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Coke en stock (CXCVI) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (31)

Avant d’aller scruter les archives brésiliennes, revenons avant sur un cas particulier : celui d’un des rares chefs de gang féminin dans un secteur où le machisme sert de viatique.   Car il existait aussi une reine de la coca, et elle s’appelait Sonia Atalá…
On l’a aussi oublié, mais les narco trafiquants boliviens ont eu aussi leur égérie.  Une jeune femme d’à peine trente ans au moment des faits. « Déjà au pouvoir, Arce Gómez ne pouvait pas être laissé pour compte. Profitant du monopole des appareils de sécurité de l’Etat et du soutien de « Les amis de la mort », un groupe de mercenaires formés par le nazi Klaus Barbie (le boucher de Lyon) se consacrait à « éliminer » les petits et moyens trafiquants pour empocher la coke évaluée à des milliards de dollars. Mais vendre toute cette production nécessitait une personne de confiance et des liens avérés en Colombie et aux États-Unis, un pays où la majorité des trafiquants boliviens craignaient toujours d’être envoyés un jour ou l’autre.  Arce Gómez a alors confié une tâche à Sonia Sanjinés de Atalá : celle « d’inonder les Etats-Unis de cocaïne ». Et la reine de Santa Cruz s’est pleinement conformée à cette mission.  En six mois, Atala, 30 ans, est devenue le principal agent de vente de la «drogue du gouvernement».  Du cartel de Medellín à la mafia italienne, Atalá a étendu l’offre de cocaïne à des niveaux jamais connus en Bolivie.  Sa renommée a atteint un tel point que Pablo Escobar lui-même l’a couronnée comme «reine de la Bolivie avec une couronne de neige», faisant allusion à la couleur de la cocaïne « (elle est ici à droite avec Levine au milieu).  « Craignant le pouvoir qu’Atalá a acquis à l’intérieur et à l’extérieur de la Bolivie, Arce Gómez a entrepris de l’amener à la faire tomber. Mais il n’imaginait pas que cette décision causerait l’effondrement de beaucoup de ses puissants clients dans la région et qu’il finirait par ébranler son propre empire. La vie de Sonia Atalá surpasse tout roman de fiction qui a émergé ces dernières années sur les femmes dans le trafic de drogue en Amérique latine. Belle, manipulatrice, ambitieuse et de sang-froid, Atalá était la vraie reine de la cocaïne. Une femme qui a amassé une fortune, qui a causé la mort de beaucoup et qui, finalement, a réussi à duper la Drug Enforcement Administration (DEA) elle-même pour se débarrasser de ses concurrents. C’est son histoire (et celle du boom du trafic de drogue bolivien) racontée, entre autres, à partir de l’expérience d’un ancien agent de la DEA qui l’a rencontrée ».
Des liens avec Barry Seal
Cette femme ne vous est pas inconnue si vous suivez cette saga, car Barry Seal l’avait connue en effet, ainsi qu’un de ses adjoints, Bo Abott, « cover agent » de la DEA, qui décrit son action en Bolivie comme celle d’entrer en contact avec les narcotrafiquants afin d’éviter que la CIA ne les débusque elle-même (il évoque aussi la contrebande par avion en même temps !) : « Il existait pour Barry Seal d’autres points de chute, en Arkansas même ou ailleurs dans le pays : « Selon Bo Abbott, une des pistes d’atterrissage dans l’Arkansas réalisée pour livrer la drogue était juste au sud de l’Interstate 30 sud-ouest vers Memphis, Tennessee, appelé Marianna.  Plusieurs autres témoins sérieux comme contacts m’ont écrit le même aéroport, et le rôle joué par la police de l’Etat pour protéger les opérations de drogue et d’armes.  Abbott m’a décrit la manière dont la Police de l’état d’Arkansas avait bloqué les routes menant à la petite piste d’atterrissage lorsque les avions de cocaïne arrivaient.  J’ai un de ces cas décrits au printemps de 1982.  Abbott a volé sur un Cessna 210 contenant 300 kilos de cocaïne (ici sa version pressurisée) de l’un de plusieurs entrepôts de Tocumen appartenant aux trafiquants de drogue Walter et Sonia Atala et sur les pistes de « cropdusters » (comme celui-ci) comme la piste d’atterrissage à Marianna, Arkansas. Il a fait une escale de ravitaillement au Belize, célèbre pour la transfert de la drogue chargée par avion, puis il s’est rendu à sa destination de Marianna.  Un agent de la DEA de Memphis a pris la cocaïne apportée par Abbott, tandis que des soldats de la cavalerie d’état de l’Arkansas bloquaient la route menant à la piste d’atterrissage. Une semaine plus tard, Abbott a redécollé avec six valises pleines d’argent, pour l’apporter à Cesar Rodriguez sur l’île de Contadora. Abbott dit que l’avion avait été fourni par Robert Corson par l’intermédiaire de Jim Bath de Houston. (Corson avait été impliqué dans des les scandales de prêts bancaires (1) »….
Une histoire sourcée : l’introduction de la cocaïne était une manœuvre de déstabilisation de l’Etat
Le rôle d’Abott est bien décrit dans un autre livre,  « Defrauding America«  de Rodney Stich.  Voici sa longue interview, très, très, dérangeante pour la DEA et pour l’Arkansas (et le couple Clinton, noyé jusqu’au coup dans l’affaire !), il y décrit aussi l’assassinat de sa confidente en Suède, alors qu’il songeait à y monter une affaire d’importation de motos …. En Bolivie, Atala avait elle aussi bénéficié de soutiens politiques, ajoute Levine :  « contrairement à la version donnée par Sanjinés de Atalá, le livre « Narcotráfico y política. Militarismo y mafia en Bolivia” – « Trafic de drogue et de la politique.  Le militarisme et la mafia en Bolivie « , publié par le Bureau latino-américain en 2001, déclare que » Sonia a été faite prisonnière à La Paz sous la présidence de Gueiler.  Elle a été emprisonnée à la prison pour femmes d’Obrajes.  Mais son emprisonnement a très peu duré.  Ses amis importants ont immédiatement obtenu un certificat médical par lequel le juge a accepté, sans problèmes majeurs, d’être transféré dans une clinique où ils l’ont fait s’échapper avec la plus grande facilité ». Les narcos, avant même le renversement de Gueiler par Luis García Meza Tejada, dirigeaient déjà tout !! Selon Jay Dub, de l’excellent Borderland Beat forum, la miss Sonia Atalá n’est elle aussi qu’un bout d’un iceberg mis en place par la CIA, celui du Cocaine Coup, le coup d’état de Luis García Meza Tejada, formé on le rappelle à la sinistre l’École militaire des Amériques (c’est l’auteur du coup d’État du qui a renversé le président Víctor Paz Estenssoro, avec l’aide de Klaus Barbie (1) : « Levine n’est pas seul dans son évaluation des forces derrière le coup de cocaïne, qui a fait de la Bolivie au narco-État sud-américain au début des années 1980 et un important fournisseur de cocaïne aux États-Unis pendant la période où Griselda Blanco et Papo Mejia se battaient dans les rues de Miami. Robert Parry, un ancien journaliste de l’Associated Press qui a joué un rôle clé dans l’exposition du scandale Iran / Contra au milieu des années 1980, dans une histoire écrite en 1998, insiste également sur le fait que la CIA a soutenu  « The Cocaine Coup ». Finalement, la reine de la cocaïne bolivienne a été victime de la trahison qui vient avec la cupidité et le pouvoir. Elle était devenue trop puissante aux yeux de puissants narcos boliviens qui dirigeaient le pays en 1980 et 1981, alors ils l’ont doublée lors d’un accord de coke qu’elle avait conclu avec le colombien Mejiathen. Elle n’avait pas voulu continuer et a décidé de devenir un informateur en échange d’une peine plus légère. Elle reste dans le programme de protection des témoins à ce jour. » D’où le fait que son visage est toujours dissimulé, aujourd’hui encore !  En ce qui concerne Bo Abbott, pour expliquer encore mieux l’ambiance l’entourant, il faut savoir que son contact à la DEA, l’agent Santiberio, a été assassiné après son arrestation à San Antonio, au Texas, au moyen d’un sandwich…. imprégné d’arsenic.  Pas vraiment une méthode de mafieux, ça…
Les miss Bolivie et la drogue

