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Coke en stock (CXCI) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (26)

Ici, je vous parle depuis des années maintenant du trafic incessant de cocaïne par avions.  Il en existe un autre, peut-être plus spectaculaire encore, celui par sous-marins, ou des engins semi-submersibles dont le dessus affleure l’eau, dont un site remarquable évoque tous les modèles et toutes les capacités.  A l’évidence, ce genre d’engin est fait pour transporter bien davantage de cocaïne qu’un petit Cessna. Jusqu’ici en effet les deux n’avaient pas de lien direct.  Sauf depuis le 17 mars dernier, ce qui est tout récent, où l’on a découvert les deux engins différents au même endroit. Un cas particulier, donc, mais qui nous ramène vers un autre cas pendable, celui d’un président de pays toujours recherché à ce jour par Interpol pour trafic de cocaïne. Celui du Guyana, Dési Bouterse, dont je vous avais déjà parlé ici également… lors de l’histoire de l’avion découvert à Yupukari, qui s’apprêtait à s’envoler chargé comme une mule il semble bien…

Un avion volé…

On revient un peu en arrière et on commence le 6 novembre 2002, avec un Cessna 210 qui se trouvait alors dans un aérodrome privé à Presidente Castelo Branco (à 26 km de Maringá, c’est au Brésil).  L’appareil appartient à un éleveur brésilien, appelé Ivo Maia Sobrinho, 59 ans, qui vit dans la municipalité de Naviraí (à droite les hangars de son hacienda).  Trois hommes armés et cagoulés déboulent ce soir-là, vers 19h, prennent en otage le gardien mais aussi ses  proches du gardien et attendent… l’arrivée de deux autres membres de la bande.  L’idée est de voler l’avion, mais le lendemain seulement : ils auraient eu dès le départ un problème de timing entre les deux groupes de trafiquants, et un pilote ne sachant manifestement pas voler de nuit… « Les assaillants avaient un casse-croûte, ont pris une bière et ont attendu le jour pour se lever, quand le pilote qui a pris l’avion a décollé », a déclaré le délégué  Almeida. Selon le délégué, les hommes ont choisi l’avion et ont pris le carburant de deux autres qui étaient également dans les hangars. Ils se sont dirigés vers le sud-ouest, mais nous n’avons aucune information supplémentaire. » Almeida a déclaré que le vol d’avions n’est pas un phénomène courant à Paraná ». Drôle de début en effet.  Le responsable du kidnapping est un bonhomme « blanc, plutôt gros, chauve et les cheveux gris, qui marche avec difficulté dans  la pièce en tirant sur sa  jambe brièvement » noteront les personnes retenues toute la nuit.  « Selon le représentant de Nova Esperança (35 kilomètres de Maringá), Arildo Fulgêncio de Almeida, ce type d’avion est le favori des gangs de la drogue, car il a une grande autonomie et peut facilement atterrir sur de petites pistes ».  Un jugement brésilien déclarera quelque temps plus tard que le responsable du kidnapping s’appelait Aldezir Tavares, alias « Tucura », celui à la démarche hésitante qui avait promis de l’argent aux autres pour réaliser son forfait.

 

