen de le faire »,  dit « Tom » au téléphone.  Les coupeurs de canne et l’absence de pilote ont apparemment été rapidement résolus, car le 24 août Toninho s’est rendu à Sao Paulo pour négocier personnellement avec Marvin l’arrivée de l’expédition de cocaïne.  Deux jours plus tard, Marvin est venu à Rio Preto pour superviser les préparatifs pour le vol vers la Bolivie.  Les deux frères parlent même de la possibilité de ne pas pouvoir mettre autant de drogue dans l’avion. « Il ne peut pas tout contenir (toute la drogue dans l’avion) … A droite Piper PA-34-200T Seneca II, immatriculé PR-EBF tombé à Nova Fernandópolis, dans l’Etat du Mato Grosso, avec 500 kilos de coke à bord, le 7 mars 2018.  Visiblement il avait raté la piste entre les deux champs…  « Ils ont dit qu’ils feront tout leur possible, mais sûrement, ce sera pour 250 (kilogrammes de cocaïne) », explique Marvin.  Tom prend le téléphone et dit à Ronald, « Boy, ils ont besoin de tout cet argent (drogue) » Aderval a accepté le contrat et le 28 août Plaza  et lui et sont montés à bord l’avion acheté par les Boliviens à l’aéroport Penápolis … Puis il a volé vers par Campina Verde, dans le triangle du Minas, où le pilote avait mis en place base opérationnelle avec le fonctionnement fréquent des vols à destination de la Bolivie.  De là, il se dirigeait ensuite vers la Bolivie pour le remplissage.  Le lendemain, un dimanche, il est retourné au Brésil, avec un nouvel arrêt prévu pour Coxim.  C’est alors que le PF a approché de l’avion, et a trouvé 252 kilos de cocaïne cachés dans le fuselage.  Aderval, qui était déjà recherché par la Cour fédérale de Rio de Janeiro par le trafic international et Plaza a été arrêté en flagrant délit.  Quelques jours plus tard, le PF faisit un raid à Belvedere, où était un camion Hummer, importé et apporté de la Bolivie par Aderval probablement en paiement de la cocaïne (…)  Arrêté, Aderval a téléphoné à sa femme Eliane Aparecida Noveli, Santa Fe Sud, qui assurait la comptabilité du groupe – selon PF, elle a échangé plusieurs fois en euros, en dollars et en reals  et « déplacé de grandes sommes d’argent ». Le pilote demandait alors à sa femme de recueillir 100 000 dollars d’une dette envers Toninho »… le 17 mai 2012, il a été condamné à 18 années de prison, en régime fermé.

Les suites politiques, ou plutôt le retour à la case départ de la CPI…

Un rapport alarmant  (Levantamento Reportagem) publié en 2010 par le journal Diario montrait que 19 pistes clandestines restaient actives dans le nord-ouest de São Paulo.  « Elles servent à l’atterrissage de petits avions, et sont construites au milieu des pâturages ou des champs de canne à sucre, beaucoup d’entre eux voisines des routes vicinales.  Officiellement, ils sont utilisés par des avions qui déversent des pesticides sur la canne à sucre.  Les pistes traversent 11 municipalités du nord-ouest de São Paulo, comme Ouroeste, Buritama, Sud Mennucci, Riolândia et Paulo de Faria.  En 2000, la commission des drogues du CPI, de l’Assemblée législative, avait défendu l’idée de détruire ces pistes d’atterrissage clandestines dans tout l’État de Sao Paulo, mais le gouverneur d’alors, Mario Covas avait rejeté la demande, invoquant le coût élevé de l’action ».  Les narcos auraient-ils bénéficié de soutiens politiques ?  A coup sûr, et en 2000 comme en 2007… Car un problème était passé inaperçu à cette date, mais qui est alors devenu crucial avec le cas de l’avocat-narco :  Matuda avait aussi été embauché comme conseiller juridique de la Chambre de Commerce de Pereira Barreto, nommé en 2006 par le président de la Chambre de l’époque, Jorge Kondo.  Or en 2007 lors de son arrestation comme narco-trafiquant, le président de la Chambre s’appelait Fabrizio Quaresma (ici à gauche sur la photo), et Matuda y avait gardé son poste, avec un salaire à la clé de 4 mille reals délivré par la Chambre de Commerce.  Apprenant la découverte du gang, voici ce qu’en avait dit Quaresmo : « Il y avait un gros buzz en ville (par rapport à la prison), mais rien n’avait été confirmé », a-t-il dit.  Selon le conseiller, comme les parlementaires étaient en vacances ce mois-ci, le président a attendu le retour du travail législatif pour prendre une décision.  J’ai alors demandé des explications.  Il a nié avoir été arrêté, a déclaré qu’il n’avait que des problèmes familiaux.  Et je me suis donc retrouvé le renommant à son poste.  Si vous aviez su la vraie histoire à l’époque, vous l’auriez empêché d’exercer. Mais il était enregistré à l’OAB (Association du Barreau Brésilien) en temps et heure, et y a toujours été inscrit « , a déclaré Quaresmo…  Le moment de rappeler la phrase qu’avait livré l’avocat véreux aux enquêteurs « L‘argent est bon, peu importe d’où il vient »… le 2 avril 2012;  l’argent ne devait plus avoir la même odeur pour lui «  arrêté dans l’année dernière dans une méga-opération de la Police Fédérale, l’avocat et ancien conseiller juridique de la Maison de Pereira Barreto, Massao Ribeiro Matuda, a été condamné par la Justice Fédérale à 11 ans et huit mois d’isolement en régime fermé. Avec lui, deux autres personnes ont été condamnées.  Au total, 22 personnes ont été arrêtées dans l’Opération Désert, organisée pour démanteler un gang international de trafiquants.  L’information provient du journal de la région d’Araçatuba ».

Non décidément, rien n’a beaucoup changé au Brésil, malgré la ou les CPI… nous n’en voyons pas encore terminé avec la liste des avions que cette même CPI avait trouvée. Demain, je vous propose de l’éplucher encore, même si la conclusion risque fort d’être la même, hélas….

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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