La Bolivie a un problème avec ses miss, semble-t-il, en tout cas  : « le 29 mars, 2007. une ancienne Miss Bolivie a été arrêtée pour possession de 1,8 kilos de cocaïne alors qu’elle prenait l’avion pour la frontière brésilienne, c’est la deuxième en Bolivie qui fait la une des journaux en quelques semaines. La police a déclaré que Roxana Arias Becerra, 32 ans, Miss Bolivia 1993 (ici à droite), a été arrêtée à l’aéroport de Trompillo de Santa Cruz alors qu’elle montait à bord d’un avion mardi. La police a découvert la cocaïne cachée dans un faux-fond du sac de sport en nylon signé Becerra. L’ancienne reine de beauté a déclaré qu’elle venait d’acheter le sac dans un marché de rue local et qu’elle n’était pas au courant des drogues à l’intérieur », selon le journal bolivien El Deber.  Ce qui pouvait paraître un peu gros, ma foi.  Autre miss et autre problème suivant : « la semaine dernière, l’ancienne Miss Bolivia Sonia Falcone (à gauche en 1988 au moment de son sacre, à droite récemment) a reçu l’ordre de quitter les États-Unis après avoir plaidé coupable d’avoir employé quatre immigrants clandestins comme domestiques dans son manoir de 10,5 millions de dollars à Paradise Valley, Arizona (ici à droite). Falcone, couronnée Miss Bolivie 1988 sous son nom de jeune fille de Sonia Montero, a également été inculpée pour crime de mensonge sur une demande de citoyenneté et participation à une fraude au mariage pour obtenir les documents d’immigration, mais  les accusations ont été abandonnées suite à son accord sur le plaidoyer. »  Tout le monde avait le jour de cette parution oublié semble-t-il aussi qui était son (second) mari, à cette fameuse et oubliée « dame Falcone » (Sonia, « Miss Bolivie International 1988 » !!!) :  tout simplement l’épouse de Pierre Falcone  condamné en première instance en France pour l’affaire de l’Angolagate…. et la vente pour 790 millions de dollars d’armes de guerre…. mais blanchi lors de l’appel en 2011 (ça compte d’avoir eu comme ami Charles Pasqua et comme père l’industriel spécialisé dans la boîte à sardines) !!!