… puis retrouvé

Il faut attendre le 19 du mois de novembre, soit deux semaines plus tard, pour que l’on retrouve l’avion, dans un autre endroit bien sûr.  Un endroit que vous connaissez bien depuis plusieurs épisodes, puisqu’il s’agit du Paraguay, vous vous en seriez un peu douté (quoique le Brésilien voisin eut été plus imaginable), et à Pedro Juan Caballero, justement.  Plus exactement dans la propriété de Ivo Maia Sobrinho, 59 ans, le propriétaire brésilien d’un ranch de San Juan, à 5 km de la ville de Ype Jhú.  L’homme a lui-même averti la police d’Amambay, lorsqu’il a trouvé l’avion posé sur ces terres, intact.  Le pilote est alors identifié comme étant Moisés dos Santos Coinete, qui n’est pas un inconnu non plus comme on va le voir (et comme on l’a déjà vu ici, cf notre tout premier épisode de la série).  L’avion, entre temps, a subi une tentative de maquillage assez grossière :  « L’avion était avec la plaque d’immatriculation modifiée. En outre, il avait déjà des rayures avec des couleurs différentes des originales. L’avion a été amené à la station aérienne de Pedro Juan. Il est attendu qu’il sera livré à son propriétaire après les contrôles rigoureux ». Il a effectivement été repeint à la hâte en rouge bordeaux sur le capot et sur le filet intérieur de fuselage, le reste étant resté bleu.  Etrangement, c’est un dénommé Pablo Sergio Machado qui est venu réclamer l’avion comme étant le sien à la police paraguayenne . On découvre alors l’avion d’origine qui est le Cessna PT-LNU, numéro de série 21063840 qui a effectivement été enregistré au Brésil dès le 10 octobre 2003.  Un avion construit en 1979, qui serait l’ancien N6232C, pris en photo ci-dessous par le spotter Rodolfo Philipp, ici, le 12 avril 2006 à Curitiba – Bacacheri, ayant visiblement retrouvé un propriétaire:  l’avion, quoique plus tout jeune, paraissant en parfait état et bien entretenu.  Il a surtout retrouvé ses couleurs d’origine en réalité.  Fin du premier épisode, déjà mouvementé, le concernant.

 

Le pilote refait parler de lui

« Pas un inconnu » vous ai-je dit à propos du pilote.  Un habitué, pour sûr des « emprunts » d’avion, puisqu’on le retrouve aussi cité plusieurs années plus tard pour un autre cas similaire (et dans le même secteur d’atterrissage !) : « dans la matinée de ce mardi (22), vers 10h20, Moisés Dos Santos Coinete (42 ans) a été appréhendé sur la voie publique du quartier de Capitán Bado, sur le fait de l’appropriation d’un avion Cessna 206, blanc avec bleu, avec la plaque d’immatriculation CP-1660, année 1981, d’Aerotaxi Mercedita (de Trinidad, dans le Beni; la photo ici à droite ayant été faite quand l’avion avait été retrouvé dans une prairie).  Le propriétaire de l’avion, Loreto Armidio Villavicencio, ressortissant bolivien, domicilié à Pedro Juan Caballero, a déclaré qu’il y a une trentaine de jours, Moises Dos Santos Coinete avait loué l’avion de la compagnie pour déménager dans un élevage nommé « Golondrina ». ‘’.  Moisés Dos Santos Coinete n’a pas restitué l’avion à ce jour, Loreto a donc procédé à un rapport, après avoir reçu des informations de la part de ses proches indiquant que l’avion serait dans la zone de Ype-Jhu, département de Canindeyú, à la limite avec le département d’Amambay.  Les agents de police, en collaboration avec l’agent fiscal en service, ont procédé à l’arrestation de Moises dos Santos Coinete, qui est à la disposition de la justice ».
Le fameux CP-1660 numéro U30605532 de 1981, un Cessna 206; semblant résolument attirer les voleurs, puisqu’on le retrouvera en janvier 2010 dans la lagune de Taborga; le pilote s’en sortant à la nage avant de fuir !!! « Loreto » disposant également du Cessna
 182C (18252497) immatriculé CP-2179 qui s’était signalé en 2000 pour s’être posé en urgence après des problèmes techniques.  Il avait été photographié à Trinidad en janvier 2015 encore (désolé pour la qualité, c’est un agrandissement de ce cliché qui permet de voir ici le changement de décoration par rapport au CP-1660).

Re-découverte du Cessna, 16 ans après !!!

