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Coke en stock (CLXXXV) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (20)

Cette longue enquête s’intéresse aux fournisseurs d’avions, mais aussi aux organisateurs d’un trafic devenu tentaculaire, puisque reliant désormais par voie aérienne la Bolivie, le Paraguay, le Brésil et désormais aussi l’Argentine (nous verrons un peu plus tard pour l’Equateur, rassurez-vous).  Des organisateurs propriétaires d’avions bien entendu.  C’est dans ce contexte que tombe une des têtes insaisissables d’un réseau très bien organisé, un homme capturé dans la ville de Tramandaí, sur la côte brésilienne, en août 2017, appelé Marino Divaldo Pinto (de Brum), connu aussi sous le nom de Silvio Andre de Lima Borges…

Il est âgé de 51 ans et c’est un des hommes à la tête des redoutables membres éminents du groupe de narcotrafiquants brésiliens du Comando Vermelho, dont je vous ai déjà parlé ici dans cette série.  L’homme tombe alors, non pas pour avoir trafiqué, mais pour avoir bêtement préparé une attaque de banque dans la pure tradition des individus prêts à tout pour trouver de l’argent au plus vite.  Les narco-trafiquants étant aussi des délinquants bien ordinaires, ne l’oublions pas…

Un pick-up trop voyant

Sa filature avait commencée avec celle d’une femme, membre du groupe, Cristielle Flores Boeira, 30 ans, de la ville d’Uruguaiana, une ville située en face de la ville de Paso de los Libres de Corrientes.  Arrêtée au volant d’un énorme SUV Chevrolet Blazer blindé entièrement noir (ici à droite), aux vitres foncées, un peu trop voyant, certainement, portant des plaques de Palhoça, « dans lequel la police, bien renseignée, avait trouvé un grand nombre de documents personnels (d’au moins deux personnes) portant des noms différents, mais avec les mêmes photographies » note la description de son arrestation.  Dans les documents, des notes sur les allées et venues de ses partenaires de gang.  Il suffisait ensuite de remonter la filière et d’arrêter l’homme sur les photos :  Silvio André de Lima Borges, le compagnon de Christelle Cristielle Flores Boeira, arrêté sur le terrain de la maison (d’architecture récente, ci-dessous à gauche) du couple, où sont découverts « des outils, des armes et de l’argent » selon la police.  La fouille de la maison montrant d’autres véhicules et plus de 40 téléphones divers : on avait bien affaire à un gang !  Six autres délinquants sont également arrêtés ce jour-là :  Maria Henrique dos Santos, 67 ans, Gessica Sobirai dos Santos, 25 ans, Josemar Rose Schorn, 32, Adriano Osmar Schorn, 44, le colombien Jhon Alexander Triveira Rodrigues, 48 ​​ans, et Diego Cifuente Sanches, 61 ans.  Une des femmes de l’équipe tentera de jeter son téléphone portable dans les toilettes de la résidence lors de la perquisition.  Silvio alias Marino, est donc repris, car c’est aussi un échappé de prison on le rappelle, comme El Chapo.  Est arrêté dans la foulée José Paulo Vieira de Mello, 48 ans, alias «Paulo Seco», dans une maison du quartier de Cruzeiro do Sul avec huit autres personnes.  Il a été découvert réfugié sous un gros Volkswagen Amarok, avec des plaques de Porto Alegre, dissimulé dessous, en compagnie de… Silvio André de Lima Borges.  Dans la voiture, on découvre le montant de 103 mille reals.  Seco est aussitôt accusé d’utiliser de faux documents, d’association de malfaiteurs et de corruption active.  Culotté, il avait tenté d’offrir un million de reals à celui qui l’avait arrêté, dans l’espoir d’être relâché, lors de son arrestation !  Paulo Seco, les policiers le savent, est surtout lié de près au mafieux brésilien Fernandinho Beira-Mar (Luiz Fernando da Costa), un des plus grands trafiquants d’armes et de drogue en Amérique latine.  Un homme très dangereux, celui qui a longtemps régné …en prison :  en 2015, il a en effet été condamné à 120 ans de prison pour la mort de 4 trafiquants lors d’une rébellion à Bangu, dans le complexe pénitentiaire de Gericinó (en septembre 2002, année de son entrée en prison).  Il avait réussi à obtenir des pistolets automatiques au sein même de sa prison !  Si Fernandinho Beira-Mar avait organisé scientifiquement la production et la distribution de coke, celui qui l’a fait par les airs s’appelle Marino Divaldo Pinto, assisté de Paulo Seco.  Son terrain de jeu n’étant pas au Brésil mais à Corrientes de Santo Tomé, à savoir en Argentine, mais pile à la frontière avec le Brésil et la ville de Sao Borja:  les deux étant reliés par un Pont international, le Ponte da Integração, sur le fleuve Uruguay, qui a mis 17 ans à s’édifier et coûté 50 millions de dollars.