En 2013, une tentative de déstabilisation de Morales ?

Tous ces atterrissages ou décollages d’avions bourrés de coke n’ont pas eu les mêmes conséquences.  L’exemple qui va suivre prouve que parfois, ça remonte très haut dans les arcanes du pouvoir.  Comme à chaque fois ça démarre avec un… Cessna. Et son pilote.  La scène se passe cette fois au Pérou, dans la région de Pasco, à Pichis Palcazu, au bord d’une piste clandestine qui est en fait un chemin de terre jouxtant un champ, le 24 novmbre 2013.  On y trouve un bel avion, qui semble fraîchement repeint et un pilote en fort mauvais état, à voir la photo (voir ci-dessous).  L’avion est immatriculé CP-1800, c’est le Cessna 206 datant de 1982 (immatriculé en Bolivie donc), portant le numéro de fabrication 20606242, selon la DGAC, l’ancien N6332Z de chez Caribe Intl Inc, dont l’adresse était celle d’un simple appartement de Fort Lauderdale (voilà qui est déjà un peu surprenant !!!).

Son pilote a été gravement touché par un échange de tirs avec l’armée péruvienne arrivée sur place, qui ont criblé sa porte d’accès, notamment (ici à gauche).  Il va décéder peu de temps après, bien qu’emmené à l’hôpital par hélico.  Ce n’est pas n’importe quel pilote, en fait : « Angel Roca, le pilote qui a été tué, avait un long casier judiciaire.  Sa première arrestation enregistrée a eu lieu en août 1993, dans le cadre d’une opération conjointe entre l’unité de patrouille rurale bolivienne UMOPAR et la Drug Enforcement Administration (DEA) des États-Unis, qui était alors très présente en Bolivie. Au total, 18 personnes avaient été arrêtées – deux Colombiens et 16 Boliviens. Parmi ceux-ci il y avait Roca, qui était en charge du transport aérien de la drogue. Des années plus tard, en 2001, Roca a été arrêté dans l’État de Goias au Brésil et accusé par le système judiciaire fédéral de trafic de cocaïne et de possession illégale d’armes. En 2013, cependant, il avait retrouvé sa liberté et était de nouveau impliqué dans le transport aérien de cocaïne. » E ncore un qui arrêté par la DEA se retrouve à nouveau impliqué dans le même trafic, vingt ans pile après !  Un récidiviste, atteint d’une sorte d’atavisme de transporteur de coke, mais qui est donc déjà entré en contact avec la DEA, retenons l’idée.  On remarquera également que l’avion, avait été refait à neuf, avec une hélice Hartzell et qu’il arborait… un système de Venturi, si cher aux narco-pilotes comme on le sait maintenant !  Dans l’avion, on s’apprêtait à charge des sacs volumineux, représentant 300 kilos de coke, le vol la destinait au Brésil paraît-il.  Selon la Dirandro (les opérations de police antidrogues du Pérou) Ange Roca était un trafiquant de drogue aguerri lié à l’entente Sinaloa, dont le chef Joaquin « El Chapo » Guzman, qui venait alors d’être capturé au Mexique, « aurait eu des liens dans la ville bolivienne de Santa Cruz dans laquelle il aurait cherché à  bénéficier d’une protection ». On a vu par la suite qu’il n’était pas allé si loin se réfugier après sa deuxième escapade (voir la série ici). Les péruviens, on le sait, se refusent à imaginer que ce sont eux qui la produisent en masse, la coke