L’avion évaporé puis retrouvé il y a 16 ans a la vie dure et il est toujours aussi apprécié des trafiquants semble-t-il et c’est l’actualité du mois de mars dernier qui le prouve.  Cette fois-ci, c’est une autre photo qui nous le montre, ainsi que son pilote, d’ailleurs.  Vérification faite (voir ci-dessous) c’est bien notre bon vieux Cessna 182 PT-LNU qui s’est posé, visiblement, sur une route en dur… en Guyana, dans le district de Saramacca au Suriname, au nord du pays; le 13 mars 2018 exactement.  Dans l’appareil, on vient de découvrir pas moins de 488 kilos de cocaïne, une charge énorme pour ce type d’avion.  L’avion s’est en fait posé près d’une plantation de riz.  Cinq hommes sont arrêtés, tous employés de la plantation.  Mais surprise, le 19 avril trois des suspects sont déjà libérés. « Il s’agit de trois travailleurs de la compagnie de Ramchender Oedit (alias Radj Oedit) à qui la piste appartient, sur laquelle l’avion a fait un atterrissage d’urgence.  Selon l’avocat Arjan Ramlakhan, le juge d’instruction a refusé l’internement.  Cela signifie qu’une demande du ministère public de détenir les hommes pendant trente jours a été rejetée ».  Une demi-surprise, en fait quand on va découvrir l’autre bout de l’histoire… Mais vérifions d’abord : oui, c’est bien le même avion.  Exactement le même :

La libération rapide des trois employés de la rizière à côté de laquelle l’avion s’est posée pose vite question.  Et à juste raison, car le 2 mars, soit à peine 11 jours auparavant, dans les terres du même propriétaire, ou plus exactement dans une rivière, on avait trouvé un bien étrange engin, photographié ici :

Le « bateau à profil bas » au même endroit

Ce n’est pas un Cessna… mais bien un de ses fameux sous-marins répertoriés le plus souvent comme étant des semi-submersibles, qui s’enfoncent sous l’eau une fois chargés de cocaïne pour ne laisser passer que leur kiosque et leurs tuyaux d’échappement; selon un principe bien répertorié depuis plusieurs années et si bien étudié par le site Covert Shores  (génial !) qui, comme je vous l’ai déjà dit ici, fait référence en la matière.  Selon lui, c’est un engin « du type le plus commun, les navires à profil bas (LPV) sont souvent décrits de manière erronée comme «semi-submersibles» ». Simplement un bateau conçu pour courir pour minimiser la section radar » .  Lors de sa découverte, il n’y a pas que lui qui avait été trouvé :  « le lieu de fabrication a été trouvé à Saramacca km 80.  Différents matériaux ont été trouvés sur le lieu de travail.  Des matériaux tels que la fibre de verre, les brosses et les rouleaux ont été trouvés.  Le sous-marin est sous surveillance à la base navale de Coppenamepunt pour une enquête plus approfondie. 10 000 litres de carburant diesel ont été trouvés sur le navire semi-submersible.  Le coût du sous-marin de la cocaïne est estimé à 1 million de dollars. »  Car c’est évident, l’étrange engin n’est pas venu d’ailleurs cette fois-ci :  il a bien été fabriqué sur place et non importé de Colombie !!  Rappelons qu’en septembre 2014 un semi-submersible de taille respectable et de conception similaire avait déjà découvert en Guyana, remonté jusque dans la rivière Waini (près de la frontière avec le Venezuela, l’engin y est photographié ici à gauche).  L’engin, imposant, fait de fibre de verre et de bois aurait pu emporter entre 4 à 6 tonnes de coke !