Les ranchs aux avions

 

Les affaires de Marino Divaldo Pinto, avaient été découvertes, sans qu’on sache encore son nom à l’époque, dès novembre 2013.  Une photo résumait assez bien le cas: celle de trois avions dont un déjà sur une remorque, enlevé par la police, une photo faite à Santa María de Aguapey, sur la route 42, dans la localité de Santo Tomé, a 395 kilomètres de la capital de Corrientes. « Le 14 novembre, la gendarmerie a détecté un avion non identifié en provenance de Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie. Avec un mandat de perquisition elle est entrée dans la ferme.  Là, ils ont découvert quatre petits avions qui étaient cachés par les sommets des arbres et couverts de façon à ne pas être vu d’en haut.  Au total, 330 kilos de cocaïne ont été saisis. »  Le premier ranch est celui de Santa Maria, et l’autre où les avions sont dissimulés celui de Santa Ursula et c’est en effet dans toutes les deux un peu la caverne d’Ali Baba des narcos, tant ils contiennent de matériel spécialisé pour avions et des appareils divers. Cachés sous les frondaisons, il y a en effet là sur place le ZP-BSB fraîchement repeint, un modèle 182, mais dont il manque visiblement le moteur, un Cessna 185 reconnaissable à roulette de queue et sa queue plus verticale (ici à gauche), un Cessna U206 à l’avant et la queue rouges, visite ci-dessous à gauche).  Mais aussi, et c’est plus rare, un Cessna 337 Skymaster, bimoteur push-pull à double poutre, bien reconnaissable (ici à droite).  Le butin trouvé sur place et dressé par les enquêteurs est assez ahurissant :  « selon l’Administration fédérale des recettes publiques (AFIP), la valeur de la drogue saisie s’élèverait à 35 000 000 de dollars.  Le procureur Schaefer a déclaré que cette organisation effectuait deux ou trois vols par semaine, donc on suppose que plus de quatre tonnes de cocaïne par mois sont arrivées dans ces camps.  Afin de contrôler cette quantité de drogue, il y avait des hommes armés d’armes à feu, de matériel de communication et de fusils de vision nocturne dans la coque de la pièce. « Les preuves nous permettent d’affirmer que les suspects avant le 14 novembre 2013 avaient lancé une organisation criminelle sophistiquée, avec des composants internationaux évidents, dédiée au trafic illicite de stupéfiants, remplissant pour elle plusieurs rôles différents, déployant ses actions par des points géographiques de l’Argentine et du Pérou, de la Bolivie, du Paraguay et du Brésil avec l’épicentre de Santo Tomé, Corrientes, où ils ont utilisé l’infrastructure d’anciens établissements ruraux éloignés, situés dans une zone frontalière avec le Brésil et le Paraguay, à Santa María del Aguapey ». 

L’enquête avait débuté en novembre 2013, en réalité, et portait au départ sur le second site du groupe : « lorsque le chef de l’escadron N ° 57 « Santo Tomé » de la gendarmerie nationale avait informé la Cour fédérale de Paso de los Libres, que dans la  ferme d’élevage « Santa Úrsula » situé à 110 kilomètres de Corrientes,  les mercredis et jeudis exclusivement, un petit avion atterrissait, qui restait en place pendant 45 minutes, gardé par des hommes lourdement armés ».  C’est en fait le manège de cet avion indéterminé qui avait tout déclenché.  Ce qui avait intrigué les policiers, c’était en fait l’extrême régularité des vols, toujours les mêmes deux jours de la semaine seulement… sur place les gendarmes trouveront un scanner de fréquences radios d’avion(ici à droite), des jumelles ou un gros projecteur manuel. Tout ce qui était nécessaire aux atterrissages.