L’intrigue

C’est la suite qui va intriguer, comme le raconte si bien l’ineffable Wilson García Mérida dans un exemplaire de Sol de Pando (que je résume donc ici):  alors qu’il était encore en vie, et qu’il était transporté à l’hôpital de la ville frontalière de Constitution à bord d’un hélicoptère, le pilote bolivien Angel Roca aurait demandé au chef de la police péruvienne de « laisser passer » la cargaison « comme d’habitude » (révélant la corruption de l’armée du pays). Tout aussi inquiétant, comme autre contact, on découvre sur lui le nom de Fabricio Ormachea Aliaga, l’ancien bras droit du général (bolivien) René Sanabria (ici à droite), l’ancien commandant de la police nationale, qui présente lui aussi un lourd CV (je vous en avait parlé ici, il y a un bon bout de temps déjà, de cet ancien « tsar de la police » devenu trafiquant lui-même !!!).  Lui, cela fait alors deux ans qu’il est déjà en prison  (depuis mars 2011) au Panama… pour trafic de cocaïne vers les États-Unis  (l’image à gauche aurait dû avertir, il me semble, sur sa propension à se tourner vers la coke) !!!  Or le fameux Ormachea Aliaga avait suivi sa trace, il était lui aussi devenu le responsable de la lutte antidrogue; au sein de la  FELCN, dans le département du Pando !!!  Ormachea se retrouve donc vite au centre du problème, car il était aussi en lien avec  le lieutenant Karen Vargas, celui qui était présent pour filmer l’arrestation de l’Hôtel Las Americas qui s’était terminée par la mort de deux membres du groupe d’Eduardo Rozsa Flores. Pour beaucoup, ce dernier aurait participé au montage vidéo démontrant qu’il y avait bien eu un assaut alors que cela n’avait pas été le cas comme on l’a vu.  Une manœuvre instaurée en haut lieu, comme on l’a vu également, pour se débarrasser d’une agitation fascisante orchestrée par de riches industriels dont le croate Branco Marinkovic et utilisant des mercenaires venus de… Hongrie (comme individu du même tonneau, on trouve aussi Branko Gora Marinkovic Jovicevic fils du pronazi Croate Silvio Marinkovic Suarcic, ancien Oustachi de sinistre mémoire, qui prône le sécessionniste de la province de Santa Cruz, qu’il réserverait aux seuls blancs – il vit à Boca Raton ou à Rio de Janeiro les 3/4 du temps !!!).  Selon, le journal Sol de Pando, inénarrable, pire encore, puisque « le réseau ténébreux monté  par Ormachea comprend  des chefs intrigants et des policiers qui étaient (…) poursuivis pour des actes de corruption commis dans les régimes précédents et le gouvernement actuel, ils ont pris des postes de direction faisant fi des droits des policiers honnêtes et de haute formation aujourd’hui relégués dans leur carrière institutionnelle. Un cas frappant est chez Ormachea (ici à droite en uniforme de la police et à gauche en civil, photo prise à Miami) l’étroite relation avec un chef de la police pendant le gouvernement de Hugo Banzer Suarez qui conspirait dans le Chapare pour faire assassiner le leader alors des producteurs de coca Evo Morales et avec un procureur anti-drogue, liée à la franc-maçonnerie et la DEA, qui a ensuite officié en tant qu’avocat personnel du préfet de l’époque Manfred Reyes Villa. La police a déclaré qu’ils l’avaient identifié avec le surnom de « M. Canan » dans la conspiration pour assassiner Evo Morales en 1998. C’est actuellement un conseiller influent au commandement ministériel à Cochabamba et membre dévoué du MAS, « coopté » par Ormachea ».  Or le fameux Ormachea, présenté comme un complotiste en puissance les années avant Morales et qui serait devenu un homme de confiance du Président, n’est déjà plus là en Bolivie pour pouvoir se défendre : à ce moment-là, il avait déjà été arrêté et (et déjà jugé) à Miami, plus de trois mois auparavant !  Il avait été capturé le 31 août en flagrant délit par les membres du FBI pour avoir tenté d’extorquer l’homme d’affaires Humberto Roca, l’ancien propriétaire d’AeroSur, lui-même accusé d’enrichissement illicite en Bolivie  (il s’était installé depuis 2010 à Miami) !!!