Pas le premier du genre en tout cas…

Un sous marin de ce type n’est pas un inconnu en effet, puisqu’en 2014 les brésiliens ont en effet été confrontés eux aussi au problème, avec le cas de Sergio Machado Nunes, alias « Sergio le Chauve » (ici à gauche le jour de son arrestation) qui était en train d’en construire un en Afrique cette fois, lorsque l’Opération « Eaux profondes » la bien nommée avait été « lancée le 23 mai dans l’Etat de Goias et dans six autres Etats: São Paulo, Parana et Santa Catarina (sud), Minas Gerais (sud-est), Mato Grosso (centre-ouest) et Para (Amazonie).  Elle a mobilisé 250 agents et 25 inspecteurs des impôts » explique le Nouvel Obs du 31 mai 2014. « Le projet du sous-marin était déjà prêt et a été élaboré avec deux ingénieurs colombiens.  Ils avaient déjà acheté un local en Guinée pour le construire, une ancienne mine à Conakry.  Ils avaient aussi les prix de tout le matériel nécessaire à la construction », a précisé Bruno Gama. Le plan était de faire sortir la drogue du Venezuela vers le Suriname où elle serait mise à bord de petites embarcations (on notera que le point de départ était bien le même pays !). En haute mer, la cocaïne devait être embarquée sur le navire submersible à destination du continent africain d’où elle poursuivait sa route vers l’Europe »… Nunes voyait grand, très grand : « C’est un réseau qui agit depuis plus de 30 ans au Brésil, avec son chef ici, dans l’Etat du Goias (près de Brasilia).  Ce parrain – qui vit dans une maison luxueuse de la région -, est associé à des chefs dans tout le Brésil pour un trafic de drogues international », a expliqué le policier.  L’organisation « très sophistiquée », selon lui, agissait dans plus de 30 pays, avec un chiffre d’affaires d’au moins 5 millions de reals (1,7 M EUR) par semaine.  Elle disposait de divers mécanismes de comptabilité, commerciaux et de change, utilisés par les grandes entreprises pour faire le plus de bénéfices possibles ». Nunes, recherché par Interpol, un narco à l’ancienne :  « L’enquête a révélé que Machado Nunes a été en contact avec le chef du cartel de Medellin, le colombien Pablo Escobar (1949-1993). « Machado Nunes a déjà été arrêté quatre fois pour trafic de drogue, la première au Brésil en 1985. Il a été arrêté aussi au Cap-Vert notamment et son nom apparaît dans l’enquête parlementaire (CPI) sur le trafic de drogue au Brésil (1999 à 2000) », a poursuivi Bruno Gama. Au Cap Vert il s’était évadé. Ces derniers temps, une grande partie de la drogue était acheminée par voie maritime, selon lui. « Ils utilisaient des conteneurs de navires commerciaux et des vols internationaux pour transporter la drogue vers l’Europe et l’Afrique, toutes les semaines, ce qui rapportait une vraie fortune à l’organisation », a souligné le policier ».  Notre sous-marin du Suriname avait-il pris celui-là en exemple ?

Le propriétaire bien connu

Des découvertes de la sorte, à aussi peu d’intervalle dans le temps interpellent en effet et pointent le doigt obligatoitement sur le propriétaire des deux endroits où ils ont été trouvés.  L’homme s’appelle Ramchender Oedit, et au moment de la seconde découverte il était… aux Pays-Bas, parti là-bas en avion sur une ligne aérienne, normale pour, selon lui, aller se faire soigner à l’hôpital, ce que les enquêteurs peinent à croire.   Il et né à Paramaribo le 4 octobre 1963, et habite à Garnizoenspad, dans le district de Wanica (extrait de son avis de recherche qui montre sa photo d’identité, le seul document disponible sur  son apparence).  Comme d’ailleurs la député européen et ancien commissaire de police Krishna Mathoera, qui souhaitait alors faire appel à Interpol pour aller le chercher.  Ramchender Oedit, clamant alors haut et fort qu’il n’avait rien à se reprocher. Soutenu à distance semble-t-il par le Ministre de la Justice et de la Police Guyanais par intérim, Ferdinand Welfare, qui s’était empressé  de déclarer « qu’aucun Surinamais n’était impliqué. »  Ce qui semblait pourtant évident !!!