L’organisation scientifique du trafic

C’est InfoBae qui a réalisé un superbe article pour nous dévoiler le fonctionnement du groupe de narcos trafiquants de Marino Divaldo Pinto et de leurs deux fermes à cocaïne. Une organisation qui ne laissait aucune place à l’improvisation d’après Andrès Klipphan, que je me permets de reprendre ici. C’était une véritable organisation… industrielle qui avait été mise en place : « les jours d’atterrissage avaient été préétablis depuis un certain temps. Ce serait le mercredi et le jeudi, de préférence à partir de 20h00. Le premier d’entre eux devrait toujours être effectué dans le ranch de Santa María del Aguapey; le deuxième, dans l’établissement agricole Santa Úrsula, tous deux situés à environ 110 kilomètres de la ville de Corrientes de Santo Tomé. Le personnel du camp, qui avait travaillé dans ces 7400 hectares avaient été remplacés par des hommes de l’organisation narco internationale composée de paraguayens, de boliviens, de brésiliens et d’argentins. Tous occupaient leurs postes lourdement armés. Les avions Cessna, qui venaient de Bolivie, devraient rester à terre pendant un maximum de 45 minutes. Assez de temps pour décharger la moyenne de 300 kilos de pains de chlorhydrate de cocaïne qu’ils transportaient, et faire le plein. La machinerie criminelle fonctionnait parfaitement. Dès que les roues du train d’atterrissage s’étaient posées, deux camions Ford Ranger blancs se garaient parallèlement à l’avion pour faciliter le déchargement de la drogue. D’un autre côté, le camion-citerne à essence à indice d’octane élevé était lui déjà au bon endroit. La propriétaire des pistes d’atterrissage clandestines, tirées entre les pâturages et les cultures de soja, s’appelait María Hilda Calabrese. Ils l’avaient appelée « La Reina Narco ». C’était aussi la seule qui connaissait l’identité du chef de l’organisation mafieuse, le brésilien Divaldo Marino Pinto, nommé par le procureur fédéral Carlos Schaefer, comme étant le « chef de la bande des Avions Narco ».  Sur place, en plus des quatre avions saisis, on dénombrera en effet un pickup Toyota Hilux; une moto Zanella Z-B110; une moto Brava Elektra 150 (une moto tous-terrains) ; un quad Mapuche Warrior (en engin de 125 cm3 pour ados); une citerne de carburant d’avion de 3000 litres, une remorque, 15 140 dollars et 96 014 pesos.  Bref, une grosse organisation.

Un autre trafic en même temps

Lors de l’arrestation des membres du gang en 2015, on avait eu droit à un lot de surprises, la première étant leur implication dans un autre trafic que celui de la coke, mais toujours par avion :  selon la confession du « témoin A », parmi les différents avions narcos achetés sur internet par les mafieux et la formation des pilotes effectuées par une personne paraguayenne « Luis Herrera, surnommée  « osito » (cf : ourson)» il y avait un « bimoteur Cessna 310 enregistré en Argentine, un bimoteur Navajo Chiefain (Piper) volé au Brésil avec une fausse inscription argentine qui a brûlé lors du décollage de Pindoyú (dans le district de Abai, au-dessus du Paraguay) là ou sont morts brûlés 2 pilotes brésiliens », et un Piper Comanche basé en Argentine » .

Les deux infortunés pilotes s’appelaient Cristino Homel (ou Cristiano Holmi) et Alexandre Tasha, tous deux de l’état de Santa Catarina, au Brésil, morts au Paraguay dans leur Embraer Navajo EMB 820 PT-EHM (ci contre à droite) tombé dans la propriété d’Adolfo da Silva Silveira le 22 décembre 2104.  A ce moment-là, ironie du sort l’avion ne transportait que… des cigarettes de contrebande !!!  L’avion était l’EMB-820C N° 820049 enregistré le 30 avril 2004 (et détruit donc au Paraguay le 24 décembre de la même année…).