Une déstabilisation orchestrée ?

De tout cet imbroglio il ressort une chose qui laisse perplexe en effet ;  comment un homme comme Ormachea avait-il pu autant s’approcher du pouvoir avec l’envie d’assassiner Morales ? La raison est simple selon notre journaliste : en se montrant digne de sa fonction de chasseur de trafiquants (dans un pays où on ne les pourchasse pas vraiment !) « lors d’une opération anti-drogue menée le 29 mars 2009 à San Antonio de Lomerío, avec un rang inférieur de capitaine et comme assistant d’exploitation, Fabricio Ormachea était entré en contact direct avec le président Evo Morales (ici à gauche avec lui à ses côtés le jour de l’affaire) et quelques jours après avait  gagné une promotion qui lui avait fait de lui le policier le plus puissant du régime. Evo Morales ne se doutait pas alors qu’il côtoyait un dangereux personnage de réputation douteuse et plusieurs casiers judiciaires » (ci-contre la photo de la conférence de presse ce jour-là avec Morales et  Ormachea).

Ormachea, agent des américains ?

Car tout tourne désormais autour de la personnalité d’Ormachea, ou plutôt de ces étranges contacts : « Fabricio Ormachea est membre d’un réseau lié au cartel de la drogue mexicain, selon l’enquête menée par le journaliste Gerardo Reyes Univision. C’est dans le rapport  officiel du gouvernement bolivien sur le nombre de voyages effectués Ormachea non seulement aux États-Unis mais aussi au Mexique au cours des dernières années, et pourquoi il les a effectués ».  Selon l’Etat brésilien si Ormachea a été arrêté, c’est donc qu’il trafiquait bien… mais que l’Etat le savait aussi !!! Aurait-il pu en ce cas jouer triple jeu… avec les USA ?  C’est l’hypothèse défendue par notre journaliste qui va plus loin encore en le laissant lourdement supposer : « à la suite de l’enquête de Jaime Salvatierra, deux agents de la DEA qui se spécialisent dans la constitution de complots politiques en utilisant la drogue comme une force de déstabilisation sont venus en Bolivie , pour se réunir récemment avec la loge de francs-maçons de la police et de l’armée à laquelle Ormachea appartient. Ce sont Salvador Leyva et Edgar Fernando Fritzz, qui, se présentant comme des conseillers financiers, complotent des faits de violence sociale et politique générés par le trafic de drogue. En 2006, au Mexique, selon Salvatierra, Leyva a favorisé une confrontation entre les cartels de la drogue et les groupes d’autodéfense qui ont conduit à plusieurs morts et qui ont été emprisonnés ».  La DEA agirait ainsi comme la CIA ?  Il semble que là, notre journaliste oublie ce qui a été le cas depuis des années sur place :  l’opposition franche entre la DEA et la CIA au sujet des trafiquants.  En prime, sa version mêlant des francs-maçons et dans la grande tradition du complotisme bien classique, ne manquent plus que les extraterrestres.  Les agents de la DEA pratiquent en réalité toujours ainsi quand ils veulent mettre en place un piège pour coincer quelqu’un.  Il n’empêche, le cas Ormachea demeure toujours sans véritable réponse : était-il un agent des américains, qui l’ont en ce cas arrêté avant qu’il ne soit découvert, ce qui paraît en fait peu crédible, ou un simple pion des narco-trafiquants, héritier des temps bénis pour eux de celui de Banzer ?  Au quel cas Morales ne pouvait l’ignorer… et avait laissé faire, en bon suiveur des politiques antérieures favorisant les trafiquants ???  Car tout le problème était là, plutôt.  Et Wilson García Mérida de conclure : « en Bolivie, comme lors de la crise de Huanchaca en 1986 (voir plus haut dans notre série), certains responsables américains ne présentent aucun scrupule à promouvoir  la corruption et le trafic de drogue dans le centre du pouvoir politique, dans ce cas autour de Evo Morales, qui s’y prête malheureusement, et ils le font à travers des opérateurs comme Ormachea et leur réseau de renseignement policier-militaire accroupi dans les dômes au pouvoir avec des complicités au plus haut niveau. Ça coûte moins cher à la CIA et cette option est efficace, compte tenu de l’échec de la tentative séparatiste de 2008 et 2009.  Encore une fois vouloir assassiner Evo Morales, pour couronner le chaos, est destiné à être le déclencheur qui plongerait la Bolivie dans ces ténèbres obscures comme celle du temps de García Meza et d’Arce Gómez, déclenchant une crise violente peut-être plus grave que celle du Venezuela ».  Personnellement, je pense plutôt ici à un simple trafiquant, plutôt qu’en un assassin potentiel de président, mais adoubé par le pouvoir en place, en Bolivie; là où rien ne se faire sans la drogue.  Une fois arrêté à Miami, il aurait tout simplement été lâché par le pouvoir qui l’avait intronisé prince dans sa région.  La coke demeurant, à l’évidence, la meilleure arme… de la CIA pour déstabiliser les Etats qui y sombrent (cf le Venezuela) !