Tentative de dénigrement et d’intimidation

C’est la député qui en fait se retrouve alors ciblée par une intense campagne de dénigrement. « Avant l’enquête, Oedit a déclaré publiquement qu’il n’avait rien à voir avec cette affaire et a déclaré qu’il ferait tout pour libérer ses employés. Mathoera indique qu’Oedit doit coopérer à l’enquête et partager toutes les informations qu’il possède avec les autorités judiciaires. L’ancien commissaire de police dit que le suspect est obligé de partager toute information qu’il a sur cette affaire avec le ministère public. Selon Oedit, la police a tiré deux coups de feu sur l’avion à partir d’un hélicoptère loué dans la zone d’Apoera, après quoi la police a dirigé l’avion sur la piste d’atterrissage de l’entrepreneur à Saramacca. Mathoera indique que des rumeurs telles que Oedit se cacheraient à l’étranger étaient à prévoir, mais en même temps il dit que le ministère public doit avoir l’occasion de vérifier les cas.  Mme Mathoera, qui depuis plus d’un an et demi attire l’attention du gouvernement et de l’étranger sur le problème de la drogue dans notre pays, s’est entendu dire plusieurs fois qu’elle déshonore le Suriname en donnant des interviews à des médias étrangers. On lui a demandé de soulever des questions avec des preuves. À la découverte du sous-marin, le parlementaire a été le premier à rendre les nouvelles publiques et cette fois avec des preuves. Elle n’en a pas été remerciée et elle a même été accusée de perturber l’enquête par le ministre de la Justice et de la police, Ferdinand Welfare. Elle indique qu’en raison du laxisme du gouvernement, le Suriname a maintenant été humilié largement et internationalement. « Notre image a été gravement violée. » Elle souligne qu’elle continuera à travailler pour s’assurer que le Suriname n’obtienne pas le titre de narcoétat. Selon elle, la confiscation du sous-marin et de l’avion montre à quel point le problème est gigantesque et qu’il a pris des proportions presque ingérables. Néanmoins, selon Mathoera, le gouvernement ne prend aucune mesure pour s’attaquer à ce problème. Elle souligne que le gouvernement doit s’accorder avec des politiques pour lutter contre la criminalité liée à la drogue ». La député avait été la victime d’une intense campagne, contre elle en août 2017, déjà menée par Rachied Doekhie du NPD qui l’avait accusée alors qu’elle était commissaire de police « d’avoir été impliquée dans des activités criminelles, y compris la contrebande d’armes et les activités liées à la drogue ».  Lors de sa vindicte, l’infâme Doekhi avait également chargé Robby Hussainali, le mari de Mathoera, lieutenant-colonel de l’armée nationale.  Visiblement on cherchait à la dénigrer par tous les moyens, et à affaiblir son image d’intégrité.  Une campagne qui vient de haut, de très haut, à n’en point douter… :  des attaques dont on se doute de la provenance, en effet : « selon des documents publiés par WikiLeaks de l’ambassade américaine au Suriname, Doekhi a arrangé la rencontre entre Desi Bouterse et le criminel guyanais Roger Khan. Dukhi, sur sa propriété privée à Southdrain, aurait présenté Bouterse à Roger Khan. Selon Doekhie, les « révélations » de WikiLeaks sont toutes des rumeurs et il ne connaît que Roger Khan à partir de photographies. Les journaux de l’ambassade américaine mentionnent également que Doekhie, Desi Bouterse et Roger Khan (qui auraient été le chef de l’escouade de la mort guyanaise Phantom Squad) auraient prévu de liquider le ministre de la Justice de l’époque, Chan Santokhi et le procureur général Subhas Punwasi »… on peut voir ici le même Doekhi en pleine activité au parlement guyanais de 2007 (il est à gauche)… en 2017, un texte circulait souhaitant qu’il devienne ministre de la Justice du pays !!!

Bouterse, encore lui

Tout cela ressemble à une cause perdue, hélas pour la vaillante députée.  Car la presse a déjà retrouvé le passé de l’entrepreneur en riziculture, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est plus qu’inquiétant.  Devenu incontournable, l’homme est également le propriétaire de Ramasha Radio et TV, c’est-à-dire qu’il influence également les populations.  Or, il traîne derrière lui un passé trouble, notamment quand il avait été arrêté aux Etats-Unis il y a quelques années quand il avait voulu acheter un avion et payer en espèces.  Mieux encore quand on retrouve son surnom à cette époque : on l’appelait en effet «  Escobar » !!!  Et pire encore quand le magazine Vrij Nederland retrouve dans ses archives une part oubliée du passé présidentiel, affirmant que « dans ce document explosif de 1999, le témoin en chef (Van Loon / Hrsg.) A affirmé qu’il est entré en contact avec des gens du soi-disant cartel de Suri (2) au milieu des années 90, avec le belge Marcel Geladi. Il a voyagé au Surinam via la Guyane française pour faire des affaires à Paramaribo avec Radj Oedit, un leader bien connu de la scène de la drogue surinamaise (1). «  Selon un autre organe de presse, Sender « c’est un secret public qu’Oedit est l’un des donateurs du Parti national démocratique, le parti politique du président Bouterse »… retour à la case départ, dirons-nous :  le président narco est toujours aux commandes des livraisons… que ce soit par sous-marins ou par avions !!!