Un trafic de cigarettes ancien, en fait

Comme j’ai déjà pu le dire ailleurs, cette histoire de cigarettes de contrebande est une vieille histoire, en effet.  Et elle conduit à nouveau au Paraguay.  A Pindoyu-í, exactement dans la région de l’Alto. à la frontière avec San Pedro del Paraná, à environ 130 kilomètres au nord de la capitale départementale. Fin novembre 2004 sont saisis là-bas par la police enquêtant sur un trafic de cigarettes, dans l’estancia Roque, plusieurs avions, un trafic dans lequel est embarqué Antonio Roque Zarza, l’ancien maire de la capitale de l’Itapúa.  Mais laissons la presse raconter la capture‘le ranch est situé dans un endroit d’accès difficile, il n’y a qu’un seul moyen d’y accéder dans des conditions précaires et la façon dont il est  situé représente un « point de contrôle » pour alerter la radio lors de la présence de véhicules ou de personnes étrangères.En moment du raid ont été trouvé trois avions, une camionnette chargée de cigarettes, plaque AXO-952 inscrite au centre de Tabacalera un petit camion-citerne avec carburant d’avion un, système de communication radio, et beaucoup de boîtes de cigarettes dans un entrepôt. Les pilotes d’avion, les employés du fils de séjour et le propriétaire établissement ont été arrêtés pendant l’operativon. Sont arrivés deux autres avions immatriculés en Argentine, un bimoteur d’enregistrement LV-GSN (un Piper Aztec plusieurs fois accidenté qui avait appartenu au Ministère de Agriculture sous l’immatriculation LQ-GSC) et un Piper LV-JZA, dont le pilote, se rendant compte de la présence de la police a essayé de redécoller rapidement à nouveau, mais a été intercepté par une camionnette. Abord de cet avion il y avait 43 o00 pesos argentins, prétendument pour le paiement de « marchandises. » Parmi les personnes arrêtées,  figurent les deux pilotes étrangers, certains mécaniciens, le propriétaire de fils de l’établissement, Roque Zarza, et plusieurs employés, y compris les travailleurs et les gens restent en charge de livrer les cigarettes ».  Le Piper PA31 Navajo LV-JZA repose depuis sa saisie sur le terrain militaire de Campo Grande, au milieu d’autres avions saisis (photo ici à gauche).  Les autres appareils confisqués étaient les LV-JIR, vert et blanc; le PT-CJB, blanc avec filet marron…  à peine saisi, le Piper Aztec sera volé, en fait !  En 2005 déjà le journal El Littoral avait relaté sa saisie par l »escadron 48  de Corrientes, toujours dans la même région, donc, dans un ranch de la région de Santo Domingo, près de la ville de Santa Lucía, d’un petit Cessna immatriculé au Paraguay (ZP-TWP) rempli de cigarettes. A bord en effet il y avait 1 635 cartouches de cigarettes de marque Rodeo et 14 cartons marqués « 51 » selon le journal.  Le pilote étant un… paraguayen, âgé de 46 ans.

Le bombardement comme distribution express

Lors des interrogatoires, des accusés ont aussi précisé le mode de distribution de la drogue, qui selon eux a été le plus souvent tout simplement jetée d’avion : « notamment à Pergamino, Saladillo, Roque Perez, San Miguel del Monte, au-dessus d’Abott ou Corral de Bustos ou sur Santa Fe «  en ce qui concerne la marijuana, moins sujette aux pertes lors des « bombardements » de ce type .  On l’avait en effet remarqué à Paranacito en 2010 déjà, par exemple :  « la découverte de paquets contenant de la marijuana dans un champ de Paranacito, entourés de menaces à ceux qui ont dénoncé la nouveauté, ainsi que d’autres épisodes de tirs apparents, sont un sérieux appel à l’attention. Apparemment, les paquets de marijuana auraient été jetés d’un petit avion dans les cours d’eau de la région, de sorte que plus tard les petits bateaux ou les bateaux les ramasseraient. Tout fait présumer que la géographie du lieu, d’accès difficile, est un régal pour que ce type de manoeuvres, qui prospèrent pour faire entrer la drogue » avait noté El Dia.  Avec ou sans largage, le 13 juillet 2015 El Tribuno peut effectivement parler de « 15 années de bombardements de drogue au Nord de l’Argentine ».  Et de conclure par un vœu pieux : « l’entrée des drogues par voie aérienne suppose non seulement l’incorporation de ressources sophistiquées, mais aussi la cooptation des pilotes. L’investissement économique dans la logistique est proportionnel à la quantité de drogues impliquées dans le transport. Les différents liens dans l’organisation, parfois, ont comme lien de contact l’organisateur qui dirige, d’un endroit éloigné, les communications par satellite. Entraver et entraver les activités de ces organisations criminelles transnationales est un objectif urgent pour garantir un état complet du droit, car ceux-ci fondent leur impunité sur leur pouvoir corrupteur. Des enquêtes sur les causes nous ont permis de modéliser l’opération, notamment en ce qui concerne le recrutement des pilotes dans les écoles de Santa Cruz. Pour la détection de ces opérations, il est nécessaire un travail conjoint de tous les opérateurs judiciaires et de sécurité, à la fois dans notre pays et dans les pays voisins ». En 2017, quatre ans plus tard, le gouvernement argentin affirmera être « inquiet » de ces « bombardements » et de leur fréquence, selon La Nation.  Il était temps…