L’avion argentin interdit de vol retrouvé retourné à Caazapá

Et comme ça ne s’arrête décidément jamais depuis plus de 30 ans maintenant… d’autres arrivages ont lieu. Dans la zone au sud du département de Caazapá, à 20 km de Yegros et à 34 kilomètres de Yuty a été retrouvé le 14 février dernier un vieux Cessna immatriculé LV-HLH en Argentine. Avec à bord 434 kilos de marijuana en 102 paquets.  L’appareil est un vieux modèle 182D sans décrochage de fuselage arrière et sans lunette au même endroit, datant des années 60.  Le choc de l’atterrissage a été très violent, car pendant le cheval de bois l’avion (N°18253551)a perdu son moteur. Si son immatriculation argentine est bien visible, une inscription sur le fuselage retient l’attention : « restringada « , autrement dit une restriction à son usage formulér par l’autorité de l’air argentine, qui peut être décernée pour avoir enfin les réglements avec « une ou plusieurs erreurs de maintenance d’altitude dans l’espace RVSM. » ou bien « pour ne pas avoir réagi à temps et efficacement pour identifier et corriger une erreur de maintenance de haut niveau » ou posséder des équipements induisant en erreur « (300 pieds en verticale (TVE) », « 245 pieds en altimétrie » ou « 300 pieds en déviation d’altitude désignée ».  L’avion qui venait de s’écraser n’avait pas le droit de voler !  Et de transporter de la marijuana, dont le pays est devenu le second producteur mondial, ce qui s’ajoute au trafic de cocaïne latent.  Une accumulation de délits et une corruption rampante qui fait d’un pays comme le Paraguay un narco-état, comme le résumé assez bien ici Christian Eboulé de TV5 Monde… Le pays est à l’évidence aujourd’hui tout simplement submergé par les différents trafics de drogue qu’il abrite !!!

(1) Selon  Rodney Stich dans  « Defrauding America, Volume 2 », plusieurs témoins clé, dont Corson, ont été supprimés :  « Robert Corson a été retrouvé mort dans une chambre de motel à El Paso. Il avait été impliqué dans le pillage d’épargnes et de prêts, une autre activité liée à la CIA. Nassen Beydoun; qui avait travaillé avec Ian Spiro et Oliver North, a aussi été abattu. Un témoin possible qui a pu identifier les tueurs a été retrouvé mort peu après la mort de la famille Spiro. Jose Aguilar, qui avait travaillé à la propriété Spiro, a été tué par une balle dans la tête le 14 novembre 1992. « Aguilar aurait Identifié une image de l’agent du Mossad Rafi Eitan en tant que visiteur à la maison de Spiro peu de temps avant que la famille Spiro était retrouvé mort ». Un autre décès lié à Spiro et à ses activités était Howard Croncy, un avocat de New York, qui représentait Ian Spiro sur certaines affaires de Spiro. Il a été retrouvé mort en Juillet 1993. Avant sa mort, Ian et  Spiro avait affirmé qu’il avait reçu des menaces téléphoniques de l’Agence de la CIA et du renseignement de la défense (DIA) ».

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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