 

(1) Geladi gérait notamment l’argent d’un autre trafiquant, Patrick Van Loon, celui qui a déposé contre Bouterse. « Avec ce témoin de la couronne, l’Etat néerlandais avait pris la mer le 19 mars 1999. Van Loon a avoué comment il avait négocié des livraisons de cocaïne avec nul autre que Desi Delano Bouterse au milieu des années quatre-vingt-dix. Van Loon a été arrêté en 1997 pour le transport de drogue intercepté avec 486 kilos de cocaïne sur El Primero, un yacht qui a été amarré dans le port de Zeeuwse Stel­len­dam (la drogue avait été chargée sur le bateau à moteur dans la résidence de Bouterse, en 1998 à Domburg). Il a été reconnu coupable pour cela. Lors de son appel, il avait parlé aux autorités d’enquête néerlandaises au sujet de Bouterse. Sa déclaration – et seulement sa déclaration – a conduit en 2001 à la condamnation finale de l’actuel président du Suriname. Cela a répondu à un vœu de longue date des Pays-Bas. Ce qui n’a pas été réalisé par les services de renseignement et les moyens militaires, a réussi en termes criminels: «L’ennemi de l’Etat» Bouterse a reçu un coup sensible. Depuis lors, les Pays-Bas le considèrent comme un criminel de la drogue et suspend une peine de prison de onze ans au-dessus de lui ». En 2015, Bouterse via son avocate Inez Wezsky, contestait toujours le jugement…

(2) « Ce qu’on appelle le Suri-cartel (Suri pour Suriname) est le résultat d’une autre alliance avec le Brésil. D’après les services brésiliens en charge de la lutte contre les narcotrafiquants, le cartel est né de la rencontre d’un Brésilien Léonardo Dias Mendoça (un ancien exploitant de mine d’or) et de hauts fonctionnaires surinamiens. Le cartel va mettre en place à partir de 1993 un trafic de cocaïne entre la Colombie et le Suriname via le Brésil. Ses organisateurs conviendront d’un prix de référence pour le partage des gains de 2500 dollars pour chaque kilo de cocaïne. Un trafic qui va démarrer en 1993 à raison de 3 à 4 vols par mois, chaque vol pouvant transporter jusqu’à 200 kg de cocaïne pure. » D’après le Miami Herald du 12 septembre 1999, la police brésilienne saisit, mi-août 1999, un avion, un bimoteur Piper Seneca, chargé d’armes (lance-roquettes, AK-47, pistolets mitrailleurs Uzi et de nombreuses munitions dans des boîtes en bois avec un marquage des forces armées libyennes). L’avion, à destination de la Colombie, avait chargé des armes au Suriname pour les livrer aux FARC. À travers le Suri-cartel, Léonardo Dias Mendoça devient, au Brésil, le fournisseur de la cocaïne vendue par l’organisation « Fernandinho Beira-mer » qui alimentera toutes les favelas de Rio, Sao Paulo et bien d’autres villes. Il sera arrêté en 1999. Sa fortune personnelle est alors estimée par la police brésilienne à 500 millions de Reals (soit plus de 413 millions de dollars américains en 1999). Depuis sa prison, durant la période 2000 à 2009, il continuera à contrôler le trafic. »

Un dossier indispensable est à lire ici :

http://webdoc.rfi.fr/pour-suites/enquete-suriname-plateforme-cocaine-desi-bouterse/

on peut lire aussi

http://geopolis.francetvinfo.fr/dictature-equatoriale-au-suriname-le-clan-bouterse-et-ses-trafics-59437

on peut relire les préparatifs du gros Beechcraft retrouvé dissimulé en Guyana:

Coke en stock (CXXIII): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (1) ?

Coke en stock (CXXIV): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (2) ?

Coke en stock (CXXV): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (3) ?

 

Coke en stock (CXXVI): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (4) ?

Coke en stock (CXXVII): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (5)

Coke en stock (CXXVIII): que se préparait-il donc à Yupukari, au Guyana (6)

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

Article précédent:

Coke en stock (CXC) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (25)

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