Et ça a continué, pourtant, à « bombarder »…

Pendant ce temps, ça continue à tomber.  Le 18 février  2016 c’est un Piper PA-28RT-201 Arrow IV, qui se plante à Los Pirpintos avec à bord deux paraguayens (Braulio Daniel Sanabria Rodríguez et Hugo Agustín González Acevedo) pour ne pas changer.  L’avion est immatriculé ZP-TRG.  A bord pas de cigarettes mais 250 kilos de marijunana.  L’avion est récent cette fois, il a été vu tel quel, depuis 2013, avec les mêmes décorations extérieures à l’aéroport international de Guarani, à Ciudad del Este, dans l’État d’Alto Paraná, le deuxième aéroport le plus important du pays voisin.  L’année suivante, le 4 juillet (2017) on change de catégorie avec la saisie de près de deux tonnes de cocaïne au même endroit (Los Pirpintos), et donc à a 180 kilómetros de Sáenz Peña, à la limite de la Province de Chaco. Là pas d’avion de saisi, car on a eu droit à un « bombardement » en règle et à plusieurs reprises de paquets de coke (44 ballots !), récupérés par la police dans un pick-up, avec ses conducteurs. « Selon les sources des forces de sécurité, l’avion a été pourchassé pendant quelques minutes par l’hélicoptère de la gendarmerie nationale, bien que le pilote du narco ait réussi à échapper à la force et qu’il soit recherché dans la zone. Une autre version indique que l’hélicoptère de la gendarmerie a poursuivi l’avion jusqu’à Taco Pozo (Chaco), où il l’a perdu de vue ».  Deux tonnes de coke (il y en a pour 45 millions de dollars) qui sont retrouvées au total, en partie dans une ferme voisine !!!  Selon la police  » Les trafiquants de drogue avaient mis en place un mécanisme sophistiqué dans lequel le pilote de l’avion avait jeté régulièrement de la drogue à l’aide d’un système GPS, il donnait ensuite les coordonnées à ses complices sur le terrain, de sorte que cela pouvait être  stocké sur le site pour être collecté et « mis au frigo » pendant pendant plusieurs mois, jusqu’à son introduction sur le marché illégal ».  Selon la police l’avion provenait de… Bolivie !  Le locataire du champ appelé Javier Basilio Hawleruk, est alors fortement recherché puis arrêté.  Il a dans sa famille un des hommes arrêtés en train de ramasser les ballots tombés du ciel. » Il en effet parent d’Edgar Leonel Sztyk (29 ans), l’un des détenus, originaire de Tartagal, qui, avec Juan Carlos Cardenas (42 ans ) avaient été arrêtés le 4 juillet, alors qu’ils transportaient dans un camion double cabine neuf emballages contenant plus de 300 kilos de cocaïne d’une pureté maximale » précise OnLine Noticias.  Les paquets de coke ramassés portaient les images d’une sirène, d’une colombe de la paix, ou la marque d’un aigle.  Selon la presse, il y avait trois marques car il y avait eu trois « livraisons » : « comme un avion ne peut pas transporter plus de 350 kilos par voyage, on estime que les narcos ont effectué plusieurs livraisons et collecté ensuite les envois. C’est pourquoi la cocaïne avait des logos différents.  L’un d’eux, un dessin d’un aigle en plein est la pièce que Toranzo attendait » (cf le procureur fédéral n ° 1 de Salta, Ricardo Toranzo).  Rappelons que six ans auparavant, le 7 août 2011, un hélicoptère de la gendarmerie avait déjà pris en chasse un avion dans la zone de Los Pirpintos, en lui tirant dessus il l’avait contraint à atterrir; la scène se terminant on l’a vu par les deux engins à terre.  A l’époque on avait dit que « bien que la gendarmerie ait récupéré 100 kilos de drogue de l’avion capturé, elle suppose qu’il en transportait une demi-tonne. L’avion a été piégé à 45 kilomètres de Sachayoj, sur la route 17 ». Il s’agissait alors de marijuana.  L’avion poursuivi et vautré était le ZP-TIH.  Il faudra attendre 2017 pour voir l’épilogue de cette chasse au Cessna, avec la capture de Eder Paolo Cantero Cabrera, un paraguayen, alias « El Paisa » dans une maison où il se cachait  à José C. Paz, dans le nord-ouest de l’agglomération de Buenos Aires.  C’était lui au final le responsable du gang qui « bombardait » , les policiers, non sans humour, ayant depuis surnommé  l’opération pour le capturer « SkyFall »…

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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